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 La Lettre à l'immortelle Bien-aimée

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Snoopy
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MessageSujet: La Lettre à l'immortelle Bien-aimée   Mar 28 Nov - 16:13

La Lettre à l'immortelle Bien-aimée est un document autographe de Ludwig van Beethoven.

Il s'agit d'un groupe de trois lettres rédigées les 6 et 7 juillet 1812 alors que Beethoven suivait une cure thermale à Tœplitz en Bohême. Leur destinataire était une femme dont le compositeur était profondément amoureux et dont l'identité demeure inconnue. Il semble certain que ces lettres ne furent jamais envoyées : elles furent retrouvées dans les jours qui suivirent la mort du compositeur, aux côtés du Testament de Heiligenstadt. Il s'agit de la principale énigme des biographies de Beethoven.

Les noms d'Antonia Brentano et surtout de Joséphine von Brunsvik sont ceux qui ressortent le plus nettement des études des époux Massin et de Maynard Solomon.

La lettre:

"Le 6 juillet au matin.

Mon ange, mon tout, mon moi — quelques mots seulement aujourd'hui, et au crayon (le tien) — Ce n'est pas avant demain que mon logement sera définitivement arrêté — Quelle misérable perte de temps pour de telles choses. Pourquoi ce profond chagrin alors que la nécessité parle ? Notre amour peut-il exister autrement que par des sacrifices, par l'obligation de ne pas tout demander ? Peux-tu faire autrement que tu ne sois pas toute à moi et moi à toi ? — Ah ! Dieu, contemple la belle nature et tranquillise les esprits sur ce qui doit être — L'amour exige tout, et de plein droit, ainsi en est-il de moi avec toi, de toi avec moi. Mais tu oublies si facilement que je dois vivre pour moi et pour toi ; si nous étions complètement réunis, tu éprouverais aussi peu que moi cette souffrance. — Mon voyage a été terrible ! Je ne suis arrivé ici qu'hier à quatre heures du matin ! Comme on manquait de chevaux, la poste a pris une autre route, mais quel chemin épouvantable ! A l'avant-dernier relais, on me conseilla de ne pas voyager de nuit — on me parla, pour m'effrayer, d'une forêt à traverser, mais cela n'a fait que m'exciter, et j'ai eu tort, la voiture aurait dû se briser dans ce terrible chemin, simple chemin de terre défoncé — sans des postillons comme ceux que j'avais, je serais resté en route. Estherazy, par l'autre chemin, le chemin habituel, a subi le même sort, avec huit chevaux, que moi avec quatre — pourtant j'ai éprouvé un certain plaisir, comme toujours quand j'ai heureusement surmonté un obstacle. — A présent passons vite de choses extérieures à des choses intérieures ! Nous nous reverrons sans doute bientôt, aussi aujourd'hui je ne peux te faire part des considérations que j'ai faites sur ma vie pendant ces quelques jours — si nos cœurs étaient toujours serrés l'un contre l'autre, je n'en ferais pas de pareilles. Le cœur est plein de tant de choses à te dire — Ah ! Il y a des moments où je trouve que la parole n'est absolument rien encore — courage — reste mon fidèle, mon unique trésor, mon tout, comme moi pour toi ; quant au reste, les dieux décideront de ce qui doit être et de ce qui adviendra pour nous."

Ton fidèle Ludwig.

La suite:

"Lundi soir, 6 juillet

Tu souffres, toi, mon être le plus cher — à l'instant j'apprends que les lettres doivent être remises de très grand matin. Lundi — jeudi — les seuls jours où la poste part d'ici pour Karlsbad. — Tu souffres — ah, là où je suis, tu es aussi avec moi, je parle avec moi et toi, je ferai en sorte que je puisse vivre avec toi, quelle vie !!! ainsi !!! sans toi — poursuivi ici et là par la bonté des hommes que je désire aussi peu mériter que je la mérite — humilité de l'homme devant l'homme, elle me peine, et quand je me considère dans l'ensemble de l'univers, que suis-je, et qu'est celui qu'on appelle le plus Grand ? — et pourtant, là encore est la divinité de l'homme. Je pleure, quand je pense que tu ne recevras vraisembleblement que samedi la première nouvelle de moi. — Quel que soit ton amour pour moi, je t'aime encore plus fort — mais ne te cache jamais de moi. — Bonne nuit — en bon curiste il faut que j'aille dormir. Ah ! Dieu, si près, si loin ! Notre amour n'est-il pas un véritable édifice céleste et aussi solide que la voûte du ciel ?"

Et la fin:

" Bon matin, le 7 juillet

Au lit mes pensées se pressent déjà vers toi, mon immortelle Bien-aimée, parfois joyeuses, puis de nouveau tristes, demandant au Destin s'il nous exaucera. — Vivre, je ne le peux qu'entièrement avec toi ou pas du tout, j'ai même résolu d'errer au loin jusqu'au jour où je pourrai voler dans tes bras et pourrai me dire tout à fait dans ma patrie auprès de toi, puisque, tout entouré par toi, je pourrai plonger mon âme dans le royaume des esprits. — Oui, hélas ! il le faut — tu te résigneras d'autant mieux que tu connais ma fidélité envers toi, jamais aucune autre ne peut posséder mon cœur, jamais, jamais. O Dieu, pourquoi faut-il s'éloigner de ce qu'on aime ainsi, et pourtant ma vie à Vienne maintenant est une vie misérable — ton amour a fait de moi à la fois le plus heureux et le plus malheureux des hommes. — A mon âge, maintenant j'aurais besoin d'une certaine uniformité de vie — peut-elle exister, étant donné notre liaison ? Mon ange, je viens d'apprendre que la poste part tous les jours — et il faut donc que je m'arrête afin que tu reçoives cette lettre tout de suite. — Sois calme, ce n'est que par une contemplation détendue de notre existence que nous pouvons atteindre notre but, qui est de vivre ensemble. — Sois calme, aime-moi. Aujourd'hui, hier, quelle aspiration baignée de larmes vers toi, toi, toi, ma vie, mon tout ! — Adieu, oh ! continue à m'aimer — ne méconnais jamais le cœur très fidèle de ton aimé L.

Éternellement à toi,
Éternellement à moi,
Éternellement à nous."
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MessageSujet: Lettre à l'Immortelle Bien-Aimée   Jeu 8 Mar - 22:52

Il composait magnifiquement, écrivait de même, bien heureuse celle à qui était destinée cette lettre, mais "malheureuse" de ne jamais l'avoir lue, ainsi la vie est pleine d'imprévus, peut-être cela aurait-il changé sa manière de composer, ceci ajouté à sa surdité, en a fait un génie incomparable.
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MessageSujet: Lettre à l'Immortelle Bien-Aimée   Ven 23 Mar - 17:57

Je viens de retrouver cette lettre datée du 6 Juillet

Beethoven à jamais

"Que ne sommes-nous du même sang
Alors aucun adieu ne pourrait jamais couper le fil,
Même si nous étions séparés pendant une vingtaine d'années, je coulerais en toi, tu coulerais en moi.
Mais alors nous perdrions la terreur qui nous unit par ses fils de feu,
Et ces élans par lesquels nous luttons pour empêcher la fente de s'élargir.
Que ne sommes-nous du même sang
Mais alors nous perdrions le sang que tu inventes
Et le sang que je secrète sans arrêt.
Sang sans paroles et sang de mots
sang sensuel, sang perpétuellement menacé.
C'est parce que nous ne sommes pas du même sang, que j'ai l'amour si haletant
Entre nous pas de lien, pas de noeud, seulement la musique
Que ne sommes-nous du même sang.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: La Lettre à l'immortelle Bien-aimée   Ven 23 Mar - 20:09

C'est de Beethoven? Suspect
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MessageSujet: Lettre à l'immortelle Bien-Aimée   Ven 23 Mar - 20:39

Oui c'est de Beethoven, je reconnais bien là son style, belle lettre, je n'ai pas le livre, mais je vais le chercher en revenant de mes périples Beethovéniens..
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Snoopy
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MessageSujet: Re: La Lettre à l'immortelle Bien-aimée   Ven 23 Mar - 20:42

Ah...Je ne connaissais pas du tout cette lettre. pale
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MessageSujet: Lettre à l'immortelle Bien-Aimée   Ven 23 Mar - 21:23

Elle est attribuée à Beethoven, mais j'avoue que je l'ai récupérée dans un document, c'est de source inconnue, mais je l'ai trouvée belle et tellement dans son style, je sais qu'il y a un livre de toutes ses lettres, et je finirai par le trouver.
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MessageSujet: Re: La Lettre à l'immortelle Bien-aimée   

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