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 Les 7 symphonies ( Prokofiev )

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Snoopy
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MessageSujet: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Ven 22 Déc - 22:41

La Symphonie n° 1 de Prokofiev est surnommée Symphonie classique en raison de ses nombreuses inspirations classiques, dont la structure et l'orchestration. Elle est composée dans le ton de ré majeur.

Prokofiev commença à composer sa première symphonie au cours de l'été 1917. Pendant que la Première Guerre Mondiale faisait des millions de morts, Prokofiev travaillait sa symphonie à Saint-Pétersbourg. Il n'avait alors, intentionnellement, aucun instrument de musique à sa disposition. Il voulait essayer de composer uniquement de mémoire. « Je dus reconnaître que la matériau thématique, composé sans piano, est la plupart du temps de meilleure qualité. Lorsque j'en jouais plus tard des passages au piano, cela me paraissait bien étrange tout d'abord, mais chaque élément prenait rapidement sa place. » Il s'inspira beaucoup des symphonies de Haydn dont il connaissait très bien la technique.

La création de la Symphonie n° 1 « classique » eut lieu le 21 avril 1918 à Pétrograd.


La Symphonie n° 2 en ré mineur, opus 40 de Sergueï Prokofiev (1924), représentative du style urbaniste, est l’œuvre la plus « avant-gardiste » du compositeur, qui la surnommait d'abord, non sans fierté, « la symphonie de fer et d'acier » avant d'en rejeter, sur le tard, l'aspect trop compact de sa structure et de son orchestration ainsi que son caractère d’ensemble excessivement démonstratif, et de projeter de la remanier ainsi qu'il l'avait fait avec sa Quatrième symphonie (ce projet ne put se concrétiser). L’œuvre a été créée à Paris le 6 juin 1925 sous la direction de Serge Koussevitzky, et elle était destinée à choquer un public considéré comme frileux alors même que la ville accueillait une bonne partie de la modernité musicale européenne (le Groupe des Six, Igor Stravinski, Maurice Ravel...).

La structure en deux mouvements de durée et de caractère foncièrement dissemblables (un allegro et une suite de variations) est calquée sur l’Opus 111 de Ludwig van Beethoven et dévoile, malgré toute la posture « barbare », la conscience d’un héritage musical à assumer et d’une dette à honorer.


Les symphonies N° 3 en ut mineur, opus 44 (1928, créée à Paris, salle Pleyel, par Pierre Monteux le 17 mai 1929) et N° 4 en ut majeur, opus 47 (1930, créée le 14 novembre de cette année par Serge Koussevitsky et l’orchestre symphonique de Boston ; version révisée en 1947 portant le numéro d’opus 112) présentent, malgré leur extrême différence de style et de climat, le point commun (outre leur tonalité d’ut) de tirer un grande quantité de leur matériau thématique d’une œuvre scénique préexistante et dont le succès n’avait pas été à la hauteur des projets du compositeur : l’opéra - en fait jamais représenté - L’Ange de feu pour la Troisième et le ballet - succès d'estime seulement - Le Fils prodigue pour la Quatrième. Les deux symphonies ont également pour caractéristique commune de s’ouvrir par un premier mouvement d’une ampleur nettement plus grande que les trois suivants. Si le mouvement conclusif de la Quatrième est assez vaste, il ne peut rivaliser avec le premier, l’un des plus longs et les plus brillants écrits par le compositeur. Quant au dernier mouvement de la Troisième, il ne dure que la moitié du premier.

Si la Troisième symphonie est franchement empreinte de motorisme et ne cache pas sa modernité, la Quatrième constitue une synthèse entre la première manière de Prokofiev dans ce qu’elle a de plus élémentaire (rythmique acérée, ruptures de ton, alliages agressifs de cuivres) et un néo-classicisme plus nostalgique que celui de la Symphonie n° 1.



La Cinquième symphonie en si bémol majeur, opus 100 (1945) de Sergueï Prokofiev est la plus vaste et par certains aspects la plus grandiose de ses sept symphonies. À l’instar de la Septième symphonie de Chostakovitch et de la Symphonie n° 2 de Khatchatourian, c'est une œuvre « patriotique » et « de guerre ».

Les mouvements centraux sont les plus personnels : l’allegro est du « pur Prokofiev » : sarcastique, mordant, puissamment rythmé ; l’adagio est quant à lui une longue plainte tantôt déchirante, tantôt glacée, quelquefois aux limites de la tonalité. C'est le plus mahlérien des mouvements jamais écrits par le compositeur. Le premier mouvement constitue un portail somptueux mais un peu pompeux, plein de menace sourde et de résolution héroïque, faisant appel à d’impressionnants alliages de cuivres et de cordes, tandis que le dernier mouvement célèbre, avec une joie entraînante mais d'une légère vulgarité (dont il est impossible d'évaluer sincèrement le degré d'ironie), le triomphe des forces du Bien.


La sixième symphonie en mi bémol mineur, opus 111 (1947) de Sergueï Prokofiev est une des œuvres les plus personnelles et les plus riches de sens du compositeur. Symphonie « de guerre » elle entretient avec la Cinquième symphonie le même rapport que la Huitième symphonie de Chostakovitch avec sa Septième symphonie : plus originale et complexe du point de vue du langage musical, plus profonde et plus tragique que son aînée, elle est aussi, pour ces mêmes raisons, moins populaire. Alors que la Cinquième affichait un caractère martial finalement optimiste, la Sixième rappelle, selon les dires même du compositeur, les destructions et pertes qui ont accompagné la victoire. Il est impossible de sous-estimer l’importance que cette composition – l’un des chefs-d’œuvre de la musique symphonique – avait pour Prokofiev : le numéro d’opus est en effet identique avec celui de la Sonate pour piano n° 32 de Beethoven, que le « pianiste aux doigts d’acier » vénérait par-dessus tout.

La création de la symphonie eut lieu le 11 octobre 1947, sous la direction d’Evgueni Mravinski.

L'œuvre est construite en trois mouvements, à la façon des symphonies pré-classiques et de la musique française (César Franck, Ernest Chausson, Arthur Honegger).

Après une série d’accords secs aux cuivres, le premier mouvement s'ouvre par une introduction élégiaque et de caractère lyrique, d'une longueur inaccoutumée puisqu'elle dure près de la moitié du mouvement. Le Basculement dans l'ambiance tragique intervient d'une façon hésitante et tâtonnante, la musique semblant se reserrer à contre-cœur sur un tempo de marche. Une gradation de plus en plus forte de la douleur aboutit à une suite de deux crescendi d'une rare violence où soudain toute la tension émotionnelle plus ou moins réprimée se libère en des accords dissonants d'une grande brutalité, suivis d'un effondrement généralisé.

Le second mouvement s'ouvre sur un tutti fff dissonant qui se disloque peu à peu décrescendo. Le mouvement lent est une longue plainte déchirante.

Le troisième mouvement tente de s'enivrer de la victoire militaire et prend l'allure d'une bacchanale de plus en plus déchaînée, dans laquelle Prokofiev déploie sa plus belle science rhythmique et orchestrale. Mais l'irruption des accords dissonants du premier mouvement et des plaintes du second détruit toute illusion d'allégresse.


La Septième symphonie en ut dièse mineur, opus 131 (1952) est l’ultime symphonie de Sergueï Prokofiev.

C’est une de ses œuvres les plus lyriques et les plus mélodieuses. La texture orchestrale est très allégée par rapport aux cinq symphonies précédentes et l'écriture harmonique et rythmique est d'une plus grande simplicité. Tant la relative modestie des forces instrumentales que l’accessibilité du langage musical en font une œuvre propre à être jouée par les orchestres de jeunes - elle fut d’ailleurs écrite en partie dans cette intention. Il se dégage de cette partition un charme féérique et une nostalgie qui en font le digne testament artistique d’un compositeur revenu tant de l'orgueil de sa jeunesse parisienne (Deuxième symphonie) que de ses élans de patriotisme soviétique (Cinquième symphonie). La coda du dernier mouvement, la plus longue que Prokofiev ait écrite, constitue un véritable adieu à la musique, suivi d’un dernier sursaut facétieux rappellant que l’Art continue.

L’œuvre est en quatre mouvements :

Moderato, environ 9 minutes - une sérénité apparente et une transparence qui font penser à Jean Sibelius.

Allegretto, environ 8 minutes - le mouvement le plus grinçant de la symphonie, portant quelques échos lointains du second mouvement de la Cinquième.

Andante espressivo, environ 5 minutes - une jolie cantilène sur fond d’arpèges qui n'est pas sans rappeler le Deuxième concerto pour violon.

Vivace, environ 9 minutes - la dernière manifestation du style « endiablé » du compositeur, mais sur un mode plus primesautier que sarcastique.
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joachim
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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Sam 23 Déc - 10:03

Concernant la symphonie dite classique, Prokofiev a bien précisé qu'il n'a pas cherché à imiter Haydn, mais de composer une symphonie telle que Haydn l'aurait (peut-être) faite s'il avait vécu à l'époque, donc en 1917.

Comme pour Chostakovitch, je préfère nettement les oeuvres de maturité, celles qui sont plus post romantiques, que celles dites modernistes de jeunesse. Mis à part la symphonie classique, je préfère les symphonies 5, 6 et 7 aux 2, 3 et 4 première version. La deuxième version de la quatrième (op 112) et très différente de la première version.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Sam 23 Déc - 13:06

joachim a écrit:
Comme pour Chostakovitch, je préfère nettement les oeuvres de maturité

Moi aussi.
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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Mer 20 Fév - 15:45

Donc ces symphonies sont dans la veine de ses concertos pour piano, de son "Roméo et Juliette", vives et passionnées? Parce que récemment j'ai écouté son premier concerto pour violon et ai été déçu, je n'y ai pas retrouvé la fougue des oeuvres précitées _ de sa symphonie concertante pour violoncelle et orchestre, aussi _ du coup j'hésite à acheter ses symphonies.
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Jean

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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Mer 20 Fév - 17:39

peut etre moins fougueux les concertos pour violon...mais quel lyrisme!!
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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Jeu 21 Fév - 20:55

Moins fougueux dis-tu? Moi j'écrirai carrément: moins que fougueux!
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Jean

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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Jeu 21 Fév - 22:48

et alors...çà ne les empêche pas d'être d'être beaux!
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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Ven 9 Mai - 22:35

Certes; mais ce n'est pas la même chose!

Alors, ces symphonies? Effroyables? Eclatantes? Boursouflées? Dérisoires?
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joachim
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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Sam 10 Mai - 9:43

Difficile de conseiller ! Tu connais mes goûts : plutôt classique et romantique que baroque, moderne et contemporain.

Donc, pour moi, les symphonies de Prokofiev préférées sont les 5, 6, 7, bien plus lyriques que les 2, 3, 4 que je trouve trop "modernes". De la même façon que j'aime mieux le deuxième concerto pour violon que le premier.

Je suppose que si tu aimes Romeo et Juliette, ou Cendrillon, tu devrais également préférer les dernières symphonies aux premières (je laisse de côté la symphonie classique qui est tout à fait à part).
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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   Sam 10 Mai - 10:35

Merci!

Je viens de commander ceci pour 17,50€ je ne vais pas me priver, d'autant mieux que de chez Philips j'ai déjà ceci dont le son est remarquable ( après évidemment il faut aimer tout Dimitri Laughing mais c'est un autre débat! )
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MessageSujet: Re: Les 7 symphonies ( Prokofiev )   

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