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  Pascal GAIGNE, né en 1958

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Icare
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MessageSujet: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2012-02-26, 22:45

Pascal Gaigne, né en 1958, est un compositeur d'origine française. Il partage son temps entre la France et l'Espagne où il a établi son port d'attache. Il compose des musiques de concert ainsi que des musiques pour le cinéma. La danse ou le théâtre (notamment la musique du film de Victor Erice "Le songe de la lumière" - Prix du jury et Prix de la critique au Festival de Cannes 1992). Il collabore avec différents centres de recherches et ensembles instrumentaux tels que LIMCA, le GRM, l'Ensemble Phytagore.

___IO-PORTES D'AERA - 1985 - pour six percussionnistes.
___BOREAL - 1987 - oeuvre acousmatique.
___ECUADOR - 1994 - oeuvre acousmatique.
___SIGNES ASCENDANTS - 1987 - pour clarinette et bande magnétique.
___PASSAGES SOUS L'ECLIPTIQUE - 1988 - pour onze instrumentistes.
___TRAVERSEE I & TRAVERSEE II -1990/92 - pour quintette à vents et système informatique.
___KE - 1993 - pour clarinette solo.
___SHEN - 1994 - pour violoncelle et dispositif informatique.
___LE VOYAGE IMMOBILE - 1994 - spectacle et danse, musique et texte.
___YET - 1996 - pour soprano, clarinette basse et percussions.
___ALPHABET I, II & III pour instrument à vent, accordéon et percussion


https://www.youtube.com/watch?v=zPrxxMlKAlY


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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2012-12-13, 22:55

J'ai réécouté, ce soir, la partition à la fois dépaysante et onirique de Katmandù et je me suis aisément laissé transporter.

https://www.youtube.com/watch?v=IcFgu4YY6Zo


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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2013-11-23, 20:30

Réécoute, hier soir, de la musique de film que PASCAL GAIGNE composa pour le film de Safy Nebbou, Le cou de la Girafe.. Une musique délicieuse et sentimentale, mais pas trop, pour ensemble de chambre: on y entend du piano, des violons, des altos, des violoncelles dont un en solo, des contrebasses, de la flûte, du hautbois, du cor anglais, de la clarinette, du basson et de la harpe. S'ajoute en titre de bonus à cette B.O. si flatteuse pour l'oreille, un curieux mais intéressant thème avec voix et percussion pour le court-métrage de Safy Nebbou Bertzea et deux extraits superbement construits aux mélodies accrocheuses pour un autre court-métrage de ce réalisateur; Lepokoa.  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2013-11-24, 20:00

Ce que j'ai écrit sur La Piel Que Habito dans le fil "Alberto Iglesias", je pourrais quasiment le reproduire ici à propos de Los Mundos Sutiles de Pascal Gaigne, partition que j'ai découverte assez tard, hier soir, juste avant de piquer un petit roupillon. Ce qui peut être formidable avec la musique de film, c'est lorsqu'elle arrive à sortir des sentiers trop balisés par un compositeur qui possède à la fois l'imagination, l'audace, la méthode et le savoir-faire et qui ne soit pas, en même temps, confronté à un réalisateur frileux et trop peureux de ce qu'il ne contrôle pas. Et si il y a bien quelque chose que le réalisateur ne contrôle pas dans le film qu'il réalise, c'est la musique (sauf dans les cas exceptionnels où le réalisateur est aussi le compositeur de la musique de son film, comme, par exemple, Mike Figgis). Le résultat peut alors être quelque chose de rare et singulier, quelque chose de très poétique et hypnotique qui s'échappe un peu du schéma classique habituel. C'est le cas de Los Mundos Sutiles.  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455


Dernière édition par Icare le 2014-01-16, 19:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2013-11-28, 21:15


Elämä, The last Days of Lucifer de Pascal Gaigne - film de Rax Rinnecangas - Avec mezzo-soprano, piano, alto, violoncelle, harpe et accordéon:  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455 
Cette partition très élaborée propose une succession de lieds chantés en allemand dans un contexte chambriste âpre et souvent tendu. Ce n'est pas une approche musicale si courante dans le domaine de la musique de film. Gaigne délivre ici une facette moins connue de son art, plus savante, plus contemporaine, loin des règles du mickey-mousing. La mezzo-soprano s'estompe lors des dernières plages de cette B.O. même si la partition instrumentale progresse dans la même esthétique. Un régal! A noter un usage intéressant de l'accordéon.

Water Marked de Pascal Gaigne - film de Rax Rinnecangas:  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455 
Une suite d'une vingtaine de minutes toute en progression, très travaillée dans l'écriture et qui débouche sur un thème mélodique exquis. J'ai adoré ce langage très dépouillé par moments et la manière dont il est enrichi au fur et à mesure où on avance vers la mélodie conclusive.
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2013-11-29, 09:06

Deux oeuvres de concert:

Je suis toujours surpris lorsque j'arrive à écouter en entier, sans décrocher, une pièce pour clarinette seule. Je pourrais faire la même remarque s"il avait s'agit d'un saxophone, d'une flûte ou d'un tuba sans accompagnement. Avec le piano, le clavecin ou la guitare, je peux même accepter l'écoute d'un cd entier sans broncher. Le violoncelle seul passe plutôt bien également. Quant au violon, cela dépend...toujours est-il que les PARTITAS de BACH me fascinent littéralement. Avec Ke (1995) pour clarinette seule de Pascal Gaigne, je me demandais si j'allais rester concentré les presque quatorze minutes...et bien, j'arrivai au bout relativement captivé par une clarinette solo virtuose et expressive. Je me suis laissé conduire par l'énergie communicative de son jeu, mais il faut dire aussi que la clarinette est un son qui m'a toujours fasciné et a toujours fait partie de mes instruments préférés. I love you 

Traversées II (1991) pour quintette à vents: flûte, flûte alto,hautbois, clarinette, cor, basson et dispositif informatique en temps réel de Pascal Gaigne propose une musique moderne qui m'a surtout touché par le climat qu'elle instaure et par le contact tout en délicatesse des instruments acoustiques, plus exactement du quintette à vents, avec les éléments sonores traités par l'informatique. Je n'en suis pas ressorti transcendé mais simplement séduit par une alchimie sonore à la fois intrigante et rassurante.  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2013-11-29, 12:24

Le défi pour un compositeur de cinéma lorsqu'il doit composer une musique romantique et donc portée sur les sentiments amoureux , c'est d'éviter d'écrire quelque chose de trop sentimental ou d'être bateau. C'est ce défi auquel fut sans doute confronté Pascal Gaigne lorsqu'il accepta de mettre en musique le film de Mirea Gabilondo; Amaren Eskuak - Las Manos de mi Madre. Le second thème, de forme très romantique et sentimental pourrait sortir d'une de ces séries tv pleines de bons sentiments, telles qu'il nous en provient de la télé colombienne ou mexicaine. Seulement, la partition de Gaigne pour le film de Gabilondo est trop élaborée et subtile dans ses développements pour se réduire à de la guimauve au mètre et n'avoir pas plus de saveur que l'eau des roses. Le thème principal El Faro qui intervient trois fois sur le cd est un véritable tourbillon de l'espoir amoureux, une spirale du bonheur. La guitare est assez présente mais il y a aussi deux merveilleuses interventions du violoncelle, plages 3 et 5. Elles m'offrent une véritable proximité dans l'émotion avec un instrument si proche de la voix humaine que j'en suis resté troublé. J'ai eu l'impression qu'il était tout près de moi, tout près du fauteuil dans lequel j'étais assis. J'avais juste à fermer les yeux que je sentais déjà son souffle, sa présence. Il ne m'aurait pas fallu beaucoup plus d'imagination pour entendre la respiration du musicien qui en jouait. Ces deux instants musicaux; Las Manos de mi Madre et Alisente, portés à un moment donné, comme je l'ai mentionné, par un violoncelle solo irrésistible, sont à n'en pas douter le coeur et l'âme de cette B.O. d'essence romantique. J'en ai eu quelques frissons pendant et après l'écoute. Alors que j'écris ces quelques lignes dithyrambiques, ils sont encore là.  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455  Pascal GAIGNE, né en 1958 333455
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2013-11-29, 13:03

Sensible à ces musiques, j'ai apprécié :

extrait du "Cou de la girafe"  Pascal GAIGNE, né en 1958 185465 

un extrait de "Los Mundos Sutiles"  Pascal GAIGNE, né en 1958 185465 

Quant au "Chant de Lucifer", je ne suis en mesure de l'apprécier pour l'instant ...
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2015-07-06, 19:30

Je poursuis mon incursion dans la musique de Pascal Gaigne, cette fois encore, dans le domaine cinématographique avec Loreak - Flowers, une partition qu'il a composée pour le film du même nom de Jon Garano & Jose Mari Goenega. Il invita pour l'occasion Jana Nagy-Juhàsz au piano solo, Stefan Filas au concertino, Peter Baran au violoncelle et Marianne Lecler à la harpe. La partie électronique est assumée par le compositeur lui-même et la musique interprétée par "The Bratislava Symphony Orchestra" sous la direction de David Hernando Rico. L'argument tourne autour des fleurs et raconte l'histoire de trois femmes. La B.O. n'est pas très longue puisqu'elle n'atteint pas les 35 minutes et se divise en dix extraits. Le thème principal, premier dans l'ordre d'écoute, est superbe; une musique romantique très étirée et très bien orchestrée. J'aime beaucoup l'aspect à la fois éthéré et dilaté de ce morceau qui conserve malgré tout sa consistance initiale. J'ai aimé suivre son développement jusqu'à ses dernières respirations lorsqu'un violon plaintif m'accapare définitivement. La mélodie qui s'y dessine est magnifique et il m'a fallu une seconde écoute pour bien la cerner, l'apprivoiser. Plus globalement, il y a des moments très attachants, surtout dans la première partie, avec une certaine recherche dans les sonorités et un orchestre bien affirmé et présent, mais il y a aussi des moments ou la matière orchestrale semble se dissiper au profit d'une atmosphère plus synthétique et creuse. La musique se résout alors à un minimum de notes, un dilatement excessif au point qu'elle perd de sa consistance: on atteint donc ici la phase la plus faible de la partition. Heureusement, la musique retombe sur ses pieds par l'intensité du violon plaintif du début qui réapparait, un ou deux passages plus tendus, ainsi qu'une belle déclinaison du thème principal, cette fois dominée par le piano. Touchante conclusion.


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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2017-12-06, 23:08

Je me devais de revenir sur la dernière (connue) composition de Pascal Gaigne, écrite pour le film d'Inaki Dorronsoro, intitulé Plan de Fuga, j'ai lu les noms de trois solistes en plus de l'orchestre symphonique, Chris Kase à la trompette, Antonio Miguel à la contrebasse et Mikel Andueza au saxophone. Avant de découvrir pour la première fois cette musique, je m'était dit - une forte intuition puisque je ne connaissais pas encore le contenu - qu'avec un tel trio, le jazz devait talonner aux portes de cette nouvelle bande originale. effectivement, des éléments de jazz s'y font entendre, prioritairement par le solo de saxophone, et cela dès le premier extrait. Globalement, s'agissant sûrement d'un thriller ou d'un film d'action, la musique répond aux impératifs du genre, avec beaucoup de tensions et de moments plus trépidants. Les éléments de jazz se glissent ci et là sans vraiment s'affirmer, davantage de brèves ambiances, des touches minutieusement distillées. C'est vers la fin de la B.O. que le jazz commence à s'installer, notamment sur le thème final, le libérant définitivement de l'emprise filmique. Moins dramatique à ce moment-là. Pascal Gaigne est un compositeur habile et talentueux que je connais surtout au travers de sa musique de film, si on excepte deux pièces de musique de chambre, une pour clarinette seule et un quintette à vents. Plan de Fuga, avec ses pointes "jazzy", ne m'a absolument pas déçu, au contraire, même si, lors de cette seconde approche, mon attention s'est surtout portée sur l'efficacité purement musicale - je n'ai pas vu le film - des thèmes d'action.
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2017-12-25, 18:42

Comme je l'ai dit sur un autre fil, mon voyage (virtuel) en Inde s'étant achevé sur Naresh Sohal, je ne voulais pas quitter trop vite cette région du monde sans faire une petite visite toute aussi virtuelle au Tibet par la Symphonie Tibétaine de Philippe Chamouard et au Népal par la bande originale du film Katmandù, un espejo en el ciel de Iciar Bollain (2012), composée par Pascal Gaigne. C'est une approche musicale très différente de la Symphonie Tibétaine qui, elle, se détachait complètement de l'agitation des vivants pour se figer à une certaine hauteur de vue et de méditation. La partition de Pascal Gaigne, dans un registre très minimaliste, portée par une série de percussions auxquelles se mêlent les tablas de Inigo Egia, déplie ses couleurs à proximité des regards et des sentiments, exprime les peines et les joies, la mélancolie et l'insouciance au sein d'une communauté humaine remuante et amoureuse de la vie. Avec les "tambours et les musiciens du peuple de Naurikot, sous la direction de Suklal Pariyar et la voix de Sabina Pariyar. Il y a quelque chose qui m'apaise beaucoup dans cette musique, surtout son thème d'ouverture qui se développe sur huit minutes. Irisant un piano minimaliste et mélancolique, les sonorités y déploient une ambiance à la fois lumineuse et douce. J'ai l'impression d'entrer dans un rêve.
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2020-10-14, 10:27

Une collaboration intéressante semble être née entre le cinéaste et écrivain finlandais Rax Rinnecangas et le compositeur d'origine française Pascal Gaigne, comme le démontrent les deux titres que j'ai réécoutés ce matin; Elämä, The last Days of Lucifer (2013) et Water Marked.

La partition de Elämä, The last Day of Lucifer développe une série formidable de lieds chantés en allemand dans un contexte chambriste âpre et souvent tendu. Ce n'est pas une approche musicale si courante dans le domaine de la musique de film au point que si j'avais écouté pour la première fois cette oeuvre les yeux bandés, je n'aurais pas pensé à une composition conçue pour l'image. Ce film a très certainement permis à Pascal Gaigne d'élaborer une partition musicale plus personnelle, de celle qu'il pourrait avoir envie d'écrire en dehors du Septième Art, ce qui fait que le résultat s'éloigne d'une musique de film lambda, ordinaire. Quand je parle d'une musique de film lambda, il ne faut pas y voir la moindre connotation péjorative. Gaigne, comme tous les compositeurs oeuvrant régulièrement pour le cinéma, a composé de la musique de film lambda et certaines d'entre elles sont fort attrayantes - je pense par exemple à Lasa & Zabala avec son thème principal corrosif et mélancolique qui me procure des frissons à chaque écoute. La mezzo-soprano Itzia Lesaka s'éclipse avant les dernières plages, même si la partie instrumentale de la partition évolue dans la même esthétique. Outre la voix de mezzo-soprano et un usage intéressant de l'accordéon d'Inaki Alberdi, d'autres instruments sont mis en avant, tout d'abord le piano de Javier Perez de Azpeitia qui se distingue par une présence assez constante, la harpe de Marianne Lecler et le violoncelle d'Elena Escalza. La musique est particulièrement sombre sur toute sa longueur, correspond exactement à ce quoi j'aspirais très fort dans les années 1990. Aujourd'hui, même si mes aspirations sont plus diversifiées, cette noirceur ambiante ne me gêne absolument pas, au contraire, ce genre de musique me fascine toujours autant.

Je connais son travail sur Water Marked du même réalisateur (2011) par le biais d'une suite fort bien construite d'une vingtaine de minutes qui complète idéalement la B.O. précédente. Elle est pratiquement aussi sombre et tourmentée sur toute sa durée, excepté les quelques minutes finales où prend forme un thème mélodique dominé par le piano que je trouve particulièrement touchant et troublant à la fois, et qui, à sa façon, détend un peu l'atmosphère.
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-05-04, 17:48


 Pascal GAIGNE, né en 1958 Artworks-000234794032-7ri5uf-t200x200

Tout-à-l'heure, j'ai présenté succinctement une compilation qui réunissait, sous la forme de plusieurs extraits, un pan essentiel de la collaboration entre le cinéaste Jacques Audiard et Alexandre Desplat. Aujourd'hui, j'ai réécouté une compilation qui représente la collaboration entre la cinéaste Iciar Bollain et Pascal Gaigne au travers de quatre titres:
__El Olivo (2016)
__Katmandu, un espejo en el cielo (2012)
__En Tierra extrana - documentaire - (2014)
__Flores de otro Mundo (2000)
Flores de otro Mundo, qui est classé parmi les comédies dramatiques, est aussi leur première collaboration. La musique, dans son ensemble, invite un instrumentarium assez atypique: piano, accordéon, basse électrique, contrebasse, saxophones, clarinette, percussions, violoncelle, guitares, bandonéon, kanone, berimbau et électronique. Elle se révèle surtout intimiste, ambiante, parfois statique, peut être une danse populaire, un piano un peu tendre sur un air plus familier. Des treize extraits proposés, il en ressort un point culminant de presque quatre minutes, extatique et méditatif sur un fond électronique discret et statique. Il y a quelques ambiances et sonorités que j'apprécie dans cette musique.

Le film relate l'histoire de trois femmes, une Cubaine, Milady, une Dominicaine, Patricia, et une Espagnole, Marirrosi. Toutes les trois sont confrontées à plusieurs problèmes existentiels et se préoccupent pour leur avenir. Ces problèmes sont semblables à ceux subis par trois jeunes hommes d'un village dans la province de Guadalajara: Santa Eulalia, un petit village condamné à l'oubli et où il n'y a aucune femme en âge de se marier. Vite, Damian, Alfonso et Carmelo, les trois jeunes hommes, rencontrent les trois femmes dans une fête organisée par les hommes célibataires du village. C'est ainsi que commence une histoire pleine de rebondissements entre ces différents couples.

<<"Fleurs d'un autre monde" a été ma première collaboration avec Iciar Bollain. Il ne m'a pas été facile de déchiffrer ses intuitions sonores et cela nous a coûté du temps et de l'énergie pour trouver un terrain valable. Curieusement, avec le temps, je me rends compte qu'il y a deux composantes qui sont déjà présentes: un côté plus classique, intime, simple et mélodique, et un autre plus sonore, intrigant, ethnique. Quand ils m'interrogent sur l'inspiration pour composer, ma réponse est toujours que c'est un mélange d'intuition et de réflexion, chacun donnant de la matière à l'autre, mais la vérité est que c'est un mystère, et c'est bien que ça continue à Être comme ça.>> Pascal Gaigne.

Je n'ai pas réécouté les extraits de Katmandu car je possède déjà un album plus complet de cette musique, me suis laissé, en revanche, distraire par un "Fabulae" un peu festif provenant de En Tierra extrana et attendrir par la délicieuse musique de El Olivo, d'un genre quelque-peu sentimental et qui invite quelques instruments solos tels que le piano, le célesta, la harpe, la mandoline et l'accordéon. J'aime beaucoup le jeu du piano sous les doigts de Javier Perez de Azpeitia qui illumine le thème principal. Je trouve ce thème très réussi et émouvant et heureusement car toute la B.O. semble s'articuler autour de lui. Dans le style, cette musique m'évoque un peu ce que Pascal Gaigne composa pour Le Cou de la Girafe, film de Safy Nebbou (2004), B.O. par laquelle j'avais découvert ce compositeur. S"il se montre très à l'aise dans ce type de musique très tonale et d'une grande fluidité rythmique, il sait surprendre et s'exprimer dans des formes d'expression différentes et parfois plus sophistiquées.
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Pébété

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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-05-04, 18:36

Mains Icare, j'ai bien apprécié
Castillos de cartón - Le cou de la giraffe.
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-09-16, 10:23


J'entame un nouveau cycle, cette fois entièrement consacré au compositeur d'origine française Pascal Gaigne dont une très grande partie de son énergie créatrice est consacrée au Septième Art et plus précisément au cinéma espagnol. J'avais découvert ce musicien avec la très séduisante musique qu'il composa pour le film de Safy Nebbou; Le cou de la girafe (2004), à laquelle s'ajoutent trois extraits de deux courts-métrages du même réalisateur; Bertzea et Lepokoa. Les deux extraits de Lepokoa sont également très beaux, le premier étant dans la même veine "romantico-mélancolico-nostalgique" que le thème principal du "Cou de la girafe". J'avais évoqué, ces derniers temps, ces albums uniques de compositeurs de cinéma que je souhaitais ou non approfondir...par exemple, puisque j'en suis au cinéma espagnol, Alfonso Conde qui fait plutôt partie des compositeurs que je ne pense pas approfondir, même si son The Abandoned ne me déplait pas à l'écoute. Disons que je n'y ressens pas une personnalité musicale qui me stimule suffisamment pour être à l'affût de la moindre nouveauté le concernant. Bien sûr, j'écouterai si l'occasion se présente car je lui trouve malgré tout un certain potentiel, mais ça s'arrête là. Comme tout le monde j'ai mes priorités et Pascal Gaigne est de ces compositeurs qui ont su stimuler mon oreille, l'esprit et le coeur qu'il y a derrière. De lui, j'en suis quand même à douze albums, ce qui n'est pas négligeable! (Il me manque néanmoins quelques opus.) D'autre-part, toutes ses musiques ne se ressemblent pas, loin de là. Ce serait faire preuve d'une méconnaissance de son oeuvre que de le réduire aux atouts de séduction qu'il sut transmettre par une partition très mélodique, plutôt sentimentale et avenante, sur Le cou de la girafe. Verbo, que je vais réécouter dans la journée, est déjà de très différente facture, de même que Katmandu. Jusqu'à maintenant, ses pics de créativité me paraissent illustrés par deux titres en particulier, Elämä et Los mundos sutiles. Je les considère comme les deux points culminants de la carrière musicale de Pascal Gaigne qui, heureusement, n'est pas encore terminée et pas ignorée par l'industrie du disque. J'ai la chance d'un compositeur qui, à la fois, m'intéresse vivement et est plutôt bien édité sur disques. d'ailleurs, je vais, à la fin de ce cycle, découvrir sa dernière bande originale (éditée en disque) pour un film d'Igor Legarreta; Ilargi Guztiak/Todas las lunas (2021)...Peut-être un nouveau point culminant dans sa carrière...

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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-09-16, 18:18

J'ai omis de mentionner les deux pièces de musique de Pascal Gaigne en ouverture du nouveau cycle qui lui est entièrement consacré. Il s'agit non seulement des plus anciennes compositions que je connais de lui mais aussi des deux seules compositions extra-cinématographiques que j'ai en ma possession. En vue de ce que j'ai pu lire et retenir de sa biographie, il a principalement composé des pièces de musique de chambre avec ou sans électronique. Les deux oeuvres que j'ai l'occasion de connaître s'intitulent (1995), cinq pièces pour clarinette seule, interprétées par Jean-François Verdier et Traversée II (1990-92), un quintette pour instruments à vent et dispositif de synthèse en temps réel, interprété par l'ensemble Pythagore. Il arrive parfois qu'un compositeur, connu pour sa musique de film, écrive dans une esthétique voisine lorsqu'il oeuvre pour le concert, je pense à des noms connus comme Nino Rota, Bernard Herrmann, plus près de nous, Ludovico Einaudi..., mais il arrive aussi que des compositeurs empruntent une voie bien plus contemporaine, voire sans concession, lorsqu'ils composent des oeuvres plus personnelles et destinées au concert. En fonction de ce que je connais, c'est-à-dire pas encore grand-chose dans ce domaine-là, et tenant compte qu'un compositeur évolue toujours d'une manière ou d'une autre, pouvant parfois "assouplir" son approche dans le domaine concertant et devenir plus expérimental dans sa musique de film, Pascal Gaigne appartiendrait davantage à la seconde catégorie: une oeuvre comme Traversée II est ouvertement contemporaine, axée dans la recherche d'une originalité sonore, voire plus...

est un mot issu du Basque "Kéa" signifiant brouillards, fumées:

<<En commençant le travail d'élaboration de cette oeuvre, je me suis fixé deux objectifs principaux: d'une part je voulais donner à ces pièces un caractère virtuose sans jamais sacrifier la musique à la technique, et d'autre part, chacune des pièces devait posséder son identité, sa personnalité, explorant un domaine sonore, mélodique, discursif, énergétique, ou bien encore une combinaison de ces éléments. Mais l'ensemble devait rester homogène, donnant le sentiment d'une même provenance, d'un même univers. La première des pièces composées est le troisième mouvement, long ruban modal de 59 hauteurs incrusté d'infimes variations d'expression de tempo, d'accentuations. Issu de ce mode, un autre mode en quarts de tons vient conjuguer, au centre du mouvement, ses valeurs lentes et mélodiques à la douce hypnose des spires environnantes. Le premier mouvement explore et joue avec 4 macro-objets (combinaison des hauteurs/durée/mode de jeu/expression), donnant une impression d'unité, et les combinaisons de ces macro-objets. Le deuxième mouvement est à la fois une conséquence du premier par sa stabilité sur une note aiguë, et une induction du mouvement suivant dans les échappées qui n'en sont en fait que de très courts fragments. Le quatrième mouvement recherche une mélodie intérieure calme, profonde, utilisant les mêmes intervalles: tierce mineure puis quart de ton, septième descendante, avec une réponse conséquente très agitée, mobile et vibratile. Le cinquième et dernier mouvement développe certains des macro-objets du premier dans un environnement très sonore, rythmique et dynamique.>> Pascal Gaigne.

En général, comme beaucoup de mélomanes (non musiciens?) je suis plutôt méfiant avec les oeuvres pour instrument non accompagné, sauf s'il s'agit d'un instrument à claviers comme le piano ou le clavecin, ou encore le violoncelle. J'adore la clarinette depuis toujours, néanmoins je la préfère accompagnée et, lorsque je tente l'expérience, c'est parce qu'elle est d'un compositeur que j'aime beaucoup. Je ne prendrais pas le risque avec un inconnu, à moins qu'elle soit un petit complément sur un album qui m'intéresse pour ses autres oeuvres. Au bout du compte, ces cinq pièces pour clarinette seule, réunies sous le titre , atteignant presque les quatorze minutes, ne m'ont jamais été pénibles. La crainte, c'est effectivement que la prouesse technique plombe la musique. Gaigne explique justement qu'il s'est efforcé de ne pas sacrifier la musique à la technique et j'estime qu'il y est parvenu: la virtuosité du jeu ne se fait pas au détriment de la fluidité du récit musical. Côté B.O., j'ai également réécouté ce qu'il composa sur Verbo/Lost Destination, un film fantastique espagnol écrit et réalisé par Eduardo Chapero-Jackson: <<À Madrid, Sara (García), une adolescente paumée qui rêve d'un monde fantastique, pénètre dans un univers parallèle.>> Il en résulte un thème principal magnifique avec choeur, violon céleste, quelques sons synthétiques pas du tout exagérés, d'autres thèmes assez magnétiques que j'imagine bien collées sur des scènes fantastiques, d'autres plus ennuyeux... En conclusion, une bande originale inégale mais qui sait se ressaisir sur la durée: 69 minutes quand même! Trop long.
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-09-17, 08:26

Icíar Bollaín est une réalisatrice, scénariste et actrice espagnole, née le 12 juin 1967 à Madrid. En dehors de ses rôles d'actrices dans une petite trentaine de métrages, que ce soit pour le cinéma ou la télévision, elle a réalisé 10 films, 6 courts-métrages et 2 documentaires. Elle collabora (sur ses longs-métrages) avec plusieurs compositeurs, Bernardo Bonezzi, Alberto Iglesias, Lucio Godoy, Vanessa Garde (inconnue au bataillon) et donc Pascal Gaigne avec lequel elle collabora à plusieurs reprises:

 Pascal GAIGNE, né en 1958 Iciar-bollain-photo_41181_6253

__Flores de otro mundo (1999)
__Katmandú, un espejo en el cielo (2011)
__El Olivo/L'olivier (2016)
plus la musique du documentaire En tierra extraña (2014). J'ignore si c'est Pascal Gaigne qui mit en musique son premier documentaire, Sara, una estrella (2001) et s"il composa pour certains de ses courts-métrages.
C'était en tout cas une bonne idée de regrouper sur un album des extraits musicaux de cette collaboration entre Pascal Gaigne et Iciar Bollain. L'album commence avec cinq extraits musicaux tirés de El Olivo (2016), leur dernière collaboration à ce jour, Yuli (2018) et Maixabel (2021) ayant été mis en musique par Alberto Iglesias et La boda de Rosa par Vanessa Garde. Ces cinq thèmes tirés de L'Olivier sont dans cette veine lyrique et d'une grande tendresse qui évoque assez, question style, ce qu'il composa pour Le cou de la girafe (2004). Certains n'y verront qu'une guimauve certes agréable à l'oreille, personnellement j'y trouve beaucoup de charme et d'accroche émotionnelle. C'est une musique qui, à chaque fois, fait vibrer ma corde sensible, aussi bien par la couleur que par le récit. Portée par un orchestre avec comme solistes harpe, piano, accordéon, celesta et mandoline, elle respire la fraternité, la convivialité et bien sûr le soleil... c'est ainsi que je la ressens. Ensuite, je retrouve Katmandu, mais dans une version plus courte, très représentative de l'album plus complet que j'avais réécouté juste avant. Il y a toutefois quelques petits morceaux délicieux que je ne retrouve pas dans cette sélection. Il y a en tout cas une flûte à la sonorité très particulière qui me touche beaucoup. Elle est jouée par Javier Paxarino, probablement une flûte originaire du Népal... Le thème principal qui atteint les huit minutes est magnifique. Arrive ensuite un unique et court extrait (fort sympathique) qui a été imaginé et conçu pour le documentaire En tierra extrana. Outre les cordes, il emploie saxophones et percussions, le tout au service d'une humeur musicale assez cocasse. L'album se conclut avec treize extraits de leur toute première collaboration (si on excepte une possible collaboration sur les deux premiers courts-métrages) Flores de otro mundo/Fleurs d'un autre monde. L'approche ne manque ni de couleurs ni de parfums. elle invite: le piano, l'accordéon, la basse électrique, la contrebasse, des saxophones, une clarinette, les percussions, le violoncelle, différentes guitares, berimbau, bandonéon, kanone et électronique.
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-09-17, 23:03

Aujourd'hui, j'ai réécouté deux bandes originales de Pascal Gaigne très différentes l'une de l'autre:
__Los mundos sutiles, un film documentaire de Chapero-Jackson (2012)
__Amaren Eskuak/Las manos de mi madre, un film de Mireia Gabilondo (2013).
Les compositeurs de l'image sont en quelque-sorte des caméléons, mais cette juste observation se justifie par le fait qu'une bande originale est inévitablement conditionnée par le film d'une part, mais aussi par les exigences/goûts du réalisateur. Une musique de film n'appartient jamais complètement à son compositeur, elle est toujours le résultat d'un compromis plus ou moins important. Pour le métrage de Chapero-Jackson, Pascal Gaigne a composé une musique très particulière, fouillée, qui s'écarte des sentiers battus, alors que sa partition pour Amaren Eskuak est déjà plus ordinaire, plus encrée dans une tradition classique et européenne de la musique de film, mélancolique, sentimentale, mais que Gaigne confectionna, comme à son habitude, avec une sensibilité à fleur de peau. Elle convoque quelques instruments solos: piano, guitares et violoncelle. "El Faro" qui bénéficie de trois versions, dont la dernière est la plus développée, est une sorte de ballade sentimentale, offrant un contraste lumineux à des thèmes plus introvertis et mélancoliques.

L'histoire: En réalité, le film traite deux histoires à la fois; l’une est celle d’une femme âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer dont de vieux souvenirs de jeunesse refont surface malgré sa mémoire défaillante, l’autre, celle de sa fille, qui se disperse entre son métier de journaliste, son rôle de mère un peu absente - principalement vis-à-vis de sa fille - et se reportant trop sur son mari anglais pour le quotidien, un mari qu’elle néglige par la même occasion.

Je n'ai pas vu ce film de Mireia Galibondo, comme aucun film mis en musique par Pascal Gaigne soit dit en passant - je connais hélas encore mal le cinéma espagnol - mais les intrigues qui y sont narrées semblent faire partie de l'ordinaire et jouer beaucoup sur les sentiments, la tristesse, l'espoir, la nostalgie, l'amertume, la tendresse, les frustrations... La musique répond évidemment à toutes ces émotions qui animent les personnages principaux, elle est belle, sensible, parfois sensuelle, latine aussi, mais j'ai une préférence pour ce que Pascal Gaigne composa pour Los mundos sutiles. Le thème principal où se mêlent orchestre, percussions de différents timbres, choeur et électronique, est un sommet d'onirisme, hypnotique à souhait, carrément orgasmique à mon oreille. Il y en a quelques autres dans cet acabit. L'album atteint les 60 minutes, n'évite pas les moments plus minimalistes où l'étrange prend le pas sur le mystère. La musique est souvent lente, insaisissable d'une certaine façon, qui sait se reprendre avant de lasser - si je me fie bien sûr à ma propre expérience sachant que ce n'est pas une bande originale à mettre dans toutes les oreilles. J'y ressens souvent comme un flottement, une teneur mystique, "une musique en apesanteur" ce qui lui offre un lien très étroit avec l'esprit du film tel qu'il est définit par son réalisateur. Je la considère comme un effort majeur dans la musico-filmographie du compositeur. La partition sollicite notamment la voix de la chanteuse basque espagnole Amaia Zubiria (*1947)

 Pascal GAIGNE, né en 1958 Evento_3890

A propos du film, par Chapero-Jackson

J'ai voulu enquêter sur l'expérience subjective - comme l'est toujours la poésie décontextualisée, en y projetant sa propre vie - de la rencontre avec Machado. C'est sa propre expérience qui est vraiment dans le rapport à l'art consacré, si répété et contaminé par des références étrangères. L'idée d'enquêter sur la façon dont son travail pouvait résonner dans l'imaginaire de quelqu'un loin de tout lien avec lui était passionnante. Si ses textes sont intemporels et universels, cette approche était un beau défi cinématographique. De plus, la poétique sur le plan littéraire a un transfert compliqué sur le plan audiovisuel. Tout cela m'a amené à penser qu'une jeune danseuse qui grandit dans l'Espagne d'aujourd'hui – par rapport à laquelle Machado a tant dépeint – pourrait être un riche lien scénique. En renforçant l'anachronisme, sa poésie semblait montrer encore plus sa pertinence et sa validité, et la qualité expressive du corps par rapport à son environnement pouvait mieux traduire visuellement les mondes subtils qu'il aimait tant. "Pour dépeindre le parcours de cette fille, j'ai voulu l'aborder aussi avec l'apesanteur que Machado admirait, en tirant avec un équipement léger", m'affranchir au maximum de la contrainte technique typique d'un tournage normal, chercher le langage de l'image du moment, ce qui est éphémèrement perdu et ce que Machado a dit pour définir la poésie: "la parole dans le temps".

Antonio Cipriano José María Machado Ruiz, plus connu sous le nom dʼAntonio Machado, né le 26 juillet 1875 à Séville (Andalousie) et mort le 22 février 1939 à Collioure (Pyrénées-Orientales, France), est un poète espagnol. Il est l'une des figures du mouvement littéraire espagnol connu sous le nom de Génération de 98. Il mélange la rêverie mélancolique et raffinée à l'inspiration terrienne. (Wikipédia)
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-09-18, 12:28

Rax Rinnekangas, de son vrai nom Reijo Rinnekangas est un photographe, cinéaste et écrivain finlandais qui est né le 26 septembre 1954 à Rovaniemi. Il est l'un des artistes finlandais contemporains les plus connus sur le plan international. Il a tenu près de 50 expositions dans des musées ou galeries en Finlande et à l'étranger. On évoque souvent Edward Hopper et Andreï Tarkovski pour parler de ses créations mêlant réalisme et métaphysique. Certaines de ses œuvres sont multilingues. Je pouvais donc m'attendre à une collaboration intéressante et créative entre Rax Rinnekangas et Pascal Gaigne. Je l'aborde sur deux titres:
__Luciferin viimeinen elämä/The last days of Lucifer (2013)
__Veden peili/Water Marked (2012)

 Pascal GAIGNE, né en 1958 Water_marked_QRSOL012

J'ignore si Pascal Gaigne collabora sur Matka Edeniin (2011) ainsi que sur Theon talo (2014). La musique de Luciferin viimeinen elämä est une succession de neuf lieds plus six instrumentaux. Cette approche du lied dans la musique de film n'est pas chose courante, plutôt inhabituelle, en dehors de l'usage de lieds préexistants comme, par exemple, dans En mai fais ce qu'il te plait (2015) de Christian Carion: No.4, Ständchen From Schwanengesang D.957 de Franz Schubert chanté par Fritz Wunderlich. Pour le film de Rinnekangas il s'agit de lieds spécialement composés pour l'occasion, quatre sur des textes de Rainer Maria Rilke et quatre autres sur des textes du cinéaste lui-même, le neuvième offrant à la mezzo-soprano Itziar Lesaka un superbe jeu d'expression vocale, sans aucun texte, sur ce qui est selon moi le plus beau moment musical de la B.O.. La voix, lorsqu'elle se libère du texte, devient souvent à mon oreille plus émouvante encore. Néanmoins, j'ai toujours aimé la mélodie et le lied en général. Je n'ai pas d'abord aimé cette forme d'expression musicale par Schubert, mais davantage par Canteloube, Cras ou encore Tomasi. La mélodie chantée, le lied, que ce soit par une soprano, un baryton ou un ténor, n'a jamais été un frein à mon émotion. C'est un genre qui sait m'émouvoir, peut importe d'ailleurs la langue dans laquelle chacun des lieds est interprété. Que je n'en comprenne pas les textes n'est pas forcément un obstacle dans mon appréciation. C'est d'ailleurs le cas avec ces lieds de Pascal Gaigne. La musique est très sombre, profondément dramatique, d'une noirceur assez implacable. J'aime cette ambiance et suis autant réceptif aux extraits purement instrumentaux qui prolongent cette noirceur au-delà de la voix d'Itziar Lesaka. Quelques solistes s'invitent dans la partition:
le pianiste Javier Perez de Azpeitia,
la violoncelliste Elena Escalza,
la harpiste Marianne lecler
et l'accordéoniste Inaki Alberdi.
La musique que Pascal Gaigne composa pour Water Marked est représentée par une suite qui n'atteint pas tout-à-fait les vingt-et-une minutes. Purement instrumentale et portée par un trio de solistes qui se constitue d'un piano, d'un alto et d'un violoncelle, toute en progression, cette suite est également très sombre, pour ne pas dire cafardeuse à un moment donné. Elle s'éclaircit dans ses dernières minutes par un thème magnifique au piano qui, s"il perd de la noirceur ambiante, n'en demeure pas moins d'une douce mélancolie. Pour l'univers de Rax Rinnecangas, Pascal Gaigne a imaginé et conçu deux de ses plus belles compositions pour l'image.
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-09-18, 16:34

Je continue mon exploration de la musique de Pascal Gaigne avec, cette fois, Loreak - Flowers, une partition qui se partage entre instruments solos, orchestre et électronique qu'il composa aux alentours de 2014 pour le film homonyme de Jon Garano & Jose Mari Goenega. Il sollicita quelques solistes:
Jana Nagy-Juhàsz au piano solo,
Stefan Filas au concertino,
Peter Baran au violoncelle
et Marianne Lecler à la harpe. J'y retrouve des noms qui me sont désormais devenus familiers, comme celui par exemple de Marianne Lecler. La partie électronique est réalisée par le compositeur lui-même et la musique, plus globalement, est interprétée par "The Bratislava Symphony Orchestra" sous la direction de David Hernando Rico. L'argument tourne autour des fleurs et raconte l'histoire de trois femmes:

<<Ane, la quarantaine bien frappée, est charmée par le splendide bouquet qu’on vient de lui livrer. Mais la chef de chantier ne sait pas qui remercier, son mari jaloux Ander n’étant certainement pas à l’origine de cet acte chevaleresque. Alors que ces charmantes intentions se font plus fréquentes – tous les jeudis, par un expéditeur anonyme –, la vie d’Ane prend un nouveau tournant. L'existence de Lourdes est elle aussi perturbée par l’arrivée de beaux bouquets, déposés sur le lieu de l’accident où a péri son mari. La belle-mère de Lourdes décide alors d’enquêter sur la provenance des fleurs anonymes. (Le long métrage de Jon Garaño et de Jose Mari Goenaga se veut un hommage envoûtant à trois femmes résolues et au pouvoir des fleurs.) (Wikipédia)

La bande originale qui est d'une durée qui avoisine les 34 minutes n'a rien d'impressionniste, ou si peu... Le thème principal, premier dans l'ordre d'écoute, est ce moment magique de pure émotion qui m'est insaisissable que l'on retrouve assez souvent dans la musique de film de Pascal Gaigne; une musique romantique très étirée et délicatement orchestrée: toujours cette sensibilité à fleur-de-peau. Je suis très réceptif au caractère à la fois éthéré et dilaté de ce morceau en particulier, qui conserve malgré tout sa consistance initiale. "J'ai aimé suivre son développement jusqu'à ses dernières respirations lorsqu'un violon plaintif m'accapare définitivement.", c'est ce que j'avais écrit la dernière fois - c'était en 2015 - et mon impression n'a pas évolué d'un iota. La mélodie qui y prend forme est formidable, d'une douceur infinie et je sais qu'il m'avait fallu plusieurs écoutes pour en saisir toute la poétique. Plus globalement, il y a d'autres moments musicaux de cette poétique-là, des moments musicaux qui, d'une certaine manière, expriment la beauté et la fragilité des fleurs, avec, pour qui a une oreille attentive, une certaine recherche dans les sonorités: "beauté & fragilité" sont vraiment les deux qualificatifs qui me viennent à l'esprit pour décrire les meilleurs instants de cette bande originale. Au fur et à mesure que j'avance dans l'album, l'orchestre, toujours employé dans une grande sobriété, s'éclipse sur la pointe des notes au bénéfice d'un climat sonore fortement onirique mais presque exclusivement synthétique. Des nappes électroniques dominent alors la partition, en occupe l'espace. Il y a certes de la rigueur, c'est sans dilettantisme, le compositeur connait son métier et maîtrise son matériel. Néanmoins, ce n'est pas la partie qui m'intéresse le plus. Par chance, la musique retrouve sa consistance acoustique de départ par l'intensité du violon plaintif du début qui réapparait, un ou deux passages plus tendus, ainsi qu'une irrésistible déclinaison du thème principal, cette fois dominée par le piano... Ha, ce piano quasi-cristallin d'une délicatesse infinie...

 Pascal GAIGNE, né en 1958 Loreak

Petites infos supplémentaires sur le film:

Il est repris dans la sélection officielle du Festival international du film de Saint-Sébastien, y étant le premier film à concourir réalisé intégralement en langue basque. Le film a été nominé dans les catégories "meilleur film et meilleure musique originale" à la 29e édition des Prix Goya. Le 12 janvier 2015, il a obtenu le prix du meilleur film latin au Festival international du film de Palm Springs. Le 29 septembre 2015, le film est officiellement désigné comme celui qui représentera l'Espagne à la prochaine cérémonie des Oscars. (Wikipédia)
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-09-18, 22:53

J'ai abordé deux autres partitions de Pascal Gaigne, cette fois écrites pour deux films que l'on peut qualifier d'action, dans un premier temps:
__Lasa & Zabala, un thriller politique basé sur des éléments réels: "En octobre 1983, deux militants d’ETA disparaissent en plein Bayonne. Douze ans s’écoulent avant que leurs corps ne soient découverts et identifiés à des centaines de kilomètres de là, dans une fosse où ils ont été couverts de chaux vive après avoir été torturés et exécutés. Leur avocat va tenter de percer le mystère de leur assassinat. Démêler l’écheveau de preuves va le conduire jusqu’au sommet de l’administration espagnole et va le mettre sur la voie du GAL, l’organisation paramilitaire secrète utilisée pour des missions de répression au Pays basque…" Ce film date de 2014 et a été réalisé par Pablo Malo...
Dans un deuxième temps:
__Plan de Fuga, un thriller avec un arrière-plan politique: "Victor, braqueur solitaire et mystérieux, affiche une longue carrière de casses réussis. Son secret ? Il excelle dans l'art de percer les murs. Son palmarès ne tarde pas à faire du bruit dans le milieu : il est approché par un groupe mafieux russe pour réaliser hold-up du siècle. Sa mission est simple : il doit forer seul l'unique porte de sortie qui leur permettra de s'échapper du coffre-fort d'une banque internationale. Mais l'opération se complique lorsque le chauffeur du fourgon le reconnait. Car Victor n'est pas celui qu'il prétend être..." Ce film date de 2017 et a été réalisé par Iñaki Dorronsoro...

La bande originale de Lasa & Zabala s'illustre tout d'abord par un thème principal renversant, intitulé "Justicia". Il m'avait tellement fasciné lors de la découverte que je l'avais écouté plusieurs fois de suite avant de ranger l'album. J'avais même été déçu qu'il n'y ait pas eu une reprise moins frustrante que "Sentencia final" (dernier extrait). Celui-là, je l'aurais souhaité au centre de l'album et aurais préféré une seconde reprise plus développée comme final. J'avais tellement adoré ce thème - d'ouverture sur le disque mais peut-être le générique-fin du film - que tout le reste m'avait paru plus accessoire, anecdotique. Il est vrai que le reste de la bande originale est plutôt d'atmosphère, anxiogène, musique de tension à suspens avec quelques énervements et moments plus tendres et lyriques. Ils ont gagné en consistance au fil des écoutes même si le thème principal continue de faire des ravages. Il s'inscrit en tout cas dans une excellente tradition de la musique de film européenne.



Les solistes sont presque toujours mentionnés dans les albums de Pascal Gaigne, une précaution que l'on ne retrouve pas toujours dans les éditions d'albums de musiques de films. Dans Lasa & Zabala sont mentionnés Atanas Atanasov (piano), Iliana Selymska (harpe), avec "The Bulgarian Symphony Orchestra" sous la direction de Claudio Ianni. Dans Plan de Fuga figurent trois solistes en plus de l'orchestre symphonique de Bratislava sous la direction de David Hernando Rico:
Chris Kase à la trompette,
Antonio Miguel à la contrebasse
et Mikel Andueza au saxophone

Un esprit jazz plane au-dessus de cette musique, un jazz urbain, nocturne, teinté de blues. Il ne bénéficie pas d'un thème principal aussi ensorcelant que Lasa & Zabala, c'est davantage une ambiance lancinante portée par un saxophone et une trompette de séduction immédiate et durable. Il y a quelque-chose de moite dans cette musique et d'oppressant. Les allusions jazzy se glissent ci et là sans vraiment s'affirmer, davantage de brèves ambiances, des touches minutieusement distillées, libérant ci et là comme un parfum de polar. La partition est également ponctuée et secouée par des morceaux d'action fort bien fichus qui retiennent toute mon attention, pas de ceux qui me sont pénibles dans une écoute seule. Il y a là des constructions rythmiques et une palette de timbres qui rendent l'écoute intéressante. Vers la fin de la B.O. "l'esprit jazz" prend une forme plus concrète, moins "électro-symphonique", notamment sur le thème final qui se libère enfin des tensions pour devenir beaucoup moins dramatique et pouvant même apparaître comme optimiste.
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MessageSujet: Re: Pascal GAIGNE, né en 1958    Pascal GAIGNE, né en 1958 Empty2021-09-19, 19:36

Pour clore ce chapitre entièrement consacré à Pascal Gaigne, j'ai écouté pour la première fois sa toute dernière composition éditée en disque, écrite pour un film de Igor Legarreta; Ilargi Guztiak - Todas las lunas (2021). Comme la plupart de ses partitions, elle sollicite quelques solistes:
Stephan Filas: concertino,
Boris Boho: violoncelle,
Adriana Antalova: harpe
et Dusan Sujan: piano,
avec le "Bratislava Symphonic Orchestra" sous la direction de David Hernando Rico.

 Pascal GAIGNE, né en 1958 120673_cv04

Au départ, c'est-à-dire à partir des deux premiers extraits, la musique me sembla insaisissable et j'ai même craint que l'ensemble de la bande originale soit dans cette veine atmosphérique et athématique, dans laquelle se mêlent électronique et quelques instruments acoustiques dont certaines percussions. Sur 67 minutes, je craignais un décrochage. Pourtant, je connais désormais suffisamment la personnalité musicale de Pascal Gaigne pour n'avoir à redouter une partition froidement atmosphérique. Effectivement, dès le troisième extrait la musique prend chair et s'humanise. Il y a de toute évidence, ci et là, une dimension expérimentale, une recherche de sonorités inédites et fantastiques dans des combinaisons sonores et instrumentales qui finissent par prendre rapidement de la consistance, du ventre - pas une matière creuse qui tombe à plat comme ça arrive systématiquement avec les piètres musiciens. Il y a des coloris magnifiques dans cette B.O., des timbres qui donnent l'illusion d'un monde irréel, fantastique, d'autres poétiquement beaux au coeur d'une matière orchestrale qui respire, se dilate, se contracte et se dilate encore, jusqu'à ce moment magique entre une petite percussion et une flûte qui semble provenir d'un monde lointain, peut-être du pays du soleil levant, tant ce passage m'évoque Toru Takemitsu, une fascinante atmosphère dans Ran. La B.O. prend aussi, au-delà de l'étrange et du mystère, des positions plus classiques par un orchestre soyeux au lyrisme contenu et si émouvant lorsqu'il est porté par le violoncelle ou une flûte piccolo. Bien sûr, à travers la musique de Pascal Gaigne, je ressens le drame, la souffrance, la désolation, mais aussi le rêve, la tendresse, l'amour, une profonde humanité qui se manifeste dans une grande sobriété, avec nuances et détermination, retenue et passion; une musique faite de pénombre et de lumière, de parcelles de lumières...
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