Forum sur la musique classique
 
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 La Route des Indes en musique...

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Icare
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MessageSujet: La Route des Indes en musique...   Dim 17 Déc - 22:26



Depuis que Laudec nous a annoncé son voyage dans le sud de l'Inde, dans l'état de Kerala pour être plus précis, l'idée de créer un nouveau cycle autour de cet immense pays par les musiques qui occupent mes étagères et peuvent s'y rapporter, m'est venue presque spontanément. J'avais déjà réalisé un cycle sur ce thème courant 2015 mais je ne me souviens pas vraiment des titres que j'avais retenus à l'exception de la superbe partition que Stephen Warbeck composa pour la série télévisée Indian Summers dont l'intrigue ou du moins une bonne partie de l'intrigue semble se situer en Inde. L'objectif de mon cycle n'a pas pour ambition de réaliser une étude musicologique sur la musique indienne. Je n'en suis pas suffisamment spécialiste ni même un grand amateur. Je n'ai pas non plus pour objectif que ce fil soit exclusivement consacré à la musique traditionnelle indienne et aux instruments traditionnels indiens, sinon, s"il n'existe pas déjà, je l'aurais ouvert dans le sous-forum "Les musiques du monde". On peut en parler à l'occasion, bien sûr, et cette occasion arrivera d'ailleurs très prochainement, mais, prioritairement, c'est un voyage virtuel que je propose vers l'Inde, un voyage ou un survol virtuel par n'importe quelle musique qui a un lien direct ou indirect avec tout ce qui a un rapport avec cette immense pays et culture; peut-il s'agir effectivement d'une musique traditionnelle d'une région ou d'une autre de l'Inde, d'une musique de film, d'une oeuvre contemporaine ou classique, d'un opéra, de musiques écrites par un compositeur qui a effectué un voyage en Inde, je pense notamment à John Foulds...Pour en revenir à la bande originale de la série télévisée Indian Summers (Etés indiens), le compositeur anglais y emploie une panoplie d'instruments locaux comme certaines percussions, le sarod, le violon indien, des flûtes indiennes. Il utilise aussi le doudouk et l'oud et puis des instruments plus proche de notre culture européenne comme les clarinettes, les guitares, les pianos, la trompette et les cordes du "The City of Prague Philharmonic Orchestra" dont la direction fur partagée par deux chefs, Terry Davies et Jeremy Holland-Smith. C'est une approche musico-cinématographique de la musique indienne par un compositeur européens. Dès le départ, les premières mesures, les instruments indiens vibrent et résonnent dans la tête. Le décor est planté et Stephen Warbeck est un musicien suffisamment habile pour ne pas m'infliger un mauvais folklore, bien au contraire. Une nouvelle fois, la musique est saisissante et le voyage...virtuel...assuré! Quelques notes du sarod de Soumik Datta résonne, tel un cliché qui se veut attendu et hop! Le voyage commence.
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Icare
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MessageSujet: Casadesus   Dim 17 Déc - 22:30

<<Comme pour l'hindouisme, le terme nirvana est utilisé généralement dans le jaïnisme en synonyme du mot moksha qui peut se traduire par : illumination, éveil, libération. Ce stade, cet état est atteint lorsque l'individu a détruit tout son karma, tout son attachement au monde terrestre et ses conséquences. La libération dans la théorie jaïne ne peut être gagnée que lorsque la mort du corps physique arrive; il est à noter que pour le courant digambara, seuls les hommes peuvent y parvenir. Ces théories ne doivent pas faire oublier que le jeûne, la méditation sont les voies du salut, qu'il faut suivre en respectant les Mahavratas: les vœux du jaïnisme, et les Trois Joyaux.>> Le Jaïnisme est majoritairement pratiqué en Inde mais il n'y a probablement pas un rapport direct avec Symphonic Nirvana de Gréco Casadesus, c'est juste mon idée à moi d'avoir voulu imaginer ce rapprochement par le biais d'une partie du titre, Nirvana, m'imaginer un voyage à la fois virtuel et spirituel. C'est un parti-pris, mon parti-pris. Selon le compositeur, cette musique est dédiée à toutes celles et tous ceux qui croient au ciel et à la terre, au pouvoir du coeur et à la dimension de l'âme. Cette "symphonie" a quelque chose de profondément apaisant, relaxant, s'articulant pratiquement autour d'un même matériel mélodique. Elle se compose de 11 parties dont les détails se trouvent dans un de mes commentaires ci-dessus: <<Chacune des onze parties est une marche qui mène vers le Nirvana. L'oeuvre s'achève d'ailleurs sur des chants d'oiseaux. Parmi la volupté des formes qui caractérise cette symphonie rêveuse, il y a l'harmonica de verre, l'accordéon, un violoncelle solo, la voix de Claire Foucault, quelques effets d'électronique, une pointe insaisissable d'exotisme.>>[/quote]

°°Nirvana est un concept philosophique qui est également accepté dans le bouddhisme trouvant aussi ses origines en Inde.
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Icare
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MessageSujet: Harvey   Dim 17 Déc - 22:47

Bhakti, l'adoration, l'Amour de Dieu ou piété, la dévotion ou le service de pur amour envers Īśvara (le seigneur suprême en sanskrit), est l'une des composantes essentielles de l'hindouisme. C'est une dévotion "exempte de sollicitations égoïstes et de crainte du Tout-Puissant, qui implique un complet oubli de soi de la part de celui qui aime." Le bhakti yoga (la voie de l'Amour de Dieu) représente avec le jnâna yoga (la voie de la connaissance), le karma yoga (la voie de l'action consacrée), le raja yoga (la voie des exercices physiques et spirituels) et le tantra yoga (la voie des rites magiques, la discipline personnelle suivant les ordres du tantra) sont les cinq voies (mārga) traditionnelles du yoga dans l'hindouisme (souvent complémentaires). (Wiki).

J'ai, dans l'esprit de ce voyage virtuel en Inde, réécouté Bhakti pour orchestre de Jonathan Harvey , tout simplement parce que le titre se prête à mon cycle et afin de ne pas systématiquement retomber sur les mêmes oeuvres que lors de mon précédent cycle de 2015 sur le même sujet. En lisant les commentaires à l'intérieur du fascicule, je n'ai pas trouvé d'explications précises sur le choix du titre ni sur la réelle nature de ce qui inspira Jonathan Harvey. Mais est-ce important? Au sein d'une écriture si moderne, si contemporaine, si éloignée de la sitar de Ravi Shankar, ne puis-je donc pas y sentir un parfum de l'Inde, une architecture, un paysage, une émotion, voire un de ses drames, un de ses chaos? Néanmoins, tout prétexte est bon pour réécouter une oeuvre que j'ai aimée et que j'aime certainement encore. Ce sont les humeurs de chacune des douze parties qui me séduisent, autant par les moments les plus acoustiques que par les moments où l'électronique entre en scène. Ce qui est très curieux mais pas nécessairement étrange, c'est que j'ai ressenti une certaine forme d'humour pleinement musicale à un moment précis, par les cuivres, partie 9. Ce sont principalement des instants qui m'ont fasciné, ci et là, des combinaisons instrumentales, des tournures électroniques qui ont accaparé mon attention. Mais, aimerais-je autant cette oeuvre sans la réussite de la dernière partie (n°12)? Je ne saurais le dire comme je ne saurais dire si l'humour que je ressens dans cette oeuvre tient d'une perception très personnelle ou si elle peut être aisément partagée. Comme je viens de l'insinuer, alors que je ne pourrais définir Bhakti autrement que comme une oeuvre fondamentalement abstraite, la douzième partie est totalement fascinante, une véritable "architecture sonore" aux formes indescriptibles et aux effets les plus poignants, les plus émouvants. Il y a bien des instants, ci & là, qui me place dans l'attente, mais, globalement, j'en aime la poétique et la singularité.


Dernière édition par Icare le Dim 17 Déc - 22:58, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Harrison   Dim 17 Déc - 22:58

La réécoute, ce soir, de l'oeuvre chorale La Koro Sutro pour 100 choristes, gamelan américain, harpe et orgue de Lou Harrison, sous la direction de Philip Brett, fut une manière de poursuivre ce voyage spirituel vers l'Inde. Je pourrais cependant, en écoutant cette musique, penser à d'autres coins du monde, comme Bali ou Java. Peu importe, sa source d'inspiration en rapport à la philosophie bouddhiste et aux sutras me maintient dans la bonne direction. Le voyage est finalement spirituel, me maintient dans le bon état d'esprit. Rien de très bouleversant ni de très viscéral, plutôt huit parties musicales berçantes et caressantes, voire dépaysantes. La seconde oeuvre que j'ai réécoutée de Lou Harrison s'intitule Suite pour violon et gamelan américain et se compose de sept mouvements. C'est peut-être mon oeuvre préférée du compositeur, celle qui, par son violon solo, admirablement porté par David Abel, m'emporte vers les hauteurs rarement accessibles du recueillement...J'adore ressentir cela en musique. Parmi les différents mouvements se suivent "Jhala I, II, III": <Jhala est sans doute le plus caractéristique des styles instrumentaux . Les instruments à cordes indiens sont notés par quelques cordes de drone spéciales appelées chikari . Ces cordes ne sont jamais frettées, mais sont frappées chaque fois que le tonique doit être souligné (par exemple, Sa et Pa ) . Le jhala est une alternance rapide de la mélodie principale et du chikari . Cela se prête à des permutations intéressantes de chiffon et de tal simultanément. Ce style passionnant est devenu une conclusion obligatoire pour tout sitar ou récital de sarod .> J'avoue que pendant l'écoute de cette Suite, la musique me semblait avoir cet aspect étiré et élastique que l'on retrouve souvent dans la musique traditionnelle indienne. Le violon est irrésistible tant le geste musical est lancinant. Le voyage prend alors une tournure onirique.
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Icare
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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Dim 17 Déc - 23:02

L'instant musical:

https://www.youtube.com/watch?v=BoAoqT55Wos
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laudec

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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Dim 17 Déc - 23:13

Quel voyage déjà accompli pour toi Icare avec ces post si nombreux. Je lirai tout cela tranquillement au retour question de rester en contact Very Happy
Belle mise en condition pour moi avec ce "Taj Mahal" même si c'est loin de la région que nous allons explorer, la musique est bien caractéristique.
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Icare
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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Dim 17 Déc - 23:15

Le film de David Lean a inspiré le titre de mon fil; La Route des Indes, qui est d'ailleurs un film que je n'ai toujours pas vu. Il était alors logique que je me penche à nouveau sur la partition de Maurice Jarre. Elle m'inspire le voyage et les grands espaces. En disant cela, je pense effectivement à une anthologie de la musique de film du compositeur, en outre sa collaboration avec le célèbre cinéaste David Lean qui présente des suites pour le concert et s'intitule Lean by Jarre - A Musical Tribute to David Lean. Je l'ai réécoutée ce soir, surtout parce qu'elle contient une suite symphonique de La Route des Indes - A Passage to India par le "Royal Philharmonic Orchestra". Pour le cinéma de Lean, je ressens en général beaucoup d'élan et d'optimisme dans la musique de Maurice Jarre. C'est particulièrement vrai dans cette suite de La Route des Indes: j'y trouve même un caractère profondément festif, éclatant. Le voyage n'est plus spirituel ni onirique, il est devenu concret, palpable, complètement cinématographique.

https://www.youtube.com/watch?v=4lui14YKMuU
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Icare
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MessageSujet: Michans   Dim 17 Déc - 23:27

J'aime de plus en plus Dravidian Moods - Five Movements on South Indian Themes, le caractère serein et religieux de cette fameuse raga du matin que constitue le premier mouvement. Je ne sors d'ailleurs pas de la formation du quintette avec quatuor à cordes et où le soliste est la talentueuse hautboïste Pauline Oostenrijk. L'oeuvre se découpe en cinq mouvements; Morning Raga, Sereno e religioso, très méditatif celui-là, une introduction au recueillement qui me plait beaucoup: je ressens bien le lancinement que l'on retrouve dans la musique traditionnelle indienne, lenteur & lancinement, vous savez, ce côté élastique qui se tend et se détend...Variation, Allegro nervoso, est, comme son titre l'indique, plus vif et nerveux. Il tranche donc avec la lenteur du premier mouvement. Tamil Lyric, Allegretto semplice continue dans une veine animée mais avec plus de légèreté. Meenakshi's Song, Molto Tranquillo retourne à une rêverie bienvenue, sans doute pour moi le moment le plus beau, le plus touchant, de l'oeuvre, ce que j'aime appeler "son point culminant". Malayalam Folk Song, Gaio e poco burlesco est une courte danse qui impose une conclusion joyeuse à l'ensemble. Là, j'ai déjà un pied en Inde, dans un endroit paradisiaque, certainement pas encore au coeur d'une de ces grandes agglomérations agitées, surpeuplées, bruyantes, grouillantes et polluées.
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joachim
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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Lun 18 Déc - 11:20

Comment parler de musique indienne sans évoquer Ravi Shankar (1920-2012), cet émouvant compositeur et joueur de sitar ?



https://www.youtube.com/watch?v=9xB_X9BOAOU


Ravi Shankar a aussi composé des oeuvres plus "classiques", dont une symphonie et deux concertos pour sitar et orchestre.

Voici sa symphonie :

https://www.youtube.com/watch?v=_LCrh1oXukw
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Lun 18 Déc - 19:22

Merci pour vos messages. Ravi Shankar et sa fille, j'ai plusieurs CD, c'est superbe.

Ceci, j'aime beaucoup aussi, c'est envoûtant.. Quelle voix !

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Icare
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MessageSujet: Vivier   Lun 18 Déc - 20:13

<<Siddhartha est un roman philosophique d'Hermann Hesse (1877-1962) paru en 1922 en langue allemande. L'écrivain exprime dans ce livre son amour et sa sensibilité pour la culture, les croyances, les religions et les philosophies orientales auquel il est familiarisé dès son plus jeune âge grâce à sa mère, Marie Gundert, née en Inde, mais également aux multiples voyages qu'il accomplit en ces terres dans les années 19101. Une fois publié aux États-Unis, en 1951, le livre connait une renommée mondiale, en particulier au cours de l'exploration des spiritualités orientales dans les années 1960.>> (Wikipédia)

L'oeuvre pour orchestre que j'ai réécoutée aujourd'hui s'intitule Siddhartha (1976). Composée par le compositeur canadien Claude Vivier, elle est inspirée par le roman philosophique de Hermann Hesse (1922). La première de cette commande de la Société Radio-Canada ne put avoir lieu, pour diverses raisons, en 1976, comme c'était prévu au départ, par l'Orchestre national des jeunes du Canada, sous la direction de Marius Constant. C'est finalement Walter Boudreau qui en dirigera la première exécution en 1986, c'est-à-dire dix ans après sa composition. C'est peut-être lui aussi qui en fit la meilleure critique, estimant que Siddhartha constitue probablement le testament le plus révélateur de la pensée de Claude Vivier. Affirme-t-il également qu'elle est, sur le plan formel, son oeuvre la mieux aboutie: musique directe, découpée à la perfection qui, à partir d'une simple mélodie, se déploie magistralement dans une constellation fantastique d'idées et d'émotions. Je ne peux que partager l'avis de Walter Boudreau, tant cette partition me fascine par sa dimension poétique et sa rigueur impeccable. J'en apprécie tellement l'architecture et la géniale palette sonore...Le voyage vers l'Inde fut cette fois-ci purement philosophique.

Dans le domaine de la musique traditionnelle indienne, il est évident qu'il serait maladroit et même incongru d'oublier Ravi Shankar et sans doute existe-t-il d'autres maîtres incontournables moins connus en Europe que ce dernier. Il est vrai qu'il y a chez Ravi Shankar une partie classique, entre symphonie et concerto. Ses concertos pour sitar et orchestre avait donné lieu à un double-cd que je m'étais procuré, il y a des années en arrière, avant de m'en débarrasser après écoute. J'avoue avoir été peu emballé par un style symphonique que j'avais trouvé trop "conventionnel" à mon goût, trop prévisible, étant, à l'époque - c'est toujours vrai aujourd'hui - davantage enthousiasmé par l'approche plus audacieuse de Naresh Sohal. Je ne connais pas encore sa symphonie. En revanche, je vais bientôt découvrir un disque entièrement consacré à sa fille Anoushka Shankar, sans son père, qui réunit, fait très rare, musiciens "flamenco" et indiens. Je n'en dirai pas davantage pour l'instant. Un autre album est également en attente, avec cette fois la violoniste Jyotsna Srikanth et j'espère en parler avec enthousiasme ici, prochainement.
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Lun 18 Déc - 20:31

Icare a écrit:
 je vais bientôt découvrir un disque entièrement consacré à sa fille Anoushka Shankar, sans son père, qui réunit, fait très rare, musiciens "flamenco" et indiens. Je n'en dirai pas davantage pour l'instant. Un autre album est également en attente, avec cette fois la violoniste Jyotsna Srikanth et j'espère en parler avec enthousiasme ici, prochainement.


J'ai ce CD, Icare, et j'ai vu ce concert trois fois.... Magnifique, tu me diras ce que tu en penses... Wink  J'ai été particulièrement séduite par la "modernité" qu'Anouschka introduit dans cette musique traditionnelle qu'elle "espagnolise", effectivement.  Elle est géniale. J'en ai parlé il y a environ trois ans sur ce forum, je ne sais plus où !  Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Foulds   Lun 18 Déc - 23:27

Merveilleux, Anoushka! Nous pourrons échanger nos ressentis très bientôt. Very Happy

En 1935, John Foulds se rendit en Inde , où il recueillit de la musique folklorique , devint directeur de la musique européenne pour la radio indienne à Delhi , créa un orchestre à partir de rien et commença à réaliser son rêve d'une synthèse musicale de l'Est et de l'Ouest en composant des pièces pour ensembles d' instruments indiens traditionnels . Il a eu tellement de succès qu'on lui a demandé d'ouvrir une succursale à la gare de Calcutta . Tragiquement, dans la semaine qui suivit son arrivée, il mourut subitement du choléra, le 25 avril 1939. Malheureusement, il y aura trop peu d'oeuvres de John Foulds qui seront jouées et publiées durant sa vie et après sa mort. Le plus triste est que plusieurs de ses compositions, particulièrement celles de sa dernière période en Inde, ont été perdus. D'après ce que j'ai lu sur le Wikipédia anglais, les partitions manquantes comprenaient notamment une Symphonie d'Orient et d'Occident pour les instruments orientaux et l' orchestre symphonique occidental. Qu'est-ce que j'aurais aimé découvrir cette symphonie qui aurait été un choix idéal pour mon cycle, peut-être même idéal pour illustrer le voyage d'un Européen en Inde...La fille de John Foulds a toutefois déposé quelques-uns des manuscrits survivants de son père à la "British Library".

Ce soir, j'ai réécouté Three Mantras from Avatara, Opus 61b pour orchestre symphonique, Lyra Celtica - Concerto pour voix et orchestre, Opus 50, avec la superbe voix de la mezzo-soprano Susan Bickley, Apotheosis (Elegy) Music-Poem n°4 pour violon et orchestre, émouvante élégie avec le violoniste Daniel Hope et Mirage, Opus 20 - Music-Poem n°5 pour orchestre symphonique. A propos de l'OPUS 61b: dans les années vingt, John Foulds travailla à un mystérieux opéra sanscrit, Avatara, qu'il abandonna ensuite et détruisit. Le terme hindou "Avatara" désigne l'incarnation ou la manifestation terrestre d'un dieu comme Rama ou Krishna (le mot "avatar" en est issu), et l'opéra de Foulds est probablement une sorte de drame ou de mystère sur ce thème. Il n'en subsiste que les "Trois Mantras" qui servaient à l'origine de préludes aux trois actes et que John Foulds conserva comme une oeuvre symphonique autonome. La composition s'étendit sur une dizaine d'années: une esquisse au crayon datée d'août 1919 comporte ses premières idées pour les trois mouvements, et le Mantra III fut achevé en avril 1930. La partition attendit 1988 pour être jouée, et la première exécution en concert fut enfin donnée à la Biennale d'Helsinki en 1997. Pour l'anecdote, dans la "Mantra I - Of  Action and Vision of Terrestrial Avataras, j'ai reconnu quelques mesures très accrocheuses qui reviennent au moins deux fois dans le développement du mouvement et que Bernard Herrmann semble avoir repris dans l'une de ses plus célèbres musiques de films. Il me reste à retrouver laquelle.
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Icare
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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Mar 19 Déc - 19:29

<<Le KHATAKALI: Le Khatakali est une forme de théâtre raffiné, particulier au Kerada - état du Sud-Ouest de l'Inde qui allie mime, théâtre, danse et arts du costume et du maquillage. Alors qu'en Asie la plupart des théâtres dansés font appel à des personnages masqués, les danseurs de Kathakali ont leurs visages peints d'épaisses couches de maquillage, et encadrés d'une série de feuilles de pâtes de riz blanches collées sur les joues. Les expressions du visage et les mouvements des yeux forment un langage non-verbal extrêmement sophistiqué que les danseurs utilisent entre eux pour exprimer action et émotions. Le costume des danseurs consiste en un long jupon bouffant attaché à la taille par un carde en bois par-dessus lequel est drapée une robe de laine de plusieurs pans aux longueurs différentes. Le costume reste plus ou moins le même quel que soit le personnage, seuls le maquillage et les coiffures varient. Le Kathakali compte six principaux types de personnages. Il faut un minimum de six années d'entraînement rigoureux avant d'acquérir la maîtrise et les compétences nécessaires pour jouer ne serait-ce qu'un rôle mineur du répertoire. La journée de l'élève démarre à 3 heures du matin par des exercices de gymnastique, suivis dans la journée par l'apprentissage des histoires du répertoire et de classe de technique de maquillage et d'enseignement du sanskrit. La journée s'achève vers 19 heures par un massage à l'huile lors de laquelle le professeur à l'aide de ses plantes de pieds masse les muscles et les articulations de son élève. Bien que le professeur réduise le poids de son corps en se suspendant à une barre, ce procédé est extrêmement douloureux pour l'élève. Le répertoire de l'acteur de Kathakali est vaste. L'acteur doit pouvoir jouer n'importe quel rôle dans n'importe quelle pièce et ce sans répétition préalable. Il est recensé plus de 36 pièces soit plus de 340 rôles dont les histoires sont fondées sur les écrits épiques sacrés dont le Mahabharata et le Ramayana. Les danseurs sont accompagnés de deux percussionnistes et l'histoire est narrée par deux chanteurs. Le décor de la scène est la simplicité même: au centre se trouve une lampe à huile, les chanteurs et musiciens se tenant sur les côtés. Traditionnellement, un spectacle de Kathakali dure toute la nuit, commençant vers 20 heures par des invocations préliminaires et se terminant à l'aube au plus fort de son intensité dramatique.>>

Si j'évoque le Khatakali, c'est parce qu'il fut le thème d'un film de Shaji Karun intitulé Vanaprastham, la dernière danse et qu'il fut mis en musique par l'une des grandes figures de la musique indienne et du tabla, Zakir Hussain. Le film raconte l'histoire du jeune Kunhikuttan qui devient un maître dans l'art du Khatakali. Il tombe amoureux de Subhadra, jeune femme de la haute société, qui voit en lui l'incarnation de Arjuna, héros du Mahabharata qu'elle idolâtre. Mais Subhadra refuse que le fils né de leur union connaisse son père. Une sorte de malédiction semble poursuivre Kunhikuttan, renié lui-même par son propre père...
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Icare
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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Mar 19 Déc - 19:40

Vanaprastham, la dernière danse, extrait:

https://www.youtube.com/watch?v=5R8CLIgRMrg


Une musique de Zakir Hussain qui réunit Zakir Hussain, Ganesh, B. V. Balasai, Ustad Sultan Khan, R. Parthasarathy, R. Visweshwaram, Geetika Varde, Bhavani Shakar, Selva Ganesh, Uma Shankar, Rama Kumar.

Je place ici un lien sur le merveilleux fil ouvert par Pianoline sur La musique indienne
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Mar 19 Déc - 20:52

Merci beaucoup Icare pour tout cela : Voilà de jolies écoutes pour le début de l'an prochain... ! Je vais devoir être dans les jours à venir dans un autre genre de musique qui risque de bien moins me plaire... (sauf chanter avec les petits). La musique indienne ne serait peut-être pas d'actu .. (dommage).  
A plus sur le fil !  Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Mar 19 Déc - 20:58

Le Kathakali:

https://www.youtube.com/watch?v=49lTzt1cZgI
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Icare
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MessageSujet: Hawkins   Mer 20 Déc - 19:16

<<Rasmandala est une danse dont on trouve l'origine dans les légendes sud-asiatiques. Le dieu hindou Krishna est souvent représenté entouré de huit filles de laiterie qu'il entraîne dans une danse érotique jouée sur sa flûte. Cet érotisme est canalisé, dans la plupart des représentations, en désir d'un amour pur et éternel. Cette danse est traditionnellement reproduite chaque année à la saison de la mousson. Des enfants prennent part. Celui qui se distingue parmi les autres, est jugé avoir le mieux représenté le jeune Krishna. Le dieu hindou est aussi représenté jouant de la flûte avec sa compagne Rada. Apparaissent aussi les serpents et leur roi Kahli que Krishna défait en un combat s'achevant en une danse sur la tête déployée d'un cobra. Krishna est aussi identifié au gouverneur d'une ville, et durant le festival de Puri, son effigie est montée sur un char, paradée le long des rues et acclamées par les croyants. Malcolm Hawkins.

J'ai réécouté aujourd'hui la seule oeuvre que je connais du compositeur Malcolm Hawkins et qui s'intitule "exotiquement" Rasmandala. Il ne s'agit ni plus ni moins d'un très beau concerto pour piano et orchestre. De caractère tonal, l'oeuvre ne s'obstine jamais dans une virtuosité trop exclusive et continue. De la virtuosité, il y en a bien sûr, mais il y a aussi du lyrisme, de l'intimisme et même de la tendresse, notamment par un séduisant violon solo. Le plus beau passage de ce concerto en un mouvement (33:52) se situe entre 14 et 15 minutes, un passage d'une magie douce emmené par une flûte solo et réduite à un minimum d'effet, le petit moment minimaliste de totale transcendance qui m'émerveilla. Coïncide-t-il avec la représentation du dieu hindou, Krishna, jouant de la flûte avec sa compagne Rada? C'est effectivement ce qu'il me plait d'imaginer, par l'infinie douceur de cet instant musical, la tendre féminité qui en émane, sa beauté irrésistible avec si peu d'effet, presque nu, juste une grande justesse de ton de quelques courtes minutes par lesquelles il est permis de tout oublier, de s'oublier, d'oublier même qu'il s'agit d'un concerto pour piano, bien que celui-ci retrouvera son autorité et sa virtuosité juste après.  

James DICK: Piano
Texas Festival Orchestra
Pascal Verrot: Direction.
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Icare
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MessageSujet: Yogeswaram   Mer 20 Déc - 23:02

Mini-documentaire sur Manicham Yogeswaram:

https://www.youtube.com/watch?v=xdc4MkhxWCg


Sur la partition que Jocelyn Pook composa pour le film de Sarah Gavron, Rendez-vous à Brick Lane, adapté par ailleurs du roman de Monica Ali, qui relate avec réalisme la vie d'une jeune immigrée originaire du Bangladesh venue à Londres pour se marier, Manicham Yogeswaram y interprète de la flûte indienne. J'y retrouve aussi le joueur de sarod Soumik Datta qui avait déjà fait résonner son instrument dans la musique écrite par Stephen Warbeck pour la série tv Indian Summers que j'ai évoquée en début de topic.
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Icare
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MessageSujet: Welcher   Jeu 21 Déc - 12:22

A propos du concerto pour piano et orchestre - Le Tambour de Shiva - de Dan Welcher:

<<Mon concerto pour piano, en dépit de son sous-titre à programme, est une oeuvre en trois mouvements de forme courante Vif-Lent-Vif. Du fait de son orchestration pour large ensemble et de sa durée, ce concerto pourrait se ranger dans la même catégorie que les concerti de Prokofiev et Barber. Il n'en est rien, cependant, du fait de la nature de la confrontation entre l'orchestre et le soliste. Il s'agit d'une tentative occidentale pour illustrer en musique les idéaux fondamentaux de la religion hindoue en général et de la nature de Shiva en particulier. Le piano en tant que protagoniste n'est pas en soi une nouveauté; cependant cette fois, le protagoniste est une divinité complexe à la fois créatrice, destructive et protectrice. Les trois mouvements sont intitulés d'après les trois éléments du caractère de Shiva en accord avec sa fonction dans la religion hindoue: Temps, Feu et Destin. Le monde est créé, le monde est détruit, le monde est recréé au moyen de la Danse - et Shiva est la force motrice de ce mouvement circulaire. Ayant dit cela, je veux préciser qu'il ne s'agit pas de musique à programme: les formes sont claires et évidentes et l'oeuvre doit être écoutée sans essayer de "suivre l'histoire" point par point.>> Dan Welcher.

De Dan Welcher, compositeur américain pourtant prolixe qui a composé un grand nombre d'oeuvres orchestrales, une multitude de pièces de musique de chambre et plusieurs opéras, je ne connais qu'un concerto pour piano et orchestre intitulé Shiva's Drum - Le Tambour de Shiva. Je le trouve quasiment aussi captivant que celui de Malcolm Hawkins, Rasmandala, avec lequel il est couplé. Il se compose de trois mouvements et les deux premiers sont sans aucun doute ceux qui ont le mieux monopolisé mon attention. Le dernier est le plus exacerbé; tout l'orchestre est à la joie et le piano, sous les doigts de James Dick, aussi. C'est une belle fiesta sonore mais le passage qui sut le mieux tutoyer les cieux est le second mouvement lorsque la musique, à la grâce de son jeu le plus retenu et cristallin, invite au recueillement.
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Icare
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MessageSujet: Shrivastav   Jeu 21 Déc - 16:57

Cet après-midi, j'ai réécouté trois oeuvres, d'abord un Concertino pour violon et orchestre à cordes d'Esteve Palet I Mir, Quatre pièces pour guitare et cordes de Llorens Balsach et An Indian in London pour sitar, violon et cordes de Baluji Shrivastav qui est l'oeuvre dans laquelle on retrouve l'Inde, pas celle d'un Européen en voyage en Inde mais celle d'un Indien à Londres. Le Concertino de Palet I Mir est très tourmenté, très occidental dans son écriture. J'en dirais de même des Quatre pièces de Balsach, d'un ton moins dramatique, plus proches de la ballade. Esteve Palet I Mir est né en 1981 à Banyoles, commune de la comarque de Pla de l'Estany dans la province de Gérone en Catalogne (Espagne) et Llorens Balsach est, quant à lui, né en 1953 à Sabadell, ville du nord-est de l'Espagne, en Catalogne. Baluji Shrivastav est né à Usmanpur en Inde, en 1953. Sa musique conserve une réelle couleur indienne même si elle sait également s'imprégner d'Occident.

An Indian in London se constitue de sept mouvements:

1__Home - Beginning of the journey
2__Joy of Travel
3__Immigration
4__Welcome and Past Memories
5__Discovering London and Friendship
6__Walking Through the Streets
7__Mixing with Crowd and Spirit of Joy

Oriol Alguero: violon; Baluji Shrivastav: sitar.

L'approche du sitar m'a particulièrement plu dans cette oeuvre dans la mesure où il s'écarte du jeu traditionnel auquel on est souvent habitué, surtout dans les deux derniers mouvements où il semble emprunter une voie plus occidentale, plus proche de la musique populaire occidentale. J'approuve l'ouverture très poétique avec ses effets de violons dans les aigus. Ensuite, le mouvement entâme sa danse sur des cordes plus graves aux accents d'Orient. Le sitar n'entre pas de suite, il intervient vers les 3 mn 30 dans une répétition de quelques notes avec les réponses arrondies du violon solo. L'oeuvre est beaucoup moins sombre que le Concertino pour violon et orchestre à cordes de Esteve Palet i Mir avec lequel elle est couplée. Au contraire, cette musique semble porteuse de vie et d'espoir, d'enthousiasme, même si, dans ses entrailles, j'y ressens une forme de mélancolie contenue, un soupçon de gravité que le sitar souhaiterait effacer à tout jamais. C'est peut-être bizarre ce que je vais dire, mais je ressens le sitar comme l'instrument de la joie et du soleil. Il devient merveilleux ici, dans la composition de Baluji Shrivastav, lorsqu'il s'emploie à développer une délicieuse mélodie, une chanson sans parole qui traverse les frontières de l'Inde pour se loger dans un coin de mon crâne et ne plus jamais en ressortir. Elle restera là, tel un hymne au bonheur. Le tout dernier morceau est la conclusion animée et jubilatoire que j'attendais, avec, cette fois, un sitar malicieux et enchanteur.
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joachim
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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Jeu 21 Déc - 18:24

Pour parler de compositeurs plus connus, j'ai failli citer la Fantaisie Indienne pour piano et orchestre de Busoni, mais heureusement que j'ai contrôlé car il s'agit en fait de thèmes des Indiens d'Amérique du Nord qu'à l'époque on appelait tout simplement Indiens alors que maintenant on les appelle Amérindiens ou Native Americans en anglais... Laughing
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MessageSujet: Shankar   Jeu 21 Déc - 22:49

Laughing

En écoutant pour la première fois l'album Traveller d'Anoushka Shankar, je gardais ainsi un lien entre l'Inde et l'Espagne, mais, cette fois, d'une autre manière qu'avec Esteve Palet I Mir. <<Le flamenco a ses racines en Inde. Beaucoup de grands adeptes modernes de cette tradition passionnée tiennent du reste à redécouvrir et à souligner cette parenté. Des danseurs comme Joaquin Cortés ou Sandra La Espuelita ont ainsi affirmé très clairement, au début de leurs spectacles, cette origine culturelle. Des maîtres de la guitare comme Pepe Habichuela et Paco de Lucia (notamment dans son travail avec John McLaughlin) ont introduit dans leurs compositions de fortes références à cette histoire culturelle. Et des ensembles espagnols modernes comme Ojos de Brujo, ou, moins connu, Indialucia, célèbrent avec exubérance l'héritage oriental du flamenco. Pourtant, on sait encore peu de choses sur l'histoire véritable de cette parenté. On suppose généralement que le flamenco prend ses racines dans l'exode des "intouchables" du Panjab vers 800-900. Ces migrants sont devenus les Tsiganes ou Roms, après avoir traversé l'Asie et le Moyen-Orient pour s'établir en Europe. Aujourd'hui, les Tsiganes venus du Rajasthan utilisent d'antiques castagnettes pour orner leurs chants sur l'existence nomade et la vie spirituelle. C'est à travers ces chants qu'on peut clairement identifier l'origine du flamenco.>>

Ce n'est donc pas surprenant qu'une artiste "typiquement " indienne comme Anoushka Shankar, elle-même la fille d'une figure emblématique du monde musical de son pays Ravi Shankar, ait souhaité inviter des musiciens tels que les guitaristes Pepe Habichuela et Javier Limon, la chanteuse Sandra Carrasco et les percussions espagnoles de Pirana. L'ensemble se complètera de la chanteuse Shubha Mudgal, le joueur de tabla Tanmoy Bose et bien sûr Anoushka Shankar (sitar). Très bel album.
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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Ven 22 Déc - 11:45

Extraits d'une interview:

Nitin Sawhney: <<Qu'est-ce qui vous a incitée à faire cet album de flamenco et à réunir ces deux traditions?>>

Anoushka Shankar: <<Simplement mon amour de la musique. J'ai toujours été passionnée et fascinée par le flamenco. J'ai toujours été attirée vers quelque-chose qui, dans le flamenco, me semble très proche de ce que j'aime dans la musique indienne classique: une espèce de musicalité sans inhibitions dans l'expression, que ce soit une voix seule, un sitar et une guitare. Bien sûr, il y avait les racines communes et les similitudes techniques à explorer, et quand on commence à jouer avec elles, on peut vraiment faire de délicieux voyages. Toutefois, le désir venait simplement de ce que j'admirais dans la musique et voulais apprendre à la connaître par la pratique.>>

Nitin Sawhney: <<Javier, qu'est-ce qui vous a attiré plus particulièrement vers la musique indienne classique et le style de jeu d'Anoushka?

Javier Limon: <<Quand Anoushka joue une musique indienne pure, pour nous elle joue du pur flamenco. Pour tous les Gitans, pour Paco de Lucia et pour moi - pour nous tous - quant elle joue la musique indienne, l'impression est la même. Nous disons parfois à Anoushka: "Eh! tu joues très bien le flamenco, c'est du flamenco!" Et elle répond: "Non, non, non, c'est indien, purement indien." La frontière n'est pas claire, car il y a de nombreux siècles, peut-être huit, les Gitans sont venus du Rajasthan en apportant beaucoup au style flamenco avec les chrétiens et les juifs en Espagne, et avec les Arabes. C'est pour cela qu'il y a beaucoup de choses en commun qui font que nos formes musicales appartiennent à la même famille. Le flamenco est très jeune, environ deux cents ans. Pour moi, le flamenco est comme le petit frère de la musique indienne.>>
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MessageSujet: Re: La Route des Indes en musique...   Ven 22 Déc - 16:16

La superbe miniature THE SONG OF RAM DASS de John Foulds a sa petite histoire aussi: Peu après son arrivée en Inde en 1935,FOULDS composa cette délicieuse petite pièce pour petit orchestre, un rêve de la nuit orientale ressemblant à une transe. Sa deuxième femme,Maud MacCarthy, contribua également à ce morceau,car il s'appuie sur une mélodie qu'elle avait improvisée dans "le style indien".

https://www.youtube.com/watch?v=Lc79jcEdHBs
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