Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 De Musica, Saint Augustin

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 15:13

petite précision: Il s'agit du texte d'un exposé réalisé dans le cadre de mes études au cours de Danielle Cohen-Lévinas.



I. Chronologie, présentation

Augustin est né à Thagaste, l'actuelle Souk-Ahras en Algérie, le 13 novembre 354, sous le règne de l’empereur Constance. Sa mère, Monique, et son père, Patricius qui était responsable municipale, lui donnèrent une éducation « normale ». De 365 à 369, Augustin est écolier à Madaure. Puis, en 370, à Carthage ; Il rencontre sa première compagne qui en 372 lui donnera un fils, Adéotat. En 373, Alors qu’Ambroise devient l’évêque de Milan, Augustin est professeur de latin à Thagaste puis, en 374, professeur à Carthage. Pendant cette période, il est fortement attiré par la secte des manichéens. Ce mouvement de chrétiens fondé par l’évêque Mani, Babylonien, c’est constitué au IIIe siècle en église indépendante. Le manichéisme était une gnose judéo-chrétienne avec ses propres écritures, sa propre hiérarchie. Pour eux, la Sagesse Eternelle du Christ se suffisait à elle-même, au point de ne pas tenir compte de l’Ancien Testament.
Augustin quitte la secte en 382 et devient l’année suivante professeur à Rome. En 384, il est nommé, en plus de sa charge de professeur à Rome, rhéteur officiel à Milan. Monique cherche à arranger un mariage avantageux pour la position sociale en germe de son fils. Celui-ci répudie sa première épouse qui retourne vivre en Afrique du Nord. Comme sa future femme n’est pas encore majeure, Augustin à une liaison « en attendant ».
En 386, Il rencontre et s’agrège au cercle des platoniciens milanais, le cercle de Milan, et suit les prédications d’Ambroise. En juin, c’est la conversion racontée dans les confessions, une voix qui l’appelle en songe à se lever et ouvrir le Livre :

Et voilà bien que j’entends, de la maison voisine, une voix – jeune garçon ou jeune fille ? Je ne sais – chantonner à plusieurs reprises : « Prend et lis ! Prend et lis ! » Changeant aussitôt de visage, l’esprit tendu, je me mets à chercher dans mes souvenirs si quelques refrain de ce genre appartient au répertoire habituel des jeux d’enfants. Il ne me revient absolument pas de l’avoir ouï quelque part.
Refoulant l’assaut de mes larmes, je me redressai, interprétant cela comme une injonction divine : tout ce que j’avais à faire, c’était d’ouvrir le livre et de lire le premier chapitre sur lequel mon regard tomberait. (…)
Je le saisis, je l’ouvris et lus en silence le premier chapitre sur lequel tombèrent mes yeux : « plus de ripailles ni de beuveries ; plus de luxures ni d’impudicités ; plus de disputes ni de jalousies. Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ et ne vous faites pas les pourvoyeurs de la chair dans les convoitises1 »

(Confessions, L VIII, XII, 29)


Il s'agit d'un extrait de la lettre au romains de saint Paul, 13, 13. On remarquera que dans cette scène de la conversion, la plupart des thèmes cher à saint Augustin sont abordés. Le chant est perçu comme un phénomène qui se passe dans un espace défini. Augustin fait appel à a mémoire pour tenter de le comprendre, et celui-ci est interprété comme un message divin, qui éclaire la volonté de Dieu.

La nuit de Pâque 387, celle du 24 au 25 avril, Augustin est baptisé par Ambroise. C’est l’année où il commence à rédiger le De Musica. C’est également l’année de deux ouvrages sur l’âme : l’Immortalité de l’âme et la Dimension de l’âme. Cette année là, Monique meure.
En 388, Augustin retourne à Thagaste et fonde l’année suivante une communauté monastique alors qu’il termine d’écrire le De Musica. Son fils Adéodat meure. En 391, année où le christianisme devient une religion d’Etat par décision de l’empereur Théodose, il est ordonné prêtre d’Hippone. Il en devient l’évêque coadjuteur en 395 et l’évêque titulaire en 396. En 397 à 401, il compose une de ses œuvres majeures : Les Confessions.
Saint Augustin est un père de l’Eglise. C’est à dire que son œuvre fait autorité en matière de théologie et de spiritualité pour l’Eglise. Il meure en 430 à Hippone.

Le De musica est composé de six Livres qui étudient la Musique comme faisant partie des Arts Libéraux, les trivium (grammaire, rhétorique et dialectique) et quadrivium ( poésie, géométrie, musique et astronomie). Saint Augustin veut « se servir des choses corporelles comme des degrés » (Rétractations) ; la raison s’élève par degrés depuis la réalité sensible et atteint le créateur.
Le livre un défini ce qu’est la musique et cerne le sujet d’étude. Les quatre livres centraux, très techniques, définissent et étudient le pied, le rythme, le mètre et le vers. Enfin le sixième et dernier livre, plus autonome, où il commence même par s’excuser de s’être attardé sur des rythmes frivoles, mais c’est parce que celui qui n’a pas la grâce (autre thème très cher à Augustin, le théologien de la grâce) de la piété ne peut parvenir à Dieu autrement que par une méditation sur les rythmes sensibles, présente la spiritualité qui gouverne la musique. Le De Musica présente un musicien solitaire et élitiste. Quand la musique sera ré-abordé dans les Confessions, elle sera une musique faites par un musicien qui appartient à une communauté, ce sera la musique de la communauté des fidèles, préfiguration du chœur des anges et expression de la Joie par le Jubilus.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 15:17

II. Définition du sujet d’études

Pour Saint Augustin, la musique est une toute puissance accordée, un don. Elle contient tout ce qui, au sein d’un langage n’est pas du ressort des grammairiens, ce qui est numérique et technique.
Contenant ce qui est numérique, la musique est donc une science :
La science qui apprend à bien moduler.
La modulation est une mesure qui n’appartient qu’à la musique, c’est une science du mouvement bien réglé qui conserve les rapports des temps et des intervalles. Puisque c’est également une technique, c’est aussi une certaine habileté de mouvement conforme à la science. Bien moduler, c’est rechercher un mouvement libre, c’est à dire un mouvement qui soit conforme à la volonté du créateur, Dieu.
Bien moduler, c’est savoir faire preuve d’à propos. S’il est possible de « badiner » avec mesure, si l’on ne se sert pas de la légèreté à propos, on ne module pas bien. Un mouvement qui correspond à la mesure qui est utilisé hors de propos sera mal utilisé et on aura mal modulé.
De nombreuses définitions, comme celle du vers, ont été transmises par les Anciens et l’argument d’autorité vaut loi. Mais saint Augustin ré interroge toujours avec la raison ses définitions afin de reconnaître les objets de l’étude. Dans l’attitude augustinienne, la raison valide l’enseignement et l’expérience. C’est ainsi que la recherche sur le vers se fera:

« Grâce aux messages de l’oreille et aux indications de la raison. »
De musica, livre V, 1


La musique est une science car si le rossignol module bien, il ne maîtrise pas la science de son chant. Son chant est harmonieux et adapté à l’atmosphère printanière, mais il ne peut pas répondre à la question des nombres qui régissent les intervalles aigus et graves. Celui qui ne peut pas se servir de sa raison ne peut pas faire une œuvre d’art. Car si l’art n’était qu’une mimésis, le perroquet qui imite un chant ferait un art. Le musicien qui ne peut pas répondre de la science de son art est semblable à l’animal, il s’est abaissé dans l’échelle hiérarchique de la création. Ce qui est fait par imitation est un attribut du corps qui obéit à l’esprit, et ce qui est fait par science est un attribut de l’esprit seul. Dans le premier cas, le mouvement va de l’esprit au corps, vers le charnel. Dans le second cas, le mouvement vers autre chose que la chair, donc Dieu, est encore possible. Pour saint Augustin,, si les instrumentistes qui possèdent leur art par mimesis, possède la musique, alors, celle ci est un art particulièrement vil.
On notera que cependant, le phénomène sonore n’est pas nié par saint Augustin. Le bon musicien, partant d’une expérience sensible, il va soumettre celle-ci au crible de la raison et de la science pour élever son âme par la connaissance. Le phénomène musical est le point de départ de la découverte de d’essence divine qui se manifeste en elle.
La science à sa demeure dans l’esprit, tout comme la mémoire. Or, les animaux possèdent aussi la mémoire. Celui qui ne connaît la musique que par sa mémoire est semblable aux animaux. C’est pourquoi, les « tâcherons du théâtre » n’ont pas de science, eux qui connaissent leur art par la mémoire.
Les flûtistes qui sont jugés sur leurs capacités à déplacer rapidement leurs doigts sur la flûte excellent d’autant mieux qu’ils se rapprochent de l’animal puisque leur mémoire garde le souvenir des gestes à accomplir.
Les histrions peuvent charmer les oreilles populaires. S’ils possèdent véritablement quelque chose, c’est la récompense de leur prestation. S’ils jugent les louanges plus importantes que les possessions de l’esprit comme la science où se trouve la musique, alors ils ne sont pas capables de discernement préférant ce qui est inférieur à ce qui est supérieur.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 15:29

III. Rythmes des espaces temporels

1. Des mouvements et des nombres qui les gouvernent


Il y a le lent, il y a le vite. Il y a le durable et le non durable, le long et le bref. Les mouvements peuvent être l’un envers l’autre dans différents rapports

1 à 1, 2 à 2, 3 à 3, etc., Rapport simple, égalité
1 à 2, 2 à 3, etc., Rapport double,inégalité
1 à 3, 2 à 6, etc., Rapport triple,inégalité

Deux mouvements en rapport l’un envers l’autre, rationnels sont supérieurs à deux mouvements sans rapport, irrationnel, car ils sont gouvernés par la science.
Enfin, les mouvements rationnels égaux sont plus harmonieux que les mouvements rationnels inégaux.
Il y a deux sortes de mouvements rationnels inégaux :
Ceux où l’excédent est en proportion avec la valeur la plus grande, ce sont les connumerati ou dinumerati.
Comme 6 à 2, car 6-2=4, 4=2x2, et 2=1/2(6)
Ceux où l’excédant n’est pas en proportion avec le reste
3 à 10, car10-3=7, 7 est un nombre premier
Enfin, dans ces connumerati, on remarquera deux familles.

Complicati, 2 et 4 ; 2 et 6 ou 2 et 8, car 2x2=4

Sesquati, 6 et 8, la différence entre eux les mesures
6-8=2
or 6=3x2
8=4x2
De plus
4=4x1=1+1+1+1
3=3x1=1+1+1
Donc, 4 dépasse 3 de ¼, et est 4/1.

Le nombres des mouvements rationnels peut tendre vers l’infini, car le nombre, à l’image de Dieu, et c’est en cela que l’étude du nombre est une étude de Dieu qui n’a pas de fin et englobe tout ce qui à un début et une fin.
Un tout à un milieu, un début et une fin.
Le nombre3 (III) a un milieu, un début et une fin. C’est le premier impair, c’est une totalité parfaite.
Comme il y a un impair parfait, il doit y avoir un pair parfait. C’est 2 (II), il a un milieu, c’est à dire « l’espace » qui est entouré de la même quantité (I, n, I)
De plus, I+I=II.
De telle sorte que les nombres viennent de I.
Comme I+I=II, et que I+II=III, et que ces trois nombre sont consécutifs, ils sont les plus harmonieux.
II est inférieur à III autant que I à II. Pour les comparer, on manipule quatre nombres, donc, il est normal que IIII vienne après III puisqu’il sert à comparer les trois nombres les plus harmonieux entre eux ( !).
De plus,
Comme le début est I, le milieu II et la fin III.
Comme on compare les extérieurs entre eux (I et III) et que le milieu, seul ne peut être comparé qu’à lui-même,
Donc I+III=IIII
II+II=IIII
Alors, le milieu s’harmonise avec les extrêmes.
Or I+II+III+IIII=X
(donne 1 figure ayant 2 espaces, intérieurs et extérieurs, 3 coté et 4 niveaux)
Des pieds, de leurs noms, agencement en rythme, mètre et vers : définitions et règles.
Comme il y a le bref et le long, le grammairien distingue des syllabes brèves et des syllabes longues.
C’est la disposition des brèves et des longues qui charme l’oreille.
Ce qui rend un son appartient donc au mouvement, il faut donc comparer les mouvements des syllabes aux nombres du mouvement.
De même que I va à II, v va à –
Comme II=I+I, alors -=v+v
Donc, si v= un temps, -=deux temps
En assemblant les syllabes selon la règle de progression de 1 à 4, on obtient les rythmes du tableau 1.

[URL=http://img265.imageshack.us/my.php?image=tableau1copiewv0.jpg][IMG]http://img265.imageshack.u

Pour assembler les pieds, il faut privilégier l’égalité du levé et du posé. La hiérarchie sera la suivante :
1.les deux parties du pied sont parfaitement permutables
2.Les deux parties sont dans un rapport de 1 à 2
3.Les deux parties sont dans un rapport de 2 à 3, ce sont des pieds sesquialtères
4.Les deux parties sont dans un rapport de 3 à 4, ils sont sesquitierce.
C’est pourquoi l’amphibraque ne sera pas utilisé car il va de 1 à 3.

DEFINITIONS :
1. Ce qui distingue un rythme d’un mètre, c’est la fin : un rythme est un déroulement sans fin nécessaire d’un ou plusieurs pieds, un mètre est un déroulement de pieds ayant une fin.
2. Le mètre est un rythme combiner selon les lois de la raison, donc du nombre.
3. Dans une suite de mètre, ceux qui ont une césure déterminé sont les vers.
Donc, tout mètre est un rythme. La réciproque n’est, bien sur, pas admissible.
4. Par 3, tout vers est mètre et pieds.
5. la première partie d’un pied est le levé, la seconde le posé. Ceux-ci peuvent être de longueur inégale.

REGLES :
1. Quand il y a une ambiguïté dans un rythme pour définir celui qui doit le définir, on choisit la plus petite unité.
Ainsi, vingt brèves seront une suite de dix pyrrhiques et non cinq procéleusmatique.
Cependant, si dans un rythme de quatre brèves on trouve ensuite un spondée, alors ce sera bien un procéleusmatique en raison des associations possibles des pieds : on associe uniquement des pieds de même battement.
2. Les pieds peuvent s’associer entre eux en fonction de leur mesure ou de leur battement semblable
3. Dans un rythme composé de plusieurs pied, on attribut le nom du pied « placé en tête » au rythme.
4. Comme deux brèves équivalent à une longue, alors, l’ïambe équivaut au tribrarque, le spondée aux dactyle, anapeste et procéleusmatique, etc.
5. Parfois le pied fait effectivement plus de quatre syllabes, mais on compte comme s’il en faisait quatre.
6. On ne peut pas associer des pieds de plus de quatre syllabes à d’autres
7. Le silence compte dans le déroulement du temps du pied

En vertu de la règle 7, quand il semble manquer un temps dans un vers, c’est peut-être qu’il est tut. En conséquence, que la dernière syllabe d’un mètre soit longue ou brève peut ne rien changer. C’est pourquoi, si les mètres ont une longueur limitée dans le temps par la fin, il y a aussi une limite pour le début.
Une période, combinaison de mètres différents, ne comportera pas moins de deux membres et pas plus de quatre.
Le mètre le plus court sera un mètre de trois pyrrhiques (six brèves), la dernière brève étant tut, il comprendra donc cinq syllabes. Il y a, en pyrrhique 14 combinaison possible de pieds formant un mètre, de même pour le ïambe, le tribrarque et le trochée, treize pour le spondée.
La fin des pieds sera remplacée par un silence afin d’éviter la confusion avec d’autres pieds et en fonction de leurs divisions possibles.
Le tribrarque peut se diviser en 1+2 ou 2+1
Deux dactyles avec un silence d’une brève à la fin ressemblant au trochée, le silence prendra deux brèves
Les silences peuvent être introduit
Non seulement à la fin du mètre, mais, s’il le faut, avant la fin. Et il le faut lorsque le silence nécessaire pour compléter les temps des pieds ne convient pas à cause d’une syllabe brève, ou lorsque deux pieds incomplets sont placés l’un au début, l’autre à la fin.
livre IV

REGLES DU SILENCE

1. C’est en priorité le dernier pied qui est compléter par du silence.
2. Lorsque différents pieds sont incomplets, on ne peut rassembler tout les manque ensemble.
3. Pour deux pieds incomplets, les silences doivent avoir la même longueur.
4. S’il y a un silence avant la fin, le dernier son émit ne doit pas être une brève. (risque de confusion avec une fin brève – brève pour une fin en longue)
5. Il n’y a pas de silence plus long qu’un levé ou un posé.
Les règles sont les mêmes en musique instrumentale, à corde ou à vent. La musque vocale est donc la musique maîtresse des autres musiques.
Un vers étant un mètre avec une césure, il convient de respecter quelques règles pour faire un bon vers.
REGLES DU VERS
1. Le vers ne doit pas être privé d’une division proche de l’égalité.
2. L’inégalité ne doit pas produire de césure permutable ( telle que AB=BA).
3. Les membres doivent tendre à l’égalité.
4. Le second membre doit comporter un nombre impair de demi-pied.

Conséquences de la règle quatre :
Le second hémistiche d’un vers est forcément incomplet.
Une césure peut être au milieu d’un mot. Ainsi, si les hémistiches pouvaient théoriquement s’inverser, cela serait impossible pratiquement.

Il y a des vers en hémistiche inégaux et d’autres en hémistiches égaux. Un vers occupant une longueur du temps, il est mesurable, tout comme le temps. Comme toute mesure, il est susceptible d’être objet de division en parties plus petites qui la compose.
C’est par le nombre que l’on peut les comparer.
Le chiffre un est tenu pour comparable à égalité avec tous les autres chiffres (1x100=100, mais est-ce vraiment une multiplication ?)

[URL=http://img223.imageshack.us/my.php?image=tableau2copiehj8.jpg][IMG]http://img223.imageshack.us


Le vers héroïque (5/7) est particulièrement harmonieux car le carré de son premier hémistiche est égal à la somme des carrés de la division du second.
Son hémistiche de sept demi-pieds peut être divisé en 4+3.
Si l’on porte au carré :
4x4=16
3x3=9
Et 16+9=25.
Or son premier hémistiche, non divisible, fait cinq pieds, soit
5x5=25.[img][img]


Dernière édition par le Dim 28 Oct - 16:44, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 15:31

IV. Rythmes de l’espace spirituel

Sous la conduite de la raison, il est possible de partir de l’expérience sensible et de s’arracher par degré aux sensations corporelles pour atteindre Dieu. La grammaire et la poésie sont le chemin vers Dieu de celui qui n’est doué de piété.
Car l’intellect, s’il n’est pas Dieu, trouve sa raison suffisante d’être en Dieu. Il dépend de lui, agit et vie par lui. Il est donc mis en mouvement par Dieu. Etudier les mouvements de l’intellect, c’est étudier les mouvements de Dieu sur lui.
Il y a quatre sortes de rythmes, nombres, à distinguer


L’âme n’est pas corrompue par le péché originel, contrairement au corps.
C’est pourquoi, l’âme est supérieure au corps.
De même, les nombres sonores, les nombres subit et les nombres de la mémoire, étant mortels tout comme le corps corrompus sont inférieurs aux nombres du jugement.
L’âme vit dans le corps et agit sur le corps ; elle agit à propos de lui et en lui.
Elle peut ressentir ce dont pâtit le corps.
Les nombres sonores étant extérieurs au corps, le corps pâtit de ces nombres, il est agit.
Donc, s’il y a des nombres sonores convenables à l’âme, c’est que ceux ci sont une cause efficiente à un mouvement convenable au corps.
L’âme agit avec attention dans les passions du corps. Elle rend facile ce qui est convenable et difficile ce qui ne l’est pas. Elle à conscience de cette action sur le corps, cette conscience, c’est la sensation.
Donc, la sensation, c’est la conscience de l’âme des causes efficientes du corps.
L’âme ayant une fonction de mouvement, quand elle entend un son et qu’elle se met en mouvement elle agit et ne pâtit pas puisqu’elle conserve son attribut particulier du mouvement.
Quand l’âme s’accommode d’une sensation de malaise, elle devient passive, proche de l’immobile, elle s’apparente au corps qui est passif et est agit. Ce faisant, elle s’abaisse.
Pour s’élever, l’âme doit tendre vers Dieu. C’est pourquoi un corps doué de sensation est un corps mût par une âme active qui, malgré les difficultés, peut tendre vers Dieu.
Les nombres du jugement étant en rapport avec l’harmonie du monde, ils sont immortels. Notre âme qui agit dans un corps mortel ne peut donc pas les appréhender car l’âme et ces nombres ne sont pas à la même échelle. C’est pourquoi elle à besoin de passer par l’expérience du phénomène sonore, les nombres proférés, qu’elle soumet à la raison pour atteindre par-là l’essence de l’harmonie.
Une fois entendues, les nombres sont mis en mémoire et peuvent être jugés. Car il n’est pas possible de juger le présent qui est insaisissable. Il y a trois présents, un présent qui est passé, un qui passe et un qui va venir. Nous jugeons de ce qui se manifeste dans le temps en analysant ce qui à eu lieu dans le présent qui est passé.

L’étude du phénomène de l’écoute permet de distinguer les cinq genres de l’harmonie dans l’âme.
Si l’on dit
Deus Creator Omnium
Nous entendons ce vers grâce aux nombres entendus, le reconnaissons par les nombres de la mémoire en éprouvons du plaisir par les nombres du jugement et pouvons l’apprécier. Puisque le plaisir est différent d’une estimation rationnelle, la raison enquête sur le plaisir sensible de l’âme.

Les cinq genres d’harmonies de l’âme sont :
La sensation
L’action
La mémoire
L’acceptation ou le refus
Le jugement éthique

La sensation n’est pas une connaissance, de même une créer sensiblement n’est pas connaître. Un morceau de musique écrit serait donc un phantasme réalisé. Il est fonction d’un temps, il est relativement sujet à l’histoire. Or, l’éternité est immuable et c’est une propriété de Dieu. Les nombres qui se rapprochent de l’éternité se rapprochant de Dieu sont préférables. Dieu et l’éternité n’étant pas à l’échelle de l’homme, ce qui est un détail semblant disgracieux pour lui participe peut-être de l’harmonie. Car le multiple procède de l’un et y tend. L’homme étant sujet au multiple par son corps, il tend cependant à l’unité par son âme, il la RE - cherche là où elle à lieu, dans l’espace « lieu » qui se dilate et dans l’espace temps qui passe. Malgré les vers qui passent, l’harmonie demeure. Et même, si les mots d’un vers peuvent être changés, le rythme et le nombre restent, 1+2 sera toujours égal à 3, c’est une vérité immuable. Reconnaître le nombre en musique, c’est connaître la vérité immuable derrière des vérités particulières dont la cause efficiente est Dieu, « immuable et souveraine Egalité » (VI,13).
Comme rien n’est supérieur à Dieu, si l’âme se détourne de lui, elle se tourne nécessairement vers quelque chose d’inférieur. (il n’y a qu’un Dieu, et ce qui est son égal ne peut être que son semblable)
Se tourner vers la musique sensible détourne l’âme de la contemplation de l’Eternel, et c’est accepter que son âme soit touché par une autre âme qui n’est pas celle de Dieu. C’est se tourne vers l’action du nombre et non vers le nombre.
Or, seul Dieu peut agir sur l’âme, c’est donc sombrer dans le péché d’orgueil que de préférer l’amour de l’action à l’amour de Dieu. De même, le musicien est une personne orgueilleuse si elle prétend touche les âmes par son âme propre.
Si on aime l’harmonie, on aime des beautés supérieures, celles qui mènent à l’amour de Dieu. Si on aime des beautés inférieures dans la musique, alors, l’âme aime la beauté hors de son rapport à Dieu, c’est de l’idolâtrie. Mais même si l’âme est corrompue, ses harmonies restent Bonnes, même si celle ci est « laide ». Car l’âme est faite pour être sauvé, et elle doit garder ses attributs.
Nos actions font exister des harmonies sensuelles, l’approche de Dieu est une approche sensuelle et la musique qui s’approche de Dieu est un écho pressenti du Chœur des Anges.
Revenir en haut Aller en bas
felyrops

avatar

Nombre de messages : 1446
Age : 71
Date d'inscription : 26/09/2007

MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 15:42

Grand merci, forese, je ne regrette pas de t'avoir acceuilli à bras ouverts, car nous voici en face d'un exégète d'une valeur inestimable.
Je n'ai Augustin que dans une édition en latin, et il me rate les finesses du discours, continue donc de nous l'expliquer.
((et excuses pour ce que j'ai dit sur Boulez, même si ça ne blesse pas)
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 15:51

Pour insérer une image, tu passes par :

http://imageshack.us/

- parcourir - (resize image si elle est trop grosse) - host it !

ensuite soit tu choisis le lien pour forum et tu le copie-colle dans ton message,

soit tu choisis comme moi, le dernier lien, tu cliques dans le forum sur (image) insère ton lien - referme par (image)

cette deuxième solution à l'avantage de ne pas héberger l'image sur le forum mais de rester sur le serveur de imageschack, ce qui fait un poids de moins pour le serveur du forum.

Pour le reste, je vais essayer de lire tout ça, je dis bien essayer Laughing

Coco
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 16:06

Merci Coco!
J'ai encore des petits progrès a faire pour les post.
Revenir en haut Aller en bas
Snoopy
Admin
avatar

Nombre de messages : 21017
Age : 42
Date d'inscription : 10/08/2006

MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 16:26

C'est en effet très intéressant Forese. Merci Wink

ps: pour le postage de photos voilà le tutoriel Wink
Revenir en haut Aller en bas
http://musiqueclassique.forumpro.fr
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16541
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 19:17

Que la partie III est compliquée ! D'ailleurs j'ai rien compris Embarassed

Dommage qu'on n'ait pas d'exemples musicaux de cette période. Les toutes premières musiques jouables - hors grégorien - datent des alentours de l'an 1000 avec des partitions anonymes et les assez connus Leonin et Perotin (organums, conduits).
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 19:44

Citation :
Que la partie III est compliquée ! D'ailleurs j'ai rien compris

Beeen moi c'est la seule qui me paraît évidente Laughing

Parce que les deux autres ressemblent à du chinois Shocked

Quand je parle de sensualité dans la musique la plupart d'entre-vous me regarde comme ça

La musique quand elle est "habitée" fait effectivement appel à tous les sens et toutes les formes d'énergies qui nous habitent, physique, émotionnelle, mentale, spirituelle, à une sensation d'unité.

Ceci dit, je pense qu'il est parfaitement inutile d'expliquer tout cela par des mots, parce que le comprendre par l'intellect ne suffit pour l'intégrer et le ressentir.

Cela me rappelle un échange avec Kfigaro sur l'endroit des énergies qui était touché dans la musique qu'il aime particulièrement.

Certains ont besoin d'être touchés plus dans leur aspect spirituel, d'autres dans le mental, d'autres dans l'émotionnel et d'autres dans le corps.

Quand une musique touche à tous ces points en même temps, on peut dire et ressentir qu'elle a reçu en quelque sorte la grâce.

Coco
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16541
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 20:19

Coco a écrit:
Citation :
Que la partie III est compliquée ! D'ailleurs j'ai rien compris

Beeen moi c'est la seule qui me paraît évidente Laughing


Tous ces nombres ? Eh bien, chapeau
Et on dit que les femmes n'aiment pas les chiffres... Wink
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Dim 28 Oct - 20:31

joachim a écrit:
Coco a écrit:
Citation :
Que la partie III est compliquée ! D'ailleurs j'ai rien compris

Beeen moi c'est la seule qui me paraît évidente Laughing


Tous ces nombres ? Eh bien, chapeau
Et on dit que les femmes n'aiment pas les chiffres... Wink

Non sorry, je parlais de la IV

La troisième me fait le même effet que toi Laughing

Coco
Revenir en haut Aller en bas
felyrops

avatar

Nombre de messages : 1446
Age : 71
Date d'inscription : 26/09/2007

MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   Lun 3 Déc - 17:09

Forese, pourrais-tu encore poster la fin de ton commentaire.
Je n'ai que le texte en latin, et c'est pas mon véhicule d'expression quotidien.
Merci déjà!
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: De Musica, Saint Augustin   

Revenir en haut Aller en bas
 
De Musica, Saint Augustin
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique classique :: Histoire de la musique-
Sauter vers: