Forum sur la musique classique
 
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  Nicolas ERRERA (Errèra)

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Icare
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MessageSujet: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2013-12-19, 18:16

Introduction personnelle

L'erhu est un instrument à cordes traditionnel chinois qui m'a toujours fasciné. Âgé de plus de mille ans, on plante ses origines en Asie Centrale ou en Mongolie. On lui trouve d'ailleurs une grande similitude avec un instrument mongol appelé "mâtou". L'erhu apparaît également dans la musique de cinéma, notamment chinois. Tan Dun, par exemple, l'emploiera dans Tigre et Dragon. Nicolas Errèra, quant à lui, en fait un usage plein de sensibilité dans Shaolin, un film de Benny Chan. Il me touche au coeur dans les instants les plus romantiques de la partition, dans "Little Girl" et "Epilogue", deux délicieuses mélodies magnifiquement transcendées par l'erhu. Outre cette touche chinoise, les percussions jouent également un rôle important avec plus ou moins d'efficacité. Elles sont l'aspect viril et guerrier de la partition. Deux autres thèmes se démarqueront du lot; "Encouragements" grâce à des cordes très enlevées, et "The Duel", caustique, celui-ci!   Nicolas ERRERA (Errèra) 333455 I love you 

Eléments biographiques (source Wikipedia)

Nicolas Errèra est un compositeur français, né en 1967 à Paris.
Cofondateur des groupes de musique électronique Grand Popo Football Club et Rouge Rouge, il compose également de nombreuses bandes originales pour le cinéma et la télévision. Enfant unique, Nicolas Errèra est issu d’une famille d’artistes : son père est auteur de théâtre, sa mère décoratrice. Adolescent, il intègre la troupe du metteur en scène anglais Peter Brook ; il joue 3 pièces de théâtre sous sa direction. Il passe un baccalauréat scientifique puis fait des études de philosophie. En parallèle de ses études, il suit des cours de piano et de composition à l'École normale de musique de Paris avec pour professeurs Serge Petigirard (pour le piano), Max Deutsch (pour la composition) et Laurent Petitgirard (pour la composition de musique de film). Il reçoit un prix de composition. Il suit aussi des cours d'harmonie et de contrepoint avec la compositrice Jeannine Richer. Un peu plus tard, il participe à la classe de musique acousmatique au Conservatoire national supérieur de musique et de danse. C'est là qu'il découvre une autre manière de composer, basée sur la dématérialisation de la source sonore : musique avec ordinateur, synthétiseur... Cela lui ouvre l'esprit vers un nouveau terrain artistique.
L’originalité de ses compositions vient de son goût pour l’éclectisme, le mélange des genres, l'assemblage de textures et la recherche de la mélodie. Il crée une musique composite, à la fois savante, sensible et accessible. Son univers musical passe de la musique classique au trip hop, et de la musique concrète à l’electro. En 1998 il fonde le groupe d’électro Grand Popo Football Club2 (avec Ariel Wizman) et en 2002 le groupe Rouge Rouge (avec Jean Croc). Ces groupes sont apparentés au mouvement de la French touch. Grâce au succès de ses chansons "Each Finger Has An Attitude" , "Les hommes", "c’est pas des mecs bien" ou "L’Amour", il parcourt les clubs et salles de concert du monde entier. C’est naturellement qu’il vient à la musique de film. Tout en étant au service du film sur lequel il travaille, il essaie à la fois d'exprimer une sensibilité classique, mélodique, et d'apporter des sonorités et des émotions plus contemporaines (sons électroniques, sons concrets, design musical…). Sa filmographie très variée en tant que compositeur, ainsi que son parcours musical, reflètent son attachement à la composition d'une musique empreinte de diversité et de mélange.




Dernière édition par Icare le 2021-09-26, 19:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2014-02-21, 09:47

Ce que j'apprécie chez Nicolas Erréra et plus précisément dans sa musique, c'est son sens, non seulement de la mélodie qui fait mouche, mais aussi de sa manière assez personnelle de construire des thèmes intéressants et accrocheurs, sans que le résultat final ne soit dépourvu d'une certaine consistance, d'un minimum de profondeur. Je le trouve également assez habile dans sa façon d'employer les sons électroniques et de les allier avec de véritables instruments. Toutes ces qualités se retrouvent dans la partition qu'il composa pour le film d'animation Nocturna, la nuit magique. La principale trouvaille est le fabuleux thème principal qui a cette importante faculté de retenir d'emblée l'attention par une construction mélodique astucieuse et bien troussée et dont les quelques reprises sont toujours les bienvenues. Mais d'autres passages musicaux, d'autres thèmes, ne déméritent pas et révèle un musicien inspiré, créatif, parfois ingénieux, qui fait ce qu'il sait faire et le fait très bien, avec sensibilité et un certain savoir-faire.  Nicolas ERRERA (Errèra) 333455


Dernière édition par Icare le 2019-05-13, 22:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2016-10-24, 19:29


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Parmi les musiques légères que j'ai réécoutées ces derniers temps, il y a celle que Nicolas Errèra composa pour le film de Frédéric Jardin; Cravate Club, B.O. par laquelle j'avais découvert ce compositeur, courant 2002, et qui demeure ma préférée parmi tout ce que je connais de lui. Le thème principal est une petite merveille, Plage 3 sur le disque.
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MessageSujet: Re: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2021-09-26, 21:20


Décidément, je ne quitte pas le domaine de la composition pour l'image et consacre désormais un cycle de deux portraits "non croisés", le premier au compositeur français Nicolas Errèra et le suivant au compositeur britannique d'origine italienne Dario Marianelli. Nicolas Erréra représente pour moi un héritier plus ou moins direct d'un genre "easy listening" et d'une certaine variété instrumentale de qualité parus entre les années 1950, 60 et début 70. Il est un peu, à mes oreilles, l'enfant spirituel (un) de personnalités musicales telles que Les Baxter, Henri Mancini, John Barry, Burt Bacharach, Martin Denny..., peut-être aussi quelques italiens de ces périodes-ci. Ennio Morricone, entre les années soixante et soixante-dix, a aussi composé pour différentes comédies ou satires de ces musiques légères que l'on peut aisément qualifier de "easy listening". Pour commencer, j'ai souhaité réécouter la bande originale qu'il composa pour Cravate Club (2002), un film français réalisé par Frédéric Jardin. C'est la musique par laquelle j'avais découvert ce compositeur. Ce n'est pas de la "grande musique" au sens où tout mélomane digne de ce nom l'entend habituellement: il est vrai que ces derniers mois j'ai pas mal abandonné les Monteverdi, Haydn, Bach, Mozart, Beethoven, Schubert, Stravinsky et compagnie..., mais c'est pour mieux y revenir plus tard me souffle mon petit doigt! Toujours est-il que cette musique de Cravate Club exerce depuis la première écoute un pouvoir magnétique sur moi. Il y a notamment le thème principal (troisième plage sur l'album) qui revient plusieurs fois - ça aurait été scandaleux s"il y en n'avait eu qu'une version unique! - qui m'est magique. Si je l'écoute, il ne me quitte plus, au point qu'au moment où j'écris ces lignes j'ai déjà envie de le réécouter, et même la B.O. entière qui, de toute façon, n'est pas très longue. Il y a comme ça des thèmes musicaux charismatiques qui m'obsèdent, me hantent, me possèdent presque pendant un long moment après l'écoute. Finalement, la seule cravate que j'aime porter est celle de Nicolas Errèra. Very Happy

 Nicolas ERRERA (Errèra) Cravate-club

Bernard et Adrien sont associés dans un cabinet d'architectes. Leur mode de vie est si opposé qu'aucune rivalité ne saurait ternir leur complicité, jusqu'au jour où, tenu de se rendre au dîner mensuel de son club, l'un des deux ne peut assister au quarantième anniversaire de son ami.
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MessageSujet: Re: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2021-09-27, 19:26

Parmi les potentielles influences, j'aurais pu citer dans une certaine mesure François de Roubaix. J'ai pensé à lui lorsque j'écoutais le troisième extrait de la bande originale du film de Philippe Muyl, Le Papillon (2002) que j'ai découvert juste après Cravate Club, la même année. C'est surtout une construction mélodique qui m'a fait penser à François de Roubaix, l'allusion m'ayant toujours paru évidente sur ce coup-là. Dans sa musique pour le film de Patrick Timsit, Quelqu'un de bien, également de 2002, il y a bien un morceau qui m'évoque le style décontracté d'un Burt Bacharach, un son de trompette assez caractéristique notamment, n'empêche que Nicolas Errèra arrive toujours à tirer son épingle du jeu en sachant personnaliser sa musique, lui conférant un cachet, un son, une fantaisie qui est la sienne. Pour le compositeur, Le Papillon est un film qui réunit deux personnages aux deux extrémités de la vie, un vieil homme prénommé Julien, interprété par Michel Serrault, et une petite fille Elsa, sous les traits de Claire Bouanich: c'est à la fois l'ultime voyage d'un homme et le tout premier d'une petite fille. Errèra imagina alors une musique faite de naïveté et de fraîcheur, non pas tournée vers le spectaculaire, mais davantage vers la nature qui les entoure, tout en évoluant avec elle, et les sentiments qui les animent. J'avais vu ce film au cinéma lors de sa sortie et j'y avais trouvé beaucoup de fraîcheur et d'humanité. La partition s'articule autour du piano, des cordes (souvent en pizzicati) et des percussions. En réalité, c'est surtout le piano, extrêmement mélodique, qui retient toute mon attention. Je ne dirais pas qu'il représente l'enfant ni le vieil homme, davantage la complicité qui s'établit entre eux. De sa partition pour Quelqu'un de bien, je retiens surtout deux morceaux: "La danse de la charogne" avec cette flûte entêtante, quasi-viscérale, et "La poursuite des deux frères", qui est aussi une danse, plutôt moderne  mais avec des petits relents de clavecin (ou proche du clavecin) qui m'évoque une musique légère des années 1960-70. C'est comme avec l'arrangement "bacharachien" du standard "La belle vie", chanté par Sacha Distel: le voilà complètement réactualisé, à base de sons et de rythmes des années 2000.

 Nicolas ERRERA (Errèra) Hqdefault

Synopsis - Le Papillon: "Elsa, une petite fille délaissée par sa mère, décide de suivre à son insu Julien, un septuagénaire passionné de papillons à la recherche d'une espèce toute particulière, l'Isabelle."

Synopsis - Quelqu'un de bien: "Pierre et Paul sont frères et ne se parlent plus depuis des années. Mais quand Pierre découvre qu'il est malade et qu'il a un besoin urgent d'une greffe de foie, son frère s'avère être le seul donneur possible.
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MessageSujet: Re: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2021-09-28, 19:09


L'outremangeur (2003):

Synopsis: "160 kilos de chair et de volonté, alliés à une intuition magistrale, font du commissaire principal Séléna, interprété par Eric Cantona, une figure du SRPJ de Marseille. Inspirant crainte et respect, il ne semble avoir qu'un seul ennemi capable de l'abattre : lui-même. Fasciné par une très belle jeune femme, Elsa (Rachida Brakni), qu'il sait coupable du meurtre de son oncle, Victor Lachaume, l'un des plus importants armateurs du port, il propose un étrange marché: contre son silence, il exige qu'elle vienne dîner chez lui tous les soirs pendant un an. Révoltée par la perversité de la situation, Elsa se plie tout de même à ce rituel imposé.

Pour le rôle de la musique dans ce film, le réalisateur Thierry Binisti explique qu'il savait d'emblée que son apport serait décisif, que le film se trouverait par et grâce à elle. Dans l'absolu, il fut bloqué sur le choix du compositeur. Avec son monteur, il a tout d'abord commencé par construire l'image, par échafauder une structure où s'entremêlent le réel et la fantasmagorie, le présent et le passé, l'enfance et l'âge adulte. Dans l'esprit de Binisti, la musique devait servir de guide inconscient au spectateur, lui tendre la main pour le faire basculer d'un univers à un autre, d'un temps à un autre. C'est à dire à la fois l'emmener dans l'onirisme et le faire redescendre sur terre, dans une intrigue policière qui ancre le film dans la réalité, qui le fait progresser... Il lui fut alors conseillé un jeune compositeur de 36 ans qui avait déjà (ou seulement, c'est selon...) composé trois musiques de films avant de travailler sur L'outremangeur:
__Les Frères Soeur,un film français réalisé par Frédéric Jardin (2000)
__Cravate club, un film de Frédéric Jardin (2002)
__Le Papillon, un film de Philippe Muyl (2002)
L'outremangeur est classé parmi les drames, peut-on le considérer assez justement comme un film romantique sur fond d'intrigue policière...C'est en tout cas ce que le synopsis m'inspire. Je n'ai pas encore vu ce film. Le thème principal n'a rien de drôle. Plutôt mélancolique et un peu balourd dans ce qu'il exprime, il m'évoque la fatalité ou un état qui s'en rapproche. En écoutant ce morceau, je ressens une expression qui hésite en permanence entre le malaise et le mal-être...le mal-être de Séléna et le malaise d'Elsa...?... Lors de la première écoute...ou des toutes premières écoutes...je n'avais pas trop aimé ce thème musical, avec piano, percussions et cordes, que je trouvais un peu trop pâteux, balourd. En même temps, il me semblait si bien décrire le personnage du commissaire principal Richard Séléna...J'ai fini par l'adopter: c'est ce mélange de mélancolie et de fatalité qui a fini par gagner mon adhésion. D'autres morceaux plus tendres et romantiques assouplissent certainement des dîners, des regards, des confrontations peu banales entre un policier obèse et la meurtrière présumée. Sur disque, ils apportent une alternative attendrissante face à l'implacabilité du thème de "L'outremangeur". Un autre morceau que j'aime bien - l'ai aimé d'emblée celui-là, prend l'allure d'un jazz lancinant et cafardeux que n'aurait pas renié un Angelo Badalamenti. C'est celui qui, entre le réel et la fantasmagorie, enracine le polar dans le réalisme urbain.
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MessageSujet: Re: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2021-09-28, 20:30

Je ne connais pas l'Outremangeur, mais les morceaux que l'on trouve sur youtube ne m'ont pas tellement emballé...

Ce film, avec Eric Cantona devrait me plaire, car j'aime beaucoup Cantona en tant qu'acteur comme dans Le bonheur est dans le pré, avec Michel Serrault, Jacques Villeret et Eddy Mitchell, les Enfants du Marais (aussi avec Michel Serrault, et Jacques Villeret) et plusieurs téléfilms comme la série des Voyageur.

Pour en revenir à Nicolas Errera, j'ai beaucoup aimé la musique du Papillon, ce film tendre d'amitié entre une petite fille et Michel Serrault (qui soit dit en passant était un acteur extraordinaire dans ses vieux jours, bien loin de la Cage aux Folles).



https://www.youtube.com/watch?v=qcvglLAm_gM
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MessageSujet: Re: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2021-09-28, 22:23

joachim a écrit:
Ce film, avec Eric Cantona devrait me plaire, car j'aime beaucoup Cantona en tant qu'acteur.

Je ne pense pas avoir vu un seul film avec Eric Cantona, toutefois dans les extraits que j'ai pu voir dans différents rôles qu'il a tenu, dont L'outremangeur, je trouvais qu'il dégageait quelque-chose, avait une présence, une prestance. Sinon, côté musique, si j'aime bien celle qu'il composa pour Le Papillon, un bien joli film soit dit en passant, j'ai quand même une petite préférence pour celle de L'outremangeur. Nicolas Errèra changea complètement de registre lorsqu'en 2007 il mit en musique Nocturna, la nuit magique, un long métrage d'animation franco-espagnol de Víctor Maldonado & Adrià García. C'est un dessin animé relatant une intrigue fantastique et poétique destinée à un jeune public.

Synopsis: Tim est un petit garçon qui vit dans un orphelinat. Un soir, Tim remarque l'absence de son étoile. Partant à sa recherche, il va bientôt découvrir un monde magique aussi incroyable qu'insoupçonné qui évolue chaque nuit pendant que tout le monde dort. Mais ce monde est en danger...



Là encore, il a ce sens de la mélodie, la mélodie heureuse, celle de "Nocturna"! C'est peut-être même ma mélodie préférée de Nicolas Errèra: le fameux thème de Cravate Club, c'est plutôt un style, une ambiance, une mélodie aussi bien sûr...Ma B.O. fétiche du compositeur...Mais pour en revenir au thème de "Nocturna", sa construction mélodique m'enchante et m'émeut tendrement. Je sens qu'elle m'entraîne vers un monde fantastique. Tous les éléments qui jusque là m'accrochent dans la musique de Nicolas Errèra se retrouvent dans la partition qu'il composa pour le film d'animation Nocturna, la nuit magique. Plus d'une trentaine d'extraits musicaux sur un album qui environne les 45 minutes supposent beaucoup d'échantillons, sans compter qu'ils sont entrecoupés par quelques succincts dialogues du film, rien d'excessif. En effet, rien d'indigeste, l'album s'écoule facilement avec toutes les fantaisies sonores qui en découlent. Certes, la principale trouvaille est le fabuleux thème principal qui a cette divine faculté de retenir d'emblée mon attention par un traitement mélodique hors-pair qui ne peut me laisser indifférent. C'est une fleur musicale ouverte aux cieux qui revient plusieurs fois, pas trop cependant, au point de rendre l'album trop répétitif. Aucun risque: une diversité d'humeurs musicales ravit l'oreille. La lassitude ne montre jamais sa moue. D'autres thèmes, d'autres combinaisons instrumentales apportent de la fantaisie à cette bande originale. Réjouissant.
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MessageSujet: Re: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2021-09-29, 19:29

Le shakuhachi est un magnifique instrument que j'ai découvert par le biais de la musique de film, une en particulier: Iceman du compositeur australien Bruce Smeaton (1984), et pratiquement dans la même période, Ran de Toru takemitsu (1985). Bien sûr, j'avais été fasciné par l'emploi très japonais qu'en fit le maître nippon, ce déchirement viscéral qui semble s'extraire des entrailles de la terre...Mais j'avais également été émerveillé par l'emploi profondément lyrique et même romantique qu'en avait fait Smeaton, au sein d'une écriture orchestrale très occidentale. Je ne sais pas si c'est exagéré d'évoquer un emploi contre-nature du shakuhachi, toutefois, si sa "violence" dans Ran me fascine et me fascinera toujours, le lyrisme exacerbé du shakuhachi dans Iceman me sera toujours fortement émouvant. Pourquoi je raconte ça? Parce que le shakuhachi qui ouvre la bande originale (sur album) de Shaolin a en lui de ce romantisme, de ce tendre lyrisme qui le rapproche davantage de Iceman que de Ran. Ceci dit, hormis le thème d'ouverture, le shakuhachi n'est pas l'instrument qui hante cette B.O. de Nicolas Errèra. Il y a une panoplie de percussions, des grosses à celles qui ont une sonorité asiatique. Il y a aussi un superbe erhu qui intervient sur deux perles, deux purs diamants mélodiques: "The little girl" et "Epilogue". Dans le premier titre, l'erhu sort, lui aussi, de son registre habituel et adopte une technique d'écriture plus occidentale. Le soliste Guo Gan se prête au jeu avec beaucoup de dextérité et de sensibilité. "The little girl" est un morceau qui me touche beaucoup. Certes, j'adore l'erhu car sa sonorité m'est très émouvante, mais ce n'est jamais suffisant. Je connais des morceaux avec erhu qui me laissent presque indifférent. Ce thème de Nicolas Errèra serait également très beau s"il était joué par un autre instrument. L'épilogue me fait carrément fondre et le duo erhu/piano fonctionne à merveille. La mélodie - de caractère plus asiatique - me touche encore plus que celle de "The little girl". Elle est de ces bijoux musicaux qui parviennent à me mettre la larme à l'oeil. Elle me fait mentir lorsque j'écris que mon thème mélodique préféré de Nicolas Errèra est "Nocturna" de Nocturna, une nuit magique. Non, ce n'est plus vrai! Mon thème préféré est l'épilogue de Shaolin (2011). Dans cette B.O., il y a un autre extrait que j'aime beaucoup, il s'intitule "Redemption".

Shaolin, la légende des moines guerriers est un film de Benny Chan:

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Synopsis: En 1920, les seigneurs de la guerre s'affrontent pour le contrôle des provinces chinoises. Ivre de pouvoir, le général Hou Chieh planifie l'assassinat de son rival, le général Sung Hu. Mais il est trahi par son second, le commandant Tsao Man. Echappant de justesse à la mort, Hou Chieh se réfugie au temple de Shaolin où il devient moine. Jusqu'au jour où son identité est découverte. Devenu un tyran, Tsao Man ordonne le siège du temple afin de capturer son ancien mentor.
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MessageSujet: Re: Nicolas ERRERA (Errèra)    Nicolas ERRERA (Errèra) Empty2021-09-29, 23:09

Je termine ce cycle-portrait consacré à Nicolas Errèra par la bande originale de Mountain Cry (2015) avec, en bonus, quatre extraits de My other home (2017). Il s'agit de deux films réalisés par Larry Chang. Toutes ces musiques réunies sur un même album m'étaient jusqu'alors totalement inédites. Avec Mountain Cry, 22 plages au total, je retrouve l'erhu de Guo Gan au service d'un beau thème, même si celui-ci ne me procure pas autant d'effet que les deux fameux extraits de Shaolin que je mentionne dans mon précédent commentaire. En tant qu'instruments solistes, c'est surtout le violoncelle de Jean-Philippe Audin qui domine la scène sur un ton particulièrement moelleux, à la fois tendre et romantique... "particulièrement moelleux", c'est vraiment ce que je retiens de ce violoncelle solo qui intervient sur plusieurs extraits, dont le magnifique "Love is love" de My other home. Point culminant de l'album. Enfin c'est ce qui ressort de cette première approche. J'ai vraiment été séduit par la beauté (plutôt classique) de ce thème d'amour et plus précisément par la sonorité langoureuse et particulièrement moelleuse du violoncelle. Très présent dans Mountain Cry, il réapparait tel un fantôme bienfaiteur dans cette seconde musique écrite pour un film de Larry Chang, à croire que le cinéaste a un faible pour cet instrument, que le violoncelle est, à ses oreilles, la voix instrumentale qui incarne le mieux le romantisme...pure hypothèse de ma part car je n'ai aucune information sur ce sujet. L'autre instrument qui joue un rôle fort séduisant dans Mountain Cry est la superbe voix de Joanna Forbes L'Estrange. Elle n'interprète pas un texte, juste des notes de musique à la manière de l'instrument le plus naturel qui soit, un emploi qui peut être qualifié de "morriconien", tant Morricone est le compositeur qui a le mieux sacralisé la voix féminine au cinéma. Il m'a semblé retenir aussi un excellent solo de cor anglais quelque-part, celui de Hervé Joulain, peut-être le premier extrait de My other home. En conclusion, je dirais que je sors réjoui de ce nouvel album de Nicolas Errèra.

 Nicolas ERRERA (Errèra) Mountain-cry-my-other-home

Synopsis - Mountain Cry: Au cours des années 1980, dans un village isolé de la province de Shanxi, Hong Xia, une jeune femme muette vit avec ses deux enfants et son mari violent dans une maison isolée à flanc de montagne. Celui-ci est tué lors d'un accident survenu dans la forêt. Han Chong, accusé d'être responsable de cette tragédie, doit subvenir aux besoins de la veuve jusqu'au versement d'une compensation financière. La jeune veuve muette et hantée par des drames de son passé se lie peu à peu d'amitié avec le jeune homme.

Synopsis - My other home: Il s'agit d'un film biographique sportif sino-américain de 2017, réalisé par Larry Yang et produit par Huang Jianxin, mettant en vedette le basketteur américain Stephon Marbury dans le rôle de lui-même, se concentrant sur ses jours en Chine à jouer dans l'Association chinoise de basket-ball. (ABC). Le film est principalement basé sur la course au championnat CBA 2011-12 de Marbury, quand lui et les Beijing Ducks ont battu le septuple champion "Guangdong Southern Tigers" et ont apporté à la ville de Pékin son tout premier titre CBA.
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