Forum sur la musique classique
 
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 Sergueï Prokofiev (1891-1953)

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Snoopy
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MessageSujet: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Mar 15 Aoû - 16:15

Sergueï Sergueïevitch Prokofiev (Сергей Сергеевич Прокофьев) est un compositeur russe né le 23 avril 1891 à Sontsovka, en Ukraine et mort brutalement le 5 mars 1953 à Moscou, d'une hémorragie cérébrale.

Serge Prokofiev nait à Sontsovka, dans la province de Iekaterinoslav. Sa mère, pianiste amateure, est son premier maître et l’évidence des dons de l’enfant apparaît si tôt qu’elle n’hésite pas à l’engager dans une carrière musicale. En 1900, il compose son premier opéra, le Géant, destiné premièrement aux enfants. Suivant son penchant pour le théâtre, il compose deux autres opéras : Sur un île déserte (1902) et Ondine (1904-1907) qui s’inspirent de quelques sujets repris de son enfance. De 1902 à 1903, il travaille principalement la composition avec Glière qui lui enseigne la théorie et l'harmonie, puis rentre au Conservatoire de Saint-Petersbourg en 1904, à l'âge de treize ans. Il étudie l'orchestration avec le compositeur Rimski-Korsakov, le piano avec Anna Essipova, la composition avec Liadov et la direction d’orchestre avec Tcherepnine.

Ses premières apparitions aux «  soirées de musique contemporaines» le révèlent comme un phénomène. Le 6 mars 1910, est créée sa première œuvre par Jurgenson. Prokofiev était de la race des «jeunes barbares », résolument anti-conformistes et bourrés de « forces explosives. » « Extérieurement, cet homme robuste, sportif (on a beaucoup parlé de son art de jouer au football sur son clavier) et même provocateur dans ses costumes dans sa façon naturelle et dans ces redoutables humeurs peut apparaître comme une sorte d’improvisateur brillant » écrit un écrivain russe.

Dès 1918, Prokofiev quitte la Russie, les événements politiques le passionnant beaucoup moins que la musique. Il est vrai que l’énorme effervescence qui secoue son pays le laisse totalement indifférent… Une longue période de pianiste qui erre de capitales en capitales commence alors. Puis il s’établit aux États Unis où il compose ses principales œuvres telles l’ Amour de Trois Oranges créé en 1921 à Chicago. Il vient ensuite à Paris où les Ballets russes de Diaghilev créèrent quelques-unes de ses œuvres : en cette même année 1921, l’ admirable Chout (histoire d’ un bouffon qui roula sept autres bouffons) ; en 1928, le Pas d’acier, un ans plus tard, Le fils prodigue. C’est lors de ce séjour en France qu'il se querelle avec Stravinsky. On opposait souvent la « perfection » de Stravinsky à l’art plus « rocailleux » de Prokofiev. En 1923, il épouse la soprano Lina Llubera qui lui donnera deux fils. En 1924, il reçoit le prix Anton Rubinstein comme pianiste-compositeur avec son Concerto pour piano opus 1. En 1946, Prokofiev est profondément affecté lorsqu’il apprend que sa femme est en route pour un camp de concentration. Il essaie donc en vain de convaincre les autorités qui restent indifférentes après la création d’un opéra populaire pourtant remarquable. Les Russes insistant beaucoup pour qu’il revienne chez eux, lui faisant miroiter un esprit nouveau qui animerait l’Union soviétique, il rentre en Russie en 1932. Là, il devient chef d’ école, est chargé de fonctions officielles mais doit s’adapter aux inévitables rigueurs des nouvelles disciplines. En 1938, Sergueï Eisenstein l'invite à travailler sur la musique de son projet de film Alexandre Nevski. Sa composition sert de bande originale au film, mais est également interprétée en tant que cantate du même nom. Il lui devient alors dur de voyager et de mettre en œuvre sa triple carrière de compositeur, de chef d’ orchestre et de pianiste. Néanmoins, en 1947, Prokofiev est proclamé Artiste du Peuple de la République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie… En 1953, Prokofiev meurt quelques heures avant Staline. En 1957, le Prix Lénine lui est décerné à titre posthume.

« Serge Prokofiev, comme tous les Russes, raconte merveilleusement bien des faits divers dans sa musique. Il aime en effet créer un climat particulier, peindre une situation tragique ou cocasse. Rien d’étonnant à ce qu’il ait composé huit opéras qui sont parmi les plus importants de notre époque. Il aime se laisser envoûter par l’image… Son opéra l’Ange de feu, touche en effet au prodige. Quel que soit le son adopté, qu’il s’agisse de l’extraordinaire exubérance de la suite Scythe comme de l’étonnante enluminure de Chout, de sujets plus réalistes tels Guerre et Paix comme de sujets plus lyriques comme Roméo et Juliette, qu’il traite d’une manière sobre et parfois dépouillée, l’évocation des personnages est toujours obtenue. Ce pouvoir d’ invocation est en effet présent dans toutes ses oeuvres. » Extrait d’ un journal russe.

Prokofiev travailla avec Eisenstein, (producteur de film) il devait composer les musiques. Prokofiev composa donc les musiques tout en regardant les films. Il composa alors la musique d’Alexandre Nevsky et d’ Ivan le Terrible. On raconte qu’Eisenstein se laissa convaincre de refaire quelques scènes à partir de suggestions que soulevait en lui sa musique. «  Prokofiev possédait un sens inné pour les rythmes. Son écriture était aussi à l’aise dans le lyrisme simple que dans le style moderne. Maître de l’instrumentation, il conçut une méthode personnelle pour traiter les sonorités orchestrales. »

En 1948, Le Comité central du Parti communiste formule des critiques aussi acerbes qu’ absurdes contre le « formalisme » de sa musique. (Des compositeurs tels Khatchaturian et Chostakovitch ont subi les mêmes critiques.) « Ces compositeurs cédaient trop aux impulsions «dégénérées » de l’ouest », disaient leurs auteurs ! Pourtant, une partie de ses œuvres (Pierre et le loup pour un théâtre d’enfants moscovite, Roméo et Juliette, Alexander Nevsky, l’opéra Guerre et paix, les symphonies 5-6-7, plusieurs sonates pour piano) date de cette période durant laquelle il ne s’opposa pas, malgré lui, aux contraintes communistes.

La vie de Prokofiev ressemble beaucoup à son art. Il hait certaines règles de la musique. (On le compare souvent à Richard Strauss qui lui aussi s’opposait aux disciplines de son époque. Cette « liberté » fait alors de lui un solitaire. Cela se répercute sur les jugements actuels que l’on porte sur son œuvre.

« Bien qu’il se soit opposé aux divers mouvements russes de son époque, Prokofiev est surtout "le fils de ses pères". Il les aime, les connaît par cœur et en prolonge le dessein. Mais de tous, est-il, peut-être avec Moussorgski, le plus grand parce qu’occasion lui fut donné d’ approfondir les caractéristiques de l’âme russe.»
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Hector Berlioz

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Mer 12 Sep - 15:45

C'est un compositeur que je ne connaissais pas du tout. Mon professeur de composition m'a fortement conseillé de l'écouter et effectivement, je dois reconnaître que ce que j'ai écouté jusqu'à présent ne m'a pas déplu.
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MessageSujet: Suite scythe   Mer 12 Sep - 20:45

prokofiev est un compositeur que j'admire énornémant...

Deja, parce que maman m'a fait très souvent écouter Pierre et le loup quand j'étais petit, puis par les autres oeuvres que j'ai rencontrées en grandissant. Je dois dire qu'aujourd'hui, j'apprécie beaucoup Cendrillon, et Roméo et Juliette.

Mais j'étais surpris en écoutant la suite scythe, de voir à quel point Stravinsky avait marqué pour longtemps ses contemporains. Cette oeuvre est dans la lignée même du sacre du printemps. bien sur, Prokofiev a trouvé son style, bien à lui, ensuite, mais c'est interessant d'écouter cette oeuvre de jeunesse, encore sous influence stravinskienne.
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Jeu 13 Sep - 9:59

Aucune musique autre, que celle de Prokofiev, ne contient, à mon avis, ce subtil et unique mélange de mélodies raffinées et de traits orchestraux d'une incroyable sauvagerie. En ce sens, sa démarche se rapproche un peu de celle du Stravinski jeune bien que le talent de mélodiste de ce dernier soit incontestablement plus moderniste.
J'ai découvert Prokofiev il y a un peu plus de 40 ans par la suite de l'Amour des Trois Oranges qui est un admirable résumé de son savoir faire. Sur le plan mélodique, Roméo et Juliette est sans doute le summum de son oeuvre mais il ne faut pas négliger le reste qui est tout aussi fondamental : ses 7 symphonies, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible, le ballet Chout, la Suite Scythe, ses concertos pour pianos et ses concertos pour violon. J'aime moins ses sonates pour piano et oeuvres pour violoncelle.
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joachim
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Jeu 13 Sep - 10:18

La suite Scythe est un peu l'équivalent du Sacre par une "sauvagerie" dans certains passages. D'ailleurs, la Suite est la version finale d'un ballet, Ala et Lolly, commandée par Diaghilev, mais qui ne fut pas représenté. Le sujet en était, comme pour le Sacre, une manifestation médiévale barbare.

Il est à noter que Prokofiev, comme Chostakovitch, ont composé dans leur jeunesse des ouvrages modernistes, puis l'un et l'autre ont été obligés de "s'assagir" et ont composé ensuite des oeuvres plus conformes au "réalisme soviétique", c'est à dire plus lyriques, quelquefois post-romantiques.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Jeu 13 Sep - 12:57

joachim a écrit:
Il est à noter que Prokofiev, comme Chostakovitch, ont composé dans leur jeunesse des ouvrages modernistes, puis l'un et l'autre ont été obligés de "s'assagir" et ont composé ensuite des oeuvres plus conformes au "réalisme soviétique", c'est à dire plus lyriques, quelquefois post-romantiques.

C'est vrai et ce que je déplore c'est qu'il existe ici ( en Russie ) beaucoup de livres bien documentés sur cette période douloureuse et les créations "secrètes" de ces compositeurs rejettés par le pouvoir, mais tous ces livres sont uniquement en russe et mériteraient d'etre traduits en français.
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Marcus

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Jeu 13 Sep - 23:41

Voilà encore un compositeur que j'aime bien pour le peu que j'ai entendu, mais que je connais finalement encore assez mal.

J'ai moi aussi, comme beaucoup d'enfants, reçu le disque de Pierre et Le Loup quand j'étais petit (j'ai perdu le disque mais je me rappelle que c'était un 33t avec Gérard Philippe en récitant).
Quelques années plus tard, j'ai vu le film de Woody Allen "Guerre et amour" qui contenait plusieurs extraits de Prokofiev, notamment la suite Lieutenant Kije (Troïka).
Je connais aussi la symphonie n°1 (Classique") et j'ai entendu des extraits de Roméo Juliette.

Pour le reste, j'ai encore tout à découvrir, en particulier ses concertos pour piano.
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benoît

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Ven 14 Sep - 14:00

J' y étais réfractaire il y a quelques années et maintenant je l' aime de plus en plus

Son ballet " Roméo et Juliette " est une splendeur :j' ai eu l' occasion de le voir à Bastille comme beaucoup d' autres ballets (j' adore en particulier les chorégraphies de Noureev I love you I love you ) et j' en garde un souvenir transcendant

2 extraits célèbres pour se familiariser avec Prokofiev :

http://media.putfile.com/04---Prokofiev--Toccata-In-C-Op-11

http://media.putfile.com/03---Prokofiev--Piano-Concerto--3-In-C-Op-26---Allegro-Ma-No
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Ven 14 Sep - 14:26

ah ! la Toccata I love you merci pour le lien
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Ven 14 Sep - 18:30

benoît a écrit:
J' y étais réfractaire il y a quelques années et maintenant je l' aime de plus en plus
Son ballet " Roméo et Juliette " est une splendeur :j' ai eu l' occasion de le voir à Bastille comme beaucoup d' autres ballets (j' adore en particulier les chorégraphies de Noureev I love you I love you ) et j' en garde un souvenir transcendant
2 extraits célèbres pour se familiariser avec Prokofiev :
http://media.putfile.com/04---Prokofiev--Toccata-In-C-Op-11
http://media.putfile.com/03---Prokofiev--Piano-Concerto--3-In-C-Op-26---Allegro-Ma-No
Tu ne donnes pas dans musique facile, c'est le moins que l'on puisse dire! Moi qui me flatte de bien connaître Prokofiev, je découvre aujourd'hui cette magnifique Toccata pour piano. Une petite leçon d'humilité en passant mais surtout un grand merci, benoît, pour ces 2 extraits.
Je connais bien en revanche le concerto pour piano n° 3. Le premier et le troisième sont d'ailleurs mes préférés.
Pourrais-tu me communiquer les références de l'enregistrement de la Toccata car je le trouve particulièrement brilliant ? Merci d'avance !!!
S'agissant de la chorégraphie de Noureev sur Roméo et Juliette, je l'ai vue en DVD (ou en cassette) il y a quelques années et elle est effectivement magnifique. En réel, ça devait vraiment être imposant !!!
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benoît

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 15 Sep - 10:15

Robert ! c' est extrait d' un disque mythique de LA GRANDE Martha Argerich I love you I love you

Avec une exceptionnelle sonate en si mineur de Liszt

je te mets le lien :

http://www.amazon.fr/Martha-Argerich-D%C3%A9but-R%C3%A9cital/dp/B000001GQJ/ref=sr_1_1/402-9064588-1392106?ie=UTF8&s=music&qid=1189843968&sr=1-1
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 15 Sep - 12:52

benoît a écrit:
Robert ! c' est extrait d' un disque mythique de LA GRANDE Martha Argerich I love you I love you

Avec une exceptionnelle sonate en si mineur de Liszt

je te mets le lien :

http://www.amazon.fr/Martha-Argerich-D%C3%A9but-R%C3%A9cital/dp/B000001GQJ/ref=sr_1_1/402-9064588-1392106?ie=UTF8&s=music&qid=1189843968&sr=1-1
FORMIDABLE !!! Là, je commande. Martha Argerich "aux claviers" + la sonate en Si mineur de Liszt, ça s'achète les yeux fermés. Je suis fauché en ce moment mais tant pis : je casse la tirelire !!!
Un grand MERCI, Benoît !!!
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Lidelse

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 4:24

Bonjour!

J'aimerais avoir des renseignements sur une des pièces de Prokofieff. Il s'agit du Conte de Grand-Mère no.3 op.31 (Grandmother's tale). Ce n'est pas une de ses pièces majeures. Je l'étudie depuis peu de temps et j'ai eu beau chercher partout, je n'ai pas trouvé d'informations sur cette suite de pièces, sauf la date où elle a été écrite. J'ai seulement pu me rendre compte que la grand-mère dont Prokofiev "parle" n'a pas l'air très commode!

Je ne connais pas vraiment ce compositeur, mais avec les petits appercus que j'ai écouté, j'ai pu consater que j'adore les ambiances qu'il crée! Ce sont de vraies histoires mises en musique..!
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felyrops

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 7:46

Avez-vous déjà essayé le site officiel Prokofiev? Si je me rappelle bien c'est quelque chose avec "piano bleu". Je n'ai malheureusement pas le temps de chercher en ce moment...
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 10:07

Lidelse a écrit:
Bonjour!

J'aimerais avoir des renseignements sur une des pièces de Prokofieff. Il s'agit du Conte de Grand-Mère no.3 op.31 (Grandmother's tale).

Voila une analyse de l'oeuvre

Прокофьев. «Сказка старой бабушки» № 2 fis-moll

Образцом лирической пьесы иного рода может служить «Сказка старой бабушки» Прокофьева. Это сочинение вводит ученика в мир русской сказочности, преломленной с присущей композитору остротой и индивидуальностью творческого стиля.
Поразительно лаконично, двумя-тремя штрихами Прокофьев создает скульптурно-четкий образ: здесь всего две графически скупые линии, развивающиеся в характерном для русской музыки натуральном миноре, — тихое и равномерное покачивание восьмых, а на фоне их напевная, задумчиво-грустная мелодия:



Перед нами встает близкий, знакомый с детства образ старой бабушки. Неторопливо ведет она рассказ о далеких временах и волшебных событиях. В сознании всплывает поэтичный эпиграф к циклу: «Иные воспоминания наполовину стерлись в ее памяти, Другие не сотрутся никогда».

Вскоре в музыкальном повествовании возникает оттенок таинственности. Чистый строй диатоники ломается, уступая место хроматизмам; ткань пьесы становится более насыщенной, в ней появляются новые голоса; использованием крайних регистров композитор расширяет диапазон звучания: перед слушателем возникает сказочный мир — то ли зачарованное царство, то ли дремучий лес со зловещими кликами ночных птиц, с неведомыми звонами, словно долетающими со дна лесного озера:



Однако вскоре волшебные картины, завладевшие вниманием слушателя и унесшие его в мир фантастики, тускнеют; вновь возникает образ старушки рассказчицы. Серьезно и как бы уже немного устало течет ее повествование. В конце на миг опять оживают образы сказки. Они появляются словно в дымке воспоминаний и вскоре исчезают без следа.
Какое богатое поле для исполнителя раскрывает в этой страничке вдохновенной русской лирики! Как много увлекательных художественных поисков предстоит в ней ученику!

Наиболее важная и трудная область работы — звуковая. Диапазон динамики в пьесе очень невелик: у автора имеются лишь оттенки р и рр; в средней части, где обозначено crescendo, звучность можно довести до mf. В пределах этих динамических градаций надо добиться тончайших нюансов, разнообразнейших красочных оттенков.

Оркестральность прокофьевского стиля вызывает естественные ассоциации с тембрами различных инструментов. Так, мелодическую линию вначале можно представить исполненной на кларнете или гобое, а сопровождение — струнными. В репризе слышится звучание фагота.

Особенно богатой красочная палитра должна быть в средней части. На фоне мягкой «альтовой» звучности восьмых здесь слышатся то глухие «колокольные» октавы в нижнем регистре, то таинственные призывы среднего голоса, звучащие словно засурдиненные валторны.

Важнейшую роль в осуществлении всех красочных эффектов играет педаль. В начале пьесы ее следует использовать для придания большей певучести и красочности мелодии. Менять педаль надо часто, чтобы не затемнить прозрачной фактуры. В средней части функции педали — в основном гармонические и колористические. При ее помощи надо выдержать возможно дольше басовую октаву си-диез, звучность которой должна постепенно растаять. Для этого следует использовать полупедаль. Педаль желательна и в следующем такте: смешение звуков триоли шестнадцатых придаст им более таинственный характер.

Немалую трудность в «Сказке» представляет ритмическая сторона исполнения. Необходимо обратить внимание ученика на пронизывающее пьесу непрерывное движение восьмых. Этот ритмический пульс, придающий музыке столь характерную для Прокофьева строгую метроритмическую организацию, должен чувствоваться на протяжении исполнения всей пьесы.
Для достижения плавности и непрерывности звучания сопровождения над ним надо специально работать. Полезно его вычленять, а также играть вместе с мелодией, сосредоточивая внимание на линии восьмых. За плавностью их движения необходимо особенно тщательно следить в полифонически насыщенных построениях и в местах перехода восьмых из партии одной руки в партию другой.
При работе над пьесой педагог должен обратить внимание ученика на характерные черты стиля композитора — глубокие связи с русской народной основой, метроритмическую организацию музыкального материала путем отчетливо выраженной ритмической пульсации, лаконизм изложения, оркестровую красочность звуковой палитры и другие.

Tu peux ecouter l'integralite de l'oeuvre ici: http://www.abeillemusique.com/produit.php?cle=29825 ( en bas de la page )

Et ici le comment du pourquoi il a compose cette oeuvre:

В перерывах между осенними концертами, воспользовавшись, заказом одного музыкального издательства, Сергей Сергеевич написал четыре танца,

С искренне глубоким чувством он сочинил другое произведение: душевнейшие лирические миниатюры, названные им с детской простотой; «Сказки старой бабушки», Прокофьев создал цикл из четырех фортепьянных пьес, И дал «Сказкам и бабушки» напутствие: «Иные воспоминания стерлись в ее памяти, другие не сотрутся никогда»,

Этим лирическим сочинением композитор выказал свое родство с традициями отечественной музыки, показал себя учеником Лядова и Римского-Корсакова, от которых еще так недавно пытался оторваться в своем интервью-монологе, прозвучавшем, однако, на американской земле холостым выстрелом. Не очень любил Прокофьев афоризмы, вроде «музыка-язык души», в «Сказках» же как раз доказал правду этих слов,

«Сказки» родственны удавшейся мелодичной партии Бабуленьки из «Игрока», Только в новых фортепьянных пьесах русские интонации зазвучали еще выразительнее. Объявила себя в них и другая характерная черта Прокофьева обращен к детству, к мемуарным зарисовкам. Через всю его творческую жизнь пройдет эта склонность к воспоминаниям о детстве, переводимым на язык акварельно чистой и прозрачной лирики.

Заказанные Прокофьеву «Сказки» и «Четыре танца» не понравились издателям. Он столкнулся лицом к лицу с «деловой Америкой». Здесь всевластно господствовала коммерция. От русского композитора ждали сенсации, чтобы сделать рекламу фирме. Нужен был ходкий товар. «Лирическая линия» в творчестве композитора не интересовала издателей. Прокофьеву предложили за пьесы столь мизерный гонорар, что оставалось одно: от издания отказаться. Но Прокофьев смог выступить с новыми произведениями в концерте. И это было для него важно. 7 января 1919 года в Нью-Йорке он впервые исполнил лирические «Сказки старой бабушки».

Расширялся круг знакомых Прокофьева. Один из его осенних клавирабендов, вечерних сольных концертов, посетил незадолго до того приехавший из России в Америку Рахманинов. Свидание с Прокофьевым в Нью-Йорке было внешне очень душевным, Маститый композитор находился в удрученном состоянии духа, побеседовал приветливо, без намека па превосходство. Сразу же почувствовалось различие жизненных намерений.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 10:36

felyrops a écrit:
Avez-vous déjà essayé le site officiel Prokofiev?

Rien d'interessant sur ce site a ce sujet

http://www.prokofiev.org/catalog/workall.cfm?WorkID=147

Pas mieux sur "Piano Bleu"...

http://www.pianobleu.com/prokofiev.html
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joachim
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 13:03

Snoopy a écrit:

Voila une analyse de l'oeuvre

Прокофьев. «Сказка старой бабушки» № 2 fis-moll


confused Lidelse est québecoise, elle n'est pas russe Hehe (enfin, il me semble Wink )
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 14:11

Cela sera pour elle l'occasion d'apprendre Laughing
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Lidelse

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 15:20

Heuuuu !? Je n'y comprend absolument rien... Quelqu'un connaissant cette langue pourrait me traduire les grandes lignes s'il vous plait? Ça serait vraiment apprécié! (Peut-être pas l'analyse, mais seulement le comment du pourquoi il a écrit l'oeuvre) Merci! Laughing
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 15:26

Je resume plus que je ne traduis et en prenant certaines libertes de ton...Faut bien rigoler un peu... Very Happy

D'abord, il faut savoir que Prokofiev a ecrit ca aux USA quand il etait deprime car le public americain ne comprenait pas sa musique et en plus il devait s'enfiler du Mac Do chaque jour en regardant Arnold et Willy.

Donc entre 2 concerts et profitant d'une commande d'un editeur, Proko ecrivit 4 danses. Le conte de la mémé, fait partie en fait d'une serie de quatre pieces pour piano. Officiellement, il a voulu la rythmique et l'harmonie simple, comme la simplicite de l'enfance mais officeusement c'est parce qu'il ne voulait pas s'emmerder et que les Simpsons passaient a la TV, serie qu'il ne ratait jamais.

Cette œuvre a montré sa parenté avec les traditions de la musique nationale de son pays, c'est a dire la Russie. Bref, la melodie, comme je le disais est simple car pour Proko "La musique est le langage de l'âme" - c'est profond ca! - mais plus expressive que ce qu'il faisait alors a cette epoque. Pour cela il s'est plonge dans ses souvenirs d'enfance, il a voulu redevenir l'enfant qu'il etait pour composer avec sincerite et innoncence ce conte musical. ( sortez les violons )

Manque de bol pour sa depression, les editeurs americains n'ont pas aime son conte pour la babouchka ( grand mere en russe ) qui trouvaient que ce n'etaient pas assez commercial. «La ligne Lyrique» dans l'oeuvre du compositeur n'intéressait pas les éditeurs qui ne comprenaient pas. ( Normal c'est des Ricains ). Proko venait de decouvrir la realite du Business a l'americaine. Paf, dans ses dents! Les Amerloques attendaient quelque chose de plus digne venant de Proko et tant qu'a faire plus commercial pour se faire des c**** en or. ( ca me rappelle Beethoven avec ses Bagatelles tiens ). Bref, resultat, ca lui est reste sur les bras et personne ne l'a edite au final. A partir de ce jour, Proko a donc decide de boycoter Disneyland.

Bref, depite il se retrouve comme un con avec sa partition dont personne ne veut alors il decide la jouer lui meme lors de concert car cette oeuvre lui tenait a coeur. Il y avait mis tous ses souvenirs d'enfance et tout le tralala...Du coup, rien que pour emmerder les bouffeurs de Big Mac, Proko decida, tel Rambo contre les viets, le 7 janvier 1919 à 19h43 et 5 centiemes de secondes exactement, a New York de jouer, et pour la première fois, «les Contes de la grand mere». Paf! Bien fait pour les Ricains qui decidement ne comprennent jamais rien a rien. Rolling Eyes


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joachim
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 17:05

Sous ses dehors humoristiques, Snoopy est très sérieux, ce qu'il écrit est tout à fait exact Wink

Voici ce qu'on trouve dans le Guide de la musique de piano, chez Fayard, et aussi dans "la musique de piano" de Guy Sacre (en 2 vol., coll Bouquins). J'ai fait un amalgame des deux.

Contes de la Vieille Grand'mère, quatre pièces opus 31

Ce furent les premières pièces composées par Prokofiev à l'étranger, après son émigration en 1918 : écrites aux USA, elles répondirent aux commandes d'éditeurs américains. Peut-être sous l'effet de la nostalgie, Prokofiev leur a conféré un coloris national assez reconnaissable. On a pu y voir des références aux Tableaux d'une Exposition de Moussorgski, et plus encore aux miniatures de Liadov, professeur de Prokofiev. La teneur poétique du texte est explicitée par cette phrase placée en épigraphe de la partition :"Certains souvenirs se sont à moitié effacés dans sa mémoire, d'autres ne s'effaceront jamais".

Les pièces furent créées par Prokofiev le 7 janvier 1919 à New York et publiées chez Muzgiz en 1937.

Elles n'ont pas de titre spécifique.

1 - Moderato en ré mineur : la pièce débute et s'achève par une sorte de marche mystérieuse et presque irréelle : staccatos légers (mais avec pédale, c'est expressément indiqué) évoquant d'anciens instruments populaires, arpègements, chaudes harmonies de septième et de neuvième, unissons affectueux. Un intermède (con una dolcezza sostenuta), séparant les mains aux confins du clavier, fait entendre à l'aigu un chant qu'on dirait de flûte lointaine, soutenu de grands accords tapis dans l'extrême grave : évocations maléfiques ?

2 - Andantino en fa dièse mineur : une seule page, sorte d'élégie populaire, où un trottinement de croches monotones accompagne un chant ingénu. Il n'en faut pas plus pour instiller une douce mélancolie.

3 - Andante assai en mi mineur : Prokofiev refait à sa manière le Bydlo des Tableaux de Moussorgski. Thème de souvenance et de nostalgie, cantonné dans le grave, sur un accompagnement obstiné de doubles notes staccato. Dans la section centrale, des arabesques chromatiques se répondent aux voix supérieures, la main gauche s'en tenant à son piétinement sourd et un peu inquiétant, menaçant.

4 - Sostenuto en si mineur : Une page méditative de "byline" dont quelques mesures sont reprises à la fin de la pièce. Entre deux, un épisode au rythme dansant, sorte de gigue, sur une figure rythmique répétitive.
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Lidelse

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Sam 10 Oct - 21:42

C'est plus que ce que j'espérais! Wow merci beaucoup I love you

Snoopy -> Ptdr
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Lidelse

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Lun 21 Déc - 21:50

Je viens de découvrir ses "Suggestions diaboliques".. Les connaissez-vous? c'est SI beau!
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Mar 22 Déc - 5:35

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Jean

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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   Mar 22 Déc - 9:33

Je ne connaissais pas...je croyais qu'il n'y avait que des violonistes...pour "fricoter" avec le diable Prokofiev est pas mal aussi!!
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MessageSujet: Re: Sergueï Prokofiev (1891-1953)   

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Sergueï Prokofiev (1891-1953)
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