Forum sur la musique classique
 
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  Jean-Louis ROBERT (1948-1979)

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Icare
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MessageSujet: Jean-Louis ROBERT (1948-1979)   Ven 1 Juil - 8:43

En mai 1979,un accident de voiture interrompait brutalement la vie et l'oeuvre de Jean-Louis Robert. Reste le souvenir prégnant de son rayonnement éminemment chaleureux,tout vibrant de la passion de découvrir,de recevoir,de transmettre,de communiquer par la musique et de l'ardeur d'éveiller à une société plus conviviale et respectueuse de chacun,fondée sur l'authenticité des rapports humains,dont témoigne une oeuvre multiforme,chatoyante,foisonnante de beautés sonores,d'une émotion et d'une densité bouleversantes,où s'affirme une voix d'une indépendance et d'une liberté souveraines,en ce sens qu'elle n'est inféodée par aucune école,à aucun système,à aucune mode. De là lui viennent sa pertinence et la pérennité de son actualité.

  Pianiste,compositeur,enseignant (à l'Académie de Nivelles,aux Ateliers du Centre de Recherches et au Conservatoire de Liège,etc...)
Jean-Louis Robert a su très tôt que la composition serait sa voie. En 1967,il assiste à un concert de l'Ensemble Musiques Nouvelles commenté et dirigé par Pierre Bartholomée,au programme duquel figure une oeuvre de Henri Pousseur. C'est la révélation d'une orientation. En octobre 1971,il s'inscrit à la classe de composition d'Henri Pousseur au Conservatoire de Liège. L'osmose entre les deux hommes sera immédiate que nombre de concepts rapprochent -- utopie sociétale,absence de tout ostracisme à l'encontre d'une quelconque forme de musique,volonté de décloisonnement des genres musicaux,des interprètes et du public... -- mais cette identité de vues ne fera jamais de Jean-Louis Robert un épigone de Pousseur,leur relation ayant toujours été de l'ordre de celle qui unissait Webern à Schoenberg. Amoureux fou de la musique de Sibelius,de celle de Mahler, dont on a plusieurs reprises,souligne combien la sienne était proche. Egalement fasciné par la répétitivité selon Steve Reich,fin connaisseur du langage d'Olivier Messiaen,dont il avouait l'influence sur sa propre musique (notamment par l'usage qu'elle fait de la percussion et des claviers),de la démarche de John Cage et de l'écriture d'Edgar Varese (dont découle en droite ligne l'alternance entre le hautbois et l'orchestre,qui ouvre Aqualitis),il découvre dans cette classe par le biais d'Icare obstiné,la technique du réseau,par laquelle Pousseur réintroduit la couleur harmonique dans la musique sans renoncer aux acquis sériels et qui sera à la base de la majorité de sa production.

___LE CERISIER ECLATE basé sur la chanson "Le temps des cerises",pour piano.
___INSTANT pour piano.
___AU BORD DU LAC pour voix et piano.
___CHAO-CHUN pour voix et piano.
___ICARE OBSTINE VOL III pour piano
___LE COIN D'ICARE, 11 petites pièces pédagogiques pour piano dont la "pensée" s'inspire de Debussy et Webern.
___D'ICARE A LIEGE, 3 pièces pour piano.
___CONTE DE VEILLEE DE NOUVEL AN pour piano.
___L'ARBRE SANS OMBRE sur 3 petits textes de Michel Butor,pour baryton et orchestre.
___CLAV ICAR,jeu pour stimuler l'improvisation destiné à tous les types de claviers et à au moins deux musiciens.
___LE SILENCE DE MICOCOULIER pour flûte et guitare.
___LE JARDIN DES CERCLES POUR TCHENG.
___ASCESE DE TRAVERSEE pour clarinette,piano et contrebasse
___AQUATILIS pour orchestre. I love you  I love you
___L'ARBRE DES SOURCES pour ensemble instrumental.
___L'ARBRE DES UTOPIES DECHIFFREES pour ensembles divers et chorales.
___LE VERGER PERDU pour choeur mixte et 4 voix principales ou pour choeur mixte et instruments.
___ANTIGONE pour petit ensemble et choeur d'hommes à l'unisson.
___L'HORIZON DES EAUX pour clavicorde amplifié et ensemble instrumental
___MIROIR DES SOURCES,pièce d'esprit mahlérien pour orchestre à cordes.
___LITHOIDE I,II,III,IV pour ensemble non déterminé.
___CALYCANTHE,bande magnétique construite à partir du mixage d'enregistrements de ses propres oeuvres.
___LITHOIDE V pour violoncelle.
___LITHOIDE VI pour violon
___LITHOIDE VII pour orgue et trompette
___LITHOIDE VIII pour quintette de cuivres I love you
___DOMINO pour piano et deux percussionnistes. I love you
___MILAREPA pour 4 percussionnistes.
___TAKSHASILA I pour clarinette.
___LITHOIDE IX,grand mobile pour hautbois que son décès causé par un terrible accident de voiture   a laissé inachevé.

 Je haie les voitures!


 Jean-Louis Robert (1948-1979). Mort à l'âge de 31 ans. Rolling Eyes


Dernière édition par Icare le Mar 14 Fév - 21:48, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Jean-Louis ROBERT (1948-1979)   Lun 15 Aoû - 19:56

" Ecrit pour Pierre Bartholomée et l'Orchestre Philharmonique de Liège, Aquatilis, première oeuvre symphonique de Jean-Louis Robert, fut créé à Liège par ses dédicataires, lors d'un concert qui suscita des passions contradictoires, une partie du public n'étant pas prête à admettre que l'on enfreigne les convention de la pratique musicale. L'oeuvre comporte treize sections disposées autour d'une symétrie centrale. La première et la dernière de celles-ci se jouent en l'absence du chef, la musique naissant imperceptiblement du prolongement de l'accord par l'émergence d'un solo de hautbois. Construite sur le contraste, << porteuse de couleurs et d'espoir humains >> (Henri Pousseur), cette partition qui atteste une présence importante des instruments à percussion et des claviers est aussi une confrontation enrichissante de musiques de diverses provenances; passages répétitifs à la Steve Reich, mélodies à la Olivier Messiaen, une citation du "Marteau sans Maître", une évocation du folk américain..."


J'ai toujours aimé cette oeuvre très moderne d'esprit et d'écriture mais disons qu'avec cette nouvelle écoute, j'avais l'impression de la découvrir réellement, d'en saisir en profondeur la poétique. Je pense même que AQUATILIS a de quoi séduire Pianoline. Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Jean-Louis ROBERT (1948-1979)   Mar 14 Fév - 22:14

Icare a écrit:
                                 " Ecrit pour Pierre Bartholomée et l'Orchestre Philharmonique de Liège, Aquatilis, première oeuvre symphonique de Jean-Louis Robert, fut créé à Liège par ses dédicataires, lors d'un concert qui suscita des passions contradictoires, une partie du public n'étant pas prête à admettre que l'on enfreigne les convention de la pratique musicale. L'oeuvre comporte treize sections disposées autour d'une symétrie centrale. La première et la dernière de celles-ci se jouent en l'absence du chef, la musique naissant imperceptiblement du prolongement de l'accord par l'émergence d'un solo de hautbois. Construite sur le contraste, << porteuse de couleurs et d'espoir humains >> (Henri Pousseur), cette partition qui atteste une présence importante des instruments à percussion et des claviers est aussi une confrontation enrichissante de musiques de diverses provenances; passages répétitifs à la Steve Reich, mélodies à la Olivier Messiaen, une citation du "Marteau sans Maître", une évocation du folk américain..."

Six ans, presque six ans, que je n'avais pas réécouté Aquatilis pour orchestre, par l'Orchestre Philharmonique de Liège sous la direction de Pierre Bartholomée. C'était intéressant pour moi de réécouter une des premières oeuvres contemporaines de style "moderne" que j'ai aimées, intéressant de voir si ma perception a changé. En réalité, non, elle n'a pas changé. J'aime déjà l'importance qui est donnée au hautbois solo, son errance au sein d'un contexte atonal jamais agressif, davantage une alchimie qui, par endroits, m'évoque la nature, l'eau biensûr comme le suggère son titre, mais aussi la forêt, les oiseaux...Il y a quand même un contraste qui se dessine nettement entre la fragilité d'un hautbois solitaire et aérien et un orchestre audacieux et cyclothymique. Ce qui m'a toujours surpris alors que l'on pense que l'oeuvre va poursuivre une logique atonale, au contraire, du moins temporairement, la musique glisse vers la tonalité, d'abord par les cordes puis par un usage particulier des cuivres. L'oeuvre finira par retrouver sa physionomie première et le hautbois réapparaîtra pour une fin toute en subtilité.
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Icare
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MessageSujet: Re: Jean-Louis ROBERT (1948-1979)   Mar 21 Fév - 19:49

___Lithoïde VIII pour quintette de cuivres est dédié à la mère du compositeur et a été achevé le 17 décembre 1977. Basée sur le réseau qui a servi à l'élaboration d'Aquatilis, cette partition ne comporte que peu d'indications d'interprétation - trop lent, aisé, très lent, lointain, fulgurant, emporté - et laisse aux interprètes le choix des tempi. Ses notes longues et fulgurantes la situent aux limites du jouable pour des questions de souffle, difficulté qu'accroît encore l'obligation de se coordonner sans chef. Afin de permettre la naissance du dialogue, une solution intermédiaire a été ici apportée par l'adjonction d'une direction.

Je suis toujours plus ou moins méfiant avec des oeuvres pour formations de cuivres car elles ne sont pas si nombreuses celles qui ne me suscitent aucun ennui durable. Lithoïde VIII fait partie des bonnes pioches. En la réécoutant ce soir, je lui ai trouvée un véritable charme, une dimension poétique insoupçonnée. Je pense que je ne l'ai jamais autant appréciée qu'aujourd'hui.

___Composé au début de 1978 et créé à Namur en mars 1979 par Georges-Elie Octors, Philippe Herr et Jean-Louis Robert, Domino est une pièce aléatoire écrite pour percussions (ou ensemble de percussions) et piano (ou ensemble de claviers). Dans la notice qu'il a rédigée, J. L. Robert précise que <l'oeuvre comporte sept parties composées d'un certain nombre de séquences; chacune de ces séquences s'éteint dans des résonances de crotales et chaque partie s'éteint elle-même dans des résonances de cloche-tube. L'ordre d'exécution des parties est laissé au choix des interprètes, et ceux-ci peuvent décider d'une sélection parmi ces parties. L'improvisation est donc un élément important de cette partition, et, pour cette raison, la partie de percussion est écrite à l'aide de symboles que le musicien doit interpréter. La partition lui propose des attitudes de réflexion, des débuts de dialogue ou de destruction de celui-ci. L'atmosphère de cette partition est très peu directive et comprend de grandes surfaces planantes.> La version (que j'ai écoutée ce soir) a été conçue pour un piano préparé par Piano Bartholomée et enregistrée dans la salle du Conservatoire de Liège, lors de l'hommage qui a été rendu à Jean-Louis Robert, le 22 octobre 1979.

J'avoue avoir eu un peu peur...une musique aléatoire où l'improvisation joue un rôle phare...Cela pouvait me préparer au pire et j'avoue ne pas avoir pu (ou su?) apprivoiser ce Domino d'un premier coup d'oreille le jour où je l'avais écoutée pour la première fois, et probablement pas la suivante non plus...Je ne sais plus trop. Ce soir, j'étais sans doute dans de très bonnes dispositions car l'alchimie a fonctionné. Il y a des combinaisons entre le piano préparé et les percussions qui m'ont paru très réussies. Comme quoi, que la musique soit baroque, classique, moderne, atonale ou aléatoire, c'est le talent du compositeur et des interprètes qui font la différence.
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