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  Roy BUDD

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Icare
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MessageSujet: Roy BUDD    Roy BUDD Empty2021-03-19, 17:08

Eléments biographiques en deux parties:

Roy Frederick Budd (14 mars 1947 - 7 août 1993) était un pianiste et compositeur de jazz britannique connu pour ses musiques de films, notamment Get Carter et The Wild Geese. Né à South Norwood, dans le sud de Londres, Roy Budd s'est intéressé à la musique dès son plus jeune âge et a commencé à jouer du piano à l'âge de deux ans, d'abord à l'oreille puis en copiant diverses mélodies qu'il entendait en écoutant la radio.  En 1953, il fait ses débuts en concert public au "London Coliseum". À l'âge de huit ans, il pouvait jouer de l'orgue Wurlitzer et quatre ans plus tard, il apparaissait à la télévision au London Palladium. Bien que largement considéré comme un pianiste autodidacte, il a également reçu des cours de piano d'une dame appelée Mme Sax qui vivait également à Mitcham. Il a formé le "Roy Budd Trio" avec le bassiste Peter McGurk et son cousin, le batteur Trevor Tomkins avant de quitter l'école et de se lancer dans une carrière de pianiste de jazz. Roy Budd a ensuite réformé le trio avec Tony Archer, Jeff Clyne à la basse et Chris Karan à la batterie. Clyne a ensuite été remplacé par Pete Morgan, créant un line-up qui a été maintenu jusqu'à sa mort.

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En 1970, Budd a fait ses débuts en musique de film pour le réalisateur Ralph Nelson, qui cherchait un compositeur anglais pour son western Soldier Blue. Budd a enregistré une bande de sa propre interprétation de la musique des compositeurs Jerry Goldsmith, John Williams, Max Steiner, Dimitri Tiomkin et Lalo Schifrin. Outre le thème principal, inspiré de la chanson à succès de Buffy Sainte-Marie du même titre, il a composé toute la musique nécessaire au film et dirigé le Royal Philharmonic Orchestra, commandé par Ralph Nelson au début de la production du film. En 1971, toujours au début de la vingtaine, il compose l'une de ses partitions les plus connues, la musique du film Get Carter. Le budget du film ne permettait que 450 £ pour la partition, mais il a surmonté cette restriction en n'utilisant que trois musiciens, dont lui-même jouant simultanément du piano électrique et du clavecin. Toujours en 1971, Ralph Nelson a demandé à Roy Budd de composer la musique de Flight of the Doves et a travaillé avec Dana qui a chanté le thème du film. En 1972, il enregistre la partition de Fear Is the Key, basée sur le roman d'Alistair MacLean. Lors de l'enregistrement de la partition, Budd a été influencé par Ronnie Scott, Tubby Hayes et Kenny Baker, donnant ainsi à la musique un thème aux consonances jazzy. Ronnie Scott a joué du saxophone pour la séquence de poursuite en voiture. Roy Budd a ensuite travaillé pour le producteur Euan Lloyd sur des films, notamment Paper Tiger (1975), The Wild Geese (1978), The Sea Wolves (1980), Who Dares Wins (1982) et Wild Geese II


Dernière édition par Icare le 2021-03-21, 08:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Roy BUDD    Roy BUDD Empty2021-03-19, 19:30

Impressions personnelles en deux temps:

<<En ce qui concerne les poursuites en voiture funky, la tension des gangsters et l'élégance Ferrero Roche du salon des années 70, personne ne le fait mieux que Roy Budd. L'influence sur le hip hop jazzy et les rythmes atmosphériques est évidente.>> Max Cole.

C'est plutôt tardivement que je découvris la musique de film de Roy Budd, bien après avoir découvert et approfondi celle de Lalo Schifrin, Dave Grusin ou encore Quincy Jones auxquels on peut aisément le rapprocher. Ce fut par une anthologie (double album) de ses meilleures musiques pour le cinéma contenant des thèmes qui ont forgé sa réputation de bon thématiste et de jazzman inspiré et ingénieux sachant confectionner des "main title" qui retiennent l'attention à partir d'une formation instrumentale réduite, comme par exemple sur Get Carter. A savoir pour la petite histoire que le budget de ce film a censément permis la somme modique de 450€ pour le score, ce qui n'est évidemment pas énorme et même plutôt radin  Hehe, néanmoins, Roy Budd a su surmonter cette restriction budgétaire en ne sollicitant que trois musiciens, y compris lui-même jouant du piano électrique et du clavecin simultanément. S"il n'a pas composé sur Get Carter un thème qui puisse faire partie des meilleurs génériques de films de toute l'histoire du cinéma, il s'en tire très honorablement. Je n'en suis pas étonné car, dans l'absolu, étant un grand amateur de musique de chambre, lorsqu'un compositeur est réellement talentueux, qu'il emploie tout un orchestre ou que trois musiciens, il doit être en mesure d'écrire une musique intéressante, du moins de qualité. Ce n'est pas le nombre de musiciens qui fait l'oeuvre, et pour en avoir pleinement conscience, il suffit de se remémorer quelques bouillies symphoniques composées pour le cinéma...
https://www.youtube.com/watch?v=cM84UzWkjGM


En parlant de "main title", je pense que celui de Roy Budd a su gagner ma préférence. Il a été composé pour un film policier américain de Michael Winner, The stone killer/Le Cercle noir (1973) qui réunit à l'affiche Charles Bronson et Martin Balsam. Je noterai aussi un long morceau illustrant une scène de course-poursuite automobile qui provient de Fear is the Key/La peur est la clé, un thriller d'action britannique réalisé par Michael Tuchner. La musique emploie certains effets sonores du film, sirènes de police, bruits de tôles froissées, mais tout en conservant une réelle musicalité, sans que ces sons concrets ne prennent le dessus sur les sons musicaux. Il n'y a cependant pas que des atmosphères de polar, mais aussi des moments plus tendres et romantiques avec cordes lancinantes et parfois amples, traversées par de trépidants effets pianistiques. Globalement, c'est assez varié, tout en restant dans une ambiance assez jazzy et un peu funk par moments, typique d'un certain cinéma des années 1970, avec ce goût caractéristique de l'époque pour des petites formations instrumentales électriques, auxquelles un clavecin intrépide peut surgir de nulle-part afin d'y ajouter un léger accent baroque. J'acquiesce!
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MessageSujet: Re: Roy BUDD    Roy BUDD Empty2021-03-20, 09:26

Icare a écrit: <<A savoir pour la petite histoire que le budget de ce film a censément permis la somme modique de 450€ pour le score, ce qui n'est évidemment pas énorme et même plutôt radin  Hehe, néanmoins, Roy Budd a su surmonter cette restriction budgétaire en ne sollicitant que trois musiciens, y compris lui-même jouant du piano électrique et du clavecin simultanément. S"il n'a pas composé sur Get Carter un thème qui puisse faire partie des meilleurs génériques de films de toute l'histoire du cinéma, il s'en tire très honorablement. Je n'en suis pas étonné car, dans l'absolu, étant un grand amateur de musique de chambre, lorsqu'un compositeur est réellement talentueux, qu'il emploie tout un orchestre ou que trois musiciens, il doit être en mesure d'écrire une musique intéressante, du moins de qualité.>>

https://www.youtube.com/watch?v=ISOMEm-XYMY


Il ne faudrait pas en déduire d'après mes propos que je cautionne les budgets parfois (voire souvent) misérables qui sont accordés à un compositeur pour écrire la musique de film, pas plus d'ailleurs que les restrictions de temps auxquelles il leur arrive d'être confrontés. En revanche, je suis toujours impressionné lorsqu'un compositeur parvient à surmonter ces difficultés et produire une bande originale digne d'intérêt. Pour le film britannique Paper Tiger/Le Tigre de Papier (1975) de Ken Annakin qui réunit à l'affiche trois stars du Septième Art, David Niven, Toshiro Mifune et Hardy Krüger, Roy Budd emploie deux formations vocales ainsi qu'un orchestre symphonique: "The Ray Conniff Singers", "The Mike Sammes Singers" et "The National Philharmonic Orchestral". Il en fit un superbe usage, ce qui donna également lieu à un très bel album. Personnellement, je suis vraiment sous le charme "très années 1970" de cette partition dont il en a assuré, outre la composition, les arrangements et la direction. La mélodie du thème principal, celui qui ouvre et conclut l'album, a bien un côté un peu mielleux, "à l'eau de rose", qui convient sûrement à l'esprit du film ou du moins à certains aspects romantiques de celui-ci, mais il est superbement "habillé". J'apprécie beaucoup la manière dont cette partition a été orchestrée, irisée, avec ces accents d'Asie qui la parcourent et lui confèrent plus de panache encore. Puis, les versions chantées du thème principal, si elles perpétuent ce côté rétro et un peu sucré qui le caractérise, rendent cette mélodie attendrissante, chaleureuse. C'est si bien fait, si efficace à mon sens et définitivement émouvant. Je préfère cependant le second thème mélodique qui arrive juste après et bénéficie également d'une version vocale ("Who knows the answers?"). La partition s'enrichit ensuite de moments musicaux plus animés et habilement construits qui constituent la partie "score", c'est-à-dire la partie plus fonctionnelle mais qui demeure malgré tout très appréciable hors contexte.


Dernière édition par Icare le 2021-05-28, 18:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Roy BUDD    Roy BUDD Empty2021-03-21, 11:36

Une bande originale incisive qui oscille entre légèreté et gravité autour d'une comtesse qui a du mordant:

Je ne pouvais trouver meilleure musique que celle de Mama Dracula de Roy Budd pour commencer un dimanche sous les hospices de la bonne humeur, celle-ci étant d'ailleurs accompagnée par le chant des oiseaux que j'entends à l'extérieur. ils compensent un soleil un peu timide qui se dissimule derrière des nuages. Mama Dracula est une comédie horrifique...ou plutôt vampirique...franco-belge réalisée par Boris Szulzinger et sortie sur grand écran en 1980 avec Louise Fletcher dans le rôle de Mama Dracula et Maria Schneider dans celui de Nancy Hawaii. L'histoire prend son inspiration dans l'histoire de Élisabeth Báthory de Ecséd, une comtesse hongroise de la famille princière des Báthory, née le 7 août 1560 et morte le 21 août 1614. Une comtesse bien particulière: les accusations d'un pasteur luthérien ainsi que de nombreux témoignages à charge, font d'elle l'une des plus célèbres meurtrières de l’histoire hongroise et slovaque : la "dame sanglante de Csejte (Cachtice)", du nom du château près de Trencin (dans la Hongrie royale, aujourd’hui une partie de la Slovaquie), où elle vécut la plus grande partie de sa vie. Si on en croit l'humeur de la musique orchestrale que Roy Budd a concoctée pour ce film, bien qu'incisive - Mama Dracula oblige!  Hehe -, elle révèle un sens évident de la dérision et de la fantaisie. Peu de scènes musicales crispées ou anxiogènes ici, pratiquement aucune en réalité, plutôt une musique qui sourit en permanence  et semble illustrer des actions d'humour noir dans des décors de chateau et au rythme d'un tapis roulant conduisant les victimes vers leur bourreau...enfin vers leur bourrelle devrais-je préciser... Il y aussi ce thème principal, mélodique, souvent porté par le timbre doucereux et aigrelet de l'épinette; c'est le thème de Mama Dracula qui ne manque d'ailleurs pas d'atouts physiques pour séduire et envoûter. Quelques touches de cymbalum, un instrument que j'aime beaucoup, jouent sans aucun doute la carte du cliché géographique.

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Synopsis: <<Depuis trois siècles, la comtesse Dracula (Elisabeth Bathory) parvient à préserver sa beauté et à garder le même âge grâce au sang de jeunes vierges vampirisées. Tenant une boutique de vêtements à la ville, c’est là, qu’avec l’aide de ses deux fils jumeaux, elle capture de jeunes personnes et les achemine au château par tapis roulant souterrain. Mais l’affaire devient de plus en plus dangereuse, d’autant que la police s’inquiète de ces disparitions. Aussi la comtesse et ses fils attirent-ils auprès d’eux un jeune savant, le professeur Van Bloed1, spécialiste de la recherche du sang artificiel. Les travaux de celui-ci s’avérant peu concluants, les disparitions continuent.>> (Wiki)
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