Forum sur la musique classique
 
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 Le règne de la symphonie

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Icare
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyVen 17 Mai - 7:08

Alfred Schnittke: Symphonie n°2 - "St Florian":

Ce fut l'occasion de réécouter sa seconde symphonie "St Florian" qui apparaît comme une oeuvre hybride entre Symphonie et Messe jusqu'aux titres des six mouvements, en tous les cas une oeuvre de contenu religieux dont chaque mouvement porte un titre en latin, de ceux qui constituent traditionnellement les Messes ou Requiem. Il s'agit d'après le compositeur d'une "messe invisible", une pièce orchestrale construite sur une structure chorale. Je trouve cette définition parfaitement juste.... je l'aime beaucoup, surtout grâce aux superbes troisième, quatrième, cinquième et sixième (dernier) mouvements. Cette Symphonie n°2 d'Alfred Schnittke invite dans sa "messe invisible" le contralto Jean Temperley, le contre-ténor Paul Esswood, le ténor Neil Jenkins et le basse-baryton Jonathan Robarts. Contrairement aux deux précédentes (N°0 & N°1) qui m'accrochent dès les premières mesures, la N°2 met un peut plus de temps pour vraiment me captiver. le "Kyrie eleison" ne me transporte pas très haut à vrai dire. Dans le second mouvement, "Gloria", il y a un moment de fulgurance orchestrale exprimée par les cuivres qui me fait un bel effet et me fait monter l'échelle qui se dirige vers les cieux de quelques marches. Contrairement aux écoutes précédentes, d'où l'intérêt des réécoutes, est le troisième mouvement "Credo" d'une grande intensité dramatique qui, cette fois-ci, m'a complètement transporté. Je suis alors aux portes du Paradis.Very Happy  Je les pousse avec le passionné et passionnant "Crucifixus Coda: Et resurrexit" (4ème mouv.), comme une grande marche à la cadence implacable, surtout conduite par les cordes et appuyée par la percussion, qui monte en intensité. Le sommet est atteint. Le "Sanctus" et l'"Agnus Dei", cinquième et sixième mouvements, me tiendront suspendu jusqu'au choeur final, beau et apaisé. J'adore toute l'introduction du quatrième mouvement "Crucifixus Coda: Et Resurrexit" typiquement schnittkienne dans l'ambiance qu'elle crée et ses orchestrations:

https://www.youtube.com/watch?v=w2M24yYyOz4
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyVen 17 Mai - 17:42

Alfred Schnittke: Symphonie n°3:

Je pense ne l'avoir jamais autant appréciée qu'aujourd'hui. J'aime beaucoup la construction du premier mouvement qui s'intitule tout simplement "First movement", sans aucune autre précision. Il commence de manière étrange, sur un son un peu tremblotant. Puis, prenant de l'ampleur, il devient de plus en plus lancinant et obsessionnel. Ce sont des remous dans des combinaisons instrumentales lui apportant une dimension fantastique. Le mécanisme implacable de remous monte en tension jusqu'à un premier éclatement cuivreux, pour se reconstituer ensuite avec des bassons dominants. Le second mouvement est un "Allegro" complètement déchaîné et versatile, semblant s'articuler et se transformer autour d'une "citation" classique imaginaire ou bien réelle, et dans ce cas je n'ai pas réussi à identifier. Clavecin et orgue apparaissent dans cette musique teintée de folie et d'exubérance. Ce mouvement en particulier m'évoque directement le chaos de la Première Symphonie dans toute sa splendeur et démesure. Du brouhaha, il passe à un piano "à la Mozart" et mourra dans un climat de tension typique du style de Schnittke. Le troisième mouvement s'intitule "Allegretto". Il m'est d'une grande excitation sur toute sa durée, toutefois le mouvement le plus court de la symphonie, dépassant à peine les sept minutes. Je le trouve carrément démentiel, diabolique, d'une formidable intensité dramatique. Quelqu'un avait écrit quelque-part sur le topic dédié au compositeur, qu'il fallait être un véritable aficionados de musique de film pour apprécier Alfred Schnittke. Au début, j'avais été surpris par cette remarque. Pourtant, je dois bien admettre que je lui corresponds parfaitement. L'"Adagio" final est d'un romantisme sombre et poignant, traversé ci et là de quelques lueurs d'un espoir éphémère. Magnifique dans le contraste qu'il propose entre un corps orchestral compact, d'une forte puissance dramatique et la chute brutale vers des flûtes d'une douceur lumineuse et réfléchie: un répit bienfaiteur. Je note une guitare électrique aux sonorités claires que j'avais déjà remarquée dans le troisième mouvement. Superbe Symphonie n°3 qui ne m'a jamais autant bouleversé qu'aujourd'hui, et en entier je vous prie!

Par le "Stockholm Philharmonic Orchestra" sous la direction d'Eri Klas.

https://www.youtube.com/watch?v=9RWe35YrM5E
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptySam 18 Mai - 7:40

Alfred Schnittke: Symphonie n°4:

Il y a seulement deux symphonies d'Alfred Schnittke que je possède dans deux interprétations différentes, la N°4 et la N°8. Hier soir, j'ai réécouté sa N°4 par

__Laroslav Zdorov: contre-ténor
__Dmitri Pianov: ténor
__Igor Khudolei: piano
__Evgeniya Khlynova: célesta
__Elena Adamovich: clavecin
"Russian State Symphonic Cappella"
"Russian State Symphony Orchestra"
__Valéry Polyansky.

Elle est très différente de la précédente. Jusqu'ici, je lui accordais un intérêt tout relatif par rapport aux trois précédentes, alors qu'en réalité elle renferme de grandes qualités expressives et poétiques, avec toujours, chez ce compositeur, un goût prononcé pour des associations instrumentales, genre clavecin - célesta - trompette - piano, d'une saveur actuelle aux relents baroques: j'ai toujours été friand de ces combinaisons sonores. Outre des sons vifs et parfois brutaux, il y a cette plainte du ténor qui instaure une ambiance grave et douloureuse et c'est ainsi que je retrouve la combinaison piano/célesta/clavecin dans un jeu plus classique et serein. C'est avant que des cordes torturées, porteuses d'un mystérieux drame ne brise l'ambiance. On entre alors dans une atmosphère pesante avec des cloches tubulaires, des cuivres dissonants et furtifs, d'un genre furibond, un piano martelé. La musique est déchaînée et je suis aux anges. Il y avait longtemps que je n'étais pas revenu sur les symphonies d'Alfred Schnittke et je me rends compte, en les redécouvrant, à quel point sa musique correspond à mon humeur actuelle. En fait, elle correspond tout simplement à ma sensibilité et ce n'est pas un hasard ni pour "faire genre" que je range ce compositeur sans la moindre hésitation dans mon panthéon personnel. Il y a une véritable folie qui traverse son oeuvre. La quatrième symphonie retrouve un moment de beauté inattendu, voire étrange, avec la voix du contre-ténor avant de retrouver les abîmes d'un tourment qui ne cesse de grimper en intensité, jusqu'à l'apothéose, surmonté du ballet sonore des cloches tubulaires. La tension ne baissera pas d'un iota dans la dernière partie de la symphonie. L'exaltation s'exprimera dans la démesure et par la véhémence des cordes obsessionnelles. La folie dévorante qui anime cette musique ne trouvera le répit que sur la note ultime, avant le choeur. Vers la fin, je retrouve, heureux, le fameux trio gagnant que forment le piano, le clavecin et le célesta, même si c'est pour appuyer un climat dramatique et obsessionnel, avant l'entrée du "Russian State Symphonic Cappella" qui apporte finalement le moment d'apaisement et de retenue, le moment religieux qui élève nos mains vers les cieux comme pour s'agripper aux nuages...Comme sur la pochette de mon disque...
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptySam 18 Mai - 17:01

Alfred Schnittke: Symphonie n°5 ou Concerto Grosso n°4?:

<<La cinquième symphonie, composée pour l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam et commandée par lui à l'occasion de son centième anniversaire, témoigne par son titre-même de son "polystylisme": Concerto Grosso n°4 - Symphonie n°5. Au moyen du premier mouvement "Concerto Grosso", Schnittke cite une forme qui a déjà joué un rôle dans sa production - une "citation citée" pour ainsi dire. On y décèle une tentative de trouver une forme de concerto grosso d'aujourd'hui. A partir du mélange d'une attaque relâchée sur le matériel (où le violon, le hautbois et le clavecin font concurrence à l'orchestre) et de mime musical légèrement déformé, le compositeur crée un type moderne très vivant de musique de concerto grosso. Dans le second mouvement, un "Allegretto", le grand orchestre, avec sa lourde section de percussions, essaie d'évoquer un monde sonore mahlérien. Ceci est réalisé au moyen d'un long "mouvement" qui apparaît trois fois. C'est une réminiscence de quelque-chose qui ne fut jamais - le deuxième mouvement du "Quatuor pour piano" inachevé de Mahler, datant de 1876. A la fin du second mouvement de sa symphonie, Schnittke cite les 24 mesures préservées du Scherzo du Quatuor pour piano de Mahler: les quatre instrumentistes, regroupés autour du piano, jouent de l'intérieur de l'orchestre. Le troisième mouvement, qui commence par un passage lugubre aux vents en tempo lent, monte rapidement à des apogées dramatiques et excitées, et mène à une reprise lente que le compositeur considéra comme le quatrième mouvement. Des éléments visionnaires et transfigurant ne peuvent se développer trop bien du caractère de marche funèbre de cette reprise; le mouvement se termine par un geste ascendant désespéré menant à une brève conclusion "Lento".>> Gerhard Rohde.

En réécoutant, aujourd'hui, le Concerto Grosso n°4 qui est aussi la Symphonie n°5 d'Alfred Schnittke, j'avais toujours cette même impression d'écouter une musique en furie - j'adore les musiques un peu folles-furieuses - d'une très grande force expressive, flirtant même par endroit avec la démesure et la grandiloquence. Celle-ci aussi me fait encore plus forte impression que les fois précédentes. Certes, je la trouve moins riche en rebondissements et en nuances que la Symphonie n°4 et sans doute m'exalte-t-elle un peu moins que la Troisième, mais elle n'en demeure malgré tout pas loin en degré d'excitation et d'émotion. J'évoquais dans un ancien commentaire une musique "porteuse d'une colère généreuse, virtuose, symphonique, intense, tragique et qui touche presque au grotesque"...J'enlève volontiers "grotesque" et aujourd'hui, je ressens beaucoup moins de noirceur et de pessimisme que lors des écoutes précédentes...J'y ressens une énergie envahissante et communicative, même galvanisante: euphorique.  

https://www.youtube.com/watch?v=C-2U0kq6z6s
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MessageSujet: Schnittke   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptySam 18 Mai - 23:28


Alfred Schnittke: Symphonie n°6 & Symphonie n°7:


J'ai tendance à considérer les Sixième et Septième comme les deux "petites" symphonies d'Alfred Schnittke, pas à cause de leur durée, du fait qu'elles sont plus courtes ou moins longues que les autres, mais probablement parce que je les trouve moins transcendantes. N'allez pas croire que je les trouve sèches en inspiration ou dépourvues d'intérêt. Je suis un inconditionnel de sa musique et que l'"Adagio" dominé par les cordes, du troisième mouvement, ne peut en aucun cas me laisser de marbre. Il est selon moi le centre d'intérêt de cette Symphonie n°6, celui par lequel l'émotion passe vraiment. L'oeuvre est sombre et les deux premiers mouvements me placent dans une situation d'attente et de perplexité. L'"Allegro moderato", par son caractère sombre, grave et froid, me fait traverser un paysage hostile et austère sans me fasciner. Entre cuivres et cordes, le chemin se tapisse de gris et de brefs silences jusqu'au "Presto" qui m'extrait de la torpeur ambiante par un discours des cordes plus brutal et vif mais haché, avec ruptures de rythme. Il finit par m'accaparer sur la durée, par la force de son mécanisme, grâce à un jeu des vents dans les aigus. Elles en seront sa vive conclusion. ensuite, l'adagio du troisième mouvement prendra son temps pour imposer toute la gravité de son récit, dans une retenue surprenante et propice à la réflexion. L'"Allegro vivace apporte une conclusion accidentée et tonitruante à l'oeuvre. La sixième symphonie date de 1992 et fut dédiée à Rostropovitch et à l'Orchestre Symphonique National de Washington. L'avantage de la Symphonie n°7 est qu'elle me séduit d'emblée par son violon solo, porté par David Nolan, un violon solo introductif sans accompagnement. Elle fut composée en 1993 et dédiée à Kurt Masur qui la créa en février 1994 à New York avec l'Orchestre Philharmonique de New York. Dans le premier mouvement, il y a aussi un superbe "lento" pour cordes qui s'installe, poignant, viscéral, dramatique. S'en suit un discours tonique entre les instruments à vent sur quelques notes suspendues des cordes. Néanmoins, le meilleur reste à venir avec l'"Allegro" (3ème mouv.) que je trouve très original d'un point de vue sonore, c'est-à-dire que l'on retrouve l'étonnant caquetage des bois du "Largo" central d'une durée très courte (2'31"). Interviendra aussi un clavecin, instrument qu'Alfred Schnittke aime beaucoup employer, puis le hautbois, la flûte insolente, la clarinette basse et la petite clarinette en si bémol, les percussions, la charismatique trompette solo, la cloche tubulaire, les cors qui feront retentir une nouvelle mélodie, le thème le plus marquant de cette septième symphonie. S'installera alors, après l'agitation espiègle des clarinettes, un astre sonore de toute beauté, solennel et sur un ton grave irrésistible. Petite perle d'ironie qui offre à cette septième symphonie une conclusion inoubliable.

https://www.youtube.com/watch?v=wgPpvrmEXK4

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyDim 19 Mai - 10:33


Alfred Schnittke: Symphonie n°8:

Jusqu'ici, j'estimais que la N°8 était celle qui me paraissait la plus cérébrale de toutes les symphonies d'Alfred Schnittke, la plus détachée et la plus élevée. Après une nouvelle écoute, je pense un peu la même chose bien que je n'ai plus trop la Neuvième en tête au moment où j'écris ces lignes. Toujours est-il que c'est intéressant d'observer et de tenter une analyse de l'évolution de son style depuis la N°0. En réalité, Alfred Schnittke est l'un des rares compositeurs avec Beethoven, Norgard et Honegger dont je connais toutes les symphonies, ce qui me permet d'avoir une vision d'ensemble assez précise et complète. Ce n'est pas toujours évident d'y parvenir surtout que les compositeurs qui me fascinent le plus se trouvent, pour la plupart d'entre eux, être (ou avoir été) très prolixes. Schnittke est l'un de ceux que j'ai le mieux approfondis, bien au-delà de ses symphonies, incluant sa musique de chambre, ses concertos grossos, ses autres concertos, son oeuvre religieuse...Il est vrai qu'avec sa Symphonie n°8, je ressens une évolution dans son approche musicale, un mélange de sagesse et de réflexion, un souci plus accru de raffinement qui s'exprime avec beaucoup d'appui dans les magnifiques premier et troisième mouvements; "Moderato" et "Lento". J'y ressens une forme de plénitude et l'expression indicible d'une foi profonde:

<<(...)La Symphonie n°8 est au contraire le voyage extraordinaire d'une âme religieuse qui sait en quelque sorte ce que signifie "mourir avec le Christ", pour se référer à la traduction stimulante du philosophe Heinz Cassirer d'une phrase utilisée par Saint-Paul dans le sixième chapitre de son Epître aux Romains. Car la foi chrétienne de Schnittke, et ses racines juives, jouent un rôle tacite dans une grande partie de sa musique - et particulièrement dans sa Huitième Symphonie. Comme le savent de nombreux auditeurs, il n'a été que trop fréquemment, médicalement parlant, à deux doigts du "dernier des maux à vaincre" - car, depuis 1985, Schnittke a subi une série de crises cardiaques qui lui ont elles-mêmes permis d'identifier sa contemplation toujours plus pénétrante d'un monde inconnaissable, monde qui occupe un espace autre que celui dans lequel nous vivons et nous déplaçons.>> Ronald Weitzman.

Finalement, c'est encore le second "Lento", final d'une durée très courte, 1'51", qui me procure la plus belle émotion...tant d'émotion véhiculée sur un morceau aussi court, extatique, lumineux, céleste...J'adore lorsqu'une oeuvre musicale s'achève sur son meilleur moment.

Par le "Royal Stockholm Philharmonic Orchestra"
Gennady Rozhdestvensky.
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laudec

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyDim 19 Mai - 14:08

Tu fais bien d'insister pour les symphonies de Schnittke, Icare, elles valent vraiment la peine d'être découvertes, en tout cas, moi elles me parlent et je sais que je pourrais très vite les aimer si je prenais le temps de les écouter.
Malheureusement, je ne sais pas comment vous faites- la plupart ici sur le forum- pour trouver tout ce temps d'écoute, de visionnage, de lecture. Moi, je suis si largement dépassée par toutes ces découvertes que l'on peut faire ici, que je dois me limiter de façon drastique si je ne veux désespérer ...
Pas de réaction de ma part ne veut pas dire pas d'intérêt ou que je n'aime pas mais tout simplement que je ne parviens pas à suivre. Je me sens un peu comme la tortue à la traîne Le règne de la symphonie - Page 8 Icon_con
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steph-w

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyDim 19 Mai - 15:47

laudec a écrit:

Malheureusement, je ne sais pas comment vous faites- la plupart ici sur le forum- pour trouver tout ce temps d'écoute, de visionnage, de lecture.  Moi, je suis si largement dépassée par toutes ces découvertes que l'on peut faire ici, que je dois me limiter de façon drastique si je ne veux désespérer ...
Je pense que tu ne dois pas de désespérer du tout. Ta participation régulière et constructive, nous prouve, s'il le fallait, que tu consacres largement le temps nécessaire pour nous apporter une belle et riche contribution. Very Happy


laudec a écrit:
 
Pas de réaction de ma part ne veut pas dire pas d'intérêt ou que je n'aime pas mais tout simplement que je ne parviens pas à suivre...
Je partage ce point de vue totalement. Very Happy

- fin du HS -
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laudec

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyDim 19 Mai - 16:04

Merci Steph, ça fait du bien d'être comprise Le règne de la symphonie - Page 8 395622
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Icare
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyDim 19 Mai - 18:36

Petite parenthèse: Laudec, tes contributions sont très précieuses pour ce forum comme celles de tous les autres participants, sur des sujets très différents. Personnellement, le fait d'être lu ou suivi dans mes enthousiasmes ne me préoccupe pas vraiment. Bien sûr, ça me fait toujours plaisir si je suscite un intérêt quelconque pour telle ou telle oeuvre, suite à un commentaire que j'ai pu éditer ci et là, mais c'est d'abord le plaisir d'écrire mes impressions. Je ressens toujours de la frustration lorsque je n'arrive pas à écrire quelque-chose sur une musique que j'ai aimée. Ca m'arrive souvent en réalité et il n'y a pas si longtemps sur des musiques de films que j'apprécie et sur lesquelles je ne pus coucher sur papier aucun mot. Pour ce qui est du temps, je n'écoute que trois heures de musique en plusieurs fois dans la journée quand je ne bosse pas et une ou deux quand je bosse, rien d'exceptionnel.

Alfred Schnittke: Symphonie n°9:

La neuvième symphonie est une oeuvre inachevée de Schnittke qui a été reconstruite à partir du manuscrit par Alexandre Raskatov. Elle se compose de trois mouvements; "Andante/Moderato/Presto", est interprétée par le "Dresdner Philharmonie" sous la direction de Dennis Russell Davies. C'est une oeuvre très raffinée avec des effets assez subtils dans le "Moderato". Elle se rapproche dans sa forme globale de la N°0, dans la mesure où elle est plus tonale, plus lyrique, plus "softe" si je peux me permettre cette expression. Si elle est très agréable à suivre, confortable ou réconfortante à sa façon, il y a un grain de folie qui a disparu. Certes, il avait déjà un peu disparu de la Huitième, mais il était remplacé par quelque chose d'autre, de plus religieux, de plus méditatif, de plus profond, qui en fait une grande et belle symphonie. Même la N°0 me semble plus profonde et habitée, plus consistante aussi. Celle-ci, extraite du papier grâce à Raskatov, semble déployer un récit sinueux aux objectifs imprécis, ornée néanmoins de beaux moments et de délicieuses combinaisons instrumentales comme autant de miniatures éphémères que la musique n'arrive pas à retenir assez longtemps. Je me souviens d'un précédent classement que j'avais fait: 1, 3, 4, 8, 2, 7, 0, 9, 6.. Je pense qu'aujourd'hui il n'y aurait que le rajout de la Cinquième: 1, 3, 4, 8, 2, 7, 5, 0, 9, 6., sinon, il n'y aurait aucun changement à faire même si je pense les avoir encore plus appréciées aujourd'hui qu'hier...peut-être la 7 avant la 2 à la rigueur...Voir la N°1 et la N°3 en tête n'a rien d'étonnant lorsque l'on connaît mes penchants pour les musiques un peu chaotiques et déjantées... Hehe...la Neuvième et la Sixième occupant sans surprise les deux dernières places de mon classement.

Symphonie n°8:

https://www.youtube.com/watch?v=jwJYLIP6Yco
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joachim
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyDim 19 Mai - 19:16

Icare a écrit:
Pour cette sixième partie, j'ai décidé de privilégier la symphonie russe.

Maintenant que tu en as terminé avec Schnittke, j'attends tes commentaires sur les symphonies romantiques de Borodine, Rimsky-Korsakov, Kallinikov, Tchaikovski, voire Glazounov Laughing
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Icare
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyDim 19 Mai - 20:42

Laughing Laughing Laughing

Et si quelqu'un veut connaître le classement préférentiel de JOACHIM sur les neuf symphonies de SCHNITTKE, il lui suffit d'inverser mon propre classement. Ptdr
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Icare
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MessageSujet: Tchaikovsky   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyLun 20 Mai - 18:27

joachim a écrit:
Icare a écrit:
Pour cette sixième partie, j'ai décidé de privilégier la symphonie russe.

Maintenant que tu en as terminé avec Schnittke, j'attends tes commentaires sur les symphonies romantiques de Borodine, Rimsky-Korsakov, Kallinikov, Tchaikovski, voire Glazounov Laughing

Ton voeu est exaucé avec la Symphonie n°2 de Tchaikovsky par le "Moscow Philharmonic Orchestra" sous la direction de Kirill Kondrashin. Very Happy Elle débute en douceur, sur un ton un peu interrogatif, par les cordes qui enflent dans une tonalité que je trouve très hospitalière. Puis, après quelques pizzicati, c'est l'éveil, l'éclatement vers la lumière, l'ouverture à la vie. La musique prend l'allure d'un allegro tonique, endurant et décidé. Elle s'essoufflera sur quelques notes obsessionnelles de la harpe et du célesta. Elle renaîtra entre la flûte et le basson, tels deux agents porteurs d'un enthousiasme immense et communicatif. Tchaikovsky emploie dans cette partie de la symphonie des combinaisons instrumentales aussi intéressantes que poétiques. Un chouette violon solo offre un moment de répit avant un nouveau souffle de vie de tout l'orchestre. La Symphonie n°2 se divise en trois mouvements et le premier dépasse les 22 minutes. Des sonorités lumineuses le traversent de façon insolite alors que la matière orchestrale se déchaîne , déployant une énergie considérable autour d'elle, prédisant une fin proche par les effets lourds d'une grosse percussion. Pour en revenir à certaines combinaisons instrumentales, elles ont à mon oreille une certaine fraîcheur sonore, comme ce put être le cas avec la Sixième de Hans Werner Henze et la Septième de Gustav Mahler dans un style qui fut le leur. J'aime bien lorsqu'une symphonie s'écarte d'un instrumentarium classique, lorsque des instruments inhabituels s'y invitent où alors quand des instruments classiques y sont employés de façon inhabituelle. C'est d'ailleurs dans cet esprit que démarre le premier mouvement avec des pizzicati du premier violon et des interventions succinctes de la harpe. Le violon est très présent dans cette partie de la symphonie. Il en est d'une certaine façon l'élément dominant, celui qui mène la danse sans épouser pour autant le jeu d'un concerto. J'aime beaucoup le travail sur les orchestrations, sur les couleurs. Il y a un passage magnifique avec les bois, un jeu inouï dominé par les flûtes et un hautbois nasillard, dont certaines des flûtes vont s'exprimer furtivement à l'extrême de l'aigu. L'oreille retiendra parallèlement le jeu plus discret du célesta. Plus loin, c'est une trompette virtuose qui imposera son jeu et des cordes déchaînées desquelles s'extirpera l'incorrigible premier violon. La harpe réapparaîtra au sein d'une construction thématique un peu particulière, à la limite de l'étrange et du mystère. Le violon effectue des tracés vifs et secs, mais c'est un jeu intéressant du célesta qui finira par être l'élément de transition avant la construction d'un nouveau thème. La symphonie prend alors une tournure très mélodique et solennelle, comme si elle plongeait avec nostalgie dans les bonheurs d'antan, comme si Tchaikovsky retrouvait Tchaikovsky avant une fin brillante et exacerbée. Le second mouvement, un "Largo - Andante", commence sur un ton original et minimaliste, sur un thème lunaire ponctué par un marimba ou xylophone. Un violoncelle romantique entre en scène. La musique devient douce et mystérieuse, un peu nocturne, cette fois ponctuée par une percussion lointaine et le marimba/xylophone. C'est le passage le plus romantique de la symphonie. Il se développe avec beaucoup de passion, et plus j'avance dans son développement, plus je me laisse submerger par sa beauté, plus je suis fasciné par l'intelligence de ses orchestrations, son souci pointu du détail. Le troisième mouvement démarre sur un thème joué par la clarinette. Bientôt, un ballet des couleurs s'imposera avec virulence par son originalité. Là encore, les combinaisons instrumentales et des sonorités étonnantes créent une peinture pittoresque qui suscite l'attention et galvanise l'esprit. Le thème principal du mouvement n'est jamais vraiment délaissé. Il est martelé diaboliquement par-dessus l'agitation ambiante. Il reviendra avec la clarinette. J'adore ce thème entêtant, obsessionnel, qui s'émancipera avec tout l'orchestre. J'adore également comment la musique se termine. J'y ressens une forme d'humour noir mais je ne saurais expliquer pourquoi.


Dernière édition par Icare le Mar 21 Mai - 18:00, édité 3 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyLun 20 Mai - 19:37

Icare a écrit:
Ton voeu est exaucé avec la Symphonie n°2 de Tchaikovsky

Bravo. Tu as le coup pour "décortiquer" une œuvre que je t'envie, moi j'en serais incapable Wink
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyLun 20 Mai - 19:39

joachim a écrit:
Icare a écrit:
Ton voeu est exaucé avec la Symphonie n°2 de Tchaikovsky

Bravo. Tu as le coup pour "décortiquer" une œuvre que je t'envie, moi j'en serais incapable Wink

Tu as compris à quel Tchaikovsky je fais allusion par cette seconde symphonie? Le règne de la symphonie - Page 8 231625
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyLun 20 Mai - 20:17

Icare a écrit:
joachim a écrit:
Icare a écrit:
Ton voeu est exaucé avec la Symphonie n°2 de Tchaikovsky

Bravo. Tu as le coup pour "décortiquer" une œuvre que je t'envie, moi j'en serais incapable Wink

Tu as compris à quel Tchaikovsky je fais allusion par cette seconde symphonie? Le règne de la symphonie - Page 8 231625

C'est Boris, mais il n'est pas mal quand même, bien qu'il n'égale pas Piotr Ilitch. J'attends maintenant ton commentaire sur la 2ème de Piotr Ilitch, dite "Petite Russienne", qui est peut-être la moins connue de ses 7 symphonies Wink
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MessageSujet: Borodine   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyMar 21 Mai - 17:53

Alexandre Borodine : Symphonies 1 & 2:

J'ai réécouté les deux premières symphonies d'Alexandre Borodine par le "Rotterdam Philharmonic Orchestra" sous la direction de Valéry Gergiev.  Même si je demeure en Russie, je change un peu de forme et de style d'expression symphonique, ce qui va de soi puisque je change aussi d'époque. Cent ans séparent la première symphonie de Borodin de la seconde de Boris Tchaikovski. L'interprétation qu'en est faite par le "Rotterdam Philharmonic Orchestra" sous la direction de Valery Gergiev me semble très bonne même si je veux bien croire qu'il y en ait de meilleures. De ces deux premières symphonies, je continue d'apprécier prioritairement les deux Andantes qui en sont, selon moi, les points culminants. Le verbe "apprécier" est d'ailleurs trop faible; "vénérer" serait déjà plus approprié. Bref, j'en suis amoureux. Jusqu'à la dernière écoute, j'exprimais une préférence pour l'Andante de la Symphonie n°2 que je trouvais d'une grande beauté. C'est toujours vrai concernant la grande beauté de ce morceau et ce n'est pas étonnant car, chez Borodine, comme chez finalement beaucoup de compositeurs, ce sont les mouvements lents qui ont toute ma préférence. Alfred Schnittke, par exemple, fait figure d'exception car, chez lui, les allegros me fascinent autant que les adagios ou les andantes. Je viens de remettre l'andante (quatrième mouvement) de la Symphonie n°1 et c'est un pur délice. Celui de la Symphonie n°2 a peut-être quelque chose de plus prenant encore, ce cor solo vers le début à l'effet saisissant et ce hautbois solennel et majestueux, un peu plus en amont, secondé par une clarinette plus discrète. D'un romantisme un peu plus sombre que l'andante de la Première, il prend un caractère plus étoffé avant de retrouvé la clarinette et le hautbois et de se laisser davantage imprégner de lumière et d'espoir. La harpe, la clarinette et le cor apporteront une conclusion douce et émouvante après l'emphase. Au final, je me demande si je n'ai pas une préférence aujourd'hui pour l'andante de la première symphonie, ce qui n'a aucune espèce d'importance en soi puisque j'ai la possibilité d'apprécier les deux. Very Happy  Oui c'est bien celui-là que je préfère. Chaque seconde de cet "Andante" m'illumine.

https://www.youtube.com/watch?v=SbaIH5HBoPA
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyMar 21 Mai - 19:25

Icare a écrit:
Laughing Laughing Laughing

Et si quelqu'un veut connaître le classement préférentiel de JOACHIM sur les neuf symphonies de SCHNITTKE, il lui suffit d'inverser mon propre classement. Ptdr

J'avais oublié de répondre Embarassed

Mon classement des symphonies de Schnittke n'est quand même pas l'inverse du tien, enfin pas tout à fait Laughing

Selon les appréciations notées sur mon cahier, voici mon classement :

0 - 3 - 4 - 8 - 9 - 2 - 7 - 6 - 5 - 1

Sur les symphonies de Borodine, moi aussi j'aime beaucoup les deux Andante, mais avec une petite préférence pour celui de la 2ème.

Tu sais qu'il avait ébauché une symphonie n° 3 demeurée inachevée, mais son collègue et ami Glazounov en a complété deux, dont le premier mouvement (Moderato assai), non noté mais joué au piano devant lui, a été restitué de mémoire et orchestré par lui !

Si tu veux l'écouter par curiosité, la voici (elle ne dure que 18 minutes) :



https://www.youtube.com/watch?v=ZtAASYM88jQ

Mais selon mon classement, elle vient après la 2ème et la 1ère.

Si tu en as l'occasion, écoute aussi les symphonies de Rimski-Korsakov Wink
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MessageSujet: Rachmaninov   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyMar 21 Mai - 23:28

Merci pour ces liens, Joachim! Effectivement, la Symphonie n°3 de Borodine n'est pas longue. Ca tombe bien car la Symphonie n°1 de Prokofiev non plus, ce qui fait que je vais les (ré)écouter l'une à la suite de l'autre demain. Wink

Sergei Rachmaninov: Symphonie n°2:

Il y a bien des années en arrière, lorsque j'ai écouté pour la première fois la seconde symphonie de Sergei Rachmaninov, par le "London Symphony Orchestra" sous la direction d'André Prévin, je n'étais pas vraiment friand de ce romantisme tardif très emphatique et généreux que je trouvais un peu dégoulinant. Mais il faut remettre les choses dans leur contexte et, à cette époque-là, j'étais prioritairement friand d'approches plus "modernes" ou plus "contemporaines", dans le sens où on l'entend habituellement lorsqu'on évoque des musiques atonales ou qui vont dans ce sens, allant même jusqu'à apprécier des oeuvres musicales parfois très austères et pointillistes. Mes aspirations étaient donc à l'opposé de ce que m'offrait Rachmaninov. Puis, le temps passe, les goûts et les aspirations finissent par évoluer, par s'élargir même si, au fond, mes prédilections demeurent les mêmes. Aujourd'hui, je suis fasciné par la Symphonie déchirée de Luc Ferrari que l'on peut placer dans la descendance d'une certaine avant-garde française et prendre un certain plaisir dans l'écoute de la Symphonie n°2 de Rachmaninov, en aimer les formes généreuses, les vagues lyriques qui vous enveloppent de ses bons sentiments comme dans un grand film épique hollywoodien: Les symphonistes américains de la pellicule aimaient Rachmaninov! Il y a finalement quelque-chose de très confortable et réconfortant dans ce souffle symphonique qui prendra une dimension plus naïve quelque-part - en fait dès le début - dans le long adagio du quatrième mouvement; une mélodie aussi belle que peut l'être la mélodie du bonheur, qui a d'ailleurs voyagé au-delà de la symphonie, de la pop au cinéma.

https://www.youtube.com/watch?v=QNRxHyZDU-Q
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MessageSujet: Prokofiev   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyMer 22 Mai - 19:42


Alexandre Borodine: Symphonie n°3
Par "The State Symphony Orchestra of Russia" sous la direction de Evgeny Svetlanov.

Sergei Prokofiev: Symphonie n°1 "Classical"
Par le "London Symphony Orchestra" sous la direction d'André Prévin.

Ce fut une bonne idée de réunir ces deux symphonies dans une même écoute. Elles vont bien ensemble et il s'en dégage presque un même esprit de renaissance, comme un parfum de printemps qui inonde les jardins. Le thème mélodique du premier mouvement de la troisième symphonie de Borodine est vraiment très joli, entêtant, optimiste, fleuri. Celui de la Symphonie classique de Prokofiev est tout autant vivifiant, plein d'entrain et d'un optimisme qui frise le soupçon de l'ironie courtoise avec le jeu minimaliste du basson. J'en apprécie l'ardeur et l'entrain et le thème principal du premier mouvement, lorsqu'intervient le fameux basson m'amuse vraiment. Le second mouvement ne manque pas d'une certaine élégance avec là encore un basson un peu crâneur qui use de son charme. Le second mouvement de la Symphonie n°3 de Borodine démarre avec un thème entraînant au hautbois avant d'être porté par l'orchestre. Elle ne me touche pas autant que les deux premières du même compositeur, mais elle est quand même très attachante et ne manque pas d'un certain entrain: une musique du matin qui met du baume au coeur avant de commencer une nouvelle journée. Une petite clarinette donne le ton de la tendresse qui caractérise le "Moderato", commence alors la partie la plus attendrissante de l'oeuvre avant le sursaut du thème introductif du "Scherzo". Avec la Symphonie n°1 de Prokofiev, comme me l'inspire un énergique quatrième mouvement, c'est une musique qui court après le bonheur et finit par le rencontrer dans un bel échange de sourires. Ce n'est plus le basson qui enchante la scène, c'est une merveilleuse flûte d'une énergie saisissante.

https://www.youtube.com/watch?v=p5jL6Ma9tvk
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyMer 22 Mai - 20:04

Symphonie Classique est le titre donné par Prokofiev lui-même à sa première symphonie. Comme il l'explique lui-même, il a cherché à faire revivre l'esprit des symphonies de Haydn, en s'imaginant comment Haydn aurait pu écrire une symphonie à l'époque (1917). L'orchestre est identique à celui (moyen) de l'époque classique, soit 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, timbales et cordes. A noter qu'à la place du menuet habituel, Prokofiev a placé une gavotte qui devait lui plaire car il l'a reprise dans son ballet Romeo et Juliette et en a effectué une transcription au piano en 1935.

Au sujet de la 2ème symphonie de Rachmaninov, je crois que je peux affirmer qu'elle est ma préférée parmi toutes les symphonies composées au 20ème siècle. J'adore son lyrisme exacerbé Very Happy
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MessageSujet: Weinberg   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyMer 22 Mai - 23:45

Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°1:

Ce soir, je viens de réécouter sa première symphonie (Op.10), datée en 1942, par le "St-Petersburg State Academic Symphony Orchestra" sous la direction d'Alexander Titov. C'est une symphonie liée à la seconde guerre mondiale au même titre, par exemple, que les premières symphonies respectives d'Arthur Honegger et d'Einar Englund; "War". J'aime beaucoup le premier mouvement qui s'articule autour d'une ligne mélodique récurrente. Elle revient sous forme de leitmotiv apportant un caractère presque obsessionnel au morceau. Ce que j'aime précisément c'est un équilibre entre légèreté: sorte de fausse insouciance, ironie et gravité. Le second mouvement est très captivant, ample et généreux, jusqu'au violon solo qui porte le romantisme à sa forme la plus intimiste. La fois précédente, j'avais été plus emballé par le troisième mouvement (Vivace) qui offre un délicieux et ironique moment d'intimité entre certains instruments tels que le basson et la clarinette. C'est vrai que le basson, comme dans la première symphonie de Prokofiev, y est séduisant, sur un ton plutôt léger et presque porté sur la dérision. C'est sans doute ce côté très alerte et déterminé qui avait gagné toute mon attention lors de la dernière écoute. Un superbe jeu entre la flûte et le basson confirmera cette préférence. Gracieux, cette musique monte allègrement les marches de l'exquis. Le quatrième mouvement est probablement celui qui me reste le moins à l'esprit après l'écoute, sans doute encore trop sous l'emprise du "Vivace" et du "Lento". Une bien belle symphonie!

https://www.youtube.com/watch?v=OPo385wOWwA
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyJeu 23 Mai - 9:22

Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°2 pour orchestre à cordes:

<<Plusieurs oeuvres symphoniques de Weinberg se passent d'un grand effectif et font preuve d'économie instrumentale. L'une de ces oeuvres est sa SYMPHONIE N°2 opus 30 pour orchestre à cordes. Vu les forces orchestrales réduites, cette symphonie (en compagnie de plusieurs autres) a parfois été décrite dans la littérature biographique limitée (pour dire le moins) sur Weinberg comme une "symphonie de chambre" - encore que le compositeur a commencé la série d'oeuvres auxquelles il donna lui-même cette nomenclature. L'oeuvre fut composée étonnamment vite: Weinberg commença le travail sur la partition le 30 décembre 1945 et il le termina le 16 janvier 1946. Mais presque dix-neuf ans devaient cependant s'écouler avant la création: elle eut finalement lieu le 11 décembre 1964 dans le Grand Hall du conservatoire de Moscou, donnée par l'Orchestre Symphonique National d'URSS dirigé par Kurt Sanderling. Le chef d'origine allemande qui travaillait en Union Soviétique depuis 1935. La symphonie lui fut aussi dédiée.>> Per Skans 1999.

Le premier mouvement, un Allegro moderato, est magnifique d'un bout à l'autre. Ce n'est pas une symphonie qui m'a séduit dès la première écoute mais davantage une oeuvre qui a fait son bout de chemin en moi, au fil du temps. Au départ, je souhaitais surtout me concentrer sur les symphonies de Chostakovitch, mais comme j'ai une meilleure connaissance de celles de Weinberg jusqu'à aujourd'hui, et que j'aime beaucoup aussi la musique de ce compositeur d'origine polonaise (juif polonais), ce choix s'est donc imposé de lui-même, bien que je retrouverai certaines symphonies de Chostakovitch à l'occasion de cette sixième partie de mon cycle. L'Adagio qui constitue le second mouvement est également saisissant et beau dans sa gravité. L'Allegretto final est également attractif. Il prête un beau volume aux cordes. Je suis quand même content d'avoir mieux su apprivoiser cette belle symphonie pour cordes par l'"Umea Symphony Orchestra" sous la direction de Thord Svedlund.


Dernière édition par Icare le Jeu 23 Mai - 18:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyJeu 23 Mai - 18:34


Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°4 - opus 61:

La Symphonie n°4 de Weinberg fait partie de mes préférées du compositeur. Elle se compose de quatre mouvements; "Allegro/Allegretto/Andantino/Vivace" et est interprétée par le "Moscow Philharmonic Symphony Orchestra" sous la direction de Kirill Kondrashin. Deux éléments me sont chers dans cette oeuvre. Chacun des quatre mouvements s'articule autour d'un thème mélodique solide et marquant et la clarinette y joue un rôle remarquable et remarqué. D'après quelques informations que j'ai picorées dans Wikipédia, la quatrième symphonie est dédiée à Revol Bounine. Subissant en 1961 une révision, les quatre mouvements étaient dotés d'une autre nomenclature: "Toccata/Serenata/Intermezzo/Rondo". Elle fut alors Créée le 16 octobre 1961 à la grande salle du Conservatoire de Moscou par Kirill Kondrachin et l’Orchestre symphonique de la Société philharmonique de Moscou. Le dernier mouvement contient plusieurs citations, dont une mazurka polonaise et la chanson à danser russe "Perepiolochka", se traduisant en français par "La Petite Caille".

https://www.youtube.com/watch?v=vs_vYi4aZq8
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 EmptyJeu 23 Mai - 19:08

Weinberg a composé 21 ou 22 symphonies. Tu les as toutes écoutées ? Pas moi, seulement 15 Wink
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 8 Empty

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