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 Le règne de la symphonie

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Icare
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyMer 10 Avr - 23:26

Albéric Magnard - Symphonies n°1 & 3:

Je ne les connais de toute façon que par l'Orchestre du Capitole de Toulouse sous la direction de Michel Plasson, à l'exception de la Seconde que je n'ai encore jamais écoutée. Ce soir, je viens de réécouter les Symphonies 1 & 3 d'Albéric Magnard. Mes premières impressions plutôt mitigées de l'époque se sont désormais complètement évaporées. j'ignore si ces oeuvres ont fini par m'adopter ou si c'est moi qui les ai définitivement adoptées. C'est sûrement un peu des deux. Il y a un rayonnement, une expressivité qui me tient en haleine. La première symphonie fut composée par Albéric Magnard entre 1889 et 1890 sur les instances de Vincent d'Indy qui en surveilla l'élaboration et la corrigea sans ménagement. Ainsi lui est-elle justement dédiée. D'ailleurs, à propos de Vincent d'Indy, il faudra que je me penche, un jour ou l'autre, sur ses symphonies que je n'ai encore jamais écoutées, sauf peut-être une fois la Symphonie sur un Chant Montagnard - Cévenole. Si la N°1 de Magnard me captive en entier, certains mouvements plus que d'autres, notamment le "Religioso, largo - Andante", la N°3 a toute ma préférence. Effectivement, il y a ce magnifique hautbois de Christian Fougeroux qui illumine la "Pastorale" (troisième mouvement). Ce mouvement est une oeuvre à lui-seul. L'"Introduction et Ouverture" est également somptueux. <<Si le mot chef-d'oeuvre signifie payante réalisation d'une conception magnifique en soi, il doit s'appliquer à la troisième symphonie - en a dit G. Ropartz - Si le terme vous effraye, disons seulement, et ce n'est pas peu, qu'elle est une oeuvre définitive.>> Pour en revenir à l'interprétation de Michel Plasson, même si je n'avais aucun autre modèle de comparaison à l'époque - ce qui est encore vrai aujourd'hui, elle m'a toujours paru de très bonne facture et n'était pas responsable de mon manque d'adhésion à l'époque. C'était une musique qui ne correspondait pas à mes attentes à ce moment-là, tout simplement, un peu comme la N°1 de Mahler, lorsque je l'ai écoutée pour la première fois. Aujourd'hui, je l'adore...

Voici la SYMPHONIE N°2, également par l'Orchestre du Capitole de Toulouse sous la conduite de Michel Plasson:

https://www.youtube.com/watch?v=QiMwU6UH2D4


La version de Sanderling se trouve aussi sur Dailymotion.

https://www.dailymotion.com/video/x3ui7rc
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MessageSujet: Koechlin   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyJeu 11 Avr - 18:59

Charles Koechlin - The Seven Stars'Symphony:

J'ai réécouté aujourd'hui The Seven Stars' symphony op. 132 de Charles Koechlin. Quelle merveilleuse idée d'avoir composé une symphonie qui rend hommage au Septième Art! Celle-ci se découpe en 7 parties, chacune ayant pour titre le nom d'un acteur ou d'une actrice:

__1. Douglas Fairbanks.
__2. Lilian Harvey.
__3. Greta Garbo.
__4. Clara Bow et la joyeuse Californie.
__5. Marlène Dietrich.
__6. Emil Jannings.
__7. Charlie Chaplin.

Déjà parce que le thème me plait, je voue une véritable affection à cette "Seven Stars'Symphony". Je lui trouve un caractère très personnel et je tiens à réécrire ici le propos du chef d'orchestre James Judd:

<<Koechlin est un cas particulier car, à part "L'Andalouse dans Barcelone", il n'a pas composé pour le cinéma. Sa "Seven Strars'Symphony" est tellement raffinée et sensible, une oeuvre tellement personnelle. On s'attendrait à ce que la musique pour Charlie Chaplin soit très drôle; mais en fait, c'est une étude de caractère très complexe, le dépeignant à travers divers moments de films particuliers. Les "esquisses" de Koechlin sont très profondes, une sorte de biographie approfondie de ces personnalités, allant au-delà de leur caractère dans des films individuels, pour découvrir le pathétique d'Emil Jannings, la beauté de Lilian Harvey, l'isolement de Garbo. Ce n'est pas exactement de la musique de cinéma, mais un commentaire exceptionnel sur le film de quelqu'un qui aimait tout simplement le cinéma. L'orchestration de Koechlin, dont il avait une grande maîtrise, était extrêmement cinématographique. Il demandait de vastes combinaisons inhabituelles d'instruments pour créer des textures et des coloris extraordinaires. Il était proche de Mahler par son contrôle parfait de la sonorité et du timbre orchestraux, rapprochant des instruments qu'on ne trouvait nulle part ailleurs.>>

Moi aussi, je m'attendais à une musique plus guillerette et amusante sur "Charlie Chaplin", alors que la mélancolie et la gravité sont aussi présentes dans ses films. C'est le "portrait" le plus long de cette Symphonie-hommage puisqu'il atteint les quatorze minutes, en même temps l'un de ceux qui me captivent le plus. Ma préférence va, musicalement parlant, pour le premier "portrait"; "Douglas Fairbanks". Superbement orchestré!


Dernière édition par Icare le Ven 12 Avr - 9:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Landowski   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyJeu 11 Avr - 23:18

Marcel Landowski - Symphonies n°1, 3 & 4:

A propos de la Symphonie n°4:

<<Pourquoi en cette fin du vingtième siècle écrire encore une symphonie?>> dit Marcel Landowski, à propos de la Quatrième Symphonie, dédiée à Georges Prètre qui l'a créée le 15 octobre 1988 avec l'Orchestre National de France. Est-ce comme le pensent  ou le disent beaucoup de compositeurs contemporains, une forme désuète? Et le grand orchestre symphonique romantique est-il une formation qu'il faut abandonner en faveur de formations éclatées en formules diverses? Landowski ne le pense pas: <<J'ai choisi cette forme, très librement interprétée, comme un grand poème symphonique en cinq parties, parce qu'elle me paraît être une des plus accomplies et des plus équilibrées. J'ai choisi cette formation parce qu'elle possède, avec dans certains cas des apports nouveaux et vivifiants dus à la musique électroacoustique, la palette sonore la plus riche et la plus apte, dans le cadre des grandes salles de concert, à rendre intelligible un langage contemporain avec ses possibilités et ses combinaisons innombrables.>>

Je ne pouvais envisager un tel cycle sans évoquer les Symphonies n°1, 3 & 4 de Marcel Landowski. Je leur voue un véritable culte au point de ne trop savoir laquelle me fascine le plus des trois. En fait si; j'ai toujours nourri une préférence pour la Première, "Jean de la Peur" dont le caractère "aliénant", obsessionnel, me fascine complètement. Diantre! J'ignore ce qui se passe avec les "secondes symphonies", ce sont toujours celles qui m'échappent! Je n'ai toujours pas trouvé la N°2 de Landowski en disque...ni la Cinquième que je n'ai même pas encore écoutée au moins une fois...Je suis convaincu qu'elles me plairont autant que les trois autres qui me furent immédiatement passionnantes. Comme avec celles de Honegger, Dutilleux et Jolivet, l'adhésion fut instantanée et jamais démentie depuis. Elles sont colorées, fortes de leurs multiples textures sonores et de leurs multiples rebondissements, dans les différentes humeurs qu'elles développent au fil de leurs mouvements, que ce soit dans leurs moments les plus violents ou les plus angoissés, les plus extravertis ou les plus retenus. "Jean de la Peur" est vraiment la symphonie qui me hante le plus. "Hanter" est le verbe adéquat: cette oeuvre, par sa construction très singulière, toute en progression, son caractère obsessionnel, me hante, m'envoûte, me traverse, me fascine. J'adore cette symphonie! Il faut dire que Marcel Landowski fait partie de mes compositeurs préférés.

https://www.youtube.com/watch?v=fNuMDNoLRwA
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MessageSujet: Gaubert   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyVen 12 Avr - 10:09



Philippe Gaubert - Symphonie en Fa:

1935-1936 - Par l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg sous la direction de Marc Soustrot.

<<La musique de Gaubert, ni révolutionnaire, ni rétrograde, s'inscrit dans la plus belle et la plus pure tradition française: éclat sans emphase, puissance sans lourdeur, lyrisme généreux ou tendresse d'une exquise pudeur, le tout servi par une orchestration chatoyante qui procède de Debussy et de Dukas sans ressembler ni à l'un ni à l'autre. Si les "Chants de la mer" révèlent du plus séduisant impressionnisme, le "Concert en Fa" actualise sans sécheresse, mais au contraire savoureuse et spirituelle, ce néo-classicisme qui faisait tant de ravages à l'époque. Enfin, la "Symphonie en Fa" qui demeure sans doute l'oeuvre maîtresse de son auteur, couronne sa production par une partition dont la superbe ampleur sait demeurer dépourvue d'excès. Ferme et parfaitement maîtrisée dans sa structure. Non loin de celles de Roussel, auxquelles elles ne ressemblent d'ailleurs pas du tout, c'est, tout simplement, l'une des grandes symphonies françaises de son temps.>> Harry Halbreich.

La symphonie de Philippe Gaubert se compose de quatre mouvements:
-Lent, calme - Allegretto (12'47")
-Adagio (9'02")
-Scherzo: très vif et léger (4'35")
-Final (8'37)
Je suis toujours aussi friand des deux premiers mouvements. Des paysages magnifiques et bien français se dessinent en écoutant cette musique. Une plénitude s'installe. L'Adagio est une pure merveille et une merveilleuse rêverie. Je me délecte de ses teintes harmoniques et orchestrales qui trouvent certainement ses sources d'inspiration chez Debussy, ainsi que l'émergence d'un violon solo, doux et mélancolique. Toutefois, si cette symphonie me régale avec ses deux premiers mouvements, je l'apprécie en entier. Les deux derniers mouvements ne manquent ni de consistance ni de caractère. Dire que, comme avec les symphonies d'Albéric Magnard, ma passion pour cette oeuvre de Philippe Gaubert ne fut pas immédiate mais progressive...
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MessageSujet: Chamouard   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyVen 12 Avr - 17:29


Philippe Chamouard - Symphonie n°2 "Sarajevo":

Il y a un compositeur français que j'aime beaucoup dans le domaine de la symphonie; il s'agit de Philippe Chamouard. Il en a composé neuf jusqu'en 2011, mais depuis il a pu en composer une dixième, voire une onzième...Cet après-midi, j'ai réécouté celle que je considère comme l'une de ses plus belles créations...du moins pour moi...qu'est la Symphonie n°2 - Sarajevo. Elle se divise en trois mouvements, a la particularité de n'offrir aucun mouvement rapide: "Andante, Grave/Largo, Lamentoso/Adagio, Dolcissimo cantabile. C'est justement (mais pas seulement) ce qui me fascine dans cette symphonie qui agit sur moi comme une grande "procession" dramatique et solennelle et convoque dans son troisième mouvement la merveilleuse voix de mezzo-soprano, Doris Lamprecht. Le chant qui en émerge est évidemment de toute beauté. Il y a souvent un aspect méditatif dans la musique de Chamouard, ce qui est, par exemple, vrai dans sa Symphonie Tibétaine (N°1) et sa Symphonie Mystique. Néanmoins, la seconde symphonie porte aussi une grande douleur. N'oublions pas son sous-titre "Sarajevo" qui fait allusion à un conflit particulièrement meurtrier où il est également question d'épuration ethnique. N'attendez pas à ce que des cris de désespoir et des accents de révolte déchirent la chair harmonique de cette oeuvre, vous ne les entendrez pas! Vous y recevrez l'expression d'une souffrance intense mais contenue, tel un profond murmure s'échappant de plaies béantes et s'amplifiant sans jamais exploser, le parfait reflet d'un enracinement dans l'horreur qui soude les lèvres et plombe les coeurs. La souffrance se trouve alors transcendée par la beauté dans le troisième mouvement, avec l'utilisation de la voix et d'un poème écrit en août 1993 par un jeune musulman, lors de sa détention dans un camp d'internement à Tmopolje. Si les deux premiers mouvements interdisaient l'espoir ni même la faible lumière d'une fenêtre entrouverte sur la paix et la liberté, le troisième est différent:

Texte du poème

Mon village est un endroit si beau
J'aimais tellement y aller
Mon village, je ne l'aime plus
Il y a un camp là-bas et mon âme en souffre
Je vis dans ce camp depuis un an
Et je me demande où sont mes enfants
C'est le camp de l'horreur et de la peur
Celui qui y entre n'a plus rien à espérer
Nos familles tentent de nous aider
Mais que peuvent-elles contre cette agonie?
Mon village pleure sur ses sacrifiés
Je n'ose même pas compter combien on en a tués
Je pleure ma soeur
Je pleure mon frère
Je pleure mon père.


https://www.youtube.com/watch?v=PsECkoxT8Lc

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MessageSujet: Chailley   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyVen 12 Avr - 19:41

Jacques Chailley:

Symphonie n°1 en Sol Mineur:

https://www.youtube.com/watch?v=_aVRLCyPRWo


Lors de mon cycle sur les symphonies composées durant la Seconde Guerre Mondiale, il me semble que j'avais omis de mentionner la Symphonie n°1 en Sol Mineur de Jacques Chailley dont l'énergie qu'elle véhicule dans ses mouvements extrêmes, l'"Allegro ritmico" et le "Finale", m'ont toujours laissé sur le carreau, complètement captivé, subjugué: <<La première symphonie - dire qu'il en écrivit une deuxième en 1986 et qu'elle m'a encore échappé Le règne de la symphonie - Page 7 Icon_con - est l'une des premières oeuvres importantes de Jacques Chailley. Alors secrétaire général du Conservatoire, il l'écrivit à son retour de la campagne de 1939, d'où il revenait prisonnier évadé, avec médaille militaire et croix de guerre. Elle fut conçue aux sombres jours de l'occupation ou en collaboration avec son directeur Claude Delvincourt, il assumait la charge dangereuse de défendre les élèves de la Grande Ecole contre les menaces du S. T. O. et de la déportation. Ecrite de 1942 à 1945, c'est une oeuvre de musique pure qui ne requiert aucun argument littéraire, bien que des commentateurs ingénieux aient affirmé y trouver un écho des événements tragiques que ces dates rappellent à notre souvenir. L'auteur n'en exclut pas la possibilité, mais il l'assure inconsciente.>> Le second mouvement "Andante" est à mon sens magnifique, fort d'un romantisme presque cinématographique et le "Scherzo" est également d'une exaltation rare, contenant en son sein un adagio émouvant tout en retenue, avec une conclusion insolite et ludique à laquelle on ne s'attend même pas. J'adore le motif très ironique qui anime le mouvement final et revient comme un leitmotiv entêté et entêtant. Entre gravité et un sens inouï de la fantaisie, ce formidable "Finale" confirme un chef-d'oeuvre de la symphonie française.

P.S: Aujourd'hui, je l'ai réécoutée par l'Orchestre National de l'ORTF sous la direction de Jean Fournet qui me semble bénéficier d'une meilleure dynamique sonore que la version que je possède en cd, par l'Orchestre National de Radio-France sous la direction de Manuel Rosenthal.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyVen 12 Avr - 23:01



Philippe Chamouard - Symphonie Tibétaine et Symphonie Mystique:

je suis revenu sur la Symphonie n°1 Tibétaine et la Symphonie Mystique "Sphene" de Philippe Chamouard, cette dernière ("Sphène) ayant été apparemment composée avant la première symphonie, en 1988 pour être plus précis, alors que "Tibétaine" le fut en 1992. C'est pourtant cette dernière qui est qualifiée de N°1, un point de détail qui n'a évidemment aucune incidence sur l'appréciation de ces deux oeuvres. On peut donc la percevoir comme une "symphonie n°0". Il en existe, par exemple, une chez Alfred Schnittke. Je me permets de préciser qu'elles me plaisent à peu près pour les mêmes raisons, avec une préférence pour la Symphonie Tibétaine dont le troisième et dernier mouvement flirte avec le divin. J'en aime d'abord le caractère méditatif et lentement évolutif. Elles contrastent rudement avec la première symphonie de Jacques Chailley qui développe un caractère beaucoup plus exubérant et extraverti. On peut dire que je suis passé de l'exaltation au recueillement, de l'excitation à la méditation. Ce qui me fascine depuis toujours dans la musique se retrouve dans les symphonies de Philippe Chamouard, notamment ses trois premières: la lenteur, la progression, la montée en intensité, la retombée, le caractère réfléchi, la retenue très étudiée, la dimension mystique, le caractère méditatif, propice au recueillement et à la réflexion...des cordes parfois très soyeuses, raffinées à l'extrême...une approche du compositeur français qui me correspond parfaitement, spirituellement, intellectuellement, émotionnellement...

A propos de la Symphonie Tibétaine:

<<La musique tibétaine est entièrement conçue pour être intégrée au rituel religieux. Les laïcs qui assistent exceptionnellement aux cérémonies n'ont que peu de rapport avec la musique. Pour les moines en revanche, les vibrations émises par le chant ou l'instrument provoquent des effets particuliers sur l'état physique et mental, et l'art est au service de l'expérience mystique. D'où, par exemple, le recours systématique à la voix de gorge et aux registres graves avec le radung, longue trompe en cuivre ou en bronze. Au début des deux premiers mouvements de ma symphonie, j'ai essayé de transposer ces sons à l'orchestre en ayant en mémoire les immenses steppes désertiques, où le temps qui s'écoule se fond dans l'éternité...>> Philippe Chamouard.


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MessageSujet: Saint-Saëns/Le Flem   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptySam 13 Avr - 18:44

Paul Le Flem - Symphonie n°4 - 1971/72:

La Quatrième Symphonie de Paul Le Flem a été écrite entre juin 1971 et novembre 1972, et est dédiée à un compositeur dont j'aime beaucoup la musique, notamment ses symphonies; Marcel Landowski. Il y a une énergie sauvage qui embrase les premier et troisième mouvements qui s'articulent autour de contrastes saisissants - timbres secs et cassants de l'orchestre, rythme saccadé, avec un haut degré de dissonances, auquel s'opposent de petites sonorités claires et succinctes: tout cela est vrai, mais disons que dans un genre brutal et exacerbé je préfère la Première Symphonie de Jacques Chailley dont les tumultes me sont plus captivants et même plus ludiques. Affaire de goût me rétorquera-t-on sans doute et, effectivement, la musique est aussi une alchimie et une affaire de détails, par exemple une flûte qui va "sonner" de telle ou telle façon au coeur d'une déflagration orchestrale et qui va ou non phagocyter l'attention, émouvoir ou laisser indifférent...Pour revenir à la courte description que je fais, ci-dessus, de la Quatrième de Paul Le Flem, elle désigne une seconde manière du compositeur. Les connaisseurs y voient encore la lande et la mer. Le mouvement lent est celui que je préfère: <<un paysage maritime baigné de soleil qui communique le souffle revigorant du grand large.>> je ressens beaucoup d'espace dans ce morceau. Par l'Orchestre Philharmonique du Rhin sous la baguette de James Lockhart.

Faute d'avoir trouvé la Quatrième, voici la Seconde que je ne connais pas encore:

https://www.youtube.com/watch?v=yPEMZJ_tT9U

Camille Saint-Saëns - Symphonie n°3 "avec orgue":

Saint-Saëns a dédié celle qui allait devenir la plus illustre de ses cinq symphonies, la Troisième en ut mineur, opus 78, à la mémoire de Franz Liszt, décédé environ deux mois après la création de l'oeuvre sous la direction de son auteur, le 19 mai 1886. En plus de l'orgue, cette oeuvre d'une belle singularité de ton et d'une grande élégance thématique présente d'autres particularités instrumentales, sollicitant le jeu rafraîchissant d'une clarinette basse, le chant bonhomme d'un contrebasson et un piano à quatre main dont la sonorité est caractéristique du compositeur. Le "Poco adagio" est pour moi un très grand moment d'émotion. J'adore l'emploi qu'il y fait de l'orgue. Une superbe page romantique dans le style qui me touche le plus, au plus profond de moi-même, me place en état de grâce, l'une des plus belles à mon goût, une des plus somptueuses. Néanmoins, j'adore aussi dans ce chef-d'oeuvre les mouvements plus rapides. Edward Power Biggs; orgue - Philadelphia Orchestra - Eugene Ormandy.

https://www.youtube.com/watch?v=P2wNAWBPFiI
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptySam 13 Avr - 22:38


Philippe Chamouard - Symphonie n°3 - Les Jardins du Désert:

La Symphonie n°3 de Philippe Chamouard possède un très beau sous-titre, "Les Jardins du Désert", ce qui est souvent le cas chez ce compositeur, un sous-titre qui laisse libre cours à notre imagination, pouvant y voir toutes sortes d'images, toutes sortes de panoramas...ou ne rien voir du tout, ne rien imaginer...C'est d'ailleurs ce qui s'est produit cette fois-ci: je n'ai rien vu ni rien tenté d'imaginer...Je me suis contenté de suivre cette musique note après note, mesure après mesure... Il y a dans cette symphonie un véritable cheminement autour du silence et même du vide, plaçant l'auditeur que je suis dans une situation d'attente et de pesanteur, en équilibre entre le vide et la matière: on me pardonnera sûrement cette manière peut-être peu orthodoxe d'exprimer mon ressenti et le mieux est de se référer au propos du compositeur lui-même:

"Après avoir écrit les Voiles du Silence", j'eus l'intention d'étendre la notion de silence à une partition plus ambitieuse. Je découvris alors le merveilleux texte de l'écrivain indien Ohyesa: << Le silence est l'équilibre absolu du corps, de l'esprit et de l'âme. L'homme qui préserve l'unité de son être reste à jamais calme et inébranlable devant les tempêtes de l'existence - pas une feuille qui bouge sur l'arbre, pas une ride à la surface étincelante du lac - voilà, aux yeux du sage illettré, l'attitude idéale et la meilleure conduite de vie.>>
___Si vous lui demandez: , il répondra: << C'est le Grand Mystère! Le Silence Sacré est Sa Voie!>>
___Si vous lui demandez: Il dira: <>


Voilà sur quelles fondations s'est érigée ces "jardins du désert". J'ai bien aimé les quelques interventions de trois gongs thaïllandais graves renforçant la profondeur du silence, notamment après les cordes de la lumière qui illuminent le troisième mouvement. Le premier est fascinant, peut-être mon préféré de la symphonie. Le second mouvement m'avait un peu décontenancé lors de la première écoute, mais, le chemin trouvé, j'y reçus la lumière du plaisir ou, puisqu'il s'agit de jardins, ses parfums mélangés.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyDim 14 Avr - 20:31


Philippe Chamouard - Symphonie n°6: La Montagne de l'âme:

Conquis par un style qui se démarque des modes et des approches très conceptuelles, séduit par un "appel" à la méditation et à la rêverie sans négliger la profondeur ni la rigueur structurelle des architectures sonores qu'il invente, toute nouvelle oeuvre de Philippe Chamouard est à mes yeux un événement, un trésor à découvrir. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que je sois une nouvelle fois transporté avec sa Symphonie n°6 (2005) qui porte également un sous-titre "La Montagne de l'âme". L'oeuvre dépasse les 47 minutes et se compose de quatre mouvements. J'ai été saisi par le caractère très expressif de l'"Allegro risoluto" qui est le mouvement introductif de cette symphonie. En fait, j'ai été étonné par un caractère très extraverti que je ne croise pas si souvent dans son oeuvre. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est inhabituel car il y a toujours eu de l'expressivité dans sa musique et de l'"extraverti", mais, cette fois-ci, j'y ai ressenti une formidable fulgurance symphonique. Il y a bien sûr des pages beaucoup plus calmes, sereines, plus introverties, romantiques même, plus méditatives, davantage encrées dans cette rêverie musicale qui ne quitte jamais totalement l'oeuvre de Philippe Chamouard. Néanmoins, elle ne me transporte quand même pas aussi haut que les trois premières, Tibétaine (n°1), Mystique (n°0) et Sarajevo (n°2), surtout "Tibétaine" et "Sarajevo"...avec la "Mystique" ça peut encore se discuter. Certains estimeront peut-être que, techniquement, cette sixième symphonie est plus mature que les précédentes que je viens de citer, soit, mais, spirituellement, ces trois premières symphonies me sont plus fortes, et pour cette raison, elles me transportent plus haut. La Symphonie n°6 est interprétée par l'Orchestre Symphonique de Transylvanie sous la direction d'Alain Pâris.

https://www.youtube.com/watch?v=0SOqjj_YKP4
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MessageSujet: Constant   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyDim 14 Avr - 22:25

Marius Constant: Nana Symphonie:

Ce compositeur que j'adore et qui est mort dans un anonymat total, a composé très peu de symphonies, une Symphonie pour instruments à vent en 1978 et la Nana Symphonie (1976-1980) que je viens de réécouter ce soir par la "Radio Symphonie Orchester Berlin" sous la direction du compositeur. Je suis toujours heureux lorsque j'évoque une oeuvre de Marius Constant. Il fut selon moi une figure majeure de la musique contemporaine en France, un créateur original, inventif et inclassable: je ne pouvais réaliser un cycle autour de la symphonie française sans évoquer cette atypique "Nana Symphonie". Voilà ce que j'avais écrit précédemment à son sujet:

<<...une Nana Symphonie que j'avais déjà réécoutée récemment et que je viens de réécouter aujourd'hui, au point que je vais finir par la connaître par coeur. Ce qui est acquis pour moi, c'est que le plaisir ressenti ne subit absolument pas l'usure de plusieurs écoutes successives, bien au contraire, ce plaisir s'accroît, autant par les deux premiers mouvements truffés de dissonances mais si fascinants dans leur élaboration...si tourmentés et intenses, une expression symphonique qui me plait énormément...Le troisième mouvement, "Pas de deux" est le plus long et dépasse les dix minutes...mais aucune longueur pour moi car toute la partie élégiaque qui en ressort laisse émerger un romantisme intérieur d'un grand raffinement. J'y ressens quelque chose de très féminin, une ouverture au désir amoureux. Dans le dernier mouvement, j'aime effectivement comment le thème de Wagner qui balaie déjà d'un geste orchestral un air de fête dérisoire, est ensuite érodé et désagrégé par la musique de destruction habilement menée par Marius Constant, comme si deux mondes antagonistes, ou plutôt comme si l'un issu de l'autre, dans un élan de rebellion, se confrontaient dans une lutte du dominant/dominé et où le wagnérisme perdait enfin son invulnérabilité, se fissurait. J'ai toujours aimé cette idée - déjà chez Schnittke et Morricone - d'affronter ou confronter deux esthétiques musicales différentes au sein d'un même morceau, comme on peut le rencontrer aussi dans "Versailles" de son oratorio dramatique Des Droits de l'Homme, où Schoenberg semble ergoter le jovial clavecin purcellien de ses dissonances corrosives.>>

Je suis rarement satisfait de mes "écrits" sur la musique mais celui-ci me plait car j'estime qu'il décrit parfaitement mon ressenti. Toutefois, j'ai omis de mentionner le quatrième mouvement, "Quadrille", qui prend, avec vigueur et virtuosité, l'allure d'un concerto pour violon qui se laisse pervertir par des rythmes de square-dances. Il est formidable, électrisant, vacillant brillamment entre "sacré" et "profane"; j'adore ça! A savoir que cette symphonie est née des musiques qu'il composa pour le ballet Nana qui fut donné pour la première fois au Palais Garnier, le 21 mai 1976, sur une chorégraphie de Roland Petit et un livret d'Edmonde Charles Roux.
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MessageSujet: Aubin   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyDim 14 Avr - 22:37

Tony Aubin: Symphonie n°2:

https://www.youtube.com/watch?v=W9m3EOhEgts


Il fut l'un des professeurs de musique de Marius Constant. Il n'a composé que deux symphonies. La Première s'intitule "Romantique". Joachim connaît sûrement. J'ai une nette préférence pour la seconde que je trouve effervescente, lumineuse, jaillissante, pleine de vie, pétillante. Evidemment, le père Joachim va préférer sa première symphonie. A coup sûr...Sinon, je me fais moine. Hehe
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joachim
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyLun 15 Avr - 9:34

Icare a écrit:
Il n'a composé que deux symphonies. La Première s'intitule "Romantique". Joachim connaît sûrement. J'ai une nette préférence pour la seconde que je trouve effervescente, lumineuse, jaillissante, pleine de vie, pétillante. Evidemment, le père Joachim va préférer sa première symphonie. A coup sûr...Sinon, je me fais moine. Hehe

Eh bien cher ami, tu peux revêtir ta bure (l'habit de moine) Hehe , car j'ai une petite préférence pour la deuxième symphonie. Faut dire quand même, honnêtement, qu'il y a déjà par mal de temps que je les ai écoutées, et en plus ce n'était pas à la suite l'une de l'autre.
Mais selon mon cahier (sur lequel j'inscris tout ce que j'écoute, avec une note comme à l'école, et ce depuis la fin des années 1960), la deuxième symphonie a une note supérieure à la première Laughing

Ces deux symphonies (plus une petite pièce pour piano qui se trouve dans un "Hommage à Paul Dukas", œuvre collective) sont les seuls morceaux de Tony Aubin que j'ai écoutées.

Concernant ton autre post sur Marius Constant, c'est un compositeur que dans l'ensemble je n'aime pas trop, la Nana-Symphonie étant l'une des rares œuvres que j'apprécie un peu chez lui.
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steph-w

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyLun 15 Avr - 10:43

joachim a écrit:
Mais selon mon cahier (sur lequel j'inscris tout ce que j'écoute, avec une note comme à l'école, et ce depuis la fin des années 1960), la deuxième symphonie a une note supérieure à la première Laughing

Superbe! Quelle belle habitude, tu as prise! Ouvre un sujet pour en parler, ça doit être très intéressant et amusant! Very Happy

En tout cas merci pour vos commentaires à tous les deux:@,: , la plupart des compositeurs dont Icare parle, je ne les connais pas ou très très peu Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyLun 15 Avr - 23:23

Sacré Joachim, tu dis ça juste pour me voir porter la bure:  vise un peu l'allure Ptdr

Philippe Chamouard - Symphonie n°8:

<<Oeuvre panoramique et ample, la Huitième Symphonie ouvre sur des paysages sans fin. Dans cette lande, retentit au troisième mouvement l'intervention de la cornemuse sur la mélodie "Amazing Grace". Cet hymne, l'un des plus connus du monde anglophone, s'élève au-dessus de l'orchestre symphonique et poursuit son chemin solitaire avec sa mélodie émouvante.>> La création de cette huitième symphonie eut lieu le 2 février 2010 à Rouen au Théâtre des Arts par l'Orchestre Symphonique du Conservatoire de Rouen, dirigée par Claude Brendel avec François Marchal à la cornemuse écossaise. Je viens de la réécouter ce soir et je pense désormais qu'il s'agit de celle qui me comble le plus parmi celles que je connais et bien qu'elle s'éloigne un peu, dans la forme et le style, de ses trois premières symphonies. Les deux premiers mouvements m'ont paru assez extravertis et même chantants sur certains passages du second. Il y a un usage des cuivres qui me plait beaucoup, autant dans les moments les plus animés que dans d'autres moments où la musique semble s'assouplir vers quelque chose de plus mélodieux. Sur ce point, l'"Allegro fantasia" m'est très galvanisant, plus que dans n'importe laquelle des précédentes, à l'exception des 4,5 & 7 que je ne connais pas encore. Le troisième mouvement est effectivement très beau et la mise en scène de la cornemuse est sans doute un aspect plus visuel de l'oeuvre à apprécier en concert. Je me demande finalement si mon mouvement préféré n'est pas le "Largo cantabile" (dernier mouvement). On parle de cette symphonie comme d'une oeuvre panoramique et ample, ce qui coïncide à merveille avec mon impression. Cette Symphonie n°8 ne porte aucun sous-titre.
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Jean

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyMar 16 Avr - 9:41

je ne connaissais rien (ou sans doute des œuvres entendues sur France musique et oubliées?) de Tony Aubin ; cette deuxième symphonie me plait beaucoup!! Wink
et celle de Chamouard (dont j'ignorais même le nom Crying or Very sad) aussi! Wink
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MessageSujet: Lemeland   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyMar 16 Avr - 20:38

Aubert Lemeland - Symphonies n°8 & 9:

<<J'ai écrit la "Huitième - In Memoriam" - en Normandie durant l'été de 1995. C'est un mouvement lent de plus de vingt minutes à la mémoire des victimes, civiles et militaires de la Seconde Guerre Mondiale. Un thème générique tiré de mon oeuvre "Epilogue, à l'étale de basse-mer" est cité à de nombreuses reprises: c'est son fil conducteur. J'ai cherché, avant tout, la fluidité du discours et aussi celle de l'orchestration. Le jeu des bois y est prédominant tout autant que celui des cordes (séquence pour les archers au milieu du mouvement). La présence de la percussion est fort discrète et les cuivres culminent en brefs tutti.>> Aubert Lemeland.

Imaginez un grand mouvement lent de plus de vingt minutes...Lorsqu'on connaît mes goûts, on sait que c'est une chose acquise...Bien que dédiée aux victimes civiles et militaires de la guerre 39-45, je n'y ressens aucun pathos ni aucune mélancolie, aucune tristesse, ou alors peut-être un peu quand même mais sans excès, juste ce qu'il faut là où il faut. Etrangement, je n'y ressens même pas les cicatrices de cette terrible guerre qui a fauché tellement de vies. Je n'y entends n'y le grognement des bombes ni les pleurs sèches de ceux qui n'ont plus de larmes à verser.  Non, c'est davantage une délivrance des souffrances par la beauté, par la lumière, par le lyrisme.

<<La "Neuvième Symphonie", commande de l'Orchestre National du Capitole de Toulouse, a été créé par Michel Plasson près de vingt ans après la Première. Deux mouvements rapides (un allegro piacevole à 4/4 et un final molto vigoroso à 3/4) encadrent un mouvement lent à 12/8 d'une seule coulée. C'est sans doute la plus tonale de mes symphonies. Et la plus rythmique en ses deux allegros.>> Aubert Lemeland.

Galvanisante, fleurie, d'un souffle nourrissant, cette symphonie me rend heureux.

https://www.youtube.com/watch?v=C9ixtAhXXA4
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyMar 16 Avr - 23:12


Aubert Lemeland: SYmphonie n°10 - "Dernières Lettres de Stalingrad":

Je ne pouvais dédier tout un chapitre à la symphonie française sans évoquer Aubert Lemeland. Après la Huitième et la Neuvième, ce soir, j'ai réécouté la Symphonie n°10 - Dernières lettres de Stalingrad pour voix récitante, soprano et grand orchestre. La soprano Svetlana Katchour n'intervient qu'au court de l'Epilogue de la symphonie, c'est d'ailleurs très émouvant. En fait, l'oeuvre est émouvante en entier, sans même avoir à comprendre les textes prononcés par la voix récitante Pamela Hunter, omniprésente dans les six mouvements de la symphonie de Lemeland: le récit est en allemand. C'est en raison de la narratrice et de sa grande présence que je perçois cette composition comme une symphonie vocale alors que la partie chantée est finalement courte. Donc il ne s'agit pas d'une symphonie vocale, mais peut-on la considérer d'une certaine manière comme une sorte de symphonie-requiem? Fut un temps éloigné où je ne supportais pas entendre un narrateur trop présent sur une oeuvre musicale. Puis, je pense que je m'y suis plus ou moins habitué avec Arthur Honegger dont j'apprécie énormément l'oeuvre. Dans cet opus 172 d'Aubert Lemeland, la narration, bien qu'en allemand et, hélas incompréhensible pour moi - non polyglotte je suis - n'a pas gêné le plaisir que j'ai éprouvé à l'écoute d'une matière orchestrale aussi bien orchestrée, aussi fluïde et porteuse d'un grand souffle d'humanité. Beaucoup d'oeuvres de ce compositeur furent inspirées par cette terrible période que fut la seconde guerre mondiale.

A savoir cependant qu'il y a, à l'intérieur du fascicule du cd, la traduction française des différents textes tirés des fameuses "dernières lettres de Stalingrad".
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MessageSujet: Dutilleux   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyMer 17 Avr - 23:24


Henri Dutilleux: Symphonies n°1 & 2:

Je pense que les deux symphonies sont les oeuvres que je préfère de Henri Dutilleux, en tout cas celles que j'ai envie d'écouter le plus souvent. je les trouve vraiment excellentes!

<<1951: Ecrire une symphonie de plus. Déjà, Debussy, désabusé, condamnait ces "exercices studieux et figés...Depuis Beethoven, la preuve de l'inutilité de la Symphonie était faite". Alors Mendelssohn, Schumann, Brahms, Bruckner, Mahler, à quoi bon! Et puis plus proches, français, les exemples de Roussel, Honegger, Milhaud...Trois ans plus tôt, Messiaen venait d'achever les dix mouvements de sa "Turangalila Symphonie". Pourquoi Dutilleux qui vient de trouver sa voie avec une sonate pour piano (une sonate!) n'appréhenderait-il pas la symphonie? Mais, outre la forme, "comment sans complexe écrire pour grand orchestre?" En revenant à la polyphonie, en renonçant au magma orchestral, en divisant à l'extrême les parties de chaque pupitre (des cordes en particulier), "je reste persuadé, écrit Dutilleux, qu'on peut composer des oeuvres symphoniques (je ne dis pas des symphonies) qui soient unitaires comme celles du passé et ouvertes comme celles du présent." Jean-Yves Bras.

IL me semble effectivement que certains compositeurs du vingtième siècle, notamment de la seconde moitié de celui-ci, estimaient que la symphonie était morte ou qu'il était vain de composer des symphonies aujourd'hui...un avis qui n'engage qu'eux, d'ailleurs, beaucoup de leurs contemporains, à travers le monde et même en France, ont continué d'en composer. Henri Dutilleux fait partie de ceux-là et j'estime que ses deux symphonies sont de belles réussites. Je ne saurais d'ailleurs choisir entre les deux. Si la Première, interprétée par l'Orchestre National de Lyon sous la direction de Serge Baudo, me passionne sur ses quatre mouvements, plus encore sur le dernier, le plus long, que je trouve particulièrement émouvant, la Seconde présente une orchestration exquise: son sous-titre "Le Double" désigne ici une écriture pour deux groupes instrumentaux distincts, à la façon du concerto grosso: le grand orchestre se voit ainsi confronté à un groupe de solistes qui se compose d'un hautbois, une clarinette, un basson, une trompette, un trombone, un clavecin dont j'en apprécie notamment les interventions, un célesta, quatre timbales, deux violons, un alto et un violoncelle. Un ballet des timbres y révèle une approche innovante et séduisante du genre symphonique. Au fond, n'en déplaise à ceux qui ont voulu enterrer la symphonie alors qu'elle respire encore de ses deux poumons.

https://www.youtube.com/watch?v=sB-Ceu6mOiE
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MessageSujet: Koering   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyHier à 8:54

René Koering: Symphonie n°3 "Jonas":

Précédemment, j'avais écrit quelque-chose de très court sur cette symphonie mais qui, en même temps, résume tellement bien mon ressenti: <<Toujours dans ma passion pour la musique de KOERING, je viens de replonger dans sa troisième symphonie intitulée Jonas et je dois dire que le second mouvement que l'on peut qualifier de "lent" m'a littéralement scotché. J'en ai même eu des frissons: une remarquable page symphonique à mes oreilles, d'une grande profondeur et des cordes particulièrement magnétiques et imperturbables. Une musique tourmentée du plus bel effet. J'aime de plus en plus ce compositeur! Sauf que, désormais, je voue un intérêt aussi important pour les deux mouvements extrêmes. D'ailleurs, le troisième perpétue cette ambiance du mouvement médium, avec plus de douceur encore, plus de retenue, du moins jusqu'à un certain moment.

Un beau texte sur cette symphonie que j'avais cependant déjà recopié sur son topic, d'un auteur que je n'ai pu identifier:

<<A son tour, cette symphonie a connu une première version: en deux mouvements, elle fut créée à Athènes le 27 avril 1999 par l'Orchestre National de Montpellier, avant de connaître son état définitif en 2000: le deuxième mouvement de la version originelle a été remplacé, non par un, mais par deux nouveaux mouvements. La nomenclature en est opulente: pour les bols, 4 flûtes dont 2 petites flûtes, 2 hautbois et 1 cor anglais, 2 clarinettes et 1 clarinette basse, 2 bassons et 1 contrebasson : pour les cuivres, 5 cors, 4 trompettes, 3 trombones et1 tuba; 1 timbalier et 2 percussionnistes , et les cordes, au minimum, par 16, 14, 12, 10 et 8. Les pupitres de cordes subissent des divisions : en deux parties dans les premier et troisième mouvements , les violons et les violoncelles en quatre parties, les seconds violons et les altl en trois parties, ainsi que les contrebasses en deux parties, dans le deuxième mouvement. Le sous-titre «Jonas» n'implique nullement qu'il s'agit d'une musique à programme érigeant Jonas en héros ou calquant la narration exposée dans le Livre de Jonas de l'Ancien Testament René Koerlng marque là sa profonde fascination pour « le caractère de celui qui s'oppose délibérément à Dieu, qui tente de se dérober aux ordres de Yahveh et qui jusqu'à la fin de son histoire ne croit pas à la nécessité de la conversion de Ninive ». Le premier mouvement offre une grande variété de tempi. du lento au très agité et constitue « un grand dialogue violent, austère et religieux »; le deuxième est très méditatif, du maestoso jusqu'au très lent dans certains épisodes , quant au troisième, sa dominante générale est un Très vit ponctué de quelques passages lents. Le compositeur ajoute: « Beaucoup plus que l'aventure [de Jonas], sont fascinants pour moi le refus, l'opposition et la tentative de désobéissance pour finalement accepter de prendre sur soi la lourde instance de l'autorité suprême dans la méditation. L'écriture elle-même de l'oeuvre prend en compte les aspects déroutants d'aujourd'hui: d'un côté, le passé relativement proche de l'École de Vienne et de ses prolongements dans les années soixante et, d'un autre côté, les acquisitions plus récentes de la musique « cultivée». Cette symphonie est caractérisée par la succession, toujours différente: de passages actifs et véhéments et de sections lentes: remarquons toutefois que ces dernières ne sont jamais confiantes mais portent une inquiète tension résiduelle en continuité avec les sections « orageuses». Les relations tendues entre Jonas et Yahveh nourrissent cette oeuvre, sans s'imposer dans la structure ou dans une éventuelle et pléonastique narrativité. Par son dramatisme explicite, la Troisième symphonie «Jonas » offre bien des liens avec les opéras de son compositeur. Un drame sans paroles...>>
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MessageSujet: Jorrand   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyHier à 18:49

André Jorrand - Symphonies n°1, 2 & 3:

Ce que j'avais écrit sur son fil:

La Symphonie n°1 pour orchestre à cordes, opus 3, est née de l'admiration que porta André Jorrand à la Sinfonietta d'Albert Roussel et à la Symphonie n°2 d'Arthur Honegger. Si mon intérêt pour la musique de Roussel est bien réel, il fut plus précoce pour celle de Honegger, néanmoins ces références avaient de quoi m'enthousiasmer. Dans le mouvement central, mon préféré des trois, il inaugure un climat harmonique bien spécifique qui réapparaîtra dans les parties expressives de ses compositions ultérieures. Le mouvement s'intitule "Calme" et le timbre des cordes est très solaire. Sur ce point, effectivement, je pense à certaines pièces pour cordes d'Arthur Honegger. L'oeuvre a été créée en 1966 sur France-Culture, sous la direction d'André Girard qui, me semble-t-il, était un chef très actif à cette époque. Ses trois mouvements ont été conçus dans un style clair et direct, dans une concision d'esprit bien française.

La Symphonie n°2 pour grand orchestre , opus 21, est bâtie sur le schéma très classique de ses quatre mouvements très différenciés. Elle s'inspire,  pour l'orchestration, des enseignements avisés de Henri Dutilleux et d'Arthur Hoérée. Très printanière et contemplative, du moins dans ses meilleurs moments, elle sait se montrer fougueuse et imposante. C'est justement par l'art des contrastes qu'elle arrive à équilibrer entre fougue orchestrale et fragilité poétique d'un instrument solo, qu'elle touche à l'exquis. Ainsi ébranlé physiquement par sa masse et ses fulgurances, le recueillement qu'elle "m'impose" par la suite, m'apporte un sentiment de bien-être, comme une porte de sortie de la masse sonore qui m'envahit et m'étreint au profit d'une expression du son plus dénudée, plus intimiste, qui me libère. Objet d'une commande de la Région du Limousin, elle a été créée en 1995 par l'Orchestre Symphonique du Limousin, sous la direction de Guy Condette.

La Troisième Symphonie, opus 22/23, est conçue dans un esprit très différent de la précédente. La forme très libre s'articule sur deux parties: la première dans une suite de mouvements contrastés, la seconde, baptisée "Zénith", dans l'esprit d'une méditation contemplative. Lors de cette nouvelle écoute, je suis resté scotché sur la beauté de ce mouvement. J'ai presque envie d'évoquer une extrême beauté tant ce délicieux moment de musique me paraît atteindre une forme de perfection, d'absolu. Oui, cette fois, j'en suis sûr, c'est la symphonie que je préfère des trois. pourrais-je admirer une éclipse en écoutant ce merveilleux "Zénith", ce chef-d'oeuvre de subtilités et de nuances où chaque son semble avoir été étudié et sculpté au microscope. L'individualité de "Zénith" qui doit faire suite au premier mouvement de cette troisième symphonie lui permet cependant d'en être détaché pour une exécution isolée. Effectivement, ce mouvement peut être aisément considéré comme une oeuvre à lui-seul.
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MessageSujet: Roussel/Franck   Le règne de la symphonie - Page 7 EmptyHier à 23:07

César Franck & Albert Roussel:

J'avais l'idée de terminer la cinquième partie de mon cycle avec César Franck ou Albert Roussel et, finalement, c'est avec ces deux compositeurs que je vais l'achever; la Symphonie en ré mineur de César Frank et la Symphonie n°3 en sol mineur - opus 42 d'Albert Roussel, les deux oeuvres réunies sur une même galette, interprétées par l'Orchestre National de France sous la direction de Leonard Bernstein. J'avais, dans un premier temps, prévu les cinq symphonies d'Arthur Honegger, compositeur haut placé dans mon panthéon personnel, mais j'en réserve l'écoute pour une autre partie de ce cycle. César Franck acheva son unique symphonie le 22 août 1888 à Paris, où elle fut créée le 17 février 1889 par la Société des Concerts du Conservatoire. C'est la première écoute que je lui accorde. Eh oui, seulement maintenant. Mais, comme le dit un vieux proverbe très usité: "Vaut mieux tard que jamais!". Je suis d'accord avec ça. Ce qui aurait été dommage, c'est de ne jamais l'écouter car cette symphonie a une élégance très française, une allure qui tient en haleine. Il y a notamment un thème mélodique dans le second mouvement que j'affectionne en particulier et qui réapparaît dans le troisième. Elle a également son petit solo de hautbois irrésistible, tout comme dans la Symphonie n°3 d'Albert Roussel que j'ai écoutée juste après. Là aussi il eut s'agi pour moi d'une chose nouvelle car je connaissais et appréciais la musique de ce compositeur par d'autres oeuvres que celle-là. En fait, jusqu'à aujourd'hui, je n'avais encore écouté aucune symphonie de Roussel. Ce dernier composa quatre symphonies entre 1904 et 1934, c'est-à-dire sur une durée de trente ans, la Troisième et la Quatrième faisant figure d'apogée au sein de sa période néoclassique qui démarra au centre des années 20. Imaginée et conçue entre 1929 et 1930 pour le cinquantième anniversaire du "Boston Symphony Orchestra", cette troisième symphonie fut créée le 24 octobre 1930, sous la direction de Serge Koussevitzky. Cette grande symphonie m'a captivé sur toute sa longueur, toutefois, un moment dont la construction m'a paru assez originale, avec violon solo,  a superbement pris de la hauteur lors du second mouvement.

https://www.youtube.com/watch?v=-MeQiYLHGWo
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