Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
Le Deal du moment :
Cartes Pokémon : sortie d’un nouveau ...
Voir le deal

 

 Giacinto Scelsi (1905-1988)

Aller en bas 
AuteurMessage
Snoopy
Admin
Snoopy

Nombre de messages : 27881
Age : 47
Date d'inscription : 10/08/2006

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2006-11-09, 15:34

Giacinto Francesco Maria Scelsi (prononcé : [dʒaˈtʃinto ʃˈʃɛlsi]), né le 8 janvier 1905 à La Spezia et mort le 9 août 1988 à Rome, est un compositeur et un poète italien.

Issu de la noblesse italienne, il reçoit en compagnie de sa sœur Isabella une éducation particulière, qu'il qualifia lui-même de "médiévale". Ses leçons de musique furent toutes en cours particuliers, d'abord à Rome auprès de Giacinto Sallustio, puis à Vienne avec Walter Klein, élève de Schoenberg. Il s'intéresse également aux théories de Scriabine. Il se rend fréquemment en Suisse et en France (Scelsi maîtrisait parfaitement la langue de Molière, au point d'écrire des poèmes en français), où il se lie d'amitié avec Jean Cocteau, Norman Douglas, Mimì Franchetti, Virginia Woolf… La création en 1931 de Rotativa sous la direction de Pierre Monteux à la Salle Pleyel attire l'attention sur le jeune compositeur. De retour à Rome en 1937, il organise avec ses propres fonds des concerts de musique contemporaine, en collaboration avec le compositeur Goffredo Petrassi, où sont joués des œuvres de Stravinsky, Kodaly, Chostakovitch, Schoenberg, Hindemith, alors quasiment inconnus en Italie.

En 1940, il se réfugie en Suisse, où il épouse Dorothy-Kate Ramsden (1903-1978). Son activité artistique est intense, en tant que poète ou compositeur. Le pianiste Nikita Magaloff crée nombre de ses œuvres. En 1945, il retourne à nouveau à Rome. Il traverse à la fin des années 1940 une grande crise morale où il remet en question toutes ses compositions antérieures, et supporte mal la création de son Quatuor à cordes et de son oratorio La naissance du verbe à Paris en 1949 sous la direction de Roger Désormière. Pendant un internement en hôpital psychiatrique, il ne joue au piano qu'une seule note (un la bémol) dont il explore toutes les possibilités sonores avec les harmoniques provoquées par les vibrations par sympathie. Entre deux internements, il se rend sur Paris et fait éditer par Guy Levis Mano ses recueils de poésie. Il fait la connaissance d'Henri Michaux, avec qui il se lie d'amitié.

Il fait alors plusieurs voyages en Orient, où il en découvre la spiritualité. Après de nombreux séjours en Europe, il se fixe définitivement à Rome, où il travaille de manière solitaire. Il se procure un des premiers instruments électroniques, l'ondioline, qui possède la capacité de faire des intervalles inférieurs au demi-ton. Incapable physiquement et psychologiquement de transcrire ses improvisations, il les enregistre sur bande magnétique et les confie à des copistes. Cette manière de procéder fit dire à de nombreux compositeurs et musicologues que Scelsi n'était pas l'auteur de ses œuvres. Ainsi se forme autour du créateur un cercle privé fait d'assistants et d'interprètes avec lesquels il collabore étroitement. Scelsi détruisit toutes ses œuvres antérieures, considérées comme trop académiques, et ne livre au public sa nouvelle esthétique qu'en 1961, avec la création à Paris des Quattro pezzi su una nota sola sous la direction de Maurice Le Roux. Cette œuvre pour orchestre, en quatre mouvements, chacun fondé sur une seule note, est l'exacte contemporaine d'Atmosphère de György Ligeti, qui exploite la microtonalité et la micropolyphonie.

Imprégné de culture orientale, Scelsi se voulait avant tout un messager, "un facteur" s'amusait-il à dire. Le message venant de plus haut. En outre, il refusait de se faire photographier.

Son œuvre et sa pensée musicale ont eu une grande influence sur les musiciens fondateurs de l'Itinéraire : Tristan Murail, Gérard Grisey, Michaël Levinas, que Scelsi a pu rencontrer lors de leur passage à la Villa Médicis au début des années 1970. Ceux-ci furent les promoteurs de son œuvre, qui connut au début des années 1980 une vaste diffusion en étant éditée chez Salabert. À leur suite, de nombreux compositeurs ont été influencés par sa pensée ou son écriture : Kaija Saariaho, Solange Ancona… En même temps, toute son œuvre poétique et littéraire était imprimée aux éditions "Le parole gelate", à Rome. Dans ses dernières années, Scelsi se rendit autant que possible aux concerts où ses œuvres étaient jouées, le dernier étant à La Spezia, sa ville natale où il n'était plus revenu depuis l'enfance, le 1er avril 1988. Il perd connaissance le 8 août 1988, dernier signe de cet original qui signait ses partitions d'un trait surmonté d'un cercle.

Il a écrit plus de 150 pièces musicales. Ses œuvres les plus marquantes sont postérieures à 1950 et se caractérisent par une focalisation sur le son, souvent monodique, ou sous forme de cluster instrumental ou vocal, jouant sur les micro-intervalles ou la granulation des articulations. C'est d'abord pour instrument seul que ses nouvelles idées prennent forme au cours des années 50, en s'élargissant à de petites formations en musique de chambre et en délaissant petit à petit son instrument de prédilection jusqu'alors : le piano. Celui-ci était en effet peu approprié pour ses nouvelles recherches, demandant notamment la possibilité d'entretenir le son et de modifier son timbre. Et c'est avec les Quattro pezzi su una nota sola (1959) que cette nouvelle conception de la musique et du son prend sa forme la plus aboutie. Chacune de ces quatres pièces est basée sur une unique note jouée par un orchestre de chambre, se déclinant sur des temps et des attaques variées. On note une inspiration orientalisante comme dans Aion, quatre épisodes de la vie de Brahma (1961) et Konx-Om-Pax 1968 (trois termes voulant dire « paix » en assyrien, sanskrit et latin). Ses œuvres orchestrales de la maturité se caractérisent par l'utilisation prépondérante de cuivres et de percussion, même si les cordes, parfois, conservent un rôle important. Il est également l'auteur de recueils de poésies en français.

L'authenticité de son œuvre - plus exactement des copies effectuées à partir de certaines de ses improvisations - a été mise en doute et parfois très vivement contestée après son décès. Le compositeur Vieri Tosatti a en effet écrit à travers la presse qu'il était le véritable auteur de l'oeuvre de Giacinto Sclesi, et ce 6 mois après la mort du compositeur. S'il ne fait aucun doute que Tosatti a eu une collaboration étroite avec lui, on ne peut définir aujourd'hui avec précision quel était le degré de cette collaboration.

Il faut ajouter encore que Giacinto Scelsi travaillait beaucoup avec les musiciens qui interprétaient ses oeuvres. C'était une chose à laquelle il donnait beaucoup d'importance. On peut notamment citer Michiko Hirayama (voix), Joëlle Léandre (Contrebasse), Frances Marie Uitti (Violoncelle).
Revenir en haut Aller en bas
https://musiqueclassique.forumpro.fr
Invité
Invité



Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2006-11-09, 16:56

Snoopy, lui tu peux l'éviter !! je commence à connaître tes goûts maintenant Laughing, c'est une musique totalement atonale et basée sur un son fixe qui évolue lentement dans le temps, ce qui donne la sensation d'une sorte de magma sonore inquiétant... c'est très spécial mais j'aime beaucoup ses oeuvres chorales et orchestrales...
Revenir en haut Aller en bas
Snoopy
Admin
Snoopy

Nombre de messages : 27881
Age : 47
Date d'inscription : 10/08/2006

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2006-11-09, 17:00

kfigaro a écrit:
Snoopy, lui tu peux l'éviter !! je commence à connaître tes goûts maintenant Laughing, .

Wink
Revenir en haut Aller en bas
https://musiqueclassique.forumpro.fr
Invité
Invité



Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2009-01-15, 21:17

Un compositeur que j'ai découvert il y a quelques semaines lorsque, intrigué que j'étais par son parcours et par le nombre de très bons musiciens se revendiquant de son travail, j'avais emprunté un disque, d'ailleurs auréolé de je ne sais plus quelle récompense et conseillé par je ne sais plus quel magazine.

Hé bien quelle déconvenue mes amis.

Le disque s'ouvre sur Antifona, pour ténor et chœur d'hommes (1970), dans laquelle le chanteur annone le nom de Jésus pendant un quart d'heure, toujours sur les trois mêmes notes, ou presque, motif repris à l'identique, et parfois à l'unisson, par le chœur. C'est sûr qu'au moins, avec des pièces comme celles-là, on ne pourra pas accuser la musique contemporaine d'être difficile d'accès, la plus modeste antienne grégorienne me semblant autrement plus savante.

On y trouve aussi une composition pour orgue, In nomine lucis, datée de 1974, bien plus intéressante et qui correspond assez à la description que donne kfigaro des pièces de Scelsi : des pièces très éthérées qui évoluent progressivement jusqu'à un fortissimo assez flippant, avant d'en revenir comme par symétrie jusqu'à une musique très ténue, et ce de manière imperceptible. On a l'impression que l'organiste se contente de poser (ou d'enlever selon la partie du morceau qu'on écoute) un doigt sur son clavier de temps à autres. Plutôt emballé, mais pas le genre de musique que j'aime à écouter les soirs de désespoir ou de grande solitude...

Les Tre canti sacri sont un peu le pendant des pièces pour orgue, à mon goût. Les huit voix se superposent finement mais mollement et la musique change de couleur sans que l'on s'en rende vraiment compte, au besoin en passant par des harmonies assez originales et un peu crues, qui vous font sortir de votre hébétude pour quelques instants, avant que vous ne continuiiez à vous laisser bercer par un petit flot musical apaisant. J'en ai quand même gardé l'impression d'être un schizophrène scotchant devant un mur quasi intégralement blanc. Bizarre.

On revient à la musique instrumentale avec Pranam II (1973), pour ensemble de chambre (deux flûtes, clarinette basse, orgue électrique, violon, alto, violoncelle et contrebasse pour être précis). Un peu similaire dans le principe aux pièces précédentes : une trame énoncée par les cordes aux motifs presqu' immobiles sur lesquelles les autres instruments brodent quelques lignes mélodiques que je n'ai pas spécialement retenues. Pas désagréable, mais vite oublié.

Un peu déçu par cette première approche, et scandalisé par une nouvelle audition d'Antifona à la radio, j'ai voulu redonner une chance au compositeur en me penchant sur ses œuvres pour orchestre. J'ai donc acquis un disque comportant les Quattro pezzi per orchestra, le concerto pour violon Anahit et enfin Uaxuctum pour chœur, ondes Martenot et orchestre. Mais je viens de m'apercevoir que les Quatro pezzi étaient sous-titrées su una nota sola. Me demande si j'ai fait le bon choix moi, tiens. Enfin, si ça vous intéresse, je pourrai toujours vous en faire un petit commentaire...
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 23925
Age : 76
Date d'inscription : 19/08/2006

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2016-10-26, 20:18

Oeuvres principales

Chemin du coeur (1929) pour violon et piano
Rotativa (1929), poema sinfonico per tre pianoforte, ottoni e percussioni
40 Préludes 1930-40) pour piano
Sinfonietta (1932) pour orchestre
L'Amour et le Crâne (1933) pour voix et piano
Concertino (1934), per pianoforte e orchestra
Sonate (1934) pour violon et piano
Preludio, arioso e fugua (1936) pour orchestre
Quatuor à cordes nº 1 (1944)
La nascita del Verbo (1948), per coro misto e orchestra
Suite n. 8 "Bot-ba" (1952), per pianoforte
Suite n. 9 "Ttai" (1953), per pianoforte
Yamaon (1954), per basso e cinque strumenti
Divertimento n. 5 (1956), per violino solo
Quattro pezzi (1957), per tromba sola
Manto I, II et III1, pour alto (1957)
Trilogie pour violoncelle "Triphon, Dithome, Ygghur" (1957-1961/65)
Quattro pezzi su una nota sola pour orchestre de chambre (1959)
Tre canti sacri (1958), per coro a otto voci miste
Trio per archi (1958), per violino, viola e violoncello
Kya (1959), per clarinetto e sette strumenti
Uaxuctum, per Ondes Martenot, Coro e Grande Orchestra;
Hô (1960), 4 canti per soprano solo
Hurqualia, un royaume différent (1960) per orchestra
Aion "Four Episodes in one Day of Brahma" (1961) pour orchestre
Quatuor à cordes nº 2 (1961)
Riti: I funerali d'Achille (1962), per quartetto di percussioni
Quatuor à cordes nº 3 (1963)
Hymnos (1963) pour grand orchestre
Chukrum (1963) pour orchestre à cordes
Quatuor à cordes nº 4 (1964)
Anahit, poème lyrique sur le nom de Vénus(1965) pour violon et 18 instruments
Uaxuctum "Légende de la cité Maya" (1966) pour 4 solistes, ondes Martenot, choeur mixte et orchestre
Ko-Lho (1966), per flauto e clarinette
Ko-Tha (1967), per chitarra
Okanagon (1968), per arpa, tam-tam e contrabbasso
Konx-Om-Pax (1969) pour choeur mixte et orchestre
Antifona (sul nome Gesù) (1970), per coro virile e tenore solo
Canti del Capricorno (1972), per voce solista e strumenti
Sauh III e IV (1973), per coro femminile a quattro voci
Pranam II (1973) pour 9 instruments
Pfhat (1974) pour choeur, orgue et orchestre
In nomine lucis, in memoriam Franco Evangelisti (1974), per organo
Dharana (1975), per contrabbasso e violoncello
Maknongan (1976) per contrabasso
Quatuor à cordes nº 5 (1985)
Krishna e Rada (1986), per flauto e pianoforte
Un Adieu (1988), per pianoforte.


Curieux que Icare n'ait jamais commenté ce compositeur  Giacinto Scelsi (1905-1988) 699201

https://www.youtube.com/watch?v=SpfGfqkiZCo

Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 15928
Age : 58
Date d'inscription : 13/11/2009

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2016-10-26, 21:09

Disons que mes incursions n'ont pas encore été suffisamment concluantes, émotionnellement parlant, même si je saisis assez bien son approche...
Revenir en haut Aller en bas
muzikant



Nombre de messages : 118
Age : 65
Date d'inscription : 11/02/2019

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2019-05-23, 12:27

Je pense que dans un certain nombre d'années, on écrira des livres en doutant sérieusement de la véracité et de la capacité de Scelsi à avoir écrit ses oeuvres,comme certains doutent que Molière ait écrit ses pièces et que ce soit Corneille qui les ait écrites.Bon parlons plus sérieusement et à la réflexion que je me suis faite bien souvent,en écoutant certaines suites pour piano de Scelsi,pourquoi personne n'avait enregistré la totalité des oeuvres pour piano,de ce génial compositeur et en farfouillant un peu dans la vie de ce compositeur,j'ai vite compris pourquoi, c'était un peu le bordel et le foutoir dans sa succession.Donc on en arrive à un enregistrement complet de ces préludes , ou pour parler plus vrai, j'en arrive seulement maintenant à écouter un enregistrement de ces préludes qui date de 2009 et que je découvre aujourd'hui et c'est magnifique.


Giacinto Scelsi (1905-1988) Scelsi10

J'ai une chance inouïe, et tous ceux qui possèdent ce cd aussi, c'est qu'il y a un livret fournit et traduit en plusieurs langues dont le français.Après avoir dit que ces Préludes ressemblaient à un long journal,fait d'émotions intenses et de sensibilité que tenait Scelsi au long de sa vie , ou tout se mélange pour finir par cet imposant corpus " ou elles se transfiguent ( les expériences culturelles )en une synthèse mettant en évidence une liberté et une modernité de langage extraordinaire" Je mets ça pour ceux qui croieraient que ce qu'il y a écrit sur un livret est plus interessant que ce que je peux dire moi-même.Oui c'est très beau, très vivant, très mystèrieux,très lyrique,mais moi, je ne suis pas surpris, le piano est un confident intime  et privilègié de ses états d'âme (même s'il a écrit des quatuors extraordinaires )avec le piano, on est dans le vrai,la folie pour Schumann, la médidation pour Bach, la finesse et la nostalgie pour Chopin, le piano ,ça ne trompe pas son monde.On est encore plus surpris ,surtout moi d'ailleurs quand on sait que les 24 préludes datent de l'époque (1936-1940) et qu'on les a réuni récemment.La pianiste italienne Alessandra Amara est remarquable et le piano très bien enregistré.C'est tout un maelstrom ou bien un carnaval de sensations,de petites pièces très différentes qui pour finir se complètent très bien.Je ne souhaite seulement, que ceux qui n'aiment pas Scelsi jettent un coup d'oreilles à ces oeuvres superbes.Ce n'est que de la musique qui ne demande qu'a se laisser entendre sans préjugé.

Revenir en haut Aller en bas
muzikant



Nombre de messages : 118
Age : 65
Date d'inscription : 11/02/2019

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2019-05-23, 17:21



Giacinto Scelsi ~ Quatuor à cordes n ° 3 (sans doute les Arditti)

[img]Giacinto Scelsi (1905-1988) Giacin10[/img]
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 23925
Age : 76
Date d'inscription : 19/08/2006

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2019-05-23, 19:19

Je me demande comment on peu aimer une musique pareille ; les préludes, passe encore, mais le quatuor) Giacinto Scelsi (1905-1988) 10321

Enfin, il en faut pour tous les goûts Laughing
Revenir en haut Aller en bas
muzikant



Nombre de messages : 118
Age : 65
Date d'inscription : 11/02/2019

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2019-05-24, 04:46

Joachim, j'arrive à  comprendre ,qu'en somme , tu recherches toujours la même chose dans la musique,tu me fais penser à Wéber qui a déclaré que Beethoven était mûr pour la folie après une première représentation de la septième symphonie .
J'ai pourtant trouvé une réponse adéquate et toute simple sur Wikipedia.
"Le Quatuor à cordes no 3 est un quatuor pour deux violons, alto et violoncelle de Giacinto Scelsi. Composé en 1963, il propose un programme à dimension mystique en cinq mouvements.
Analyse de l'œuvre
Avec une grande tendresse (dolcissimo))
L'appel de l'esprit, dualisme, ambivalence, conflit (drammatico)
L'âme se réveille (con transparenza)
... et tombe de nouveau dans le pathos, mais maintenant avec un pressentiment de la libération (con tristezza)
Libération, catharsis "
Pour finir Joachim, tu ne dois pas beaucoup t'interesser aux musiques non-européennes , comme la musique japonaise ou bien le raga indien,ce sont d'autres mondes sonores et spirituels que les nôtres, il faut aussi partir de là pour comprendre parfois la musique contemporaine, toutes les musiques s'interpénètrent et s'influences.

Pour la musique contemporaine, il est bon selon moi,de relire ,ce que disait Boulez à la Revue des deux-mondes.


Revue des Deux Mondes – En dépit du CD, du vidéodisque, de la présence de la Cité de la musique à Paris, en dépit, aussi d’un effort pédagogique considérable de la part de chefs, d’instrumentistes, de compositeurs, il semble que le poujadisme ambiant refuse toujours la musique savante de notre temps. Ou alors, il tendrait à la placer sur le même plan que la variété, le rock ou le jazz, et ce serait une autre manière de la refuser. S’agissant de vous, Pierre Boulez, on joue encore parfois le chef contre le compositeur. Pourquoi, selon vous ?

Pierre Boulez – Je crois qu’il s’agit essentiellement d’une question d’éducation. J’ai souvent entendu : au XVIIIe siècle, la société acceptait davantage la musique du temps. En vérité, c’était beaucoup moins évident et, avec le recul, cette différence n’est plus perceptible. Je suis persuadé que, si l’on avait joué Cosifan tutte dans une cour de ferme, fort peu de paysans auraient vraiment compris les propos de Mozart et le livret de Da Ponte. De ce point de vue, il y a toujours eu, entre certaines couches sociales, un grand fossé. De même, à l’époque de Beethoven, les derniers quatuors touchaient un public restreint. Seulement, c’est moins visible que ce que nous constatons aujourd’hui. On me demande assez souvent ce que je pense de la musique pop, du rap, de la techno. J’aime leur vivacité, leur vitalité qui s’exprime d’une façon brute, car ces musiciens-là n’ont pas reçu les moyens de s’exprimer autrement. C’est un problème très profond, qui a trait non seulement à l’Éducation nationale, mais aussi au processus par lequel on considère les arts comme faisant partie d’une culture. On apprend à écrire, à lire, mais on n’apprend pas à écouter ou à regarder. Pourtant, les musiciens sont privilégiés par rapport aux poètes dont les tirages sont de cinq cents exemplaires, ce qui, dans un pays de soixante millions d’habitants, est catastrophique. La France actuelle (il n’y a du reste qu’en France que ce phénomène existe) est tout feu, tout flamme contre la « mal bouffe ». C’est très poujadiste, car la « mal bouffe musicale » est distribuée à tire-larigot, et on appelle cela démocratisation. Je crois aussi que les politiques ont leur part de responsabilité. Beaucoup de politiciens sont des illettrés musicaux malgré un vernis littéraire…

Qualités de plaisir

Revue des Deux Mondes – La question du plaisir pris à la musique contemporaine est rarement évoquée.

Pierre Boulez – Si je n’avais pas de plaisir à jouer, si je ne communiquais pas un peu de cette vitalité qu’heureusement je possède encore, je me demande pourquoi je serais en face de musiciens. Mon rôle en tant que compositeur et interprète de moi-même, c’est justement de faire part de cette intensité, de cette présence, de ce mouvement… Bien sûr, il existe de nombreuses qualités de plaisir. Lorsque je joue Webern, spécialement certaines œuvres très ascétiques de la fin de sa vie, il s’agit d’un plaisir austère, d’un plaisir de l’ascèse. Je suis pour le plaisir, mais je n’aime pas la trivialité. Ou alors le sarcasme. Mais le sarcasme est difficile à faire passer en musique car la parodie, dans le domaine musical, est complexe. Ligeti est l’un des rares compositeurs de ma génération qui y soit parvenu, surtout avec un texte imaginaire comme dans Aventures et Nouvelles Aventures. Différentes qualités de plaisir ont toujours existé, selon les œuvres. Les rythmes de la 7e Symphonie de Beethoven vous entraînent physiquement, même si vous ne le voulez pas. Mais le mouvement lent de son 16e Quatuor procure un plaisir beaucoup plus mental.

« On écoute la musique avec les yeux. »
Revue des Deux Mondes – Une des voies d’accès à la musique contemporaine ne serait-elle pas sa dimension religieuse ou spirituelle ? Peut-être le public adhère-t-il davantage à des œuvres comme le Requiem de Pascal Dusapin ou celui de Ligeti, œuvres contemplatives, voire «planantes » ?

Pierre Boulez – C’est une question de marketing. L’étiquette mysticisme recouvre n’importe quoi. Si vous parlez d’Arvo Part et de ses gammes montantes et descendantes, nul besoin de mysticisme, c’est tout simplement de la bêtise. Dans Rituel, que j’ai écrit à la mémoire de Bruno Maderna, il y a non pas quelque chose de religieux au sens littéral du terme, mais le concept de rituel, que je trouve important. Toute musique est ritualisée dès l’instant qu’elle est interprétée. Le geste du musicien est un geste de ritualisation de la musique. Stravinski l’a dit d’une façon très claire : on écoute la musique avec les yeux. Cette ritualisation de la musique est parfois accessible, parfois momifiée, mais elle existe bel et bien. C’est pourquoi le côté étalé de la musique, c’est-à-dire des sons qui n’en finissent plus, me semble relever d’une certaine paresse. Il y a là quelque chose qui ne me convainc pas du tout. Cela, bien sûr, n’a rien à voir avec le très beau Requiem de Ligeti.

Revue des Deux Mondes – Vous-même, quand vous intitulez une œuvre Répons ou une autre Anthèmes, vous faites allusion, en tout cas pour le titre, à quelque chose de sacré.

Pierre Boulez – Absolument. Je choisis pour titre des formes qui ont perdu toute connotation réelle. Si vous intitulez une pièce Sonate, comme je l’ai fait quand j’étais plus jeune, le mot sonate implique une tradition dont nous sommes tout à fait conscients : toutes les sonates de Haydn, de Mozart, de Beethoven, de Schumann, de Schubert, de Brahms… Chez Debussy, il existe encore une division en trois mouvements, reprise d’une certaine tradition, quoique le contenu ne soit plus du tout le même. Schoenberg a composé une Suite, une Sérénade, mais le mot sonate n’apparaît pas chez lui. Il apparaît chez Berg, uniquement dans son opus 1. Pour moi, le mot sonate possède une connotation très forte, comme le mot symphonie, du reste. Dans Répons, il y a le sens du dialogue entre l’orchestre qui est au milieu et les solistes disposés autour du public ; cela correspond aussi à la technique, le répons entre l’instrumental et la technologie. Aussi le sens du mot répons est-il très élargi. À la Cité de la musique, à la Villette, nous avons donné Répons après les Répons de Gesualdo pour la Semaine sainte ; on a pu constater que le mot répons désigne des compositions extraordinairement différentes.

Dispositif spatial

Revue des Deux Mondes – Vous êtes très attaché au choix des salles de concert…

Pierre Boulez – La plupart des compositeurs actuels exigent des dispositifs orchestraux, peut-être rituels ou plus simplement théâtraux. C’est ce qui fait parfois la difficulté de certains concerts de musique contemporaine. Cependant, il existe des précédents : Monteverdi ou Gabrieli écrivaient pour différents groupes répartis selon un dispositif spatial défini par l’architecture de la cathédrale Saint-Marc, à Venise. Berlioz également composa son Requiem pour quatre orchestres de cuivres disposés selon le sens symbolique du Jugement dernier aux quatre points cardinaux. Nos salles de concert sont construites pour un dispositif qui est permanent, c’est-à-dire frontal. Beaucoup de musiciens refusent le dispositif frontal parce qu’ils estiment que la polyphonie n’est pas mise en évidence. Prenez l’exemple de la photographie d’architecture. Vous pénétrez vous-même à l’intérieur d’une architecture, tandis que vous regardez la photo qui vous donne seulement une idée des plans. Les musiciens exigent un dispositif spatial, non pas pour le côté spectaculaire mais pour la distribution de la polyphonie, la clarté de renonciation, la conviction par rapport au texte et à l’espace. Pour cela, il faut des espaces soit nus – le degré zéro de l’espace si je peux dire, c’est-à-dire un hangar où l’acoustique n’est pas forcément très bonne -, soit, comme pour Répons, une carrière à ciel ouvert, où il a fallu créer l’acoustique qui n’existait évidemment pas. Le coût de ces espaces qui peuvent être occupés par n’importe qui après vous est élevé.

Une bonne salle doit être compacte Dans une salle relativement petite, de mille personnes comme à la Cité de la musique, nous avons travaillé avec l’architecte afin que le parterre soit complètement libre, dans quelque direction que ce soit. Cela nécessite un important espace de stockage, car il faut que tous les sièges puissent disparaître ou être déplacés facilement. Mais plus la salle est grande moins la mobilité est possible.

La solution serait une salle comportant, à des endroits stratégiques, des surfaces dévolues tantôt aux musiciens tantôt au public. L’installation d’un certain nombre d’espaces, à différentes hauteurs, demanderait peu de changements. D’autre part, un système de diffusion général par haut-parleurs, similaire au système d’éclairage d’un théâtre, est nécessaire. Une bonne salle doit être non pas trop profonde, car l’énergie du son se perd, mais plutôt compacte et surtout en hauteur. Il existe déjà une bonne salle à la Cité de la musique. Manquent encore une grande salle, comme celle que je viens de décrire – elle pourrait accueillir entre deux mille deux cents et deux mille cinq cents auditeurs -, ainsi qu’un espace vide qui puisse servir de lieu de répétition. Cet espace pourrait être aménagé pour mille deux cents à mille cinq cents personnes.

Revue des Deux Mondes – Votre activité de chef est une relecture perpétuellement novatrice d’un certain nombre d’œuvres du XXe siècle, communément admises comme classiques, de Debussy à Berg par exemple, en même temps qu’une lecture, puisque vous créez beaucoup d’œuvres, de musiciens plus jeunes comme Philippe Manoury, Marc-André Dalbavie ou Antoine Bonnet. Votre activité de chef nourrit-elle celle de compositeur ?

Pierre Boulez – Ce n’est pas le cas pour les œuvres que j’ai beaucoup dirigées. Il m’intéresse de les revoir comme on visite de vieux amis, mais je n’en apprends rien. Si je dirige le Sacre du printemps, toute l’ancienne connaissance que j’en ai remonte à la surface et m’aide à diriger. Mais j’ai quasiment oublié certaines œuvres que je n’ai pas visitées depuis longtemps.

Influences par filtrage

Actuellement, j’étudie très précautionneusement la 3e Symphonie de Mahler que je n’ai pas dirigée depuis vingt-cinq ans. Je la redécouvre complètement et je n’aurai certainement pas la même interprétation ; il y a donc une évolution. Ce qui m’intéresse dans les œuvres que j’ai beaucoup dirigées mais que j’ai laissées reposer pendant quelques années, c’est de vérifier certaines choses ou encore de prendre beaucoup de plaisir, comme quand je dirige la Symphonie de Psaumes, de Stravinski. Vers la fin de cette œuvre, j’aime énormément un passage qui évoque les orgues à bouche japonais. Je me dis que je n’ai pas encore utilisé ce type de sonorités, mais que cela viendra probablement. J’emmagasine ; voilà ce qui m’intéresse quand je dirige : emmagasiner quelque chose et m’en resservir plus tard, mais de façon méconnaissable. Dans Rituel, par exemple, je me sers d’une cellule rythmique employée par Stravinski dans sa Symphonie pour instruments à vent, mais personne ne peut deviner que c’est emprunté à Stravinski. J’aime beaucoup les influences par filtrage : la combinaison chimique avec ce que vous prenez fait que le résultat est complètement différent de la source. Mais les sources sont toujours là.

Avec les compositeurs plus jeunes, c’est la même chose. Quand je dirige les œuvres que vous avez mentionnées, de Dalbavie ou de Manoury en particulier, je me dis : il a pensé à ça, très bien, je le note et cela reste en moi. C’est un magasin, ou plutôt un réfrigérateur, car les choses ne se détériorent pas, elles restent en attente.

Propos recueillis par Richard Millet.
Revenir en haut Aller en bas
muzikant



Nombre de messages : 118
Age : 65
Date d'inscription : 11/02/2019

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2019-05-24, 05:30

Cette version du quatuor numéro 3 me semble plus nerveuse et bien plus charpentée que la première , mais pas d'interprète déclaré,sur YT ,et c'est dommage, mais ne boudons pas notre plaisir, sauf Joachim ,bien entendu, qui préfère écouter les symphonies de Léopold Mozart. Giacinto Scelsi (1905-1988) Icon_con

Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 23925
Age : 76
Date d'inscription : 19/08/2006

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2019-05-24, 09:16

[quote="musikant"]
muzikant a écrit:
mais ne boudons pas notre plaisir, sauf Joachim ,bien entendu, qui préfère écouter les symphonies de Léopold Mozart. Giacinto Scelsi (1905-1988) Icon_con


Il faudrait que j'en ai honte ??? Parfaitement je préfère Leopold Mozart à Scelci, que ça plaise ou non Very Happy

Il n'empêche que la plupart des contemporains de la fin du 20ème et ceux du 21ème siècle ont abandonné ces "musiques" cacophoniques pour en revenir à des musiques plus traditionnelles, voire néo-romantiques.
Revenir en haut Aller en bas
muzikant



Nombre de messages : 118
Age : 65
Date d'inscription : 11/02/2019

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2019-05-24, 09:44

Joachim, c'est vrai que je t'imaginerais bien en perruque poudrée, bas de soie et justaucorps à boutons dorés,en velours, lol.
Tu parles de compositeurs qui n'ont pas persévèré dans la musique "cacophonique",comme tu l'appelles c'est déjà très mal juger la musique contemporaine qui a suivi des routes et des chemins très divers,Kagel n'a rien à voir avec Harry Partch , Xénakis avec l’américain Charles Ives, le tchèque Aloïs Haba avec Gubaidulina , sans en ajouter et parler d'autres, car ce serait trop long,car la musique contemporaine est très diverse et originale, ceux qui ont continué la musique tonale ,beaucoup d'américains par exemple, restent la plupart ennuyeux et très prévisibles dans leurs oeuvres ,du moins à ce qu'on attend d'une musique nouvelle qui peut prendre des formes différentes, comme le prouvent Allan Pettersson ou Tristan Keuris par exemple. Giacinto Scelsi (1905-1988) Icon_con
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 23925
Age : 76
Date d'inscription : 19/08/2006

Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty2019-05-24, 10:51

musikant a écrit:
Joachim, c'est vrai que je t'imaginerais bien en perruque poudrée, bas de soie et justaucorps à boutons dorés,en velours,

D'où mon avatar, le Chevalier de Saint-Gorge (dont tu n'apprécies probablement pas la musique). Si les voyages temporels existaient je retournerais à cette époque dite "des Lumières"... Tout n'était pas rose pour le petit peuple, c'est vrai, mais était-ce vraiment pire qu'actuellement ?

Je ne rejette absolument pas la musique contemporaine, il y a des compositeurs que j'aime beaucoup, à commencer par Rodrigo mais aussi Arvo Part, Gorecki entre autres.

Ou encore ce merveilleux Lux Æterna de Morton Lauridsen que je suis en train d'écouter. Je ne suis donc pas irrécupérable !

Pour en revenir à Scelsi (sans quoi nous serons HS, Hors Sujet) j'ai essayé d'écouter d'autres morceaux sur youtube, comme Anahi, ou Canti di Capricornus, mais je n'ai pas pu aller jusqu'au bout. Pour moi Scelsi c'est Giacinto Scelsi (1905-1988) 10321
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty
MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Giacinto Scelsi (1905-1988) Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Giacinto Scelsi (1905-1988)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Taneli Kuusisto (1905-1988)
» René Defossez (1905-1988)
» Giacinto SCHIATTI (? - 1776)
» Giacinto Calderara (1729-1803)
» Rafael FERRER (1911-1988)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique classique :: Les compositeurs-
Sauter vers: