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 Concours Reine Elisabeth

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Cyrano

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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Ven 11 Mai - 2:26

Je n'étais pas un peu surpris d'entendre des éloges formidables de la part des experts invités par la présentatrice à la chaïne Canvas Flamande, lesquels étaient complêtement dans les nues au sujet de notre employé de banque! Ils ne tarissaient pas sur la beauté de son chant, sur son talent énorme, la perfection encore à éclore davantage dans l'avenir, bref ils étaient sûrs et certains que cet Ukrainien un jour pas trop éloigné sera un des plus grands du monde!
Par contre, ils n'avaient pas beaucoup de bien bon joli à dire ni de Ao Li ni de la mignonne Sooyeen Lee. Je n'y comprenais plus rien, moi. No
On verra ...
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Ven 11 Mai - 12:11

Les finalistes du deuxième jour :

Rocio PEREZ
Espagnole de 28 ans, soprano.
Elle interprétera :
Bellini – La Somnambule (Anina)
Mozart – La flûte enchantée (Reine de la nuit)
Delibes – Lakmé (rôle titre)

Une soprano colorature que j’ai beaucoup aimée en éliminatoires mais qui, il est vrai, nous a offert des récitals tout en force et sans jamais beaucoup de nuances ou d’interprétation.
En finale, elle nous propose encore un air « forte » et ensuite deux autres où sa virtuosité sera mise à l’épreuve.  L’air des clochettes de Lakmé demande un beau phrasé et un son cristallin alors que jusqu’à présent cette soprano nous a offert des prestations toutes en force … Anina est aussi une douce jeune fille qui n’a rien de la furieuse reine de la nuit.

Eva ZAÏCIK
Française de 31 ans, mezzo-soprano.
Elle interprétera :
Bach – Passion selon saint Matthieu
Moussorgski : air
Purcell – Dido e Aenas (Dido)
Bizet – Carmen (rôle titre) – Près des remparts de Séville
Rossini – L’Italienne à Alger (Isabella)

Ma favorite jusqu’à présent !  La voix est belle et pure, la présence en scène est juste ce qu’il faut et ses choix de récital sont judicieux.  Elle nous propose encore un très beau programme en finale qui balaye un répertoire assez étendu où elle pourra à nouveau nous faire entendre sa grande musicalité.  Une crainte : qu’elle ne dépasse par l’orchestre car elle n’a pas habituée à une si grande phalange puisqu’elle a chanté jusqu’à présent avec des ensembles baroques.  Je croise les doigts et attends sa prestation avec impatience !

Héloïse MAS
Française de 30 ans, mezzo-soprano.
Elle interprétera :
Wagner – Tristan et Yseult (Bragäne)
Gounod – Sapho (Sapho)
Donizetti – La Favorite (Leonora)
Bizet – Carmen (rôle titre) – Air des cartes

Les deux mezzos des finales vont ainsi se succéder en interprétant chacune Carmen !
Cela risque d’être très différent  … ambitieux programme que celui de cette chanteuse mais chaque fois avec des orchestrations très puissantes !  Elle ne m’avait guère charmée en éliminatoires et je ne l’avais d’ailleurs retenue ni en première épreuve ni en demi-finale.  Son chant n’est pas très propre et sa technique aléatoire, tout en manquant de conviction … mais sa critique était bonne.


Alex DeSocio
Américain de 31 ans, baryton
Il interprétera :
Rossini – Le Barbier de Séville (Figaro)
Donizetti – Lucia di Lammermoor (Enrico)
Tchaïkovski – La dame de pique (Eletzky)
Mozart – La flûte enchantée (Papageno)

Elément perturbateur du groupe   .   Avec l’Ukrainien Danylo MATVIIENICO se sont pour moi les deux énigmes des choix du jury … En première épreuve, il a surjoué son Barbier à la puissance 2000 … et il nous le ressert d’entrée en finale !  Son Papageno devrait être dans la même lignée « comique troupier » et je ne vois pas ce qu’il va aller faire dans le bel canto avec Enrico.  A moins qu’il ne nous réserve une surprise mais j’en doute beaucoup !!!
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Ven 11 Mai - 15:32

Aha, je me demandais déjà quand ça allait venir, la Hölle räche... Il va falloir descendre le bouton "treble" de quelques points, à vous entendre, Bel Canto! Une soprano toute en force, qui va se jeter dans la Rage Infernale de la méchante reine... à nos pauvres tympans!  

Pour les deux mezzo, je me fais une fête: j'adore le rôle de Carmen et tous ses arias, surtout quand ils sont chantés avec caractère, sans sentimentalité. Ce n'est vraiment pas pour les chanteuses à la Nana Mouskouri: Carmen, à mes yeux, c'est une femme de tête, féministe avant la lettre, et pas du tout doucereuse.

Je me rends compte que je fais toujours un peu trop attention à l'histoire qu'on chante, et à la façon de l'interprèter, plutôt qu'aux notes avec lesquelles il est chanté.  C'est ce qui fait que mon jugement souvent se révèle fort différent de celui des juges...  J'ai passé des minutes à écouter comme ça -> Shocked , en écoutant les experts -et ils n'étaient vraiment pas des moindres-  hier à la télé, qui se pâmaient sur Matvienko, pendant des minutes...  Si j'avais compris de quoi ils parlaient, je vous rendrais le contenu de leur commentaire; mais c'était comme s'ils parlaient une autre langue, ou bien qu'ils parlaient de quelqu'un d'autre. Il y avait une dame soprano professionelle qui était aussi professeur de chant, et un producteur d'opéras. Ils avaient tout à fait l'air de savoir de quoi ils causaient, mais... bref, yo no comprendía nada!  No

Le dernier baryton, je l'ai manqué pour la demi-finale. Ainsi que la favorite de Bel Canto Eva Zaïck, donc je vais pouvoir me marrer!
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Sam 12 Mai - 13:20

Deuxième soirée de finale, avec du très bon et de l’agaçant …

Rocio PEREZ
Il est vrai que cette soprano respire la joie de vivre et que son engagement est total, à défaut d’être raffiné.  Elle a une grande capacité dans les aigus et finalement, elle démontre qu’elle est capable de belles vocalises également dans les moments plus lents comme dans la Somnambule.  J’espère pour elle malgré tout qu’elle ne se brûlera pas les ailes en commençant trop tôt par des rôles trop murs comme elle en a proposé ce soir.  Personnellement, elle ne me convainc pas totalement : récital assez uniforme, manquant de finesse, de fraîcheur mais bel engagement.

Eva ZAÏCIK      
Un vrai bonheur !!! Programme complet, interprétation en adéquation avec les airs choisis, voix régulière et colorée … oui, c’est et cela reste ma préférée.
Et elle a eu du mérite hier car l’orchestre ne l’a pas du tout soutenu dans le baroque et surtout pour le Bach où la pauvre a dû manœuvrer entre les couacs des instruments !  Or c’est son « fonds de commerce » à cette mezzo qui est effectivement plus à l’aise dans ce répertoire que dans Carmen qu’elle aborde malgré tout avec beaucoup de professionnalisme.  Elle termine avec une subtile Isabella de l’Italienne à Alger prouvant qu’elle peut aborder de nombreux répertoires.
A noter : sa superbe robe noire et une posture très juste sur scène.

Héloïse MAS
Voilà une énigme pour moi … son programme d’abord : pourquoi commencer par un Wagner assez insignifiant ?  Elle l’aurait placé entre deux airs pour reprendre souffle d’accord mais en entrée de programme,cela pas vraiment de sens.  Surtout qu’après elle s’attaque à du lourd (trop lourd ?).
Elle possède une voix puissante mais pas toujours maîtrisée et son manque de style, s’il peut se rattraper, est vraiment nécessaire.  Mais comme disait Anne-Catherine hier, pour la basse Ao Li : 30 ans pour une voix basse, mais c’est un bébé !  Hehe   Son meilleur air, pour moi, est sa ‘Favorite’ de Donizetti , bien investie et très juste, même si ce rôle est un peu trop tôt pour elle.  Mais aussi, puisqu’il existe une version française, pourquoi ne pas la chanter dans sa langue maternelle ?  Sa Carmen reste trop en périphérie, surtout dans cet air des cartes où elle pressent sa mort prochaine mais l’affronte avec force et sarcasmes. Dans Sapho, elle retrouve un très beau lyrisme que sa voix chaude et profonde peut servir au mieux

Alex DeSocio
Comme hier, la soirée se termine péniblement avec un Américain cabotin et en plein naufrage dans Donizetti … enfin pour moi car j’ai lu beaucoup d’éloges à son sujet.  No comprendo.  Rolling Eyes
Son Barbier d’entrée est semblable à celui des éliminatoires : surjoué et mal chanté car il s’essouffle dans une mise en scène inutile et vulgaire.  Son Tchaïkovski est plus en retenue et ce répertoire lui sied beaucoup mieux.  Totalement égaré dans l’Enrico de Lucia : couvert par l’orchestre, fausses notes, voix sans couleur … on sent qu’il perd pied et ne maîtrise plus rien.  Son Papageno lui rendra des couleurs mais il a perdu l’énergie et termine difficilement.  Très bon accueil du public ; je suppose qu’avec lui, je dois encore m’attendre à une grosse déception lors de la proclamation des lauréats !

Mon classement après deux journées :
Eva Zaïcik – Enrique Alcantara – Héloïse Mas – ex-æquo Ao Li et Rocio Perez.
Devraient encore s’intercaler à mon avis dans ce classement : Charlotte Wajnberg et Samuel Hasselhorn.
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Sam 12 Mai - 13:26

On sait que les années édulcorent les souvenirs mais j’ai connu 4 finales du Concours chant et je trouve que jusqu’à présent celle-ci est assez décevante en comparaison des autres.
Je suis aussi étonnée du changement de public : plus convaincu par les décibels et les effets faciles que par la qualité et l’investissement, fussent-il plus discret en gestes. Enfin c’est surtout vrai pour Bozar, très différent de Flagey où pendant les pauses on partage ses impressions plutôt que les derniers potins à la mode. J’ai rencontré des personnes à Flagey qui m’ont dit ne suivre le concours que dans ces murs et ne pas aller à Bozar vu le climat ! J’approuve totalement …
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Sam 12 Mai - 14:07

Les finalistes du troisième jour :

Yuriy HADZETSKYY
Ukrainien de 26 ans, baryton
Il interprétera :
Rossini – Le Barbier de Séville (Figaro)
Ravel – chanson de Don Quichotte à sa Dulcinée
Korngold – Die tote Stadt (Frank)
Mozart – Les Noces de Figaro (Conte)

Le cadet des finales et forcément le moins expérimenté.  Un peu étonnée de le retrouver en finale, même si son bel engagement, même un peu débridé, m’avait assez bien séduite lors de l’épreuve précédente.  C’est un baryton à la belle voix chaude et envoutante mais dont le manque de technique devrait perturber le programme choisi.  Sympathique candidat à qui je souhaite le meilleur.

Charlotte WAJNBERG
Belge de 28 ans, soprano
Elle interprétera :
Haendel : Semele (rôle titre)
Bellini : I Capulieti et I Montecchi (Guiletta)
Mahler : lieder
Poulenc : Les Mamelles de Tirésisas (Thérèse)

La bonne élève de la classe.  A défaut d’être passionnante, la soprano belge est d’une régularité exemplaire grâce à une voix bien placée et très bonne technique.  Elle peut aborder facilement plusieurs répertoires différents, soulignant à chaque fois les particularités de chacun (ce qui est loin d’être le cas, de nombreux candidats abordant différents compositeurs avec la même approche).
Je suis heureuse qu’elle nous propose à nouveau « Non, monsieur mon mari » de Poulenc : je n’avais pas vraiment apprécié son style dans cet air sarcastique – je vais réécouter cela avec intérêt.  J’espère vraiment que cette soprano fera partie des lauréats mais le passage avec orchestre est parfois difficile et, suite à la soirée d’hier, je crains son accompagnement chez Haendel.

Samuel HASSELHORN
Allemand de 28 ans, baryton
Il interprétera :
Mahler : lieder
Mendelssohn : lieder
Verdi : Don Carlos (Rodrigo)

Un baryton avec déjà beaucoup de talents pour son jeune âge : voix profonde et déjà bien stable, autorité, prononciation distincte … que lui reprocher donc ?  Sa grande prudence peut-être , à moins que ce soit sagesse car il est vrai certains candidats se sont égarés dans des répertoires ne leur convenant pas (encore).  En demi-finale, l’Allemand n’a chanté que des airs de concert et dans sa langue.  Son programme de finale me semble encore une fois un peu court et prudent si ce n’est  l’air de la mort de Posa qu’il va interpréter dans la langue originale de composition, le Français.  Là je l’attends de pied ferme car c’est mon air de préférence …

Marianne Croux
Belge de 27 ans, soprano
Elle interprétera :
Mozart : Idoménée (Ilia)
Berg : lieder
Puccini : La Bohème (Musetta)
Stravinsky : The Rake Progress (Anne)

Le programme se terminera donc avec une belgo-française, ayant étudié à Namur (IMEP).
Sans grande séduction, cette soprano est assez régulière et doit être la seule à avoir proposé au jury un répertoire différent pour chaque section du concours.  

Parmi ces quatre derniers candidats, s’ils poursuivent sur leurs premières prestations, Samuel Hasselhorn et Charlotte Wajnberg devraient émerger.
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Sam 12 Mai - 18:13

Décidément, hier, à part l'Américain aux cheveux plats et comme mal lavés, c'était la soirée des belles femmes aux robes magnifiques. Plus question d'enbonpoint excessif, de loques bizarres pendantes autour du corps comme s'il n'y avait pas eu ni le temps ni les sous pour se procurer un habit convenable (quelquefois, au début, on se disait qu'un deux-pièces eut été mieux que ce qu'ells portaient...)
Eh bien non, cette fois-ci, les yeux n'avaient pas à se pleindre.
Par contre, les tympans... mais c'était moins terrible que Bel Canto nous avait prédit. En robe flamenco couleur mocca, La petite Espagnole ouvrait très grande sa belle bouche et produisait des sons à faire craquer les verres, mais je trouvais que c'était plutôt supportable. La Hölle Räche, une fois, c'est bien.
Et surtout, notre chaîne Canvas nous avait préparé un cadeau: si on tapait 888, en Télétext, apparaissaient des sous-titres! Je vous jure, mesdames, si on sait ce que les chanteurs chantent, même si on savait déjà, eh bien, tout paraît plus approprié... Surtout dans les pièces dont je ne connaissait pas les mots par coeur, c'était tout à fait meilleur à déguster. On faisait moins focus sur les notes (dont de toute façon ce n'est pas moi l'expert, du moins pas très) et davantage encore sur le total. L'histoire du dieu Vishnu et de la petite paria était charmante, mais en effet, un peu plus doucement, disons à la Seejhuong Lee, c'eut été bien plus agréable.
Donc, Rocio n'était pas si mauvaise que ça, j'en ai déjà entendu des bien pires. Mais pas pour en monter aux nues. Il va falloir que quelqu'un lui dise une fois le principe du Zen Japonais: moins, c'est plus!

Passons à mademoiselle Eva Zaïck, robe ébouissante couleur indigo, qui chantait énormement bien, voix douce caressant les oreilles au lieu de les metter à l'épreuve, présentant bien les airs tristes et gais, bref, madame Bel Canto nous avait préparés à nous attendre à un régal, et Eva s'est mise à la hauteur.
Grâce aux sous-titres, j'ai découvert que la chanson nommée "Lullaby" par Moussorgski c'était une sorte d'homologue d'Erlkönig: Il s'agissait ici d'une maman qui essaye désespérément, et en vain, d'empêcher La Mort de venir lui arracher son bébé mourant. Pas drôle comme sujet, mais apparemment populaire chez les écrivains de texte lyriques du 19ième siècle. Il est vrai que les enfants mouraient comme des mouches, après tout, à cette époque; donc, je suppose que la plupart des gens savaient de quoi il s'agissait bien mieux que les gens d'au jour d'hui, Dieu merci...
Bref, Eva, pour moi, elle était épatante, et si elle gagne, je serai content.

En passant à la suivante, encore une beauté!  Elle portait une robe rouge très rouge mais qui lui allait à merveille,  s'harmonisait à son teint et ses cheveux bruns fonçés. Elle chantait fort bien, moi qui ne m'y connais rien je trouvais ça très beau et j'était content de l'entendre (grâce aux sous-titres) raconter la souffrance de Sapho, et en suivant le texte, à la fin je voyais prèsque l'abîme dans lequel Sapho allait se précipiter, la lyre à la main. Et après la philosophie fataliste de Carmen qui lit des choses dans les cartes qu'ell n'aime pas y lire, mais dans lesquelles elle se résigne: Ceux qui vont mourir, ils ont beau mélanger les cartes mille fois, celles-ci ne mentant jamais, elles annonceront mille fois la Mort. Si elle a manqué des notes, je n'en sais rien (c'est commode, des fois, d'être nul Embarassed ).

Et le suivant? Eh bien, rappelez-vous comme j'étais impressionné par le talent de clown de monsieur Ao Li? Eh bien, après avoir "admiré" le clown Américain j'aime encore davantage Ao Li. Celui-ci, il est peut-être à sa place dans une comédie sotte de la télévision Américaine, mais vraiment pas dans le bel canto. Trop, c'est trop! Et à plus forte raison, beaucoup trop c'est encore pire...    
Et vous savez quoi? Moi qui ne fais que répéter que je ne m'y connais pas un mètre, eh bien, cette fois-ci, je l'ai entendu. A la fin du Donizetti, c'est tout juste s'il a réussi de tenir jusqu'au bout. Le dernier ton n'est presque pas sorti de lui, il ne lui restait plus rien, ni de force ni de souffle.
Le frère meurtrier Enrico    (qui fait penser, aujourd'hui, aux frères  Islamiques fondamentalistes prèts à tuer leur soeurs plutôt que de les permettre à abîmer 'l'honneur de la famille", ce qui nous montre bien qu'il ne s'agit point là d'un atavisme de l'Islam exécrable mais que notre civilisation, il n'y a pas si longtemps, ne valait guère mieux... soit dit entre parenthèses...) n'avait rien de cette terrifiante fureur tout aussi digne d'être appellée Hölle Räche, il était figé. Et le mari tourmenté de Tchaikovsky aussi.
Papageno, lui, montrait de nouveau le guignol ridicule et exagéré.

Le tapage du public à tous les moments impropices m'a frappé aussi. Mais cela n'est pas la première fois: je pense que lors de la finale du concours Elisabeth, il y a toujours la même bande de fanatiques pas nécessairement experte en musique (encore moins que moi) qui remplit les fauteuils. Je les ai vus et entendu se conduire en "hooligans" durant d'autres finales. Je croix que ce sont toujours les mêmes, et qu'ils se croient à un match de foot. C'est tout juste qu'ils ne se mettent à jeter des pétards et des canettes de bière vides...

Monsieur Laurent avait toujours l'air triste. Sa petite fille s'amusait, elle.
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Dim 13 Mai - 2:17

Rapidement en quelques traits la soirée :
Le jeune baryton ukrainien Yuriy HADZETSKYY est bien sympathique mais devra encore attendre un peu avant de jouer dans la cour des grands, par contre son air extrait de Korngold était une merveille de romantisme, soutenu par sa superbe voix cuivrée. Pour le reste, il devra améliorer sa technique s'il veut chanter Mozart ou Rossini.
Déception pour la Belge, Charlotte WAJNBERG, dont la voix sans grand volume va à chaque chant être dépassée par l'orchestre.  Je pense que le trac aura joué un mauvais tour à cette très belle technicienne, très régulière depuis le début du concours.
L'Allemand Samuel HASSELHORN par contre, confirme son statut de favori et nous offre en entrée un superbe Malher, suivi d'un remarquable Mendelssohn où sa belle voix de baryton fait mouche.  Personnellement son Posa, même s'il était très bien chanté, ne m'a pas vraiment émue.
La Belge Marianne Marianne CROUX clôture la compétition et c'est à nouveau la surprise : elle nous offre un très beau récital, avec sa belle voix puissante de soprano lyrique. C'est sans doute la seule qui aura progressé avec l'orchestre, là où beaucoup ont eu du mal à passer du piano au grand orchestre.

Mon classement : Zaïcik, Hasselhorn, Croux, Mas, Alcantara, Perez
Le classement du jury : Hasselhorn, Zaïcik, Li, Perez, Mas, Croux

Cinq dans le désordre, ce n'est pas trop mal mais je suis déçue pour la Française qui pour moi méritait la première place au vu de la complexité du programme présenté ; l'Allemand a joué la sûreté en sortant très peu de sa langue maternelle et de son domaine de prédilection.  Étonnée aussi de la troisième place de Li même s'il méritait sans doute d'être lauréat mais pas dans le trio de tête, après une prestation en finale pas très nette.  Très contente pour Marianne Croux qui est passée par l'IMEP de Namur comme Jodie Devos ... un petit pied de nez sympathique à la très courue Chapelle Musicale Reine Elisabeth qui malgré les six candidats sélectionnés n'en placera aucun en finale .  

Je reste un peu sur ma fin avec ce concours ... le changement de règlement avec une diminution des difficultés en est peut-être la raison.
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Dim 13 Mai - 2:24

Marianne Croux remporte le prix du public Musiq‘3 et Charlotte Wajnberg remporte le prix du public Canvas-Klara.

Bien contente pour Charlotte Wajnberg, elle le mérite car je suis certaine que sa petite méforme de ce soir ne sera que passagère : elle a une très belle voix, une technique formidable et beaucoup de charme ; elle fera très certainement une belle carrière !

Nouvelles félicitations à Marianne Croux !
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Cyrano

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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Dim 13 Mai - 15:42

La pauvre Charlotte, on nous a informé qu'ell était malade. Donc en effet, la méforme sera passagère, dès que le virus l'aura quitté. Tant mieux!
Moi aussi j'ai entendu que sa voix était un peu faible, surtout en la comparant à Marianne Croux, laquelle était en pleine forme. Je trouve surtout que malgré ses qualités de technicienne, dont je ne saurais juger, et la superiorité côté 'grand tapage' de Rocio Perez, Charlotte ne manquera nullement sa carrière, et son papa qui est musicien dans l'orchestre aura toutes les occasions d'être fier: Charlotte, elle, avec "non, monsieur mon mari" m'a encore convaincu de son talent de comédienne. Elle a les mimiques tout à fait amusantes! Very Happy Comme j'apprécie particulièrement le talent d'acteur chez les chanteurs, et que les metteurs en scène des maisons d'opéra soient généralement d'accord avec moi, tous les rôles de buffa l'attendent impatiemment.
Je suis très content pour Eva, Héloïse et Ao Li. Désolé pour Soojeon Lee que j'ai aimé dès le premier instant.
Je me résigne pour Samuel, qui ne maîtrise décidément que l'Allemand (lorsque la présentatrice de Canvas l'a interviewé, il répondait dans un Anglais exécrable, et les trois phrases de Français extraits de Don Carlos n'ont sûrement ni rendu l'Espagne heureuse, ni sauvé la Flandre... ); mais j'accepte qu'il doit être très bien si vous le dites, Bel Canto. Moi je ne peux admirer que sa belle mine et son costume magnifique. Je suppose que les gens du jury ont écouté les notes et n'y ont rien trouvé de pas bien, et qu'il leur a fait penser à une version jeune du grand Heinrich Fisher-Dieskau. Tant pis.
Yuriy Hadzetsky, lui, je ne l'avais pas encore entendu. Il est vrai qu'il n'était pas comparable aux meilleurs, mais quand-même, je pense qu'avec ce gentil minois et une voix si belle, à cet âge printanier, il lui attend aussi un excellent avenir.
Il en est de même de tous les autres, d'ailleurs, même du clown Desocio qui a vraiment, mais vraiment besoin d'aller passer chez le coiffeur! Si vous avez des cheveux comme German Alcantara, okay: laissez-les pousser aussi longs que possible! Et les boucles rousses du Celte Canadien Ian quelque chose, vous savez bien, ceux-là je ne les vouerais jamais aux ciseaux non plus. Mais un chanteur d'opéra se doit d'être beau, et si vous ne savez pas juger vous-même, vous n'avez qu'à demander à quelqu'un d'autre. De toute façon, celui-là, tant qu'il ne perdra au moins la moitié de ses pitreries, il ne sera jamais un grand chanteur. Ca détourne trop l'attention.

Papy Van Dam s'est laissé pousser une petite barbe blanche... ça lui va très bien!  Je n'ai d'ailleurs encore jamais entendu une voix qui était comparable à la sienne, d'ailleurs, dans toute l'histoire du Concours Elisabeth pour chant, si ce n'est peut-être celle de Stephen Salters. Il faut vraiment avoir une voix qui fait penser que Dieu le Père vient de descendre sur Terre et s'est mis à chanter, pour égaler José Van Dam.

Et le petit Gabriel s'ennuyait à mourir, à en juger son air maussade, le pauvre... Sleep  Je parie q'il préfère le rap, lui!
Moi par contre, je me suis fort amusé les derniers jours. Pas vous?


Dernière édition par Cyrano le Dim 13 Mai - 15:44, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Dim 13 Mai - 15:43

Bel Canto a écrit:
Je reste un peu sur ma fin avec ce concours ...

J'aurais plutôt écrit "sur ma faim", mais serait-ce la fin de ce concours qui t'a laissée sur ta faim?... Very Happy
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Dim 13 Mai - 16:08

Icare a écrit:
Bel Canto a écrit:
Je reste un peu sur ma fin avec ce concours ...

J'aurais plutôt écrit "sur ma faim", mais serait-ce la fin de ce concours qui t'a laissée sur ta faim?... Very Happy
Ptdr
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Jean

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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mar 15 Mai - 17:28

Je ne voudrais pas marcher sur tes plates bandes Bel Canto... Embarassed Wink ....mais je ne résiste pas pas à vous proposer cette video de Samuel Hasselhorn dans le célèbre lied de Schubert "Erlkönig" (Le roi des Aulnes) dans sa version orchestrée (par Max Reger...à moins qu'il en existe une autre ??):

Quelle belle voix de baryton...avec de beaux graves aussi!



https://www.youtube.com/watch?v=-iQg7FrpEAA
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Cyrano

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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mar 15 Mai - 18:09

Et quelle belle veste!  

Entre parenthèses, des aulnes, ce sont des arbres! Ce dont Schubert parle, ce sont des elfes.
Les arbres, ça ne représente aucun danger pour les enfants malades. Les elfes, par contre...  
A moins qu'il y ait une tradition en Français que j'ignore, d'appeler les elfes des aulnes quelque part? Je n'ai jamais entendu ça. Vous êtes sûr?

Pour ce qui est de Samuel, ses qualités vocales ne sont mises en doute par personne, je pense. Sûrement pas par moi. Je n'avais de points d'interrogation qu'au sujet de son manque de polyglottisme. J'ai entendu un des experts interviewés dire: "ça ne devrait pas être permis. Ce n'est pas dans l'objectif de ce concours, qui vise à trouver non seulement le meilleur chanteur, mais aussi le plus polyvalent... Avant que le règlement ne soit changé, au début, il eut été disqualifié tout de suite, dès la demi-finale." Peut-être que celui-là avait assisté au concours à l'époque où ça n'était pas permis, et se sentait-il un peu aigre?

On lui a demandé après son tour de finale, à Samuel, pourquoi il ne chantait que de l'Allemand, et il a dit: "je trouve qu'on doit faire ce qu'on sait faire le mieux, et non pas essayer des choses difficiles."
Il disait ça dans un Anglais très très mauvais.
Alors, il nous reste à admirer sa belle voix en Allemand, et ne rien désirer d'autre...
Pour ce qui est de ses qualités musicales, je ne fais pas partie du jury.
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Jean

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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mar 15 Mai - 20:40

Schubert ne parle de rien...il a seulement mis en musique un poème de Johann Wolfgang Goethe Wink , poème qu'il (Goethe) a intitulé "Erlkönig"....
Je suis sans doute encore moins polyglotte que Samuel à la belle veste (n'ayant guère pratiqué..il ne reste pas grand chose de l'Italien...et encore moins du latin et grec ancien Wink Embarassed  )...
Alors j'ignore si c'est "la tradition française"- et même suisse de langue française!- : pour le coup unanimement implantée  ,car depuis plus de 40 ans que je connais ce lied, que j'en ai sans doute une dizaine de versions, et assez souvent lu des commentaires  , je l'ai toujours vu cité en français " Le Roi des Aulnes"....J'ignorais que la "tradition belges" le traduisait "Le Roi des Elfes"! Wink
Quoiqu'il en soit ce poème, dont j'ai évidemment plusieurs traductions, n' évoque aucunement  ni des elfes, ni des aulnes....Mais uniquement un personnage "mythique" ou d'un "autre monde" appelé "Erlkönig" qui dans le poème représente en fait la mort qui tente de séduire un enfant qui chevauche dans les bras de son père....Le père tente de rassurer son enfant lui disant que les filles du "Erlkönig" qu'il voit ne sont en fait que des saules au reflet gris...Quand ils arrivent chez eux...le père constate que l'enfant est mort dans ses bras!

Je n'ai en aucune façon tenté de persuader quiconque que Samuel avait une belle voix... Wink On a la droit de n'y être pas sensible et en préférer d'autres , même s' il semble avoir beaucoup d'atouts de ce coté!...

Quant aux qualités ou l' absence de qualités polyglottes, elles sont comme pout tous les chanteurs, même ayant atteint le statut de stars internationales, elles sont très...variables!
De nombreux "grands chanteurs" apprennent phonétiquement un texte, voire un opéra entier, sans en parler , même sommairement la langue...Et notre Samuel n'a que 27 ans Wink


PS en fait il y a au moins deux orchestrations de ce lied; l'une de Berlioz, l'autre de Reger...j'ignore laquel est enregistrée sur la video
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Cyrano

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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mar 15 Mai - 22:28

Pour ce qui est de Erlkönig", je sais parfaitement que ce n'est pas Schubert qui l'ait écrit mais Goethe, et je connais le texte du poème par coeur dans 2 langues. (Néerlandais et Allemand)
Dans le dictionnaire Allemand-Français (ou n'importe quelle autre langue), "erlkönig" pourtant, ne se traduit pas roi des aulnes mais roi des elfes. C'est pas moi qui l'ai inventé. Erl, sans -e final, ça veut dire elfe.  C'est dans le dictionnaire. Elfe aussi existe en Allemand, d'ailleurs, et signifie elfe également.
Par contre, "aulne", l'arbre, donc, ça se dit die Erle, avec -e final. L'elfe, lui, il est "der", pas "die".
Donc, aparemment, en Français, on a confondu erl avec erle. Mais ce sont deux mots différents. Ce ne sont pas des homonymes, ils se prononçent différemment et ont un genre différent.
Aussi est-il qu'un erlkönig, ce n'est pas un personnage inexistant ou symbolique mais le véritable roi des Elfes, le même qui figure dans la pièce de Shakespeare "Midsummer night's dream" sous le nom d'Obéron.  Ce peuple mythique est bien connu de quasiment toutes les cultures Europénnes et sûrement des Allemands. Dans le poème de Goethe, l'enfant fièvreux voit des elfes dans son délire, puisqu'à l'époque de Goethe l'on racontait des histoires d'elfes, de fées et de lutins aux enfants, tout comme aujourd'hui on leur raconte des histoires de Pokémon ou de Schtroumphs.
En tout cas, c'est ainsi que m'a expliqué mon maître de musique à l'école. Il est possible qu'il y ait plusieures interprétations de ce poème.
Moi, je n'avais aucune idée qu'en Français on disait "le roi des Aulnes". Je trouve ça bizarre, je n'y peux rien. Le roi des arbres? Il faut dire qu'en Néerlandais comme en Anglais, nous disons toujours tout simplement "Erlkönig", nous ne traduisons pas. C'est probablement pour cela que j'ignorais jusque maintenant qu'en Français on disait aulne au lieu de dire elfe, lequel est un mot tout à fait connu en Français pourtant, qui se trouve dans tous les dictionnaires.
Enfin, peu importe. Mystère linguistique.

Pour ce qui est du manque de polyglottisme de Samuel Hasselhoff, ce n'est pas moi non plus qui lui en veuille. Il y a des gens doués pour les langues et des gens pas. Ce sont les experts qu'on interviewe à la télé qui laissent entendre leur critiques, et moi j'ai répété assez souvent, je le pense, durant les dernières semaines, que je ne m'y connais pas assez en musique pour me compter parmi eux. Il n'y a aucun crime à ne savoir parler bien que sa langue. Tant que cela ne l'empêche pas dans sa carrière, tout va bien. Heureusement qu'il y a des tonnes de belle musique à chanter en Allemand à disposition, pourvu qu'on sache chanter.

Et de cela, je suis sûr que nous sommes d'accord!
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Jean

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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mar 15 Mai - 22:43

certes en France on connaît aussi les Elfes...et il existe un conte "Le roi des Elfes":

https://www.google.fr/search?source=hp&ei=kUT7WvjbAanjsAfRz5roCA&q=le+roi+des+elfes&oq=le+roi+des+elf&gs_l=psy-ab.1.0.0l4j0i22i30k1l6.1707.10956.0.14606.14.14.0.0.0.0.155.1936.0j14.14.0..2..0...1.1.64.psy-ab..0.14.1923...0i131k1j0i10k1.0.MZVEPZwx0ZA

qui n'a rien à voir, semble t'il,  avec le poème de Goethe "Erlkönig":


https://www.google.fr/search?ei=oET7WsCIGsW2kwX7wbKgDw&q=le+roi+des+aulnes&oq=le+roi+des+aunes&gs_l=psy-ab.1.0.0i10k1j0i22i30k1l9.196942.198517.0.201713.6.6.0.0.0.0.260.970.0j5j1.6.0....0...1.1.64.psy-ab..0.6.965...0j0i67k1.0.83fTTNR8Yq8

Ce n'est pas non plus moi qui l'ai inventé Wink ...Je sais que sur internet on ne trouve pas que des ...exactitudes....Mais à ce point là!!!...
Et on trouve même en France d'excellents Polyglottes  ou traducteurs Wink

voici d'ailleurs une traduction et explication qui nous mettra d'accord..:

https://www.lexilogos.com/allemand_goethe.htm
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Cyrano

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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mar 15 Mai - 22:58

En effet
C'était qui encore qui chantait: "C'est le dernier qui a parlé qui a raison de toute façon"? Une très jolie fille.
Mais ça, c'était un autre concours...
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mer 16 Mai - 10:17

Samuel Hasselhorn a une très belle voix de baryton, pas vraiment puissante notamment avec orchestre mais qui s'impose à vous comme si c'était très naturel.
Quant à son choix de programme, c'est très intelligent et d'autres qui se sont égarés dans des répertoires non appropriés auraient bien fait de s'en inspirer.  
Lors de la création du concours, les candidats devaient présenter des épreuves en lied, oratorio et opéra ... le règlement c'est assoupli depuis, jusqu'à autoriser des récitals "mono-cépage" : on peut le regretter mais c'est ainsi.
Ce que moi je regrette, c'est que cela rend la tâche des chanteurs du répertoire baroque plus difficile : j'ai lu un commentaire regrettant l'utilisation du seul piano en éliminatoires, suggérant la présence d'un clavecin pour certaines oeuvres.  Clavecin il y avait bien en finale mais le "gros" orchestre, pas très rompu au baroque, a vraiment desservi les rares candidats osant se lancer dans ce répertoire ... qui est le leur pour certains comme Eva Zaïcik !
Quand on avait l'ancien règlement, les candidats se présentaient avec un orchestre de chambre pour l'oratorio, le piano pour le lied et l'orchestre symphonique pour l'opéra, c'était nettement mieux.
Autre point qui me chagrine est la "popularisation" du public de finales ... c'est très présomptueux de parler ainsi mais force est de constater que seuls les décibels comptent ainsi qu'un répertoire "connu" !
Je l'ai encore constaté hier à Liège où je suis allée écouter "La Donna del Lago", opéra assez peu connu de Rossini et qui est opéra d'une grande complexité sans véritable intrigue.  C'était superbement chanté mais le public a eu beaucoup de mal à s'y retrouver, une dame disant à la sortie : "c'était quand même un peu long tous ces temps à chanter ..." - c'est quand même un peu le principe de l'opéra ! Hehe Mais à force de donner au public 'Traviata'  'Aida' ou 'Carmen' en boucle, il n'arrive plus à goûter les petites merveilles comme 'Donna'. Crying or Very sad

PS : on en marche jamais sur mes plates-bandes quand on parle d'opéra ! au contraire, je suis très contente de pouvoir partager la-dessus ... Mains
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mer 16 Mai - 10:42

Une belle analyse post-épreuve chez Crescendo : http://www.crescendo-magazine.be/un-apres-concours/
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mer 16 Mai - 16:48

Je vous suis complêtement. Le clavecin, je l'ai vu mais je ne l'ai pas entendu, mais alors pas du tout. D'abord, d'ailleurs j'ai cru que c'était un orgue, tellement que je n'entendais pas le son qu'il produisait. C'eut pu être un clavier de clocher de beffroi que je ne l'aurais pas su, perdu comme il était au milieu du fracas de ce grand orchestre...
En effet, pour accompagner les oratoria, surtout Bach, un clavecin eut été bien mieux que ce gigantesque piano à queue qui des fois déjà lors de la demi-finale submergeait la voix. Bach ou Haendel avec un piano tonnant comme Jupiter, c'est vraiment un anachronisme. Et ce n'est pas qu'un clavecin serait impossible à trouver, pour ce concours! Ils sont tout aussi disponibles que les pianos.

Il y a encore pas mal d'améliorations à faire à cette version du concours: ce n'est pas tout de choisir la voix humaine comme "instrument de l'année", entre le piano, le violon et le violoncelle; il y a d'autres adaptations à faire, puisque la musique pour la voix est tellement plus diversifiée, ayant changée aux cours des siècles, au temps où il n'y avaient pas les instruments d'accompagnements d'au jour d'hui... Que ferait un chanteur par exemple qui se serait spécialisé dans les solo de la musique polyfonique disons de Palestrina ou d'Orlando di Lasso? Vous vous imaginez un orchestre symfonique là-derrière?
De la manière comme c'est à présent, on est presque obligé de chanter toujours la même chose, la hölle räche pour les filles, le Nessun dorma pour les tenors et Figaro si, Figaro là pour les barytons.
Cet accompagnement obligatoirement égal pour tous ne s'applique pas vraiment pour la voix. On chante depuis la nuit des temps: il y a de la musique chantée qui date du début du Moyen Age. La musique de piano ou de violon, forcément ne date que dès l'instant où cet instrument a été bâti.

Mais puisque c'est comme ça maintenant, on n'a qu'à se résigner, puisqu'on n'a pas le choix, je suppose.


Dernière édition par Cyrano le Jeu 17 Mai - 1:39, édité 1 fois
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laudec

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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mer 16 Mai - 21:16

Grâce à Bel Canto j'ai eu l'occasion d'assister à la finale du Concours, merci Bel Canto Kiss , une première pour moi,toute une ambiance bien particulière avec la présence de la reine, accompagnée de ses petits princes, puis le jury et la scène grandiose il me semble pour quelqu'un qui vient juste avec sa voix et face à un orchestre impressionnant (de la Monnaie). Je n'émettrai aucun jugement, je n'ai aucune expérience en la matière, mais je suis heureuse d'avoir pu vivre ce moment musical si intense, d'avoir entendu ces voix et cette musique en "live", c'est incomparable bien-entendu
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mer 16 Mai - 21:23

Très heureuse que nous ayons pu nous revoir à cette occasion ! Kiss
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mar 22 Mai - 0:18

un entretient très passionnant de Samuel Hasselhorne pour le site "resmusica"::
désolé j'aurai préféré vous mettre le lien pour aller le consulter...mais impossible de la copier!! Embarassed

e 17 mai 2018 par Emilie Vanderhulst

Artistes, Chanteurs, Entretiens


Le jeune baryton de 27 ans vient de remporter le Premier Prix du concours Reine Élisabeth 2018 avec des programmes d’une densité extraordinaire. Formé au Conservatoire de Hanovre et au CNSMD de Paris, déjà récompensé à de nombreuses reprises, Samuel Hasselhorn propose un chant très musical et riche de nuances. Sa carrière est déjà en pleine ascension, avec de nombreuses représentations et un premier disque « Nachtblicke », il excelle dans le lied et la mélodie mais il pourrait également chanter davantage d’opéra à l’avenir.
« En Belgique, presque tout le monde suit le Reine Élisabeth. »
ResMusica : Comment vous portez-vous après cette édition du concours Reine Élisabeth (CMIREB) et l’obtention de ce premier Prix ?

Samuel Hasselhorn : Cela fait une étrange impression car quelqu’un m’a reconnu après la demi-finale alors que je me rendais aux répétitions. Il y a eu cette dame qui m’a félicité ; j’ai cru qu’elle s’adressait à quelqu’un d’autre mais elle a ajouté : « c’est bien, c’est bien, félicitations ». C’est alors que j’ai réalisé que les gens suivaient assidûment le concours Reine Élisabeth. Nous n’avons pas en Allemagne de concours entièrement retransmis à la télévision. C’est vraiment incroyable ! Je n’avais jamais expérimenté cela auparavant. C’est très agréable mais c’est quelque chose de nouveau pour moi.
RM : C’est un événement très suivi en Belgique, vous ne le saviez pas ?

SH : Si, si, je le savais parce que j’ai un très bon ami qui sera l’un des pianistes officiels pour la session violon du CMIREB 2019. Il m’a expliqué que même les chauffeurs de taxi s’informent sur le Reine Élisabeth. Il m’a dit que c’était un événement important. C’est fou parce qu’en Belgique, presque tout le monde suit le Reine Élisabeth. Je connaissais la BBC Cardiff Singer of the World Competition également retransmise à la télévision, mais je ne connaissais rien de tel. Nous n’avons pas un tel concours en Allemagne.
RM : C’est étrange car vous avez un environnement très favorable à la musique classique en Allemagne...

SH : Oui, c’est vrai, mais il y a beaucoup de petites compétitions. L’une des plus grandes compétitions que j’ai remportée est Das Lied International Song Competition avec Thomas Quastoff *. La BBC était venue tourner un documentaire sur lui et sur la compétition. Mais ici, c’est bien plus important. Même lorsque l’on est arrivés à la première épreuve, la salle était pleine. Dans les autres compétitions, il y a le jury, parfois quelques autres personnes, habituellement les familles d’accueil, et c’est tout. Soit une dizaine de personnes. J’ai des amis qui souhaitaient venir pour la première épreuve et n’ont pas pu se procurer de ticket car c’était déjà complet, c’est fou !
Du coup, c’est comme un concert. Vous chantez pour la salle entière et vous oubliez qu’un jury est assis devant vous. Et si, malheureusement, le jury n’aime pas ce que vous chantez, peut-être que le public, lui, peut apprécier.
RM : Vous avez déjà été récompensé dans de nombreux concours internationaux. Pourquoi vous êtes-vous présenté au Reine Élisabeth ?

SH : Il y a deux raisons principales. Tout d’abord, je voulais chanter en face de ce jury, parce que c’est un jury que j’apprécie vraiment. J’apprécie les artistes qui y siègent, les chanteurs mais aussi les pianistes, les chefs d’orchestres et les directeurs d’opéra. C’est comme si l’on passait une audition devant eux.
L’autre chose est que cette compétition est très ouverte à des répertoires différents. Vous pouvez chanter des mélodies, du récital, de l’opéra. Vous pouvez même participer à l’intégralité de la compétition avec un seul opéra ou une mélodie. C’est vraiment très agréable car on peut montrer ce que l’on fait de mieux et dévoiler le genre d’artiste, de chanteur que l’on est. Il y a tellement de grandes compétitions où l’on chante quatre arias et c’est tout. Certes, je peux faire cela, mais ce n’est pas le genre de chanteur que je suis. Je pense que je n’aurais pas rencontré autant de succès dans cette compétition en procédant de cette manière. J’aime beaucoup le fait de pouvoir chanter ce que je veux et ce que je pense être mon domaine d’excellence. Le CMIREB était donc le concours parfait pour cela, mais je n’avais pas vraiment réfléchi à toute cette histoire avec la télévision etc…

RM : Pouvez-vous nous parler de votre travail avec l’orchestre ? Pour la finale, on a eu l’impression à certains moments que vous le dirigiez…

SH : Sachant que l’on n’a pas beaucoup de temps parce que l’orchestre est évidemment très occupé, j’ai essayé d’être le plus précis dans un temps très court pour montrer le mieux possible en répétitions ce que je voulais faire, en collaboration évidemment avec Alain Altinoglu. Dans les pièces que je connais très bien, je perçois assez vite deux ou trois choses qui font toute la différence pour un morceau lorsqu’on les réalise bien… ou pas. C’est un orchestre très professionnel, cependant, parfois, je me dis : « est-ce qu’ici on pourrait jouer un tout petit peu plus piano ? Cela pourrait être très spécial ». C’est ainsi que l’on est passé du Mendelssohn jusqu’à la réelle dimension de l’aria.
Je pense que lorsque la vraie représentation a eu lieu, on s’écoutait tous les uns les autres. J’écoutais l’orchestre, le chef, et ils m’écoutaient tous, ainsi que la concertmeister. Je pouvais sentir sur scène qu’ils étaient vraiment attentifs à moi. Ils pouvaient probablement voir de quelle façon je faisais les choses. Ils pouvaient probablement observer mon visage et je pense qu’à certains moments, ils me suivaient. On s’éloigne ainsi d’une interprétation mécanique. L’objectif, ce n’est pas que tout le monde soit toujours exactement ensemble, que chaque petite chose soit parfaitement synchronisée. Je pense davantage à l’image globale du processus musical, à faire quelque chose qui compte pour les gens.
RM : Vous avez travaillé avec Alain Altinoglu, l’aviez-vous rencontré auparavant ?

SH : Non, je le connaissais auparavant mais pas personnellement. On a fait ici, au bureau, des répétitions au piano. J’aime toujours recevoir des conseils de la part d’un chef qui est également plus expérimenté que je ne le suis et qui, bien sûr, fourmille d’idées. Je crois que je m’adapte assez vite. Cela a donc été des moments très denses mais on a fait au mieux avec le temps dont nous disposions. C’était une très belle collaboration que j’ai beaucoup appréciée.
RM : De quelle manière avez-vous élaboré votre répertoire ? Il était vraiment très cohérent. C’était très intéressant, lors de la finale, la façon dont vous avez joint la fin du Mendelssohn** avec le début de l’aria de Verdi. On a eu l’impression que vous nous proposiez un vrai concert.

SH : J’aime cette image car c’est ce que j’ai essayé de faire. Assez souvent, vous assistez à une compétition et vous écoutez les participants en appréciant la difficulté technique des pièces. Vous devez être un très bon chanteur pour chanter tous ces airs de bravoure. Il faut chanter durant une vingtaine de minutes, ce qui n’est pas trop long, mais vous devez chanter à la perfection quatre, cinq airs tellement difficiles.
Et puis je voulais avoir un programme qui soit un programme ! Pour la finale du concours, j’ai regardé la liste des pièces avec orchestre qui sont sur la liste dans l’idée que j’avais besoin d’une pièce avec cette couleur, cette ambiance. Mais je souhaitais aussi créer quelque chose et j’avais déjà pensé au Mendelssohn et à cet aria de Verdi. Quand j’ai vérifié l’ordre de toutes les pièces que je voulais chanter, j’ai vu que l’armure, l’harmonie du Mendelssohn et de l’air de Verdi s’accordaient parfaitement. Vous savez, dans l’oratorio de Mendelssohn, Elijah dit « C’est assez, je veux vous offrir mon âme, s’il vous plaît, prenez mon âme, je veux mourir », et l’air de Verdi arrive et le personnage meurt dans cet air. Les pièces n’ont rien à voir l’une avec l’autre, ce sont des langages différents, des styles différents, c’est un autre compositeur, mais si cela avait été un oratorio allemand ou si le premier morceau avait été en français, cela aurait presque pu être une seule et même pièce. J’ai pensé que je pouvais montrer cela. Il y a beaucoup de connexions entre la musique de différents compositeurs que l’on peut relier parce que le langage de la musique et de la poésie sont universels. Je suis content que les gens aient apprécié. Je ne voulais pas que quelqu’un applaudisse entre les deux pièces donc j’ai demandé qu’ils n’éteignent pas les lumières entre les pièces. On peut extraire l’émotion de la première pièce et la conserver pour la seconde et ça, c’est unique.
RM : Une question très différente : vous jouez du basson. Est-ce que cela apporte quelque chose à votre chant ? Peut-être pour le souffle, le legato ?

SH : Je ne peux pas dire que je peux jouer vraiment bien du basson, je suis plutôt un joueur de basson amateur. Cela me fait probablement comprendre comment fonctionnent d’autres instruments. Je sais qu’un orchestre prend un peu plus de temps qu’un piano. Lorsque le pianiste joue sur une touche, elle sonne immédiatement. Un instrument à vent prend un peu plus de temps. Pour la musique de chambre, je sais comment jouer une ligne de basse et comment donner une intonation, si c’est vraiment aigu ou grave, ce genre de choses. Mais techniquement, c’était un peu dangereux pour moi et j’ai arrêté de jouer du basson quand j’ai commencé à étudier le chant et les études au conservatoire. Le basson demande beaucoup de pression, ce n’est vraiment pas bon pour la voix. Cependant, il y a des similarités car un chanteur est un peu comme un instrument à vent qui doit respirer ou jouer.
J’aime aussi regarder les violoncellistes car j’admire leur posture. Ils semblent être en quelque sorte dans leur instrument. Ils ont l’air campé si solidement ainsi. Je pense aussi aimer le basson et le violoncelle parce que c’est mon registre ; peut-être est-ce la même chose pour les soprano et le violon, je ne sais pas. Les chanteurs peuvent observer cela et en apprendre beaucoup. C’est important que l’on sache comment jouer de notre voix comme d’un archet, comment jouer avec la respiration, la mélodie et tout cela, en lien avec les instrumentistes.
Parfois, les chanteurs oublient de réellement travailler simplement sur le son. Ils travaillent à connaître le texte par cœur, ils connaissent la manière dont se déroule la pièce mais ne travaillent pas réellement sur le son pur, en faisant abstraction du texte et des émotions. C’est important, le reste peut se faire sur cette base. Mais si vous ne faites pas cela, vous serez toujours confronté des limites.
« Parfois, les chanteurs oublient de réellement travailler simplement sur le son pur, en faisant abstraction du texte et des émotions. »
RM : Vous êtes un spécialiste du lied, mais qu’est-ce qui vous a amené aux lieder ? Ce n’est pas un genre facile.

SH : Lorsque j’ai commencé à étudier le chant, j’avais dix-huit ans. Et, particulièrement pour le « Carlos écoute, ah je meurs » de Verdi que j’ai chanté à ce concours, un jeune homme de dix-huit ne peut pas chanter cela. Je pense personnellement que je suis encore très jeune vocalement pour incarner ce rôle en scène. Mais à cette époque, lorsque je m’y essayais, j’avais l’impression de crier. J’ai donc pensé que je devais chanter, je ne dirais pas des choses plus faciles car le lied n’est pas vocalement facile, mais plus adaptées et où je n’avais pas à me soucier de l’orchestre.
Schubert a composé de très belles petites pièces qui ne sont ni trop aiguës ni trop graves. J’ai pu ainsi travailler de nombreux aspects techniques avec ses airs. Et ensuite, j’ai écouté Bryn Terfel et Malcolm Martineau qui avaient enregistré Schubert. J’étais juste fasciné par la technique musicale et la musique en général quand j’ai écouté leur Erlköning. Par certains aspects, dans cet enregistrement, le père semble tellement méchant ! Le père je dis bien, pas le Roi des Aulnes. Cela m’a fasciné parce que l’interprétation diffère tant d’une personne à l’autre. Le père ici semblait un peu en colère, pas vraiment bienveillant envers son fils. J’ai été fasciné par ce mélange de musique et de poésie qui, ensemble, forment cet art merveilleux qu’est le lied, ou la mélodie française, ou encore l’Art Song anglais. J’aime toujours cela.
Je n’étais pas spécialement intéressé par la littérature auparavant mais au travers des mélodies, je me suis intéressé aux poèmes. Parfois, c’est de la très belle poésie. Parfois, c’est de la mauvaise poésie mais de très jolies musiques. Et parfois, les deux s’accordent si bien ensemble. Mon chant d’opéra peut grandir au travers du lied et mes lieder peuvent bénéficier de mon travail d’opéra d’un point de vue vocal. Cela reste quoiqu’il en soit du chant.
RM : Nous pensions que vous étiez un admirateur de poésie depuis longtemps. Vous avez également un Debussy dans votre programme…

SH : Si vous présentez une aria très connue en compétition, c’est toujours un peu risqué car il peut y avoir une vingtaine de personnes qui chantent également cette aria. Mais il est important de chanter un air du répertoire car vous pouvez montrer ce qu’il y a comme difficultés dans cet air et montrer de quoi vous êtes capables face à cela. J’ai pensé que peut-être il n’y aurait pas tant de gens dans ce concours qui pourraient chanter ce Debussy qui est assez aigu pour un baryton. Le jury est composé de seize personnes. Je ne veux pas chanter la même chanson encore et encore. Cela convenait à ma voix, à ma personnalité et au genre de chanteur que je suis.

RM : Votre jeu de scène nous a semblé très délicat, on pourrait peut-être dire Schubertien, Schubert ne souhaitant pas que sa musique soit surjouée.

SH : Il est important de montrer ce qui se déroule dans chaque pièce. Pour Erlköning, vous avez le père, le fils, le Roi des Aulnes et le narrateur. Même si certaines personnes du public ne comprennent pas les paroles, ils perçoivent le récit. Cela n’est pas dû à ce que vous avez fait comme geste pour jouer le père ou le fils, il peut suffire de regarder dans une certaine direction. Pour moi, surjouer dans les lieder est gênant car cela nous détourne de la musique et de la poésie. Chez Bach également. Schubert, Bach savaient très bien ce qu’ils faisaient. Il y a bien assez de puissance dans leurs partitions pour que nous suivions ce qu’ils ont écrit. Essayer de suivre en tous cas car c’est déjà bien assez difficile. Ressentir simplement cette émotion est suffisant, je n’ai pas besoin de voir davantage. Cela peut être un peu différent pour l’opéra, mais l’émotion réelle est bien plus forte que quoique ce soit. Le jeu peut être discret mais fort à l’intérieur et tout le monde peut le comprendre.
« Surjouer dans les lieder est gênant car cela nous détourne de la musique et de la poésie. »
RM : Avez-vous une idée de vos projets à venir ? Vous aviez déjà un agenda très chargé avec des récitals et un Stabat Mater à venir. A présent, vous allez avoir tous les concerts proposés par le CMIREB.

SH : Oui, je serai occupé toute l’année à venir, ma prochaine saison est pleine. Et maintenant, bien sûr, il y a les concerts liés au Prix. Il y a toujours des côtés stressants mais j’ai ces concerts à venir, des récitals, un projet d’opéra. J’aime beaucoup car cela me mène dans différents endroits, avec différentes personnes et différentes expériences dont je peux apprendre beaucoup.
RM : C’est très équilibré.

SH : J’espère que maintenant, je pourrais faire un peu plus d’opéra. Mais j’ai besoin de temps. Je pourrais me dire que je veux chanter à l’instant dans de très grandes salles mais cela peut également être stressant et aussi peut-être dangereux. Cela viendra progressivement. Il vaut mieux que cela se déroule de cette manière au lieu de chercher à aller en force.
RM : Pour terminer, pourriez-vous nous parler de quelque chose que vous cherchez à accomplir au travers de la musique ?

SH : C’est une question difficile. Je dirais que je veux atteindre les gens. Je veux qu’ils retirent quelque chose de la représentation, quoi que ce soit. Que ce soit positif ou négatif, joyeux ou triste, mais qu’ils retirent quelque chose de personnel. Vous ne savez pas vraiment ce qu’ils retiennent. Quand je vais au concert, il y a des jours où je suis très réceptif et j’en retire quelque chose émotionnellement. Si je vais au même concert mais que j’ai eu une mauvaise journée, je ne suis simplement pas ouvert à quoi que ce soit. On ne peut pas contrôler cela. Mais le plus important est de toucher les gens, quelle que soit la nature de l’émotion suscitée.





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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   Mar 22 Mai - 10:15

Très belle interview, merci Jean de nous faire connaître un peu mieux ce lauréat
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MessageSujet: Re: Concours Reine Elisabeth   

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