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 Jacques Ibert (1890-1962)

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joachim
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joachim

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MessageSujet: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2009-10-29, 21:01

Jacques François Antoine Marie Ibert est un compositeur français, né à Paris le 15 août 1890 et mort à Paris le 5 février 1962.

Jacques François Antoine Marie Ibert, est le fils d'Antoine Ibert et de Marguerite Lartigue. Il étudie au Conservatoire de Paris de 1910 à 1914, dans les classes d'Émile Pessard, André Gédalge et Paul Vidal. Il sert pendant la Première Guerre mondiale comme infirmier-brancardier. Jacques Ibert épouse Marie Rose Veber, le 12 octobre 1919 à Paris XVIIe. Cette même année il remporte le premier grand prix de Rome.

Il dirige l'Académie de France à Rome (Villa Médicis) de 1937 à 1940 année où après avoir été contraint de quitter Rome après que l'Italie a déclaré la guerre à la France le 10 juin 1940, il s'embarque le 21 juin 1940 sur le Massilia pour fuir l'avancée allemande. Il est accusé de désertion par le nouveau régime et le gouvernement de Vichy le démet de ses fonctions (17 octobre), le raye des cadres de la Marine et interdit l'exécution de ses œuvres. Il part se réfugier à Antibes et compose de la musique dans une forme de semi clandestinité. Il est rétabli dans ses fonctions le 27 octobre 1944 et redirige la Villa Médicis jusqu'en 1960.
Sans quitter ses fonctions à Rome, il est appelé le 1er octobre 1955 comme administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux. Toutefois, à cause de sa santé fragile, de la lourdeur de la tâche et des attaques dont il fait l'objet, il se retire dès le 20 avril 1956. La même année, il est élu membre de l'Académie des beaux-arts.

Il meurt le 5 février 1962. Il est enterré au cimetière de Passy. Son épouse, née Marie-Rose Veber, fille du peintre et dessinateur de presse Jean Veber, est décédée en 1987 et repose à ses côtés.

Il composa sept opéras, cinq ballets, des musiques pour le théâtre, le cinéma et la radio, des œuvres vocales ou instrumentales légères et mélodieuses qui n'oubliaient pas des instruments souvent délaissés. Il a collaboré avec le saxophoniste Marcel Mule (1901-2001).
Sa musique illustre brillamment les qualités reconnues à la musique française que sont la clarté et l'élégance.



Principales œuvres


Musique orchestrale

Noël en Picardie, poème symphonique (1914)
Ballade de la geôle de Reading (1920)
Suite de persée et Andromède (1921)
Escales, pour orchestre (1922)
Jeux, pour orchestre (1923)
Féérique, chant de folie, scherzo symphonique (1924)
Concerto pour violoncelle et instruments à vent (1925)
Valse pour la ballet l'éventail de Jeanne (1927)
Divertissement (1930)
Suite symphonique (1930)
Paris, pour orchestre (1930)
Suite de Donogoo, de Jules Romains, pour orchestre (1930)
Symphonie marine (1931)
Concerto pour flûte (1934)
2 Suites de Diane de Poitiers (1934)
Suite du Chevalier Errant (1935)
Suite Golgotha (1935)
Ouverture de fête (1940)
Suite Elizabethaine, du songe d'une nuit d'été, pour orchestre (1942)
Suite de Macbeth (1948)
Symphonie concertante pour hautbois et orchestre (1949)
Louisville Concerto (1953)
Hommage à Mozart (1955)
Bacchanale (1956)
Bostoniana (1956/1961)
Tropismes pour des Amours Imaginaires, pour orchestre (1957)


Musique de chambre

6 Pièces pour harpe seule (1916/1917)
2 Mouvements pour flûte, hautbois, clarinette et basson (1922)
Sonatine "Jeux" pou flûte et piano (1923)
Le Jardinier de Samos, pour flûte, clarinette, trompette, percussion, violon et violoncelle (1924)
Concerto pour violoncelle et instruments à vent (1925)
Française, pour guitare (1926)
Aria (Vocalise) pour piano, flûte et violon (1927)
Trois pièces brèves pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson (1930)
Divertissement pour orchestre de chambre (1931)
5 Pièces en Trio pour hautbois, clarinette et basson (1935)
2 Paraboles pour 2 guitares (1935)
Ariette pour guitare solo (1935)
Concertino da camera pour saxophone et onze instruments (1935–1936)
Pièce pour flûte seule (1936)
Pastorale pour 4 pipeaux (1936)
Aria pour clarinette et piano
Entr'acte pour flûte et guitare (1937)
Capriccio pour dix instruments (1938)
Quatuor à cordes (1942)
Trio pour violon, violoncelle et harpe (1944)
Interludes de "Le Burlador", pour clavecin, flûte et violon (1946)
Etude-Caprice pour un tombeau de Chopin, pour violoncelle seul (1949)
Caprilena pour violon seul (1950)
Ghilarzana pour violoncelle seul (1950)
Impromptu pour trompette et piano (1951)
Carignane, pour basson et piano (1953)


Piano

Noël en Picardie (1914)
Histoires, 10 pièces (1910/1922) également pour piano à 4 mains, pour flûte et piano (1933), pour saxophone et piano (1938)
Toccata sur le nom de Roussel en ré majeur (1929)
Le Vent dans les ruines en Champagne (1915)
Scherzetto (1916)
Matin sur l'eau (1917)
Les Rencontres (1924)
L'espiègle au village de Lilliput (1937)
Pièce romantique (1937)
Petite suite en 15 images (1944)
Vetrennaya Girl


Orgue

Choral (1918)
Trois pièces pour grand orgue : 1. Pièce solennelle - 2. Musette - 3. Fugue. (1917-19)
Justorum Animae in Manu Dei Sunt (1921)


Opéras

Persée et Andromède ou Le plus heureux des trois, Opéra (1921)
Angélique, Opéra (1927)
Le Roi d'Yvetot, Opéra (1927-28)
Gonzague, Opéra (1930)
L'Aiglon, Opéra (1937, avec Arthur Honegger)
Les Petites Cardinal, Opérette (1938, avec Arthur Honegger)
Barbe-Bleue, Opéra (1943)


Mélodies et chant

3 Chansons de Charles Vildrac, pour voix et orchestre (1923)
Chant de folie, pour 4 sopranos, 2 altos, chœur mixte et orchestre (1923-24)
Deux stèles orientées pour voix et flûte, sur des poèmes de Victor Segalen (1925)
4 Chansons de Don Quichotte pour baryton (1932): Chanson du départ, Chanson à Dulcinée, Chanson du Duc, Chanson de la mort de Don Quichotte
Le Poète et la Fée, cantate profane (1919)
La Berceuse du petit Zébu, pour chœur (1936)
Les Fleurs des champs, pour chœur (1936)
Canzone madrigalesca, duo (1922)
Plusieurs recueils de mélodies, dont Verdures dorées (1923), Chants de carnaval (1924), Chansons légères (1927)
Mélodies séparées


Ballets

Diane de Poitiers, ballet (1934)
Le Chevalier errant, ballet (1935)
Les Amours de Jupiter (1945)
La Licorne, ou Le Triomphe de la Chasteté, ballet (1950)
Le Triomphe de la Pureté (1950)
L'Impromptu au Bois de Boulogne (1956)
Le Cercle Fantastique (1958)


Musiques de scène et assimilés

Le Jardinier de Samos (1924)
L'Eventail de Jeanne (collaboration) (1927)
On ne saurait penser à tout (1928)
Un Chapeau de paille d'Italie (1929)
La Castiglione (1929)
Le Stratagème des Roués (1930)
Denogoo (1930)
Le Médecin de son honneur (1935)
14 Juillet, de Romain Rolland (collaboration) (1936)
Fête Nationale : musique pour festival d'eau et de lumière (1937)
Liberté : musique de scène - avec Honegger, Milhaud etc.. (1937)
Effervescence (1942)
Méphisto et Palmyre (1942)
Le Songe d'une nuit d'été (1942)
Charivari-Courteline (en collaboration) (1946)
Le Cavalier de Fer (1946)
A toutes les Gloires de la France, spectacle son et lumière, textes de Maurois et Cocteau (1953)
Mille ans d'histoire de France, spectacle son et lumière (1954)


Musique de films

Un chapeau de paille d'Italie (1927)
S.O.S. Foch (ou Symphonie marine) Court métrage documentaire de Jean Arroy. (1931)
Les Cinq gentlemen maudits de Julien Duvivier (1931)
Les Deux Orphelines de Maurice Tourneur (1933) [en collaboration avec Marcel Delannoy]
Don Quichotte de Georg Wilhelm Pabst (1933)
Golgotha de Julien Duvivier (1935)
Kœnigsmark de Maurice Tourneur (1935)
Anne-Marie de Raymond Bernard (1936)
Maternité de Jean Choux (1935)
Le Coupable de Raymond Bernard (1937)
Courrier sud de Pierre Billon (1937) [en collaboration avec Maurice Thiriet]
L'Homme de nulle part de Pierre Chenal (1937)
Paris de Jean Choux (1937)
Feu ! de Jacques de Baroncelli (1937)
Le Patriote de Maurice Tourneur (1938)
La Maison du Maltais de Pierre Chenal (1938)
Thérèse Martin de Maurice de Canonge (1938)
Le Héros de la Marne d'André Hugon (1938)
Conflit de Léonide Moguy (1938) [en collaboration avec Wal-Berg]
Angélica de Jean Choux (1939)
Le Père Lebonnard de Jean de Limur (1939)
La Charrette fantôme de Julien Duvivier (1939)
La Comédie du bonheur de Marcel L'Herbier (1940)
Les Petites du quai aux fleurs de Marc Allégret (1944)
Félicie Nanteuil de Marc Allégret (1945)
Le Père Serge de Lucien Ganier-Raymond (1945)
Panique de Julien Duvivier (1946) [seule la chanson est de lui ; le reste de la musique a été composé par Jean Wiener]
Macbeth d'Orson Welles (1948)
Marianne de ma jeunesse de Julien Duvivier (1954)
Invitation à la danse de Gene Kelly (1956) [musique du sketch Circus]


Musique pour radio

La Tragique histoire du Docteur Faust (1942)
Don Quichotte de la Manche (1947)
Les Aventures de Bro et Tiss (1949)


Dernière édition par joachim le 2020-02-08, 19:47, édité 4 fois
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Stadler
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2009-10-30, 10:10

joachim a écrit:
Musique de chambre

Trois pièces brèves pour flûte, hautbois, clarinette, cor et basson (1930)
Concertino da camera pour saxophone et onze instruments (1935–1936)

Telles sont les oeuvres de Jacques Ibert que je connais.

Les Trois pièces brèves sont divertissantes mais rien d'essentiel.

Par contre, le Concertino est beaucoup plus consistant. Les oeuvres classiques pour saxophone sont tellement rares qu'on ne doit pas bouder son plaisir Jacques Ibert (1890-1962) 231625
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http://clarinette-classique.forumactif.fr/index.htm
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2009-10-30, 13:33

Il a aussi composé une pièce appelée "L'Age d'or" pour saxophone et piano, qui est une adaptation d'un morceau du ballet Le chevalier Errant (ballet qui soit dit en passant, avec choeurs et récitant, vaut l'écoute).

Parmi les petites oeuvres avec clarinette, il y a encore 5 Pièces en trio pour clarinette, hautbois et basson, 2 Mouvements pour 2 flûtes,clarinette et basson, et une Suite tirée de la musique de scène pour Le Jardinier de Samos, pour flûte, clarinette, trompette, violon, violoncelle et percussions.
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Jean

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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2009-12-12, 22:46

Pour Joachim Jacques Ibert (1890-1962) Icon_biggrin ...non je plaisante ,il n'apprécie guère la mélodie!... plutôt Bel Canto...et aussi Snoopy Jacques Ibert (1890-1962) Icon_wink et tous ceux qui apprécient!
Cette "Mort de Don Quichotte" de Jacques Ibert me bouleverse toujours autant!

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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2013-08-22, 09:58

Je pensais que sur ce forum le fil consacré à Jacques Ibert aurait été un peu plus fourni.Very Happy  Voilà pourtant une musique française qui peut rendre heureux le mélomane le plus exigeant. Ah! Le très beau Concerto pour flûte et orchestre, tout d'abord avec son magnifique second mouvement qui m'a presque mis la larme à l'oeil, sans compter la partie médium du troisième par laquelle se dessine à la flûte une exquise mélodie - Michael Faust à la flûte et Serge Baudo à la direction d'orchestre. Jacques Ibert (1890-1962) 333455 Jacques Ibert (1890-1962) 333455  Puis, Ouverture de Fête, les sublimes Escales et les non moins superbes Tropismes pour des amours imaginaires...qu'est-ce que j'aime cette dernière oeuvre, ses orchestrations, ses parties rythmées...un délice! Jacques Ibert (1890-1962) 333455 Jacques Ibert (1890-1962) 333455

__Orchestre National de L'O.R.T.F. par Jean Martinon.


Dernière édition par Icare le 2015-07-21, 08:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2013-08-24, 16:09

Je trouve cette musique je dirais " agréable" mais avec un plus quelque chose d'indéfinissable qui fait que je la réécoute avec de plus en plus de plaisir.
J'ai trouvé son concerto pour flûte et orchestre et je vous propose l'interprétation de Davide Formisano, je n'ai pas trouvé Jean Martinon à moins que ce soit lui qui dirige le flûtiste Rampal ? Est ce cette pièce-là dont tu parles Icare ?
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Icare
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2013-08-24, 18:41


Je ne peux pas écouter ton lien pour le moment mais je pense qu'il s'agit bien de la même oeuvre mais dans une interprétation différente. La mienne est par Michael Faust à la flûte et Serge Baudo à la direction d'orchestre.
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Icare
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-07-18, 13:03

Icare a écrit:
Je pensais que sur ce forum le fil consacré à Jacques Ibert aurait été un peu plus fourni.Very Happy  Voilà pourtant une musique française qui peut nous rendre heureux qu'elle le soit. Ah! Le très beau Concerto pour flûte et orchestre, tout d'abord avec son magnifique second mouvement qui m'a presque mis la larme à l'oeil, sans compter la partie médium du troisième par laquelle se dessine à la flûte une exquise mélodie - Michael Faust à la flûte et Serge Baudo à la direction d'orchestre. Jacques Ibert (1890-1962) 333455 Jacques Ibert (1890-1962) 333455  Puis, Ouverture de Fête, les sublimes Escales et les non moins superbes Tropismes pour des amours imaginaires...qu'est-ce que j'aime cette dernière oeuvre, ses orchestrations, ses parties rythmées...un délice! Jacques Ibert (1890-1962) 333455 Jacques Ibert (1890-1962) 333455

__Orchestre National de L'O.R.T.F. par Jean Martinon.

Entre Toshio Hosokawa et Jacques Ibert, c'est tout un monde que j'ai enjambé en l'espace d'une nuit - et, géographiquement parlant, c'est effectivement tout un monde entre les deux. Je suis passé d'un univers à un autre qui est, pour ainsi dire, tout son contraire. Je ne me suis d'ailleurs ennuyé dans aucun des deux même si celui d'Ibert est celui qui m'a procuré le plus d'émotion. Pas de risque de baillement sur les silences, sur lesquels joue assez subtilement le concerto pour percussions du compositeur japonais né 65 ans plus tard que le compositeur français. Dans Ouverture de fête (1940), il n'y a pas le moindre silence, au contraire, c'est une musique pleine de sons, une grande fête symphonique pleine de fougue, de tendresse, de couleurs, de lyrisme et de romantisme. Le silence intervient seulement quand la musique s'arrête. La musique de Hosokawa m'est provisoirement sortie de la tête, mais elle reviendra un jour, peut-être dans une nouvelle forme ou dans celle-ci, mais je sais qu'elle reviendra. Le symphonisme de Jacques Ibert a définitivement envahi chaque parcelle de mon cerveau et résonne encore en moi comme un hymne à la fête. Après, démarre le premier mouvement d'Escales. Il s'intitule "Rome - Palerme". Il n'y a ni guimbarde ni ciaramolla. Le morceau est magnifique et sans aucun doute le plus célèbre du compositeur. IL y a des morceaux comme ça qui touchent plus majoritairement les gens que d'autres. C'est vrai que cette Escale en particulier m'a toujours beaucoup marqué. Les deux autres; "Tunis - Nefta" et "Valencia" sont également très belles. Tropismes pour des amours imaginaires (1957), c'est un total bonheur musical pour mes oreilles. Avec un titre pareil, j'en espérais pas moins. Cette oeuvre m'a toujours beaucoup plu et lorsque le piano entre en scène pour une cadence exquise, c'est à mon sens le comble du plaisir!
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Henri



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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-07-19, 00:48

J’aime beaucoup sa Symphonie marine. Bien plus que celle de Debussy, qui n’a pas le nom de symphonie mais qu’on peut considérer comme telle. Celle d’Ibert m’évoque moins la mer en tant qu’élément qu’une balade en bateau. Il y a le bruit des machines au tout début, et puis très vite c’est parti sur les flots bleus. C’est probablement un bateau de pêche d’ailleurs. Les machines tournent à un rythme régulier, l’étrave fend les flots, des mouettes suivent le sillage. Ça remue pas mal, ça tangue et ça roule, mais le brave bateau tient bon sa route, hisse et ho !...
Sa Bacchanale n’est pas mal non plus. Elle ne me fera pas déprécier celle de Saint-Saëns car je les mets à égalité. Tout aussi effrénée, mais peut-être plus dansante.
J’ai beaucoup écouté sa suite d’orchestre sur la musique du film de Julien Duvivier Golgotha, où l’on trouve quelques interventions à l’onde martenot.
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Icare
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-07-19, 20:39


Voilà quelques pistes à suivre! Merci Henri. Une fois, je suis tombé sur un de ses opéras en cd dans un magasin spécialisé. Je n'arrive plus à me rappeler lequel (d'opéra). Je ne l'ai pas pris et lorsque j'ai voulu le faire, quelqu'un d'autre m'a devancé. Hehe Je regrette de ne pas avoir tenté le coup.
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Henri



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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-07-20, 00:35

A propos de sa Symphonie marine, Wikipedia indique qu'il s'agit à l'origine de la musique d'un court métrage intitulé S.O.S. Foch qui date de 1931. Le film est un reportage sur le sauvetage par le croiseur cuirassé Foch d’un cargo en détresse. C’est sa première musique de film, et Ibert serait le premier compositeur européen à composer une partition pour un film parlant.
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joachim
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-07-20, 12:43

Henri a écrit:

J’ai beaucoup écouté sa suite d’orchestre sur la musique du film de Julien Duvivier Golgotha, où l’on trouve quelques interventions à l’onde martenot.

Oeuvre pratiquement inconnue, et qui me plaît beaucoup aussi. Je l'ai trouvée sur youtube :



https://www.youtube.com/watch?v=ByreUR4A774

Jacques Ibert a énormément composé de musiques de film (une trentaine), des musiques de scène et de ballets. Il en a souvent tiré des Suites parmi lesquelles Le Chapeau de paille d'Italie (devenu "Divertissement") ou Diane de Poitiers, ou encore le Chevalier Errant (ballet à écouter dans son intégralité, il en vaut la peine).

Pour compléter la liste d'Henri, il faut connaître aussi Escales (3 tableaux symphoniques), la symphonie concertante pour hautbois et orchestre à cordes et si on aime l'opéra, l'Aiglon en collaboration avec Honegger.

Il y a aussi quelques oeuvrettes dont le thème ne s'oublie pas quand on l'a entendu même la première fois, comme Entr'acte pour flûte et guitare ou bien la célèbre Berceuse du petit Zébu pour choeur d'enfants à 3 voix a cappella.

A noter qu'il existe un site très complet sur Jacques Ibert (biographie et catalogue des oeuvres) : http://www.jacquesibert.fr/ibert/Jacques_Ibert.html
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Henri



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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-07-21, 00:12

J'ai écouté Diane de Poitiers sur Youtube, j'ai beaucoup aimé. Mais je n'ai pas trouvé Le Chevalier errant. Non plus sur Deezer.
Escales, bien sûr. Je n'en ai pas parlé parce que Icare l'avait déjà fait, mais c'est par là que j'ai découvert Jacques Ibert.
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Icare
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-07-21, 08:19

A la fin de Golgotha, on surprend une citation du célèbre Dies Irae, une citation que l'on retrouve assez souvent dans la musique de film, mais pas seulement...

Joachim a écrit: "Jacques Ibert a énormément composé de musiques de film (une trentaine), "

Si une trentaine c'est énorme, que dire d'un compositeur comme Lavagnino et Rustichelli qui en ont composé au moins dix fois plus!  Laughing

Henri a écrit: "Escales, bien sûr. Je n'en ai pas parlé parce que Icare l'avait déjà fait, mais c'est par là que j'ai découvert Jacques Ibert.

Je pense que nous sommes nombreux à l'avoir découvert par cette oeuvre. Je me demande d'ailleurs si le premier mouvement ne fut pas employé à la télévision, à une époque...?...Les anciens, vous avez un souvenir à ce sujet?
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-07-21, 17:33

Merci pour le lien vers le site très intéressant et pour la vidéo : "Golgotha" que j'ai beaucoup appréciée, aucun ennui à son écoute, plein de rebondissements, de passages vers des au-delà ...
J'aime et je souscris à cette citation que j'ai trouvée sur son site :
jacques Ibert a écrit:
«Le mot système me fait horreur et je fais le pied de nez aux règles préconçues ». Antidogmatique, farouchement indépendant, Jacques Ibert a su rester libre, « dégagé de tous les préjugés qui divisent si arbitrairement les défenseurs d’une certaine tradition et les partisans d’une certaine avant-garde.» «Ce qui compte en art »,disait-il, «est le plus souvent ce qui émeut que ce qui surprend. L’émotion ne s’imite pas: elle a le temps pour elle».
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Pianoline
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-12-26, 15:01

Je viens de découvrir ce compositeur par hasard sur Youtube et j'aime beaucoup ! C'est très mélodieux, doux et poétique.

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joachim
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2015-12-26, 17:48

Si tu veux approfondir Jacques Ibert, voici son oeuvre peut-être la plus célèbre : Escales, 3 tableaux symphoniques inspirés par l'Italie, la Tunisie et l'Espagne;



https://www.youtube.com/watch?v=rm-bzCQRauw

Icare : tu demandes plus haut si le premier mouvement a été l'indicatif d'une émission Télé. Je ne me souviens pas...


Pour Laudec, la berceuse du petit zébu (choeur a cappella)

https://www.youtube.com/watch?v=_8LSiOmx7fM


Entr'acte pour flûte et guitare

https://www.youtube.com/watch?v=SXJ0PUpNdao
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Icare
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2017-09-07, 12:47

Icare a écrit:
Je pensais que sur ce forum le fil consacré à Jacques Ibert aurait été un peu plus fourni.Very Happy  Voilà pourtant une musique française qui peut rendre heureux le mélomane le plus exigeant. Ah! Le très beau Concerto pour flûte et orchestre, tout d'abord avec son magnifique second mouvement qui m'a presque mis la larme à l'oeil, sans compter la partie médium du troisième par laquelle se dessine à la flûte une exquise mélodie - Michael Faust à la flûte et Serge Baudo à la direction d'orchestre. Jacques Ibert (1890-1962) 333455 Jacques Ibert (1890-1962) 333455  Puis, Ouverture de Fête, les sublimes Escales et les non moins superbes Tropismes pour des amours imaginaires...qu'est-ce que j'aime cette dernière oeuvre, ses orchestrations, ses parties rythmées...un délice! Jacques Ibert (1890-1962) 333455 Jacques Ibert (1890-1962) 333455

__Orchestre National de L'O.R.T.F. par Jean Martinon.

Je ne m'en lasse pas, ESCALES biensûr, mais surtout TROPISMES POUR DES AMOURS IMAGINAIRES, déjà que le titre me plait beaucoup.

<<En intitulant "Tropismes pour des amours imaginaires", l'oeuvre orchestrale qu'il avait écrite en 1957, Jacques Ibert pensait§il à une chorégraphie? Elle se compose, cette oeuvre, de neuf séquences volontairement contrastées, tantôt émues et lyriques, tantôt légères et ironiques où se glissent diverses allusions musicales parmi lesquelles je devine un clin d'oeil à Namouna. Lalo, Chabrier, Ibert, n'appartiennent-ils pas à la même famille de musiciens français? Les 3Tropismes pour des amours imaginaires" ne furent jouées qu'après la mort de Jacques Ibert. C'est Jean Martinon qui les enregistra en 1975, puis les créa en concert public à la tête de l'Orchestre National de l'O.R.T.F.. Jean Roy.


Dernière édition par Icare le 2021-09-10, 11:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2020-02-08, 19:56

Une petite pièce pour flûte et guitare, qui ne paye pas de mine, mais dont on se souvient dès la première écoute



https://www.youtube.com/watch?v=_cX-rYGShXg

Tant que je suis dans les petites pièces : la berceuse du petit zébu, pour chœur de femmes

https://www.youtube.com/watch?v=wn2nZL9AOss

Voici les paroles

Fais dodo, dodo, dodo, dodo
Petit zébu
Au galop t'as tant couru
Que te voilà tout fourbu
Tu es, pauvre hurluberlu
Le plus sot de la tribu,
Le plus triste individu
Que j'ai jamais jamais vu.
Tu cours trop c'est défendu,
Tu prends chaud et tu t'enrhumes,
Tu veux sauter, sauter dans la lune.
C'est beaucoup beaucoup trop haut !
Tu es tombé sur le dos
Et tu t'es fait du bobo !
Ah ! mon Dieu, te voilà beau
Avec ta bosse sur le dos.

Fais dodo, dodo, dodo, dodo
Petit zébu
J'entends ton gros coeur qui bat
Mets ta tête au creux d'mes bras
Fais dodo ne pleure plus
Reste donc un peu tranquille
Et derrière tes longs cils
Ferme tes yeux d'imbécile
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2021-06-14, 19:22


https://www.youtube.com/watch?v=VJM2EpTlftA
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https://musiqueclassique.forumpro.fr
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2021-08-12, 09:39

Voici un CD intéressant, assez ancien (1993, je ne l'avais jamais vu) avec des morceaux symphoniques

Jacques Ibert (1890-1962) Bookle15

Jacques Ibert (1890-1962) Back25

J'en copie le commentaire


Après sa formation musicale au Conservatoire de Paris auprès de Gabriel Fauré et André Gédalge, dont le second eut également pour élèves Arthur Honegger et Darius Milhaud, et des études complémentaires avec Paul Vidal et Nadia Boulanger, Jacques Ibert s'installe à l'Académie de France à la Villa Médicis à Rome, institution dont il a occupé le poste de directeur de 1937 à 1960. Pendant la seconde guerre mondiale, après avoir servi comme officier dans la marine française, il rentre à Rome. Plus tard, sans démissionner de son poste à la Villa Médicis, il prend le poste de directeur de l'Opéra de Paris de 1955 à 1956 et est nommé cette dernière année à l'Institut de France.

La personnalité et l'œuvre d'Ibert frappent par leur grande liberté artistique et la variété des styles. Compositeur dont le style se situe quelque part entre le néo-impressionnisme, les tendances néo-classiques et modernes, il a produit une liste impressionnante d'œuvres, comprenant des opéras, des ballets, des partitions de scène et de film, des compositions symphoniques, de chambre et vocales. Il peut être considéré comme un véritable représentant musical de l'esprit de Paris, bien que certaines de ses œuvres les plus sérieuses révèlent une facette plus cosmopolite de sa personnalité. Son talent orchestral fait de lui un représentant majeur, mais aujourd'hui encore relativement inexploré, de la musique française du XXe siècle.

Dans une interview, Ibert a donné quelques indications sur sa méthode de travail : « Dans chacune de mes œuvres, il y a un choc émotif qui m'a donné le point de départ de l'inspiration, mais ce choc n'est utile que s'il peut devenir une véritable émotion. Si cela arrive, mon attitude n'est pas de ressentir passivement cette émotion, mais de la maîtriser et de la recréer en conséquence". Son credo artistique, il l'exprimait ainsi : « Ce que j'aime faire, c'est ce que les autres n'aiment pas... J'évite tout schéma théorique dont je pourrais devenir l'esclave et n'écris que selon les exigences de ma propre sensibilité : la vérité dans l'art est ce qui touche et l'émotion a son propre temps illimité".


La Ballade de la Géole de Reading

Des sourcils se seraient levés à l'Opéra Comique en 1937 à l'idée d'un ballet se déroulant à Reading Gaol, sans parler de l'auteur du poème qui a inspiré le ballet et du contexte de ses expériences personnelles en tant que forçat. La façon dont Jacques Ibert a compris et transmis le message humanitaire d'Oscar Wilde avec son récit émouvant de la rudesse de la prison, dominée par l'histoire d'un homme qui a assassiné sa bien-aimée, a étonné et impressionné ce premier public contre toute attente.

Ibert a conçu à l'origine La Ballade de la Geôle de Reading comme un poème symphonique, écrit l'œuvre entre 1920 et 1922. La première représentation a eu lieu le 22 octobre 1922 aux Concerts Colonne de Paris, sous la direction de Gabriel Pierné, à qui elle est dédié.

La première œuvre symphonique d'Ibert, bien que toujours influencée par Debussy, Ravel et Dukas, est une partition extrêmement mature et puissante, magistrale dans son orchestration. C'est un triptyque, construit sur des thèmes modaux. Dans la première partie, le cor anglais introduit le thème principal, puis développé en quatre sections. La prison et ses habitants sont décrits, avec un contrepoint conduisant à des variations d'un motif plus expansif et urgent, à identifier avec les désirs et les souvenirs angoissés du meurtrier. Un interlude étrange pour clarinette, harpe et célesta, avec une écriture transparente à cordes, suggère la "petite tente de bleu" dans le poème de Wilde, et ce nouveau motif est développé avec le matériel existant en un point culminant dramatique, ne perdant jamais, ici comme ailleurs, un caractère à prédominance lyrique. La deuxième partie est marquée par la folie et la terreur. Une Sarabande sur un rythme à sept temps est d'abord développée d'une atmosphère mystérieuse à une ambiance de plus en plus dramatique, renforcée par des trémolis d'horreur, des glissandi, des harmoniques et des effets col legno en une Gagliarde à 6/8 presque désespéré, utilisant toutes les forces de l'orchestre. La troisième partie peut être considérée comme un épilogue, dans lequel l'atmosphère sombre de la prison est ramenée à son paroxysme, un incessant cri de pitié proclamé par tout l'orchestre. Il se dissout dans une ambiance impressionniste, comme au début, dans laquelle des sentiments d'espoir pour la pitié humaine dans ce monde peuvent finalement être entendus dans les réminiscences paisibles de clarinette basse et de cor anglais du deuxième motif. La Ballade est écrite pour trois flûtes, double bois à vent avec cor anglais, clarinette basse et contre basson, quatre cors,


Trois Pièces de Ballet (Les Rencontres)

Les Trois Pièces d'eBallet, Les Rencontres, ont été inspirées moins spécifiquement que les Variations Enigma d'Elgar de 25 ans auparavant. La mère d'Ibert, mélomane et sculptrice, tenait chez elle un salon d'art où se réunissaient intellectuels et amis du monde. Ibert décide de mettre en musique quelques-uns de ces hôtes caractéristiques, d'abord dans un ensemble de cinq pièces pour piano qu'il appelle les Rencontres, écrites en 1921-22. Deux ans plus tard, il les orchestre et intitule une sélection de trois numéros Trois Pièces de Ballet. Pour toute représentation scénique, la chorégraphie était laissée à l'imagination de quiconque se souciait de mettre en scène l'œuvre, comme le fit Nijinska à l'Opéra de Paris en 1925. Le présent enregistrement utilise la suite de concert en trois parties. Trois Pièces de Ballet préfigure ce mélange coloré et spirituel de néo-classicisme et de style music-hall des années 1920 que le compositeur recréera plus tard plus spécifiquement dans son ballet La Licorne (ou Le Triomphe de la chasteté). Alors que Les Bouquetières et Les Bavardes se cachent derrière des formes de danse classique, Les Créoles se dévoilent comme un tango délicat. Rendre hommage à Ravel ne passe pas inaperçu, notamment dans certains éclats des Bavardes qui rappellent La Valse. Dans ce troisième mouvement de type scherzo, le rythme est un 5/8 contagieux mais souvent changeant. L'œuvre s'ouvre sur une courte intrada pour trompettes lointaines et percussions. Bien qu'il soit écrit pour un grand orchestre symphonique, comprenant du cor anglais, trois bassons, deux harpes et des percussions, il contient des passages suggérant plutôt la légèreté d'un ensemble de chambre.


Féérique

Féerique est un court poème symphonique, dans la tonalité de mi majeur, composé à Houlgate dans le Calvados en 1924 et également créé sous la direction de Gabriel Pierné. Encore une fois, il s'agit d'une orchestration d'une composition pour piano antérieure. Comme son titre le révèle, Féerique nous fait entrer dans un monde féerique et est orchestré en conséquence. Ambiance impressionniste, en commun avec une grande partie de la musique d'Ibert de cette période. Il contient une section centrale de caractère semblable à un scherzo, atteignant un point culminant lors de la récapitulation, dans laquelle le thème lyrique original réapparaît, culminant dans un tutti brillant et rythmiquement affirmatif. Les derniers glissandi de harpe signalent la rupture du charme. Les forces orchestrales employées sont presque identiques à celles des Rencontres.


Chant de folie

Découverte passionnante parmi les premières compositions d'Ibert, Chant de Folie s'inspire des horreurs de la guerre que le compositeur a lui-même vécues dans sa jeunesse. Il a été achevé en 1923-24 et dédié à Sergey Koussevitzky, qui l'a exécuté avec l'Orchestre symphonique de Boston en 1925. Henri Büsser était responsable de la première représentation à Paris un an plus tard. Ce fut le dernier envoi de Rome d'Ibert, selon les termes du Prix de Rome, après la Ballade de la Géole de Reading, Escales, Féerique et Les Rencontres.

Cette mise en scène courte et dramatique pour chœur mixte et grand orchestre symphonique est basée sur un rythme de marche implacable et vigoureux. Au début tonal, les harmonies s'épaississent et augmentent en dissonance. Un épisode central chanté par un groupe séparé de quatre sopranos et deux contraltos, avec les paroles du poème de Radot (voir ci-dessous, Chanson de la folie) sur la vocalise du reste des voix féminines du chœur, est d'un caractère plus visionnaire, mais est repris par l'atmosphère cauchemardesque initiale, où le chœur chante sans paroles, comme au début, remontant jusqu'à un paroxysme dramatique. La syncope joue un rôle important dans cette œuvre et le temps 4/4 principal est parfois interrompu par l'intervention de 2/4 ou 3/4, où la dissonance apporte une suggestion de chaos, élément d'avant-garde à l'époque. Il semble qu'Arthur Honegger aurait adoré cette pièce. Chant de Folie est écrit pour un grand orchestre symphonique comprenant percussions, glockenspiel et deux harpes.


Suite Élisabethaine

La musique d'Ibert pour le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, une découverte intéressante, complète dignement la musique de la pièce de Mendelssohn. Le compositeur a compilé la suite de sa partition pour une représentation marseillaise de la pièce en 1942. Quatre de ses mouvements sont des adaptations néo-classiques de pièces de compositeurs anglais élisabéthains ou post-élisabéthains, John Blow (Prélude), John Bull (Entrée), Orlando Gibbons (Cortège) et Henry Purcell (Finale). Un thème anglais supplémentaire, le son de Big Ben, est cité avec humour dans Dancerie. Dans la partition, il est écrit, pour la première fois seulement, ECEG au lieu d'ECDG, mais le matériel orchestral a été corrigé par des musiciens qui ont compris le sens de l'humour d'Ibert. Une enquête plus approfondie montre un air suspicieusement russe dans l'épisode central de la finale. Les mouvements qui n'ont pas de source antérieure sont de saveur plus romantique ou moderne et comprennent, dans Chanson des fées dirigée par un solo de soprano, et Nocturne, un petit chœur vocal de femmes. L'ensemble de la suite est un mélange virtuose de styles, y compris celui du compositeur lui-même. La partition fait appel à un plus grand ensemble de chambre à vent composé de deux flûtes, hautbois, cor anglais, deux clarinettes, clarinette basse, deux bassons, avec trois cors, trois trompettes , trombone, percussions, harpe, célesta et un petit ensemble à cordes de six violons et trois altos.

La Suite Elisabéthaine d'Ibert peut prendre place aux côtés d'autres suites orchestrales des années 1920 de style ancien, comme l'Antiche Danze ed Arie de Respighi et la Pulcinella de Stravinsky.
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2021-08-13, 10:46


Je vais bientôt découvrir de nouvelles oeuvres de Jacques Ibert, grâce à un album que je me suis procuré il y a peu et qui contient:

__Symphonie concertante pour hautbois et orchestre à cordes - David Walter: hautbois,
__Capriccio pour cordes, petite harmonie et harpe - Berthile Huguet-Fournier: harpe,
__Le Jardinier de Samos, Suite pour six instruments,
__Suite Symphonique "Paris" pour percussions, piano, célesta, harmonium, xylophone, cinq vents et cordes.
Par l'Ensemble Instrumental Jean-Walter Audoli sous la direction de celui-ci.

Je suis assez confiant et heureux de pouvoir un peu approfondir l'oeuvre de Jacques Ibert, comme je l'avais par exemple fait avec Charles Koechlin.
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2021-08-13, 17:21

Je me rends compte que j'ai oublié de placer un extrait du CD dont je parle ci-dessus Laughing

Voici par exemple le Chant de Folie, une œuvre poignante avec chœur



https://www.youtube.com/watch?v=BvLg3Ualy8o


et dans un style tout différent, la Suite Elisabethaine



https://www.youtube.com/watch?v=TMhPM-CvF_0
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2021-09-10, 07:54

Icare a écrit:

Je vais bientôt découvrir de nouvelles oeuvres de Jacques Ibert, grâce à un album que je me suis procuré il y a peu et qui contient:

__Symphonie concertante pour hautbois et orchestre à cordes - David Walter: hautbois,
__Capriccio pour cordes, petite harmonie et harpe - Berthile Huguet-Fournier: harpe,
__Le Jardinier de Samos, Suite pour six instruments,
__Suite Symphonique "Paris" pour percussions, piano, célesta, harmonium, xylophone, cinq vents et cordes.
Par l'Ensemble Instrumental Jean-Walter Audoli sous la direction de celui-ci.

J'ai découvert ces quatre oeuvres hier soir. Ca faisait longtemps que Jacques Ibert était dans ma ligne de mire. Je connaissais déjà quelques oeuvres réunies sur un même album, j'en parle plus en amont, dont Escales qui demeure sans aucun doute l'oeuvre la plus connue du compositeur français. Il appartient aussi à une période de la musique française que j'aime beaucoup. D'ailleurs, ce nouvel album commence en beauté avec la Symphonie Concertante pour hautbois et orchestre à cordes. L'oeuvre se constitue de trois mouvements. J'en aime la teneur dramatique dans les cordes et le caractère un peu solaire du hautbois, avec sans doute pour moi une petite préférence pour le mouvement médium, même si cette Symphonie Concertante me captive en entier. Jacques Ibert confia: "Avec mon quatuor à cordes, la Symphonie Concertante est l'oeuvre que j'ai le plus longuement méditée." J'ai également apprécié le Capriccio qui suit, composé entre 1937 et 1938. Il emploie, parait-il, une de ces formations instrumentales réduites que Ibert affectionnait tant. Elle se compose d'une flûte, un hautbois, une clarinette, un basson, une trompette, une harpe et un quatuor à cordes. J'affectionne comme lui ces formations instrumentales dont j'apprécie volontiers le traitement qui en est fait ici.

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La suite pour six instruments Le Jardinier de Samos fut écrite pour la comédie de Charles Vildrac d'après un conte de Pierre-Edouard Lemontey (1762-1829). Entre 1924, date de sa composition, et le 5 février 1932, celle de la création de la pièce à la Comédie des Champs-Elysées, Jacques Ibert en avait extrait une suite qu'on entendit en première audition sous la direction de son ami Darius Milhaud le 16 février 1925 à la Société Musicale Indépendante. Ecrite pour flûte, clarinette, trompette, violon, violoncelle et tambourin, elle se constitue de cinq mouvements; une ouverture, un air de danse et trois préludes. D'une agréable légèreté, j'ai aussitôt été séduit par le caractère naturalistique de son ouverture. Ma plus grande surprise de tout l'album arriva avec le dernier opus tiré, lui aussi, de la scène. En 1930, Louis Jouvet montait au Théâtre Pigalle "Donogoo-Tonka" de Jules Romains. Voilà donc où se situe l'origine de la Suite Symphonique "Paris" qui emploie un instrumentarium éminemment moderne: percussions, piano, célesta, harmonium, xylophone, cinq vents et cordes. L'oeuvre se compose de six mouvements, regorge par ailleurs d'un sens réel de la fantaisie, de puissance mais aussi de légèreté, avec une pointe d'ironie et de gravité, de références aussi, un premier mouvement qui m'a évoqué la modernité d'un Stravinsky... Bref, j'ai été conquis avec cette oeuvre en particulier mais également l'album dans son entièreté que j'ai déjà hâte de réécouter. (compléments d'informations: Roger Delage)
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MessageSujet: Re: Jacques Ibert (1890-1962)   Jacques Ibert (1890-1962) Empty2021-09-10, 12:05

L'Ouverture de fête (1940) fut créée par la Société des Concerts du Conservatoire sous la direction de Charles Munch, le 21 janvier 1942. Personnellement, je l'avais découverte par l'Orchestre National de l'O.R.T.F. sous la direction de Jean Martinon, c'était quelque-part dans les années 1990, peut-être au début des années 2000 au plus tard. Il s'agit d'une belle interprétation. Artur Honegger manifesta une certaine admiration envers cette "Ouverture de fête", appréciant selon ses mots "le côté architectural, grandiose, de sa forme, la saveur et la force d'expression de ses thèmes et l'admirable sûreté de l'écriture orchestrale." Il se trouve que je n'en pense pas moins: c'est une musique pleine de sons et de vie, une oeuvre rayonnante, une grande fête symphonique fougueuse mais qui sait s'assagir grâce à d'irrésistibles moments de tendresse et de romantisme.  

Escales est un triptyque pour orchestre que Paul Daray créa le 6 janvier 1924 aux Concerts Lamoureux. Les sous-titres des trois mouvements; "Rome-Palerme/Tunis-Nefta/Valence" - "ne doivent être regardés que comme des indications qui situent une atmosphère plutôt qu'ils ne répondent à des intentions descriptives". Jean Roy mentionne aussi une allusion à l'Espana de Chabrier dans le troisième mouvement; "Valence". Il faudra que je confectionne un cycle qui s'articule exclusivement autour de compositeurs français tels que Chabrier justement, Ibert, Lalo, Koechlin, Auric, Honegger, Fauré... "Rome - Palerme" est un magnifique moment musical et sans aucun doute le plus célèbre du compositeur. Il y a ainsi des morceaux de musique qui touchent plus majoritairement les gens que d'autres. C'est vrai que cette Escale en particulier m'a toujours beaucoup transporté, dans une de ces émotions exquises qu'il m'est parfois impossible de décrire avec des mots. Les deux autres; "Tunis - Nefta" et "Valencia" sont également de très belles compositions.

Tropismes pour des amours imaginaires (1957) continue d'être à mes oreilles un total bonheur musical. Rien que son titre arrive déjà à me procurer des frissons. Il m'inspire romantisme et poésie autant que la musique elle-même. L'auteur du commentaire à l'intérieur de mon album, Jean Roy, pose la question: <<En intitulant "Tropismes pour des amours imaginaires", l'oeuvre orchestrale qu'il avait écrite en 1957, Jacques Ibert pensait-il à une chorégraphie? Elle se compose de neuf séquences volontairement contrastées, tantôt émues et lyriques, tantôt légères et ironiques ou se glissent diverses allusions musicales parmi lesquelles je devine un clin d'oeil à "Namouna"°°. Lalo, Chabrier, Ibert, n'appartiennent-ils pas à la même famille de musiciens français?>>

°°Namouna (6 mars 1882), musique de ballet d'Edouard Lalo, un ballet joué à l'Opéra sur un livret de MM. Nuitter et Petipa. Annoncé comme une œuvre de la "jeune école", ce ballet reçut un assez mauvais accueil d'une partie de la presse et des habitués de l'opéra. (Wikipédia)
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