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 Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)

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joachim
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MessageSujet: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Mar 22 Avr - 19:15

Louis Théodore Gouvy est un compositeur français, né à Goffontaine (actuellement un quartier de Sarrebruck en Allemagne) le 3 juillet 1819 et mort à Leipzig le 21 avril 1898. Il est enterré à Hombourg-Haut en Lorraine.

Né en Sarre peu après qu'elle fut devenue prussienne en 1815 suite à la bataille de Waterloo et au traité de Paris, Gouvy fut prussien de naissance alors que deux de ses frères aînés (nés à Goffontaine antérieurement encore en France) furent français. Il fut scolarisé au collège de Sarreguemines puis au lycée de Metz. Il étudia le Droit puis la musique à Paris. Le Conservatoire de Paris lui demeurant fermé, en raison de sa nationalité prussienne, il suivit des cours privés avec Antoine Elwart et Carl Eckert. Il se perfectionna ensuite au contact des musiciens de Francfort, Leipzig, Berlin où il rencontra entre autres Franz Liszt. Il séjourna ensuite à Rome. Il ne put accéder à la citoyenneté française par naturalisation qu'à 32 ans.
Gouvy vécut et écrivit longtemps à Hombourg-Haut en Moselle chez son frère maître des forges. Il fut un homme de double culture, française et allemande, d'où il tira son inspiration, sa particularité et sa force, devenant finalement un européen avant l'heure. Bien qu'il y fut connu et reconnu de son vivant, il tomba quelque peu dans l'oubli après sa mort.
Hector Berlioz a écrit dans le Journal des Débats du 13 avril 1851 « Qu'un musicien de l'importance de M. Gouvy soit encore si peu connu à Paris, et que tant de moucherons importunent le public de leur obstiné bourdonnement, c'est de quoi confondre et indigner les esprits naïfs qui croient encore à la raison et à la justice de nos mœurs musicales. »
Hélas, Berlioz n'y changea rien et Gouvy resta largement ignoré jusqu'à la fin du XXe siècle. C'est toute l'action entreprise dans sa région la Lorraine et la redécouverte de son Requiem, avec son vigoureux Dies iræ, qui le fit sortir à nouveau de l'ombre en 1994.
Gouvy fut membre de l'Académie des Beaux-Arts en France et de l'Académie royale de Berlin.


Œuvres principales

Bien que son œuvre comporte plus de deux cents compositions, dont 90 opus publiés de son vivant, elle demeure méconnue. Il a notamment écrit vingt-quatre compositions pour grand orchestre, dont neuf symphonies, des ouvertures et des variations. La musique de chambre y occupe une très grande place et compte notamment quatre sonates en duo, cinq trios, onze quatuors, sept quintettes, un énorme répertoire pour piano — à deux et quatre mains — et pour deux pianos, plusieurs partitions pour ensembles à vents, ainsi que de très nombreuses mélodie et des Lieder. On connaît aussi cinq grandes cantates dramatiques — Aslega, Œdipe à Colone op 75, Iphigénie en Tauride op 76, Électre op 85 et Polyxène op 88 —, deux opéras — Le Cid et Mateo Falcone — ainsi que des grandes œuvres religieuses, dont un Requiem op 70, un Stabat Mater op 65, une Messe brève op 72 et la cantate Golgotha.
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Mer 18 Mar - 9:10

http://www.jpc.de/jpcng/cpo/detail/-/art/Louis-Theodore-Gouvy-Symphonien-Vol-1/hnum/5508686

Voilà qui devrait en interesser plus d'un. Prochaine sortie du vol I d'une integrale des symphonies
de ce compositeur qui m'interesse depuis longtemps à plus d'un titre.......
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Jean

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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Mer 18 Mar - 10:19

En effet!!...merci JPC ...et merci Feleo..de nous le signaler!
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joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Mer 18 Mar - 19:36

Une intégrale certainement très intéressante. Je n'ai entendu que la 6ème, elle m'avait beaucoup plu.

Il y a peu, sur France Vivace, on passait des après midis consacrés à Gouvy. J'ai ainsi pu écouter pas mal d'oeuvres, dont : outre la 6ème symphonie op 87, la Sinfonietta op 80, le grand Requiem op 70, le quintette à cordes op 55, le trio op 19, les cantates Egyll op 86 et Le Printemps op 73, la Sonate à quatre mains op 22, etc.

Pas une seule ne m'a déplu. Encore un qui devrait être redécouvert Wink
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Jeu 2 Avr - 11:31

Ca y est je l'ai commandé.... Wink
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joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 3 Avr - 19:19

feleo a écrit:
Ca y est je l'ai commandé.... Wink

Bravo ! Tiens nous au courant Wink
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joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Jeu 30 Avr - 22:36

Catalogue des oeuvres :

§1 Orchestre :

・Symphony(No.1) Op.9 <1845>
・Symphony(No.2) Op.12 <1848>
・Symphony in B minor
・Symphony(No.3) in C major Op.20 <1850>
・Symphony in D minor Op.25 <1855>
・Symphony(No.5) Op.30 <1868>
・Short Symphony Op.58 <1855>
・Symphony(No.6) Op.87<?>
・? 6 Symphonies ? <1861-1868>
・Symphonietta in D major Op.80 <?>
・Serenade for String Orchestra Op. 11<?>
・《Le Giaour》 Overture Op.14 <?>
・《Le Festival》 Overture <?>
・4 Pieces for String Orchestra <?>
・Jeanne d'Arc (ouverture de concert) <1858>
・Danse Suédoise(from‘tirée de l'Otteto Op.71’) <?>
・Funeral March for organ and Orchestra <?>
・Variations for Orchestra on Theme of Scandinavia <?>
・Fantasie Pastorale for Violin and Orchestra<?>
          
   
  §2 Musique de chambre :

・Trio for Piano and Strings No.1 Op.8 <1844>
・Trio for Piano and Strings No.2 Op.18 <1847>
・Trio for Piano and Strings No.3 Op.19 <1855>
・Trio for Piano and Strings No.4 Op.22 <1858>
・Trio for Piano and Strings No.5 Op.33 <1860>
・String Quartet in E minor <1848>
・String Quartet in D major <1848>
・String Quartet in A minor <1848>
・String Quartet in B major <1855>
・String Quartet No.1 Op.16-1 <1857>
・String Quartet No.2 Op.16-2 <1857>
・String Quartet No.3 Op.56-1 <1872>
・String Quartet No.4 Op.56-2 <1873>
・String Quartet No.5 Op.68 <1874>
・String Quartet in G minor <1886>
・String Quartet in G major (restitution:Pierre Thilloy) <1888>
・String Quintet in E minor <1869>
・String Quintet No.1 in G major Op.55 <1870>
・String Quintet in B minor <1871>
・String Quintet in B flat major <1872>
・String Quintet in D minor <1873>
・String Quintet in D minor 2nd version <1879>
・String Quintet in A minor <1880>
・Serenade(Piano Quartet) Op.31 <1865>
・Quintet for Piano and Strings Op.24 <1861>
・Duettos for Violin and Piano Op.34 <?>
・Duettos for Violin and Piano, Op.50 <?>
・Sonata for Violin and Piano Op.61 <1873>
・Decameron - 10 Pieces for Cello and Piano Op.28<1860>
・6 Duettos for Cello and Piano <1872-1876>
・Sonate in G for Clarinet and Piano Op.67 <1875>
・Impromptu for Cello and Quartet <1878>
・Octet No.1 Op.71 <1879>
・Octet No.2 in G minor <1884>
・Septuor(Septet) inedit dedie a Paul Taffanel<1887>
・Sérénade vénitienne <1884?>
・Le Nonetto <1883>
・Petite Suite Gauloise Op.90 <1888

   
  §3 Piano :

・2 Studies for Piano Op.1 <1842>
・20 Serenades for Piano <1855>
・Divertissement for 2 Pianos <?>
・Sonata for Piano Op.29 <?>
・Sonata for Piano 4 Hands in D minor Op.36 <?>
・Sonata for Piano 4 Hands in C minor Op.49 <1869>
・Sonata for Piano 4 Hands in F major Op.51 <1869>
・Variations on a French Theme for Piano 4 Hands Op.57<?>
・6 Morceaux for Piano 4Hands Op.59 <?>
・Scherzo and Aubande for Piano 4Hands Op.77 <?>
・Ghribizzi Op.83 <?>
           
   
  §4 Oeuvres chorales :

・12 Choeurs for Men's voice Op.23<1860>
・Stabat Mater Op.65 <1875>
・Requiem Op.70 <1874>
・La Religieuse <1875>
・Asléga <1876>
・La Calvaire <1877>
・Missa Brevis Op.72 <1882>
・Le Printemps(Fruhlings Erwachen)Op.73 <1878>
・Golgotha <?>
・Oedipus in Colonna Op.75 <1880>
・Iphigenie en Trauride Op.76 <1883>
・Elektra Op.85 <1886>
・Egille Op.86 <1886>
・Polyxéne Op.88 <1894>
・Fortunato <1896>
・Le dernier Hymne d'Ossian <?>
・Didon

§5 Opéras :

・Le Cid <1853>
・Mateo Falcone <?>  
         
   
  §6 Mélodies :

・Gondoliera Op.2 <1842>
・6 Songs after Moritz Hartmann Op.21 <1857>
・20 German Poems Op.26 <?>
・40 Poèmes de Ronsard Op.37,41,42,44 <1876>
・Songs and Sonnets by Desportes Op.45 <1867>
・La pléiade francaise Op.48 <1876>
・Que dites-vous, que faites-vous, mignonne? <1866>
・Regrets <1866>
   

Source : http://bach21.fiw-web.net/Besso/2008/Gouvy_Works.html
         
 
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joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Dim 17 Mai - 18:20

LES GOUVY, FORGERONS ET COMPOSITEUR

Si l'histoire des Gouvy est celle d'une famille dont on peut trouver l'origine au 15ème siècle, et dont l'arbre généalogique s'épanouit jusqu'à notre époque, c'est aussi celle d'une entreprise qui, souvent menacée par le sort, a su toujours renaître pour exister encore de nos jours (même si elle n'est plus gérée actuellement par la famille, elle en porte toujours le nom). L'obstination de la famille Gouvy eut à chaque fois raison des défaites, des annexions et fit vivre pendant plus de deux siècles son industrie qui aurait pu mourir maintes fois.
C'est encore celle d'un coin d'Europe particulièrement défavorisé : ce secteur Sarre-Lorraine, placé sur le chemin des invasions, partagé et repartagé tant de fois entre deux cultures.
C'est également celle d'un compositeur prénommé Théodore, dont les dons musicaux ne semblent rien devoir à ses ascendants paternels, qui se contentèrent de fabriquer de bons aciers : pourtant sa vie et son itinéraire resteront fortement imprégnés par celle de sa famille de Maîtres de forges.

D'origine wallonne, la famille Gouvy est venue s'installer en 1735 en Sarre française. Appartenant à l'aristocratie métallurgique, elle posséda rapidement plusieurs forges disséminées dans la région. Très lié au prince de Nassau-Sarrebrück, Pierre-Joseph Gouvy, conseiller de sa Majesté Louis XV, et "maire ancien et mitriennal de la ville et communauté de Sarrelouis", fonda la forge de Goffontaine en 1751, en laissant la direction à son fils Henry puis à son petit-fils, également prénommé Henry.
Fils de ce dernier et de Caroline Aubert, benjamin de quatre frères, Louis Théodore est né le 3 juillet 1819 à Goffontaine (aujourd'hui Schafbrücke, un quartier de Sarrebrück).
Son enfance s'écoula jusqu'à l'âge de 8 ans paisiblement à Goffontaine. Ce hameau perdu, uniquement composé de la forge, dela maison familiale et de quelques maisons où vivaient les ouvriers et les employés, n'offrait guère de distractions.
De ce temps date pour Théodore cette préférence pour l'existence solitaire où seule sa mère trouvera véritablement place, mais également son goût pour la nature, la chasse et surtout pour la musique pour laquelle, dès l'âge de 6 ans, ses dispositions furent remarquées lorsqu'il improvisa des variations sur une petite harpe à sept cordes, cadeau de son oncle.
Sans doute comme ses frères, Théodore passa-t-il, outre ses études, quelque temps dans la forge familiale qui connut de sérieuses difficultés à la mort précoce de leur père et fut l'objet de nombreuses convoitises de concurrents peu scrupuleux, mais là n'était visiblement pas sa vocation. Dans les annales de la famille Gouvy, nous avons trouvé cette citation :"des quatre frères, l'aîné se consacra à une entreprise de roulage, le second partit pour les Etats-Unis, le plus jeune ne rêvait que de musique, tous s'en remettaient à Alexandre, le troisième, pour reprendre le flambeau paternel".
Travaillant le jour au bureau, puis à la forge le soir et jusqu'au milieu de la nuit, Alexandre rejoint par son frère aîné Henry, mit tant d'ardeur et de passion à redresser l'affaire familiale, que celle ci reprit rapidement son essor.
Prussiens par naissance, contre leurs grés, alors que leurs frères aînés étaient nés français, les vies d'Alexandre et de Théodore resteront très étroitement liées, leur premier souci commun étant de retrouver la citoyenneté française.
Théodore dès sa première lettre à sa mère, laissant entendre ses projets d'avenir, devait déclarer à ce sujet "je me demande souvent ce que je ferai après avoir fini mes études. N'étant pas français, tout mon avenir roule sur l'espoir d'être naturalisé un peu plus tôt que ne le prévoit la loi, car s'il fallait attendre jusqu'à 31 ans pour devenir français, pour être quelque chose, j'aimerais mieux jeter la robe aux orties. Dans ce cas, je préférerais me faire commerçant, ce qui ne me sourit guère, ou artiste, dussiez vous en rire tous, oui artiste, quoique ce soit un chétif état lorsque l'on n'a que cela pour vivre".
A l'abri du besoin du fait de la reprise d'activité des forges dont sa part d'héritage l'avait rendu actionnaire, Théodore pût se consacrer entièrement à l'art musical.
Après l'échec d'études de droit auxquelles il ne portait aucun intérêt, mais que sa mère estimait nécessaire s'il voulait jouer un rôle dans l'affaire familiale, il décida de devenir compositeur, au grand désespoir de toute sa famille qui rejeta d'abord cette décision : une opposition heureusement de courte durée, et bientôt Théodore put se livrer en toute liberté à l'étude de la musique, devenue un ardent choix existentiel.

Paradoxalement, français de coeur et d'éducation, mais étranger par sa naissance, l'enseignement officiel, les concours et les grands prix lui sont interdits. Peu lui importe, car ce faisant fort de réussir malgré tout, il décide de se former auprès des plus grands maîtres de la capitale.

Séparé des siens par ses études et de nombreux voyages à l'étranger, d'abord pour parfaire ses connaissances et rencontrer les grands maîtres de l'époque, puis pour suivre l'éxécution de ses oeuvres, Théodore revint le plus souvent possible à Goffontaine car il avait besoin de se retremper dans l'ambiance familiale et retrouver ce cadre paisible qui lui rappelait son enfance. A partir de 1857, sa mère étant subitement menacée de perdre la vue, la correspondance échangée depuis vingt ans avec son fils, du même coup, est arrêtée. Théodore ne s'éloignera jamais très longtemps de sa mère qui fut sa véritable confidente et à laquelle il vouait une affection des plus touchantes. Son frère Alexandre s'étant marié et fixé à Hombourg-Haut où il venait d'acquérir l'ancienne forge De Wendel, seul Henry resta à Goffontaine pour faire marcher l'usine.

L'année 1868 fut celle de deux évènements d'une importance capitale :
Le premier fut le 21 avril, un coup cruel et une perte irréparable, la mort de sa mère bien-aimée, Caroline Aubert, décédée à Goffontaine à l'âge de 76 ans. Goffontaine lui devenant alors odieux, il s'installa chez son frère Alexandre dans la magnifique maison que celui-ci avait fait construire à Hombourg-Haut. C'est là qu'il passa plusieurs mois avant de se rétablir, et qu'il composera entre autres, six ans après la mort de sa mère, son Requiem opus 70, qu'il lui dédiera entièrement. Cette oeuvre est d'ailleurs marquée d'une grandeur et d'un sentiment profondément religieux auquel le souvenir de sa mère n'est pas étranger. C'est aussi dans cette maison où il retrouve une ambiance familiale qui lui faisait tant défaut, qu'il reviendra tous les ans dorénavant pour y passer une grande partie des trente dernières années de sa vie. C'est là aussi que le destin des deux frères se retrouve mêlé dans un combat où avec le même zèle, l'un défend ses forges, et l'autre sa musique.
Le second évènement fut la consécration officielle des talents de Théodore que les critiques et les officiels reconnaissent enfin comme l'un des compositeurs qu'honorent les plus grands musiciens de son temps.

Théodore qui avait touché sa part de la vente des forges de Goffontaine en 1873, n'eut pas besoin de sa musique pour vivre, laissant le fruit de celle-ci le plus souvent à des musiciens nécessiteux. S'il a pu vivre du produit des forges, sans doute en fut-il à sa manière également un promoteur. Son nom, connu dans la haute société française et de nombreux pays européens, aura permis certainement à sa famille des contacts autres que musicaux. L'exposition universelle de Paris en 1878 devait d'ailleurs honorer la famille Gouvy pour ses deux activités : la musique et les aciers. L'exécution de la 3ème symphonie en ut, opus 20 de Théodore donnée au palais du Trocadéro lors de son inauguration le 18 juin 1878 représenta un succès souligné par les louanges de C.M. Widor, alors critique du journal "L'Estaffette", tandis qu'une belle fête du travail célébra le record de productivité et la nouvelle médaille d'or obtenue par l'usine qui y exposait.
Si Alexandre s'est donné tout entier à la tâche qu'il avait assumée, celle de Maître de Forges et a consacré toute sa vie à l'entreprise, Théodore a voué la sienne à la musique? Consacré Maître parmi les compositeurs, joué dans toute l'Europe et même au-delà, les plus grandes distinctions lui furent décernées. Une correspondance abondante démontre ses liens d'étroite amitié et ses relations suivies avec les plus grands compositeurs du 19ème siècle.
Le premier fut en fait le reconstructeur de l'oeuvre familiale.
Le second fut le fondateur d'une nouvelle passion des Gouvy : la musique. Au point que son neveu Léopold (fils benjamin d'Alexandre et d'Henriette), sous le pseudonyme d'Opol Ygouw (mort en 1968), nous réserve la surprise d'un compositeur également attachant.
C'est cette nouvelle passion de la famille qui a permis à ses descendants de conserver précieusement tous les documents qu'ils ont pu rassembler à la mort de leurs ancêtres et de nous en faire part. Sans ces traces soigneusement conservées nous permettant d'établir l'histoire, que resterait-il réellement ?
A part quelques lignes, souvent approximatives voire même inexactes dans certaines encyclopédies musicales et dictionnaires spécialisés, quelques rares oeuvres jouées sporadiquement, qui connaissait Théodore Gouvy, ce compositeur que Berlioz avait su reconnaître dès 1851 !
Retracer la biographie de Théodore Gouvy et emprunter ses itinéraires de voyage, les succès qu'il rencontra, l'estime et l'affection des grands qui surent reconnaître son talent, ne permet certes pas de comprendre pourquoi son oeuvre est encore dans les catacombes de l'histoire de la musique.

Article signé "Sylvain Teutsch", Président du Choeur d'Hommes de Hombourg-Haut, Président de l'Institut Théodore Gouvy, qui se trouve dans le livret accompagnant le coffret de 3 CD édité chez K617 à l'occasion du centenaire de la mort de Gouvy.
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Lun 18 Mai - 17:09

Dire que son oeuvre est tombée dans les catacombes de l'histoire est ,je trouve, un peu exagéré.
Gouvy commence a refaire surface . Quant à la qualité de son oeuvre , j'ai reçu le Cd inaugurant
une intégrale de ses symphonies . La 3 et la 5 : dire que cela ne m'a pas emballé plus que ça est un
euphémisme....C'est très joli , l'orchestration est extrèmement mendelssohnienne ,les thèmes sont
agréables . Mais je n'y ai pas trouvé le souffle et la "nervosité" de Mendelssohn...
Je suivrait quand même cette intégrale car Gouvy m'interesse par la variété de son catalogue.
Mais je recommande ce CD à ceux qui ont aimé les symphonies de Raff , Rubinstein...et je sais
que c'est le cas de certains d'entre vous .
Wink


Dernière édition par feleo le Mar 19 Mai - 15:37, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Mar 19 Mai - 9:56

feleo a écrit:
Dire que son oeuvre est tombée dans les catacombes de l'histoire est ,je trouve, un peu exagéré.
Gouvy commence a refaire surface .

Quand l'article ci dessus a été écrit, c'était avant le centenaire, donc vers 1997, et à cette époque Gouvy était effectivement inconnu (j'en ignorais moi même jusqu'au nom). C'est à l'initiative de la commune de Hombourg-Haut (en Moselle, près de St Avold) où ont résidé les Gouvy que Theodore est enfin sorti de l'oubli.

Parmi les symphonies, je n'ai encore écouté que la sixième, celle ci m'a beaucoup plu. Je suis étonné que tu n'aimes pas celles que tu as reçues...
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Mar 19 Mai - 16:39

joachim a écrit:

Parmi les symphonies, je n'ai encore écouté que la sixième, celle ci m'a beaucoup plu. Je suis étonné que tu n'aimes pas celles que tu as reçues...

Ben oui ,pourtant tu as bien vu mon enthousiasme pour le commander .
Depuis de nombreuses années je lis toutes sortes de bouquins de musique , et ,en fin de compte à force de les lire je connais pratiquement tous les noms des compositeurs par coeur avec au mieux leurs dates et une idée plus ou moins précises de leur catalogue ,au pire leurs époques et leurs domaines ; le Grove a été pour moi un puit de connaissances sur les compositeurs .Avant 1994
je me contentais du Honegger et du Riemann que je trouve un peu maigres maintenant.
Mais c'est sur le Honegger que j'ai trouvé pour la première fois le nom de Gouvy et un aperçu
de son catalogue (on peut dater ça du début des 80's), et depuis j'attendais une parution des
symphonies de Gouvy .Ma déception est peut-être proportionnelle aux années d'attentes...
Il faut que reécoute .
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Jean

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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 11 Sep - 22:47




Symphonie 3 et 5 que je découvre et que j'aime bien surtout la 3!
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joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Dim 13 Sep - 12:46

Je ne connais pas encore ! Reconnaissons que CPO est vraiment incontournable quand on veut connaître du nouveau ! (ou alors Naxos à ne pas oublier);
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MessageSujet: www.institut-theodore-gouvy.com   Ven 9 Juil - 11:29

Bonjour à toutes et à tous,

De nombreuses informations sur le compositeur Théodore Gouvy sur notre site internet:

www.institut-theodore-gouvy.com

Possibilité d'acheter les cd et partitions en ligne.

Bonne visite :-)

Cordialement,

Institut Théodore Gouvy
Villa Gouvy
1, rue de la gare
57470 Hombourg-Haut

institut.gouvy@wanadoo.fr
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Icare
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 9 Juil - 11:46

C'est super d'avoir créé ce lien ici sur THEODORE GOUVY,compositeur que je ne connais encore que de nom et duquel je ne serai par quoi commencer: Peut-être son REQUIEM ou ses SYMPHONIES. Il y a sûrement de belles choses à découvrir comme chez VINCENT D'INDY que je connais très peu,par le biais d'une oeuvre tout au plus.


Dernière édition par Icare le Jeu 9 Juin - 7:25, édité 1 fois
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Mer 8 Juin - 23:42

Les 27, 29 puis 31 mai 2011, l'Opéra Théâtre de Metz Métropole assure enfin la création de l'opéra de Théodore Gouvy (1819-1898), Mateo Falcone, inspiré de la nouvelle éponyme de Mérimée: chef d'oeuvre de concision expressive et dramatique, la partition en moins d'1 heure de temps suit la violence saisissante du sujet...

Intéressant reportage sur classiquenews
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http://vitabella.sosblog.fr/index.htm
joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 14 Oct - 12:22

Un très beau CD de musique de chambre :





Le quintette opus 24 est certainement l'une des plus belles oeuvres de chambre de l'époque, sutout avec son larghetto absolument envoûtant.




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ysov

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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 14 Oct - 21:10

Ses symphonies sont pas si mal, même si en effet, il y a des réminiscences mendelssohniennes mais le souffle un peu en moins. J'aime beaucoup cependant son oeuvre vocale, comme son Requiem et sa Cantate Le Printemps, ainsi que sa musique de chambre, comme son Qintette pour piano, 2 violons, alto et violoncelle Op.24 et son Quatuor à cordes
Op.68. J'aime aussi ses mélodies d'après Ronsard et Desportes. Tout cela est dispo avec le label K 617.
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ysov

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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 14 Oct - 21:12

joachim a écrit:
Un très beau CD de musique de chambre :





Le quintette opus 24 est certainement l'une des plus belles oeuvres de chambre de l'époque, sutout avec son larghetto absolument envoûtant.





Ah tiens! Durant la rédaction de mon message tu as pensé à ce disque en même temps. Laughing
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joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 14 Sep - 15:17

Les deux premières symphonies que l'on trouve sur ce CD sont d'inspiration germanique plus que française : on dirait presque du Beethoven. Gouvy est décidément un compositeur très intéressant et scandaleusement oublié des salles de concert.



Et pour rappel celui ci, des symphonie 3 et 5 :



J'espère que l'intégrale va être poursuivie, car ça en vaut la peine !

Son catalogue semble bizarre, car il n'y a pas de symphonie n° 4, mais une symphonie non numérotée entre lea 3 et la 5. Il y a une 6ème, et encore deux autres non numérotées ! Donc 9 au total.



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Icare
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 14 Sep - 17:10


Ca ressemble beaucoup à Beethoven, vraiment? Il n'a pas un style qui lui est propre, où l'on se dit: "Tiens! Ca sonne comme du Gouvy?
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joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 14 Sep - 18:16

Icare a écrit:

Ca ressemble beaucoup à Beethoven, vraiment? Il n'a pas un style qui lui est propre, où l'on se dit: "Tiens! Ca sonne comme du Gouvy?

Si, si Gouvy c'est Gouvy Wink Bien que si l'on écoute une de ses symphonies pour la première fois sans connaître l'auteur, on ne pense pas forcément à lui. Mais j'aime bien les comparaisons qui donnent (un peu) une idée de style...
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Bel Canto
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Mer 12 Juin - 12:36

paru le 28 mai 2013 chez CPO

Interprètes :
La Grande Société Philarmonique Kantorei Saalouis
Joachim Fontaine, direction
Benjamin Hulett, Polynice
Vinzenz Haab, Œdipe
Christa Ratzenböck, Antigone
Ivan Ludlow, Thésée

« Wagnérien » ne définit pas – au XIXe siècle – une série de principes techniques identifiés ou une esthétique précise, mais plus généralement un goût pour le « bizarre », le « scientifique » et le « moderne ». C’est parce que la musique de Wagner heurte l’esprit français et s’oppose à la conception du théâtre lyrique comme lieu de distraction qu’elle est assimilée hâtivement à un style choquant : celui de la « musique de l’avenir » qui prône la « mélodie infinie ». Mais connaît-on bien Wagner à Paris ? Certes non, car il faudra attendre la création de Lohengrin en 1891 pour que l’Opéra affiche longuement une œuvre du maître.
Avant cela, les scandales successifs du Vaisseau fantôme (1841) et surtout de Tannhaüser (1861) eurent finalement des répercussions bien plus politiques que musicales. Il n’empêche que le « wagnérisme », entendu cette fois comme démarche artistique, va connaître un engouement après les années 1880 qui se développe tant dans les milieux huppés de la capitale française (le voyage à Bayreuth tenant du parfait snobisme) que dans les salons artistiques avant-gardistes.
On oublie toutefois qu’il existe un juste milieu entre le chauvinisme français et le wagnérisme militant, c’est celui d’un « germanisme » modéré comme l’illustre parfaitement Théodore Gouvy, lui qui composera en pleine tourmente wagnérienne des pages où demeure l’esthétique de Mendelssohn et de Schumann, nimbée de quelques effluves brahmsiennes.

sur le site 'Le Palazzetto Bru Zane'

J'en écoute des extraits et cela me fait penser à un compositeur français mais je n'arrive pas à dire lequel (Bizet - Les pêcheurs de Perles ? ou bien Gounod ? en tout cas pas Wagner ... ).  C'est très intéressant en tout cas avec une très belle interprétation : le français des chanteurs est très compréhensible.
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Jeu 11 Juil - 10:40

Je viens d'écouter avec délectation les symphonies. Dire que j'aime, ce n'est pas assez fort...
Cela s'écoute si facilement que j'en suis resté comme dans un rêve.
Merci à celui qui a ressorti Gouvy des oubliettes, et à Joachim de nous l'avoir présenté. Mains
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joachim
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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   Ven 5 Juin - 19:56

Un autre enregistrement de sa 2ème symphonie, complété par les Paraphrases symphoniques, et surtout par une très belle Fantaisie symphonique, qui me plaît peut-être encore plus que la symphonie, cette fantaisie de 25 minutes est tragico-romantique, peut-être un peu schumanienne, pour se faire une idée. Très beau CD !



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MessageSujet: Re: Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)   

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Louis-Théodore Gouvy (1819-1898)
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