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 Le règne de la symphonie

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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyVen 24 Mai - 9:10

Je ne connais que 10 des 21 ou 22 symphonies composées par Weinberg mais j'aime suffisamment ce compositeur pour avoir envie de les connaître toutes.

Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°6:

La sixième symphonie de Mieczyslaw Weinberg se divise en cinq mouvements, "Adagio Sostenuto/Allegretto/Allegro molto/Largo/Andantino". Le premier mouvement commence en douceur, déployant un thème mélodique qui m'évoque quelque-chose d'autre que cette symphonie, peut-être le thème principal d'un film sur l'esclavage ou une oeuvre musicale ayant comme thème le même sujet...?...Si c'est vraiment le cas, je finirai par tomber dessus et lorsque je tomberai dessus, probablement par hasard, je me demanderai où j'ai bien pu entendre cette touchante mélodie. Hehe Ainsi va la vie de ceux dont la mémoire sait jouer des tours et poser des énigmes. L'adagio monte en intensité mais n'explose jamais. Il demeure soutenu comme son titre l'indique. Il se trouve magnifié à un moment donné par une flûte solo aux irrésistibles arrondis. Le second mouvement, l'allegretto, invite un choeur de garçons au sein d'une musique dynamique et incisive. Le superbe violon solo de B. Shulgin vient illuminer l'ensemble, volatile, aérien. Le troisième mouvement démarre sur une cadence très russe avec notamment la trompette, expressive et vaillante: c'est une danse qui emporte tout sur son passage. L'énergie qu'elle véhicule m'est très communicative. Elle prend de toute évidence ses sources dans le folklore slave. La danse devient de plus en plus ludique avec les petites percussions dans sa dernière partie, plus puissante et volumineuse aussi. Le largo reprend, me semble-t-il, le thème à la trompette de l'allegretto. Le choeur de garçons réapparaît dans l'interprétation d'un chant calme mais qui monte progressivement en intensité. Le thème mélodique du premier mouvement y est de nouveau exposé, avant et après la voix solo d'un jeune chanteur. C'est un élément qui me plait toujours dans une symphonie; lorsque qu'un thème mélodique est repris, devient un peu comme un leitmotiv ou une conclusion après en avoir été l'introduction. Un second chant très calme, encore plus beau que le précédent, m'apporte un sentiment de plénitude, de sérénité. Quelle bonne idée, soit dit en passant, que la N°4 et la N°6 soient réunies sur un même disque, car il se pourrait qu'elles deviennent mes deux symphonies de chevet de Weinberg. La Symphonie n°6 est interprétée par le "Moscow Philharmonic Symphony Orchestra" sous la direction de Kirill Kondrashin et le "Boys'Chorus of the Moscow Choral college"; maître des choeurs: Yury Ulanov.

https://www.youtube.com/watch?v=KlDYLYSsl4s
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyVen 24 Mai - 17:23


Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°7 pour orchestre à cordes et clavecin:

Le clavecin est un instrument qui m'a toujours séduit. Comme je l'ai déjà dit plusieurs fois sur ce forum, je suis un amoureux de tous les instruments de musique, des plus communs au plus inhabituels, et j'aime lorsqu'une oeuvre offre un espace d'expression privilégié à chacun d'entre eux. Dans la Symphonie n°7 de Mieczyslaw Weinberg, c'est le clavecin qui est un peu mis à l'honneur. Je dis "un peu" car il ne s'agit quand même pas d'un concerto pour clavecin et orchestre à cordes mais bien d'une symphonie pour cordes dans laquelle intervient le clavecin. Le clavecin a une sonorité magique et je ne suis même pas loin de le préférer dans la création contemporaine plutôt que dans la baroque, même si je l'aime beaucoup chez J. S. Bach, par exemple. Lorsque j'écoute le premier mouvement de la septième symphonie de Weinberg, je suis aussitôt saisi par la séduisante mélodie introductive au clavecin qui, d'ailleurs, réapparaît à la fin du morceau. Il reviendra à d'autres moments dans l'oeuvre, notamment vers la fin du second mouvement, l'"Allegro". C'est par une certaine musique de film des années 70, principalement italienne, que j'ai découvert les joies du clavecin et quand j'écoute l'"Allegretto moderato", par son ambiance, son romantisme modéré, j'ai l'impression de pousser à nouveau les portes d'un cinéma révolu qui se met à revivre à l'intérieur de la musique du compositeur russe. Néanmoins, cette pointe de nostalgie qui m'accapare lorsque j'entends ce clavecin n'enlève rien au fait que son apport est dégagé de tout cliché. D'autre-part, il serait à mon avis injuste de l'interpréter comme un élément ou objet purement décoratif qui serait simplement là pour ajouter du coloris. Comme le démontre de façon saisissante l'"Allegro" final, il est porteur d'insolite et de quelques effets hors du commun, insolite quand il imite la mandoline au tout début du cinquième mouvement et hors du commun quand il déploie un peu plus loin une palette sonore déchaînée dans laquelle le clavecin s'y exprime nerveusement. Le moment le plus cocasse et original est lorsqu'il se confronte à la contrebasse dans un duo magique et improbable. Le thème mélodique du début reviendra brièvement, toujours au clavecin, à la fin de la symphonie, ce qui lui confère une mélancolie toute particulière.

Le ou la claveciniste n'est pas mentionné(e).
Par le "Moscow Chamber Orchestra" sous la direction de Rudolf Barshai.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyVen 24 Mai - 22:22

Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°8 - "Polish Flowers":

La Symphonie n°8 - "Polish Flowers" de Mieczyslaw Weinberg fut créée à Moscou le 6 mars 1966 par Alexander Yurlov et le "Russian Academic Choir" et le "Moscow Phimharmonic Orchestra". C'est une symphonie vocale qui s'écarte pour cette raison des précédentes, bien qu'il y ait des parties vocales dans la Sixième. Apparemment, d'après mes sources, les N° 3 & 5 que je n'ai encore jamais écoutées, seraient purement orchestrales. J'espère pouvoir les découvrir bientôt, à l'occasion d'un autre cycle autour de la symphonie. Je suis sûr qu'elles me plairont suffisamment. Il faut dire aussi qu'elles sont rares les oeuvres de Weinberg qui me laissent totalement indifférent, et il en est d'ailleurs un peu pareil avec Shostakovich, bien que je connaisse plus d'opus du premier que du second qui est pourtant davantage connu et reconnu. Cette Symphonie n°8 m'a réellement épaté, ne serait-ce déjà, par ses grandes qualités expressives, le caractère fortement extraverti et fortement émotionnel de certains passages, notamment "Warsaw Dogs" avec ses rythmes stravinskiens. J'ai pu également apprécier un orgue, plus ou moins présent et parfois discret, comme dans "Mother", interprété par le ténor Rafal Bartminski (il a un prénom supersonique que j'adore). La dernière fois que j'ai commenté sur cette oeuvre j'avais écrit: "Ce morceau est, selon moi bien sûr, le sommet d'émotion de cette magnifique symphonie au point que j'en ai eu les larmes aux yeux en l'écoutant. C'est en même temps l'un des moments les plus introvertis et intimistes, une concentration optimale sur la beauté du chant et de la mélodie, le tout complété par un accompagnement instrumental sensible et intelligent, un exocet qui a complètement touché sa cible: mon coeur." Sur ce point, mon opinion n'a absolument pas changé d'un iota! "Mother", s'intitule-t-il, "Mère"...sans doute pour cette raison qu'il lui dédia la plus belle mélodie teintée d'une mélancolie troublante et troublée de toute la symphonie. Sinon, j'aime beaucoup la petite flûte conclusive qui achève "The Vistula Flows" (finale): une petite fleur perdue au milieu d'un désert de silence.

https://www.youtube.com/watch?v=IkP6q5wevAI
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptySam 25 Mai - 19:32

Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°12 - "in Memory of Dmitri Shostakovich":

Je suis entrain de vivre le même engouement pour les symphonies de Weinberg que pour celles de Schnittke lorsque je les redécouvris à l'occasion de ce même cycle. Et ce n'est certainement pas avec la Douzième que je vais me contredire! Les compilations sont rares chez les compositeurs contemporains, cependant, le label "Olympia" en avait réalisé une en l'honneur du très prolifique Weinberg, réunissant sur une même galette plusieurs extraits de ses oeuvres, allant de la symphonie à sa musique de chambre, en passant par le concerto. C'est par cette compilation que j'ai pénétré, pour la première fois, l'univers "néoclassique" du compositeur russe d'origine polonaise. J'ai très vite senti que son approche, bien qu'elle me parut, dans l'absolu, moins "moderne" que celle d'un Schnittke et d'un Denisov que je privilégiais à ce moment-là, correspondait parfaitement à ma sensibilité. J'ai découvert un compositeur inspiré, confectionnant des thèmes forts et écrivant une musique de caractère sans forcément manquer de fantaisie ni d'inventivité. La Symphonie n°12 qui est un hommage annoncé à Shostakovich, répond parfaitement à la définition que je fais de son approche. Je ne souhaite pas le comparer à Shostakovich et encore moins tenter un jugement de valeur entre les deux compositeurs. La seule chose que je peux dire, c'est qu'à l'heure actuelle j'ai une bien meilleure connaissance de l'oeuvre de Weinberg que de Shostakovich. Ce n'était ni voulu ni prévu. Au départ, mon intention était de connaître toutes les symphonies de Shostakovich et je me suis arrêté à trois. Même si hier ce n'était pas une obligation, aujourd'hui c'est devenu une nécessité. Il y a là un univers sonore et dramatique qui me tend les bras, au travers des symphonies de Weinberg, tout comme l'univers de Mahler me tendit les bras au travers des symphonies de Philippe Chamouard, par exemple.

<<Shostakovich mourut le 9 août 1975. Des musiciens du monde entier lui rendirent hommage et plusieurs compositeurs dédièrent des oeuvres à sa mémoire. Parmi eux, se trouve naturellement Weinberg/Vainberg qui termina sa douzième symphonie l'année suivante, soit en 1976. C'est une oeuvre de dimensions imposantes avec une durée de plus de cinquante minutes; le premier mouvement à lui seul requiert près de vingt minutes. Weinberg écrivit la pièce dans l'esprit et le style de Shostakovich - il serait presque possible par moments de croire que le maître défunt lui-même l'a composée.>> Per Skans. 1994.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptySam 25 Mai - 22:54

Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°14:

Ce soir, j'ai réécouté la N°14, opus 117, composée en 1977 et interprétée par le "National Polish Radio Symphony Orchestra, Katowice" sous la direction de Gabriel Chmura. Il s'agit d'une très belle symphonie, très colorée avec une réelle dimension poétique et un sens toujours renouvelé de la fantaisie. Le début est particulièrement beau par un duo tranquille entre la flûte solo et la clarinette. A un moment donné il y a comme des flûtes échappées d'une danse antique et d'autres trouvailles aussi saisissantes, ce qui rejoint le "détail nouveau et inattendu dans son univers stylistique bien établi". L'erreur serait de (dé)considérer Weinberg comme un "sous-Shostakovich". Il mérite mieux que cette réduction simpliste, sans doute véhiculée par quelque circonspect qui aurait probablement une connaissance superficielle de son oeuvre.

Partie d'un article de Vselodov Zaderatski à propos de la Symphonie n°14:

<<Il s'agit-là avant tout d'une musique ancrée dans la terre russe. Ses intonations et schémas mélodiques, la fusion inventive avec les traditions de Shostakovich et de Stravinsky, le degré de théâtralité, les espaces grandioses, les éléments épiques - tout autant de signes d'un lien intime avec les fondations immémoriales de la Russie. Même les éléments mahlériens qui nous rappellent comment Shostakovich lui-même les adopta, s'inscrivent tout naturellement dans ce "retour à la terre" caractéristique du style national. Bref, voici un style merveilleusement original, signe d'un véritable phénomène artistique.>>

https://www.youtube.com/watch?v=1mHYHHbcmgg


Dernière édition par Icare le Dim 26 Mai - 19:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyDim 26 Mai - 19:10

Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°16:

La Symphonie n°16 de Weinberg m'avait séduit dès la première écoute même si je l'ai découverte après des symphonies qui m'impressionnent davantage, contrairement à la N°14 dont l'adhésion ne fut pas immédiate. C'est d'autant plus étonnant car, aujourd'hui, je trouve que la Symphonie n°16, composée quatre ans après la Quatorzième et interprétée, elle aussi, par le "National Polish Radio Symphony Orchestra" sous la baguette de Gabriel Chmura, est moins évidente à apprivoiser, d'une expressivité moins directe et plus subtile. En même, temps, je me rappelle l'avoir trouvée très originale et poétique. Elle contient de ces moments de nudité dans l'orchestration qui subliment cette dimension poétique, notamment un superbe passage où il fait une utilisation séduisante du piano. Cette symphonie sait aussi se montrer mystérieuse tout en faisant preuve d'une grande économie de moyens, frisant même l'épure dans un usage clairsemé et minimal des vents et pouvant prendre une allure chambriste et intimiste dans les cordes. Elle se compose de six mouvements et les mesures conclusives du sixième expriment idéalement l'esprit global de la symphonie.

Partie d'un article de Elena Dolinskaya à propos de la Symphonie n°16:

<<A mon avis, il faut mentionner avant tout la Seizième Symphonie lyrico-dramatique de M. Weinberg, qui allie des qualités philosophiques à une authenticité et une sincérité émotionnelles tout à fait typiques de la musique de ce compositeur. Il semblerait qu'en principe la symphonie n'ait rien de nouveau à offrir. Et pourtant, comme chacune des partitions de ce compositeur, elle introduit un détail nouveau et inattendu dans son univers stylistique bien établi. Je veux parler de la présence très distincte d'une poésie romantique dans la structure d'ensemble de la symphonie. Une "intrigue" faite de conflits se déroule dans une direction unique, nous entraînent donc, comme chez les Romantiques, vers une apothéose. Mais cet apogée ne se veut pas la libération de l'énergie émotionnelle accumulée, mais plutôt l'affirmation intense des origines intellectuelles de l'oeuvre. Et dans la coda brillante nous suivons la trace de cet apogée qui s'évanouit peu à peu.>>
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyDim 26 Mai - 23:30


Mieczyslaw Weinberg: Symphonie n°19 - "The Bright May":

La Symphonie n°19 de Weinberg est également superbe à mon oreille, car, là aussi, j'en aime tous ses mouvements avec une prédilection pour le troisième et dernier avec ces quelques notes qui se répètent judicieusement, comme un appel, un écho, un code sonore. Motifs récurrents et accrocheurs, lignes mélodiques savoureuses, combinaisons instrumentales et orchestrations alléchantes, une poétique sonore sans cesse renouvelée, elle possède en sa chair orchestrale ce quelque chose d'exquis qui me rend fort impatient de découvrir celles qui me manquent. Outre le caractère intense et même poignant de l'oeuvre, et cela dès le départ, il y a ces "oasis flûtés" qui y font merveille. Il y aussi de l'inventivité notamment dans les cuivres lors d'un passage spécifique de la symphonie, de solides idées musicales comme souvent pour ne pas dire presque toujours chez Weinberg, je pense notamment à ce motif obsessionnel et récurrent qui illumine la partie finale et auquel je faisais déjà allusion en début de commentaire. Ce retour sur les symphonies de Weinberg que j'ai en ma possession, fut une redécouverte enrichissante et couverte de belles émotions, ce celles qui vous imprègnent définitivement, comme ce fut déjà le cas avec les symphonies d'Alfred Schnittke. J'ai renoncé à écouter les trois symphonies de Shostakovich que j'avais prévues pour cette sixième partie de mon cycle. J'attends d'en connaître davantage afin de lui réserver un hommage de même proportion.

https://www.youtube.com/watch?v=yYuvOV2x6z8
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MessageSujet: Jantchenko/Silvestrov   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyLun 27 Mai - 19:03


Oleg Jantchenko: Symphonie n°6 - "Apokalypse" (Extrait, 1er Mouv.) + Symphonie n°2 - "Andrej Rublev" (Extrait, Allegro moderato):

Très heureux de cette idée de compilation de l'oeuvre de Mieczyslaw Weinberg, j'avais renouvelé l'expérience, il y a quelques années de cela, avec un autre compositeur russe, Oleg Jantchenko. La compilation en question était d'un prix clément et propose entre autres, deux extraits de deux de ses six symphonies, tout d'abord un mouvement (God's verb) de sa Symphonie n°6 - Apokalypse d'une durée de 23' 14", et, en conclusion, l'Allegro Moderato de sa Symphonie n°2 - "Andrej Rublev" bénéficiant d'une orchestration originale; ténor, clavecin, piano, orgue, cloches, synthétiseur et orchestre symphonique. J'ai décidé de les réécouter aujourd'hui, ne désespérant pas de pouvoir découvrir ces oeuvres dans leur intégralité, un jour ou l'autre. C'est une approche assez accessible qui n'ignore ni la tonalité ni le lyrisme. Il n'est par ailleurs guère étonnant de la teneur dramatique de sa Symphonie n°6 lorsqu'elle porte comme sous-titre "Apokalypse". Il s'agit d'une symphonie vocale avec narrateur, basse, ensemble vocal, choeur et orchestre symphonique, sur un texte de Saint-Jean l'Evangéliste. Le style employé pour la Symphonie n°2 est d'une allure plus moderne, plus aventurière d'un point-de-vue de recherches sonores, sans tomber pour autant dans l'esbroufe ou le bizarroïde, si j'en crois le mouvement "Allegro Moderato". C'est aussi la pièce qui me captive le plus, par le jaillissement sonore qui en émane. C'est très créatif à ce niveau, surtout lorsqu'intervient quelque chose qui se rapprocherait d'une voix d'homme (le ténor?) et se transforme peu à peu à un son électronique de plus en plus sinueux, proche du theremin. Ce grain de folie qui s'éteint en douceur n'est jamais pour me déplaire.

<<Andreï Roublev/Rublev ou saint André l'Iconographe est un moine et peintre d'icônes russe du XVème siècle. Il est né vers 1360-1370 et mort entre 1427 et 1430, probablement le 17 octobre 1428. Il a été canonisé en 1988, date du millénaire de la foi chrétienne en Russie, et est fêté le 4 juillet. Peu de choses sont sues de la vie de Roublev, sinon qu'il a été moine au monastère Andronikov près de Moscou, qu'il a été l'élève et l'assistant du peintre d'icônes d'origine grecque Théophane le Grec. La légende raconte qu'à la fin de sa vie, il aurait eu les yeux crevés pour avoir osé signer de son nom son tableau La Trinité, ce qui était interdit aux moines à l'époque.>>

Valentin Silvestrov: Symphonie n°2:

J'ai également réécouté la Symphonie n°2 (1965) pour flûte, percussion, piano et orchestre à cordes de Valentin Silvestrov. Il s'agit d'une symphonie plutôt courte qui dépasse à peine les douze minutes. Bien qu'elle en porte le titre, ce n'est pas une symphonie au sens traditionnel du terme. On peut supposer sans grand risque d'erreur que le compositeur a plutôt eu dans l'idée la signification littérale du mot, c'est-à-dire: "qui sonne ensemble". Elle fut composée en 1965 où il tentait, tout en gardant un certain recul, d'établir des liens avec l'avant-garde européenne, sachant que, parallèlement, l'avant-gardiste italien, Luigi Nono avait visité l'Union Soviétique et laissé un impact indélébile sur l'élan créatif des compositeurs de cette région du monde. La seconde symphonie de Silvestrov aborde le genre sériel dans sa forme la moins rigide et offrant un espace intéressant aux solistes, le flûtiste Oleg Hudiyakov, le pianiste Ivan Sokolov et les percussionnistes Mikhail Dunayev et Konstantin Smirnov.
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MessageSujet: Popov   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyLun 27 Mai - 22:51



Gavriil N. Popov: Symphonie n°2 - "Motherland":

La Symphonie n°2 sous-titrée "Motherland" de Gavriil Popov a été composée en pleine période de la Seconde Guerre Mondiale, en 1943. Elle porte la douleur dans le premier mouvement que je perçois comme un grand adagio chargé de souffrance mais qui promet sur sa durée une grande méditation, à moins qu'il s'agisse d'un profond recueillement face à l'abîme qui fissure l'humanité. Inutile de préciser pour qui connaît cette symphonie que le contraste que propose le second mouvement, "Presto giocoso", est saisissant. Il y a là l'expression de la joie. 1943 évoque la bataille de Stalingrad et celle de Koursk avec laquelle elle constitue l'une des grandes défaites de l'armée allemande sur le front de l'Est et un tournant stratégique majeur de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont sans doute ces grandes victoires sur les armées d'Hitler qui nourrissent ce magnifique moment de liesse et d'espoir. Ce mouvement est, par ailleurs, superbement orchestré. Le "Largo" est le plus long des quatre mouvements, tout aussi propice à la réflexion et à la méditation que l'"Introduction", d'un lyrisme contenu mais qui arrive à m'émouvoir, à m'ébranler. Le "Finale" est d'un genre nerveux et décidé; anticipe-t-il la marche des Russes sur Berlin? Un compositeur dont je connais quelques oeuvres dont cette très belle symphonie et que je saurai approfondir lorsque j'en aurai l'occasion.

Par le "St. petersburg State Academic Symphony Orchestra" sous la direction d'Alexander Titov.

Symphonie n°1:

https://www.youtube.com/watch?v=3eiluMp6drE


Fin de cette sixième partie.
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MessageSujet: Saygun   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyVen 2 Aoû - 23:17

Le règne de la symphonie: Septième partie.

  Ahmed Adnan Saygun: Symphonies n°1 & 2:

<<Ahmed Adnan Saygun est l'un des compositeurs les plus importants dans l'histoire de la musique classique turque. Né en 1907 à Izmir, au bord de la mer Egée, il fut le témoin, à l'âge de seize ans, de la transformation de son pays en une république laïque basée sur les modèles occidentaux; cette période marquait la fin de l'empire ottoman qui avait perduré pendant six siècles. Saygun joua un certain rôle dans ce processus de transition, en participant aux réformes culturelles et à la laïcisation instaurées par le fondateur et premier président de la république turque, Mustafa Kemal Atatürk, qui souhaitait harmoniser les traditions culturelles et politiques de son pays avec celles de l'Occident. Dans ses compositions, Saygun s'efforça de réaliser une synthèse entre les formes et les usages de la musique turque et ceux de la musique de l'Europe occidentale, et contribua ainsi à la poursuite des objectifs visés par le nouveau gouvernement.>>

J'ai décidé de commencer cette septième partie avec les deux premières symphonies du compositeur turc Ahmed Adnan Saygun, toutes deux par la "Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz" sous la direction d'Ari Rasilainen. Il faut dire que je les aime beaucoup et qu'elles ont de quoi accrocher les auditeurs les plus exigeants. Il me faudra un jour découvrir les N°3, 4 & 5. Ces deux premières symphonies ne manquent ni de caractère ni de panache! Saygun y démontre aisément ses talents de thématiste. J'en prendrai pour exemple l'"Allegretto" de la Symphonie n°1 et le "Moderato" de la Symphonie n°2. Bien sûr, leurs qualités ne se limitent pas à ces deux mouvements, le troisième dans les deux cas. Elles sont de toute évidence sous le modèle néoclassique qui révèle une nette influence de l'enseignement que leur auteur reçut à Paris. L'effectif instrumental de sa première symphonie , très réduit, se compose uniquement de cordes et de bois, avec un cor solo. C'est une instrumentation à laquelle j'ai toujours été très sensible. Chaque mouvement est structuré selon une forme bien précise, sonate, passacaille, menuet et série de variations suivies. Saygun avait rencontré ces structures au cours de ses études, certes, mais il est opportun de souligner qu'il vécut à Paris l'apogée du néoclassicisme, se laissant donc inspirer par des créations telles que la Symphonie des psaumes de Igor Stravinsky, le Concerto pour piano n°2 de Sergueï Prokofiev, voire le Concertino d'Arthur Honegger. On peut aussi déceler dans sa première comme dans sa seconde symphonies quelques éclats de folklore turque mais ceux-ci y sont très bien disséminés. On y trouve de beaux moments mélodiques comme, par exemple, le "Moderato" de la Seconde ou encore le majestueux "Adagio" de la Première. Peu importe mon humeur, le "Moderato" contient de cette beauté lumineuse qui me fait fondre. La mélodie autour de laquelle il s'articule est irrésistible, de celle qui s'imprime immédiatement en moi. Le cor anglais, la clarinette et le hautbois sont des instruments que j'aime particulièrement, alors quand les bois s'animent dans l'"Allegro" (premier mouvement) et dans toute la Symphonie n°1, je suis aux anges.


Dernière édition par Icare le Sam 3 Aoû - 19:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyVen 2 Aoû - 23:23



Symphonie n°1: Ahmed Adnan Saygun:

https://www.youtube.com/watch?v=5djKA3w2nWA
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptySam 3 Aoû - 22:35


Kamran Ince: Symphonies n°3 & 4:

<<Kamran Ince est un personnage plus grand que nature. Il tend à être le centre magnétique, énergétique de tout rassemblement, il est l'un de ces individus qui semblent être intensément présents dans l'instant. Il vit la vie avec panache. Il écrit naturellement une musique remarquable. Même ses morceaux de musique de chambre moins sévères, tels que le délicieux "Arches", suggèrent un espace épique et un profond engagement dans le monde. La plupart des musiques de Kamran Ince se réfèrent à un lieu, souvent situé en Turquie où il a grandi. C'est un pays épique, palpitant de vie, mais hanté par mille ans de civilisations passées. Sa topographie est un enchevêtrement fantastique de montagnes, de déserts, de plaines et d'océans. La musique de Ince est ainsi à plus d'un titre. (...).>>

J'ai réécouté la Symphonie n°3 "Siège of Vienna" (1994-95) et la Symphonie n°4 "Sardis" (1999-2000) par le "Prague Symphony Orchestra" sous la direction du compositeur. La Troisième répond à une commande de l'"Albany Symphony Orchestra". Kamran Ince aime confectionner des combinaisons sonores originales qui contribuent à lui façonner un style hautement reconnaissable. L'orchestre emploie ainsi une batterie étendue des percussions, des synthétiseurs, une guitare basse électrique, un quartet de tubas...Voilà qui crée des ambiances intéressantes, d'autant plus que j'apprécie beaucoup les moments les plus animés, les plus énergiques, comme, je crois, "War of the Walls" ou "Final Assault". Il y a des compositeurs qui me fascinent davantage sur leurs mouvements lents, genre adagio, moderato ou lento, comme, par exemple, Ahmed Adnan Saygun, certainement une référence ou un modèle pour Kamran Ince, puis il y a ceux qui me fascinent surtout avec les mouvements rapides, genre allegro, presto ou allegretto. Ince est de ceux-là. Enfin, il y a les compositeurs qui me fascinent autant avec les mouvements rapides qu'avec les mouvements lents, comme Fazil Say, mais j'y reviendrai plus tard. La quatrième symphonie "Sardis" n'est pas moins audacieuse dans ses combinaisons instrumentales puisqu'elle sollicite trois percussionnistes, un pianiste, un joueur de mandoline, une guitare électrique et une basse. Bien sûr, l'audace ne se limite pas à cette particularité, il y a des constructions poétiques intéressantes, des moments plutôt dénudés, minimalistes, extatiques, d'autres plus étoffés et dramatiques. J'ai toutefois une préférence pour la Troisième que je trouve plus percutante.

<<Sardis était une ville ancienne importante et une capitale du royaume de Lydie, située dans l'ouest de l'Anatolie, dans l'actuelle Sartmustafa, dans la province de Manisa, dans l'ouest de la Turquie. Son emplacement stratégique en fait un point central reliant l'intérieur de l'Anatolie à la côte égéenne. Au cours de son histoire, le contrôle de Sardis a changé plusieurs fois, mais il a toujours gardé un statut élevé parmi les villes.>>
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MessageSujet: Ince   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyDim 4 Aoû - 18:36

Kamran Ince: Symphonie n°2 "Fall of Constantinople":

Par l'"Albany Symphony Orchestra" sous la direction de David Alan Miller.

J'ai toujours été impressionné par la dimension martiale et fortement dramatique de cette symphonie. D'une intensité incroyable, elle porte la tragédie en elle. C'est déjà complètement vrai dans son introduction. Après, il y a bien un moment de mystère porté par les flûtes et les cordes, sur quelques notes étouffées de ce qui s'apparente à un marimba...?...La musique accélère de nouveau, prenant un ton désespéré presque outrancier avant de redevenir plus énigmatique et même plus tendre, comme une once d'optimisme vite balayé par l'insolence des cuivres et une formidable "marche", puissante et solennelle, marquée du sceau de la fatalité, qui reviendra en forme de conclusion de toute la symphonie. Le second mouvement, "Haghia Sophia" est un pur moment de romantisme pour cordes, d'une souplesse et d'un lyrisme qui évoquent volontiers Rachmaninov alors que les éclats cuivreux, parfois stridents, et les rythmes percussifs, dans leur élan belliqueux, semblent convoquer les moments les plus barbares d'un Bartok ou d'un Stravinsky. Les percussions ont un vaste espace d'expression dans cette seconde symphonie de Kamran, notamment dans le fantastique quatrième mouvement; "Ships on rails: The marine battle": un déchaînement de puissance et de lyrisme avant que les percussions ne prennent définitivement le dessus. L'influence russe ne se limite pas à Rachmaninov et Stravinsky, les sardoniques trompettes bouchées étant comme de délicieux clins d'oeil à Chostakovitch, voire même Prokofiev. Un usage de clarinettes gémissantes, parfois dans l'extrême aigu, ont comme un parfum de Moyen-Orient. Il ne faudrait pas en déduire que sa musique est impersonnelle, au contraire, elle a un caractère et une physionomie globale qui lui sont propres. Peu importe que la forme de la ritournelle plante ses racines dans le baroque ou que les Chorals ont un air bachien, Autant d'éléments qui se trouvent ici bouleversés, métamorphosés, brutalisés. La Symphonie n°2 fut composée de septembre 1993 à janvier 1994, commandée par l'"Albany Symphony Orchestra" qui la créa à Albany, état de New York, en mars 1994. A savoir que les titres des cinq mouvements reflètent divers moments des deux années de sièges et de la chute de Constantinople aux mains des Turcs ottomans en 1453, un événement qui exerce une fascination quasi-mythologique.
__"Ville et les murs"
__"Sainte-Sophie" (une des plus belles églises byzantines du monde)
__"Discours de l'empereur Constantin et Mehmet le conquérant"
__"Bateaux sur rails: bataille maritime"
__"La chute de Constantinople"

https://www.youtube.com/watch?v=iFpCKKcWMFY


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MessageSujet: Theodorakis   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyDim 4 Aoû - 22:52

Mikis Theodorakis: Symphonie n°1:

Comment ne pourrais-je pas évoquer les symphonies de Mikis Theodorakis sur ce fil spécialement dédié à un genre qui a parcouru toute l'histoire de la grande musique depuis Haydn jusqu'à aujourd'hui, même s'il fut un temps, courant vingtième siècle, où certains musiciens s'appliquèrent à penser et prétendre qu'il était devenu vain de composer des symphonies, que le genre avait poussé son dernier râle après je-ne-sais-plus-qui. Je me suis donc ré-intéressé à la dynamique et colorée Symphonie n°1 du maître grec et d'ailleurs je me permets de re-poster ici  son fameux commentaire sur sa gestation:

<<Dans les ébauches pour la symphonie, j'ai articulé en premier lieu les sentiments et les pensées qui me tracassaient à l'époque et qui cherchaient d'urgence une solution. Le sentiment de protestation et de douleur d'une jeunesse qui m'avait conduit, pour des raisons subjectives davantage qu'objectives, dans une situation sans issue, s'est encore intensifié par l'expérience douloureuse de l'Occupation et de ses conséquences. Si dans cette musique, dans les mélodies et les couleurs sonores, il y a une étincelle d'espoir, comme des trous dans un mur, c'est seulement parce que, sur une base avant tout philosophique et idéologique, j'avais foi en l'homme et son avenir, mais que je n'étais guère convaincu qu'il puisse continuer son existence biologique, pour autant qu'on accepte la joie et l'espoir comme facteurs biologiques.>>

La Symphonie n°1 (1948-53) de Mikis Theodorakis, par le "St-Petersburg State Academic Capella Symphony Orchestra" sous la direction de son auteur, se divise en trois mouvements. L'oeuvre atteint presque les quarante minutes. Côté référence ou influence, le compositeur explique que c'est précisément dans cette première symphonie que l'influence de Dmitri Chostakovitch est indéniable - c'est lui qui, à côté d'Igor Stravinsky, m'a le plus marqué. Selon mon propre avis, le troisième mouvement est le moment le plus réussi et passionnant de cette symphonie.


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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyLun 5 Aoû - 9:59

Grande musique que ces symphonies et les œuvres en général de Mikis Theodorakis que je trouve innovantes et qui expriment tant d'émotions fortes Le règne de la symphonie - Page 9 185465
J'ai trouvé le premier mouvement de la symphonie n° 1 et une symphonie que je pense être la première mais n'en suis pas sûre, en comparant le premier mouvement avec celui de la symphonie entière, ce n'était pas cela Le règne de la symphonie - Page 9 1521897346 :
celle-ci (spring symphony ?): https://youtu.be/XuG8pevGTcw, est ce bien celle dont tu parles Icare ? Il existe plus de vidéos de la n° 3 (crazy mother) sur YT
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyLun 5 Aoû - 18:16


Non, de mémoire, je dirais la Septième. La n°1 est purement orchestrale sur ses trois mouvements.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyLun 5 Aoû - 23:02



Mikis Theodorakis: Symphonie n°2:

Je viens de réécouter la Symphonie n°2 - "Le Chant de la Terre", pour orchestre, piano solo et choeur d'enfants, par Cyprien Katsaris (piano) et l'Orchestre Symphonique de RTL sous la direction du compositeur: avec la Chorale Enfantine "Princesse Marie-Astrid", Mondercange (Luxembourg), Léon Krein. Elle fut créée le 8 février 1982, avec Cyprien Katsaris et la Philharmonie de Halle (RDA) sous la direction d'Olaf Koch. Le 9 juillet 1982, elle était donnée pour la première fois en Occident au Festival International d'Echternach (Luxembourg), toujours avec Cyprien Katsaris, la Chorale Enfantine "Princesse Marie-Astrid" et l'Orchestre Symphonique de RTL, Mikis Theodorakis dirigeant lui-même son oeuvre que je n'hésite pas à qualifier de passionnante. Cette seconde symphonie se compose de quatre mouvements dont le premier est en durée le plus imposant, dépassant les dix-huit minutes, le moins long étant le quatrième de guère plus de treize minutes. Par moments, il a allure d'un concerto pour piano. Il y a un premier passage avec un piano martelant que j'affectionne en particulier. Sur ce passage précisément, le piano devient percussion, un peu primitive, un peu barbare. En contraste avec des emballements pianistiques et orchestraux qui peuvent évoquer à certains égards le Stravinsky du "Sacre", l'"Andante" du troisième mouvement développe une mélodie irrésistible qui se diluera sur un attendrissant chant de garçons.

https://www.youtube.com/watch?v=rBiWn33QCbg
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyMar 6 Aoû - 8:56

Merci pour l'info Icare et merci pour ce beau "Chant de la Terre", elle en a bien besoin Le règne de la symphonie - Page 9 Icon_con ... Heureuse de redécouvrir Mikis Theodorakis que j'avais un peu oublié, un grand compositeur vraiment, j'aime beaucoup sa façon d'intégrer les voix Le règne de la symphonie - Page 9 395622
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyMar 6 Aoû - 23:03

Mikis Theodorakis: Symphonie n°3 (1981):

Moi aussi j'aime beaucoup sa manière d'intégrer les voix dans une une oeuvre symphonique, que ce soit de façon succincte comme dans la Symphonie n°2 ou qu'elles soient omniprésentes comme dans la N°3 que je viens de réécouter ce soir et ai tendance à considérer comme ma favorite parmi celles que je connais...encore que j'hésite avec la Septième...

<<La Symphonie n°3 est inspirée par des poèmes de Dionysos Solomos (1798-1837). En 1825, celui-ci avait écrit l'"Hymne à la liberté" dont la première strophe allait devenir l'hymne national grec. A quatorze ans déjà, Theodorakis, encore sous l'impression de Shopenhauer et de Nietzsche, avait mis en musique des passages du poème de Solomos "La mère folle". Le compositeur a remanié cette oeuvre à plusieurs reprises avant d'intégrer en 1981 les différentes versions à la Troisième Symphonie. L'air évoqué ci-dessus en constituait la fin. Par le troisième mouvement ajouté après coup, l'"Hymne byzantin pour Petros de l'EPON", Theodorakis a actualisé la lamentation funèbre. Humaniste universel, il a passé outre aux limites des époques et des genres et a uni le religieux et le laïque, le présent et le passé. La symphonie toute entière, dans laquelle des sonneries de cloches reviennent à plusieurs reprises et plusieurs thèmes s'entrecroisent, est un vaste rituel. Le deuil y prend successivement l'aspect de la lamentation (1er mouvement), de l'émotion (2ème mouvement), du souvenir respectueux (3ème mouvement) et du saisissement (4ème mouvement). Dans les répétitions sans but comme dans la mélodie blafarde et retenue du largo, on ressent dans le mouvement final la solitude des dernières oeuvres de Chostakovitch qui expriment elles aussi une réflexion sur le sens de la mort.>> Albrecht Dümling

https://www.youtube.com/watch?v=DjpFUwVpy_0
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyMer 7 Aoû - 23:12

Mikis Theodorakis: Symphonie n°4 (dite des  Choeurs):

<<Mikis Theodorakis a composé sa quatrième symphonie en 1986; il s'agissait d'une commande de l'Université d'Athènes pour la célébration de son 150ème anniversaire. La première exécution de l'oeuvre eut lieu en cette circonstance le 3 mai 1987 dans la salle Pallas d'Athènes. L'orchestre et les choeurs ont été spécialement choisis pour la création de cette oeuvre. Le nom de l'orchestre "Philharmonia" lui a été spécialement attribué à cette occasion. Il faut mentionner que tous ceux qui participèrent à cette exécution (chef d'orchestre, solistes, musiciens et choeurs) se mirent d'accord pour l'exploitation collective de son enregistrement en disque et en compact. C'est la première initiative de cette sorte en Grèce; celle-ci gagnerait à se renouveler, ce qui permettrait une meilleure connaissance de la musique symphonique contemporaine grecque par le public international.

Theodorakis avait souhaité mettre en valeur les textes de trois poètes athéniens susceptibles de correspondre au prestige intellectuel de l'Université d'Athènes: ESCHYLE, SOPHOCLE et EURIPIDE. Mais, vu que l'exécution des deux premiers mouvements duraient 70 minutes environ, il fut obligé d'écarter la troisième partie qui présentait le choeur d'"Ajax" de Sophocle. Ainsi, dans la 4ème Symphonie, Mikis Theodorakis fait intervenir dans la première partie les choeurs des "Euménides" d'Eschyle et dans la seconde le choeur des "Phéniciennes" d'Euripide. Il s'agit, à chaque fois, de choeurs féminins. Cependant, la nécessité de l'oeuvre fait que Theodorakis a fait également appel à des voix masculines.
>>

Voix de soprano et violoncelle plaintif démarrent cette quatrième symphonie "Chorus Symphony". L'oeuvre est très tourmentée, passionnée, se composant de deux mouvements imposants, le premier de 37 minutes et le second dépassant les 30 minutes. Le violoncelle de D. Hatzigeorgiou étant très présent, un atout émotionnel de belle ampleur. Les choeurs avec les deux voix solistes y dégagent beaucoup de force et de beauté. C'est un plaisir de se laisser envahir par elles, de se laisser submerger par leur pouvoir d'envoûtement. Par moments, j'ai l'impression de traverser davantage un opéra qu'une symphonie. L'effet est saisissant. A un autre moment, c'est quasiment une bribe de concerto pour violoncelle et orchestre. Puissant, grandiose, profondément dramatique, la symphonie déploie ses immenses ailes par-dessus un monde chaotique, mais sans se dépourvoir pour autant d'une certaine énergie génératrice de lutte et d'espoir. J'aime lorsque tout retombe sur la solitude du violoncelle, puis de la soprano M. Drakopoulou. J'aime ce court répit d'un dépouillement apaisé et apaisant, alors que le violoncelle s'est provisoirement tu au profit d'une flûte solo.

__M. Drakopoulou (soprano)
__K. Morfoniou (alto)
__D. Hatzigeorgiou (violoncelle)
__L. Tassopoulou (récitant)

Choeurs & Orchestre: "PHILHARMONIA" d'Athènes, dirigé par Loukas Karytinos
Chef des choeurs: Elli Nikolaidou.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyJeu 8 Aoû - 18:19


Mikis Theodorakis: Symphonie n°7:

La réécoute de sa septième symphonie commence toujours par un même petit frisson provoqué par un motif incisif sur quelques notes, un effet musical saisissant qui la caractérise aussitôt. J'adore ça! Je n'ai jamais oublié ce motif d'introduction car c'est une oeuvre que je connais depuis longtemps, depuis l'époque du 33 tours, et probablement la première symphonie que j'aurai écoutée de Mikis Theodorakis. La Symphonie n°7 possède un formidable souffle épique: elle est puissante, imposante. Hier, je la définissais même de péplumique, curieuse expression mais dont j'en comprends malgré tout le sens: je pense, par exemple, à Ulysses du compositeur italien Alessandro Cicognini avec cette combinaison équilibrée entre modernité et tradition, et je vois un peu la même chose dans la Symphonie n°7 de Theodorakis, même s"il s'agit bien sûr de deux musiques très différentes, l'une "appliquée", l'autre "absolue" et motivée par d'autres inspirations et ambitions. Les choeurs ont toujours cette force et cette beauté que l'on retrouve dans ses autres symphonies vocales, les N°3 & 4 - je ne connais pas encore les N°5 & 6, à savoir si elles ont déjà été jouées et éditées - ? - et d'autres grandes compositions du maître grec, comme Canto Olympico ou Alexis Zorbas, je ne parle pas de ses opéras...Le mouvement ultime développe un chant magnifique, passionné et passionnant, un véritable chant de l'Amour et d'une grande grécité. La Symphonie n°7 se divise en quatre mouvements: le premier, "Spring Symphony", étant le plus long en dépassant les 21 minutes, le second, "The Execution of Athina", étant le plus court, d'une durée qui ne dépasse guère les sept minutes. Le Troisième mouvement "The March of the Ocean" avoisine les quinze minutes et le plus beau de tous, le quatrième et dernier mouvement, "The Lady of the Vineyards", dépasse les onze minutes de pur bonheur: une magnifique mélodie emmenée à son paroxysme dans un chant d'amour suffisamment généreux pour envelopper l'humanité toute entière, sécher les larmes et dessiner des sourires sur tous les visages qui peuplent ce monde et s'arrêteront sûrement pour l'écouter...Bon là je rêve les yeux ouverts mais au moins ça c'est gratuit! Laughing Sur des poèmes de Yannis Ritsos & Yourgos Kouloukis.

Direction: Herbert Kegel.
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyJeu 8 Aoû - 18:23


Mikis Theodorakis: Symphonie n°4:

https://www.youtube.com/watch?v=6hiuLfOIEaM
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyJeu 8 Aoû - 22:06

Manolis Kalomiris: Symphonie n°1 - "Of Manliness" (1920):

Par "The Sophia Philharmonic Orchestra & The National Choir of Bulgaria" sous la direction de Byron Fidetzis.

Dans la première symphonie de Manolis Kalomiris, les choeurs n'interviennent que dans le quatrième et dernier mouvement; "The festival in Honor of Victory". Je me refuse donc de la considérer comme une symphonie chorale mais plutôt comme une symphonie purement orchestrale avec un mouvement choral. J'avais écrit antérieurement que le premier mouvement était emphatique, limite "pompier", qu'il me faisait penser un peu aux musiques qui accompagnaient les grosses productions hollywoodiennes ou italiennes (genre péplums) d'une époque assez reculée, entre, par exemple, un Rozsa et un Cicognini de qualité, et pas seulement l'écriture symphonique, le son aussi. J'ai toujours été un peu réticent, pour ne pas dire réfractaire, à ce que j'associe à cette description: sorte de "symphonique" d'un romantisme fleuve et décomplexé. C'est souvent vrai mais jamais systématique, d'ailleurs j'adore certaines musiques de films de Rozsa et Cicognini, et cette première symphonie de Manolis Kalomiris est loin de me laisser indifférent. C'est une musique qui, bien qu'elle ne me fascinera jamais autant que, par exemple, la seconde symphonie de Theodorakis, est pourvue de chaleur et de passion. En tout cas, c'est ce qui ressort du premier mouvement "Heroically and Passionately" qui est aussi, en durée, le plus conséquent des quatre, dépassant les quinze minutes à lui-seul. Disons que, pour donner une idée d'ensemble, elle se rapproche davantage des courbes romantiquement généreuses d'un Rachmaninov alors que la N°2 de Theodorakis arbore par moments des rythmes barbares qui évoquent un certain Stravinsky, ce qui a toujours été plus jouissif à mon oreille. Question de goût évidemment! Le second mouvement, "The Graveyard on the Moutain Slope", est celui qui m'émeut le plus, par un romantisme plus doux, plus étiré, qui flirte un peu avec l'impressionnisme, finissant par toucher à l'exquis. Plus question de faire la fine bouche. Définitivement conquis, j'oublie temporairement mes styles de prédilection. Avec "Scherzo-Feast", le troisième mouvement, l'oeuvre change d'humeur, entre fantaisie et élégance...comme une danse grecque assez entraînante...Le dernier mouvement, "The festival in Honor of Victory",  je retrouve le caractère massif et l'emphase de "Heroically and Passionately". C'est uniquement dans cette dernière partie que les choeurs entrent en scène: Solennels, intenses et vaillants.

<<La Symphonie de la Levendia (Of Manliness) a été écrite entre l'été 1918 et l'été 1920. C'est sur les montagnes et les plaines de Macédoine que le compositeur a trouvé l'inspiration. Il a voulu rendre musicalement l'émotion qu'il ressentait devant la "Levendia" grecque dans toutes ses expressions: la joie de vivre, la guerre, la danse, l'amour, la mort. Le premier mouvement cherche à exprimer musicalement la force de la jeunesse et la joie de la passion et de la victoire. Le deuxième mouvement (le cimetière sur le versant de la montagne) est écrit sur le poème suivant:

Loin sur le versant de la montagne, les héros dorment profondément
La nuit des oiseaux chantent une amère complainte
Les étoiles sont leurs bougies et la brise froide leur berceuse
Mais au-dessus d'eux la Gloire éternelle tresse une couronne de laurier...
Loin sur le versant de la montagne, les héros dorment profondément.

Le troisième mouvement essaie de donner l'image d'une fête des palicares mais qui exprime aussi leur peine et fatalisme: "Cette terre sur laquelle nous marchons, nous recouvrira un jour". Le quatrième mouvement, "Finale" (Chants de victoire), est basé sur le célèbre hymne byzantin à la Vierge Marie et utilise également le thème héroïque du premier mouvement. Je dédie cette symphonie à Kostis Palamas.
>> Manolis Kalomiris.

Kostís Palamás était un poète grec de tout premier plan, considéré comme le plus important de sa génération. Il fut d'ailleurs proposé pour le Prix Nobel de littérature en 1939. Né à Patras en 1859 et mort à Athènes en 1943. Pour en apprendre plus, cliquer ici
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyVen 9 Aoû - 9:08

connais tu les symphonies de Kurt Atterberg(18876-1974)?
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MessageSujet: Re: Le règne de la symphonie   Le règne de la symphonie - Page 9 EmptyVen 9 Aoû - 17:59

Jean a écrit:
connais tu les symphonies de Kurt Atterberg(18876-1974)?

Je connais Kurt Atterberg seulement de nom...Il me semble qu'il est pas mal édité chez CPO...?...Non, Jean, je ne crois pas avoir écouté une seule de ses symphonies. Malheureusement, plusieurs symphonistes sont dans ce cas: je les connais de nom, vois des cd, mais n'ai toujours pas franchi le pas. Ca viendra! Je suis de nature trop curieuse pour laisser filer, surtout si ici l'éloge en est faite. Wink

Symphonie n°2 "Mésopotamie": FAZIL SAY:

<<Fazil Say tente, dans la construction de la Symphonie "Mésopotamie", de retranscrire l'histoire du Moyen-Orient et de la culture mésopotamienne à travers les âges. Cette région est le berceau de la civilisation sumérienne, de la culture et des croyances assyriennes, mésopotamiennes et Urartu°°. De celles-ci, nous passons à notre époque et aux problèmes contemporains auxquels font face le Moyen-Orient et la Turquie: la question kurde, les guerres sans fin, la terreur. En termes philosophiques, on peut parler d'une "culture de la mort". La région mésopotamienne est reconnue comme étant le berceau de la culture et de l'humanité: tellement de choses qui nous définissent en tant qu'êtres humains y sont nées il y a plusieurs milliers d'années. Dans la Symphonie n°2 de Fazil Say, on retrouve la technique particulière de "l'opéra des instruments". En effet, le compositeur narre la Symphonie elle-même à travers le jeu de deux instruments solo, la flûte basse et la flûte à bec basse. Elles représentent deux enfants, plus précisément deux frères. Ces deux instruments évoquent tout simplement, de manière symbolique, "l'être humain innocent". L'un des deux frères sera tragiquement tué. Le thérémine, en revanche, est "l'Ange" symbolique, le protecteur de la Mésopotamie dans ce drame qui la tourmente. Pour le compositeur, la Symphonie "Mésopotamie" est avant tout un appel à la paix.>>

Je viens de réécouter deux symphonies de Fazil Say: Symphony n°2 "Mesopotamia" et Istanbul Symphony". J'adore la musique de Fazil Say, en adore les couleurs et les rythmes, aussi bien les mouvements lents que les mouvements rapides. C'est bourré d'inventions, de trouvailles, d'éclats, avec des touches moyen-orientales bien définies, jamais artificielles. La N°2 - Mésopotamie se compose de dix extraits pour une durée qui environne les 48 minutes. Elle m'est aussi dépaysante que bouleversante: ses flûtes au début qui créent une ambiance de nature savoureuse, ses passages plus mouvementés qui savent me captiver de la meilleure façon qui soit, ses moments lyriques et doux qui m'attendrissent et ceux, plus épiques, qui me transportent. Chacun des dix mouvements est à mon oreille un instant musical précieux, unique, original, un instant purement poétique qui m'absorbe ou plutôt m'emplit d'un bonheur si bon à prendre par les temps qui courent. Je ne saurais dire mieux de son Istanbul Symphony, si ce n'est que Fazil Say n'hésite pas à insuffler dans sa musique des élans très lyriques et mélodiques avec l'enthousiasme d'un compositeur inspiré du Septième Art. Entre mouvements débordant d'énergie et mouvements plus langoureux et romantiques, la symphonie s'impose comme une formidable peinture vivante. A chaque nouvelle approche, chaque pore de ma peau aspire une savoureuse utilisation du kanone, notamment dans le fascinant sixième mouvement, puis sur une valse sous projecteurs, comme si un certain cinéma sentimental s'était invité dans l'oeuvre de Say.

https://www.youtube.com/watch?v=WQ3Gf9PLUO8
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