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 Claude Debussy (1862-1918)

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Snoopy
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MessageSujet: Claude Debussy (1862-1918)   Mar 15 Aoû - 15:09

Achille-Claude Debussy est un compositeur français. Il naît le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye et meurt à Paris, le 25 mars 1918.

Debussy est considéré comme l’un des compositeurs les plus importants du XXe siècle. Il reçoit de son vivant le surnom de « Claude de France », en référence à son rôle de défenseur d'un certain courant musical qui se veut national et, d'une façon plus anecdotique, en allusion au fait qu'il partage avec Louis XIV (« Louis de France »), le même lieu de naissance.
Tout en continuant d'admirer Wagner, il rompt avec le romantisme du siècle précédent et est rattaché généralement, à son corps défendant, au courant impressionniste (musical). Il refuse ainsi d'entrer dans un « moule » préétabli et recherche constamment la liberté la plus totale.

Né à St-Germain-en-Laye le 22 août 1862 dans la banlieue ouest de Paris, Claude Debussy est l'aîné des cinq enfants de Manuel et Victorine Debussy. Sa famille part en 1865 pour la capitale, suite à la faillite du père et de la boutique familiale de porcelaines. Si ce dernier voulait que son fils devienne marin, c'est vers la musique et le piano que le jeune Claude se tourne. Il suit d'abord des cours d'initiation avant que Mme Roustan, une tante habitant Cannes et financièrement aisée, chez qui il séjournait fréquemment avec ses frères et sœurs, ne lui fasse donner des leçons par une certaine Mme Mauté de Fleurville. Celle-ci avait été notamment élève de Chopin et n'était autre que la belle-mère du poète Verlaine.

Fort de ses progrès, Debussy est admis au Conservatoire national de Paris en 1872 et à l'âge de dix ans. Il y étudie pendant les douze années suivantes, travaillant le solfège avec Albert Lavignac, le piano avec Antoine Marmontel, l'harmonie avec Emile Durand, l'accompagnement avec Auguste Bazile puis la composition avec Ernest Guiraud.

Élève aussi doué qu'indiscipliné, le jeune Claude se heurte à l'incompréhension de certains professeurs et gardera toujours un souvenir amer de ses années d'apprentissage. À ce sujet, circulent plusieurs anecdotes dont une avec Guiraud qui lui aurait dit : « Je ne dis pas que ce que vous faites n'est pas joli, seulement que c'est théoriquement absurde ». Ce à quoi Debussy lui aurait répondu : « Il n'existe pas de théorie. Vous n'avez qu'à écouter. Le plaisir est la loi ». Il ne remporta jamais de premier prix de piano, juste un second prix à l'âge de quinze ans. Cependant il obtint, peu de temps après, le premier prix d'harmonie pratique.

Durant son adolescence, il est également accompagnateur de Mme Marguerite Wilson-Pelouze, dame fortunée et cultivée. Par la suite, il est introduit auprès de la riche baronne et veuve russe Nadezdha Von Meck, protectrice de Tchaikovsky. Elle l'accueille dans sa résidence en Allemagne. Debussy travaille pour elle en qualité de pianiste, ce qui lui permet de voyager l'été en Europe et en Russie, trois années durant, avec les membres de la famille Von Meck. De retour à Paris en 1880, il reprend ses études de composition, fait la connaissance de figures musicales telles Erik Satie et Paul Dukas. Il devient, à la même période de sa vie, un intime de la famille Vasnier et en particulier de l'épouse Blanche-Adélaïde, à qui il donne des cours et avec qui il entretient, dit-on, une relation amoureuse pendant cinq ans... relation assez vague et toujours mal connue aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, cette femme devint la dédicataire attitrée de ses œuvres de jeunesse et il lui composa quelques chants.

En 1884, le jeune musicien décroche un premier prix de Rome avec sa cantate L'enfant prodigue et, conformément au règlement, obtient une bourse et un séjour de trois ans à la Villa Médicis. Il part pour la « Ville Éternelle » en janvier 1885. Debussy y découvre la musique de Palestrina et les splendeurs de l'Italie mais reste hermétique au bel canto. Il rencontre plusieurs musiciens importants de l'époque, dont Verdi et Liszt.

Cependant, l'artiste vit mal cet exil et ne parvient qu'avec peine à composer quatre pièces : l'ode symphonique Zuleima (d'après un texte de Heinrich Heine), la pièce orchestrale Printemps et la cantate La Damoiselle élue (1887-1888). Ces œuvres envoyées au Conservatoire furent jugées, en particulier Zuleima, comme étant « bizarres, incompréhensibles et impossibles à exécuter ». Encore soumise à l'influence de César Franck, la quatrième pièce est une Fantaisie pour piano et orchestre qui, par la suite, fut retirée de son catalogue par le compositeur.

Au bout de deux ans, Debussy donne sa démission au Conservatoire et rentre en France. Il s'installe dans le quartier de Montmartre, rompt définitivement avec Mme Vasnier et débute une relation avec Gabrielle Dupont qu'il aime à appeler « Gaby aux yeux verts ». Ils vivront ensemble pendant près de dix ans.

Vers 1887, Debussy fréquente les cercles de poètes symbolistes où l'on retrouve Rimbaud, Baudelaire (à la lisière du romantisme et du symbolisme), Verlaine, Mallarmé. En 1888, il se rend à Bayreuth où il assiste à plusieurs opéras de Richard Wagner : Die Meistersinger von Nürnberg (Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg), Tristan et Isolde, Parsifal. Si ces œuvres provoquent chez lui un sentiment mitigé, elles le marqueront à jamais.


C'est, avant tout, l'exposition universelle de 1889 et sa découverte de rythmes et d'associations de sonorités « exotiques », plus spécifiquement à travers ceux du gamelan javanais, qui lui font forte impression et influent profondément sur ses compositions à venir : gamme, « couleurs » sonores, ruptures rythmiques.

Arrive en 1890, sa Suite Bergamasque pour piano, son premier grand succès, suivit plus tard d'un poème symphonique, Le Prélude à l'après-midi d'un faune tiré d'un poème de Mallarmé. La première à Paris en décembre 1894 fut mal exécutée et l'ouvrage s'attira les foudres d'une majeure partie de la critique, tout en faisant bonne impression auprès de certains cercles artistiques présents. Cette composition remporta un franc-succès dans toute l'Europe.

Debussy s'attelle ensuite à son unique opéra complet (son second, Rodrigue et Chimène, est demeuré inachevé). En gestation depuis déjà dix longues années, Pelléas et Mélisande, mélange de poésie (sur un livret de Maeterlinck) et de musique. Sa réputation s'étant entre-temps considérablement accrue, il peut se permettre une grande première à l'Opéra-comique de Paris en 1902. C'est un triomphe qui lui permet de ne plus se soucier de problèmes financiers pendant un temps, comme il en eut quelques années plus tôt à Montmartre. Et pourtant, durant les préparations de la représentation, des incidents se produisirent qui auraient pu en faire un échec cuisant ; Debussy avait reçu l'autorisation de Maeterlinck d'utiliser son livret à la seule condition que la maîtresse de ce dernier chante le rôle de Mélisande. Ce qui ne fut pas le cas, l'Opéra-comique et le compositeur accordant le rôle à Mary Garden, une jeune soprano américano-écossaise. Le librettiste le prit très mal et faillit même, selon plusieurs témoignages, provoquer Debussy en duel. Il s'ensuivit des tentatives de sabotage, telle la dégradation de parties orchestrales sur les partitions durant les répétitions, rendant impossible l'identification des bémols ou des dièses.
D'autres événements extérieurs eurent lieu. Ainsi, peu de jours avant la première, Claude Debussy dut composer de longs interludes orchestraux car on constata que les temps nécessaires aux changements de scènes et de décors, tels qu'écrits dans la partition, n'étaient pas suffisants. Pour couronner le tout, des pamphlets contre l'ouvrage furent même distribués à l'entrée par des détracteurs. Néanmoins Pelléas et Mélisande assit définitivement la réputation de Debussy et ce, sur un plan international. L'opéra fut joué, entre autres, à Londres et à New York.

Entre-temps, Debussy se sépare de Gabrielle Dupont (il la quitte en 1899) pour épouser Rosalie Texier, une couturière. Quatre ans plus tard, il rencontre Emma Bardac, femme d'un banquier qui avait été la maîtresse de Gabriel Fauré et avec laquelle il entame une nouvelle relation, délaissant alors son épouse. Cette rupture poussa cette dernière à une tentative de suicide, en se tirant une balle dans la poitrine, dont elle survit. L'affaire fit scandale, Debussy étant fermement critiqué pour son attitude dans cette histoire et ce, même par des amis proches. Cependant, il obtient le divorce et se marie avec Emma en 1908. Ils ont une fille, Claude-Emma Debussy, surnommée « Chouchou », à qui il dédie sa suite pour piano Children's corner, composée entre 1906 et 1908. Née le 30 octobre 1905, elle meurt de la diphtérie le 14 juillet 1919. L'album que Claude Debussy lui consacre porte cette dédicace : « À ma très chère Chouchou... avec les tendres excuses de son père pour ce qui va suivre ». Après la mort de son père, le pianiste Alfred Cortot joue ces morceaux en sa présence. Elle aurait alors déclaré : « Papa écoutait davantage ». Elle est enterrée dans la tombe de son père, à Passy, sans que le monument ne porte de signe distinctif.

Au début du XXe siècle, et pour assurer l'aisance de son foyer, Debussy diversifie quelque peu ses activités. Il publie ainsi de nombreux articles dans des journaux ou revues en qualité de critique musical et sous le pseudonyme de « Monsieur Croche ». Il collabore avec Diaghilev, sur une idée de Nijinsky, lors de la création des ballets « Prélude à l'après-midi d'un faune » et « Jeux » qui ne connurent pas le succès. Parmi ses nouvelles rencontres, on peut souligner une amitié avec Igor Stravinsky, encore jeune homme.


Vers 1910, la faculté diagnostique chez Debussy un cancer. Sa santé se détériore et ses souffrances sont de plus en plus insupportables. Il ne sort alors plus que très rarement et achève ses dernières œuvres. Claude Debussy meurt le 25 mars 1918, dans l'indifférence des hommes et de leur guerre qui le minait et dont il ne verra même pas l'achèvement.

Il est enterré au cimetière de Passy, à Paris.

Plus encore que les romantiques, Debussy marque une rupture avec la forme classique. Ses compositions se distinguent par une construction mélodique librement inspirée des musiques orientales (recours à la gamme pentatonique, à de nombreuses altérations). Les thèmes sont épars, dissipés, les recherches harmoniques audacieuses, les nuances délicates et les rythmes subtils. Ses œuvres sont avant tout sensorielles, elles visent à faire ressentir à l'auditeur des sensations particulières en traduisant en musique des images et des impressions bien précises. En cela, les titres évocateurs de ses pièces en sont un bon exemple : « Des pas sur la neige » , « La fille aux cheveux de lin », « Reflet dans l'eau », « La cathédrale engloutie », etc. Il subtilise de cette manière les couleurs aux notes... Ainsi, même s'il est difficile de le rattacher à un courant artistique, on le qualifie généralement d'« impressionniste », étiquette qu'il n'a lui-même jamais revendiquée et plutôt démentie.

De par ses innovations, Debussy est souvent considéré comme étant à la base de la musique moderne et contemporaine. On ne peut, malgré tout, qu'être surpris par le fait qu'un compositeur d'une telle importance dans l'histoire de la musique n'ait jamais fait « école » et qu'on ne peut lui attribuer de véritable disciple. Les musicologues versés dans le cinéma auront néanmoins l'occasion de mesurer l'influence considérable de son art sur la musique « hollywoodienne », phénomène encore persistant au travers de récentes productions.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Jeu 24 Aoû - 16:00

Beethoven a écrit:
On ne peut, malgré tout, qu'être surpris par le fait qu'un compositeur d'une telle importance dans l'histoire de la musique n'ait jamais fait école et qu'on ne peut lui attribuer de véritable disciple.

André Caplet est considéré comme un de ses disciples, et des gens comme Messiaen, Takemitsu, Mompou doivent également énormément à Debussy....


Beethoven a écrit:
Les musicologues versés dans le cinéma auront néanmoins l'occasion de mesurer l'influence considérable de son art sur la musique hollywoodienne, phénomène encore persistant au travers de récentes productions.
je confirme mais je nuance Wink

en fait depuis 1930 et surtout depuis "La guerre des étoiles" de John Williams, le debussysme est surtout prégnant dans les scènes d'attentes, d'angoisse (bon exemple : le générique d'"Alien" de Jerry Goldsmith ou celui de "7 morts sur ordonnance" de P.Sarde), et les descriptions bucoliques (Alex North : The misfits) ou oniriques, la tradition hollywoodienne actuelle ressasse en fait encore énormément la vieille tradition viennoise à grand spectacle des Korngold et Steiner remis justement au goût du jour par Williams en la panachant plus on moins habilement avec des synthés parfois lourdingues ou des cuivres martiaux à la Holst ou Stravinski, bref un mélange assez loin du raffinement très français du créateur de "Pelleas". Exception faite de quelques francs tireurs comme North ou Lalo Schifrin qui fut formé à Paris, ainsi que quelques compositeurs britanniques comme R.R.Bennett, Stanley Myers.

Mais des compositeurs européens récents comme Philippe Sarde, Alberto Iglesias qui oeuvrent dans des registres plus intimistes utilisent encore beaucoup les harmonies à la Debussy.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Jeu 24 Aoû - 20:29

Merci pour ce complément d'information Kfigaro car ma culture sur la musique contemporaine est plutôt mince. Wink
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Jeu 22 Mar - 17:49

écoutez moi cette superbe mélodie (je ne m'en lasse pas) :
La flûte de pan - par Claude Debussy
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Jeu 22 Mar - 20:16

Du Debussy? Moi ça me lasse avant même de l'avoir écouté! Very Happy
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joachim
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Jeu 22 Mar - 20:32

Après Wagner et Ravel, Debussy ? Et sans vouloir essayer Rolling Eyes

Tu ne serais pas rempli de préjugés, une fois ? (comme dirait Steph) Wink Laughing
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Stadler
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Jeu 22 Mar - 21:52

joachim a écrit:
Après Wagner et Ravel, Debussy ? Et sans vouloir essayer Rolling Eyes

Tu ne serais pas rempli de préjugés, une fois ? (comme dirait Steph) Wink Laughing

Laughing Wink
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Jeu 22 Mar - 23:19

joachim a écrit:
Après Wagner et Ravel, Debussy ? Et sans vouloir essayer Rolling Eyes

Tu ne serais pas rempli de préjugés, une fois ? (comme dirait Steph) Wink Laughing

Ah! Non bon monsieur! Wink J'ai poussé le masochisme musical jusqu'à me payer un coffret de Debussy chez Emi il y a 10 ans pour l'écouter, et l'écouter encore en me disant que...

Et finalement j'ai offert le coffret à ma prof de piano qui aimait Debussy car il allait partir à la poubelle. A part son "clair de lune" au piano je n'accroche à rien chez lui
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Ven 30 Mar - 15:12

"La Mer", "Après midi pour un Faune", tout cela est délicieusement "Impressionniste". Dans le passé, je pensais qu'il avait inventé ce genre de musique, mais en y regardant bien ce cher Claude s'est bien inspiré de Chabrier et de Koechlin !
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joachim
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Ven 30 Mar - 15:59

kougelhof 1er a écrit:
"La Mer", "Après midi pour un Faune", tout cela est délicieusement "Impressionniste". Dans le passé, je pensais qu'il avait inventé ce genre de musique, mais en y regardant bien ce cher Claude s'est bien inspiré de Chabrier et de Koechlin !

Koechlin, à la rigueur (encore qu'en fait c'est Debussy l'aîné). Ou Chausson, peut-être,
Mais pour Chabrier, je ne vois pas bien ce qu'il y a d'impressioniste dans son oeuvre : une ou deux pièces pittoresques, l'Ode à la Musique ?
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Ven 30 Mar - 16:08

kougelhof 1er a écrit:
mais en y regardant bien ce cher Claude s'est bien inspiré de Chabrier et de Koechlin !
Pour Koechlin c'est clairement l'inverse !! Wink c'est lui qui s'est inspiré de Debussy.

Les vraies influences de Debussy c'est plutôt Massenet, Wagner, Schumann, Chopin + un peu les russes et puis la musique asiatique : le gamelan par exemple.
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Ven 30 Mar - 18:32

joachim a écrit:
Mais pour Chabrier, je ne vois pas bien ce qu'il y a d'impressioniste dans son oeuvre : une ou deux pièces pittoresques ?

Exact d'ailleurs je vais les écouter, j'aime beaucoup !
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 31 Mar - 11:21



voici le tout début du "Martyre de St Sébastien" (par Boulez), une oeuvre très difficile à trouver sur le web à l'écoute :
Début du Martyre de St Sébastien
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 31 Mar - 22:44

kfigaro a écrit:
écoutez moi cette superbe mélodie (je ne m'en lasse pas) :
La flûte de pan - par Claude Debussy
mouarf, quand on l'a entendue avec Crespin, ça paraît affreux là ^^

Je me permets de vous faire parvenir ici un dossier que j'ai du rédiger sur Debussy (sa vie, son oeuvre), et qui est en partie centré sur sa musique et surtout celle du Faune. Malheureusement la IVème partie intitulée "Debussy et ses contemporains" était manuscrite. On peut néanmoins trouver quelques informations qui complètent le post de Snoopy :

Citation :
I. Sa vie, son œuvre

Claude Debussy, baptisé Achille-Claude, est né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye où il grandit dans une famille modeste. C’est sa tante qui décèle chez lui son amour de la musique et lui fait donner ses premières leçons par un maître italien. Après quoi, le jeune Debussy est confié à une ancienne élève de Chopin, Mme de Fleurville, qui lui apprend le piano. Sur son conseil, il passe le concours du conservatoire de Paris à dix ans, qu’il réussit, et intègre des classes prestigieuses ; il est même engagé comme pianiste par la baronne Von Meck, protectrice de Tchaïkovski. Celle-ci lui permet de voyager à travers l’Europe : Vienne, Venise, et surtout Moscou où il découvre l’art populaire Russe qui l’a particulièrement marqué. On retrouvera dans la musique de Debussy ces influences (rythmes dansants, consonances tziganes). En 1884, il obtient le grand prix de Rome avec sa cantate L’Enfant Prodigue.
A partir de 1887, Debussy se voit presque exclusivement comme un compositeur, il apparaît rarement en public en tant que pianiste ou chef d’orchestre. Quand il revient s'installer à Paris, il commence à fréquenter les milieux littéraires et artistiques (les fameux mardis soirs de Mallarmé), rencontre les poètes symbolistes et les peintres impressionnistes. Il compose Cinq poèmes de Baudelaire, Fantaisie pour piano et orchestre, Il pleure dans mon cœur, La Chevelure, la Cathédrale Engloutie... Il se rend à Bayreuth deux années consécutives et assiste à l'exposition universelle de 1889 où il découvre la musique d'Extrême Orient.
Les années 1890 constituent la période la plus faste et productive de sa carrière dont le point culminant fut l’écriture de l’opéra Pelléas et Mélisande (1892-1902) ainsi que sa première importante œuvre orchestrale : Prélude à l’après-midi d’un faune (1894) qui remporta un franc succès dans toute l'Europe.
Il s'accomplit bien moins cependant en ce qui concerne sa vie privée : mariages successifs, divorces, trahisons…on l'accuse même d'être responsable de la tentative de suicide de sa première femme. Fait Chevalier de la Légion d'Honneur en 1904, Claude Debussy ne connaît plus aucun souci matériel et termine certaines des pièces maîtresses de son œuvre, notamment les Préludes et Le Petit Nègre pour piano, les Nocturnes et La Mer pour orchestre. Il passe la fin de sa vie en tant que membre du Conseil Supérieur au Conservatoire et meurt à Paris en 1918 des suites d'un cancer - il est enterré au cimetière Lachaise.


II. Musique et apports

L'art de Debussy est beaucoup plus simple et direct qu'on ne l'imagine. Il y est souvent question de proportions parfaites de forme et de fond, d'une large échelle de nuances, de mélodies aux contours non définis, de rythmes implicitement complexes et d'harmonies flottantes très singulières. C'est pourtant en premier lieu une musique faite pour charmer quiconque est susceptible de l'être ; pas de fioritures ou d'ornements inutiles, la musique debussyte suggère, évoque, mais avec précision. L'univers musical est instable, d'étranges consonances irisent l'espace. Une musique "pleine d'air", à la conquête du timbre, car "lorsque la couleur a sa richesse, la forme a sa plénitude". Aussi le compositeur voulait-il qu'elle fut près de la chair, libre et autre qu'un jeu froid de l'esprit : "la musique doit humblement chercher à faire plaisir, il faut que la beauté soit sensible, qu'elle s'insinue en nous sans que nous ayons aucun effort à faire pour la saisir" ; il s'agit donc d'aborder sa musique avec simplicité et abandon, sans à priori. C'est ce qui lui a valu l'appellation dite d' "impressionniste", étiquette acquise en raison de ce qui inspira ses œuvres (la nature) et de sa technique originale que l'on qualifiera plutôt de "pointilliste". Entre quatre murs, Debussy était capable d'un tour du monde en quatre-vingts mesures. Il voyageait en imaginaire, laissant aux autres compositeurs le soin de colorier des cartes postales sur le motif.
Debussy a traité à peu près tous les genres : opéra, musique de chambre, poèmes symphoniques, chœurs a capella, mélodies pour chant et piano…etc. L'apport de Wagner s'étendit surtout dans le domaine de l'art lyrique, tandis que Debussy a renouvelé presque toutes les formes ; à la manière d'un Baudelaire, il créa son propre langage musical pour servir l'authenticité de son expression personnelle. Il est un point de démarcation dans l'évolution de la musique, surtout en France. D'autres avant lui (Berlioz, Franck…) et certains de ses contemporains (D'Indy, Dukas, Fauré, Ravel…) s'y sont essayé, mais au sortir de la Révolution, la musique ne passionne plus l'esprit français ou alors elle est principalement tributaire de ses voisins d'Italie et d'Allemagne, ce qui entraîne une réaction dirigée contre le romantisme. Il s'agit pour tous ces compositeurs de retrouver le ton français qui pourra s'affirmer en tant que tel ; ils cherchent notamment dans le classicisme de Rameau ou Couperin. Or, après la Carmen de Bizet, c'est Pelléas et Mélisande qui sait raviver l'intérêt pour le style français. Grâce à leurs différents apports, Debussy et ses contemporains ensuite, ont permis qu'en moins d'un demi-siècle l'esthétique musicale française retrouve sous mains aspects toute sa vitalité et son originalité. En 1895, Paris devient la capitale musicienne de l'Europe.

III. Prélude à l’après-midi d’un faune : Debussy et Mallarmé

C'est en 1892 que Debussy projeta d'écrire une œuvre orchestrale illustrant le poème de Mallarmé : Prélude, interludes et paraphrase finale pour l'après-midi d'un Faune. Mais finalement il ne réalisa que le Prélude. La partition, achevée en septembre 1894 fut créée le 22 décembre, alors que le compositeur était en pleine composition de son Pelléas et Mélisande.

Lettre de Debussy à Henri Gauthier-Villars, alias Willy l'auteur des fameuses chroniques de l'ouvreuse :
« Jeudi 10 octobre 1895 - Le Prélude à l'après-midi d'un faune ? cher Monsieur, c'est peut-être ce qui est resté de rêve au fond de la flûte du faune ? Plus précisément c'est l'impression générale du poème, car à le suivre de plus près, la musique s'essoufflerait ainsi qu'un cheval de fiacre courant pour le Grand prix avec un pur-sang. C'est aussi le dédain de cette « science de castors » qui alourdit nos plus fiers cerveaux ; puis ! C'est sans respect pour le ton ! Et plutôt dans un mode qui essaye de contenir toutes les nuances, ce qui est très logiquement démontrable. Maintenant cela suit tout de même le mouvement ascendant du poème, et c'est le décor merveilleusement décrit au texte, avec en plus l'humanité qu'apportent trente-deux violonistes levés de trop bonne heure ! La fin, c'est le dernier vers prolongé… »

Debussy et Mallarmé n'étaient pas des étrangers l'un pour l'autre ; Mallarmé avait un petit cercle de disciples qui se réunissait autour de lui chaque mardi pour l'entendre parler, dont Debussy faisait partie. Hormis leurs diverses rencontres et correspondances, les deux hommes étaient liés par cet aspect commun dans leur œuvre que fut la nouveauté du langage et la liberté des vers/de la musique.
D'abord réticent, puis enthousiaste, Mallarmé adressa au musicien un bref quatrain de remerciement en guise de dédicace.
Debussy précise dans une lettre de 1910 au musicologue Georges Jean-Aubry :
« 25 mars 1910 - [...] Ce que vous me demandez au sujet de l'impression de Mallarmé sur la musique du Prélude à l'après-midi d'un faune est très loin dans mon souvenir...
J'habitais à cette époque un petit appartement meublé rue de Londres. Le papier qui revêtait les murs représentait, par une singulière fantaisie, le portrait de Monsieur Carnot entouré de petits oiseaux ! On ne peut se figurer ce que la contemplation d'une pareille chose peut amener ? Le besoin de ne jamais être chez soi, entre autres.
Mallarmé vint chez moi l'air fatidique et orné d'un plaid écossais. Après avoir écouté, il resta silencieux pendant un long moment, et me dit : "je ne m'attendais pas à quelque chose de pareil ! Cette musique prolonge l'émotion de mon poème et en situe le décor plus passionnément que la couleur."
Et voici les vers qu'inscrivit Mallarmé sur un exemplaire de L'Après-midi d'un faune qu'il m'envoya après la première exécution :
Sylvain d'haleine première
Si la flûte a réussi,
Ouïs toute la lumière
Qu'y soufflera Debussy.


C'est, pour qui veut bien, un document de premier ordre ! En tout cas, c'est ce que j'ai de mieux comme souvenir de cette époque, où l'on ne m'agaçait pas encore avec le « debussysme ».

[...]

Conclusion:

" Ce que la génération symboliste cherchait avec tant de passion et d'inquiétude : lumière, sonorité de l'âme, frisson du mystère…lui le réalisait presque sans tâtonnement et, semble-t-il, sans effort. Nous en avions compris la nouveauté. Mais savions-nous alors, ce que nous avons compris depuis, que le charme de cette musique ne devait plus périr? "
Maurice Denis en 1932
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Mar 1 Avr - 9:36

Noriedhu a écrit:
mouarf, quand on l'a entendue avec Crespin, ça paraît affreux là
désolé mais je ne l'ai pas trouvé à l'écoute sur le net, j'ai donc mis le peu que j'ai trouvé légalement, sinon oui, ce n'est pas la meilleure version.

J'ai par contre une version avec Cathy Berberian qui n'est pas mal du tout :
http://fr.youtube.com/watch?v=yxlC8oNpAx4
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 21 Avr - 16:23

Un bel extrait du "Martyre de St Sébastien" ici (sans les voix hélas... mais avec un ballet en prime) :
http://www.youtube.com/watch?v=jjHhzeE2JgY (instrumental uniquement)
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 26 Mai - 11:03

Le tout début du "Martyre" enfin en écoute ici :
La cour des lys

c'est magnifiquement dirigé !
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joachim
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 26 Mai - 14:01

Bien dirigé, c'est vrai, c'est remarquable. D'habitude, le Martyre me laisse plutôt indifférent, pour ne pas dire ennuyeux. Ici, c'est magnifique Very Happy

Et tu as vu, ça donne l'occasion d'écouter cette horreur qui a représenté la France à l'Eurovision, ce "Divine" de Sébastien Tellier
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 26 Mai - 14:11

joachim a écrit:
Bien dirigé, c'est vrai, c'est remarquable. D'habitude, le Martyre me laisse plutôt indifférent, pour ne pas dire ennuyeux. Ici, c'est magnifique Very Happy
très content que tu aimes ! je suis totalement drogué pour ma part !

joachim a écrit:
Et tu as vu, ça donne l'occasion d'écouter cette horreur qui a représenté la France à l'Eurovision, ce "Divine" de Sébastien Tellier
c'est minable ! Tellier avait fait un très beau 1er album, très soigné, pudique et assez difficile d'accès (il avait dû mal se vendre je pense), et son dernier album est une m.... en barre, passez-moi l'expression !
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 26 Mai - 15:43

kfigaro a écrit:
Beethoven a écrit:
On ne peut, malgré tout, qu'être surpris par le fait qu'un compositeur d'une telle importance dans l'histoire de la musique n'ait jamais fait école et qu'on ne peut lui attribuer de véritable disciple.

André Caplet est considéré comme un de ses disciples, et des gens comme Messiaen, Takemitsu, Mompou doivent également énormément à Debussy....


Beethoven a écrit:
Les musicologues versés dans le cinéma auront néanmoins l'occasion de mesurer l'influence considérable de son art sur la musique hollywoodienne, phénomène encore persistant au travers de récentes productions.
je confirme mais je nuance Wink

en fait depuis 1930 et surtout depuis "La guerre des étoiles" de John Williams, le debussysme est surtout prégnant dans les scènes d'attentes, d'angoisse (bon exemple : le générique d'"Alien" de Jerry Goldsmith ou celui de "7 morts sur ordonnance" de P.Sarde), et les descriptions bucoliques (Alex North : The misfits) ou oniriques, la tradition hollywoodienne actuelle ressasse en fait encore énormément la vieille tradition viennoise à grand spectacle des Korngold et Steiner remis justement au goût du jour par Williams en la panachant plus on moins habilement avec des synthés parfois lourdingues ou des cuivres martiaux à la Holst ou Stravinski, bref un mélange assez loin du raffinement très français du créateur de "Pelleas". Exception faite de quelques francs tireurs comme North ou Lalo Schifrin qui fut formé à Paris, ainsi que quelques compositeurs britanniques comme R.R.Bennett, Stanley Myers.

Mais des compositeurs européens récents comme Philippe Sarde, Alberto Iglesias qui oeuvrent dans des registres plus intimistes utilisent encore beaucoup les harmonies à la Debussy.


Beethoven ????????
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joachim
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 26 Mai - 16:11

Ludwig a écrit:

Beethoven ????????

Tu as oublié ? Beethoven était le premier nom (pseudo) de Snoopy Wink
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 26 Mai - 16:44

Beethoven a relativement peu influencé la musique de film de fosse, sauf dans les films qui reprennent directement ses oeuvres de façon plus ou moins déformée, je pense à "Zardoz"...

En fait l'influence de Beethoven s'est fait sentir uniquement à travers ses disciples ou fils spirituels comme Wagner par ex (qui lui, a énormément marqué des compositeurs comme Korngold, Waxman ou Steiner)
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 26 Mai - 18:27

joachim a écrit:
Ludwig a écrit:

Beethoven ????????

Tu as oublié ? Beethoven était le premier nom (pseudo) de Snoopy Wink


OK, j'y ai pensé, mais pas tout à fait sûre, c'est vrai que moi-même selon les forums, j'ai changé de pseudo
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 26 Mai - 18:31

kfigaro a écrit:
Beethoven a relativement peu influencé la musique de film de fosse, sauf dans les films qui reprennent directement ses oeuvres de façon plus ou moins déformée, je pense à "Zardoz"...

En fait l'influence de Beethoven s'est fait sentir uniquement à travers ses disciples ou fils spirituels comme Wagner par ex (qui lui, a énormément marqué des compositeurs comme Korngold, Waxman ou Steiner)


Il y a des tas de séries et films (idiots) qui ont mis de la musique de Beethoven par exemple un de la série "Alerte Cobra" le concerto pour violon,
un film français dont je ne me rappelle pas le titre, c'était l'histoire d'un
pianiste aux doigts paralysées, et qui a vec l'aide d'une femme de ménage revient sur la scène, sonates de Beethoven, quel dommage, une si belle musique pour des trucs vraiments trés nuls
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   Lun 26 Mai - 18:39

sûrement mais là je parlais de l'influence qu'il aurait pu avoir sur des compositeurs de musique de film ! Wink et puis on devient totalement hors-sujet là !
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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862-1918)   

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