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 Anton Webern (1883-1945)

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joachim
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MessageSujet: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2010-02-10, 20:27

Anton Webern (né le 3 décembre 1883 à Vienne; mort le 15 septembre 1945 à Mittersill) est un compositeur et chef d'orchestre autrichien. Un des premiers élèves d’Arnold Schönberg, il appartient au premier cercle de la seconde école de Vienne.
Son nom complet est Anton Friedrich Wilhelm von Webern, mais il abandonne la particule von en 1918.


Né dans une famille bourgeoise de Vienne, Anton Webern étudie la musicologie avec Guido Adler à l'Université de Vienne (Institut d'Histoire de la musique), puis entre 1904 et 1908 il étudie la composition avec Arnold Schönberg qui eut une grande influence sur sa musique. En 1906, il obtient son doctorat en musicologie. En 1920, il quitte peu à peu la vie publique et en 1926, il fait connaissance à Vienne de la poétesse Hildegard Jone (1891-1963)1. Anton Webern a dès lors conçu l'ensemble de sa production vocale sur des textes de Jone.
En 1945, il est tué par une sentinelle américaine ivre Raymond Norwood Bell2 à Mittersill, village situé près de Salzburg, alors qu'il sortait fumer un cigare sur la terrasse après le couvre-feu.


Sa musique

Au début du xxe siècle il délaisse la tonalité. Vers 1920 — presque en même temps que Schönberg — Webern remplace la libre atonalité par la technique plus stricte du dodécaphonisme.
À partir de ce moment, la musique de Webern se concentre vers une organisation totale des sons non seulement d'après leurs hauteurs mais également d'après leurs durées. Alors que Schönberg et Alban Berg s’essaient à la grande forme, l'art de Webern s’accomplit dans la petite forme hautement concentrée.
Soucieux de la sonorité de chaque instrument et de la combinaison de leurs timbres (cf. les Cinq pièces pour orchestre op. 10), il met en place dans ses œuvres la Klangfarbenmelodie.


Catalogue des œuvres

Ce catalogue ne comprend que les œuvres numérotées.

Passacaille, pour orchestre, op. 1 (1908)
Entflieht auf Leichten Kähnen, pour chœur a cappella sur un texte de Stefan George, op. 2 (1908)
Cinq lieder sur Der Siebente Ring, pour voix et piano, op. 3 (1907-08)
Cinq lieder de Stefan George, pour voix et piano, op. 4 (1908-09)
Cinq mouvements pour quatuor à cordes, op. 5 (1909)
Six pièces pour grand orchestre, op. 6 (1909-10, révisé en 1928)
Quatre pièces pour violon et piano, op. 7 (1910)
Deux lieder, sur des textes de Rainer Maria Rilke, pour voix et piano, op. 8 (1910)
Six Bagatelles pour quatuor à cordes, op. 9 (1913)
Cinq pièces pour orchestre, op. 10 (1911-13)
Trois petites pièces pour violoncelle et piano, op. 11, (1914)
Quatre lieder, pour voix et piano, opus 12 (1915-17)
Quatre lieder, pour voix et piano, opus 13 (1914-18)
Six lieder pour voix, clarinette, clarinette basse, violon et violoncelle, op. 14 (1917-21)
Cinq chants sacrés, pour voix et petit ensemble, op. 15 (1917-22)
Cinq canons sur des textes latins, pour soprano, clarinette et clarinette basse, op. 16 (1923-24)
Trois mélodies populaires sacrées, pour voix, violon, clarinette et clarinette basse, op. 17 (1924)
Trois lieder, pour voix, clarinette en mi♭ et guitare, op. 18 (1925)
Deux lieder, pour chœur mixte, célesta, guitare, violon, clarinette et clarinette basse, op. 19 (1926)
Trio à cordes, op. 20 (1927)
Symphonie, op. 21 (1928)
Quatuor pour violon, clarinette, saxophone ténor et piano, op. 22 (1930)
Trois lieder sur Viae inviae de Hildegard Jone, pour voix et piano, op. 23 (1934)
Concerto pour flûte, hautbois, clarinette, cor, trompette, violon, alto et piano, op. 24 (1934)
Trois lieder pour voix et piano, op. 25 (1934-35)
Das Augenlicht, pour chœur mixte et orchestre, op. 26 (1935)
Variations pour piano, op. 27 (1936)
Quatuor à cordes, op. 28 (1937-38) - dont la série est basée sur le motif BACH
Cantate nº 1, pour soprano, chœur mixte et orchestre, op. 29 (1938-39)
Variations, pour orchestre, op. 30 (1940)
Cantate nº 2, pour soprano, basse, chœur et orchestre, op. 31 (1941-43)
Kammerkonzert, op 32 (1945, inachevé)


Parmi les oeuvres sans opus (toutes avant  l'opus 1 ou inachevées)

Im Sommerwind, poème symphonique (1904)
Langssamer Satz pour quatuor à cordes (1905)
Quatuor à cordes (1905)
3 pièces pour quatuor à cordes et soprano (1905)
Rondo pour quatuor à cordes (1906)
Sonatensatz (Rondo) pour piano (1906)
Quintette pour piano et cordes (1907)
Sonate pour violoncelle et piano (1914)
2 pièces pour violoncelle et piano (1898)
Mouvement pour Trio à cordes (1925)
Klavierstücke (1924)
3 Gedichte (1899)
4 George Lieder (1900)
3 Lieder (Avenarius) (1904)
8 Frühe Lieder (1904)
5 Dehmel-Lieder (1908)


Arrangements

Schatz-Walzer de J Strauss pour piano, harmonium et quatuor à cordes
Symphonie de chambre op 9 de Schönberg, pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano
Orchestration des 6 Danses allemandes D 820 de Schubert
Orchestration du Ricercare à 6 voix de l'Offrande musicale de JS Bach
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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-11, 17:25

En plein dans mon cycle "Double V", j'en profite pour explorer mon intégrale des oeuvres d'Anton Webern. Il faut dire que jusque là, du trio viennois tourné vers l'atonalité, Arnold Schoenberg fut celui que j'ai le mieux approfondi, sans aucun doute parce que La Nuit transfigurée, dans sa version pour orchestre sous une direction de Pierre Boulez, fut avec Le Sacre du Printemps de Stravinsky et Lulu-Suite d'Alban Berg, là aussi sous une direction de Pierre Boulez: de véritables chocs musicaux qui ont inéluctablement orienté, voire façonné, mes goûts. Anton Webern demeurait alors le seul univers sonore que je n'avais pas encore exploré avec suffisamment d'attention. Je viens donc de commencer avec le premier volet qui va de l'opus 1 à l'opus 8:
__Passacaglia for large orchestra - Op.1
__Entflieht auf leichten Kähnen - Op.2 (choeur)
__5 Lieder from Der siebente Ring - Op.3
__5 Lieder - Op.4
Marni Nixon: soprano - Leonard Stein: piano
__5 Movemements for String Quartet - Op.5
__6 Pieces for large orchestra - Op.6
__4 Pieces for violin and piano - Op.7
Ralph Schaeffer: violon - Leonard Stein: piano
__2 Lieder - Op.8
Grace-Lynn Martin: soprano - Robert Craft: direction.

Anton Webern (1883-1945) Bca65b9f81347b7f759c6195696334c4

Ce sont les pièces orchestrales qui m'ont le plus intéressé, plus précisément l'opus 6, c'est-à-dire les 6 Pièces pour large orchestre. Beaucoup d'énergie se déploie dans l'opus 1, la Passacaglia, mais, durant cette première approche, la tonitruance très exacerbée et quelque peu massive de l'oeuvre m'a davantage assommé qu'impressionné. Les Lieder ne m'ont pas rebuté, et, de manière générale, je suis assez sensible à cette forme musicale, comme toutes formations musicales qui sollicitent la voix humaine, peu importe la langue dans laquelle les textes ou les poèmes sont chantés.
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joachim
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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-12, 13:18

Curieux qu'il n'y eut aucun post sur Anton Webern depuis la création du topic il y a 12 ans Shocked  Je n'aime pas particulièrement sa musique, trop "sérielle" ou "dodécaphonique" pour moi (sauf les œuvres de jeunesse). Mais avec toutes les discussions que nous avons sur ce forum, il est curieux que Webern n'ait pas été abordé...

Voici son trio à cordes op. 20 (1927), mais qui ne me plaît pas  Embarassed



https://www.youtube.com/watch?v=DsjB3AvcRC4


Ce Rondo pour quatuor à cordes, de 1906, me semble nettement plus abordable...



https://www.youtube.com/watch?v=nmEOcZGmeEA


J'ai vu qu'il y a un article biographique beaucoup plus complet sur Wiki, j'envisage de de le recopier. Wink
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Pébété

Pébété

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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-12, 13:50

Je partage ton opinion sur ce compositeur.
Bien que suivant ce topic, j'ai tout de suite senti que sa musique ne m'accrochait pas.

Mais toutes les sensibilités sont dans la nature Anton Webern (1883-1945) 862589
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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-12, 19:16

Pébété a écrit:
Mais toutes les sensibilités sont dans la nature Anton Webern (1883-1945) 862589

Heureusement car le monde serait autrement bien con et monocorde. Laughing

Pour ma part, je ne sais pas encore très bien où je situe Anton Werbern dans mon propre palmarès. Il me fut souvent soufflé à l'oreille que des trois Viennois Webern était sans aucun doute le plus austère, musicalement parlant j'entends, et, étant désormais allé jusqu'à l'opus 20, je peux effectivement dire que sa réputation n'est pas usurpée. Hehe On est loin d'une générosité romantique ou d'un impressionnisme très ample avec beaucoup d'arrondis. Le terrain est le plus souvent rugueux et accidenté: c'est austère et tourmenté et je peux dire que ça commence fort avec les
6 Bagatelles pour quatuor à cordes - Opus 9
Même si j'ai d'emblée préféré les
5 Pièces pour orchestre - Opus 10
Qui, cependant, ne présentent aucune réelle concession tonale. Anton Webern semble souvent privilégier la brièveté et la concision. S'y trouvent finalement beaucoup d'échantillons musicaux comme par exemple dans les
3 Petites Pièces pour violoncelle et piano - opus 11 par Emmet Sargeant et Leonard Stein qui, durant cette première approche, m'ont laissé indifférent. Une série de trois groupes de Lieder, Opus 12, 13 & 14 m'ont davantage accroché. Toutefois, les deux Lieder qui m'ont le plus séduit proviennent de l'Opus 19 qui emploie un quatuor vocal; soprano, alto, basse et ténor. Je le trouve très beau.

Anton Webern (1883-1945) Anton-Webern

5 Sacred Songs - opus 15
5 Canons opus 16
3 Traditionnel Rhymes - opus 17
3 Lieder - opus 18
ne sont peut-être pas des oeuvres qui m'ont fasciné lors de cette première écoute, mais je n'en suis pas ressorti ennuyé non plus, comme saisi par une certaine sinuosité atonale et un geste tourmenté qui convient très bien par ailleurs à mes humeurs actuelles, voire au-delà...l'avenir me le dira.
Le Trio pour cordes (violon, alto, violoncelle) - opus 20, de courte durée puisqu'il dépasse à peine les huit minutes, est ce cette sinuosité atonale et fortement tourmentée qui m'a tenu en haleine. Particulièrement sensible à une austérité tendue lorsque celle-ci s'exprime par les cordes, contrairement à Joachim, je l'aime bien. Chose étonnante, je m'attendais, avec Anton Webern, à une musique plus difficile d'accès et hermétique que ce que j'ai entendu jusqu'ici.
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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-12, 19:19

joachim a écrit:
Curieux qu'il n'y eut aucun post sur Anton Webern depuis la création du topic il y a 12 ans Shocked

Ne t'inquiète pas, je compte bien y remédier! Anton Webern (1883-1945) 231625
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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-16, 08:24

Je continue mon exploration de l'oeuvre d'Anton Webern dans un atonalisme parfaitement assumé et maîtrisé, sans effets grossiers et dans une certaine finesse de caractère. Tout commence avec la:
Symphonie opus 21 en deux mouvements et d'une durée de 9 minutes, une oeuvre concise donc, tendue, crispée, démarrant sur des notes suspendues et des silences marqués. Il s'en dégage un certain mystère ou étrangeté qui se trouve dans beaucoup d'oeuvres sérielles, certaines avec plus de réussite que d'autres. Cette symphonie de Webern s'en tire plutôt bien: son côté mystérieux et énigmatique qui monte en intensité n'est pas pour me déplaire. Un côté insaisissable comme autant de sons très étudiés qui s'échapperaient d'une matière concrète et palpable, une musique indomptable qui offre d'autres possibilités techniques et poétiques menant vers des contrées plus abstraites au détriment certes des émotions musicales traditionnelles. En écoutant le second mouvement, je me faisais la réflexion d'une musique d'action qui suivait une scène imaginaire et ainsi tout pris un sens à mon oreille.
Suit dans un style beaucoup plus chambriste le:
Quartette pour violon, clarinette, saxophone ténor et piano - opus 22 en deux mouvements qui dépasse à peine les cinq minutes. Je reste assis dans une notion de mystère et d'étrangeté qui vit quelques accélérations de tempo, mais dans un style qui a beaucoup été repris et que j'ai l'impression de connaître trop bien.

Anton Webern (1883-1945) 250x250_anton_webern

3 Gesänge - opus 23 avec la soprano Marni Nixon et le pianiste Leonard Stein. Pour une durée totale de 6'7". Même si l'écriture est sérielle, ces trois chants me plaisent bien dans la mesure où la voix de la soprano me touche beaucoup. Il en émane un caractère tourmenté par-dessus un piano dévertébré: une forme d'errance entre mots, sons et silence...
Concerto pour 9 instruments - opus 24 pour flûte, hautbois, clarinette, cor, trompette, trombone, violon, alto et piano. Avec cette pièce de six minutes je retourne à un instrumental où les chants de chaque instrument se hachent, montent et descendent, entrecoupés de silences brefs. L'oeuvre s'énerve et s'apaise, devient parfois murmure dans l'oreille sans qu'une espèce de magie n'opère vraiment. Seul le tout dernier mouvement (trois au total) apporte un élan cocasse qui débride un peu la mécanique sérielle.
3 Lieder - opus 25 par la soprano Marni Nixon et le pianiste Leonard Stein. Une durée totale de 3'25". Même observation que pour les 3 Gesänge.
Das Augenlicht - opus 26 et Variations pour piano - opus 27. Moins de onze minutes les deux pièces, c'est le piano seul sans la soprano, par Leonard Stein. Très anecdotique à mon oreille.
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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-17, 18:34

J'ignore si c'est parce que je me familiarise petit à petit à sa musique, mais le quatrième volet est vraiment celui qui m'a beaucoup plu. Aucune des six oeuvres ne m'a laissé indifférent, au contraire, chacune d'entre elles ont réussi à me captiver durablement:
__Sting Quartet - opus 28
__Cantate n°1 - opus 29 avec la soprano Marni Nixon
__Variations pour orchestre - opus 30
__Cantate n°2 - opus 31 par la soprano Marni Nixon et le basse Charles Scharbach
__Fuga (Ricercar n°2) a 6 voci (BWV 1079) une transcription d'Anton Webern
__Quintette pour piano et quatuor à cordes avec Leonard Stein au piano



L'opus 28, bien qu'atonal comme les autres pièces pour cordes que j'avais écoutées jusqu'à maintenant, m'a aussitôt accroché, une accroche viscérale qui, contrairement aux précédentes, n'a pas développé chez moi un intérêt relatif et distant. Dans ce cas précis, je peux dire qu'il s'est réellement passé quelque-chose entre cette oeuvre et moi, une émotion durable et donc viscérale, et ce fut encore plus intense avec la Cantate n°1 pour solistes, choeur et instruments qui m'a réellement fasciné, comme aucune autre oeuvre des volets précédents, comme quoi - et c'est pareil pour tous domaines - il y a "musique" et "musique", et lorsque la magie opère, le moindre son, la moindre mesure, devient quelque-chose de fabuleux. Le Quatuor à cordes me procure cette formidable impression de me retrouver dans certaines pièces instrumentales ou pour piano qu'Ennio Morricone composa pour le cinéma de Pier Paolo Pasolini. C'est aussi vrai avec les Variations pour orchestre. Il n'y a rien de surprenant dans le fait qu'Anton Webern fut une réelle source d'inspiration pour Ennio Morricone et beaucoup d'autres compositeurs de la génération de l'Italien ou des générations intermédiaires, ou suivantes. La Cantate n°2 me procure presque le même plaisir que la Première et c'est ensuite seulement que je retrouve une musique plus tonale avec tout d'abord une Fuga qui me renvoie à mon compositeur classique de chevet et me caresse dans le sens du poil, puis avec un Quintette pour piano et quatuor à cordes qui est la pièce la plus tonale que j'ai écoutée d'Anton Webern, ce qui aurait été anecdotique si elle m'avait déplu, or j'aime beaucoup ce Quintette avec piano, même si la première cantate et le quatuor à cordes me fascinent davantage. J'adore également l'oeuvre que j'ai postée ci-dessus.
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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-17, 19:51

Le quintette pour piano et cordes date de 1907, juste avant l'opus 1 (la passacaille)

Je suis étonné que tu nous proposes In Sommerwind - au vent d'été- (au lieu de la cantate n° 1 par exemple), qui est une œuvre tout à fait tonale (1904)

Voici son Langsamer satz (mouvement lent) pour quatuor à cordes, lui aussi tonal (1905)



https://www.youtube.com/watch?v=N2D5u3Nfn1A

Comme quoi Webern n'a pas composé que des trucs moches Anton Webern (1883-1945) 231625
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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-17, 20:14

joachim a écrit:
Je suis étonné que tu nous proposes In Sommerwind - au vent d'été- (au lieu de la cantate n° 1 par exemple), qui est une œuvre tout à fait tonale (1904)

Parce que je l'ai découverte par hasard sur le Net et que je l'adore! Dommage qu'elle ne fasse pas partie de mon "intégrale" qui n'en est donc pas une. Rolling Eyes

A propos de la musique d'Anton Webern par Pierre Boulez:

Révolutionnaire ? Certes, mais sans tapage et dans une incroyable discrétion. Radical ? Absolument, mais avec une sorte de naïveté hors du monde. Créant une musique qui s’éloignera peu à peu de la séduction immédiate pour arriver à la fascination d’une ascèse délibérée. La pureté – du langage, de l’expression, de l’intention –, tel est le mot qui semble le mieux résumer le caractère d’une musique dépouillée, à l’évidence, mais riche de prolongements multiples. Pour moi, et pour bien d’autres musiciens, l’œuvre de Webern a été une pierre de touche essentielle, capitale, qui nous forçait, pour ainsi dire, à prendre parti, à nous révéler nous-mêmes.
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MessageSujet: Re: Anton Webern (1883-1945)   Anton Webern (1883-1945) Empty2022-06-17, 20:31

Je suis en train de réécouter Im Sommerwind, que je n'avais plus écouté depuis pas mal de temps.

Et comme toi, j'aime beaucoup, comme quoi nous sommes quelquefois d'accord Mains

Je place un extrait du commentaire de François-Gildas Tual qui explique l'origine de l'œuvre

Été 1904 : Anton Webern n’a pas encore travaillé sous la direction d’Arnold Schoenberg quand il entreprend la composition d’un poème symphonique sur un texte du poète, philosophe et politicien très libéral Bruno Wille. « Transportez-moi sur ces hauteurs escarpées où ne monta jamais la parole humaine, écrivait Wille en 1890 dans Ermite et camarade, mon âme blessée redoute le son de cette voix, et mes yeux roulent dans ma tête lorsqu’ils contemplent des hommes. Le rocher et la nuée sont mes muettes consolations, et quand la tempête gronde autour de moi, j’entends des chants sublimes. »

Pour sa pièce, Webern a néanmoins opté pour un recueil un peu plus récent, Révélations d’un genévrier (publié en 1901), dont il avait recopié certains extraits dans son journal. Là encore, le poète chante la nature, cette quiétude d’un soir d’été soudainement interrompue par un orage, et un chant d’alouette annonçant un apaisement aussi terrestre que céleste. En vacances dans le domaine familial du Preglhof en Carinthie, Webern trouve sans doute son inspiration dans la nature qui se découvre devant lui autant que dans les partitions de Gustav Mahler et Richard Strauss.

Bien sûr, le langage est résolument postromantique et tonal. Rien de vraiment nouveau dans les tournures chromatiques qui se cherchent, les longes plages harmoniques qui se métamorphosent au gré des changements de timbres, dans la façon d’utiliser le crescendo ou dans les brusques oppositions de climat. Certains remarquent déjà les relais instrumentaux, la fragmentation des lignes tendant vers une parcellisation de la matière musicale, mais le développement thématique n’est pas une fin en soi, et les mélodies sont suffisamment brèves pour se renouveler d’elles-mêmes. Sans doute faut-il moins chercher ce qui se prépare de neuf dans Im Sommerwind que ce qui en demeurera dans les chefs-d’œuvre de la maturité, du point de vue de l’imaginaire littéraire comme du point de vue du romantisme musical. Car en 1904, la rencontre avec Schoenberg ne s’est pas faite et le déclic n’a pas eu lieu. L’économie du discours n’est en rien comparable avec les futurs aphorismes, et les gestes s’inscrivent pleinement dans la continuité historique.


Dommage qu'il ait, en quelque sorte, renié ses œuvres de jeunesse après avoir été "contaminé" par le sérialisme et le dodécaphonisme de Schoenberg. Pourtant, Schoenberg a conservé plusieurs de ses œuvres néo-romantiques dans la liste d'opus de ses œuvres, comme son Pelleas et Mélisande ou sa Nuit transfigurée...
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