Forum sur la musique classique
 
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 Hélène BLAZY

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Icare
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MessageSujet: Hélène BLAZY   Jeu 22 Oct - 13:06

Eléments biographiques:

<<Hélène Blazy est issue d'une famille de musiciens. Ses deux arrière-grands-pères, compositeurs et titulaires d'orgues à Lyon et Paris, furent les créateurs de nombreuses oeuvres dont six Opéras de Valentin Neuville joués avec succès entre 1899 et 1910 à l'Opéra de Lyon, la Monnaie de Bruxelles et dans toute l'Europe. Très jeune, Hélène Blazy découvre le répertoire classique et décide d'étudier le violon. A 11 ans, elle obtient un premier Prix d'Excellence de Violon au CNR de Paris puis se perfectionne avec les Solistes Pierre Amoyal et Liliane Rossi (Orchestre National de France). Elle entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon en violon et au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en solfège spécialisé et classes d'écriture où elle obtient Quatre Premiers Prix en Harmonie, Contrepoint, Solfège et Violon. Violoniste, Hélène Blazy est engagée pour les saisons de 1985 à 1997 au sein de l’Orchestre de l’Opéra National de Paris et donne pendant plus de dix ans des concerts sous la baguette de chefs prestigieux tels Myung-Whun Chung, Nello Santi, Georges Prêtre, Pierre Boulez, Marek Janowski avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France, Lawrence Foster avec l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, etc... En parallèle, elle participe en Studio à de multiples enregistrements et émissions de Télévision pour des musiques de films, publicités, chansons et variétés avec des artistes comme Georges Delerue, Michel Legrand, Lalo Schifrin, Vladimir Cosma, Ray Charles, Gilbert Bécaud, Julien Clerc, Alain Souchon, Patrick Bruel, etc... Elle effectue au sein de diverses formations de nombreuses tournées au Japon et en Europe.
A partir de 1997, Hélène Blazy se consacre à la composition et à la direction de ses œuvres. Hélène Blazy est membre de la Sacem depuis 1995, membre définitif depuis 2006.
>>

A la base, j'ai découvert la musique de Hélène Blazy au travers du film-documentaire Un coupable idéal, réalisé par Jean-Xavier de Lestrade en 2002 et récompensé la même année d'un Oscar du meilleur long métrage documentaire. Je l'avais d'ailleurs regardé avec mon épouse qui avait été très émue par cette histoire:

Synopsis: Floride, USA, 7 mai 2000. A Jacksonville, une touriste de race blanche est tuée d'une balle dans la tête. Deux heures plus tard, Brenton Butler, un jeune Noir de quinze ans, est arrêté. Formellement identifié par le mari de la victime, il signe des aveux. Tout l'accuse et, pour les enquêteurs et les médias, c'est l'histoire tristement banale d'un adolescent qui devient "un coupable idéal". Reprenant l'enquête, ses avocats finiront par découvrir un nombre d'éléments troublants qui conduiront à l'innocence de leur client.

Le réalisateur Jean-Xavier de Lestrade évoque alors sa collaboration avec Hélène Blazy en ces termes:

<<Composer la musique d'un film documentaire n'est pas une tâche aisée. Il faut raconter une histoire, bien entendu, mais - et avant tout, devrais-je dire - chacun se doit de respecter le réel et les personnages. Contrairement à la fiction, où la musique peut souligner, parfois avec emphase, les tensions dramatiques, dans le documentaire, c'est toujours de la vie réelle dont nous parlons. Il ne s'agit pas d'ajouter une couleur émotionnelle à une scène mais plutôt d'accompaner l'émotion des personnages avec presque - retenue. Pour ce film, la scène musicale clef était pour moi celle du verdict. Quelles notes pour accompagner ce geste magnifique du père qui tend les bras vers son fils, l'étreint et lui dit: "Rentrons à la maison, maintenant."? J'avais montré cette séquence à Hélène Blazy en lui laissant toute liberté. Quelques jours plus tard, elle m'annonce avoir quelques notes à me faire écouter. Lorsque j'entre dans son bureau, elle se tient debout face à son piano, sa main droite glissant sur les touches... Mi, la mi mi la ré do résol do si... je savais, en quelques secondes, qu'elle avait su capter et traduire cette si fragile émotion, empreinte de tendresse infinie et de pudeur, qui étreint le père et le fils dans des retrouvailles inespérées. C'est un moment merveilleux que la musique se devait de magnifier sans étouffer. C'est tout le talent d'Hélène d'avoir su imaginer une musique pleine de retenue et de finesse, qui ajoute à la scène un supplément d'âme et...qui ne s'entend presque pas. Car pour la musique il en va de même que pour les autres métiers du cinéma. Portés au plus haut, ils ne se remarque plus. Un bon montage, une belle image ne se remarquent pas plus qu'une bonne musique ne s'entend.>>

Dans la dernière partie du propos du réalisateur, je pense qu'il est bon de savoir lire entre les lignes dans la mesure où, la première fois que j'ai vu ce film-documentaire qui, heureusement se termine bien et non par une erreur judiciaire de plus dûe à une enquête policière bâclée et à un témoignage dont la fiabilité n'était absolument pas garantie. j'ai aussitôt remarqué la musique de Hélène Blazy, bien que je ne regardais pas ce film pour cette raison et que je n'avais jamais entendu parler de cette musicienne auparavant, qui d'ailleurs serait, pour le côté privé de sa vie, l'épouse de Jean-Claude Petit, également compositeur, et qui a aussi son topic sur ce forum. C'est juste que la musique m'a paru tellement juste à l'image, tellement précise, et comme l'a si bien dit le réalisateur...toute en retenue et pleine de pudeur en même temps, que j'ai été séduit par la douce mélancolie qui en émanait. Plutôt minimaliste, aux effets sévèrement calculés, avec une pointe d'électro sur le plan rythmique, elle accompagne les émotions des personnages sur des notes de velours. Personnellement, dans un film, ce ne sont pas toujours les musiques qui font le plus de bruit que je remarque le plus mais celles qui sonnent juste là où il faut et parfois s'installe aussi sinueusement qu'un serpent dans une volière.

Elle a un site ici.

En Revanche, La justice vient de reconnaître Hélène Blazy coupable de contrefaçon. Elle est accusée d'avoir plagié "La Marche des Chevaliers" de Serge Prokofiev pour réaliser la musique inaugurale de la plus haute tour du monde à Dubaï. La 3ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris a estimé qu'il y avait bien contrefaçon puisque Hélène Blazy a signé comme étant seule auteure de l'oeuvre et non pas en tant que simple arrangeur et auteure d'une variation musicale. La justice a reconnu que la composition de Mme Blazy excédait la simple inspiration de l'oeuvre préexistante. Elle a donc été condamnée à payer diverses réparations et à annuler l'inscription de son morceau à la Sacem. La compositrice a annoncé avoir fait appel de la décision.


Dernière édition par Icare le Jeu 22 Oct - 17:30, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Hélène BLAZY   Jeu 22 Oct - 13:08

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Icare
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MessageSujet: Re: Hélène BLAZY   Ven 23 Oct - 18:14

Il y avait longtemps que je n'étais pas revenu sur les compositions de Hélène Blazy que je connaissais pourtant depuis longtemps, au travers de deux albums, un simple dédié à ses musiques pour l'image, un double surtout consacré à ses oeuvres de concert mais contenant aussi deux suites de sa musique de film. J'adore dépoussiérer. J'ai eu beaucoup de plaisir à redécouvrir son travail sur Un coupable idéal dont j'avais déjà fait l'éloge quelque-part dans mon commentaire introductif, d'abord dans son rapport à l'image, même si je reste convaincu que j'aurais apprécié cette musique sans avoir vu le documentaire auquel elle se rapporte. Paris selon Moussa est une fiction réalisée par Cheik Doukouré qui permit à Hélène Blazy d'écrire une musique plus symphonique et plus ample...moins austère...dans laquelle s'invitent des instruments tels que la Kora, le Balafon et les percussions de Marc Chantereau. Qui a tué Cécile Bloch?, histoire vraie mise en images par Thierry de Lestrade, est un documentaire que j'ai vu aujourd'hui pour la première fois. Jusqu'ici, je connaissais la musique sous la forme d'une suite de sept extraits dans une écoute audio. Les cordes dominent la partition. Ce qui domine aussi la partition, c'est un thème magnifique et troublant. Je l'avais toujours remarqué car, dès la première écoute, il me mit le frisson. On parlait de musiques violentes sur le fil approprié, et bien là j'ai l'exemple d'une musique plutôt douce et lente qui m'est presque violente sous certains aspects: une violence sournoise, subtile...Avec Les migrations de Vladimir, fiction réalisée par Milka Assaf, on change radicalement de ton. C'est une musique tout de suite plus optimiste et enjouée dans laquelle s'invite, entre autres, avec l'orchestre, le violon russe de Marek Czerniawski, les balalaïkas de Nicolas Kedroff et l'accordéon de Marian Kurcab.

Après avoir enfin découvert sa superbe Messe Le Messager des Etoiles - Hommage à Galilée qui, malheureusement, à ma connaissance, n'existe pas en cd, je me suis laissé emporter dans un cinéma imaginaire avec son oeuvre qu'elle a tout simplement intitulée Musique Symphonique et qui se constitue de dix mouvements. Il y a de très beaux passages même si chaque morceau reste encré dans une tradition symphonique très française, mêlée de romantisme et d'impressionnisme. Je me souviens notamment d'un mouvement avec une superbe écriture des bois, comme des étincelles de lumière luisant à travers l'épaisseur des cordes...Et puisque j'évoque les bois, les voilà à nouveau dans une expression plus inattendue dans Musique pour Vents, également découpée en dix mouvements. Le tout premier, "Natural Sciences" est excellent et très inventif. De cette oeuvre, on retient aussi une filiation avec le jazz et tous les extraits ne se limitent pas qu'à la seule section des instruments à vent, on y décèle, ci et là, des violons en pizzicati, un violoncelle, une contrebasse et même un piano. Combinaisons instrumentales attractives et une belle recherche dans les timbres, parfois dans le contexte d'une musique minimaliste et répétitive, forgent le caractère singulier de cette composition. Strings développe, entre cordes et traitements électroniques, une musique plus contemporaine, plus grave et menaçante. Elle inquiète et transperce les ténèbres, dominée par un violon solo intense où l'archet frotte le chevalet, ce qui crée un son étrange et dérangeant. Autour du Quatuor à cordes dévoile une musique animée qui ne met pas systématiquement en scène les quatre instruments à cordes qui constituent généralement le quatuor classique, mais invite aussi, sur certains morceaux, tantôt un hautbois, tantôt un orgue (portatif ou traité informatiquement?) ou tantôt l'électronique, comme sur le tout dernier extrait intitulé "Cybernetic Age".

C'est une musique qui lorgne du côté du jazz que celle qui accompagne le film-documentaire de Thierry de Lestrade, L'affaire Dubois que j'avais vu à l'époque, une affaire criminelle difficile avec des zones d'ombre. J'avais même fait attention à la musique qui y instaurait un certain climat avec beaucoup de délicatesse et de sobriété. Elle s'articule autour du piano, du saxophone alto, contrebasse et batterie, me fait penser à un certain jazz qui accompagnait certains polars français des années 50/60, genre Un Témoin dans la Ville sur une musique de Barney Wilen ou encore Le Doulos sur une musique (que j'adore) de Paul Misraki. C'est un peu cette ambiance-là que je retrouve dans cette partition de Hélène Blazy. Voir sans les yeux (un film de Marie Mandy) m'a emmené dans une dimension plus onirique avec le tout premier extrait qui s'intitule d'ailleurs "Voyage sensoriel". Alors là, je trouve que le compositeur a fait preuve d'une très belle sensibilité. Ce thème est un diamant. Je n'ai pas eu la chance de voir ce film mais je devine une parfaite osmose entre sa musique et les images de Marie Mandy. Et au-delà de cette osmose, il y a ce que cette musique m'apporte pour des raisons strictement musicales et par la force poétique et onirique qui en émane. Je n'irai pas jusqu'à dire que chaque extrait de la bande originale me fait le même effet - je trouve qu'elle perd en consistance par moment même si elle conserve sa singularité initiale et avant de regagner en épaisseur sur les deux derniers titres; "A l'écoute des sens" et "Voyage sensoriel...voir l'invisible".
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