Forum sur la musique classique
 
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 Histoire de la musique ( partie 2 )

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Snoopy
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MessageSujet: Histoire de la musique ( partie 2 )   Sam 19 Aoû - 23:21

Le classicisme:

On considère généralement la seconde moitié du XVIIIe siècle comme la période « classique » de la musique occidentale savante.

Le milieu du XVIIIe siècle marque un tournant important dans l'évolution de la musique : ce tournant est souvent une rupture que concrétise parfaitement l'opposition des styles de Jean-Sébastien Bach — mort précisément en 1750 — et de ses fils. La monodie et l'harmonie prennent définitivement le pas sur le contrepoint, qui disparaît. Le tempérament égal se généralise définitivement et fait bien vite oublier les anciens modes ecclésiastiques et les tempéraments sur lesquels les décennies précédentes avaient théorisé sans fin. La modulation ne connaît donc plus d'entraves ni de limites, ce qui ouvrira bientôt la voie au romantisme : la période « classique » est un court moment de l'histoire musicale en occident. La basse d'Alberti va exercer son hégémonie sur l'accompagnement de la mélodie.

Cette période semble être, aussi, celle où le compositeur se conçoit définitivement plus comme artiste que comme artisan : en quelque sorte, la musique devient moins utilitaire ; si Haydn est encore une sorte de valet de chambre-compositeur au service du prince Esterhazy, Mozart n'hésitera pas à se rebeller contre le prince-archevêque de Salzbourg, Colloredo, qui voudrait lui voir jouer le même rôle, et Beethoven lance à un de ses mécènes, le prince Lobkowitz, qu'il y a beaucoup de princes sur terre, mais un seul Beethoven. Dans cette évolution, le style et les émotions de l'artiste commencent à prendre le pas sur les formules toutes faites, nécessaires à une production « en série » de pièces sur commande, que tant d'artistes baroques ont composées. C'en est fini des compositeurs capables d'écrire plusieurs centaines d'opéras ou de concertos.

Contrairement à ce qui se passe au cours des époques précédentes (Moyen Âge, Renaissance et période baroque), un très grand nombre d'œuvres musicales de la période classique se sont maintenues sans interruption au répertoire des interprètes, depuis la date de leur création jusqu'à nos jours : c'est en ce sens qu'elles sont véritablement devenues « classiques », c'est-à-dire, inoubliables, indémodables.

Plusieurs genres musicaux élaborés, avec de nombreux tâtonnements, au cours de la période baroque, y atteignent un point d'équilibre et de maturité : la sonate, le concerto pour soliste, la symphonie, parvenus avec Haydn et Mozart à la perfection formelle seront les cadres privilégiés dans lesquels se développera, plus tard, la musique romantique.

Gluck, artiste international, se fait connaître dans le répertoire en italien et en français. L'opéra italien atteint son apogée avec les grandes œuvres de Mozart : Cosi fan tutte, Les noces de Figaro, Don Giovanni.

Nous sommes à l'époque des « Lumières » : c'est dire que la musique religieuse n'est plus la préoccupation majeure des compositeurs, même si leurs besoins alimentaires ne les dispensent pas de satisfaire des commandes : celles-ci peuvent d'ailleurs parfaitement répondre à leurs convictions personnelles. Mozart laisse des chefs-d'oeuvre également dans ce domaine : Messe du Couronnement, Requiem.

Le romantisme:

La notion « romantique » désigne la musique qui s'échelonne du début XIXe jusqu'au tout début XXe siècle. La musique, comme la peinture, est influencée par le romantisme qui, à l'origine, est un mouvement littéraire.

La musique romantique vise ici à susciter l'émotion, à bouleverser. Le piano-forte, en remplaçant le clavecin, permet désormais d'exploiter de puissants contrastes de dynamique. De la même façon, l'orchestration devient de plus en plus audacieuse et élaborée, d'autant plus que certains instruments, comme par exemple le cor, sont modifiés par les facteurs d'instruments de manière à devenir plus maniables. Les sonorités inventées par les romantiques sont particulièrement colorées et évocatrices, davantage en tout cas que chez des classiques comme Haydn ou Mozart. À la jonction de ces deux courants se situe la puissante personnalité de Ludwig van Beethoven, dont les premières œuvres se rattachent à l'esthétique classique tandis que celles de sa maturité doivent être considérées comme le début du romantisme musical.
Tout au long du XIXe siècle, la musique romantique conservera dans ses caractéristiques une certaine continuité, une homogénéité temporelle de style, que les autres formes artistiques du romantisme ne connurent pas.

À la base de cette continuité se trouve peut-être une idéologie philosophique : la musique devenait enfin une réelle forme d'art. La musique commençait à prendre une toute autre dimension ; elle n'était désormais plus considérée comme un art mineur, œuvre d'artisans. Par conséquent, ce qui caractérise la musique romantique est surtout l'individualité dans les styles.

La musique moderne:

On désigne souvent par musique moderne la musique composée pendant la première partie du XXe siècle, le terme de musique contemporaine pouvant s'appliquer à la deuxième moitié. On regroupe donc sous cet intitulé des compositeurs aussi différents que Debussy, Satie, le « Groupe des Six », Stravinski, Béla Bartók, Richard Strauss, Ravel, Schönberg, Sibelius etc.

Seule la chronologie est significative, car cette période n'a pas d'unité de style : elle est au contraire celle de la floraison d'expériences et d'esthétiques, diverses et souvent opposées, en particulier dans la dualité « musique tonale — musique atonale » qui se développe à cette époque.
En effet, à partir des années 1950, l’émergence de profondes mutations dans les formes d'écriture musicale laisse entrevoir une nouvelle tendance de la composition. Ces mutations sont en fait caractéristiques de toutes celles qui ont traversé le siècle : un langage musical en crise (indétermination d’un côté, sérialisme généralisé de l’autre), et des re cherches qui développent de nouvelles formes d’expres​sion(musique électronique, mixte…), pour aboutir à de nouveaux concepts (notions fondamentales d’acoustique, notions d’objets sonores et musi caux…)
Côté production, l’année 1957 est une année fertile en évé nements : John Cage compose son œuvre la plus “indéterminée”, le concerto pour piano, tandis qu’Henri Pousseur propose avec Scambi, une méthode aléatoire d’extraction de paramètres musicaux à l’intérieur d’un bruit blanc, méthode à l’orthodoxie contestée mais dont la cohérence artistique peut être valablement reconnue. Pierre Boulez avec la troisième sonate, Karlheinz Stockhausen avec le Klavierstücke XI nous livrent autant de mises en pratique de ce qu’il est convenu d’appeler la forme ouverte.

Il serait faux de considérer que la musique a rompu avec le passé ; elle n'a pas vraiment connu de "cassure" aussi franche que l'art plastique et la littérature avec le Dadaïsme. En fait toute modernité est souvent une période d'accélération de l'histoire de la création (en l'occurrence musicale) et ce n'est ni un compositeur ni un mouvement artistique particulier qui a allumé la mèche qui propulsa cette effervescence intellectuelle du XXe siècle. Déjà, à la fin du XIXe, Richard Wagner et Gustav Mahler ont exploré une forme de bi-tonalité, consistant à jouer sur deux tonalités simultanément. Toutefois on s'accorde souvent à faire de Claude Debussy (1862-1918),le point de départ à la musique moderne et sans doute l'un de ses pères fondateurs. Par sa création, il conçoit une véritable rupture dans l'écriture, qui non seulement s'affranchit des contraintes tonales, mais aussi pose les premières pierres de la musique séquentielle (procédé que l'on retrouvera souvent dans la musique concrète ou électronique...). En proposant une musique faite de successions d'impressions, son Prélude à l'après-midi d'un faune (créé en 1894), ébauche une musique qualifiée d'impressionniste (en comparaison avec le mouvement pictural du même nom).

Ainsi parvenus aux confins de l’exploration harmonique et sty listique de la musique romantique, les compositeurs de ce début du siècle ont essayé de se délier des systèmes de construction a priori, et de pu rifier l’écoute de la musique de ses éternels couplages entre tensions et détentes que la tonalité lui avait inculquées. On retrouve, par exemple, chez Ravel ou Debussy la modalité que l'on avait résolument abandonnée depuis la musique baroque. Ravel a exploré parcimonieusement la tonalité, jusqu'à l'épuiser complétement dans un thématisme chromatique que Debussy avait mis à mal.

Mais c'est surtout avec Arnold Schönberg que, peu à peu, se délitèrent les consonances harmoniques auxquelles les auditeurs étaient habitués : en commençant par créer des superpositions de deux tonalités puis trois et ce jusqu'à arriver à un système d'atonalité totale (Pièce pour piano, op 11, 1909). Avec son Pierrot lunaire, 1912, il s'affranchira complétement du thématisme ou des motifs, chers aux romantiques, et invente le sprechgesang, chant musical entre la parole et la mélodie. Il ira encore plus loin dans sa pensée , considérant qu'il n'y a aucune définition valable de la dissonance : avec le dodécaphonisme sériel, dont il partage la paternité avec Berg et Webern, il fonde sa composition sur des séries de 9 à 12 1/2 tons chromatiques de la gamme, et surtout sur une totale horizontalité de l'écriture. A eux trois, ils fondèrent ce qui deviendra la seconde école de Vienne qui saura exploiter et enrichir les acquis de leurs maîtres, et les porter à un paroxysme, cherchant la "cassure" avec la période précédente. Plusieurs compositeurs se sont immiscés dans cette aventure de l'atonalité : ainsi la Symphonie n° 2 de Sergueï Prokofiev, dite « du fer et de l'acier », et Arthur Honegger qui proposait des procédés se démarquant de la seconde école de Vienne (cf. son opéra Antigone).

Comme on l'a vu, Debussy instaura un nouveau paradigme d'écriture musicale en définissant le temps comme succession d'impressions alors qu'on était habitué à un développement linéaire. La rythmique en elle-même a été revue et enrichie. Dans le sacre du printemps (1913) d'Igor Stravinski, les rythmes sont scandés, syncopés, mélangés en remettant au goût du jour la polyrythmie délaissée après le Moyen Âge et une succession de temps forts. Charles Ives avait aussi exploré la même année la polyrythmie dans son Quatuor à cordes n°2 sans avoir connaissance des travaux de Stravinski. Amadeo Roldán écrivit Ritmica V la première œuvre de musique classique pour percussions seules en 1929 suivi en 1931 par Edgar Varèse avec Ionisation annonçant déjà des œuvres comme Rebons de Iannis Xenakis.

Au lendemain de la révolution industrielle, l'art a parfois dû s'adapter à la technologie mais il a surtout su s'en nourrir ! En 1919 Léon Theremin invente le Théréminvox, un des premiers instrument électronique encore utilisé de nos jours pour certaines pièces créées spécialement à son attention. En 1923, on crée Pacific 231, mouvement symphonique dit urbaniste d'Honegger, dont le sujet est la locomotive à vapeur éponyme. En 1928 sont inventées les ondes Martenot, instrument électronique éponyme qu'Edgar Varèse, précurseur en musique électronique, inclut la même année dans America. De nombreux compositeurs l'utiliseront : Maurice Ravel dans Daphnis et Chloé, Honegger dans Jeanne au bûcher, Olivier Messiaen dans la Turanguelila symphonie... En 1933, Varèse avait déjà l'intension d'ouvrir un studio de musique électronique.

L'époque moderne permit aussi des enrichissement grâce aux apports de différentes cultures ; la musique occidentale se nourrit aux techniques harmonique et/ou parfois rythmiques des musiques africaines, chinoises ou indiennes. Le jazz aura bien sûr une influence considérable sur les compositeurs américains. (Georges Gershwin avec Porgy and Bess, créa le premier opéra pour voix noires uniquement, à l'exception de l'inspecteur de police) mais aussi européen. Les États-Unis deviendront peu à peu l'un des principaux centres d'activité de la musique classique, détrônant l'Europe. Certains compositeurs comme Igor Stravinski, Arnold Schönberg, Edgar Varèse, Darius Milhaud iront vivre cette aventure américaine et beaucoup iront enseigner dans les prestigieuses écoles telle que la Juilliard School of Music. De grands orchestres y verront le jour à Boston, New York ... Cette attirance pour ce pays dure encore aujourd'hui. Pierre Boulez y a longtemps vécu et a été à la tête de plusieurs orchestres réputés (orchestre de Cleveland, orchestre philharmonique de New York, orchestre philharmonique de Boston).

La musique contemporaine:

Bien que toute musique soit par essence contemporaine au moment où elle est créée, quel que soit son style, le terme musique contemporaine est utilisé actuellement pour désigner les différents courants apparus après la fin de la Seconde Guerre mondiale et ayant en commun une remise en cause radicale des paradigmes de la musique tonale établis depuis le XVIIIe siècle.
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MessageSujet: Re: Histoire de la musique ( partie 2 )   Lun 6 Avr - 0:56

merci pour ce topic
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Histoire de la musique ( partie 2 )
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