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  Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.

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Icare
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MessageSujet: Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.   Dim 6 Avr - 14:07

Eléments biographiques:

Dominique Lemaître est un compositeur français né le 11 septembre 1953 à Fécamp. Il étudie les lettres puis la musicologie à l’Université de Rouen. Il s’initie à l’électroacoustique et à la composition auprès de Jacques Petit au Conservatoire de Paris, participe aux cours publics, notamment ceux de Klaus Huber, et collabore au studio de Vierzon après avoir rencontré Nicolas Frize. Empreint de l’œuvre de Bach, Debussy, Edgar Varèse, György Ligeti ou encore Giacinto Scelsi, mais aussi des musiques extra-européennes, Dominique Lemaître s’inspire en outre de la mythologie (Circé, 1998), des arts picturaux (La Ghirlandata, 1998) et poétiques (Un oubli servant d’étoile, 2000). Il écrit pour diverses formations : solo (Mnaïdra, 1992 ; Échos des cinq éléments, 2003), quatuor (Paysages imaginaires, 1994 ; Lignes fugitives, 2009), ensemble (Gravitations, 1989 ; Secrète perspectives, 2010), orchestre (Tellus, 1995 ; Le quark et le papillon, 2004), musique mixte, avec une prédilection pour la musique concertante (Hypérion, 1997 ; Horizons réflexes, 2006) et la voix (Babilim, 2004 ; Nocturnal, 2008). Ses œuvres mêlent superpositions métriques, polytextures, répétitions en boucle et une modalité sous-jacente. Par ailleurs, en liaison avec l’école de musique d’Évreux, l’Université et le Conservatoire de Rouen, Dominique Lemaître mène des expériences pédagogiques en faveur de la musique contemporaine (série des Dédicaces, 1994).

Je pensais avoir déjà ouvert un topic sur ce compositeur, mais, visiblement, il s'avérerait que ma mémoire est ce personnage espiègle qui me joue des tours.  Hehe Je l'avais pourtant découvert, il y a quelques années de cela, au travers de quatre oeuvres; Attius pour violoncelle et seize instruments, Circé pour soprano et huit violoncelles, Vers l'eau, vers le feu pour violon et dix-huit instruments et Huit à l'infini pour octuor de violoncelles et orchestre. Je me rappelle que la première approche de ces quatre opus de Dominique Lemaître avait été globalement tiède. Je n'avais pas directement accroché à leur poétique respective. Mais, ce que je me souviens aussi, c'est que cette première impression avait évolué positivement et progressivement au fil des écoutes, comme si ces musiques étaient dotées d'une  certaine "pudeur Brahmsienne", ne livrant pas leurs secrets ni leur mystère tout de suite. Je crois être désormais très attaché à la poétique de ces quatre oeuvres. Une prochaine redécouverte, prévue dans un avenir proche, confirmera ou infirmera cet attachement progressif. Puis, dans la mesure où j'ai récidivé avec Dominique Lemaître en me procurant, à prix fort sympathique, une nouvelle composition intitulée Le Diapason de Satin en cinq parties, pour soprano, alto et ensemble, j'aurai matière à venir enrichir ce topic fraîchement ouvert de mes impressions.  


Dernière édition par Icare le Ven 18 Avr - 17:52, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.   Ven 18 Avr - 9:42

En cette matinée particulièrement ventée, je viens de réécouter deux oeuvres de Dominique Lemaître, Attius pour violoncelle (Gary Hoffman) et seize instruments et Circé pour soprano et huit violoncelles. Maintenant que j'ai bien pénétré la poétique de ces musiques, je peux vraiment dire que j'aime bien le style de ce compositeur singulier. Le violoncelle d'Attius est un formidable guide qui m'a conduit au sein d'un paysage tourmenté et intense, dans les méandres d'un complexe sonore sinueux, poignant, parfois traversé d'une grande beauté. Ce fut un formidable voyage fait de chemins tortueux et de fibres lumineuses. Je me suis laissé bercer par ses mouvements, étreindre par ses tensions, émouvoir par ses tourments.

Circé a prolongé ce plaisir. Seul le guide a changé. Ce n'est plus le violoncelliste Gary Hoffman qui me tient par l'oreille, c'est la magnifique voix de soprano de Kaoli Isshiki qui, cette fois, m'entraîne dans son soliloque au coeur d'un contexte harmonique plutôt singulier et engendré par huit violoncelles. Jamais ils ne descendront la voix de son piédestal, ne lui voleront son espace d'expression, seront davantage un soutien intensif, un enrichissement du récit; l'oeuvre se focalise alors sur la voix de la soprano, se désabille ainsi autour d'elle, devient nue, lancinante et même statique dans sa phase finale.

   
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Icare
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MessageSujet: Re: Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.   Ven 18 Avr - 12:53

Avec Vers l'eau, vers le feu pour violon et dix-huit instruments, c'est la violoniste Noëmi Schindler qui m'a tenu l'oreille et m'a conduit dans un univers aussi tourmenté que poétique. J'ai aimé le chant poignant du violon souvent dans la partie aigüe de son jeu. Il y a une dimension onirique dans cette musique, une intensité constante, une virtuosité qui ne plombe jamais l'ensemble, c'est-à-dire qui ne pêche jamais par excès. Elle peut avoir la fluidité et le bouillonnement d'une eau en mouvement autant qu'elle peut avoir la vivacité et la brûlure d'un feu inextinguible. Cette oeuvre, au final, est peut-être la fusion et la confusion des matières, de deux forces antinomiques et je me permets d'imaginer que l'eau n'a pas réussi à éteindre le feu qui s'est animé en moi. Il ne s'éteindra d'ailleurs pas à l'écoute de Huit à l'infini pour octuor de violoncelles et orchestre qui est, selon moi, l'oeuvre du cd. Parce que là j'estime que Dominique Lemaître touche à un sommet de son art. A un moment donné, le choeur de violoncelles joue à l'unisson un onctueux lamento qui prend aux tripes, tire l'oeuvre vers le haut. J'admire également ici l'usage particulièrement intelligent et judicieux de la matière orchestrale. La tiédeur de la première écoute est désormais un lointain souvenir.     Je suis content d'avoir récidivé avec ce compositeur en me procurant le Le Diapason de satin avec soprano, alto et ensemble.
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Icare
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MessageSujet: Re: Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.   Ven 18 Avr - 17:46

Le Diapason de Satin est le titre d'un album de Dominique Lemaître qui réunit cinq oeuvres:

___Les Ailes de l'Augure (2005) pour soprano et treize instruments
___Nova (2002) pour huit instruments
___Le Diapason de Satin (2008) pour sept instruments
___Lezea 2 (1991) pour dix instruments
___Secrète Perspective (2010) pour alto et neuf instruments

Pour l'heure, je n'ai écouté que les trois premières. Ce fut une totale découverte. Ce que je peux dire de prime-abord c'est que je n'ai pas été désarçonné par le style musical employé, trouvant même un petit air de famille avec les oeuvres énumérées dans mes deux précédents commentaires, mais peut-être dans une forme plus âpre, plus brutale et agressive. La musique est surtout atonale et sans grande concession, une musique sombre, intense, dramatique qui parfois laisse échapper quelques pointes de lumière. Dans Les Ailes de l'Augure, j'ai d'abord été saisi par la superbe voix soprane d'Isabel Soccoja que j'ai trouvé puissante et d'une grande beauté timbrale. Il le fallait bien parce que "l'accompagnement" instrumental n'est pas ici d'un apport discret et lointain: il se constitue de deux flûtes (+ un piccolo), cor anglais, clarinette, clarinette basse, basson, cor, percussion, harpe, violon, alto, violoncelle et contrebasse. Les effets des instruments à vent sont par instants surprenants et agressifs, je pense notamment à la clarinette basse et au basson qui produisent ci et là des sons pleins et rentre-dedans. L'effet est saisissant, ce qui ne trouble en rien la voix qui conserve sa domination au sein d'un complexe sonore perturbé et perturbant et confine à cette composition une beauté troublée et troublante.     

Nova pour huit instruments, flûte, cor anglais, clarinette, basson, cor, trompette, trombone et contrebasse, dessine là aussi un univers sonore fortement dominé par les instruments à vent auquel se soude un apport poignant de la contrebasse. Le son est violent, corrosif, âpre, même si l'oeuvre semble évoluer dans une forme d'immobilité mobile et se composer de gestes vifs et d'effets plus statiques. C'est une poétique musicale assez rude qui ne laisse pas beaucoup de répit à l'auditeur sous peu que celui-ci n'est pas immédiatement conquis par le monde inouï qui s'ouvre à lui.    

Le Diapason de Satin est une oeuvre mettant en scène sept instruments: flûte, clarinette, percussion, piano, violon, alto et violoncelle. Cette fois encore, une intensité dramatique traverse toute l'oeuvre qui est quand même d'une expression sombre et crispée, moins captivante à mon oreille que Les Ailes de l'Augure mais tout autant que Nova si ce n'est un peu plus, peut-être grâce à l'intervention intéressante du piano dans sa dernière partie, peut-être aussi parce qu'elle s'orne de sonorités claires qui la rapproche un peu plus de la lumière.   
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Icare
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MessageSujet: Re: Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.   Ven 18 Avr - 20:26

Lezea 2 est datée de 1991 et est l'oeuvre la plus ancienne parmi les cinq présentées ici. Elle fait appel à dix instruments; hautbois (+ cor anglais), clarinette, clarinette basse, basson, cor, trombone, percussion, alto, violoncelle et contrebasse. Son ouverture est brutale, impulsive, comme un tonnerre implacable qui s'abat sur soi. J'en ai presque eu le souffle coupé. Laughing  Plus globalement, le son est compact et le climat oppressant. Une seule éclaircie s'appuiera sur une clarinette errante et hésitante ponctuellement contrariée par une dissonance répétée par (probablement) une autre clarinette, lorsque la musique se déshabille au service d'un interlude chambriste. Cette partie me plait bien. Il y en aura une autre plus intense et inouïe entre la treizième et quatorzième minutes. C'est aussi l'oeuvre la plus rude et austère que j'aurai écoutée de Dominique Lemaître pouvant même m'évoquer dans certaines proportions Xenakis et Scelsi.   I love you 

Secrète Perspective est une oeuvre pour alto et neuf instruments composée en 2010. Elle est donc la composition la plus récente présentée ici. J'ai aussitôt été séduit par la première partie, son moins compact, moins statique, plus aéré, dans une palette inouïe de couleurs plus ou moins vives et furtives. L'alto se bat au centre du tumulte avec brio et éloquence. Le ton est alors posé et, à partir de ce sursaut musical qui laisse présager une musique qui sort du lot, j'attends le meilleur, espère quelque chose qui tirerait celle-ci vers un sommet d'émotion, transcenderait définitivement un style musical parfaitement assumé. C'est un peu là qu'une pointe de déception va un peu freiner mon engouement, va le maintenir dans une émotion plus modérée alors que je l'espérais orgasmique. Toutefois, l'alto joué par Alain Celo m'a maintenu éveillé jusqu'au bout.   I love you 

Pour cette première écoute, je peux déjà dire que ma préférence va nettement pour Les ailes de l'augure. La superbe voix d'Isabel Soccoja y est bien sûr pour quelque chose mais pas uniquement. L'esthétique de cette oeuvre me fascine. Elle se détache du lot, selon moi.
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laudec

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MessageSujet: Re: Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.   Sam 19 Avr - 10:10




Ce que j'ai trouvé de lui sur son site :

De ses études de lettres, musicologie, électroacoustique et composition, Dominique Lemaître a su élaborer une synthèse et écrire pour les formations les plus diverses : ses solos instrumentaux, ses quatuors à cordes, ses pièces d'orchestre et d'ensemble, ses collaborations avec des plasticiens et des poètes témoignent de la diversité de son travail.

Dès ses premières œuvres, où l'on sent encore l'influence de son admiration pour Bach, Debussy, Varèse, Ligeti, Scelsi et les musiques extra-européennes, il a su créer un monde sonore qui n'appartient qu'à lui : musique stellaire, transparente, musique-métaphore de forces tour à tour telluriques ou diaphanes, musique qui sait allier à la douceur des subtiles tenues intemporelles de timbres magnifiquement élaborés une violence intérieure, contenue et poignante.

L'écoute de Le quark et le papillon (pour orchestre) ou de Ophoïs (pour marimba et guitare) confirme son enthousiasme à explorer de nouveaux paysages, où le geste instrumental parfaitement maîtrisé prolonge l'audace créatrice : certitude vue, entendue de l'alliance entre l'instrumentiste et la pensée qui fit naître son geste, langage détaché, tourné vers d'autres "pays fertiles".

Totalement assumée, son écriture fine et exigeante entraîne l’interprète vers des contrées fécondes au service de l'expression.



On ne trouve pas grand-chose à écouter sur YT, mais j'ai trouvé IRIS qui est un solo pour contrebasse (j'aime beaucoup la contrebasse) qui cherche une correspondance arts-plastiques-musique  ! comme dans un rêve !
On trouve Circé également, j'aime la voix mais la musique me semble  sinistre pour l'instant ... j'évite.  Il y a également une pièce pour flûte alto que je n'ai pas trop aimé suite à une première écoute, mais j'y reviendrai !



Dernière édition par laudec le Dim 20 Avr - 12:18, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.   Sam 19 Avr - 17:30

Je reconnais que c'est une forme musicale pas facile et je n'écouterais pas ce genre de musique tous les matins - après lui j'étais content d'embrasser la musique tonale et mélodieuse de Malcolm Arnold - toutefois, le monde sonore que l'on peut aussi percevoir comme quelque peu chaotique de Lemaître m'est suffisamment fascinant pour que j'ai envie d'y revenir un jour ou l'autre...et j'y reviendrai, ça c'est sûr!  Very Happy
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MessageSujet: Re: Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.   Jeu 10 Aoû - 12:20

Mini-entretien de Dominique Lemaître sur son oeuvre "Sur l'île ovale de couleur bleue:

https://www.youtube.com/watch?v=FeXWz-C88_8

Ci-dessous, l'oeuvre pouvant être écoutée en entier:

https://www.youtube.com/watch?v=my444SDNgXY


Envol, c'est juste un envol ou la beauté saisie au vol d'une ombre de quelque-chose. J'en ressens l'envoûtement, la langueur monotone, le terrain glissant sous mes pieds frémissant d'impatience. L'ombre de quelque-chose pose son souffle frais sur mon front. Ce n'est pas le râle d'un agonisant mais un souffle de vie. Il soulève les poussières d'espoir collées aux parois de mon esprit. Ses mouvements d'ailes sous un ciel bleu, par-dessus le regard des hommes, m'hypnotisent; une merveille de créature inonde de sa lumière obscure mes yeux levés vers l'inaccessible...Cette musique m'emplit d'une joie ineffable. C'est un rêve en dérive, certainement pas une fable qui s'élève.
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MessageSujet: Re: Dominique LEMAÎTRE, né en 1953.   

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