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 Martin MATALON, né en 1958

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Icare
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MessageSujet: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2012-10-05, 18:06

Martin MATALON, né en 1958 Matalon

Né à Buenos Aires en 1958, Martin Matalon étudie à la Juilliard School de New York où il décroche un master de composition. Il reçoit en 2007 le grand prix des Lycéens, en 2005 le prix de la J.S. Guggenheim Foundation de New York et le prix de l'Institut de France-Académie des Beaux-Arts.. En 1993, il s'installe définitivement à Paris et l'IRCAM lui commande une partition pour la version restaurée du film muet de Fritz Lang Metropolis qui le fera connaître dans le monde entier. Initiée en 1997, la série des Trames, oeuvres à la lisière de l'écriture soliste du concerto et de la musique de chambre, et la séries des Traces, qui constitue pour le compositeur une sorte de journal intime compositionnel et destinée à des instruments solistes avec électronique en temps réel, forment un pan important de son catalogue.

A propos de sa série des Trames:

<<Mon intérêt sur ce genre réside dans la tension entre une écriture qui valorise tous les instruments en établissant des liens complexes entre eux et une écriture soliste. Le nom générique de - Trame - est inspiré du poème éponyme de Jorge Luis Borges, qui nous dévoile la synchronie existant entre tous les éléments qui constituent "l'histoire universelle". Moins ambitieuses et plus circonscrites, mes TRAMES évoquent tout simplement le tissage propre à chaque composition, son fil d'Ariane. Elles abordent les problématiques compositionnelles qui me préoccupent aux différents moments de leur écriture, à la manière d'un journal intime. C'est dans le devenir et les transformations du son et dans la dialectique créée entre les différentes sections que la trame de l'oeuvre se tisse.>> Martin Matalon

J'ai découvert le talent musical de Martin Matalon au travers de plusieurs oeuvres de chambre, tout d'abord, puis orchestrales. Une oeuvre a en particulier retenu mon attention, m'a fasciné par sa poétique. Il s'agit de Las siete vidas de un gato, partition qu'il composa pour un des films mythiques de Luis Bunuel, Un chien Andalou. Cette oeuvre m'a vraiment transporté au point que j'eus très envie d'approfondir ce compositeur. Je le fis très vite avec Trame V, concerto pour trompette solo et orchestre (2003), Trame III, concerto pour violoncelle et orchestre (2000) et aussi Torito Catalan (2002) qui n'est autre que la version pour orchestre de sa fabuleuse partition musico-cinématographique Las siete vidas de un gato. Matalon renouvela d'ailleurs son expérience avec le cinéma de Luis Bunuel en composant Le scorpion pour 6 percussions, 2 pianos et dispositif électronique en temps réel, pour L'âge d'or.



Toujours très enthousiasmé par sa musique, je récidivai dans mon exploration "matalonienne" avec Trame IV (2001) pour piano et 11 instruments qui me plait également beaucoup, Trame II (1999) pour clavecin et 6 instruments, oeuvre qui confirme mon intérêt constant pour un style musical qui me parle de plus en plus, et Trame VIII (2008) pour marimba et 6 instruments, peut-être la pièce qui me touche un peu moins que les autres, faute de sa phase finale qui m'a semblé insaisissable...?...

https://www.youtube.com/watch?v=JEd1SzTqVzQ&feature=emb_title

Il y a de l'intensité, de la tension, de la menace et de l'angoisse dans cette musique en ébullition, et je dois dire que j'adore ressentir ce type de chose comme si une tornade allait tout détruire sur son passage... Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455


Dernière édition par Icare le 2020-05-06, 09:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2013-10-03, 19:30

___Monedas de Hierro - 1993 - pour 11 instruments et électronique: Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455 
___Formas de Arena - 2001 - pour flûte, alto et harpe: Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455 
___Dos Formas del Tiempo - 2000 - pour piano: I love you I love you 
___...del matiz al color... - 1998 - pour 8 violoncelles: Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455 I love you 
___Las siete vidas de un gato - 1996 - musique pour le film de Luis Bunuel; Le Chien Andalou, pour 8 musiciens et électronique: Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455 

Par l'Ensemble Court-circuit sur une direction de Pierre-André Volade.
___Monedas de Hierro - 1993 - pour 11 instruments et électronique: I love you I love you
___Formas de Arena - 2001 - pour flûte, alto et harpe: I love you I love you
___Dos Formas del Tiempo - 2000 - pour piano: I love you Very Happy
___...del matiz al color... - 1998 - pour 8 violoncelles: I love you I love you I love you
___Las siete vidas de un gato - 1996 - musique pour le film de Luis Bunuel; Le Chien Andalou, pour 8 musiciens et électronique: I love you I love you I love you Like a Star @ heaven

Par l'Ensemble Court-circuit sur une direction de Pierre-André Volade. une musique de chambre singulière et inventive, aux combinaisons instrumentales parfois jubilatoires. C'est ce qui ressort de cette nouvelle écoute toujours aussi fructueuse en émotions vives! Violence exquise dans l'oeuvre pour huit violoncelles; j'ai exulté sous le feu de cette formation en pleine frénésie. L'emploi délicat de l'électronique dans "Monedas de Hierro" a contribué à la belle broderie sonore de cette singulière composition. Ha! les savoureuses liaisons avec le jazz dans "Las siete vidas de un gato". Exquis!
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2013-10-03, 19:37

__Trame V - concerto pour trompette et orchestre - 2003 - Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455 
___Trame III - concerto pour violoncelle et orchestre - 2000 - Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455 
___Torito Catalan - 2002 - version pour orchestre de sa musique de film "Las siete vidas de un gato" (Le chien andalou de Bunuel): Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455 I love you 
J'ai une petite mais nette préférence pour la version pour 8 musiciens et électronique

Marc Coppey: violoncelle
Eric Aubier: trompette
Orchestre National de Lorraine/Jacques Mercier
Je kiffe la musique de ce compositeur! Voilà, voilà, comme Anatol Vieru, un contemporain qui me fait aimer le contemporain. Martin MATALON, né en 1958 473398  J'aime aussi sa façon de faire sonner les instruments solos de ses concertos, notamment la trompette, magnifique dans TRAME V et le violoncelle, corrosif dans TRAME III.
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2014-04-04, 10:43

Je viens d'écouter pour la première fois, ce matin, la composition de Martin Matalon sur le film muet rénové Métropolis de Fritz Lang. Elle est très différente de ce qui a pu être composé antérieurement sur ce même film. L'approche du compositeur associe ici l'électronique à un ensemble instrumental au service d'un cocktail en continuelle fusion, toujours prêt à exploser. On sent souvent une filiation avec le free-jazz. D'un point de vue purement musical, j'ai beaucoup aimé cette partition qui, par moment, semble partir dans tous les sens et donne l'impression que Matalon a laissé libre cour à son imagination. J'ai assisté là à un jaillissement continu de combinaisons instrumentales et sonores, instaurant des climats délirants et surréalistes, quasiment oniriques dans sa neuvième partie. Si en tant que musique seule, je suis séduit par la poétique exubérante de cette partition pour l'image, je me demande comment elle fonctionne dans le contexte du film et de quelle façon elle détourne ou non l'attention du spectateur.  Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455


Dernière édition par Icare le 2014-04-04, 21:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2014-04-04, 11:37

Lignes de fuite... pour moi sans queue ni tête...  Embarassed 
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2014-04-04, 12:12


Sans queue ni tête...je ne dirais pas ça parce qu'il y a de la construction derrière tout ça...Martin MATALON, né en 1958 338665... mais, en tout cas, ce qui me paraît sûr, c'est que la description que j'ai faite de cette musique t'a donné une approximation assez parlante sur ce à quoi tu dois t'attendre. Enfin, tu vois ce que je veux dire...  Hehe 
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2014-05-24, 17:12

Icare a écrit:
Je viens d'écouter pour la première fois, ce matin, la composition de Martin Matalon sur le film muet rénové Métropolis de Fritz Lang. Elle est très différente de ce qui a pu être composé antérieurement sur ce même film. L'approche du compositeur associe ici l'électronique à un ensemble instrumental au service d'un cocktail en continuelle fusion, toujours prêt à exploser. On sent souvent une filiation avec le free-jazz. D'un point de vue purement musical, j'ai beaucoup aimé cette partition qui, par moment, semble partir dans tous les sens et donne l'impression que Matalon a laissé libre cour à son imagination. J'ai assisté là à un jaillissement continu de combinaisons instrumentales et sonores, instaurant des climats délirants et surréalistes, quasiment oniriques dans sa neuvième partie. Si en tant que musique seule, je suis séduit par la poétique exubérante de cette partition pour l'image, je me demande comment elle fonctionne dans le contexte du film et de quelle façon elle détourne ou non l'attention du spectateur.  Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455

En réécoutant Métropolis aujourd'hui, c'est vrai qu'en apparence il y a - comment dire? - un petit côté "foutoir" avec l'impression (fausse) que les musiciens jouent de manière anarchique sur de vagues indications, avec pour seul guide les images de Fritz Lang, sauf que la réalisation de cette musique peu consensuelle me paraît d'une toute autre nature, d'une toute autre organisation sonore: bien plus rigoureuse que ce qu'une apparence de mauvaise écoute laisserait supposer à une oreille mal avisée. Peu importe la génèse et la méthode! Ce qui importe c'est qe qu'elle m'apporte en intérêt et plus principalement en émotion. Pour des raisons pas toujours évidentes à définir avec des mots, cette musique, souvent exubérante et qui pourtant me parait invertébrée, me parle, m'accroche, me captive, m'emporte dans son délire. Son monde sonore, hors d'un contexte filmique bien plus vieux qu'elle, me fait vibrer de mille façons: pas seulement lorsque tous les musiciens animent le beau "foutoir" dans un désordre de sons parfaitement organisé, mais aussi, par exemple, quand seuls un saxophone et une percussion créent une saisissante accalmie en première partie de la Plage 6. Là, il n'y a plus que deux instruments dans un duo devenu minimaliste et je jubile.  Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2014-11-06, 17:20

Une nouvelle écoute du Metropolis de Martin Matalon fait que je commence à bien appréhender la prose un peu folle de cette musique. Je trouve, et cela malgré son caractère expérimental et fortement abstrait, qu'elle met bien en valeur les instruments, leur grande palette sonore et expressive. J'aime ce genre de combinaisons et triturations instrumentales qui m'évoquent dans l'esprit ce que pouvait créer Ennio Morricone sur le giallo italien des années 70 avec le groupe d'improvisation Nuova Consonanza. Martin MATALON, né en 1958 333455 Martin MATALON, né en 1958 333455 I love you
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2018-04-19, 17:26

Icare a écrit:
Je viens d'écouter pour la première fois, ce matin, la composition de Martin Matalon sur le film muet rénové Métropolis de Fritz Lang. Elle est très différente de ce qui a pu être composé antérieurement sur ce même film. L'approche du compositeur associe ici l'électronique à un ensemble instrumental au service d'un cocktail en continuelle fusion, toujours prêt à exploser. On sent souvent une filiation avec le free-jazz. D'un point de vue purement musical, j'ai beaucoup aimé cette partition qui, par moment, semble partir dans tous les sens et donne l'impression que Matalon a laissé libre cour à son imagination. J'ai assisté là à un jaillissement continu de combinaisons instrumentales et sonores, instaurant des climats délirants et surréalistes, quasiment oniriques dans sa neuvième partie. Si en tant que musique seule, je suis séduit par la poétique exubérante de cette partition pour l'image, je me demande comment elle fonctionne dans le contexte du film et de quelle façon elle détourne ou non l'attention du spectateur.

Le Film:

Metropolis est un film expressionniste muet allemand de science fiction produit pendant la courte période de la République de Weimar. Réalisé en 1927 par le cinéaste autrichien Fritz Lang, le film est muet et en noir et blanc. Le scénario est écrit par Lang et sa femme, Thea von Harbou, avec comme acteurs Brigitte Helm, Gustav Fröhlich, Alfred Abel et Rudolf Klein-Rogge. Le film est produit aux Studios Babelsberg par UFA (Universum-Film AG).

Synopsis:

Le film se décompose en trois actes, Auftakt (commencement) (66 min.), Zwischenspiel (interlude) (28 min.) et Furioso (52 min.). En 2026, Metropolis est une mégapole dans une société dystopique divisée en une ville haute, où vivent les familles intellectuelles dirigeantes, dans l'oisiveté, le luxe et le divertissement, et une ville basse, où les travailleurs font fonctionner la ville et sont opprimés par la classe dirigeante. Maria (Brigitte Helm), une femme de la ville basse, essaie de promouvoir l'entente entre les classes, et emmène clandestinement des enfants d'ouvriers visiter la ville haute ; le groupe se fait repousser par les forces de l'ordre, mais Freder Fredersen (Gustav Fröhlich), le fils du dirigeant de Metropolis, tombe amoureux d'elle. En descendant dans la ville basse pour la retrouver, il voit un ouvrier épuisé défaillir à son poste de travail, le rythme imposé par les machines étant trop élevé, une violente explosion se produit sur la « machine M », tuant des dizaines de travailleurs. Dans la fumée, Freder voit la machine M se transformer en Moloch, une divinité monstrueuse à laquelle les travailleurs infortunés sont sacrifiés. Freder se rend chez son père, Johhan « Joh » Fredersen (Alfred Abel), pour le mettre au courant des conditions extrêmement pénibles dans lesquelles travaillent les ouvriers et lui demande d'améliorer cela. Voyant qu'il ne peut convaincre son fils des bienfaits de cette société ségrégative, Johhan le fait suivre par un espion. Freder retourne dans la ville basse où, voyant un ouvrier au bord de l'épuisement, il persuade celui-ci d'échanger leurs vêtements et de le remplacer à la machine, tandis que l'ouvrier, Georgy, matricule 11811, monte à la ville haute où il goûtera aux plaisirs de la vie. Après une pénible journée de travail, Freder se rend dans des catacombes à une réunion secrète en suivant un plan trouvé dans une poche des vêtements de l'ouvrier qu'il a remplacé. Là, il découvre Maria en train de s'adresser aux ouvriers et d'annoncer l'arrivée d'un médiateur qui apportera l'égalité entre les habitants des villes haute et basse. Entre-temps, Joh reçoit des plans trouvés dans les poches d'ouvriers morts au travail et se rend chez Rotwang, l'inventeur du monstre mécanique qui fait fonctionner toute la ville. Celui-ci lui indique qu'il s'agit du plan qui mène aux catacombes où se tient la réunion secrète. Joh épie la réunion sans reconnaître son fils parmi la foule. Craignant la menace, Joh ordonne à Rotwang de façonner un robot à l'image de Maria afin de semer le chaos parmi les ouvriers. Mais ce que Joh ignore, c'est que Rotwang a d'autres plans…

L'Ensemble Instrumental sous la direction d'Ernest Martinez-Izquierdo qui interprète la partition de Martin Matalon se compose de flûtes, clarinettes, saxophones, basson, trompettes, trombone, percussions, harpe, guitare électrique, basse fretless, violoncelle et contrebasse. "En concert, la musique de Metropolis est reproduite par haut-parleurs situés dans les quatre coins de la salle et entourant le public. Pour le mixage de ce disque, le spatialisateur Spat, développé à l'Ircam, a été utilisé pour créer sur deux hauts-parleurs (format transaural) l'illusion d'un son se mouvant dans tout l'espace pour des effets spatiaux optimaux. L'auditeur doit se placer à égale distance et dans l'axe des enceintes." Je ne suis pas sûr d'avoir suivi cette règle lors de cette nouvelle écoute, mais j'aime toujours autant le caractère désarticulé et chaotique de cette musique qui, certes, ne laisse aucun espace au lyrisme ou au romantisme.
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2020-03-28, 07:13

Trames de Martin Matalon est un cycle d'oeuvres concertantes commencé en 1997.

<<Mon intérêt sur ce genre réside dans la tension entre une écriture qui valorise tous les instruments, en établissant des liens complexes entre eux et une écriture soliste. Le nom générique de "Trame" est inspiré du poème éponyme de Jorge Luis Borges, qui nous dévoile la synchronie existant entre tous les éléments qui constituent l'"histoire universelle". Moins ambitieuses et plus circonscrites, mes "Trames" évoquent tout simplement le tissage propre à chaque composition, son fil d'Ariane. Elles abordent les problèmatiques compositionelles qui me préoccupent aux différents moments de leur écriture, à la manière d'un journal intime. C'est dans le devenir et les transformations du son dans la dialectique créée entre les différentes sections que la trame de l'oeuvre tisse.>> Martin Matalon

J'ai en ma possession cinq "Trames" de Martin Matalon, les Trames II, III, IV, V & VIII. Mes préférences vont vers celles qui utilisent un nombre réduit d'instruments, c'est-à-dire les Trame IV (2001) pour piano et 11 instruments, Trame II (1999) pour clavecin et 6 instruments et Trame VIII (2008) pour marimba et six instruments. Aucune de ces musiques ne place l'auditeur dans une situation d'attente qu'il se passe quelque-chose, ce qui arrive parfois, il faut bien l'avouer, dans la musique contemporaine  Hehe , sauf peut-être un peu dans la Trame VIII qui agonise lentement. Sinon, il n'y a aucun répit pour l'auditeur, ce qui est également vrai avec les Trames III & V, la Troisième pour trompette solo et orchestre (2003) et la Cinquième pour violoncelle et orchestre. Elles sont toutes très exaltantes et celle qui m'interpelle le plus est la Trame II qui combine notamment (mais pas seulement) clavecin et accordéon, une association d'instruments assez rare et insolite qui fonctionne à merveille. Ces "Trames" sont souvent caractérisées par des tournures vives et obsessionnelles que je trouve davantage expressives dans celles pour formations instrumentales réduites, je vise essentiellement les II, IV & VIII. Sans doute "trop" modernes pour certains, pour ma part, j'y suis comme un poisson dans l'eau salée...Les poissons d'eau douce peuvent passer leur chemin... Martin MATALON, né en 1958 338665
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MessageSujet: Re: Martin MATALON, né en 1958   Martin MATALON, né en 1958 Empty2020-05-06, 10:30

J'avais découvert le talent musical de Martin Matalon au travers de plusieurs oeuvres de chambre réunies sous le titre de tiempo y de arena.../de temps et de sable...: <<Le sable - celui du sablier - évoque le temps qui passe, une plasticité infinie. A l'instar du temps musical qui s'incarne dans des formes imprévisibles et multiples.>> Pascal Ianco. Une oeuvre avait particulièrement retenu mon attention, m'avait fasciné par une poétique toute singulière dans laquelle des éléments de jazz se sont immiscés avec tact, subtilité. La dernière partie de l'oeuvre m'est ludique, si ludique qu'elle m'est irrésistible. Il serait temps que je la nomme: ll s'agit de Las siete vidas de un gato, partition qu'il composa pour un des films mythiques de Luis Bunuel, Un chien Andalou, une musique de film qui ne ressemble pas à une musique de film traditionnelle, telle qu'on la fréquente habituellement dans les grandes salles obscures. Cette oeuvre m'avait fait grande impression. Torito Catalan (2002) n'est autre que la version pour orchestre de cette fabuleuse partition, elle se trouve sur un autre album. Je préfère néanmoins la version chambriste (pour huit musiciens et électronique) que j'ai réécoutée aujourd'hui. Martin Matalon renouvela d'ailleurs son expérience avec le cinéma de Luis Bunuel en composant Le scorpion pour 6 percussions, 2 pianos et dispositif électronique en temps réel, pour L'âge d'or. Las siete vidas de un gato (1996) est interprétée par l'Ensemble Ictus sous la direction de Georges-Elie Octors. La première oeuvre présentée sur cet album s'intitule Monedas de Hierro (1993) pour dix instruments et électronique. Elle est interprétée par l'Ensemble Court-circuit sous la direction de Pierre-André Valade. Bien qu'il s'agisse d'une oeuvre atonale, j'ai toujours été flatté par l'étrange douceur de ses timbres, la grande délicatesse et fluidité de ses gestes musicaux. C'est une douceur de ton et une belle palette de sonorités soyeuses qui me la rendent aussi séduisante. Formas de arena (2001) pour flûte, alto et harpe est interprété par le Trio Nobis, Dos formas del tiempo (2000) par le pianiste Dimitri Vassilakis et ...del matiz al color... (1998) par l'Octuor de violoncelles de Beauvais. Aucune de ces oeuvres ne me laisse indifférent. Elles me plaisent à peu près toutes pour les mêmes raisons, bien qu'elles m'inspirent des choses différentes. C'est en tout cas assez représentatif de ce que j'aime dans la musique contemporaine lorsqu'elle s'écarte nettement du néo-classicisme.
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