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 Paul Arma (1904-1987)

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joachim
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joachim

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MessageSujet: Paul Arma (1904-1987)   Paul Arma (1904-1987) EmptyLun 17 Oct - 14:00

Paul Arma, de son véritable nom Imre Weisshaus (22 octobre 1904 à Budapest- 28 novembre 1987 à Paris) est un compositeur français, d'origine hongroise.

Imre Weisshaus apprend le piano dès l'âge de cinq ans et reçoit, de 1920 à 1924, un enseignement très complet, notamment en analyse et en écriture musicales, à l'Académie Franz-Liszt de Budapest, où Béla Bartók lui ouvre toutes les voies de la musique : le maître lui transmet le goût des anciens, de Frescobaldi à Bach, mais éveille également sa curiosité à la musique de son temps.


Imre Weisshaus se produit comme pianiste en Allemagne, en Bulgarie, en Hongrie, en Italie, en Angleterre, puis aux États-Unis, où il donne également des cours sur la musique contemporaine dans des Universités américaines.

De 1930 à 1933, il œuvre en Allemagne en tant que chef d'orchestre et chef de chœur. En 1931, il est choisi pour organiser la vie musicale au Bauhaus de Andreas Feininger. Il fuit l'Allemagne nazie en 1933 et se réfugie aux États-Unis puis en France où il prend le nom de Paul Arma.

De 1933 à 1939, il participa activement à la vie musicale française, comme pianiste soliste à la Radio, comme membre de la «Commission interministérielle des loisirs de l'enfance» et comme fondateur des « Loisirs musicaux de la jeunesse » dont Darius Milhaud accepta d'être Président.

La guerre contraignit Paul Arma à la clandestinité. Il entreprit de recueillir les chants de maquis, de partisans, de prisonniers, vaste matière musicologique et sociale, déposée aujourd'hui au Musée régionale de la Résistance de Thionville. Le compositeur écrivit, pendant cette période « Les chants du silence », sur des textes de Vercors, Éluard, Vildrac, Cassou, Aveline, Romain Rolland, Ramuz, Marie Gevers, René Maran, Fanny Clar, Claudel, qui seront publiés, en 1953, avec des couvertures dessinées par ses amis peintres : Chagall, Picasso, Matisse, Braque, Léger, Dufy, Clavé, Estève, Pignon, Gischia, Beaudin.

L'arrivée des Américains, en France, permit à Paul Arma de poursuivre une enquête musicologique commencée aux États-Unis, sur le Negro spiritual. Il fit de nombreux enregistrements avec les soldats noirs, chanteurs non professionnels, les fit entendre en concert et utilisera les chants recueillis dans de nombreuses conférences données plus tard, en Allemagne et dans les universités françaises.

En 1945, Paul Arma reprit ses activités de pianiste, en France et à l'étranger. Chargé de missions par l'Université de Paris, et la Phonothèque nationale, il enquêta sur le folklore de France. Ses recherches lui permirent d'être, de 1950 à 1974, producteur dans les radios française, belge, suisse et allemande, d'une dizaine de séries d'émissions et de faire paraître, en 1952, un disque, chez Folkways, à New York : «Folk Music of France, anthologie sonore du folklore musical de la France».

De 1951 à 1960, Paul Arma fut conférencier de l'Université de Paris, de l'Alliance Française et du « Service des relations culturelles du Ministère des Affaires étrangères », en France, en Europe, en Amérique, en Afrique.

Mais Paul Arma, auteur avec Yvonne Tiénot,musicologue, musicographe et pianiste, d'un Nouveau dictionnaire de la Musique, paru en 1947, fut avant tout compositeur. Son catalogue comprend 303 œuvres pour toutes les formations : huit cantates, de nombreux chœurs, des œuvres pour orchestre, ensembles instrumentaux, quatuors, duos, instruments seuls...

De 1954 à 1984, il orienta ses recherches vers la « musique électromagnétique ». Treize œuvres furent alors écrites parmi lesquelles Improvisation précédée et suivie de ses Variations créée à Bruxelles, en 1956, Concerto pour bande magnétique, commande de l'ORTF, créé à l'UNESCO, à Paris, en 1961 ; Suite pour bande magnétique créée au Danemark et en Allemagne en 1961 ; Sept variations spatiophoniques créées en Allemagne, en 1962 ; Deux convergences pour bande magnétique créées au Royal Albert Hall, de Londres, en 1976, avec le saxophoniste Alain Bouhey.

74 partitions du compositeur eurent des couvertures dessinées par 74 artistes contemporains. Elles furent présentées, sous le titre Mouvement dans le Mouvement en France, aux États-Unis, au Mexique, dans de nombreuses expositions accompagnées de concerts.

Dans les dernières expositions, à Budapest, en 1984, à Paris, au Centre Georges-Pompidou, en 1985, figurèrent les œuvres plastiques du compositeur : 81 Musiques sculptées (bois et métal) ; 3 séries de Musicollages ; variations sur la clef de sol, le dièse, les cinq lignes de la portée ; des Musigraphies, des Rythmes en couleurs.

Paul Arma écrivit la musique de deux films ; en 1938 : La femme dans la peinture française avec des commentaires de René Huyghe ; en 1973 : Les fils enchantés, naissance d'une tapisserie de Manessier, film d'Éliane Janet.

Martha Graham, aux États-Unis, Susanna Egri, en Italie, Karin Waehner, en Allemagne et en France, créèrent des chorégraphies sur des œuvres du compositeur.

En Italie, un ensemble de clarinettes prit le nom : Quartetto Paul Arma ; en France, se constitua un Quatuor de clarinettes de Paris Paul Arma.

Naturalisé français en 1958, Paul Arma, prix Enesco de la SACEM s'honora d'avoir été reconnu par un pays qui le fit chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur, Officier de l'Ordre national des Arts et des Lettres, Officier de l'Ordre national du Mérite. Mais il aimait à préciser :
« Si je crois pouvoir être fier de quelque chose dans ma vie d'artiste, c'est d'avoir réussi à rester libre et indépendant de toute doctrine, de toute école et de toute chapelle. »

Paul Arma habitait Antony dans les Hauts-de-Seine depuis 1974. Edmée Arma, sa femme, a fait don à la ville de soixante-huit « musiques sculptées », sculptures sur le thème de la musique, réalisées par son époux. Ces œuvres ont été conçues par Paul Arma dans les années 1970 - 1980. Le nom de Paul Arma a été donné au grand auditorium du nouveau Conservatoire d'Antony.


Oeuvres principales

Chants du Silence for voice and piano (1942-4)
Gerbe hongroise - 7 Volksliedarrangements  (1943)
5 Esquisses (Ungarische Volkslieder) (1946)
Concerto for string quartet and orchestra (1947)
Violin Sonata (1949)
31 Instantanés for woodwinds, percussion, celesta, xylophone and piano (1951)
Cantate de la Terre (1952)
Improvisation, Précédée et Suivie de ses Variations for orchestra and tape (1954)
Sept Variations Spatiophoniques for tape (1960)
Polydiaphonie for orchestra (1962)
Structures variées for orchestra (1964)
Prismes sonores for orchestra (1966)
Six Transparences for oboe and string orchestra (1968)
Résonances for orchestra (1971)
Deux Résonances for percussion and piano (1972)
Onze Convergences for string orchestra (1974)
Six Évolutions for 4 flutes (1975)
Six Convergences for orchestra (1978)
Silences and Emergences for string quartet (1979)
À la Mémoire de Béla Bartók for string orchestra and percussion (1980)
Deux Regards for violin and piano (1982)
Deux Images for cello and piano (1982)
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