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 L'opéra-comique

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shanessean

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MessageSujet: L'opéra-comique   Sam 5 Sep - 23:04

Les débuts

Dès la seconde moitié du XVIIe les formes théâtrales brillent par leur qualité et leur diversité. Des troupes se forment, puis se spécialisent dans les différents genres dramatiques ou lyriques. Les troupes alors les plus en vue sont les Comédiens du roi de l'hôtel de Bourgogne, le Théâtre du Marais, la troupe de Molière, l'Académie royale de musique, la Comédie italienne...

Opéra et opéra-comique

L'opéra est né en Italie au début du XVIIe siècle du désir des humanistes de faire renaître la
tragédie grecque antique en l'adaptant à de nouveaux sujets. Lully imposera le genre à la cour en
l'adaptant au goût français. Des salles ouvertes au public reprendront le répertoire, mais quoi qu'il en soit, l'opéra restera toujours une forme musicale s'adressant à une élite, à un public nanti d'une
certaine culture. Il y aura donc de ce fait place pour des spectacles plus faciles d'accès et plus légers.

Cette place sera occupée par l'opéra-comique et plus tard l'opérette, que Saint-Saëns définira comme « une fille de l'opéra-comique qui a mal tourné ». Et d'ajouter pour adoucir ce que son propos pourrait avoir d'abrupt « mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agrément ». Ce serait toutefois une erreur de penser que l'opéra-comique n’est qu’un succédané d'opéras, une forme musicale mieux adaptée à l'attente d'un public populaire. Une plus grande facilité d'approche n'exclut pas nécessairement en effet la recherche d'une certaine profondeur et une parfaite maîtrise de l'écriture musicale. En outre, comme nous le verrons, opéra et opéra-comique ne procèdent pas de la même origine.

Du Théâtre de la Foire à l'Opéra-comique

Chaque année sont organisées à Paris deux foires annuelles : celle de Saint-Laurent et celle de
Saint-Germain. Outre les négociants qui y font leurs affaires, on croise des danseurs de corde, des
montreurs d'animaux, des jongleurs, de marionnettistes et des comédiens, ceux du « Théâtre de la
Foire ». Leur répertoire est fort varié : grosses farces, satires, parodies, dont l'originalité consiste en l'introduction au cours des différentes scènes parlées de couplets à la mode dont les paroles ont été adaptées.
Au fil du temps, la qualité de ces spectacles, tout en restant modestes (deux ou trois acteurs,
quelques instrumentistes) gagne en qualité, ce qui attire un public populaire, mais aussi la bourgeoisie d'affaires. Les autres troupes vont en prendre ombrage. De 1707 à 1762, le Théâtre de la Foire subira l'hostilité de la Comédie-Française notamment et la pression de l'Académie Royale de Musique qui n'hésiteront pas à intenter procès sur procès, obtenant parfois gain de cause. En 1714, cependant l'opéra-comique finit par être imposé par le roi en tant qu'institution, à partir de la fusion des troupes foraines. Le répertoire consistera dès lors en pantomimes et en pastiches n'empiétant sur le domaine ni de l'Opéra, ni de la Comédie-Française, gardiens entre autres, l'un des tragédies lyriques de Lully, l'autre des comédies de Molière.

La reconnaissance officielle va beaucoup aider à l'essor de ce genre nouveau fondé sur
l'alternance de scènes parlées et de scènes chantées. Mais c'est surtout l'action d'un directeur efficace Jean Monnet et d'un auteur débordant de talent Charles-Simon Favart qui va favoriser l'essor du genre.
La construction d'une salle sera même envisagée, là où se trouve actuellement le théâtre de l'Opéra- Comique à Paris (le théâtre actuel, du XIXe siècle est en réalité la troisième salle édifiée à cet emplacement),
En 1752, une aide inespérée est apportée au genre de l'opéra-comique : il se trouve soudainement placé, avec l'opéra, au centre d'un débat auquel participent artistes, écrivains, musiciens et qui oppose le « goût français » au « goût » italien, entendons par goût le style de musique. C'est la

représentation à Paris de l'opéra-bouffe (genre italien voisin de l'opéra-comique) : la Serva padrone(la Servante maîtresse) de Pergolèse, qui déclenche cette polémique à laquelle a été donné le nom de Querelle des Bouffons.
Les Français vont profiter de l’exemple italien en construisant désormais de vraies œuvres qui donnent une part beaucoup plus importante à la musique, et à une musique originale, les ariettes personnalisées remplaçant peu à peu les anciens vaudevilles qui servaient à tout. Mais le style français garde sa personnalité et continue à employer des dialogues parlés, au contraire du récitatif italien.

Opéra-comique ne signifie pas que l'œuvre sera comique et que le dénouement sera heureux mais il correspond à des œuvres où les scènes chantées alternent avec des dialogues parlés (avec des apartés au public). L’opéra-comique aborde des sujets de la vie quotidienne et n’hésite pas à faire référence à des sujets d’actualité.
Des ouvrages originaux commencent à paraître avec Les Troqueurs d’Antoine Dauvergne (1753), Annette et Lubin – sur un livret de Favart mis en musique par Benoît Blaise, Johann Paul Aegidius Martini, Jean Benjamin de La Borde et Pierre Alexandre Monsigny (1762) –, ouvrages qu’on appelle alors opéras-bouffons. Mais, au moment où ce style commence à se faire bien connaître et où le vaudeville cède définitivement la place à l’ariette, l’Académie royale de musique, en 1766, rappelle ses privilèges, et le théâtre de la Foire va être définitivement absorbé par la Comédie-Italienne. De là va naître l’opéra-comique français, " une pièce en dialogue parlé, entremêlée de chansons originales ". Ce pourrait être la définition de la future opérette, ce ne l’est pas, dans la mesure où cet opéra-comique se tourne vers la comédie pastorale, le drame bourgeois ou... mythologique, et la sensiblerie de la fin du XVIIIe siècle ; André Modeste Grétry triomphera dans ce genre.
Rien ne reste du style de la Foire, que nous verrons réapparaître dans l’opérette classique : ni l’ironie, ni l’impertinence, ni le refus total de se prendre au sérieux.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: L'opéra-comique   Dim 6 Sep - 4:41

Merci Hadrien pour ce petit rappel historique! Wink
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: L'opéra-comique   Dim 6 Sep - 10:03

Très intéressant, merci Hadrien.
En fait, j'ai longtemps cru - comme beaucoup je crois - que l'opéra-comique et l'opéra bouffe était chou vert et vert chou ... Embarassed
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joachim
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MessageSujet: Re: L'opéra-comique   Lun 7 Sep - 10:45

Cette nuance entre opéra et opéra comique s'applique surtout à partir du début du 19ème siècle (en Allemagne l'opéra comique s'appelle Singspiel : par exemple la Flûte Enchantée). Mais la règle n'est pas absolue, car Fidelio de Beethoven, par exemple, est bien classé parmi les opéras, pourtant il y a des parties parlées.

Différence également entre opéra bouffe et opérette : l'opéra bouffe est toujours drôle alors que l'opérette est quelquefois triste : Le Pays du Sourire de Franz Lehar.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: L'opéra-comique   Lun 7 Sep - 10:52

D'ou l'expression se faire une bonne bouffe! Hehe
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: L'opéra-comique   Lun 7 Sep - 19:09

joachim a écrit:
Le Pays du Sourire de Franz Lehar.

C'est dans notre abonnement cette année ... il y avait très longtemps que je ne l'avais vu !
Mais, ce n'est pas nécessairement ma tasse de thé ! Embarassed
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joachim
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MessageSujet: Re: L'opéra-comique   Lun 7 Sep - 19:37

Bel Canto a écrit:
joachim a écrit:
Le Pays du Sourire de Franz Lehar.

C'est dans notre abonnement cette année ... il y avait très longtemps que je ne l'avais vu !
Mais, ce n'est pas nécessairement ma tasse de thé ! Embarassed

Il est en version française ?

Pour moi, c'est l'opérette de Franz Lehar que je préfère (bien avant la Veuve joyeuse, le Tzarevitch, etc)
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: L'opéra-comique   Lun 7 Sep - 19:46

C'est en version française en effet - une grande chance sera d'avoir un tout bon ténor : Marc Laho (un Liegeois qui plus est !)
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shanessean

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MessageSujet: le livret des opéras bouffes   Sam 9 Oct - 17:06

Les livrets de opéras comiques:
On peut en discuter longtemps et je ne veux pas faire de polémique. Mais d'abord il faut souligner que quelques uns, je le reconnais, sont niais et simplistes et parfois mal écrits.
MAIS... il y a eu des librettistes très valables, qu'il serait trop long de détailler. Des musiciens comme Monsigny, Dalayrac, Boieldieu (la Dame blanche), Auber (Le domino noir), Rossini (la fille du régiment) , Grétry, Ambroise Thomas, etc., etc. on eu cette chance de pouvoir en profiter. La Fontaine a même inspiré des opéras à Grétry, Sedaine, même Feydau ou Labiche, sans oublier les géniaux Meillac et Halévy.
Dans l'opéra comique, il y a une "pièce de théâtre", disons, qui raconte l'histoire. D'où l'importance du choix des chanteurs. autre problème, n'est-ce pas Snoopy.
Ensuite il y a des "airs" ou "ariettes" qui ne font pas avancer l'histoire mais brodent dur les thèmes que l'on vient d'exposer. Donc sans les parties parlées on ne comprend rien à l'histoire.
J'ai signaler, il y a quelque temps, un petit chef d'oeuvre : "Maître Parthelin" de François Bazin. Je ne sais plus qui (excusez-moi) a fait remarqué qu'on ne comprenait absolument rien à l'histoire. C'est justement l'illustration de ce que je viens d'écrire: les dialogues sont indispensables (+ou-) si on veut suivre l'histoire. Etr ils sont parfois drôles comme dans "Le médecin malgré lui" de Gounod, dont les paroles sont de Molière, excuser du peu.
Voilà je pense avoir expliquer comme je pouvais.
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Snoopy
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MessageSujet: Re: L'opéra-comique   Sam 9 Oct - 21:41

hadrien76 a écrit:
D'où l'importance du choix des chanteurs. autre problème, n'est-ce pas Snoopy..

En effet!
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