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  Patrice FOUILLAUD, né en 1949

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Icare
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MessageSujet: Patrice FOUILLAUD, né en 1949   Mar 22 Avr - 21:27

Je ne sais pas toujours ce qui me dirige sur les pas d'un compositeur alors que je n'ai jamais rien écouté de sa musique, n'ai pas même lu un commentaire positif à son égard. C'est une énigme qui me poursuit depuis longtemps, peut-être depuis toujours, comme si j'obéissais à un mélange d'instinct et de curiosité: découvrir un nouvel univers, une nouvelle sensibilité musicale, m'imaginer comment va résonner le clavecin dans une oeuvre comme Souvenir du Présent, pour hautbois solo, orchestre à cordes, harpe et clavecin, comment va s'organiser le quatuor à cordes dans le contexte des Huit Préludes Symphoniques pour quatuor à cordes et grand orchestre ou encore m'imaginer quel espace va déchirer l'orchestre symphonique dans Vers un espace déchiré, si, dans mon esprit, cette oeuvre de Patrice Fouillaud va faire écho à la Symphonie déchirée de Luc Ferrari. C'est une position intellectuellement très excitante, une porte qui reste à ouvrir avec la clef de l'émotion sur une autre infinitésimale partie de l'immense paradis musical mis à notre disposition. J'espère que l'art musical de Patrice Fouillaud me permettra d'ouvrir cette porte et de parcourir sa petite parcelle de paradis à lui.


Dernière édition par Icare le Mar 22 Avr - 21:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Patrice FOUILLAUD, né en 1949   Mar 22 Avr - 21:33


Eléments biographiques:

Prix des jeunes compositeurs de la S.A.C.E.M. en 1985, le Français Patrice Fouillaud, né le 28 mars 1949 à Limoges, accomplit ses études musicales au conservatoire de sa ville natale, puis se perfectionne en composition à l'Accademia musicale Chigiana de Sienne (1979), auprès de Franco Donatoni, puis à l'Accademia nazionale di Santa Cecilia de Rome (1980-1982), où il obtient, à la fin de son cursus, un premier prix de composition. En 1982, il est nommé directeur du Conservatoire de Villeneuve-le-Roi, en région parisienne.

Son catalogue comporte des partitions touchant à tous les genres, avec une prédilection pour la musique de chambre et les petits ensembles instrumentaux, dont témoignent Voile mauve, pour flûte, clarinette et piano (1976), Polyphonies d'exil, pour hautbois, violon, alto, violoncelle et clavecin (1981), D'une rumeur nocturne, pour flûte, piano et percussion (1983), Quintette pour le temps qui passe, pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano (1988).

Amoureux du timbre, Fouillaud déploie toute son inspiration à travers une matière instrumentale et orchestrale qu'il traite, à la façon d'un peintre, par touches soulignées de lumière. Celle-ci, dans sa dimension solaire, possède chez ce créateur la réalité d'un véritable objet sonore, l'accord de si majeur – appelé par lui « si de lumière » –, qui illumine sa page la plus dramatique, Souviens-toi, pour orchestre (1994).

Cette passion pour les variations et les chatoiements infinis d'une lumière allant se couchant, une poétique du Naturlaut, la « voix de la Nature » chère à Gustav Mahler, ainsi qu'une prédilection pour des harmonies nocturnes sont, de fait, les traits caractéristiques fondamentaux de la musique de Fouillaud, particulièrement manifestes dans Langsam, pour piano et petit orchestre (1985), Huit Préludes symphoniques, pour quatuor à cordes et grand orchestre (1989), Au-delà des horizons expansibles, pour guitare électrique et grand orchestre (1991), Souvenir du présent, pour hautbois, orchestre à cor […]
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Icare
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MessageSujet: Re: Patrice FOUILLAUD, né en 1949   Mar 17 Juin - 22:55

Icare a écrit:
Je ne sais pas toujours ce qui me dirige sur les pas d'un compositeur alors que je n'ai jamais rien écouté de sa musique, n'ai pas même lu un commentaire positif à son égard. C'est une énigme qui me poursuit depuis longtemps, peut-être depuis toujours, comme si j'obéissais à un mélange d'instinct et de curiosité: découvrir un nouvel univers, une nouvelle sensibilité musicale, m'imaginer comment va résonner le clavecin dans une oeuvre comme Souvenir du Présent, pour hautbois solo, orchestre à cordes, harpe et clavecin, comment va s'organiser le quatuor à cordes dans le contexte des Huit Préludes Symphoniques pour quatuor à cordes et grand orchestre ou encore m'imaginer quel espace va déchirer l'orchestre symphonique dans Vers un espace déchiré, si, dans mon esprit, cette oeuvre de Patrice Fouillaud va faire écho à la Symphonie déchirée de Luc Ferrari. C'est une position intellectuellement très excitante, une porte qui reste à ouvrir avec la clef de l'émotion sur une autre infinitésimale partie de l'immense paradis musical mis à notre disposition. J'espère que l'art musical de Patrice Fouillaud me permettra d'ouvrir cette porte et de parcourir sa petite parcelle de paradis à lui.

C'est toujours excitant pour moi de pénétrer un territoire inconnu, même si une première écoute est un peu un tâtonnement, une aventure. Cette première exploration m'a donc permis de situer le jeu du clavecin dans Souvenir du présent pour hautbois solo, orchestre à cordes, harpe et clavecin. Voilà un instrumentarium idéal pour mon oreille, au point que je n'imagine même pas qu'une oeuvre avec ce type de formation puisse me déplaire...Bien sûr, le choix des instruments ne suffit pas à faire une musique digne d'intérêt mais dans le cas de Souvenir du Présent de Patrice Fouillaud, j'ai découvert une oeuvre de caractère qui n'est pas juste une cumulation de notes sans idées. Au contraire, les idées sont là. L'oeuvre a de la bonhomie, de l'allure, du tempérament, un aspect sonore qui me plait beaucoup, notamment deux passages rythmés sur le modèle répétitif, à la fois percutants et obsédants, plus un final illuminé. Je m'étais demandé comment allait s'organiser le quatuor à cordes au sein de l'orchestre symphonique dans Huit préludes symphoniques et je n'ai pas eu l'impression d'écouter une sorte de concerto ou de symphonie concertante. J'ai surtout été embarqué dans une oeuvre définitivement "moderne" mais profondément musicale en même temps. Rien qui ne m'ait été pénible ou fatiguant pendant l'écoute, sans doute aussi parce que je suis quand même familiarisé (et sensible) à ce genre d'esthétique, parce que mon oreille ne s'est pas bloquée sur Mozart et Beethoven. Hehe J'ai apprécié, outre la poétique globale, le rapport subtil et parfois fusionnel entre le quatuor et les différentes parties de l'orchestre symphonique. La musique est complexe, tourmentée, chahutée, sombre mais traversée de jets luminescents. On prend bien conscience de la préoccupation du compositeur pour les recherches timbrales - une caractéristique qui se vérifie peut-être plus encore dans Vers un espace déchiré pour orchestre symphonique, partition brillante et pleine d'énergie qui est malgré tout celle qui m'a le moins impressionné lors de cette première écoute.

Super belle surprise pour moi!  
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MessageSujet: Re: Patrice FOUILLAUD, né en 1949   Ven 20 Mar - 22:16

Lors d'une nouvelle écoute des trois oeuvres mentionnées ci-dessus, ma préférence va toujours pour Souvenir du présent pour hautbois solo, orchestre à cordes, harpe et clavecin (1992), oeuvre interprétée par le hautboïste Stéphane Part, l'Orchestre Régional du Centre sous la direction de Lionel Fédrigo. J'ai toujours estimé que le hautbois avait une proximité privilégiée avec la nostalgie, un instrument sublime particulièrement mis en valeur dans cette composition...

Souvenir du présent répond à une commande des Semaines Musicales Internationales d'Orléans et est dédié à Stéphane Part. Cette pièce musicale se présente en deux parties enchaînées, vif-lent. Des repères sont nettement perceptibles et identifiables: tenues de contrebasse, mode de jeux répétitifs, combinaisons d'agrégats, quarts de tons dans la deuxième partie, etc...En musique, le présent faisant partie de la compréhension du temps, le présent donc est imperceptiblement révolu, le présent est un infinitésimal passé, une espèce de nostalgie perpétuelle. Pour reprendre l'expression de Vladimir Jankelevitch: "un présent presque passé". Patrice Fouillaud.
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MessageSujet: Re: Patrice FOUILLAUD, né en 1949   Mar 14 Juil - 19:44


<<Je m'étais demandé comment allait s'organiser le quatuor à cordes au sein de l'orchestre symphonique dans Huit préludes symphoniques et je n'ai pas eu l'impression d'écouter une sorte de concerto ou de symphonie concertante. J'ai surtout été embarqué dans une oeuvre définitivement "moderne" mais profondément musicale en même temps. Rien qui ne m'ait été pénible ou fatiguant pendant l'écoute, sans doute aussi parce que je suis quand même familiarisé (et sensible) à ce genre d'esthétique, parce que mon oreille ne s'est pas bloquée sur Mozart et Beethoven. Hehe J'ai apprécié, outre la poétique globale, le rapport subtil et parfois fusionnel entre le quatuor et les différentes parties de l'orchestre symphonique. La musique est complexe, tourmentée, chahutée, sombre mais traversée de jets luminescents. On prend bien conscience de la préoccupation du compositeur pour les recherches timbrales - une caractéristique qui se vérifie peut-être plus encore dans Vers un espace déchiré pour orchestre symphonique, partition brillante et pleine d'énergie qui est malgré tout celle qui m'a le moins impressionné lors de cette première écoute.

Je viens de réécouter Huit Préludes Symphoniques pour quatuor à cordes et grand orchestre. Dans cette formation particulière, je connais quelques oeuvres: celles qui me reviennent à l'esprit au moment où j'écris ces lignes, sont Thoughts 1990 du compositeur danois Leif Segerstam et le Concerto Grosso for String Quartet and Orchestra du compositeur d'origine espagnol Juliàn Orbon. Il faudrait que je les réécoutes, mais il se pourrait que les Huit Préludes Symphoniques de Patrice Fouillaud me soit davantage attractifs. Je ne sais pas si c'est le genre d'oeuvre dont je serai en mesure de conserver quelque chose de concret, précis, après l'écoute: ce sont surtout des ambiances, des climats, des couleurs, des épisodes sonores, parfois furtifs, parfois plus développés, des passages de musique de chambre au sein d'un tissu orchestral dont les formes peuvent se dissiper temporairement, puis revenir pour apporter un certain relief, une dimension plus ample.
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MessageSujet: Re: Patrice FOUILLAUD, né en 1949   Mer 15 Juil - 10:21

<<C'est toujours excitant pour moi de pénétrer un territoire inconnu, même si une première écoute est un peu un tâtonnement, une aventure. Cette première exploration m'a donc permis de situer le jeu du clavecin dans Souvenir du présent pour hautbois solo, orchestre à cordes, harpe et clavecin. Voilà un instrumentarium idéal pour mon oreille, au point que je n'imagine même pas qu'une oeuvre avec ce type de formation puisse me déplaire...Bien sûr, le choix des instruments ne suffit pas à faire une musique digne d'intérêt mais dans le cas de Souvenir du Présent de Patrice Fouillaud, j'ai découvert une oeuvre de caractère qui n'est pas juste une cumulation de notes sans idées. Au contraire, les idées sont là. L'oeuvre a de la bonhomie, de l'allure, du tempérament, un aspect sonore qui me plait beaucoup, notamment deux passages rythmés sur le modèle répétitif, à la fois percutants et obsédants, plus un final illuminé.>>

Dans Souvenir du Présent pour hautbois solo, orchestre à cordes, harpe et clavecin, j'ai retrouvé une belle proximité avec le hautbois que j'ai suivi des oreilles tout au long de l'oeuvre, une proximité devenue très intime au moment où le soliste joue seul, provisoirement abandonné par les cordes, le clavecin et la harpe. L'oeuvre n'est pas forcément facile d'accès pour ceux qui sont surtout familiarisés et profondément attachés à la tonalité et à la forme classique, au sens où on l'entend habituellement. Peu importe, il y a dans la musique de Patrice Fouillaud une ambiance, un climat et une proximité avec certains instruments, notamment le hautbois, le clavecin, la harpe, voire même, à un moment donné, une contrebasse, à moins qu'il ne s'agisse d'un violoncelle dans des tons très graves. Ce qui me plait dans cette ambiance sonore plutôt tendue et tourmentée - dès les premières mesures de Souvenir du Présent, les cordes sont particulièrement crispées - c'est qu'elle m'accapare aussitôt, sans que je puisse réellement expliquer pourquoi. Sa force attractive m'est définitivement mystérieuse même si je tente de décrire avec mes mots ce qui me plait, m'émeut, m'interpelle. Il y a quelque chose de très énigmatique dans ce genre de musique. Le ton est donné dès le départ. Dès le départ, je sus à peu près dans quel climat troublé et troublant cette musique d'allure chambriste allait m'emporter. La harpe est plutôt grave; une présence assez mystérieuse, alors que le clavecin m'évoque quelque chose de lointain, à la fois nostalgique et inquiétant. Le hautbois de Stéphane Part fut, cependant, mon guide vers une lumière fragile, celui qui m'a maintenu dans le présent. Vers un espace déchiré pour orchestre est, des trois oeuvres de Patrice Fouillaud que je commence à bien connaître, celle qui me touche le moins, peut-être parce que je n'ai pas un instrument-guide auquel m'accrocher, que je suis un peu suspendu au sein d'un complexe sonore où les instruments, en partie des percussions et des bois vers le début, se répondent entre eux sans que l'un ne s'extirpe suffisamment de la masse et prenne un chemin plus personnel. Je suis seul au milieu d'une foule qui, à un moment précis, et sûrement calculé, dans cet "espace déchiré", va hurler ou plutôt s'exclamer bruyamment, par les cuivres mais aussi d'une manière assez surprenante où une partie de l'orchestre semble reproduire la voix humaine dans un cri collectif d'étonnement. La foule se dissipera progressivement et me laissera seul avec mon ressenti. Pas mal, mais je fus plus à mon aise dans Souvenir du Présent et Huit Préludes Symphoniques.
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