Forum sur la musique classique
 
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  Gerardo GOMBAU (1906-1971)

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Icare
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MessageSujet: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Mer 14 Mai - 19:36

Introduction personnelle:

Je commence à avoir une très bonne connaissance des compositeurs espagnols du XXème siècle. Certains d'entre eux ont écrit une musique épatante. Par un coffret réunissant plusieurs oeuvres, soit pour orchestre avec soliste et sans soliste, soit pour solistes, choeur et groupe instrumental, de Gerardo Gombau, un compositeur que je ne connaissais pas jusqu'ici, seulement de nom pour l'avoir lu quelque-part, j'espère poursuivre ainsi une belle aventure musicale. Me plonger dans un monde inconnu, m'imaginer si sa musique va être néo-tonale, si, au contraire, elle a épousé l'atonalisme et peut-être aussi la radicalité sérielle qui correspondit avec la Seconde Ecole de Vienne, et si c'est le cas, de quelle manière va-t-il l'intégrer à son propre langage, son propre style ou s'en affranchir afin de trouver une voie plus personnelle, plus en marge des systèmes. Ce que je peux dire c'est que si je devais faire ici une liste des compositeurs contemporains espagnols qui ont composé une musique qui me touche et à laquelle j'aime revenir le plus ponctuellement possible, elle serait assez impressionnante et réunirait des compositeurs de sensibilités diverses; ceux qui ont composé une musique le plus souvent atonale et "moderniste" comme Guinjoan, ceux qui ont plutôt composé une musique tonale fondée sur une conception plus traditionnelle de la "beauté" musicale, comme, par exemple, Brotons, ou encore ceux qui sont passés d'une tendance à l'autre comme Marco, sans exclure ceux qui ont loué leur talent au septième Art et se sont fait un nom dans ce domaine, comme Iglesias.

Eléments biographiques:

Gerardo Gombau est né à Salamanque en 1906 et mort à Madrid en 1971. Il a étudié et reçu ses premières leçons de musique dans sa ville natale à Salamanque. Entre 1912 et 1923, il a étudié le piano et la composition au Conservatoire Royal de Musique de Madrid, devenant ainsi un disciple studieux de José Conrado del Campo .

En 1942, il a créé l'Orchestre Symphonique de Salamanque, et en 1945, est devenu professeur au Conservatoire de Madrid. Il a fait partie de la génération de 1951 et de l'avènement sériel, mais a également cherché d'autres moyens d'expression. Il a alors contribué à la diffusion de la musique de Stravinsky et des positions esthétiques de la Seconde Ecole de Vienne, à travers de multiples conférences dans la salle de l'Athénée de Madrid. En outre, il favorisa l'influence du dodécaphonisme sériel selon le concept de compositeurs européens tels que Pierre Boulez et Henri Pousseur.

Ses propres œuvres musicales ont d'abord évolué selon un certain conservatisme nationaliste avant de céder à une approche assez systémique de la musique sérielle et électronique. Gerardo Gombau s'est également imposé comme pianiste et chef d'orchestre, et a participé à la création de "Music Publishing" (EMEC).


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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Mer 14 Mai - 19:43


L'instant musical;

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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Mer 14 Mai - 19:59


J'ai bien aimé. La gaieté sombre de cette musique m'a plu. Merci Icare pour cette présentation.  Mains 
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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Jeu 15 Mai - 13:43

Liste de ses oeuvres:

Música incidental

1962 El cerezo y la palmera
(orquesta de cámara)
1963 Calderoniana y Philipesca
(cuarteto de cuerda y piano)
1964 Reinar después de morir
(conjunto instrumental)
1966 Tonadilla de las mujeres listas
(voz y orquesta)


Música para ballet

1945 Danza para un ballet charro
1946 Preludio español
1952 Las musas de Bécquer
1964 Cartel de feria

Música para orquesta

1939 Sinfonía retrospectiva
1944 Amanecer
1945 D. Quijote velando las armas
1949 Variaciones sinfónicas sobre un tema de carácter popular español
1952 Sonata para orquesta de cámara
1970 Grupos tímbricos


Música para voz y orquesta

1944 Tormenta
1947 Campocerrado
1957 Más allá del mar
1960 Scherzo
1961 Música para voces e instrumentos


Música para voz y conjunto instrumental

1940 Infantina
(voces, piano, violín y cuarteto de cuerda)
1963 La tempestad
(voz, piano, violín, violonchelo y contrabajo)

Música para voz y órgano

1967 Introito y Misa
1970 Bajo la peña nace

Música para voz y piano

1936 Dos canciones castellanas
1954 Romance del Duero y Calatañazor
1958 Naturaleza de mujer
1964 Tú me levantas tierra de Castilla


Música para conjunto instrumental

1954 Trío en fa
(violín, violonchelo, piano)
1959 Suite breve
(flauta y piano)
1961 Música para ocho ejecutantes
(flauta, clarinete, trompeta, trombón, viola, violonchelo, dos percusionistas)
1962 Canzona con Ricercare
(violín y guitarra)
1963 Texturas y estructuras
(quinteto de viento)
1966 Dedicatoria
(violín y piano)
1967 Música 3+1
(cuarteto de cuerda)
__ Ostinati
(dos pianos)

Música para instrumento solo

Piano
1932 Aires de Castilla
1933 Escena y danza charra
1947 Canción danzada
1956 Ballet


Arpa
1948 Dos apuntes para arpa
1963 Sonorización heptafónica

Guitarra
1959-1961 Tres piezas de la “Belle époque”
1970 Zarabanda


Música electroacústica
1968 Cantata para la inauguración de una Losa de ensayo
(voz, conjunto instrumental y cinta)
__ Alea 68
(conjunto instrumental y electrónica)

__ Experiencias electroacústicas
(música concreta y electroacústica)

__ Misterios al descubierto
(música instrumental, concreta, electroacústica)

1970 Los invisibles átomos del aire
(voz y cinta)

1971 Pascha Nostrum
(voces solistas, coro, conjunto instrumental, cinta magnética)


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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Dim 1 Juin - 23:44

Je pense avoir écouté (pour la première fois), ce soir, les oeuvres qui correspondent sans doute à la première période de Gerardo Gombau. La toute première pièce du premier disque, Amanecer pour violon et orchestre est très tonale et lyrique comme les quatre oeuvres qui suivent, mais un lyrisme assez contenu, une musique qui lorgne entre romantisme et impressionnisme à la française, entre Debussy et De Falla, d'une certaine manière. Don Quijote Velando Las Arnas pour orchestre développe un son plus symphonique mais sans grandiloquence, avec des changements d'humeur, des passages héroïques et d'autres plus fébriles, dans une veine néo-classique et un style qui, sans me surprendre, ne me sont pas déplaisants ni ennuyeux. L'intrigue musicale se laisse aisément appréhender. Il en sera de même avec ses Variaciones Poematicas pour orchestre, à quelques crans plus hauts, l'oeuvre m'ayant paru un peu plus intéressante que la précédente. Sa Sonate pour orchestre de chambre ne manque pas de charme non plus ni d'élégance. Il m'a semblé y retrouver un caractère enjoué et gracieux comme dans ses "Variations", une certaine légèreté aussi. Je ne saurai dire autre chose de Siete Claves de Aragon pour mezzo-soprano et orchestre. Jusque là, c'est un style, une approche, qui me touche quand même moins que celui de Xavier Montsalvatge, mais comme je l'ai dit en début de commentaire, ces oeuvres semblent appartenir à la période néo-classique du compositeur: la première fut composée en 1944, la seconde en 1949, la troisième en 1952, la quatrième en 1953 et la cinquième en 1952. Bien sûr, il me faudra les réécouter afin d'en tirer un ressenti plus intéressant. Ce qui est sûr, c'est que si je n'ai pas été fasciné ni impressionné, elles m'ont suffisamment plu pour avoir envie d'y revenir. Mais avant, je vais m'atteler à la seconde période du compositeur.
 


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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Lun 2 Juin - 19:06

Je viens d'écouter les quatre oeuvres qui correspondent à la seconde période de Gerardo Gombau et, effectivement, je suis passé à un univers sonore plus "contemporain" mais qui, pour moi, s'écoute aussi facilement, ne m'a paru ni excessivement austère ni trop ascétique. La toute première pièce de ce second disque, Scherzo pour soprano et orchestre (1960) n'est pas encore si éloignée que ça des oeuvres d'avant 60. La nouvelle esthétique explorée par Gombau s'affirme assez nettement sur Musica para voices e instrumentos (1961) et j'avoue en avoir bien aimé l'humeur plus ou moins mystérieuse. Ses Grupos Timbricos pour grand orchestre (1970) semblent s'engager plus profondément dans un sériel intégral, encore que je n'ai pas été gêné par une éventuelle rigidité ni austérité. Certes, le système est installé et le concept ne m'a réservé aucune surprise majeure dans son développement. Seules les orchestrations et la richesse timbrique ont retenu mon attention jusqu'au bout. Je n'aurai aucune réticence à y revenir un jour ou l'autre. La pièce qui m'a paru la plus intéressante lors de cette première exploration est la toute dernière et aussi la plus longue en durée; Pascha Nostrum pour voix solistes, choeur, groupe instrumental et bande magnétique (1971). L'approche est moins sérielle, plus souple, et plus singulière. Je serais prêt à parier que Gerardo Gombau la considère comme l'une de ses oeuvres les plus personnelles, les plus proches de sa philosophie musicale. Bien sûr, je m'avance et peux me tromper. Je n'ai pratiquement encore rien lu sur son rapport à la musique, ses convictions, ses croyances...mais cette composition, singulière et animée, m'a troublé, intéressé, intrigué. Du coup, il y a deux oeuvres que j'ai hâte de réécouter, désormais: celle-ci et ses Variaciones Poematicas , c'est-à-dire une de sa période néo-classique et l'autre appartenant à sa seconde période, la dite "moderne".  
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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Mer 30 Juil - 10:11

Icare a écrit:
Je pense avoir écouté (pour la première fois), ce soir, les oeuvres qui correspondent sans doute à la première période de Gerardo Gombau. La toute première pièce du premier disque, Amanecer pour violon et orchestre est très tonale et lyrique comme les quatre oeuvres qui suivent, mais un lyrisme assez contenu, une musique qui lorgne entre romantisme et impressionnisme à la française, entre Debussy et De Falla, d'une certaine manière. Don Quijote Velando Las Arnas pour orchestre développe un son plus symphonique mais sans grandiloquence, avec des changements d'humeur, des passages héroïques et d'autres plus fébriles, dans une veine néo-classique et un style qui, sans me surprendre, ne me sont pas déplaisants ni ennuyeux. L'intrigue musicale se laisse aisément appréhender. Il en sera de même avec ses Variaciones Poematicas pour orchestre, à quelques crans plus hauts, l'oeuvre m'ayant paru un peu plus intéressante que la précédente. Sa Sonate pour orchestre de chambre ne manque pas de charme non plus ni d'élégance. Il m'a semblé y retrouver un caractère enjoué et gracieux comme dans ses "Variations", une certaine légèreté aussi. Je ne saurai dire autre chose de Siete Claves de Aragon pour mezzo-soprano et orchestre. Jusque là, c'est un style, une approche, qui me touche quand même moins que celui de Xavier Montsalvatge, mais comme je l'ai dit en début de commentaire, ces oeuvres semblent appartenir à la période néo-classique du compositeur: la première fut composée en 1944, la seconde en 1949, la troisième en 1952, la quatrième en 1953 et la cinquième en 1952. Bien sûr, il me faudra les réécouter afin d'en tirer un ressenti plus intéressant. Ce qui est sûr, c'est que si je n'ai pas été fasciné ni impressionné, elles m'ont suffisamment plu pour avoir envie d'y revenir. Mais avant, je vais m'atteler à la seconde période du compositeur. 

Gerardo Gombau n'est pas un compositeur dont on entend beaucoup parler. J'ignore d'ailleurs ce qui m'a dirigé vers sa musique, peut-être tout simplement parce que j'ai toujours l'espoir de tomber sur l'oeuvre rare, celle qui va me faire bondir de ma chaise, celle qui va susciter en moi une grande exaltation ou alors une forte émotion. C'est quelque chose qui m'est arrivé suffisamment de fois avec l'oeuvre de compositeurs méconnus, surtout dans le domaine contemporain, pour que cet espoir perdure dans un coin de mon cerveau à chaque fois que je tiens dans les mains un disque d'un créateur peu connu, voire pas du tout, pas même de nom. Après une nouvelle écoute des cinq oeuvres qui représentent la première période de Gerardo Gombau, principalement néo-classique, avec des pointes de romantisme et d'impressionnisme ci et là, je pourrais presque écrire la même chose que ce que j'ai déjà écrit dans mon précédent commentaire, sauf sur un point: J'ai laissé entendre que les Variaciones Poemàticas (1952), sur le premier disque, était l'oeuvre qui avait le mieux retenu mon attention. Dans un symphonique proche du Don Quijote velando las armas (1945) qui la précède, je la trouve plus communicative et plus inspirée; il y a des moments que j'avais bien aimés et que j'ai continué d'aimer lors ce cette nouvelle écoute. Don Quijote... me paraît, en revanche, plus quelconque, plus banal encore. De la Sonate pour orchestre de chambre (1953), je retiens surtout sa partie la plus lente et la plus douce, la plus rêveuse aussi, celle qui me renvoie directement à son Amanecer (1944), une courte pièce pour violon et orchestre. Malgré ces petites éloges qui transpirent de mon propos et bien que Gombau y démontre du métier et une certaine sensibilité, à aucun moment je n'ai bondi de ma chaise, en proie à une grande exaltation ou à une forte émotion. Le plaisir que me procurent ces oeuvres pendant l'écoute reste modéré, sans grande intensité. La meilleure émotion est finalement venue avec la cinquième oeuvre de ce premier volet et qui s'intitule Siete claves de Aragon (1952) pour mezzo-soprano et orchestre, une oeuvre qui ne m'avait pas particulièrement interpellé lors de la première écoute. Cette fois, je lui ai trouvé une certaine insolence, pertinence, quelque chose d'infiniment poétique qui me la rend plus intéressante que les autres, par ses coloris, l'accompagnement orchestral souvent très incisif et pouvant habilement se réduire à un seul instrument: un duo avec la voix s'établit et le charme est alors total. Je ressens aussi beaucoup d'espanité dans ce morceau qui mériterait d'être mieux connu et plus souvent joué.  


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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Mer 30 Juil - 15:47

Icare a écrit:
Je viens d'écouter les quatre oeuvres qui correspondent à la seconde période de Gerardo Gombau et, effectivement, je suis passé à un univers sonore plus "contemporain" mais qui, pour moi, s'écoute aussi facilement, ne m'a paru ni excessivement austère ni trop ascétique. La toute première pièce de ce second disque, Scherzo pour soprano et orchestre (1960) n'est pas encore si éloignée que ça des oeuvres d'avant 60. La nouvelle esthétique explorée par Gombau s'affirme assez nettement sur Musica para voices e instrumentos (1961) et j'avoue en avoir bien aimé l'humeur plus ou moins mystérieuse. Ses Grupos Timbricos pour grand orchestre (1970) semblent s'engager plus profondément dans un sériel intégral, encore que je n'ai pas été gêné par une éventuelle rigidité ni austérité. Certes, le système est installé et le concept ne m'a réservé aucune surprise majeure dans son développement. Seules les orchestrations et la richesse timbrique ont retenu mon attention jusqu'au bout. Je n'aurai aucune réticence à y revenir un jour ou l'autre. La pièce qui m'a paru la plus intéressante lors de cette première exploration est la toute dernière et aussi la plus longue en durée; Pascha Nostrum pour voix solistes, choeur, groupe instrumental et bande magnétique (1971). L'approche est moins sérielle, plus souple, et plus singulière. Je serais prêt à parier que Gerardo Gombau la considère comme l'une de ses oeuvres les plus personnelles, les plus proches de sa philosophie musicale. Bien sûr, je m'avance et peux me tromper. Je n'ai pratiquement encore rien lu sur son rapport à la musique, ses convictions, ses croyances...mais cette composition, singulière et animée, m'a troublé, intéressé, intrigué. Du coup, il y a deux oeuvres que j'ai hâte de réécouter, désormais: celle-ci et ses Variaciones Poematicas , c'est-à-dire une de sa période néo-classique et l'autre appartenant à sa seconde période, la dite "moderne".  

En réécoutant les quatre oeuvres de la seconde période de Gerardo Gombau, j'avais presque l'impression d'être passé carrément à un autre compositeur. Je dis bien presque car la cinquième oeuvre de la première période, Siete claves de Aragon, composée en 1952, annonce un peu ce qui allait devenir sa nouvelle approche. Gombau n'est pas le seul créateur chez qui on peut remarquer une période plutôt tonale et lyrique et une période davantage tournée vers l'atonalisme. Chez certains d'entre eux, je vais être captivé autant par l'une que par l'autre de ces deux périodes. Chez certains autres, je vais manifester une nette préférence pour leur période néo-classique, les trouvant plus à l'aise et inspirés dans ce domaine. Concernant Gerardo Gombau, c'est exactement l'inverse. Je préfère sa seconde période tout en refusant de penser que c'est parce que j'ai une prédilection naturelle pour la musique atonale, en général. Ce n'est pas aussi simple car je reste quand même très attaché à la mélodie, au lyrisme, etc...Je pense sincèrement que Gombau fait preuve de plus d'aisance et d'imagination dans ses oeuvres les plus "modernes", comme le démontre notamment Grupos Timbricos pour grand orchestre (1970). Il donne l'impression de s'être lâché, dans le sens où son potentiel imaginatif se serait enfin débridé. Il s'est appliqué à construire un monde sonore inouï avec ses moments de fulgurance et de rupture de ton qui conduisent à de brefs silences faussement intempestifs. Je continue d'aimer aussi son Pascha Nostrum (1971) qui s'inscrit selon moi dans une autre dimension, peut-être plus proche quelque-part de sa Musica para voices e instrumentatos (1961).   
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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Mer 25 Mar - 19:21

Si je n'avais découvert Gerardo Gombau qu'au travers de Don Quijote velando las armas pour orchestre (1945), mon esprit sélectif n'aurait sans doute pas trouvé utile de poursuivre l'aventure avec ce compositeur, parce que j'aurais déduit (par facilité?) qu'il ne développait pas là un style suffisamment intéressant, bien trop banal pour me donner envie de l'approfondir. Je serais passé à côté de ses Variaciones poemàticas pour orchestre (1952) qui me plaisent de plus en plus après cette nouvelle écoute, tant elles sont colorées, porteuses de fantaisie et de cette verve orchestrale sans lourdeur que j'arrive très facilement à apprécier dans le néo-classique. Pas une oeuvre qui ajoute un jalon important dans l'histoire de la musique, mais une oeuvre qui touche, émeut, épanouit, divertit...une musique qui m'apparait, dans son ensemble, assez optimiste, fleurie, printanière, mais dans laquelle on peut aussi saisir, ci et là, une pointe de mélancolie, une vague couleur baroque, une once de gravité, un soupçon de légèreté, une pincée de romantisme et d'impressionnisme. Voilà une musique qui devrait plaire à Joachim et je pourrais dire la même chose de Sonata para orquestra de càmara (1953) et peut-être plus encore de ses Siete claves de Aragon pour mezzo-soprano (Carole Sidney Louis) et orchestre (1952), une oeuvre de caractère que je trouve de plus en plus belle et intéressante. Superbement orchestrée, à mon goût. Amanecer, petite pièce pour violon (Mariana Todorova) et orchestre, tonale, douce et raffinée: une ouverture sur le rêve...
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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Jeu 26 Mar - 9:29

De la seconde période créative de Gerardo Gombau que l'on peut éventuellement délimiter entre 1960 et 1971, il y a tout d'abord un Scherzo pour soprano et orchestre (1960) qui reste dans la continuité de Siete claves de Aragon (1952), employant d'ailleurs un même effectif. Jusque là, il n'y pas de rupture de style, elle intervient plutôt sur Mùsica para voces e instrumentos (1961) puis sur Grupos Timbricos pour grand orchestre (1970), oeuvres par lesquelles il explore les champs possibles de l'atonalité. Il opte pour une approche qui s'éloigne alors nettement du style néo-classique qu'il développa sur des créations telles que Variaciones poemàticas (1952). Il n'en demeure pas moins que ces oeuvres restent accessibles, jamais pénibles ni trop rigides à l'écoute. Je trouve que Gerardo Gombau fait partie de ces compositeurs qui ont abordé la musique atonale avec beaucoup d'intelligence, c'est-à-dire avec suffisamment de musicalité pour les rendre attrayantes: il y a du mystère et une certaine forme de légèreté (subtilité) dans Mùsica para voces e instrumentos, une superbe palette de coloris dans Grupos Timbricos avec un ingénieux agencement des sons qui semblent s'imbriquer naturellement, comme par magie, comme si chaque imbrication coulait de source. Le dernier opus (du second cd), d'un ton plus religieux, Pascha Nostrum pour voix solistes, choeur, groupe instrumental et bande magnétique (1971) revient davantage vers la tonalité mais sans jamais se rapprocher de ses compositions des années 50. C'est l'oeuvre qui m'a paru la plus singulière, la plus personnelle, de toutes celles que je connais de Gombau, à noter un traitement électronique de l'orgue qui apporte une couleur particulière, une dimension presque irréelle, surréaliste, ponctuée par quelques "alléluia". Je ne sais pas encore s"il s'agit là de mon oeuvre préférée de Gerardo Gombau parmi celles que je connais. Affaire à suivre...
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joachim
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MessageSujet: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Ven 27 Mai - 20:31

Garardau Gombau Guerra est un compositeur espagnol, né le 3 août 1906 à Salamanque, et mort le 13 décembre 1971 à Madrid.

Il était le second fils du photographe Venancio Gombau, né le 3 Août 1906 à Salamanque, ville où il a étudié l'enseignement et les premiers cours d'éducation musicale.
Entre 1912 et 1923, il a étudié le piano et la composition au Conservatoire Royal de Musique de Madrid. Il a dirigé le quintet Cine Liceo (Salamanca), a créé le Trio del Café Novelty avec Antonio Arias et Pablo Ceballos.
En 1942, il fonde l'Orchestre symphonique de Salamanque et en 1945 il a remporté le Prix national de la musique, en plus de la chaire d'accompagnement du Conservatoire de Madrid, qui plus tard a également donné la chaire de composition.

Ses travaux ont été programmés dans les cycles de concerts organisés par le Aula de musica de l'Ateneo de Madrid. Il étendit la musique de Stravinsky et de l'Ecole de Vienne à travers des conférences et enseigné pour l'analyse au Aula de Ateneo. Il était un collaborateur régulier de La Estafeta Literaria, dans lequel il a publié plusieurs articles sur la musique et les musiciens de son temps, sur les influences des douze tons et le système de série dans l'esthétique des compositeurs européens de l'époque (par exemple, Pierre Boulez), sur la prévalence des caractéristiques raciales de la technique du son (illustré par Luciano Berio, Pierre Boulez et Henri Pousseur). Il a également servi en tant que pianiste et chef d'orchestre et de ballets. Il a été administrateur de la Société générale des auteurs d'Espagne et l'un des promoteurs de la création de l'espagnol contemporain Música Española Contemporánea EMEC. Il est mort à Madrid le 13 Décembre 1971.




https://www.youtube.com/watch?v=9TiK-owMfNE
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Icare
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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Ven 27 Mai - 21:58


Alors Joachim, on fait comme les p'tits nouveaux qui arrivent sur le forum, on ouvre un topic sur un compositeur sans vérifier s"il existe déjà. Hehe Et pourtant, j'en avais déjà écrit pas mal sur Gerardo Gombau. Very Happy
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joachim
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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   Dim 29 Mai - 12:59

Eh oui, erreur de mes sens abusés Embarassed Le pire, et je m'en souviens bien, c'est que j'avais mélangé nom et prénom, et fait une recherche sur Gombo. Alors, évidemment il n'y avait rien...

Comme ma bio est un peu différente de la tienne, je pense que je peux la laisser !
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MessageSujet: Re: Gerardo GOMBAU (1906-1971)   

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Gerardo GOMBAU (1906-1971)
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