Forum sur la musique classique
 
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 Musique de la Renaissance

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Snoopy
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MessageSujet: Musique de la Renaissance   Sam 19 Aoû - 23:34

On désigne par musique de la Renaissance la musique européenne composée pendant la Renaissance, approximativement entre les années 1400 et 1600. Il s'agit d'une convention : si la dernière date n'est guère contestable eu égard à l'évolution importante du début du XVIIe siècle, et qui marque le début de la période baroque, il n'en est pas de même pour le début de cette période. Ces deux siècles se situent clairement, en ce qui concerne la musique, en continuité avec ce que nous appelons le bas Moyen Âge, avant d'acquérir des traits spécifiques.

Les genres spécifiques:

la chanson pour luth
le motet
la messe
la canzone

Les instruments:

Le luth
La vihuela
La harpe

Les compositeurs:

Martin Agricola (1486-1556)
Gregor Aichinger (1564-1628)
Elias Nicolaus Ammerbach (1530-1597)
Thoinot Arbeau (1520-1595)
Jacques Arcadelt (v.1504-1568)
Hugh Aston (v.1485-1558)
Pierre Attaignant (v.1494-v.1551)
Bálint Bakfark (1507-1576)
Adriano Banchieri (1568-1634)
Juan Bermudo (v.1510-v.1565)
Gilles Binchois (v.1400-1460)
Antoine Brumel (v.1460-v.1520)
Hans Buchner (1483-1538)
John Bull (v.1562-1628)
Antoine Busnois (v.1433-1492)
William Byrd (v.1543-1623)
Antonio de Cabezón (1510-1566)
Giulio Caccini (v.1545-1618)
Thomas Campion (1567-1620)
Marchetto Cara (v.1470-v.1525)
Eustache du Caurroy (1549-1609)
Emilio de' Cavalieri (v.1550-1602)
Girolamo Cavazzoni (ou Hieronimo d'Urbino) (v.1520-v.1577)
Jacob Clemens non Papa (v.1510-v.1555)
Loyset Compère (v.1445-1518)
William Cornysh (v.1468-1523)
Guillaume Costeley (v.1530-1606)
Richard Davy (v.1467-v.1516)
Josquin Des Prés (v.1440-1521)
Girolamo Diruta (1561-v.1610)
John Dowland (1563-1626)
Guillaume Dufay (v.1400-1474)
John Dunstable (v.1390-1453)
Juan del Encina (1469-v.1533)
Pedro de Escobar (v.1465-ap.1535)
Giles Farnaby (1560-1640)
Richard Farnaby (1594-1623)
Robert Fayrfax (1464-1521)
Gaspar Fernández (v.1565-1629)
Constanzo Festa (v.1490-1545)
Walter Frye (v.1450-1475)
Andrea Gabrieli (v.1510-1586)
Giovanni Gabrieli (v.1557-1612)
Vincenzo Galilei (1520-1591)
Claude Gervaise (fl. 1550)
Carlo Gesualdo (1566-1613)
Orlando Gibbons (1583-1625)
Nicolas Gombert (v.1495-v.1560)
Claude Goudimel (v.1510(14)-1572)
Pierre Guédron (v.1570-v.1620)
Francisco Guerrero (1528-1599)
Jean Guyot de Châtelet (1512-1588)
Paul Hofhaimer (1459-1537)
Sigismondo d'India (v.1580-1629)
Marc Antonio Ingegneri (v.1547-1592)
Heinrich Isaac (v.1450-1517)
Clément Janequin (v.1485-1558)
John Jenkins (1592-1678)
Jacobus de Kerle (1531-1591)
Leonhard Kleber (v.1495-1556)
Pierre de La Rue (v.1460-1518)
Orlando de Lassus (1532-1594)
Claude Le Jeune (v.1530-1600)
Leonhard Lechner (v.1553-1606)
Alonso Lobo (1555-1617)
Luzzasco Luzzaschi (v.1545 -1607)
Giorgio Mainerio (v.1535-1582)
Pierre de Manchicourt (v.1510-1564)
Jachet de Mantoue (1483-1559)
Luca Marenzio (v.1553-1599)
Claudio Merulo (1533-1604)
Luis de Milán (v.1500-1561)
Philippe de Monte (1521-1603)
Cristóbal de Morales (v.1500-1553)
Thomas Morley (v.1557-1602)
Robert Morton (v.1430-v.1479)
Jean Mouton (v.1459-1522)
Alonso Mudarra (v.1510-1580)
Luys de Narváez (v.1500-1555)
Jacob Obrecht (1457/8-1505)
Johannes Ockeghem (v.1410-1497)
Caspar Othmayr (1515-1553)
Diego Ortiz (v.1510-ap.1570)
Giovanni Pierluigi da Palestrina (1526-1594)
Francisco de Peñalosa (v.1470-1528)
Jacobo Peri (1561-1633)
Peter Philips (v.1560-1628)
Constanzo Porta (v.1528-1601)
Jacob Praetorius l'ancien (inc.-1586)
Michael Praetorius (1571-1621)
Paolo Quagliati (v.1555-1628)
Cypriano de Rore (v.1515-1565)
Arnolt Schlick (v.1460-ap.1521)
Ludwig Senfl (v.1486-v.1542)
Claudin de Sermisy (v.1490-1562)
John Sheppard (v.1515-v.1559)
Alessandro Striggio (v.1540-1592)
Tielman Susato (v.1500-v.1562)
Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621)
Thomas Tallis (1505-1585)
Thomas Tomkins (1572-1656)
Jacobus Vaet (1529-1567)
Enríquez de Valderrábano (v.1500-ap.1557)
Antonio Valente (v.1520-v.1580)
Orazio Vecchi (1550-1605)
Luis Venegas de Henestrosa (v.1510-v.1577)
Philippe Verdelot (v.1475-ap.1552)
Tomás Luis de Victoria (v.1548-1611)
Johann Walter (1496-1570)
Gaspar van Weerbecke (v.1455-v.1517)
Giaches de Wert (1535-1596)
Thomas Weelkes (1576-1623)
Adriaan Willaert (1490-1562)
Gioseffo Zarlino (1517-1590)
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Pianoline
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MessageSujet: La musique de la Renaissance   Jeu 26 Jan - 18:40

Ce semestre en musicologie, j'apprends la Renaissance, et je vous propose donc de vous partager mes cours ainsi que mes recherches approfondies sur la Renaissance, :)

intro :
Le terme de la Renaissance fut employé pour la première fois au XVIe siècle par un peintre italien Vazari, puis fut véritablement établi en tant que mouvement historique et culturel par Michelet au XIXe siècle en France. La Renaissance recouvre les XVe et XVIe siècle et se distingue par sa volonté de retrouver la culture antique gréco-romaine.
L'homme, qui se place dès lors au centre de l'univers, est devenu la mesure de toute chose et on s'intéresse également beaucoup à la nature.
Suite à la chute de Constantinople en 1453, ce sont des savants exilés qui ramènent des documents antiques et des manuscrits traduits en Occident.
Ce mouvement naît en Italie, qui est alors partagée en cité-Etats, où chaque ville est dirigée par une famille importante. Il s'établit en Italie une grande concurrence entre chaque ville, qui veut recruter les meilleurs artistes. (ex de familles : Sforza ou Médicis).
Boèce, philosophe, est un héritier de la culture antique gréco-romaine. Il s'intéresse à l'"éthos", c'est-à-dire aux affects de la musique.
A chaque mode (qui veut dire tonalité à notre époque) correspond un sentiment. (rappel : au Moyen Âge, il existait les 8 modes ecclésiastique : 2 modes ré, 2 modes de mi, 2 modes de Fa, et 2 modes de sol. Et à la Renaissance, on va garder ces mêmes modes, mais ils vont changer de nom et on va leur attirbuer des sentiments). On peut le voir avec une lettre de Bernadillo Cirillo de 1549 :

<< Chez les anciens, la musique était le plus splendide des arts.
Les musiciens de l'Antiquité parvenaient à exprimer les affections les plus
puissantes et à exalter les passions de l'âme humaine, révélant les émotions
que nous ne pouvons imiter à notre époque. En outre, la musique de nos jours
n'est pas le résultat d'une spéculation théorique, mais d'une application des
règles de la pratique. Je donnerai un exemple. "Kyrie Eleison" veut dire
"Seigneur, ayez pitié de nous". Le musicien de l'Antiquité aurait exprimé cette
idée en utilisant le mode mixolydien, celui qui servait à susciter des émotions de
contrition dans le coeur et dans l'âme. Aurait-il réussi à provoquer des larmes,
ou du moins, aurait-il déclenché un état de tristesse capable d'affaiblir les coeurs
les plus durcis. Or malheureusement aujourd'hui la musique est interprétée sans
soin et l'on mélange les modes sans aucune recherche. Pour en finir, je voudrais
dire que la musique devrait être le résultat d'un calcul d'intervalles et de nombres
visant à exalter les sentiments. >>

Voilà, donc on peut voir qu'en plus de citer les sentiments provoqués par les modes, Bernardino Cirillo nous parle de science mathématique (calcul d'intervalles, nombre). La Renaissance avait cette particularité de mêler les sentiments et les mathématiques. La musique était considérée comme une science. Aussi, on peut voir dans sa lettre une sous-estimation de la musique de son siècle et surtout celui d'avant, et qu'il glorifie au contraire la musique de l'Antiquité. L'estime que la grande majorité des contemporains de la Renaissance avaient de leur époque était faible.

les modes :
_ mode dorien (mode de ré)
_ mode hypodorien
_mode phrygien (mi)
_mode hypophrygien
_mode lydien (fa)
_mode hypolydien
_mode mixolydien (sol)
_mode hypomixolydien

On constate que les modes recouvrent les échelles de ré à sol. Il y a 2 modes pour chaque note de ré à sol, par exemple : dorien, suivi de hypodorien. Le mode dorien sera le mode qui a pour tonalité le ré, on dirait qu'on est par exemple en ré majeur, mais il y aurait une prédominance de la note la, située à la quinte au dessus du ré.
Donc :
mode dorien a pour notes principales ré et la.
Ensuite, le mode hypodorien est aussi une tonalité de ré, mais qui aura pour prédominance la note fa, située à la tierce au dessus de ré. Et à chaque fois, le "hypo" signifie une tierce au dessus. Le mode phrygien sera une tonalité de mi avec prédominance du si, le mode hypoprhygien une tonalité de mi avec prédominance du sol, etc...
Et comme à la Renaissance, on associe des sentiments aux modes, voici deux exemples :
_ mode phrygien : la tristesse, mais aussi il incite à aller à la guerre (réf. à Alexandre le Grand qui, étant déprimé, avait écouté une musique en mode phrygien, eut soudain l'envie de partir à la guerre)
_ mode lydien : joie et bonheur


Par ailleurs, on assiste à un mouvement culturel et intellectuel : l'humanisme.
la ptite définition : humanisme = pensée selon laquelle l'homme se place au centre de l'univers et s'intéresse à la nature.
Une des plus grandes écoles de la Renaissance est l'école Gaffurio au XVe siècle.
Franchino Gaffurio était un théoricien de la musique italien qui s'appuyait sur des textes grecs. Ses écrits ont renouvelé la pensée sur des thèmes tels que les modes, consonance et dissonance, les relations mot-musique, l'harmonie. L'école Gaffurio a ainsi permis la diffusion des traités e des manuscrits de musique.

L'imprimerie fut mise au point en 1455 par Gutenberg. Elle permit une meilleure diffusion de la musique. Le premier livre de musique imrpimé date de 1501 et est sorti des ateliers Petrucci : Harmonice musices Odhecaton.

les intervalles :
Au Moyen Âge, les intervalles parfaits étaient la quarte, la quinte et l'octave. (par exemple, si on est en do Majeur : do-fa, ou do-sol, ou do -do) On utilisait aucun autre intervalle.
A la Renaissance, on va utiliser la tierce et la sixte. On a un sentiment de plus en plu harmonique, polyphonique.
Au XVe siècle en Angleterre, on commence le faux-bourdon, qui consiste à chanter un cantus firmus (= un chant déjà préexistant) avec une voix au dessus à l'intervalle de sixte et une voix en dessous de la sixte à l'intervalle de quarte. (ce qui donne par ex : mi-sol-do car mi-do est une sixte et ensuite en reculant do-sol est une quarte)

D'autre part, chaque musicien avait sa partition avec sa propre voix. Nos partitions actuelles avec soprano, alto, ténor et basse, les unes en dessous des autres n'existaient pas.
C'est Aaron qui eut l'idée de la succession des voix, et il faudra attendre un ptit bout de temps après pour que ca soit diffusé. Dès lors, on va considérer toutes les voix comme un ensemble, un tout, de la vraie polyphonie pensée pour chaque voix.


Dernière édition par Pianoline le Sam 31 Mar - 12:57, édité 2 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Jeu 26 Jan - 19:24

Très intéressant, Pianoline, mais compliqué...
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Jeu 26 Jan - 20:02

Ce sont les modes qui sont compliqués ?
En fait dans mon cours, vu qu'on l'avait déjà appris avant, elle a juste mis le nom des modes sans rien expliquer, donc j'ai essayé de résumer et d'expliquer très birèvement, Embarassed et les intervalles, ca va ?
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joachim
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Ven 27 Jan - 10:13

Tu sais, pianoline, tu parles à quelqu'un qui n'a rien compris au solfège en général, alors, modes, intervalles, etc, ça me dépasse Embarassed

Mais continue ton historique, c'est intéressant, surtout quand tu vas aborder les compositeurs, puis, j'espère, la jonction avec le baroque.
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Jean

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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Ven 27 Jan - 11:27

J'ai fait un minimum de solfège et un peu plus (mais peu!) ...j'avoue que les "modes" et plus j'ai complètement oublié Embarassed
mais ton sujet est trsè interressant...même si une partie restra très "ésotérique" pour les non initiés Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Ven 27 Jan - 16:36


De toute façon, j'ai toujours détesté les modes, sauf la courte à une époque. Hehe
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Jean

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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Ven 27 Jan - 17:47

Icare a écrit:

De toute façon, j'ai toujours détesté les modes, sauf la courte à une époque. Hehe

ah celle ci on aurait dû s'y attendre....tu as devancé Stadler et Snoopy Ptdr
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Stadler
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Ven 27 Jan - 22:32

Hehe
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Ven 27 Jan - 23:35

Et bas dis donc, j'en ai mis du temps avant de comprendre la blague de Icare, ^^ j'ai envie de dire, c'était petit,

Je vais essayer d'expliquer les modes en réeditant mon message, et je vais retirer un peu les anciens modes médiévaux pour pas vous embrouiller, Wink
après, ben les intervalles, c'est seconde, tierce, quarte, quinte, sixte et septième... Avant, y avait que quarte, quinte et octave, par exemple l'écart entre les notes : do-fa, ou do-sol, ou alors do (grave) et do (aigu). Et à la Renaissance, on va entendre des quartes, quinte et octave mais aussi on ajoute la tierce et la sixte. Donc c'est plsu riche harmoniquement, Wink
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Ven 27 Jan - 23:42

Voilà, j'ai édité mon premier sujet, j'ai enlevé les termes "authente" et "plagal" qui caractérisaient le Moyen Âge et j'ai comparé avec ce qu'on dit de nos jours. J'ai essayé d'être la plus claire possible en donnant des exemples, j'espère que vous comprendrez mieux, n'hésitez pas si ca reste difficile, je serais ravie de pouvoir vous expliquer, Very Happy
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Pianoline
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MessageSujet: La musique de la Renaissance (partie 2)   Lun 30 Jan - 19:45

2e partie

Cette fois-ci, musiiiique, pour illustrer le cours, :)


Il s'agit de Quam pulchra es de Dunstable, qui signifie "Comme tu es belle". Il s'agit d'un motet (= une pièce polyphonique religieuse à plusieurs voix, et où il y a du texte.) C'est homorythmique : toutes les voix ont le même rythme, des accords verticaux. Il est de style cantilène. cantilène = la voix aigue est mise en évidence par rapport aux autres voix, voix principale (comme la plupart de nos musiques actuelles. Mais à la Renaissance c'est nouveau, avant on mettait toutes les voix les unes sur les autres, toutes la même importance, il n'y avait aucune cohérence). C'est aussi une antienne votive, c'est-à-dire une louange à Dieu.

Dunstable était un compositeur anglais du début de la Renaissance. Il est entré au service du duc de Belford et a vécu la plupart de sa vie en France. Il participa à la guerre de Cent ans et fut du côté des anglais. Beaucoup de ses oeuvres ont été trouvées dans des manuscrits français. Ses oeuvres principales sont : O rosa bella, Quam pulchra es et Veni sancte spiritus.

Toute la liturgie dédiée à la vierge Marie va connaître un essor phénoménal à la Renaissance en Europe.
Le motet évolue : il est polyphonique, généralement écrit sur un texte sacré autre que celui de la messe. Le compositeur est plus libre dans la forme et le rythme.

I Ecole bourguignone

La Guerre de Cent ans déplace la vie créatrice de la France vers les régions du Nord, vers le duché de Bourgogne. Musiciens flamands, français, bourguignons et anglais s'y rencontrent, échangent et diffusent des musiques nouvelles.
Vers 1450, le duché de Bourgogne est en plein essor, et les chapelles étaient parmi les plus riches d'Europe. Leur influence s'est établie partout et a donné naissance au style bourguignon.
Les chapelles sont des lieux de prière, mais aussi de musique : on y trouve des chanteurs, un maître de chapelle (et oui ! ce terme vient de l'école bourguignone, avec la musique dans les chapelles), un organiste et des instrumentistes. Le maître de chapelle dirige les musiciens. Les chanteurs sont de plus en plus spécialisés et chantent en fonction de leur tessiture.
Les voix sont :
_ Cantus (voix aigue, actuellement soprano)
_ Altus (voix intermédiaire, alto)
_ Ténor
_ Bassus
Les chanteurs et le maître de chapelle se déplacent partout, d'où cette internationalisation de la musique bourguignone.
Par ailleurs, on peut supposer que cette école soit la diffusion de l'école de Josquin des Prés. Il avait une telle renommée que tous les musiciens se réclamaient de lui.

Les caractéristiques de la musique franco-flamande sont :
_ la tessiture (voix) devient relativement large
_ les timbres sont de plus en plus différenciés (on distingue bien la différence entre les voix, on cherche une cohérence, un tout), avec une mélodie à la voix aigue, deux voix intermédiaires en contrepoint, et une basse
_ l'utilisation du style faux-bourdon (rappel : c'est un accord, avec un intervalle de sixte en montant, par exemple : do-la, pusi de quarte en descendant : la-mi, donc ca donne do-mi-la)
_ la cadence bouguini (premier accord à l'intervalle de sixte suivi d'un accord d'octave avec une quinte à vide (sans tierce au milieu) )
_ rythme souvent ternaire : 3/4 ou 6/8
_ évolution et apogée de la chanson, écrite sur un texte français, comme par exemple le rondeau, ou la ballade...

Oh allez, paupause !!! Adieu ces bons vins de Lannoys, de Dufay :

ca parle de vin, ca devrait vous motiver, Laughing

Dufay (1400-1474) est un compositeur flamand de la Renaissance. Il fut chantre à la cathédrale de Cambrai, il est allé plusieurs fois en Italie, a travaillé à la cour pontificale de Rome, puis fut au service du duc de Savoie.
La plupart de ses oeuvres ont été retrouvées dans des manuscrits italiens. On trouve des motets, des magnificats et des chansons.
Son oeuvre principale est Nuper rosarum flores, motet à 4 voix partagées en 2 groupes : 2 voix aigues vocales et 2 voix graves instrumentales. Cette répartition des voix aère la trame polyphonique pour permettre une meilleure compréhension du texte.

Nuper rosarum flores, oeuvre la plus importante de Dufay :


Ce motet est un motet isorythmique, un motet surtout employé surtout à la fin du moyen-âge, et à l'écriture très complexe : divers rythmes, des thèmes mélodiques. Si vous faîtes attention, vous pouvez entendre plusieurs entrées mélodiques, des répétitions, et différents rythmes entre les voix, Wink Il fut demandé à Dufay pour la consécration de l'église de Ste Marie dei Fiori à Florence, qui venait d'être construite, et dont Brunelleschi venait de faire une magnifique coupole indépendante à l'église. C'est donc pour rendre hommage qu'il fut ce motet.

Voilà !
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Icare
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Lun 30 Jan - 20:57

Excellent exposé. Mais la chanson de Dufay m'a un peu saoulé et j'ai eu du mal à aller au bout. je lisais tout en double. Hehe

Sérieux, super intéressant! Very Happy Quam Pulchra es, Pianoline! Kiss
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Lun 30 Jan - 21:06

Claude : oui, tu as tout à fait raison, ces compositeurs sont en fait dans une sorte d'intermédiaire : ils sont entre la fin du Moyen Âge et le début de la Renaissance. Mais c'est leur musique finalement qui a fait qu'on les a mis dans la Renaissance, avec leurs motets aux caractéristiques de la renaissance, :)

Icare : merci beaucoup ! Embarassed
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Jeu 2 Aoû - 19:21

Je suis vraiment désolée pour tout mon retard. Je voulais écrire les posts au fur et à mesure de mes cours mais... No
Donc je profite des vacances pour tenter de... détailler toute l'histoire de la musique de la Renaissance, (en attendant, ca me fait réviser... )

J'espère que ca pourra servir pour de futurs musicoss ou pour ceux qui feraient des recherches sur la musique de la Renaissance, Et surtout si vous ne comprenez pas quelque chose, je serais heureuse de pouvoir vous l'expliquer.

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Pianoline
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Jeu 2 Aoû - 20:04

Alors, nous sommes donc au début de l'école bourguignonne (décrit dans le topos au dessus), juste après les compositeurs Dunstable et Dufay.

La messe et le motet sont les genres les plus employés de la Renaissance.
Au XVIe siècle, la messe polyphonique était une réunion de morceaux indépendants. (imaginez des extraits de musique différents qu'on metterait ensemble pour faire un tout, sans se soucier de la cohérence). La messe de Guillaume de Machaut (compositeur de la fin du Moyen-Âge en avance pour son temps) constituait une exception. Dufay et ses successeurs chercheront à écrire des messes entières comme Machaut, mais en pensant à leur donner une unité : adopter un thème commun à la plupart des morceaux d'une même messe. (Une des grandes nouveautés de la Renaissance ! Wink)
Sont mis en polyphonie le Kyrie, le Gloria, Credo, Sanctus et Agnus Dei. Les autres morceaux de la messe sont en plain chant.
Le type de messe le plus ancien est la messe à teneur : le thème est présenté plus ou moins intégralement au ténor. Au début, la teneur est la seule à utiliser le thème : c'est le cas de la messe L'homme armé de Dufay. Plus tard, les autres parties se mettront à utiliser le thème.




Ensuite, on assiste à la messe de divisa : pour faire simple, c'est juste un motif récurrent, soit au ténor, soit à la voix aigue.

Les messes étaient écrites :

_ tendance à donner la même importance à toutes les voix
_ généralement à 4 voix
_ contrôle des dissonances
_ utilisation souvent de la tierce et de la sixte

Le motet isorythmique a une écriture très complexe, la voix principale étant à la voix supérieure (ce qu'on appelle le style cantilène), et avec les principes de Color et Taléas. La Color, c'est tous les motifs mélodiques, toutes les phrases mélodiques différentes, et La Taléa , c'est tous les rythmes différents. Plus un motet possède de Colors et Taléas, plus il est complexe. On emploie le motet isorythmique pour de grandes occasions, des fêtes. Il devient désuet à la Renaissance en raison de sa complexité d'écriture.

Binchois (1400-1464) est un compositeur de la Renaissance qui a travaillé au service du duc Philippo de Bourgogne. Il fut un maître incontesté de la musique bourguignonne.
Pour plus d'infos: http://musiqueclassique.forumpro.fr/t400-gilles-binchois?highlight=binchois

En 1477 : Fin du duché de Bourgogne, on parle alors de musique franco-flamande. (qui est simplement la prolongation, Wink)

II La seconde moitié du XVe siècle

On continue à recruter en Italie, en France, en Allemagne et en Espagne des musiciens ranco-flamands. La cour de France devient un lieu important d'essor culturel.

Ockeghem :
Joannes Ockeghem (1425-1497), virtuose de la polyphonie, est né à Saint-Ghislain et figure comme enant de choeur à la cathédrale d'Anvers. Il travaille auprès des rois de France. Il était un véritable expert dans l'art du contrepoint. Il a composé par exemple un Deo Gratias à 36 voix (oeuvre que j'aime beaucoup, I love you ). Il était le compositeur le plus illustre de son époque et fut le maître de beaucoup de compositeurs, dont Josquin des Prés.



Vous aimez ? Je trouve ca incroyable pour cette époque, c'est très complexe d'écriture, et ca demandait quand même beaucoup de chanteurs ! C'est un très beau flot musical, une belle évolution. :)

La suite... plus tard !
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Jeu 2 Aoû - 21:48

Déploration de la mort d'Ockeghem de Josquin des Prés


Analyse : des rythmes souples, rappel rythmique libre du plain-chant. Une musique beaucoup plus sombre, grave et une structure harmonique (c'est à dire la richesse des 4 voix, les ornementations des voix) plus dense. Impression de flou, de "pas fini". On varie les sonorités : éclatement des voix pour donner plus de contraste (supérius (voix aigue), alto, ténor, basse qui entrent à des entrées bien distinctes) comme par exemple en bicinium (deux voix qui entrent en même temps, suivies par les autres voix).

Ockeghem usait de nombreuses subtilités et jeux très complexes, on appelait ca des canons (rien à voir avec le genre "canon" que l'on connaît aujourd'hui).
Par exemple, le canon cancrizans consistait en ce que la voix qui manque sur la partition chante de la fin jusqu'au début. Ou encore le canon in diapante où la voix qui manque chante une quinte au dessus. Sinon, il y a aussi le "clama non cesses" où la voix qui manque sur la partition doit chanter sans respecter aucun silence, aucune pause.

La messe devient le répertoire principal, c'est dans la messe qu'on peut montrer ses capacités d'écriture savante.
Ockeghem écrivit deux messes canoniques :
_ messe canonique de mensura : chaque mesure écrite avec un temps différent : 6/8, 2/4, 7/8...
_ messe cuisvi toni : on peut transposer dans n'importe quel ton.

Messe Cuisvi toni de Ockeghem :



Pour les chansons, on commence à trouver des séquences imitatibes. On assiste à 4 voix qui jouent avec l'éclatement des voix (comme les entrées en bicinium), des jeux de questions/réponses, et on néglige de plus en plus les formes fixes comme rondeau, ballade, virelai... On préfère des poèmes à forme libre ou des textes populaires.
On va utiliser davantage le binaire, alors qu'on utilisait toujours le ternaire.

Obrecht (1450-1505) est un musicien du nord qui opère la transition entre le style d'Ockeghem et celui de Josquin des Prés.
pour plus d'infos : http://musiqueclassique.forumpro.fr/t700-jacob-obrecht?highlight=obrecht

On assiste également à deux autres types de messe :

_ messe paraphrase : messe monodique où le cantus firmus (chant préalable surlequel le compositeur s'insire pour faire une messe) est modifié. Par exemple, pour le cantus firmus migrans, il passe d'une voix à l'autre. (au lieu d'être seulement à la voix de ténor)

_ messe d'imitation, autrement dite messe parodie : messe polyphonique qui s'inspire d'une autre oeuvre polyphonique à part entière. Souvent employées pour rendre hommage à un compositeur de l'oeuvre sur laquelle on se base.
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Icare
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Jeu 2 Aoû - 23:30


Je viens de m'apercevoir que de la lecture intéressante et instructive vient d'être postée ici. Pianoline, je vais lire ça demain à tête reposée car là je faiblis. Et même écouter!
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Mer 8 Aoû - 21:52

III Texte et musique à l'époque de Josquin des Prés

A l'époque d'Ockeghem, on se souciait très peu du texte, qui était souvent incompréhensible.
Josquin va être l'un des premiers compositeurs à se soucier des paroles : chaque syllabe se trouve sous la note.
Il a su proposer un langage neuf dans les rapports entre texte et musique, harmonie et polyphonie, mélodie et rythme.
Cela est du sûrement au fait que les compositeurs voyageaient beaucoup en Italie et ont cotoyé la musique populaire italienne, où le rapport syllabique de la musique était très important.

Par exemple la frottola était une chanson populaire italienne avec une écriture homophonique et un caractère comique et parodique. On observe beaucoup de transcriptions de frottole pour orgue. Les rythmes sont clairs et répétitifs.

El grillo de Josquin des Prés


J'adore celle-ci, que je trouve très rigolote. Caractère comique, on s'en doute. Rythmes clairs et répétitifs et bien sûr écriture homophonique car ils chantent tous la même note, le même son, :)

"Musica reservata" est un terme utilisé pour la première fois par un disciple de Josquin pour définir la musique de son maître où musique et paroles fusionnent.

La chanson française est un genre majeur en Europe. Elle est écrite généralement à 4 voix, écriture imitative, expression du texte, cadences très bien marquées (limite exagérées pour bieeeeeen se faire entendre, )
On va se servir de poèmes, choisis en fonction des possibilités d'illustration du texte en musique. --> illustrer la beauté littéraire en musique
La chanson devient l'un des produits les plus commercialisés par les éditeurs.
Les 4 voix sont essentielles et ont désormais toutes la même importance. (contrairement à nous qui valorisons surtout la voix principale mélodique, et la basse...)
Parmi les compositeurs de chansons françaises, on trouve Gombert, Arcadet, Roland de Lassus, et le plus célèbre Clément Jannequin.

Pour Josquin des Prés, voici sa biographie ici : http://musiqueclassique.forumpro.fr/t562-josquin-des-pres?highlight=josquin

Ses premières oeuvres de musique sacrée rivalisent avec la complexité contrapuntique et ornementale (du temps d'Ockeghem : rappelez-vous la complexité des canons, le nombre énorme de voix, encore plus complexe d'une sinfonia de Bach !) , mais en même temps qu'il élaborait sa technique contrapuntique, environné par la musique populaire italienne à Milan, il acquérait un langage italianisant pour sa musique profane.
Vers la fin de sa carrière, il a développé un style simplifié dans lequel chaque voix adopte un mouvement libre et régulier et où il accorde une grande importance dans l'adéquation texte/musique.
Josquin des Prés a écrit dans toutes les formes importantes de son époque : messe, motet, chanson, frottola.

Le style de Josquin :

_ Imitation continue
_ lien profond entre texte et musique
_ sentiment harmonique fort (tierce et quinte, ou tierce et sixte)

style imitatif syntaxique : à chaque phrase littéraire va correspondre une phrase musicale.
Quand la phrase littéraire change, on change donc de phrase musicale.

a) la messe, de Josquin

*messe de cantus firmus (cantus firmus = chant préalable) : motif musical préexistant apparaît à une des voix. (par exemple, le refrain de Frère Jacques qui apparaîtrait à une des voix dans la messe, :p)



Ici, à chacune des sections de la messe (Kyrie, Gloria, Credo...) commence l'ordre des notes. Par exemple, le Kyrie commence par ut, le Gloria, Ré... Là, je vous ai donné l'Agnus Dei donc ca commence par sol,
C'est homoythmique.

*messe paraphrase: motif musical préexistant est utilisé librement par toutes les voix ( là, pour le coup, ce serait Frère Jacques décomposé en ptits bouts par chaque voix, ^^)


Pour les curieux, cette messe est basée sur l'hymne de Saint-Thomas d'Aquin pour les vêpres de la Fête-Dieu.

*messe d'imitation parodique : là on se sert d'une composition polyphonique préexistante en entier comme base structurelle de la messe. C'est le même principe que la messe paraphrase, sauf qu'au lieu d'une seule ligne mélodique partagée par toutes les voix, là c'est carrément une oeuvre polyphonique entière qui est reprise.



*sogetto cavato : la succession des notes est donnée en fonction de la ressemblance de leur nom avec la sonorité des syllabes d'un nom ou d'une phrase.
Vous ne comprenez rien ? c'est normal, moi aussi je n'avais rien compris jusque là, ^^
Un ptit exemple :

Lascia fare mi --> la -sol -fa -ré- mi (dîtes le oralement, vous vous rendrez compte que ce sont les mêmes syllabes, même sonorité)

Il a écrit sa messe Lascia fare mi, dont le motif mélodique est "la, sol, fa, ré, mi" mais aussi une messe "Hercules dux Ferrariae" donc le motif mélodique est :
Hercules Dux Ferrariae
ré ut ré ut ré la mi ré



b) Chanson, de Josquin

Josquin a laissé de nombreuses chansons françaises allant de 3 à 6 voies et quelques chansons italiennes (frottole, comme la vidéo El grillo mise au dessus). Il utilise souvent des chansons avec un cantus firmus, ou une chanson populaire dont les origines sont maintenant inconnues.



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Snoopy
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Mer 8 Aoû - 22:12

Ben dis donc, c'est super bien documenté. Bravo Pianoline
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Icare
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Mer 8 Aoû - 22:25


Lorsque l'on voit des petites comme ça on se dit que la France n'est pas encore fichue. Bravo Pianoline!
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Jean

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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Mer 8 Aoû - 22:37

que dire de plus!! Wink
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Mer 8 Aoû - 23:45

Oh merci beaucoup, c'est super gentil ! Embarassed

La documentation vient principalement de mes cours à la faculté de musicologie où j'ai eu la chance d'avoir de bons professeurs, et les phrases sont parfois tournées grâce à des sites internet surlesquels j'ai cherché bêtement des définitions faciles et claires.
Sinon, de très bons livres sur l'histoire de la musique, pour chaque période : de Jacques Chailley. Je me suis fortement inspirée de ses livres aussi.

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felyrops

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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Jeu 9 Aoû - 7:13

Bravo Pianoline, tu arrives bien à projeter l'évolution de la musique sur les changements continuels de l'histoire politique, car il y a interférence entre les deux.
Je sens déjà qu'un jour tu enseigneras !
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Musique de la Renaissance   Ven 10 Aoû - 19:59

(merci beaucoup Felyrops, ca me motive encore plus, Very Happy )

Après Josquin des Prés

La renommée de Josquin était telle que tous les musiciens des générations suivantes se sont réclamés de lui. Il eut peu d'élèves, mais nous pouvons citer Jean Mouton et Nicolas Gombert.


Isaac
Il compose des pièces vocales sur des mélodies populaires. Il est franco-flamand, né au duché de Bourgogne. (sachant qu'on parle de la musique franco-flamande, il ne pouvait pas tomber mieux celui là, :p) mais est parti comme ses contemporains travailler en Italie, à Florence. Puis il est parti à Vienne et à Innsbruck pour l'empereur Maximilien. Il retourne ensuite à Florence où il reste jusqu'à la fin de sa vie.
Lors de la mort de Laurent le Magnifique en 1492, Isaac pleure la mort de celui-ci :

Quis dabit capiti meo aquam ? de Isaac


Il traduit en musique sa tristesse avec des lignes mélodiques descendantes qui suggèrent l'écoulement des larmes des muses et des nymphes.
--> moi ca me fait penser au même principe qu'utilise Arvo Pärt dans son Cantus in memory of Benjamin Britten

Innsbruck ich muss dich lassen de Isaac


Lied allemand, quand il a dû quitter la belle ville d'Innsbruck. Mélodie à la voix aigue, cadences très bien marquées, style italianisant, syllabique, 4 voix.
Luther a repris ce lied en faisant un choral : "O welt ich muss dich lassen".

Contrafactum : on prend la même mélodie et on change les paroles. (ce que nous on appelerait une "parodie" en quelques sortes...

Gombert
ici : http://musiqueclassique.forumpro.fr/t5684-nicolas-gombert?highlight=gombert
Il a le style musical de Josquin mais ses cadences sont moins marquées, ce qui lui a valu le surnom de "compositeur sans silence".

On peut constater à partir des années 1520 :
_ il n'y a plus de techniques très compliquées du temps d'Ockeghem
_ Il n'y a plus de messes de cantus firmus
_ la messe d'imitation se développe de plus en plus
_ la musique instrumentale se développe


IV Les styles nationaux

A) Italie
Après l'utilisation du style franco-flamand, ce sont les musiques italiennes qui dominent.
Willaert va travailler par exemple au service de plusieurs princes italiens et va former un certain nombre de compositeurs à Venise comme Gabrieli ou Zarlino.

la frottola : musique populaire italienne en style syllabique, rythme très marqué, accords à l'état fondamental avec tierce et quinte. homophonique, préminance de la voix supérieure.
--> dans le poste du dessus, j'avais mis El grillo de Josquin des Prés, qui est une frottola.

Petrucci, qui est un grand imprimeur de l'époque, a publié 11 anthologies de frottole à 4 voix, ce qui témoigne de la popularité de ce genre au début du XVIe siècle. Souvent, les chanteurs improvisaient de manière mélismatique lros des cadences. Il existait aussi plusieurs arrangements pour instruments.


le madrigal
: La frottola est le précurseur du madrigal. Il est né en Italie à Florence dans la première partie du XVIe siècle. C'est la forme stylisée et savante de la frottola. Le madrigal devient le principal genre profane en Europe.
Le madrigal est la mise en musique d'un poème bref de forme libre (pas de contraintes avec les refrains, les couplets, une forme précise comme rondeau, ballade...) avec des vers de 7 à 11 syllabes. Le choix du texte revêt d'une importance capitale.
Les compositeurs vont se servir notamment des poèmes de Pétrarque pour leurs madrigaux.
Il ya une intention musicale dans les vers de ses poèmes avec des sentiments contrastés :
Piacevolezza (amusement, plaisance) / Gravità (gravité)
Donc dans le madrigal : contraste de variations, de sentiments, de notions. Le madrigal va servir à illustrer le texte.
Les compositeurs principaux sont Verdelot, Willaert, Arcadelt, Rore.

Il bianco e dolce cigno d'Arcadelt



Rore
Compositeur du nord qui a fait toute sa carrière en Italie. (ca vous étonne ? ) I va beaucoup utiliser le contrepoint, l'éclatement des voix (bicinium --> rappel : quand deux voix entrent séparément, suivies des autres voix) ainsi que la gamme chromatique et les modulations harmoniques.
http://musiqueclassique.forumpro.fr/t6934-cyprien-cipriano-de-rore?highlight=rore

Marenzio publie des compositions d'illustration musicale. Il va illustrer en musique une montagne, une rivière...

Gesualdo
Personnage.... flippant, x)
Il était prince de Venosa et compositeur. Il fut l'auteur d'oeuvres très madrigalistiques.
Sa personnalité très complexe influença sa musique. A 30 ans, il vit sa femme avec un autre homme dans sa chambre et les poignarde tous les deux. Doutant de la légitimité de son fils, il le fait étouffer.
Accusé de meurtre, il doit quitter Naples et s'établit à Ferrare où il se marie avec la fille du duc de Ferrare. Il a alors à son service, selon sa volonté, des jeunes hommes qui doivent le fouetter et le frapper.
Sa personnalité très complexe se ressent dans ses oeuvres où l'on éprouve de l'angoisse, de la violence, de la nervosité. Cela s'explique par de nombreux chromatismes, des dissonances, des retards sous forme de points de supsension...

Captivés ? Ok, voici l'exemple en musique.



des cadences sur le Ve degré (du coup, on attend la suite, on est dérangé que ca termine de cette façon) , modulations inattendues, brutes. Grosses dissonances, mise en scène théâtrale ---> on sent déjà les prémisses de l'opéra.

Gesualdo est le dernier représentant des madrigaux italiens.

Montervedi
Il va faire le lien entre la in du madrigal et le début de l'opéra.
L'Orfeo est considéré comme le premier opéra. Ses 5 premiers livres de madrigaux sont très madrigalistiques du début XVIe siècle. Il va beaucoup insister sur le côté théâtral des madrigaux. Par côté théâtrale, j'entends la mise en scène mais aussi les contrastes de sentiments et de notions : Piacevolezza et Gravità, expliqués au dessus.
Monteverdi est aussi le premier à mettre à l'écrit les ornements et les improvisations.
pour plus d'infos : http://musiqueclassique.forumpro.fr/t148-claudio-monteverdi-1567-1643?highlight=monteverdi

Pour les curieux : Monteverdi s'est disputé avec Artusi, très influencé par Zarlino, théoricien italien célèbre pour ses règles d'harmonie.
Artusi considérait que Monteverdi ne respectait pas les règles de Zarlino et que donc il était très mauvais compositeur.
Monteverdi répond alors aux critiques d'Artusi dans son 5e livre de madrigaux :

"Certains seront certainement déconcertés de lire mes propos car pour eux il n'existe pas de pratique musicale différente de celle préconisée par Zarlino. Or il est temps de savoir que les consonances et les dissonances peuvent être considérées d'une façon nouvelle qui ne se contente pas de lier les sentiments à la raison. Je viens à vous signaler cela pour que l'expression Seconda Pratica ne reste pas dans l'oubli.
Penser l'harmonie sous une perspective nouvelle et comprendre que les techniques des compositeurs d'aujourd'hui sont tout aussi valables que celles de Zarlino"

Ce qui nous a valu les deux expressions :

_ Prima Pratica, qui respecte les règles d'harmonie de Zarlino, toujours actuelles, bien classiqueshttp://illiweb.com/fa/wysiwyg/color_swatch.png
_ Seconda Pratica : tous les autres qui ne respectent pas les règles de Zarlino

Je suis sûre que ce débat pourrait être remis d'actualité. (aussi pour ce qui concerne la musique contemporaine d'ailleurs, )

D'autres formes cohabitent avec le madrigal :
_ Villanesca : homophonique, voix principale aigue, cadences bien marquées, et moins de figuralisme que le madrigal, moins théâtral.
_ Balletto : écrit pour être dansé, toujours intégré avec un refrain dont les paroles sont "Falala"
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