Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  Connexion  

Partagez | 
 

 Les balises du mélomane

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Les balises du mélomane   Sam 27 Mai - 21:00

Je ne sais plus si un topic semblable existe déjà - si c'est le cas je fusionnerai Very Happy  - mais comme Anouchka m'a demandé sur un autre fil dans quel cycle j'allais désormais les embarquer, me voilà prompt à y répondre immédiatement. Mon nouveau cycle sera très personnel et nostalgique puisqu'il remonte mon propre parcours musical en tant que mélomane jusqu'aux oeuvres-clef, celles qui ont déclenché et structuré par étapes ma passion pour la musique, ces oeuvres dont je pense, à tort ou à raison, qu'elles furent le point de départ de quelque-chose ou le tournant de quelque-chose, la raison d'une orientation particulière vers tel genre musical ou telle période...Je vous invite donc à cette plongée nostalgique à l'intérieur de soi, cette plongée jusqu'à peut-être l'enfance, lors de votre toute première collision émotionnelle avec la musique, pusse-t-elle être une chanson, un jazz ou une symphonie...


Dernière édition par Icare le Dim 28 Mai - 19:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Dvorak   Sam 27 Mai - 22:26


Ce qu'il faut que je précise dans un premier temps pour bien cerner le contexte dans lequel j'ai évolué et qui n'était pas du tout propice à la musique, c'est que mes parents n'avaient aucun goût pour la musique en général et encore moins pour la musique classique en particulier. J'ai lu sur ce forum et d'autres que des mélomanes ont découvert la musique par le biais d'un père ou d'une mère mélomane, voire par le biais parfois d'un parent musicien. Comme je l'ai déjà très probablement écrit sur d'autres topics, je n'entre pas du tout dans cette catégorie: aucun parent ne m'a donc transmis sa passion pour la musique. J'ai grandi dans une ambiance familiale paysanne et amusicale. A partir de là, ce sont des morceaux "volés" au gré d'une radio ou d'une télévision qui ont titillé le feu musical qui sommeillait en moi sans en avoir biensûr conscience, du moins à cette époque de mon enfance. Je vais faire un effort de mémoire et essayer d'être chronologique dans l'énumération des oeuvres musicales qui furent autant de petits événements formateurs. Je suis presque sûr que la première musique qui m'a marqué au fer rouge est la Symphonie n°9 - "Du nouveau monde" d'Antonin Dvorak et plus exclusivement le quatrième mouvement "Allegro con fuoco". C'est un morceau "volé" au coeur de la télévision, lors d'une émission ou plutôt une série télévisée dont je n'arrive pas à mettre un titre ni le nom d'un acteur. Ce qui m'avait profondément marqué, c'était ce quatrième mouvement et ces quelques notes célèbres du début, si géniales à mon oreille, vierge de toute autre symphonie. Je ne sais plus si j'avais 8, 9, 10, 11 ans mais je sais qu'il m'aura fallu attendre au moins quinze ans avant de découvrir les autres mouvements de cette merveilleuse Neuvième de Dvorak par le "Chicago Symphony Orchestra" sous la direction de Sir Georg Solti. Mon amour pour cette symphonie ne s'est pas usé d'un iota depuis le premier jour.

https://www.youtube.com/watch?v=ym4-1RN8nIc
Revenir en haut Aller en bas
Jean

avatar

Nombre de messages : 6521
Age : 74
Date d'inscription : 14/05/2007

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Dim 28 Mai - 0:40

eh cher Icare encore des similitudes entre notre parcours et coup de coeur inaltérable ...
De mon coté, je l'ai aussi déjà raconté, aucun proche familial pour me faire découvrir ce qu'ils ne connaissaient pas!...Des amis et des profs en classe de 3ème ou seconde?...

Par contre je n'ai pas de souvenir précis concernant ma découverte de la "Nouveau Monde", qui n'a sans doute pas été présente à mes tous premiers balbutiements dans ce domaine....Je la connaissais déjà déjà (notre différence d'âge explique cela!) lorsque ce mouvement était utilisé dans une célèbre et récurrente émission de télé (dans mon souvenir peut être défaillant?) qui était je crois une émission scientifique médicale de vulgarisation??...Mais comme pour toi elle balise mes débuts... de mélomane et jamais ne s'est usée dans les émotions qu'elle me procure!...Et selon ma "marotte" depuis longtemps, j'en ai savouré un certain nombre de versions!
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Morton Gould   Dim 28 Mai - 18:55

Jean a écrit:
Par contre je n'ai pas de souvenir précis concernant ma découverte de la "Nouveau Monde", qui n'a sans doute pas été  présente à mes tous premiers balbutiements dans ce domaine....Je la connaissais déjà déjà (notre différence d'âge explique cela!) lorsque ce mouvement était utilisé dans une célèbre et récurrente émission de télé (dans mon souvenir peut être défaillant?) qui était je crois une émission scientifique médicale de vulgarisation??...Mais comme pour toi elle balise mes débuts...

Par ma propre expérience, je peux déjà dire que les musiques qui ont balisé - je trouve au passage ce verbe très bien trouvé - mes débuts mélomanesques, du moins pendant l'enfance et l'adolescence, étaient systématiquement associées aux images d'une série, d'un film ou d'une émission télévisée, même lorsqu'elles n'ont pas été composées pour cette fonction, ce qui est évidemment le cas de la Neuvième de Dvorak. Je peux dire qu'à chaque fois que j'ai connu cette rencontre émotionnelle avec la musique, celle-ci était liée à un média visuel. L'oeuvre que je vais vous évoquer maintenant ne déroge pas à la règle. Il s'agit de Spirituals for Orchestra de Morton Gould et plus précisément un passage plutôt court et apparaissant à partir de 10mn 25 dans la vidéo ci-dessous. Contrairement au quatrième mouvement de la Symphonie du nouveau monde, ce fut un étrange rapport qui s'établit entre la musique qui surgissait du générique d'une célèbre émission télévisée intitulée "Les dossiers de l'Ecran" et l'enfant ou pré-adolescent que j'étais encore: j'avais peur de cette musique ou cette musique me faisait peur, et en même temps elle me fascinait. Plus elle m'effrayait et plus elle me fascinait. Lorsque, plus tard, je racontai cela autour de moi tout en leur faisant écouter ce morceau, personne ne comprit pourquoi. Visiblement, cette musique ne faisait peur qu'à moi...J'ignore pourquoi, pas sûr de pouvoir y apporter une réponse rationnelle...J'en ai bien une en magasin: peut-être ressentais-je plus fort que quiconque sa grande intensité dramatique...?...forcément une affaire très personnelle et peu partageable de sensibilité...?...Cette grande intensité dramatique à laquelle j'étais hyper réceptif à ce moment-là de mon existence...Qu'en est-il aujourd'hui? Je dirais que cette peur juvenile s'est juste transformée en un ressenti viscéral. Quoi qu'il en soit, ce morceau me fascine toujours autant.

https://www.youtube.com/watch?v=UOiYWs2LcA0
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16383
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Dim 28 Mai - 20:19

Il me semble que ce matin ton topic avait un autre intitulé Laughing

Au sujet de la symphonie du Nouveau Monde, l'émission était Sciences d'Aujourd'hui, une émission médicale dirigée par Étienne Lalou et Igor Barrère qui, avec Pierre Desgraupes, Pierre Lazareff, Pierre Dumayet, Claude Loursais, Alain Decaux, André Castelot et quelques autres ont fait de la télé des années 1960 un bouillon de cultures qui a bien diminué de nos jours...

Au sujet de mon 'initiation musicale", j'en ai déjà parlé quelque part, j'en ferai un résumé demain, car aujourd'hui je manque de temps.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Piaf   Dim 28 Mai - 23:31

joachim a écrit:
Il me semble que ce matin ton topic avait un autre intitulé Laughing

Oui, mais mon intitulé ne me convenait pas vraiment, trop long à mon goût. Jean, involontairement, m'a donné la solution avec le verbe "baliser" qui, du coup, avec Spirituals de Morton Gould prit une double signification. Very Happy

Une autre balise marquante survint vers mes quatorze ans lorsqu'il me fut offert un électrophone de couleur rouge et une poignée de 45tours dont la plupart était des chansons d'Edith Piaf. Au départ, j'avoue que je n'étais pas très chaud car ça ne correspondait pas vraiment au genre de zizique que les jeunes de mon âge écoutaient à cette époque. Je ne suis pas de la génération de Jean et Joachim, moi! Hehe Jusque là, un piaf pour moi n'était qu'un oiseau. En même temps, ce qui m'avait touché jusque là ne correspondait pas non plus à ce qu'écoutaient ou aimaient les jeunes de mon âge. Et il se produisit quelque-chose de magique lorsque le premier 45tours se mit à tourner sur la platine. J'ai été touché par une voix qui ne ressemblait à aucune autre, un texte, une mélodie...Ainsi ce fut plusieurs disques qui tournèrent en boucle sur ma platine pour un adolescent qui commençait à penser aux filles. Eh oui, j'ai commencé à penser aux filles sur des chansons d'Edith Piaf. Celle que j'ai postée ci-dessous ne faisait pas partie des 45tours, je l'ai découverte bien plus tard et elle est devenue ma préférée. Il faut dire qu'elle symbolise deux points importants: ma passion pour la voix d'Edith Piaf et ma passion pour la musique et l'oeuvre d'un compositeur qui alla, bien après, beaucoup compter pour moi: Mikis Theodorakis. J'y reviendrai sur ce fil.

https://www.youtube.com/watch?v=ImNcSYpRjvE
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16383
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Lun 29 Mai - 12:38

Nous avons près de vingt ans d'écart, pourtant pour moi aussi Edith Piaf me fournit toujours beaucoup d'émotions !!!

Comme, finalement, beaucoup d'entre nous, je suis, si on peut dire, autodidacte en musique. Mon père était plutôt allergique à la "grande musique", il aimait l'accordéon et les chansons à la mode comme Tino Rossi, Berthe Sylva, Luis Mariano, Trenet... Ma mère appréciait quelque peu, elle avait été éduquée chez les soeurs en Alsace, et l'une d'elles, paraît-il, était une violoniste hors pair, et c'est là qu'elle avait appris l'Ode à la Joie, en français, qu'elle chantait souvent quand j'étais petit. Aussi, quand j'eus 12 ou 13 ans, on m'a offert un "tourne-disques" pour mon anniversaire et mes économies de gamin ont été consacrées à la 9ème symphonie. Parallèlement, à l'école, dès le cours préparatoire, on avait cours de musique, et l'instit nous mettait, sur un gramophone, des disques 78 tours comme Dans les steppes de l'Asie Centrale, la Danse Macabre, Une nuit sur le mont chauve, et tout ceci me faisait rêver !

Plus tard, naturellement, c'est devenu une réaction en chaîne : toutes les symphonies de Beethoven (qui était mon "Dieu"), puis je suis passé à Mozart, etc etc...

Aujourd'hui, c'est toujours la 9ème symphonie (interprétée par Furtwaengler), qui reste mon morceau favori de toute la musique.
Revenir en haut Aller en bas
Kristian

avatar

Nombre de messages : 318
Age : 74
Date d'inscription : 18/11/2016

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Lun 29 Mai - 16:06

Avant de raconter, il faudrait que je remonte dans le passé pour en retrouver les fragments musicaux, ce qui est un peu difficile. Je veux dire par là qu'une vie, sauf exception, n'est pas que musique – sauf, peut-être, celle d'Anouchka ? Very Happy

Personnellement, j'ai connu une longue période, de 35 à 55 ans environ, sans aucune musique personnelle, et ce que j'entendais à la rado, à la télé et au cinéma me suffisait. Je m'étais éloigné des arts, et de la poésie aussi, je n'en éprouvais plus le besoin. De ce point de vue, je suis sans doute très différent des habitués de ce forum. J'y suis revenu ces 20-25 dernières années, mais c'est moins pour la musique elle-même que pour retrouver par son intermédiaire un contact avec ce que j'appellerai l'Ineffable, la Présence (comprenez ces mots comme vous voudrez). C'est pourquoi il n'y a guère de journée où je n'écoute pas quelques chose de l'un des trois compositeurs qui étaient directement, et en permanence en contact : Bach, Mozart et Beethoven. Les autres l'étaient aussi, mais plus ou moins épisodiquement.

Je crois que ce qui m'a le plus profondément marqué, c'est ma grand-mère maternelle, qui a vécu  jusqu'à sa mort avec mes parents, et qui ne cessait de chanter lorsqu'elle était seule sans autres adultes autour d'elle. J'ai donc beaucoup profité de ses chansons, depuis Le temps des cerises jusqu'à Tout va très bien madame la Marquise, que je chantais moi aussi. J'ai aussi beaucoup profité de la période de l'après-guerre si exceptionnelle en matière de chansons françaises, jusqu'aux années 70, avec deux chanteurs dont je connais encore par cœur l'essentiel des grands succès : Charles Trénet et Gorges Brassens. Trénet m'a ouvert le cœur à l'allégresse (Y a d''la joie, Je chante)

https://www.youtube.com/watch?v=ae9AQayZAzA
https://www.youtube.com/watch?v=oSxLWjrayto

et Brassens à la compassion (L'auvergnat, Le petit cheval blanc),

https://www.youtube.com/watch?v=rrZPVQN8QDY
https://www.youtube.com/watch?v=_srFL6xXsQ0

les deux renforçant aussi chez moi le goût de l'humour mal pensant gentillet (La java du Diable, Les funérailles d'antan)

https://www.youtube.com/watch?v=I-pCfCUaynw&list=RDI-pCfCUaynw
https://www.youtube.com/watch?v=bwb5k4k2EMc

A l'âge de 14 ans, je connaissais par cœur une immense partie des chansons qui, à l'époque – ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui, hélas, et ce, comme d'habitude, pour une question d'argent – passaient en continu sur les radios. C'était si vrai que, lors d'un interminable séjour à l'hôpital (5 semaines) à l'âge de 14 ans, à cause d'un accident gravissime (œil crevé), j'ai fait la joie des infirmières du service d'ophtalmologie de l'Hôpital des enfants malades, car, allongé du matin au soir (pour cause d'interdiction de bouger) je chantais du matin au soir et remontais le moral des malades et du personnel de ce service difficile.

Je suis donc né à la musique par la chanson qui, en France à cette époque-là, était d'une richesse exceptionnelle. J'ai donc très bien connu moi aussi la Môme Piaf, dont je ne chantais pas les chansons d'amour, trop adultes pour moi, mais celles qui pouvaient avoir un intérêt pour le gamin que j'étais.

https://www.youtube.com/watch?v=PNdU4Gm2R_g&list=RDPNdU4Gm2R_g

J'étais fou des Compagnons de la chanson

https://www.youtube.com/watch?v=2tDZR7afTWs

Francis Lemarque,

https://www.youtube.com/watch?v=NFeyQOrHY9A

et des Frères Jacques

https://www.youtube.com/watch?v=g5_-zvjJtCM

et de tant d'autres...    
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Bach   Lun 29 Mai - 20:06

C'était sans doute guère de temps après la période où je passais mes 45tours d'Edith Piaf, parmi lesquels - je me souviens juste maintenant, comme un souvenir qui vient de jaillir du fin-fond de ma mémoire, c'est incroyable! - il y en avait un consacré à Georgette Lemaire que j'aimais beaucoup. Je ne sais pas pas pourquoi je m'en souviens juste aujourd'hui, en écrivant ces quelques lignes...?...Bref, quelques temps après, survenait une découverte qui allait devenir au fil du temps une des principales charpentes de mon goût musical. Il s'agissait d'un morceau volé au son d'une radio, une radio remplie de blabla avec si peu de musique pour couper de toutes ces discussions sérieuses d'adultes qui ne m'intéressaient pas. A l'époque, je ne le savais évidemment pas et ce n'était pas mon père qui risquait de me renseigner sur le sujet, mais il s'agissait du morceau le plus connu du Piano bien tempéré de J.S. Bach. C'est bien plus tard que je l'appris par cette même radio. Ce fut le troisième morceau classique qui me marqua, sauf que, cette fois-ci, contrairement aux deux premiers, il ne fut associé à aucune émission télévisée, à aucune image en particulier, non, ce fut la perception émotionnelle d'une musique dans son contexte le plus abstrait. Me dira-t-on qu'il en fut de même avec les chansons de Piaf...?... Oui et non car, dans ce cas précis, la musique se rapportait quand même à un texte auquel j'étais également très réceptif et qui m'apportait des éléments concrets. Avec Le piano bien tempéré, ce fut pour moi une nouvelle expérience: je prenais plus ou moins conscience d'aimer une musique que tout le monde, autour de moi, peu importe l'âge, n'appréciait pas forcément, ce qui m'encouragea à la trouver spéciale et, comme dans un effet-miroir, à me trouver spécial. J'entends déjà certains me dire que si j'avais découvert le quatrième mouvement de la Symphonie du nouveau monde de Dvorak et Spirituals de Morton Gould hors de leur contexte visuel, ces musiques m'auraient marqué tout autant...?...Peut-être, c'est possible mais ce n'est pas certain non plus. J'étais déjà plus jeune et l'interaction musique/image a peut-être joué un rôle moins important que le souvenir me le laisse croire...?...Biensûr, à ce moment-là, je ne savais pas encore que Bach allait devenir le compositeur classique que j'écouterai le plus, ce qui est encore vrai aujourd'hui.

https://www.youtube.com/watch?v=MsdGej9yEBg
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Morricone   Lun 29 Mai - 22:48

Une autre découverte s'avéra déterminante dans mon parcours de mélomane et là, je retrouvai de nouveau ce rapport musique/image qui me marqua au fer rouge. J'avais environ seize ans lorsque je découvris à la télévision le célèbre film policier d'Henri Verneuil, Le clan des Siciliens, qui réunissait à l'affiche Lino Ventura, Jean Gabin et Alain Delon. Ce qui eut aussitôt une impacte sur moi, plus que le film lui-même, fut une musique atypique et extrêmement pertinente et affûtée avec des mélodies accrocheuses, si finement ciselées dans une mélancolie prenante, avec des guimbardes qui jouent les intruses, des guitares pincées, un sifflé humain, un instrumentarium d'enfer. C'est toute une alchimie sonore et inédite qui s'est dessinée à mon oreille apportant aux flingueurs du Septième Art une aura particulière. Au générique, se dessina le responsable de cette alchimie qui me fut émotionnellement dévastatrice: Ennio Morricone. La différence avec les précédentes associations musique-image (rappelez-vous; Gould & Dvorak), c'est qu'il s'agissait là d'une musique spécialement imaginée et composée pour le film de Verneuil et donc pour l'image. Je ne dirai pas que j'ai découvert la bande originale avec Le Clan des Siciliens car il est plus que certain que j'avais vu d'autres films avant et qu'ils n'étaient sûrement pas dépourvus de musique, mais ce fut la première fois où je fus marqué au fer rouge par une composition originale de cinéma, ce qui deviendra, rien qu'avec Ennio Morricone, un véritable itinéraire qui me conduisit évidemment vers le monde de la musique de film mais aussi vers celui de la musique légère, de la musique savante du XXème siècle et du jazz. J'y reviendrai ultérieurement.

Une autre alchimie gagnante également signée Ennio Morricone pour un autre film d'Henri Verneuil me percutera quelques mois plus tard:

https://www.youtube.com/watch?v=oEIN74GiSXQ
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Lun 29 Mai - 23:13

Et là un extrait Le Clan des Siciliens:

https://www.youtube.com/watch?v=fbmKX5r-ZjQ
Revenir en haut Aller en bas
Kristian

avatar

Nombre de messages : 318
Age : 74
Date d'inscription : 18/11/2016

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Mer 31 Mai - 0:25

La seule chose qui vaille le coup dans l'histoire de mon rapport avec la musique classique est que, par l'intermédiaire du père de deux copains de classe, j'ai été très tôt initié à la musique de chambre,
A seize ans, je révisais en vue de mon premier bac avec le quatuor pour cordes de Debussy en musique de fond.  Very Happy

Dans la même année, je découvrais les quatuors avec piano et les sonates pour violoncelle et piano de Fauré. Un peu plus tard, ce fut le quintette avec piano de Schumann, puis la sonate pour violon et piano de Franck et la sonate pour violoncelle et piano de Debussy. Enfin, vers l'âge de 18 ans, le quintette avec piano de Franck, le quintette avec clarinette et les trios avec piano de Mozart.  
J'adore toujours ces œuvres – et bien d'autres – aujourd'hui. Vous voyez, je  ne m'en suis jamais remis.  Ptdr
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: De Roubaix   Mer 31 Mai - 19:59

Je continue mon parcours personnel. Marqué par la Musique de film grâce à Ennio Morricone, ce fut une première plongée dans ce monde musical lié à l'image avec d'autres opus du maître transalpin comme Le Ruffian, Le Professionnel, Le Trio Infernal, surtout des B.O. écrites pour le cinéma français, puis ce fut d'autres découvertes avec d'autres créateurs qui se sont également fait un nom dans la musique de film. Celui qui me marqua sans doute le plus en dehors de Morricone fut ce musicien multi-instrumentiste et autodidacte français, François de Roubaix qui avait deux passions: la musique et la mer. Si la mer l'a gardé pour toujours lors d'une plongée d'où il n'est jamais revenu, nous, nous avons gardé sa musique. Ecoutez, fermez les yeux, oubliez les films auxquels elle se rapporte et vous entendrez la mer, vous ressentirez la profondeur des océans. Le mouvement marin a toujours fait vibrer sa musique...

https://www.youtube.com/watch?v=OMO-PpUsYEA


Dernière édition par Icare le Jeu 1 Juin - 22:17, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2505
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Mer 31 Mai - 23:07

Kristian a écrit:
Je veux dire par là qu'une vie, sauf exception, n'est pas que musique – sauf, peut-être, celle d'Anouchka ?  

Evidemment non, mais merci Kristian pour la boutade  Laughing
Je n'ai eu le temps ni la possibilité de lire attentivement tout cela depuis ce week-end (j'ai été opérée la semaine dernière par laser des deux yeux et j'avais du mal à fixer un écran, maintenant c'est fini)... 
Maintenant je révise mon concert, donc j'irai lire tout cela demain . C'est sûr que vos messages sont fort intéressants (d'après une lecture en diagonale..). J'y mettrai mon grain de sel...  Wink  
Merci Icare d'avoir créé ce fil qui va sans doute recouper beaucoup de choses que nous nous sommes dites au fil des mois... ! Wink

P.S. : Icare, j'ai en DVD le "Clavier bien tempéré" de JSB, par Zhu Xio Mai (concert en l'église où est enterré Bach).. C'est , des six versions que je possède, ma préférée ! 
Voilà une oeuvre qui aura infiniment marqué ma vie.... 
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Vivaldi/bach   Mer 31 Mai - 23:24

A cette époque, je réalisais déjà à quel point la chanson était importante dans le monde dans lequel j'évoluais. Elle était partout, peu importe qu'elle provienne de la variété française ou internationale, du rock ou du funk, qu'elle propage l'anglais un peu partout. C'est pourtant cet univers musical-là qui dominait et domine encore, au point que je me croyais pratiquement seul à pouvoir aussi apprécier une musique purement instrumentale, et cela depuis le départ, depuis ce que j'estime avoir été ma première balise: le quatrième mouvement de la Symphonie du nouveau monde de Dvorak. J'avais l'impression que les gens, autour de moi, n'étaient pas vraiment disposés à apprécier des musiques sans texte ou surtout sans chanteur, peu importe d'ailleurs s"ils ne comprenaient pas le texte lorsque celui-ci était par exemple chanté en anglais...pas plus qu'ils étaient en mesure d'être réceptifs à une musique qui ne fait bouger ni le genou, ni la nuque. C'était ainsi, du moins avant que je m'installe à Paris et que je rencontre, notamment par le biais de conventions du disque, des gens dont les goûts se rapprochaient un peu des miens. C'est durant cette période que mon attirance pour la musique classique s'affirma progressivement, autour de Vivaldi, Corelli, J. S. Bach, Monteverdi, Pergolese, Haëndel, pas nécessairement avec les oeuvres les plus évidentes pour le néophyte que j'étais encore. Côté "hits", j'avais me semble-t-il découvert Vivaldi par le Concerto pour 4 violons et orchestre en si mineur Op. III No.10 et non par Les quatre Saisons. Mais, en même temps, je tentai Apollo & Dafné de Haëndel qui ne m'avait pourtant été conseillé par personne. De cette soif de musique classique, je retiens une attention plus suivie pour J.S. Bach qui est le compositeur qui a très vite dominé mes écoutes dans ce domaine, au point que je construisais beaucoup de mes poésies sur sa musique. Elle m'était très inspiratrice et je prenais beaucoup de plaisir à cet exercice. Cependant, les résultats étaient mauvais car ils suivaient trop la musicalité du morceau choisi et se dispensaient de l'essentiel; la consistance, la moelle épinière, la profondeur. De cet émerveillement, même si ce fut au détriment du poète qui germait en moi, je pris définitivement conscience de ma passion pour ce grand maître baroque...

Vivaldi/Bach furent sans doute la nouvelle passerelle qui me conduisit au Classique, mais cette fois par le biais baroque et quoi de mieux que ce morceau d'anthologie pour les évoquer tous les deux:

https://www.youtube.com/watch?v=7OwQOb6bd1M
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Mozart   Jeu 1 Juin - 14:19

Ma rencontre avec Eine Keine Nachtmusik K525 - La petite musique de Nuit de Wolfgang A. Mozart a une histoire particulière pour ma part. Elle a surgi en moi sous la forme d'un fragment ou plus exactement une citation parfaitement gérée, avec une certaine ironie d'ailleurs, par Ennio Morricone et l'une des musiques les plus populaires qu'il composa pour le film de Sergio Leone; Giu la testa - Il était une fois la révolution et plus précisément par le générique-début intitulé "La marche des mendiants":

https://www.youtube.com/watch?v=NSsTwB-tgvk

La marche est grotesque, d'une vulgarité très étudiée, satirique à souhait, en parfaite adéquation avec l'esprit du film et des personnages, lorsque surgit - la musique étant à ce moment-là complètement engagée - une première citation par ses mesures les plus connues de La petite musique de nuit de Mozart. Jusque là je n'avais encore jamais entendu ce "tube" de Mozart en entier, sans doute en avais-je déjà alpagué une bribe dans une radio ou dans une pub, mais là c'était différent: il surgissait d'une musique et pour le coup d'un film que j'adorais et il fallait alors découvrir l'oeuvre de Mozart en entier! Afin de me remémorer cette heureuse expérience où un compositeur en cacha un autre, je me suis remis aujourd'hui La petite musique de nuit par le "Talich Quartet". En bonus, j'ai réécouté l'Adagio & Fugue K546 , petit joyau moins connu du maître viennois qui m'a beaucoup touché lors de cette nouvelle approche.

https://www.youtube.com/watch?v=Qb_jQBgzU-I


Dernière édition par Icare le Ven 2 Juin - 16:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Jeu 1 Juin - 22:06

Comme j'évoque mon propre parcours musical, la musique de film aura donc une place assez importante sur ce fil. Ennio Morricone en aura été incontestablement la colonne vertébrale et touchera un point culminant et décisif avec la fabuleuse partition qu'il composa pour le film de Roland Joffé, Mission, sur laquelle je ne m'arrêterai pas ce soir mais que je vais réécouter histoire de revivre l'inaccessible émotion de la découverte. C'est à partir de là que j'ai pris totalement conscience de ma béophilie qui s'est évidemment propagée sur un grand nombre de bandes originales signées par d'autres compositeurs. Ce soir, j'ai par exemple réécouté une B.O. que je connais depuis longtemps et qui vient de reparaître en cd tout récemment: elle s'intitule ROOTS - the saga of an american family, se termine sur une délicieuse chanson que j'ai failli oublier et est le fruit d'un compositeur qui comptera beaucoup pour moi, un compositeur qui m'avait d'abord marqué au fer rouge avec l'excellente musique qu'il confectionna pour le film-culte Dans la chaleur de la nuit. Quincy Jones.

Extrait de ROOTS, magnifique chanson:

https://www.youtube.com/watch?v=ayvRI-lFreU
Revenir en haut Aller en bas
laudec

avatar

Nombre de messages : 3325
Age : 65
Date d'inscription : 25/02/2013

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Jeu 1 Juin - 22:28

Parcours passionnant que tu nous présentes Icare et cette chanson de Quincy Jones est si douce et magnifique, je n'ai malheureusement pas beaucoup de temps pour intervenir actuellement mais je lis presque tout
Revenir en haut Aller en bas
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2505
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Jeu 1 Juin - 23:56

Allez, un petit récap' de mes principales balises... (vous les connaissez déjà..) :

- "Tombée dans la marmite" de la musique classique dès l'enfance : Un papa grand mélomane, une maman avec une voix ravissante.
Mise au piano à 7 ans.. (ma soeur donnait des coups de pied dans le caisson -comme mon mari-, zéro patience..), moi ça m'a passionnée d'emblée, même le solfège (c'était comme les maths en plus rigolo !). Je n'ai cessé de jouer du piano, j'en ai toujours eu un à la maison où dans la maison de famille. Petites pièces faciles puis plus complexes, un peu de tout (dont le fameux "Le petit Livre d'Anna-Magdalena Bach" que j'adore et qui devient plus complexe au fur et à mesure avec les Polonaises !).

- Découverte à l'adolescence, de la chorale et du fait que ça me plaisait. Chorale d'étudiants à Bordeaux (répertoire plutôt variétés), puis à Paris à St Germain l'Auxerrois (que du chant sacré superbe). On m'a proposé d'être choriste professionnelle = non, trop de voyages et je voulais une vie de famille et un autre boulot.

- Maman très jeune de trois enfants, je les ai initiés à la musique classique qu'ils aimaient beaucoup écouter le soir (ou les trucs que je jouais au piano -et aucun n'a voulu apprendre, "la flemme" dixit, j'étais un peu déçue -mais mon fils improvise-).
Ils continuent à aimer ça, mon fils -je sais puisqu'il habite près de chez nous-, se fait des play-lists sur son smartphone avec les oeuvres que je lui fais entendre, ou lui-même tout seul en découverte sur YT.

- Superbe : Découverte de la musique baroque !, grâce à un collègue de boulot luthiste (et concertiste). Fantastique. Il m'a initiée à tout ça, Lully, Marin Marais, Rameau, les baroques italiens, Haendel, etc.. etc.. Benoît, toi dans la paix éternelle désormais, toute mon amitié reconnaissante, je te dois beaucoup ! (évidemment, William Christie, Leonhardt, etc..).

- Meilleure connaissance de Bach, surtout les oeuvres pour clavier... "Le clavier bien tempéré", Glenn Gould and co (j'ai six versions, trois pour clavecin , trois pour piano). Et autres oeuvres comme les concertos ... (pas encore les cantatas).
Meilleure approche du jazz (grâce à mon mari et à d'autres rencontres). New Orleans, Ella Fitzgerald (que j'ai vue dans l'un de ses derniers concerts), Billie Holliday etc..

- LAST BUT NOT LEAST    ! Avec moins de voyages et du télé-travail, l'inscription très assidue il y a quelques années sur le forum Mozart de Ron, et depuis trois ans, sur "Toutes les Musiques du Monde" ... (et sur le forum Haydn de Joachim et Piero , je suis bel et bien existante comme "Melisande", mais je n'écris rien.., pas assez experte, je lis... -encore que certains de mes compte-rendus d'extraordinaires découvertes haydniennes aient fait l'objet de commentaires de ma part-).
C'est à dire des DECOUVERTES NOUVELLES, GRACE A VOUS TOUS ! Classiques, comme contemporaines (merci Icare pour Morricone, les BO de films, la musique contemporaine, merci à vous tous Mains ).
Je rends hommage aux personnes que j'ai pu rencontrer à Paris, grâce à ces forums..., en particulier l'une d'entre elles qui depuis quelques années est une très grande amie (je pèse mes mots).

- En même temps..., l'abonnement à quatre chaînes musicales (pour avoir le choix) : Mezzo-Mezzo Live, Brava, Classica...
Donc découverte d'opéras que je ne connaissais pas du tout ! (dont chefs d'oeuvre évidemment), des mises en scène fabuleuses de mes opéras préférés (Mozart naturellement..).

Une vie musicale bien remplie..., comme la vôtre. Formidable d'échanger ainsi ! 

Plus de commentaires sur vos messages, et d'envois des quelques oeuvres marquantes de ma vie..., ce week-end.

P.S. : Je n'oublie nullement Georges Brassens que je chante par coeur et dont j'ai les oeuvres complètes , Brel, Piaf, Michael Jackson, le rock, le folk , la pop, le JAZZ toujours très présent dans mes écoutes, la musique cubaine etc.. Je suis fan de Bob Marley, des Queen, de Bruce Springsteen...(je les écoute souvent).

Et maintenant je vais au lit avec plein de musique dans la tête...............
Revenir en haut Aller en bas
Anouchka

avatar

Nombre de messages : 2505
Age : 56
Date d'inscription : 03/04/2014

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Ven 2 Juin - 0:10

Icare a écrit:
La petite musique de nuit par le "Talich Quartet". En bonus, j'ai réécouté l'Adagio & Fugue K546 , petit joyau moins connu du maître viennois qui m'a beaucoup touché lors de cette nouvelle approche.

Ah oui, génial.. (très beau début, l'Allegro que tu envoies). On s'en fiche que ça soit un "tube", c'est magnifique et la construction de cette oeuvre en fait une "véritable petite histoire" que l'on suit pas à pas... Quant à K 546, splendide aussi... Mais chez Mozart.. tout l'est.. !
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Ven 2 Juin - 12:31

J'ai dit que dans mon parcours il y a eu tout d'abord des moments classiques inattendus Dvorak, puis Morton Gould, J. S. Bach, des moments "chansons" avec Edith Piaf et Georgette Lemaire en décalage total avec ce qu'un jeune de mon âge pouvait écouter, bien que par la suite j'ai pu moi-même danser sur des tubes "disco" et "funk", ce n'était pas incompatible dans mon esprit...Il y eut parallèlement une ouverture sur la musique de film par Le Clan des Siciliens, tout d'abord, d'Ennio Morricone qui confirma mon intérêt toujours plus grandissant pour la musique instrumentale et "hors-mode". Progressivement, mon écoute se partageait entre la bande originale et la musique classique, de préférence baroque si j'en crois ce que furent mes premières acquisitions, Bach, Haëndel, Vivaldi jusqu'à une totale prise de conscience avec Mission d'Ennio Morricone où la musique se révéla à moi comme une véritable passion occupant la plus grande partie de mon temps libre: un investissement de temps mais aussi d'argent...J'étais aussi quelqu'un qui allait beaucoup au cinéma et découvrais ainsi d'autres musiques de compositeurs tels que Jerry Goldsmith et John Williams.

C'est alors qu'un autre événement musical très personnel se produisit: la révélation d'une approche musicale contemporaine, atonale, voire sérielle, sauf qu'à cette époque-là, j'ignorais tout du sérialisme et donc de la révolution "Schoënberg". Ce que j'ignorais également c'est qu'Ennio Morricone avait composé en dehors de l'image. Si bien que lorsque je tombai sur un de ses disques intitulé "Chamber Music", je croyais qu'il s'agissait malgré tout de musiques écrites pour l'image dans la veine que je connaissais de lui jusqu'ici. De plus, il n'y a aucun fascicule à l'intérieur de l'album qui explique quoi que ce soit. Je suis plongé dans l'inconnu et l'inédit et à ce moment-là je ne connaissais encore personne qui aurait pu me renseigner sur le contenu. J'ai découvert cette musique avec la plus grande naïveté, découvrant des pièces sérielles sans savoir ce qu'était le "sériel" puis d'autres compositions qui ne l'étaient pas forcément mais ne ressemblaient pas à la musique de film que je connaissais et appréciais de lui. Contrairement à toute attente, je n'ai pas été désappointé ni même déçu par ce que j'ai entendu, intrigué certes, surpris, sans aucun doute, mais j'y ai surtout apprécié une poétique qui m'était nouvelle, insolite, prometteuse. Il y a même des morceaux que j'ai fini par vénérer comme Sestetto, Musica per 11 violini, Suoni per Dino... C'était surtout un pas qui venait d'être fait dans l'univers de la musique savante du Vingtième siècle, un pas qui allait en entraîner tellement d'autres...Ca va être la seconde partie de mon parcours: un plein pied dans le monde de la musique moderne et contemporaine.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Stravinsky   Ven 2 Juin - 17:55

Comme je l'ai écrit plus haut, j'avais désormais un pied dans le monde de la musique savante du XXème siècle. Deux oeuvres allaient alors me bouleverser, me marquer au fer rouge. Biensûr, il y avait eu pendant l'enfance ce mélange de peur et de fascination pour le célèbre passage dans Les Spirituals de Morton Gould avec cette grande tension dramatique qui surgissait du générique des "Dossiers de l'écran". Mais là, deux oeuvres se sont imposées à moi et ont certainement participer à aiguiser mes goûts dans ce domaine précis, même si, par la suite, il y aura d'autres balises, d'autres influences, qui m'orienteront vers des approches musicales différentes...Il s'agit dans un premier temps du Sacre du Printemps d'Igor Stravinsky, puis, dans un second très proche, La Nuit Transfigurée (version pour orchestre) d'Arnold Schönberg. Ces deux oeuvres furent un beau choc émotionnel pour moi. Le Sacre du Printemps tout d'abord et surtout et dès la première écoute. Pour cette raison, j'ai été surpris de lire ci et là que des mélomanes purent être rebutés par cette oeuvre-phare du vingtième siècle ou qu'il leur fallut plusieurs tentatives avant d'en accepter la poétique. Pour moi ce fut une révélation immédiate et définitive. Aujourd'hui, j'en ai écouté deux versions; une première par le "Columbia Symphony Orchestra" sous la direction d'Igor Stravinsky et une seconde pour piano à quatre mains de Fazil Say. Aucune de ces deux versions n'est celle par laquelle j'ai découvert le Sacre. Je l'avais découvert en 33tours par Pierre Boulez et un orchestre dont je ne me rappelle plus le nom. Je me souviens que les thèmes-porteurs m'avaient aussitôt émerveillé et que la sauvagerie de ses rythmes m'avaient pris aux tripes.

Je reviendrai sur La Nuit Transfigurée après réécoute. Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Schoenberg   Ven 2 Juin - 22:48

Comme pour le Sacre du Printemps, j'ai réécouté ce soir les deux versions que je possède de La Nuit Transfigurée d'Arnold Schönberg, tout d'abord la version pour quatuor à cordes par le "Artemis Quartet" puis la version pour sextuor à cordes par le "Paris String Sextet". A l'époque de la découverte, c'était une version pour orchestre que je n'ai jamais réécoutée depuis l'avènement du CD. Je me souviens que j'adorais la pochette du 33tours, une sorte de paysage sombre traversé d'une lumière de la grosseur d'un phare d'automobile. C'est un vague souvenir. Je crois que le chef d'orchestre était également Pierre Boulez mais je n'en suis plus très sûr. Ce dont je me souviens c'est d'avoir été profondément touché par l'expressionnisme post-romantique de cette oeuvre et probablement ai-je déjà aimé Wagner sans le savoir: effectivement, jusque là, je n'avais encore écouté la moindre note de la musique du grand Richard! Je ne suivais pas scrupuleusement le chemin chronologique qu'il pouvait paraître logique de suivre. Je fonctionnais surtout à l'intuition ou à l'instinct, mais aussi au gré des opportunités qui se présentaient à moi. Dans le cas de La Nuit Transfigurée, c'était le titre qui me plaisait puis la pochette du fameux 33tours. Ces deux éléments me conduisirent ainsi sur un compositeur dont j'ignorais encore tout et une oeuvre dont je n'avais encore jamais entendu parler, ni en bien ni en mal. Il faut dire que je ne lisais aucune revue spécialisée, n'en lis d'ailleurs pas davantage aujourd'hui. Des deux versions que j'ai réécoutées ce soir, j'ai une petite préférence pour celle avec l'"Artemis Quartet".

https://www.youtube.com/watch?v=yzSaOWPBFqA
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
avatar

Nombre de messages : 16383
Age : 71
Date d'inscription : 19/08/2006

MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   Sam 3 Juin - 9:20

Icare a écrit:
Je me souviens que j'adorais la pochette du 33tours, une sorte de paysage sombre traversé d'une lumière de la grosseur d'un phare d'automobile.

Ce ne serait pas cette image, par hasard ?

Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
avatar

Nombre de messages : 11086
Age : 53
Date d'inscription : 13/11/2009

MessageSujet: Schnittke   Sam 3 Juin - 18:48

Honnêtement, c'est dans cet esprit-là mais je ne pense pas que ce soit celle-ci.

Aujourd'hui, je me suis penché sur une oeuvre qui a beaucoup compté pour moi et fut le point de départ d'une très belle histoire entre la musique d'un compositeur prolixe et d'un jeune mélomane qui avait tellement de choses à découvrir dans le monde du contemporain. Il s'agit du Concerto Grosso n°1 d'Alfred Schnittke. Cette oeuvre m'a profondément marqué, m'a marqué au fer rouge. Un passage m'avait particulièrement pris aux tripes, le cinquième mouvement totalement déchaîné, endiablé! Comme pour Le Sacre du Printemps et La Nuit Transfigurée, j'ai réécouté les deux versions que j'ai en ma possession, la version de la découverte pour deux violons, clavecin, piano préparé et orchestre à cordes par Gidon Kremer & Tatiana Grindenko, Yuri Smirnov, "The Chamber Orchestra of Europe" sous la direction de Henrich Schiff, et celle de 1988 effectuée par le compositeur lui-même pour flûte, hautbois, clavecin, piano préparé et orchestre à cordes, par Sharon Bezaly (flûte), Christopher Cowie (hautbois), Grant Brasler (clavecin), Albert Combrink, le "Cape Philharmonic Orchestra" sous la direction d'Owain Arwel Hugues. J'aime beaucoup les deux versions et c'est fou ce que le changement d'instruments solistes modifie la physionomie d'une même oeuvre. Si les deux violons lui apportent à mon goût plus d'incisivité et de viscéralité, un caractère acéré qui n'est pas pour me déplaire, c'est même ce qui m'a aussitôt séduit dans ce premier concerto grosso, la flûte et le hautbois lui confèrent plus de souplesse et d'arrondi, un caractère moins tranchant et moins incisif mais plus volatile et aérien. Concernant le cinquième mouvement qui est mon passage préféré, je garde une préférence pour la version avec deux violons que je trouve plus viscérale et décapante. En revanche, il y a d'autres passages que je préfère désormais par la combinaison flûte et hautbois.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les balises du mélomane   

Revenir en haut Aller en bas
 
Les balises du mélomane
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Communauté :: Discussions sur la musique-
Sauter vers: