Forum sur la musique classique
 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
Le Deal du moment :
Amazon Music Unlimited offert pendant 3 mois
Voir le deal

 

 Alexei AIGUI

Aller en bas 
AuteurMessage
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyDim 6 Juil 2014 - 22:52

J'ai vécu un moment musical formidable avec la musique qu'Alexei Aigui a composée pour le film de Valeri Todorovski Les Silencieuses, ne serait-ce déjà le premier extrait, le générique-début qui est aussi le générique-fin, par sa construction et surtout l'humeur joyeuse et communicative qui en émane. A chaque nouvelle écoute, je le trouve tout simplement jubilatoire! Toute la musique n'est pas aussi joyeuse et les passages de pure mélancolie ne manquent pas d'apporter une autre humeur à cette superbe bande originale. Le thème des "Adieux" en est peut-être le sommet, sa construction, sa progression, son minimalisme qui enfle et monte en intensité. Cette musique, plus globalement, semble puiser son inspiration dans la pop, le classique, la forme répétitive, le jazz et le rock pour un résultat qui ne manque pas de caractère, de poésie ni de singularité. Elle accompagne un film que je n'ai malheureusement pas vu et qui raconte l'histoire de Rita qui se retrouve pourchassée par la mafia à cause d'Aliocha, son fiancé, incapable de remboursé ses dettes de jeu. Dans sa fuite, elle rencontre une jeune femme sourde, Iaïa, danseuse de cabaret, qui décide de la prendre sous sa protection. Rita ne pense qu'à sauver son ami tandis qu'Iaïa va tenter de la convaincre de partir avec elle dans son pays imaginaire..."Le pays du silence"... Alexei AIGUI 333455 Alexei AIGUI 333455 Alexei AIGUI 333455 

L'instant musical:



Dernière édition par Icare le Lun 7 Juil 2014 - 9:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyDim 6 Juil 2014 - 23:22

Eléments biographiques:

Alexei Aigui est né à Moscou en 1971. Après des études de violon et de composition et différentes expériences de collaboration avec des groupes de rock alternatifs et des formations de free jazz, il fonde en 1994 son propre ensemble, l'Ensemble 4'33". De l'avis de la critique russe, 4'33" est l'un des projets musicaux les plus intéressants de ces dernières années. Il s'est distingué par l'originalité de sa programmation et par son caractère inclassable. Il se produit en effet avec des formations les plus inattendues, regroupant des instruments académiques aussi bien qu'électroniques, faisant même parfois appel à un DJ. Grâce à la composition hybride de son ensemble, Alexei Aigui participe autant à des festivals de musique contemporaine académique que de jazz d'avant-garde ou encore de rock, tout en conservant une place singulière dans le paysage musical. Alexei Aigui s'est par ailleurs spécialisé dans la sonorisation "live" de films muets par des bandes sons inédites de sa composition. Il a notamment resonorisé "La Maison de Place Trübnaïa" de Boris Barnett, "Métropolis" de Fritz Lang et "La Poupée" d'Ernst Lubitch. Il a également composé la musique du film "Les Silencieuses" du célèbre réalisateur Valeri Todorovski, interprétée par l'Ensemble 4'33", pour laquelle il a reçu le prix national de la critique cinématographique "Zolotö Oven 1998" (Le Mouton d'or) du meilleur compositeur. Pour cette même bande originale, il fut nominé pour le prix cinématographique national "Nika". Le dernier projet (sans doute réalisé depuis) d'Alexei Aigui est la musique du spectacle de danse contemporaine "One second hand" de la compagnie "Théâtre Kinélique" de Sacha Pepelaov dont la première a dû avoir lieu au cours du festival "Sommer Théâtre" de Hambourg.

Instant musical II



Dernière édition par Icare le Lun 7 Juil 2014 - 9:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyDim 6 Juil 2014 - 23:50

Instant musical III



Je kiffe!!!! Very Happy  J'adore les moments de transe musicale!
Revenir en haut Aller en bas
shanessean

shanessean

Nombre de messages : 842
Age : 83
Date d'inscription : 19/08/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyLun 7 Juil 2014 - 16:39

Il y a certainement beaucoup de croches mais moi je n'accroche pas .
Je reconnais, elle est nulle celle-là cela ne fait rien je la laisse
Revenir en haut Aller en bas
http://musiqueclassique.forumpro.fr/
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyLun 7 Juil 2014 - 19:34

Je me doutais bien que tu n'allais pas entrer dans cette frénésie musicale entre classique, jazz et rock...Quant à moi, je m'en remets un petit morceau pour la route car là où il y a de la gêne il n'y a pas de plaisir!

Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyJeu 14 Déc 2017 - 17:51

<<Ce qui me plaît avant tout chez Alexeï Aïgui, c'est l'homme derrière la musique: sa sensibilité, son intelligence dans l'émotion, sa sophistication sans fioritures, sa manière directe et simple d'aborder les défis les plus insurmontables. Mais en décrivant l'homme, je parle aussi évidemment de sa musique, tout aussi directe, simple, efficace, sans enlever la part de rêve et de mystère, la profondeur, la complexité, et surtout, là où tout se rejoint pour moi: sa poésie. Oui, c'est bien l'image la plus pertinente que j'ai d'Alexeï: un poète dirigeant un grand orchestre symphonique déchiré par un solo de violon déchirant. De John Cage à l'opéra, du rock au cinéma, du jazz au classique, Alexeï ne mélange pas. Il invente sans ostentation ni débordement. Et quand sa musique vous cueille, il est déjà trop tard.>>

Raoul Peck, réalisateur avec lequel Alexeï Aïgui a collaboré sur plusieurs films.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyVen 15 Déc 2017 - 11:09

Je ne peux pas dire que j'ai baigné dans l'univers de la musique de film depuis la tendre enfance. Mes parents n'étaient ni mélomanes ni cinéphiles, pas même une tante ou un oncle, un frère ou une soeur aîné. Comme je l'ai déjà précisé ici, c'est en pleine adolescence que la musique de film s'est révélée à moi. Elle est devenue un univers important dans ma vie même si celui de la musique classique s'est, lui aussi, imposé en parallèle. J'ai, en conséquence de cela, acquis une grande connaissance de celle-ci (la musique de film), allant d'Arthur Honegger en passant par Bernard Herrmann, Ennio Morricone, Lalo Schifrin, Toru Takemitsu, Mikis Theodorakis, Alfred Schnittke, Jerry Goldsmith, Pierre Jansen, Quincy Jones, Wojciech Kilar... aux générations suivantes, Howard Shore, Franco Piersanti, Carter Burwell, Alberto Iglesias, Carles Cases, Carlo Crivelli, Bruno Coulais, Tan Dun......je cite évidemment les compositeurs que je connais et apprécie le plus et pas tous ceux dont j'aime certaines musiques...Puis, il y a les nouvelles générations et parmi elles, Pascal Gaigne, Roque Banos, Grégoire Hetzel, Fernando Velàzquez, Marc Vaillo, Sergio Pena, Ivàn Palomares... et donc Alexeï Aïgui. Parmi ces nouvelles générations, il y a deux noms et, par ce fait, deux univers que je retiens mieux que les autres, qui, à mon oreille, s'élèvent au-dessus de la mêlée: Pascal Gaigne et Alexeï Aïgui. Chez le second, c'est une tendresse ineffable, un sautillement espiègle, une répétitivité insolente où s'y croise spontanéité et mélancolie. C'est un romantisme non ampoulé, qui n'exagère pas dans l'emphase, devient même touchant, il est vrai, sans rien dépoussiérer: Le jeune Karl Marx, un jazz semi-improvisé et un peu cafardeux mais envoûtant comme dans I am not your negro, un film de Raoul Peck, ce sont également des orchestrations soignées et des combinaisons instrumentales attractives. L'élégance et le petit-quelque-chose-en-plus sont là, que ce soit dans Les Silencieuses de Valéri Todorovski, film que j'aimerais tellement voir et musique par laquelle j'ai découvert Alexeï Aïgui, ou dans les films de Raoul Peck ou ceux encore de Pascal Bonitzer. Comme je l'ai dit précédemment, sur un autre fil, avec ces nouvelles générations de compositeurs, la musique de film ne s'élève guère au-delà du facteur sympathie, encore qu'un Pascal Gaigne arrive à surprendre et Alexeï Aïgui à m'éprendre.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyDim 15 Avr 2018 - 20:03

Ainsi démarre mon nouveau cycle au titre un peu mystérieux; "Sur les rails d'un chaos programmé" et il démarre avec deux partitions du compositeur russe Alexeï Aïgui pour deux films de Raoul Peck: Le Jeune Karl Marx et I am not your negro. <<A 26 ans, Karl Marx entraîne sa femme, Jenny, sur les routes de l'exil. En 1844, à Paris, ils rencontrent le jeune Friedrich Engels, fils d'un propriétaire d'usines, qui a enquêté sur la naissance sordide du prolétariat anglais. Le dandy Engels apporte au jeune Karl Marx la pièce manquante du puzzle que constitue sa seule image du monde. Ensemble, entre censure et descentes policières, entre émeutes et prises de pouvoir politiques, ils vont présider à la naissance du mouvement ouvrier jusque-là largement artisanal. Ce sera la plus complète transformation théorique et politique du monde depuis la Renaissance. Opérée, contre toute attente, par deux jeunes fils de famille, brillants, insolents et drôles.>> La musique qu'a composée Alexeï Aïgui pour le film Le Jeune Karl Marx ne m'a pas autant surpris que je l'espérais, peut-être parce qu'elle illustre un sujet qui, selon moi, devait inspirer une approche musicale plus marquante. La musique se déploie dans un moule orchestral un peu attendu, un peu tiède, qui n'est pas désagréable et contient heureusement quelques moments fort sympathiques: ils relèvent le niveau. Bien sûr, l'attente d'une musique plus percutante a été conditionnée par l'idée que je me suis faite d'un film que je n'ai toujours pas vu et, comme souvent, c'est très loin de ce que j'avais imaginé au départ et en fonction de ce que je connaissais déjà du compositeur et de ce qu'il était en mesure de m'apporter jusqu'ici.

<< Dans "I am not your negro - Je ne suis pas votre nègre", Raoul Peck reconstitue le livre que l'écrivain nord-américain James Baldwin n'a jamais achevé: un récit radical sur la question raciale aux Etats-Unis, en utilisant les mots mêmes de l'auteur. Partant du récit des vies et des assassinats de Martin Luther King Jr.,Medgar Evers (membre de la NAACP) et Malcolm X, le film explore la relation irrationnelle que les Etats-Unis entretiennent à la question de la race.>> Là, c'est un peu pareil, en connaissance du sujet, je m'attendais à une approche musicale plus intense et surtout plus poignante, peut-être même imprégnée de gospel. En même temps, cette approche espérée aurait certainement été un peu (trop?) clichée. Il y a toujours une part d'arbitraire de vouloir qu'une musique de film soit comme ça ou comme ci car c'est généralement le film lui-même et l'avis du réalisateur qui décident de l'orientation du compositeur, même si celui-ci peut toujours faire des propositions. Toujours est-il que le choix musical sur ce film fut un jazz un peu détaché, un peu dépouillé, vaguement cafardeux, le tout dans une ambiance feutrée, sans fulgurance ni éclat. Les deux B.O. réunies sur un même cd offrent 55 minutes environs de musiques plaisantes, très agréables, qui prendront peut-être un relief supplémentaire lorsque j'aurai vu ces deux films de Raoul Peck aux sujets intéressants.
Revenir en haut Aller en bas
joachim
Admin
joachim

Nombre de messages : 19970
Age : 73
Date d'inscription : 19/08/2006

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyDim 15 Avr 2018 - 20:28

Icare a écrit:
"Sur les rails d'un chaos programmé"

Hum hum bizarre : c'est une critique de la SNCF en grève ? Laughing
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyDim 15 Avr 2018 - 21:29

joachim a écrit:
Icare a écrit:
"Sur les rails d'un chaos programmé"

Hum hum bizarre : c'est une critique de la SNCF en grève ? Laughing

Mon fils aîné est cheminot, mais non, si l'allusion est réelle et certainement pas critique (au contraire), mon titre est plus général et en rapport avec les oeuvres musicales que je vais écouter à cette occasion. Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyDim 7 Juil 2019 - 21:49

Parti dans mon nouveau cycle "Portraits d'hommes", j'ai changé radicalement d'univers et d'époque en passant de Leos Janacek au compositeur russe Alexei Aigui, nouvelle force vive de la bande originale. Quand j'y pense, il y a une dizaine d'années, voire un peu plus désormais, j'avais une très bonne connaissance de ce qui se produisait dans le genre, une connaissance de la plupart des compositeurs plus ou moins intéressants qui émergeaient et une bonne connaissance de l'oeuvre de la plupart de ceux qui s'étaient faits un nom dans la musique de film. L'autre jour, en m'arrêtant devant le rayon qui lui est consacrée, je me suis fait la réflexion réaliste que j'étais à présent assez sévèrement largué, qu'il y avait pas mal de noms qui m'étaient alors inconnus. Alexei Aigui aurait très bien pu être de ceux-là si, à la toute fin du vingtième siècle, début du vingt-et-unième, je ne m'étais pas offert l'opportunité de pouvoir écouter sa partition pour le film de Valéri Todorovski, Les Silencieuses (1999), un film que je n'avais pas vu au préalable et que je n'ai d'ailleurs toujours pas vu. C'est une musique qui respire la vie du début jusqu'à la fin, sur cinquante minutes environ, avec la formidable impression que chaque note est habitée, que chaque note vibre en moi comme une émotion qui ne perd jamais en intensité. Cette musique est traversée, transcendée devrais-je dire, par une énergie mêlée de joie et de mélancolie, une énergie fortement contagieuse qui transforme tout sur sa portée. C'est-à-dire que c'est exactement le genre de musique que je pourrais écouter à n'importe quel instant de la journée. Mon humeur, telle qu'elle soit, s'en trouverait aussitôt transformée, puis transcendée. Il n'est donc guère étonnant que cette bande originale soit devenue mon album fétiche du compositeur et m'ait donné l'envie d'approfondir. C'est ainsi que, tout dernièrement, je me suis procuré un tout nouvel album d'Alexei Aigui contenant deux musiques des films Le Souffle/Test (2014) d'Alexandr Kott et Wild Field (2008) de Mikhail Kalatozishvili. Alexeï Aïgui est l'un des rares compositeurs actuels qui me permet de garder un lien avec la composition pour l'image, avec Pascal Gaigne et Grégoire Hetzel.


Dernière édition par Icare le Dim 23 Fév 2020 - 18:31, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyLun 8 Juil 2019 - 16:35

Icare a écrit:
C'est ainsi que, tout dernièrement, je me suis procuré un tout nouvel album d'Alexei Aigui contenant deux musiques des films Le Souffle/Test (2014) d'Alexandr Kott et Wild Field (2008) de Mikhail Kalatozishvili. Aigui est l'un des rares compositeurs actuels qui me permet de garder un lien avec la composition pour l'image, avec Pascal Gaigne et Grégoire Hetzel.

Voilà, c'est fait! Je viens d'écouter pour la première fois ces deux bandes originales. La première des deux, Test/Le Souffle, est d'une durée de 49 minutes. Elle invite "The Ad Libitum Orchestra" ainsi que plusieurs solistes; la chanteuse Namgar Lhasaranova, le flûtiste Nikolay Popov, le pianiste Arkady Marto et la harpiste Valentina Borisova. <<Un homme, Tolgat, et sa fille, Dina, vivent paisiblement dans une ferme isolée des steppes kazakhes. Alors que deux garçons, le Moscovite Max et le Kazakh Kaisyn, se disputent le cœur de la jeune fille, une menace sourde se fait sentir...>> Par la musique d'Alexei Aigui, j'imagine déjà des espaces infinis et infiniment plats. C'est la première impression que me fait cette musique, et cela dès le premier extrait. Les steppes inspirent des musiques un peu lentes et étirées, d'une beauté très pure. C'est ce qu'avait su si bien réaliser le compositeur Eduard Artemiev sur Urga de Nikita Mikhalkov. Le premier extrait de Test n'en a ni la beauté ni même le souffle, mais il donne le ton. Alors que la partition d'Artemiev perd un peu en consistance et en intérêt sur la longueur, celle d'Aigui me fait quasiment l'effet inverse, et le dernier thème "Steppe's Whispers" est selon moi le plus intéressant avec son introduction étonnante de la voix de Namgar Lhasaranova. Pour avoir une idée de sa voix:

https://www.youtube.com/watch?v=FT4Sqo2eJ6k


Bien sûr, la musique d'Alexei Aigui est très différente de celle de la vidéo que j'ai postée. Lunaire, obsessionnelle, langoureuse, elle est comme une plainte mélancolique, un chant souvent instrumental qui semble provenir de la limite du monde et en même temps si proche du coeur humain. La musique de Wild Field est d'une durée de 20'44", prolonge parfaitement la poétique de la première B.O., dès le premier thème, dans un style très expressif et statique, morceau composé par Elena Sergeyeva. Elle invite "The Musica Viva Orchestra" et plusieurs musiciens; Elena Sergeyeva (voix), Sergey Zhirkov (Vladimir's horn, Hurdy-Gurdy, Russian Reed Flutes) et Maria Vlasova (accordéon). le Hurdy-Gurdy, aussi appelé vielle à roue est un instrument à cordes, frottées par une roue en bois au lieu d'un archet. La roue est tournée avec une manivelle de la main droite, pendant que la main gauche du musicien joue la mélodie sur un clavier. La corne de Vladimir, également appelée vladimirskiy rozhok, est une ancienne trompette russe en bois , apparentée à la cornette , qui a été utilisée de façon continue jusqu'à aujourd'hui. De cette B.O. assez intense, s'en dégage un morceau superbe, intitulé "Angel on the Hill". <<Le jeune docteur idéaliste Mitya (Oleg Dolin) se rend au travail dans une région de steppe isolée du Kazakhstan . Il apporte un minimum de civilisation à un monde barbare plongé dans l'alcoolisme et la violence. Le médecin s'attend à ce que sa fiancée le rejoigne là-bas. Elle arrive enfin pour lui faire savoir qu'elle a rencontré un autre homme avec lequel elle veut se marier. Une crise existentielle s'ensuit. Le personnage le plus sympathique du village poignarde brutalement le médecin à l'estomac.>>

Pas l'extrait que je voulais mais le seul que j'ai trouvé:

https://www.youtube.com/watch?v=5H30c0tehWQ
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyLun 8 Juil 2019 - 18:56


Dans un autre genre, hors cinéma:

https://www.youtube.com/watch?v=FyAHPbQRlxQ
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyVen 17 Jan 2020 - 17:47

Actuellement, dans le domaine de la musique de film, j'ai décidé de suivre le travail et l'évolution de deux "nouveaux" compositeurs. Il s'agit de Grégoire Hetzel et d'Alexei Aigui. Je ne les ai bien sûr pas choisis par hasard et il a fallu que leurs premiers travaux me plaisent suffisamment pour aller au-delà. J'ai toujours fonctionné ainsi. c'est quelque-chose qui me stimule beaucoup, en tant que mélomane, que d'être séduit par la première oeuvre que je découvre d'un compositeur et de suivre ce qu'il fait, de voir comment il évolue, de prendre conscience de sa capacité à réaliser des musiques très différentes, d'être surpris, étonné, embarqué dans son monde. Je suis toujours très frustré lorsque je tombe sur une "première" musique vraiment intéressante d'un compositeur, mais que plus rien n'apparaît par la suite, ne me donnant aucune opportunité d'écouter quelques autres de ses oeuvres. C'est arrivé plusieurs fois. Par exemple, la bande originale du film de Konrad Niewolski, Palimpsest, m'a révélé en Bartek Gliniak un compositeur intéressant, suffisamment intéressant pour avoir envie d'en découvrir davantage, seulement rien ne sort...Ma frustration est donc totale. Il y a aussi le cas inverse. Par exemple, j'aime bien la partition que Guy Farley composa pour Modigliani de Mick Davis. La musique est belle et émouvante, même colorée, l'album plutôt bien fait: c'est une bonne musique que j'aime écouter de temps en temps, mais il n'y a pas chez ce compositeur un style, un caractère, qui m'accroche et me stimule suffisamment pour avoir envie de suivre son travail. Je ne dis pas que je ne tomberai pas, un jour, sur une autre musique de Farley qui me plaira au moins autant que celle de Modigliani, je n'exclus pas cette hypothèse. Toute fois, si j'estime que c'est quelqu'un qui est tout-à-fait capable de composer une musique belle et soignée, son approche, sa personnalité musicale, ne m'est pas très intéressante ni stimulante.

Alexei Aigui, tout au contraire, est une personnalité musicale qui, jusqu'ici, me stimule beaucoup. Je l'avais découvert par la superbe musique qu'il composa sur Les Silencieuses et j'ai eu par la suite l'opportunité de découvrir d'autres opus qui m'ont permis d'apprécier son évolution artistique ainsi que d'autres facettes de son talent musical, sans connaître pour autant les films auxquels elles se rapportent. C'est un artiste qui navigue loin des eaux hollywoodiennes, semble privilégier des formes souvent plus intimistes et introverties. Je l'imagine très à l'aise sur des métrages comme Test/Le Souffle (2014) d'Aleksandr Kott ou encore Wild Field (2008) de Mikhail Kalatozshvili. Il parvient, selon moi, à transcrire musicalement toute la poétique de ces films. J'y perçois de la lenteur, des silences, des grands espaces, des sentiments humains, des émotions, le vent, le soleil, les cieux...Bref, j'aime son approche, l'aspect ethnique et méditatif de ses musiques. Je ne dirais pas qu'il a réussi à me coller au plafond, histoire de prendre une expression un peu familière. Il y a encore ce "petit quelque-chose" qui me manque pour être complètement transcendé par sa musique, ce qui ne m'empêche pas d'être toujours stimulé par sa personnalité musicale, de vouloir en connaître d'autres, notamment ce qu'il a composé sur La Vérité (2019) de Hirokazu Kore-eda.

Des deux, Grégoire Hetzel est peut-être celui qui me surprend le plus, celui qui arrive le mieux à atteindre l'exquis. Je l'avais découvert par une musique très raffinée et d'une beauté subtile qu'il confectionna pour Le Secret de la Chambre Noire de Kiyoshi Kurosawa. Quelques temps plus tard, je fus bluffé par la beauté des thèmes qu'il composa pour le film de Renaud Fély & Arnaud Louvet, L'Ami, François d'Assise et ses Frères. Cette B.O. stimula encore plus mon intérêt pour ce compositeur et j'ai donc poursuivi l'aventure avec ses travaux pour deux films de Cédric Anger, L'Avocat (2011) et Le Tueur (2008). Le premier titre, L'Avocat m'a révélé un "score" sympathique avec un thème principal séduisant, combinant guitare sèche et banjo sur des arpèges de guitare électrique. Si je n'ai pas été complètement convaincu par les parties plus atmosphériques et statiques, avec électronique, lors de cette première écoute, il s'en tire très bien dans les parties plus "sentimentales", sachant véhiculer une belle émotion avec peu d'effets, de façon très intimiste et avec une réelle sensibilité. Son morceau le plus émouvant, vers la fin, m'a quand même évoqué un thème que composa Howard Shore sur Les Infiltrés de Martin Scorsese. Ceci étant dit, la meilleure surprise, à mon goût, provient de sa partition d'un genre très sombre issue de sa première collaboration avec Cédric Anger, Le Tueur: je sens que je vais beaucoup aimer cette B.O.! Il y a notamment un morceau qui s'intitule "Traque". J'en adore la construction et le développement. Je lui trouve quelque-chose d'assez original et intéressant. J'aime également les passages où intervient avec beaucoup de présence, de charisme, une trompette solo...Le dernier extrait, "Le Tueur", est un petit diamant de moins de trois minutes. Tout ça c'est très positif pour moi. J'aime être ainsi stimulé par un compositeur, comme je le fus précédemment avec, par exemple, Pascal Gaigne.
Revenir en haut Aller en bas
Icare
Admin
Icare

Nombre de messages : 13732
Age : 56
Date d'inscription : 13/11/2009

Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI EmptyDim 23 Fév 2020 - 19:08

Icare a écrit:
Il y a encore ce "petit quelque-chose" qui me manque pour être complètement transcendé par sa musique, ce qui ne m'empêche pas d'être toujours stimulé par sa personnalité musicale, de vouloir en connaître d'autres, notamment ce qu'il a composé sur La Vérité (2019) de Hirokazu Kore-eda.

Si je n'ai toujours pas vu le film La Vérité de Hirokazu Kore-eda, je commence à apprivoiser sa bande originale dominée par le piano. Composée par Alexeï Aïgui, elle se développe sur trente-six minutes environ. Est-ce que je suis toujours aussi "stimulé" par son approche? Ce que je peux déjà dire c'est qu'il y a au moins deux thèmes principaux auxquels je suis très réceptifs: je les adore même s"ils n'amènent rien de vraiment neuf. Ils se cachent derrière les titres "La famille de Lumir" et "La Vérité", premier et dernier extraits de l'album,
- il s'agit du véritable thème principal, le second s'intitulant "Promenade de Fabienne et Toto", revenant deux fois. Il y a ce côté néo-baroque très réussi, une musique qui véhicule et communique une sorte d'énergie du bonheur, ce qui m'avait déjà frappé ailleurs, notamment dans Les Silencieuses. Plus globalement, mon ressenti s'avère mitigé. Certes, l'album est plaisant et même attachant d'un bout à l'autre, néanmoins, la musique s'enlise un peu dans une forme de guimauve sentimentale: C'est l'exemple d'une belle musique, sensible et sensuelle, qui sert très probablement son sujet, mais, intrinsèquement, elle n'est pas très intéressante en soi, un peu trop lisse, hormis ces deux thèmes susmentionnés que j'aime beaucoup. L'idéal serait qu'il puisse travailler sur un projet qui lui permette de se surpasser davantage...L'avenir m'apportera sûrement une réponse positive à ce souhait.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Alexei AIGUI Empty
MessageSujet: Re: Alexei AIGUI   Alexei AIGUI Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Alexei AIGUI
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Toutes les musiques du monde :: Musique de films, du monde & divers :: Musiques de films-
Sauter vers: