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 Le règne de la symphonie

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Icare
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MessageSujet: Morricone   Ven 11 Jan - 23:20

Symphony for Richard III:

J'avais commencé la première partie de mon cycle par une symphonie qui n'en est pas complètement une; Symphony-Antiphony de Pelle Gudmundsen Holmgreen. J'avais bien aimé cette idée d'entamer un cycle d'écoutes autour de la symphonie sur une note ambiguë, une symphonie qui n'en est pas vraiment une ou qui se transforme très vite en une "antiphonie". Pour cette seconde partie, j'ai également opté pour une symphonie qui n'en est pas vraiment une, si ce n'est une "symphonie cinématographique", une symphonie imaginée pour les images d'un drame shakespearien; Symphony for Richard III (1997) d'Ennio Morricone par l'"Accademia Musicale Italiana" sous la direction du compositeur et avec Nello Salza qui assure les solos de trompette. Elle fut composée pour un film muet franco-américain datant de 1912; The Life and Death of Richard III d'André Calmettes et James Keane. C'est la seconde fois qu'Ennio Morricone compose pour une version rénovée d'un film muet. La première fois fut en 1992 pour La Dame aux Camélias (1915) de Gustavo Serena avec Francesca Bertini. Soit dit en passant, il avait déjà mis en musique la version moderne de Mauro Bolognini avec Isabelle Huppert (1981). Seulement onze ans séparent ces deux compositions et la différence d'approche est énorme. La grande chance que j'ai eu est d'avoir pu, à Gand en Belgique, assister à la création en concert de cette Symphonie pour Richard III avec le film du duo Calmettes-Keane en toile de fond. Les trompettes s'expriment avec fracas dès le départ de l'oeuvre, dans un climax tendu et sombre. Une grande gravité caractérise la première partie de la symphonie. La particularité du cinéma muet c'est qu'il laisse un espace complet d'expression à la musique. Trop concentré sur le jeu de l'orchestre, je n'ai pas beaucoup prêté d'attention aux images du film qui défilaient derrière. Ennio Morricone ne renonce pas aux différentes techniques qu'il a élaborées tout au long de sa carrière, se rapprochant en même temps de ce qu'il compose de symphonique pour le concert, hors cinéma, arborant ainsi des architectures complexes et fascinantes dans un langage souvent tourmenté et atonal. Il y développe de plus en plus ses ambitions musicales les plus personnelles et se libère des concessions que, généralement, le cinéma "grand public" exige. Il y a un morceau d'environ onze minutes qui s'intitule "The journey in London". Il est la charge lumineuse de l'ensemble, celui qui s'arrache avec grandeur et virtuosité de la noirceur ambiante. C'est comme une danse villageoise très primitive qui prend de plus en plus d'ampleur, se "contemporanise" jusqu'à se transcender totalement, se sublimant dans la répétition d'une même cellule mélodique de quelques notes qui s'étoffe au fur et à mesure de son ascension. J'en suis resté scotché. C'est très certainement le point culminant de cette "vraie fausse" symphonie. Il mit également en musique une version cinématographique d'Hamlet de Franco Zeffirelli (1990): Ennio Morricone excelle sur Shakespeare.

Introduction:

https://www.youtube.com/watch?v=0I4snqdWNQ4


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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Sam 12 Jan - 18:46

Symphonie n°2 "Martyros Sarian".

Avec cette seconde symphonie, Boris Parsadanian nous offre une grande fresque dramatique qui se divise en trois mouvements avec un intermezzo; "Maestoso/Lento/Allegro con fuoco. Si j'évoque une fresque c'est en référence au peintre auquel cette oeuvre est dédiée, mais aussi pour la vaste panoplie de couleurs qu'elle déploie: Martiros Sarian ou Saryan, né le 28 février 1880 à Rostov-sur-le-Don et disparu le 5 mai 1972 à Erevan, fut un peintre arménien né en Russie. Il est souvent considéré comme le père de la peinture arménienne moderne. Lorsqu'il découvre l'Arménie, il ressent une passion presque charnelle pour elle, et n'a de cesse de la représenter par des toiles inondées de lumière et vibrantes de couleurs. Il fut le premier à réaliser la nécessité d'élaborer un style propre basé sur les anciennes traditions nationales. Sa palette est délibérément gaie, vive et colorée. Je trouve que l'"Intermezzo" est le passage de la symphonie qui répond le mieux à cette description. <<La couleur devrait chanter. Elle devrait exprimer la perception de l'essence de la vie qui réside en chaque être humain. En utilisant la couleur, j'augmente encore plus ce que je vois, afin que la lumière puisse être plus brillante dans mes œuvres.>> Martyros Sarian. Très sensible à la dimension dramatique de cette seconde symphonie de Boris Parsadanian, il y a les moments de grande fougue et ceux d'une infinie douceur. Il y a parfois ce cor que j'entends chanter par-dessus les montagnes, comme celui qui termine le "Lento". Et si c'était le chant d'une couleur égarée que le peintre a laissé vivre derrière son éclipse? Ces chants ponctuent l'oeuvre de Parsadanian, puisse-t-il s'agir d'une trompette, d'un cor, d'un hautbois ou d'une clarinette, dans les moments d'accalmie, entre les fulgurances. Dans l'"Allegro" final elles sont particulièrement virulentes, prêtes à déplacer des montagnes, mais sans jamais écraser ces chants les plus fragiles, tel ce magnifique hautbois, vers la fin, d'une tendresse infinie. D'ailleurs, cette symphonie achève son dernier souffle en douceur. Par le "URSS Symphony Orchestra" sous la direction d'Evgeni Svetlanov.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Sam 12 Jan - 22:36

Je pense n'avoir jamais autant apprécié les trois symphonies de Joseph Haydn que j'ai réécoutée ce soir. Il s'agit des Symphonie n°6 en ré majeur "Le Matin"/ Symphonie n°7 en ut majeur "Le Midi" et Symphonie n°8 en sol majeur "Le Soir" par le "Concentus musicus Wien" sous la direction de Nikolaus Harnoncourt. Je crois même que la dernière fois que je les avais écoutées, elles m'avaient glissé dessus comme autant de gouttes d'eau sur un ciré. Il se pourrait que le ciré soit devenu poreux avec le temps ou, ce que je pense davantage, je fus aujourd'hui dans l'humeur adéquate pour apprécier enfin ces trois symphonies à leur juste valeur. Mon intérêt s'amenuise un peu sur la huitième, néanmoins le disque atteint presque les soixante-treize minutes! La prochaine fois, je commencerai l'écoute par la Huitième. Une très belle fraîcheur s'est manifestée dans la Sixième, celle du "Matin" avec cette flûte solo qui illumine l'aurore...et ce clavecin, ce basson du trio dans le menuet, ce violon solo qui sublime l'adagio...un triptyque symphonique qui fut composé en 1761 par un jeune créateur d'à peine trente ans...Ha tiens! J'adore les quelques secondes d'introduction du premier mouvement de la Symphonie n°6, une entrée en douceur avec la discrétion d'un rayon de soleil qui se faufile entre les rideaux que l'on s'empresse de tirer.

https://www.youtube.com/watch?v=qwGQELUJnfs


<<Mon prince était satisfait de toutes mes compositions, j'étais applaudi, je pouvais, en tant que chef d'orchestre, faire des expériences, observer ce qui produit l'impression et ce qui l'affaiblit, donc corriger, ajouter, couper, oser. J'étais à l'écart du monde, personne dans mon entourage ne pouvait me faire douter de moi et me donner du tracas, j'étais donc original.>>
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MessageSujet: Brotons   Dim 13 Jan - 19:13

Symphonie n°5 "Mundus Noster":

Salvador Brotons, compositeur espagnol de la seconde moitié du vingtième siècle jusqu'à aujourd'hui, n'a jamais semblé beaucoup se préoccuper des recherches esthétiques de l'avant-garde européenne, ce qui ne signifie pas pour autant qu'il ne les a pas étudiées ni analysées. Sa musique s'inscrit aisément dans une continuité, sans rupture avec la tonalité, l'impressionnisme ni même le romantisme. La Symphonie n°5 "Mundus Noster" - opus 117 (2010) que je viens de réécouter en cette fin d'après-midi témoigne de cette volonté de prolonger la grande tradition symphonique avec son lot de lyrisme et d'épique, sans renoncer non plus à des moments plus intimistes. Elle se compose de quatre mouvements: "1) Power. Poverty. Ambition, 2) Meditation 1. Hypocrisy, 3) Meditation 2. Violence and the growth of 'ego', 4) Depressive lament. Hope. Elevation and excelling." C'est une oeuvre fortement charpentée avec de prompts changements d'humeur qui la rendent attractive sur toute sa durée. Il y a un caractère satirique, voire ironique, dans le second mouvement qui me plait bien, juste après la première "méditation", lors de la seconde partie du mouvement, "Hypocrisy". J'y entrevois une sorte de valse un peu bancale et amusée. L'ironie y est traitée avec brio et éloquence. Après la seconde "méditation" qui constitue la première partie du troisième mouvement, se développe une "violence", une animation où les percussions semblent vouloir rivaliser de leur présence avec l'orchestre. Ce n'est pas forcément une figure musicale très originale dans l'absolu, l'ayant beaucoup entendue ailleurs, dans d'autres oeuvres symphoniques qui lui sont plus ou moins contemporaines, mais cette association percussions/orchestre apporte un tonus malgré tout inattendu. Surtout, il me conduit contre toute attente vers un violon solo dont la voix saisissante me parait si amoureuse, tel un interlude exquis avant de reprendre son embardée et de se laisser emporter par un grand désir lyrique parfaitement assumé...  . "Elevation and excelling" qui appartient au quatrième et dernier mouvement, est à mon goût le meilleur moment de la cinquième symphonie de Salvador Bottons, le point culminant comme je dis toujours: d'abord par de délicates touches de la harpe et un appui passionné des cordes, le compositeur me conduit dans un romantisme décomplexé que d'aucun dira ne croiser que dans un certain cinéma hollywoodien. Pourquoi pas puisque dans cette symphonie, c'est finalement l'amour qui triomphe.

 https://www.youtube.com/watch?v=B5k2F0xZw68


Joachim, si tu n'aimes pas cette symphonie je me fais moine!
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MessageSujet: Heitor Villa-Lobos   Dim 13 Jan - 23:17

La symphonie n'est pas le domaine dans lequel ce compositeur me touche le plus et je ne les connais d'ailleurs pas toutes. Je connais les 1, 4, 11, 10 et 12. La première fut composée en 1916 alors que l'Europe est à feu et à sang et porte le titre "The Unexpected/L'imprévu". Elle est constituée de quatre mouvements. Sa quatrième symphonie fut composée après la capitulation allemande, en 1919, et fut intitulée "Victory". Elle se compose également de quatre mouvements. La Symphonie n°10 "Amerindia" est une oeuvre monumentale de plus de 73 minutes, pour solistes (ténor, baryton, basse), choeur et orchestre qui se découpe en cinq mouvements. C'est aussi celle que je trouve réellement formidable et accomplie. Sa Symphonie N°11 date de 1955 et se découpe en quatre mouvements. La Symphonie n°12 de Villa-Lobos fut composée en 1957. Les symphonies n°1, 4, 11 & 12 sont interprétées par le "SWR Radio-Sinfonieorchester Stuttgart" sous la direction de Carl St.Clair. La Symphonie n°10 est interprétée par: Lothar Odinius, ténor/ Henryk Böhm, baryton/ Jürgen Linn, basse, et les "Members of the Staatsopernchor Stuttgart", le "SWR Vokalensemble Stuttgart" et le "Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR". Direction: Carl St.Clair.

Ce soir, j'ai réécouté les symphonies n°1 et 11, tout simplement parce qu'elles sont réunies sur une même galette. Comme je l'ai déjà précisé sur son fil, ce n'est pas dans la symphonie que je préfère Heitor Villa-Lobos, peut-être une luxuriance un peu trop permanente qui aurait tendance à m'épuiser sur la durée. Et en même temps, des qualités expressives auxquelles je ne peux demeurer complètement insensible. Il y a au sein de jaillissements sonores de tout l'orchestre, des trouvailles, des coloris, des combinaisons qui font mouche. La première symphonie me plait de plus en plus, ceci-dit.

https://www.youtube.com/watch?v=qZ0kkxY-vfo
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Lun 14 Jan - 19:30

Aujourd'hui, j'ai réécouté deux autres symphonies de Heitor Villa-Lobos, les symphonies n°4 "Victory" (1919) et n°12 (1957). La Symphonie n°4 qui a été composée à Rio de Janeiro en 1919 ne peut être dissociée de la Troisième et la Cinquième que je ne connais pas encore. La conception de ces trois oeuvres a été conditionnée par l'intérêt que porta Villa-Lobos à la Première Guerre Mondiale, le poids de la tragédie, la joie de la victoire et cette tristesse de fin de conflit. La Troisième, c'est "La Guerre", la Quatrième, c'est "La Victoire" et la Cinquième - celle qui aurait été perdue - c'est "La Paix". C'est encore l'"Andante" (troisième mouvement) qui me touche le plus avec ces effets de harpe et cette même touche de piano agissant comme une ponctuation. Ce passage est très touchant. Dans l'"Andantino" du second mouvement on y surprend une citation logique de La Marseillaise. Il y a aussi une superbe danse dans le mouvement final, si habilement développée: est-ce la danse de la joie?

<<Comme l'ont souligné quelques musicologues européens, il est possible que le matériau mélodique de la quatrième symphonie rappelle certains thèmes de Tchaïkovsky ou de Borodine. Ces similitudes ne sont cependant pas d'une grande importance, dans la mesure où les principes esthétiques sur lesquels Villa-Lobos fondait son oeuvre n'avaient guère de points communs avec la démarche des maîtres russes.>> Gérard Béhague.

La Symphonie n°12 fut terminée à New York en 1957, le jour du soixante-dixième anniversaire du compositeur. Elle me touche moins que la Quatrième, néanmoins elle n'est pas dépourvue de qualités, ne serait-ce déjà une grande force expressive, avec une vaste palette de couleurs offerte à l'orchestre, un impressionnisme assez marquant dans le second et troisième mouvements, l'"Adagio" et le "Scherzo". A une belle panoplie de percussions, un apport original mérite d'être signalé: l'emploi d'écorces de noix de coco séchées dont j'avoue ne pas avoir vraiment repéré (identifié) la sonorité pendant l'écoute. En général, je suis très réceptif aux timbres qui se distinguent par leur originalité, qui font figure d'exotisme dans un orchestre classique, par exemple, ceux d'un instrument rare, d'un instrument que je ne connaissais pas, ou de matériaux ou objets divers desquels il est possible d'extraire des sons inédits. C'est quelque-chose qui aiguise mon attention.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Lun 14 Jan - 23:15


J'ai une nouvelle fois sublimé ma soirée en réécoutant la Symphonie n°10 "Amerindia" de Heitor Villa-Lobos. Il s'agit effectivement là d'une oeuvre plutôt longue et fastidieuse. J'étais resté longtemps sans la réécouter, néanmoins, étant donné qu'il s'agit d'une de mes oeuvres préférées du compositeur brésilien, avec Forest of the Amazon, je pensais très bien la connaître. Erreur: à trois reprises, j'ai cru qu'elle se terminait avec une conclusion qui, en réalité, n'en était pas une. Elle se constitue de cinq mouvements et le quatrième, "Lento", dépasse les trente minutes. Cette symphonie se rapproche ouvertement de l'oratorio, elle en porte le caractère dans une interprétation remarquable mentionnée deux commentaires plus haut. Elle fut composée en 1954, trois ans avant la Douzième, pour le quatre centième anniversaire de la ville de Sào Paulo et est dédiée à l'épouse du compositeur, Mindinha. Elle fut interprétée pour la première fois trois années plus tard, en 1957, au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, avec Heitor Villa-Lobos en personne à la tête de l'Orchestre Radio-Symphonique de Paris et des choeurs de la Radiodiffusion française. La création brésilienne s'effectua à Sào Paulo, en septembre de la même année.

https://www.youtube.com/watch?v=hpIJPAA1mtI
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MessageSujet: Berlioz   Mar 15 Jan - 21:54

Berlioz: Symphonie Fantastique, op. 14:

<<Le 11 septembre 1827, à une représentation de HAMLET donnée à Paris par une compagnie anglaise, Berlioz, alors âgé de 24 ans, s'enflamma pour la vedette, Harriet Smithson. Pendant deux ans ses feux brûlèrent sans s'affaiblir, mais ne rencontrèrent que froideur et même frayeur de la part de l'actrice, ce qui enfonça le musicien dans le désespoir. Peu de temps après le départ de Miss Smithson, il écrivait à un ami: "Elle est...à Londres et cependant je crois la sentir autour de moi...j'écoute mon coeur battre et ses pulsations m'ébranlent comme les coups de piston d'une machine à vapeur. Chaque muscle de mon corps frémit de douleur...Inutile!...Affreux!..." Tout juste deux mois plus tard, il annonçait au même ami l'achèvement d'une grande symphonie autobiographique: un programme serait imprimé et distribué aux éditeurs. Le titre en fut d'abord: "Episode de la vie d'un artiste, symphonie fantastique en cinq parties", mais par la suite, après que l'oeuvre eut été révisée et publiée, il fut inversé de façon à faire ressortir le caractère symphonique, l'aspect narratif passant au second plan. A lire le texte de Berlioz, on découvre que la symphonie est un testament de son amour pour l'actrice. >>

Je suppose que Harriet Smithson jouait le rôle d'Ophélie dans Hamlet de Shakespeare...

https://www.youtube.com/watch?v=0DWjI1uLSzw


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MessageSujet: Serebrier   Mer 16 Jan - 18:04

Symphonie n°3 - José Serebrier: Une certaine expression du désespoir...

La Symphonie n°3 pour orchestre à cordes avec soprano, en quatre mouvements, également appelée "Symphonie mystique" du compositeur uruguayen José Serebrier, démarre sur des chapeaux-de-roue par un presto énergique qui ne laisse aucun répit à l'auditeur. Les cordes saisissent aussitôt avec un usage envoûtant du violoncelle. J'ai été immédiatement aimanté par la dimension nerveuse et dramatique de ce premier mouvement. Par la suite, il n'y aura d'ailleurs pas une telle agitation. Le "Lento" (second mouvement) se développe à partir du même violoncelle solo, cette fois, plus grave encore et réfléchi. Dans une grande économie de moyens et d'effets, un violon s'imposera dans une errance un peu troublante, créant un contraste sonore plutôt viscéral. C'est comme un drame inéluctable qui s'installe et se poursuit avec des silences inquiétants dans le mouvement qui suit: l'"Andante mosso"  qui s'étend sur presque neuf minutes ne tranche pas brutalement avec la cadence du précédent morceau, même si elle connait une accélération dans l'intensité et propose une musique tourmentée qui ne décolle jamais vraiment. C'est sans aucun doute le passage de la symphonie le moins évident et en même temps le plus mystérieux. Le violoncelle joue encore de son charisme extraordinaire, sa gravité se confrontant aux cordes aiguës. Proche du désespoir, le violoncelle ne changera pas de ton au départ du quatrième mouvement, les cordes étant, elles aussi, sur la même longueur d'ondes. L'"Andante comodo" me conduira inexorablement vers un fragment de "requiem" d'une beauté saisissante, avec l'intervention de la soprano Carole Farley dont j'apprécie plus fréquemment le timbre de voix dans l'oeuvre d'Aubert Lemeland: très beau moment d'émotion et superbe conclusion.


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MessageSujet: Schulhoff   Mer 16 Jan - 18:33

Symphonie n°2 - Erwin Schulhoff Une certaine expression de la joie...

Erwin Schulhoff dédia la Symphonie n°2 de 1932 à la Radio Tchécoslovaque et à son fidèle ami Karel Boleslav Jirak. Bien que se composant de quatre mouvements, elle n'est pas très longue, excédant de peu les dix-sept minutes. L'oeuvre est concise, expressive, plus porteuse d'espoir que celle que j'ai réécoutée juste avant de Serebrier, n'hésitant pas à inviter le jazz accompagné d'un banjo dans le troisième mouvement. C'est presqu'une forme d'insouciance qui s'installe, distillant un optimisme contagieux. Schulhoff, au travers d'une orchestration plus ou moins dépouillée et en même temps très irisée,  illumine sa symphonie, notamment dans le tout dernier mouvement, d'une forte dose de fantaisie et de légèreté. Gracieux et énergique, les sons s'envolent au sein d'une architecture simple et franche. Je ne suis évidemment pas insensible à la bonhomie du premier mouvement, très extraverti et s'exprimant par les vents et les cordes sur un ton avenant et jovial.

https://www.youtube.com/watch?v=ig5QYpd-UBw


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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Jeu 17 Jan - 8:46

J'ai écouté trois nouvelles symphonies de Joseph Haydn par "Tafelmusik" sous la direction de Bruno Weil: Symphonie n°82 en ut majeur - "L'Ours", la Symphonie n°83 en sol mineur "La Poule" et la Symphonie n°84 en mi bémol majeur, toutes les trois sous la forme traditionnelle des quatre mouvements. Les deux premières portent comme sous-titre un nom d'animal, l'ours et la poule.

Pour en savoir un peu plus sur la Symphonie n°82 et sur son sous-titre "L'Ours cliquez ici

Ce n'est pas celle que j'ai préférée des trois pas plus que celle de "La Poule". Mon avis peut évoluer mais, lors de cette première écoute, ma préférence, légère ceci-dit, se porte davantage sur la Symphonie n°84, sans doute grâce à son "Largo" introductif et un "Andante" des plus stylés, d'une belle élégance, notamment par une délicate utilisation des bois.

https://www.youtube.com/watch?v=hZhNW1I_gg8
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Jeu 17 Jan - 18:46


<<J'ai mis longtemps avant de me pencher... au point de chavirer...sur les fameuses symphonies de Schubert. Après tout, j'étais encore bien jeune lorsque je me penchai sur celles de Beethoven et Mozart. Pourquoi ais-je donc enjambé le Schubert des symphonies (et ignoré Haydn) alors que je vénérais déjà une partie de sa musique de chambre? Je ne sais pas et, au fond, je ne regrette rien. Mes préoccupations se situaient ailleurs et, à ce moment-là, je vénérais probablement les symphonies de Norgard et Corigliano. Je ne pouvais être partout à la fois, au fourneau et à la charrue, sur un cheval et sur ma femme en même temps. Laughing  Le miracle n'a, en réalité, rien à voir avec tout ça. Mon cycle autour de Franz Schubert vient de démarrer avec les deux premières symphonies et je peux dire d'emblée que j'ai passé un bon moment. Je les ai perçues comme une musique du matin, une musique de l'aurore, une musique qui aime la vie et qui fait aimer la vie. C'est ce profond sentiment d'envie de vivre qui est ressorti de cette joyeuse découverte, surtout avec la seconde symphonie. La N°1 - D82 est plaisante et attachante, ayant eu, pour ma part, une affection particulière pour le premier mouvement, cependant, je ne peux pas dire que, dans son ensemble, l'aînée des symphonies de Franz Schubert m'ait fait chavirer. Non, la N°2 - D125 m'a semblé plus volumineuse, plus ample, plus consistante, plus convaincante aussi. Le second mouvement "Andante - Variations I-V" ne manque ni d'élégance ni même d'une certaine grâce. Au début, il ne fait que m'effleurer, puis, au fur et à mesure de son développement, il m'emporte comme par magie. Ce fut sans doute "l'effet Schubert".>>

Voilà ce que j'avais écrit en mars 2015 sur les deux premières symphonies de Franz Schubert que j'écoutais pour la première fois. Ce que j'attends d'une oeuvre musicale c'est qu'elle me transporte, m'émeut...autant dire que nous sommes tous et toutes dans cette attente-là, et Schubert sait faire ça, que ce soit par sa musique de chambre, son oeuvre vocale, ses lieds et même ses symphonies. La première symphonie gagne un peu plus en intérêt au fil des écoutes. J'ai aimé ses arrondis et ses teintes, sa beauté fragile et si sûre à la fois: elle est pourtant le fruit d'un jeune créateur de seize ans, achevée le 28 octobre 1813. Onze ans plus tard, Schubert écrivit une lettre à son ami peintre Leopold Kupelwieser dans laquelle on put lire: "En fait de lieder, je n'ai pas fait grand-chose de neuf, mais je me suis néanmoins livré à plusieurs essais dans le genre instrumental, ayant composé deux quatuors...et un octuor et je désire encore écrire un quartetto, car je veux avant tout me frayer ainsi la voix de la grande symphonie." La seconde symphonie en si bémol majeur fut composée entre 1814 et 1815. Hier, je la préférais à la Première, aujourd'hui, je ne saurais dire laquelle des deux m'a le plus captivé: une élégance, une jeunesse, une fougue juvenile et une douceur irrésistible par moments, un soin des couleurs...Je vais toutes les réécouter à l'occasion de ce cycle, sauf la Septième...Crying or Very sad
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Icare
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MessageSujet: Schubert   Jeu 17 Jan - 22:19


J'ai réécouté ce soir la Symphonie n°3 en ré majeur et la Symphonie n°4 en ut mineur "Tragique" de Franz Schubert , un approfondissement toujours par le "Berliner Philharmoniker" sous la direction de Karl Böhm...Je ne tenterai d'autres interprétations que lorsque j'estimerai connaître suffisamment ces symphonies...La Troisième est très alerte et d'une humeur souvent positive. La Quatrième, en revanche, prend dès le départ, un ton nettement plus sévère et grave. Son sous-titre le laissait cependant prévoir. Si je l'aime beaucoup, c'est principalement grâce à son quatrième et dernier mouvement "Allegro" qui n'a finalement plus rien de tragique à mon oreille. Il me passionne par son thème principal, fort bien trouvé, qui a quelque chose de "doucement ludique", de faussement léger. J'y ai presque ressenti une forme d'humour, une sensation que j'ai du mal à définir et qui m'a beaucoup "amusé" pendant l'écoute...est-ce sans doute une perception trop personnelle pour être partagée...En tout cas, j'adore cet allegro conclusif auquel s'ajoute la beauté profondément dramatique de l'adagio introductif! La troisième symphonie m'a moins transporté, ce qui ne signifie pas non plus que je ne l'ai pas appréciée lors de cette nouvelle approche. J'ai bien aimé son énergie et l'aura positive qu'elle dégage.

https://www.youtube.com/watch?v=r4Oxnf0Q20c


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joachim
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Hier à 9:13

Sur les quatre premières symphonies de Schubert, et aussi sur la 6ème, on sent nettement l'empreinte de Beethoven. Par contre, la 5ème est différente, c'est plutôt l'influence de Mozart et aussi un peu de Haydn.

C'est à partir de la 7ème que les symphonies sont réellement "schubertiennes".
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Icare
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MessageSujet: Eisler   Hier à 10:25

Une symphonie de chevet n°7:

La SYMPHONIE ALLEMANDE de HANNS EISLER fut composée pour la majeure partie entre 1935 et 1937,le bref épilogue fut ajouté avant la création à Berlin (24 avril 1959). De la technique dodécaphonique maniée très personnellement (avec inversion,écrevisse ou reflet d'écrevisse) jusqu'aux intonations d'agit-prop,l'oeuvre particulièrement appréciée par le compositeur lui-même est un répertoire des procédés de style les plus divers. J'aime énormément cette monumentale symphonie. Elle fait vibrer chaque partie de mon être. J'en aime le souffle tragique qui l'anime et l'extrait que j'ai choisi lui prête même un lien avec l'opéra et le documentaire:

https://www.youtube.com/watch?v=DIKIpmuA5YY


<<Avec l'image poétique de BRECHT qui présente l'Allemagne comme une "mère blaffarde souillées",le prélude (citations de L'Internationale et des "Victimes Immortelles") évoque le "Mal à l'Allemagne". Dans la seconde partie,la plainte se concrétise dans la passacaille en une accusation contre la terreur nazie dans les camps de concentration ( "Symphonie des camps de concentration" était du reste le titre primitif de l'oeuvre). La quatrième partie,avec le poème de BRECHT "A Postsdam sous les chênes" évoque l'appui donné par la caste militaire au fascisme naissant,tandis qu'une marche funèbre orchestrale dans la 5ème partie thématise les souffrances indicibles des victimes d'après le poème de BRECHT; "Sonnenburg". La 7ème partie (d'après "L'enterrement du provocateur dans un cercueil de zinc" de BRECHT) dénonce les méthodes de la propagande fasciste. A une "Cantate des Paysans" avec le chant d'exhortation "Lève-toi paysan" succède "La cantate des ouvriers" d'après "Le chant de l'ennemi de classe" écrit par BRECHT en exil. La partie orchestrale qui suit exprime sous un aspect dialectique la souffrance et la confiance,et la symphonie en onze mouvements s'achève par l'épilogue d'après un quatrain de BRECHT "Manuel de la Guerre". pour illustrer les vers "Voyez nos fils sourds et ensanglantés...réchauffez les,ils ont froid", EISLER conseillait la projection de photos en rapport avec le texte: des soldats allemands à moitié morts de froid devant Stalingrad.>>
HANS CHRISTOPH WORBS.


Dernière édition par Icare le Ven 18 Jan - 16:48, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Hier à 10:50

C'est aussi l'œuvre de Hans Eisler que je préfère Wink  C'est lui qui a composé le très bel hymne de l'ex RDA, Auferstanden aus ruinen (Ressuscités des ruines) qui est dans l'esprit de cette symphonie allemande dont il pourrait servir d'épilogue.

https://www.youtube.com/watch?v=DTV92wqYjfA
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laudec

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Hier à 11:00

Merci Icare, je découvre cette symphonie de Hanns Eisler avec émotion ainsi que le poème de Brecht
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Icare
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Hier à 16:59

J'ai réécouté deux autres symphonies de Franz Schubert, les N°5 & 6. Plutôt placées sous l'influence de Beethoven, la Cinquième se démarquerait par son rapprochement avec Mozart et Haydn...toujours est-il que cette Symphonie n°5 dans un style qui effectivement m'évoque davantage Mozart, et cela dès le premier mouvement qui m'a séduit par son élégance et son apparente légèreté, me ravit d'emblée par son thème enchanteur. Je me suis encore plus cette fois-ci imprimé de sa poétique, de ses couleurs, de ses gestes et de ses rythmes. Et si j'ai été aussi perméable à la force de séduction et à la beauté du thème principal du premier mouvement, j'ai trouvé que le second touchait à l'exquis, surtout lorsqu'il se déboise, en faveur d'un seul bois, un seul instrument...Je ressens beaucoup de fragilité, de sensibilité, à ce moment-là, quand la musique invite, par une construction, un développement judicieux et inspiré, à quelque chose qui touche, en quelques notes, au merveilleux. C'est en cela que, personnellement, je reconnais un grand compositeur, ces petits moments de pure magie qui s'élèvent d'une oeuvre et que notre mémoire s'applique à immortaliser, ces petits moments qui paraîtront peut-être anecdotiques à d'autres et me font fondre à chaque fois. Je n'ai pas été autant séduit par la Symphonie n°6, sans doute n'y ai-je pas rencontré ces petits moments de pur délice, cependant j'ai bien aimé les second et quatrième mouvements, notamment le quatrième qui m'a un peu rappelé, dans l'esprit, celui de la Symphonie n°4 mais sans me passionner autant.

https://www.youtube.com/watch?v=cdLuvGsjwlA
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Icare
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Hier à 23:12

J'écoute en ce moment la Symphonie n°8 - "Inachevée" de Franz Schubert, juste après l'imposante Symphonie n°9 du même auteur dont je vénère le quatrième mouvement. Dans la N°8, c'est prioritairement le premier mouvement, l'"Allegro moderato", qui me passionne. Son thème principal autour duquel la musique s'articule est tout simplement exquis. Je suis comme ensorcelé par ce thème mélodique, ce qui est souvent le cas dans la musique de Schubert et déjà vrai dans plusieurs de ses symphonies dont le quatrième mouvement de la Neuvième. Bien que le développement thématique dans les symphonies de Schubert est souvent rapporté à Beethoven, à l'exception de la Cinquième qui évoquerait davantage Mozart, personnellement, elles me procurent des impressions et des plaisirs différents. Il n'y a pas si longtemps, j'avais réécouté à l'occasion de ce cycle plusieurs symphonies de Beethoven, mais ce fut un autre voyage, une autre puissance, une autre ampleur. Etrangement, avec les symphonies de Franz Schubert, je n'ai pas l'impression de trop m'éloigner de sa musique de chambre, comme si ces huit opus, malgré l'utilisation d'une formation instrumentale bien plus ample et honorée par des moments de grande passion, conservaient presque magiquement une dimension intimiste de toute beauté, propice au recueillement. Ca m'est particulièrement frappant et irrésistible dans le second mouvement de sa huitième symphonie, probablement ma préférée du compositeur...dire qu'elle est inachevée alors qu'elle relève visiblement d'une grande inspiration...

https://www.youtube.com/watch?v=uWnKMzAedK4
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   

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Le règne de la symphonie
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