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 Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies

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Snoopy
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MessageSujet: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Mar 6 Mar - 13:13

par Carter Chris Humphray

En plaçant l'humain au coeur de chaque symphonie, Mariss Janssons dévoile l'étoffe émotionnelle, l'épreuve, le combat de l'humain contre la barbarie, qui sont au coeur du massif symphonique de Chostakovitch. Humanité, finesse, justesse de ton et de construction : cette intégrale bâtie pas à pas de 1988 à 2005 couronne comme un événement discographique, les publications pour le Centenaire Chostakovitch.

Voici l’une des intégrales qui, parmi les plus récentes, s’impose indiscutablement par sa justesse de ton, la richesse de sa perception, son unité de conception surtout, malgré la disparité des divers orchestres que dirige Mariss Jansons. Le chef letton démontre une affinité convaincante avec l’univers si complexe et ambivalent de Chostakovitch. Lyrisme sincère, parodie sarcastique et même ironie amère : tout est dans l’apparente contradiction, le foisonnement des registres, la fulgurance opaque et froissée des visions : Chostakovitch est en cela unique, singulier, le « dernier symphoniste » après Mahler.

Est-ce parce qu’il a étudié les constellations chostakoviennes auprès de l’indiscutable Evgueni Mravinski, créateur des symphonies 5, 6, 8, 9, 10 et 12, que Jansons époustoufle par sa conception humaine et dense, profonde et fine, jamais épaisse ni caricaturale? L’équilibre atteint entre sensibilité, nuance, jeu aussi, surtout, ironie mordante et sincère, lui donne une avance certaine sur ses contemporains et lui permet d’offrir une alternative plus que recommandable à l’intégrale que Bernard Haitink a gravé pour Decca, avec un seul ensemble, et non des moindres, le Concertgebouw d’Amsterdam.

Saluons Emi de nous offrir ce cycle à la prodigieuse cohérence, malgré la disparité des temps d’enregistrement (de 1988 à 2005), malgré la singularité plurielle des diverses phalanges ici dirigées : pas moins de huit orchestres !

Comme il le dit lui-même, chaque symphonie est un « drame humain ». C’est peut-être la clé de son approche : recentrer chaque symphonie sur l’humain, comme l’épisode d’une carrière époustouflante par sa profondeur et son lyrisme hypersensible, aussi caché qu’insondable. Plutôt que d’évoquer en surface, l’ensemble des symphonies abordées en 10 cds, ne prenons que quelques réussites convaincantes, emblématiques de cette ensemble qui fera nous n’en doutons pas, date dans l’histoire des enregistements des symphonies de Chostakovitch : les symphonies 4, 8 et 15. C’est-à-dire nos préférées. Notre attente était à la mesure de notre affectation pour chacune d’elles : et, du début à la fin, dans chaque mouvement, Jansons affirme une sûreté de ton, proprement inouïe : clarté des timbres, beauté des couleurs, acidité profuse des climats et des caractères, allant surtout qui emporte chaque symphonie dans une course effrénée. C’est le combat d’une vie qui se joue ici, dans sa vérité bouleversante. Humain contre inhumain. Espoir sincère et nostalgie d’une insouciance perdue contre l’amertume angoissée et la hideuse mascarade des tyrannies homicides.

Moins virtuose qu’inspiré, Jansons s’impose ici définitivement. Cette intégrale est bien l’événement discographique du Centenaire 2006.
Quelques exemples ? En voici trois.

Symphonie n°4

(cd 4, couplée avec la Gadfly suite).
Achevée en 1936 et créée en 1961 ( !), la Quatrième est la plus personnelle et à ce titre la plus difficile, tant Chostakovitch mêle les tons, les registres, les climats, entre la dénonciation ironique à peine masquée et le lyrisme nostalgique sincère. Dès l’allegro poco moderato, Jansons à la tête du Pittsburgh Symphony entonne une irrépressible marche au panache qui fanfaronne : le chef en convoquant le dérisoire et le grotesque sans lourdeur, déploie son génie des registres et des connotations. La richesse de la texture émotionnelle emporte tout le mouvement qui est le plus long, presque trente minutes, à lui-seul, une symphonie. Aigreur de l’énergie combative, amertume d’une candeur meurtrie, tout est ici parfaitement exprimé en demi-teinte, grâce à une maîtrise absolument parfaite. Dans le finale, Jansons éclaire ce que Chostakovitch a lui-même explicité, dans ses Mémoires, l’expression d’un homme trahi par ses amis. La voici cette profondeur et cette vérité, emblématique de toute l’intégrale : ni anecdotique ni narrative ou platement descriptive, la vision de Jansons cible l’humain : tout en mesurant la hideuse présence des forces barbares, il se montre toujours du côté du héros. Le début du dernier mouvement commence comme une marche funèbre, à la Mahler (lugubre basson), mais avec ces pointes ironiques, aigres et acides, typiques de l’humour corrosif et lucide de Chostakovitch.

Symphonie n°8

Des deux imposantes et profondes « symphonies de guerre », avec la Septième dite « Léningrad », la Huitième est notre préférée. Là aussi, Jansons se montre à la hauteur du défi dans une partition qui fut créée en 1943, par son « mentor », Mravinski. Symphonie de guerre, surtout symphonie du destin : l’adagio initial ploie sous l’imposant et spectaculaire sentiment tragique. Jansons peint dans la douleur ténue et dans un chant du désespoir, le spectacle des désolations de la guerre. C’est l’expression lacrymale d’une humanité exsangue qui surgit, irrépressible, languide, déchirante des pupitres du Pittsburgh Symphony. La suite des mouvements est d’une même incontestable profondeur, et d’une déconcertante vérité. Jansons exprime la marche implacable, grinçante du grand laminoir, déchiquetant les hommes pris dans le rets du combat. L’orchestre, chauffé à blanc, au comble des accents expressionnistes, n’est jamais épais : clarté, densité, fulgurances.

Symphonie n°15

(cd1, couplé avec la Symphonie n°1). L’ultime partition pour grand orchestre de Chostakovitch est certainement la plus énigmatique de toutes. Deux adagios, deux allegrettos intercalés. Evidemment, la citation du thème du « sort » extrait de la Tétralogie wagnérienne insuffle un recul historique sur la texture : une sorte de distanciation par référence. Or Jansons à la tête du London Philharmonic clarifie constamment le discours. Cette plongée dans la mémoire et dans les perspectives du temps n’en paraissent que plus justes dans leur flottement : le chef y brosse le sentiment d’un entre-deux mondes, une langueur semée d’inquiétude et d’angoisse irrésolues, comme en une torpeur ressentie après la fin d’un cauchemar. Le dernier mouvement, adagio, dépeint au centre du développement, une lutte ouverte, et même si l’horizon semble se dégager, la fin apporte son lot d’incertitudes les plus éprouvantes. Ni paix, ni sérénité, "faire avec", en dépit des souffrances, des trahisons, des blessures, de l’inéluctable mort, de l’irrépressible destin.

Bonus & livret

Soulignons la réussite des « bonus », compléments jubilatoires au cycle des 15 symphonies : couplées à la Symphonie n°11 « 1905 », (cd 9), Jansons conduit le Philadelphia orchestra dans plusieurs suites, d’une tonicité à l’ambivalente ciselure : « Jazz suites n°1 et n°2 », « Tahiti trot (tea for two) » : l’éclat mordant du lyrisme sincère y cotoie là encore, de profondes blessures. Tout Chostakovitch est là : parodie drôlatique, accents brûlants, amertume hideuse, aspiration à l’insouciance bel et bien écartée mais toujours tendue (ivresse nostalgique de la célébrissime et publicitaire Jazz suite n°2). Argument complémentaire : la qualité éditoriale du livret qui comporte un entretien avec Mariss Jansons, et concernant les symphonies avec choeur et solistes, l'intégralité des textes traduits en français. Que demander de plus ?

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joachim
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Mar 6 Mar - 14:58

Un coffret alléchant Very Happy Si j'avais des sous...et aussi de la place Wink
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Jeu 31 Mai - 3:29

j'ai acquis ce coffret et il n'est pas cher. Je ne peux que le recommander à tous. Pour moi, la meilleure intégrale occidentale qu'on puisse trouver avec Haitink bien sur, par qui j'ai découvert Chostakovitch il y a hum quelques années Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Jeu 31 Mai - 12:11

Un peu de son pour se détendre ou s'ennerver, ça dépend Laughing

Concerto pour piano & trompette n°1
Florent boffard, piano, Bruno Tomba, trompette

http://moglia.free.fr/musique/chostakovitch.mp3


La valse No 2 au sax solo :

http://cours-saxo.fr/mp3/valse_2_chostakovitch.mp3

Le Nez :

http://balalaikafr.free.fr/_histoire/classique/Chostakovitch%20Le%20Nez%2011.mp3

Coco
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Icare
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Ven 9 Juil - 9:37


Quel est d'après vous sa symphonie qui vous parait la moins intéressante et inspirée?

J'ai lu dans un forum que la N°12 était assez mauvaise et sans aucun doute sa moins bonne
symphonie. Partagez-vous cette vision des choses? Pour ma part,je connais très mal les
symphonies de CHOSTAKOVITCH. Donc,une autre question me vient à l'esprit: Qu'elle est celle
que vous me conseilleriez en priorité,bien que c'est toujours délicat de conseiller telle ou telle
oeuvre à quelqu'un,je sais bien...parce que les goûts et les couleurs...mais bon...je suis exigent
mais pas difficile N'hésitez pas,conseillez-moi!
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joachim
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Ven 9 Juil - 9:48

Le sommet, pour moi, des symphonies de Chosta, c'est d'abord l'extraordinaire 7ème, "Leningrad", en particulier le long premier mouvement qui, par le même procédé que Ravel dans le Boléro, part d'une petite marche de rien du tout (qui symbolise l'armée nazie), marche qui s'amplifie de plus en plus jusqu'à écraser le thème insouciant (qui symbolise les russes) pour aboutir à un maelström dissonant...

La 5ème n'est pas mal non plus. Et la 12, la 10, la 11...

Je vais plutôt dire celles que je n'aime pas : d'abord les 13 et 14, puis les 1, 2 et 3.

Et il te faut l'enregistrement de Svetlanov Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Ven 9 Juil - 11:32

Je connais la cinquième et je l'aime bien et justement la 12 qui ne me parait pas si mauvaise
que ça et ne semble pas correspondre au mauvais commentaire que j'ai lu. En revanche,je ne
connais pas la septième et ta petite description m'incite volontiers à combler cette lacune. Very Happy

J'aimerais bien découvrir LE NEZ,aussi. Il parait que c'est pas mal du tout. Je le sens bien celui-là.
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Icare
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Dim 11 Juil - 19:42


Je vais bientôt découvrir l'imposante huitième sous la baguette de ANDRE PREVIN.
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joachim
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Dim 11 Juil - 21:21

Icare a écrit:


J'aimerais bien découvrir LE NEZ,aussi. Il parait que c'est pas mal du tout. Je le sens bien celui-là.

Moi je n'ai pas aimé cet opéra, ni pour la musique, ni pour le sujet, stupide (un mec qui perd son nez, et celui-ci prend son autonomie...bof, bof D'ailleurs, dans l'ensemble, j'aime pas trop les premières oeuvres de Chosta (le Nez est son opus 15).

Mais attention, ce n'est que mon sentiment, toi il te plairait peut-être, tu es plus ouvert au modernisme que moi.
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joachim
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Lun 12 Juil - 11:01

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Icare
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Lun 12 Juil - 11:24

joachim a écrit:
Pour Icare : les symphonies intégrales par Rudolph Barchaï pour 19€50 chez Abeille !

http://www.abeillemusique.com/CD/Classique/BRIL6324/5029365632423/Brilliant-Classics/Dimitri-Chostakovitch/Symphonies-Integrale/cleart-6303.html?utm_source=nl_abm_Cl_437&utm_medium=email

Merci Joachim pour ce lien. Je viens aujourd'hui même de découvrir la monumentale N°8
sous la direction d'ANDRE PREVIN et j'ai été littéralement transporté par cette oeuvre qui
contient de superbes passages,notamment par les cordes,au début de la symphonie et,plus
tard,par un hautbois solo de toute beauté. Mais c'est aussi un plaisir global dans l'écoute d'une
composition inspirée et généreuse en émotions.
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Olivier

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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Dim 29 Mai - 15:06

J'ai 2 bons coffrets Melodiya de Chostakovitch intéressants :
- l'intégrale des symphonies par Kondrashin avec le second concerto pour violon avec Oistrakh
- l'intégrale des quatuors a cordes avec le quatuor Borodin avec le quintette pour piano avec Richter

Je les ai achetés, il y a 2 ou 3 ans pas très chers compte tenu de la qualité de ces coffrets et du nombre de CD (11 pour les symphonies et 6 pour les quatuors)

De sont des enregistrements des années 70 très engagés par des interprètes ayant bien connus le compositeur. Le son est parfaitement ok.

Mes symphonies préférées sont la 7 "Lenigrad" avec son premier mouvement pour lequel je suis en accord avec le commentaire de Joachim. Je suis aussi très impressionné par la symphonie n°14 pour soprano, basse et orchestre de chambre qui enchaine des poèmes ... Une sorte de Chant de la Terre. Pour la symphonie n°12, je n'ai pas d'avis. Les interprétations de Kondrashin sont parfois assez rugueuses, pleines de passion ... Une sorte de Bernstein russe ?

Ses quatuors a cordes est le jardin secret de ce compositeur ayant parfois été obligé dans sa musique instrumentale ou chorale de se conformer aux principes édicté par le parti communiste. De nombreuses merveilles sont présentes dans le cycles de ses quatuors a cordes...
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vizZ

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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Dim 29 Mai - 18:47

Moi j'ai adoré les interprétations des symphonies 8 et 10 par Petrenko et le RLPO. La 10ème est franchement impressionnante, on croirait que l'orchestre a les fouets des enfers derrière lui
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Olivier

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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Dim 29 Mai - 20:54

Il me semble que la 10eme symphonie est la seule que Karayan est dirigée de ce compositeur. Je l'ai déjà écoutée avec plaisir, mais j'avoue ne plus vraiment m'en souvenir. Je vais la mettre au programme de la semaine prochaine.

J'écoute en ce moment la symphonie n°14 et contrairement a ce que j'ai écrit elle diffère du Chant de la Terre. Elle est l'oeuvre d'un écorché vif avec des poèmes poignants et une orchestration saillante. En tout cas une oeuvre singulière et intéressante.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Dim 29 Mai - 22:26

vizZ a écrit:
Moi j'ai adoré les interprétations des symphonies 8 et 10 par Petrenko et le RLPO. La 10ème est franchement impressionnante, on croirait que l'orchestre a les fouets des enfers derrière lui

C'est normal, la 10ème symphonie est selon Chostakovitch, "le portrait musical de Staline" Wink
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Olivier

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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Lun 30 Mai - 20:14

vizZ a écrit:
Moi j'ai adoré les interprétations des symphonies 8 et 10 par Petrenko et le RLPO. La 10ème est franchement impressionnante, on croirait que l'orchestre a les fouets des enfers derrière lui

Cette 10eme symphonie est effectivement impressionnante, les différents mouvements traduisent des sentiments lugubres. Officiellement, le compositeur dit qu'il est question de Staline. Mais il est probable qu'en fait elle soit beaucoup plus universelle.

Le 3eme mouvement "Allegretto" est celui que je préfère, il m'évoque la retraite de Russie par les armées Napoléoniennes bien que cela soit anachronique. Le thème au cor introduit un mouvement de rêverie dans cette atmosphère plutôt pessimiste.
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Olivier

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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Lun 30 Mai - 21:44

Volia ce que m'évoque le 3eme mouvement "Allegretto" : "Episode de la campagne de Russie" par Charlet :

J'aime bien les correspondances musique/peinture et histoire

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Olivier

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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Mar 8 Nov - 22:13

joachim a écrit:
Le sommet, pour moi, des symphonies de Chosta, c'est d'abord l'extraordinaire 7ème, "Leningrad", en particulier le long premier mouvement qui, par le même procédé que Ravel dans le Boléro, part d'une petite marche de rien du tout (qui symbolise l'armée nazie), marche qui s'amplifie de plus en plus jusqu'à écraser le thème insouciant (qui symbolise les russes) pour aboutir à un maelström dissonant...

Quel monument que cette grandiose symphonie "Lenigrad".

Point de beauté gratuite dans cette oeuvre mais un expressionnisme brutal qui me fait un peu penser au tableau de Gernica de Picasso. Une symphonie composée en pleine guerre quand Leningrad est menacée...

Comme le dit Joachim cela s'entend parfaitement bien dans ce long et sublime premier mouvement ou la pression monte jusqu'à l'insupportable.

Après ce premier mouvement qui pourrait presque se suffire à lui même s'enchaînent encore 3 mouvements également passionnants avec des changements de rythmes et toujours cette tension sous-jacente. Le troisième mouvement est un sublime Adagio de 18 minutes également poignant.

J'ai écouté un version live avec Kurt Masur et l'orchestre de France. Une belle version engagée avec une très belle interprétation.
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Mario Ouellette

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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Mar 14 Aoû - 2:53

Je n'ai malheureusement pu mettre la main sur l'intégrale de Kondrachine, mais tout le monde en dit du bien. J'ai l'intégrale, mais "en pièces détachées" (avec des chefs d'orchestres différents). Il y avait l'intégrale de Rostropovitch, la seule sur les tablettes, mais au vu des commentaires j'ai décidé d'attendre l'offre d'une meilleure intégrale. Évidememnt, quand j'ai la chance d'avoir des interprétations de Mravinsky je saute dessus : j'ai la 7e et la 8e de ce chef et "ça fait la job !".

La 8e de Choskatovitch est incontournable, l'interprétation de Patrenko est aussi excellente, mais Mravinsky me paraît encore plus "poignant". Sur You Tube, on peut voir le chef la diriger au complet. Il y a, pour le 3e mouvement, toujours sur You Tube, la prestation de Bychkov : le montage vidéo est très bien fait. Ma femme, qui n'aime pas tellement ce genre de musique, s'est montrée plus réceptive après avoir regardé la vidéo qui la fait mieux comprendre. C'est assez didactique et fait pardonner certains achats perçus comme argent "gaspillé".

Mes symphonies préférées : 5, 7, 8, 10, 11, 13 et 14.
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Mario Ouellette

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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Mar 14 Aoû - 3:09

[quote="Olivier"]Il me semble que la 10eme symphonie est la seule que Karayan est dirigée de ce compositeur. Je l'ai déjà écoutée avec plaisir, mais j'avoue ne plus vraiment m'en souvenir. Je vais la mettre au programme de la semaine prochaine.

Karajan a fait deux versions de la 10e de Chostakovitch avec l'Orch. Phil. de Berlin, avec DG. Il ne donne pas sa place et la version que je j'ai est excellente.

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vizZ

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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   Mar 14 Aoû - 11:37

Je pense en effet que ses symphonies conviennent très bien aux chefs russes un peu endiablés tels que Mvarinsky ou Kondrashin. Pentrenko est également très bon dans les chefs de notre époque.
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MessageSujet: Re: Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies   

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Dimitri Chostakovitch: intégrale des symphonies
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