Forum sur la musique classique
 
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  Michael OBST, né en 1955.

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Icare
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MessageSujet: Michael OBST, né en 1955.   Ven 21 Mar - 10:04

La musique est une des expériences les plus complètes de l'existence humaine.

La musique n'est pas un langage, elle ne peut donc pas être expliquée avec des mots.

Celui qui prétend "comprendre" la musique, confond "comprendre" et "éprouver". L'on peut décrire une expérience, mais on ne peut pas parler de compréhension.

L'écoute de la musique est toujours une expérience individuelle.

Michael Obst.

Je me suis familiarisé avec la poétique singulière de la musique de Michael Obst par le biais de trois oeuvres; Kristallwelt III pour ensemble et bande (1986), Fresko, un quintette pour clarinette, trombone, violoncelle, harpe et piano (1991) et Nachtstücke pour ensemble et électronique (1990). Ce sont trois oeuvres que je connais depuis longtemps, que je réécoute ponctuellement dès que le besoin se fait sentir. Jusqu'à présent, je n'ai pas eu l'opportunité de découvrir d'autres compositions de Michael Obst. Le Quintette Fresko ne m'a jamais ébloui, malgré un instrumentarium qui généralement me plait beaucoup. Un jeu trop mécanique? Je ne saurais dire ce qui m'a laissé de marbre dans cette musique. Heureusement pour moi, Kristallwelt III est d'une toute autre ampleur émotionnelle. La musique instaure rapidement un climat original et intéressant dans ses développements: c'est presque à mon sens, une musique de suspens et de tension au service d'un cinéma imaginaire mais qui ne tourne jamais à vide, quelque-part ludique et attractive, parcourue de trouvailles sonores insolites qui retiennent l'attention.

Nachtstücke est l'oeuvre du cd qui me fascine littéralement, là aussi par l'ambiance singulière et souvent brutale qu'elle instaure, ce climat irrésistible et ludique qu'elle installe autour de moi. A aucun moment, cette musique ne me devient pénible dans la modernité de son récit, jamais plombé par une virtuosité abusive des instruments. Tout y est parfaitement dosé, équilibré, le geste instrumental bénéficiant même d'une certaine élégance et légèreté. Nachtstücke m'est, à chaque mesure, sans agressivité ni lourdeur, plutôt fluide et formidablement ludique, comme un ensemble ingénieux de combinaisons sonores qui se monte et se démonte, de sons électroniques merveilleusement bien sculptés qui s'intègrent avec aisance au jeu acoustique de l'ensemble instrumental.

Par l'Ensemble Intercontemporain.   


Dernière édition par Icare le Ven 21 Mar - 12:07, édité 2 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Michael OBST, né en 1955.   Ven 21 Mar - 10:08

Eléments biographiques (source IRCAM - 1997):

Né le 30 novembre 1955 à Francfort-sur-le-Main. Pianiste et compositeur, sculpteur de sons électroniques puis auteur de partitions pour instruments acoustiques, s'attelant tant à des oeuvres de concert qu'à des projets gigantesques tels que musique de films ou opéra, Michael Obst est un magicien sonore à la sensibilité raffinée et au savoir-faire incontestable.

Son parcours est loin d'être banal : c'est durant ses études de pédagogie musicale à Mainz qu'il rencontre le célèbre pianiste Alfons Kontarsky. Avec celui-ci, puis avec Aloys Kontarsky, son frère, Obst décide de poursuivre ses études, approfondissant en tant que pianiste sa connaissance du répertoire contemporain. Durant ses études de piano à Cologne, il travaille au Studio de Musique Electronique du Conservatoire et c'est là qu'il entamera ses premiers projets de composition : ces essais - électroacoustiques - se révèlent bien vite fructueux, car les oeuvres alors réalisées (Metal Drop Music, Ye-Na-Je, Kristallwelt I...) se voient primées dans des lieux consacrés comme les festivals de Bourges ou Varese (Italie). La critique perçut dans ces oeuvres «une manière de penser instrumentale tout à fait inhabituelle dans le domaine de la musique électronique».

En tant que pianiste, Obst participa, en 1981, à la création de l'Ensemble Modern : bien vite, cet ensemble développa une intense politique de concerts et surtout de création d'oeuvres nouvelles. Cette expérience fournit à Obst un bagage musical qui constitua pour lui la meilleure école de composition instrumentale : «C'est par cette activité de pianiste dans l'Ensemble Modern que j'ai appris la composition, jusque dans ses aspects les plus pratiques (les notions de forme et de temps, mais aussi de notation et d'instrumentation)».

Dès 1986, Obst se décide à consacrer plus de temps à la composition, réduisant peu à peu son activité de pianiste. Il s'intéresse de plus en plus à la musique instrumentale, et la pensée compositionnelle qu'il y développe découle directement de son expérience électronique : «Je souhaitais explorer comment il était possible d'appliquer aux instruments des moyens expressifs propres au domaine électroacoustique. Bien vite, cela m'amena à travailler la qualité du son et à développer des spectres sonores dans ma musique instrumentale, dont le mouvement pouvait se comparer aux conceptions électroacoustiques».

Ainsi, Kristallwelt III fut d'abord conçue comme une oeuvre pour bande ; ce n'est qu'ensuite que Obst y ajouta l'effectif instrumental qui l'accompagne et l'enrichit. Dans Nachtstücke, par contre, c'est la virtuosité instrumentale qui prime, le son électronique n'en constituant qu'un prolongement occasionnel. Des oeuvres purement acoustiques apparaissent, comme Fresko, Nuances et Miroirs .

Mais qu'il fasse appel aux sons électroniques ou aux instruments de l'orchestre, Obst en dégage toujours une pensée foncièrement «matérielle», c'est-à-dire licite au matériau sonore lui-même. Ce matériau est soumis à un traitement virtuose, dont se dégage une force émotionnelle particulièrement saillante. Ce n'est donc pas un hasard, si Obst avoue une grande admiration pour Luciano Berio : «La musique de Berio des années soixante et soixante-dix m'a énormément influencé. J'y ressens également une manière italienne de concevoir le son, moins lourde et intellectuelle que dans la musique allemande, et basée sur un savoir-faire mêlé de légèreté et de plaisir du geste. Ce geste instrumental a d'ailleurs toute son importance dans ma musique»

Dès 1991, Obst va s'attaquer à des projets de plus grande envergure, à commencer par la musique pour la version intégrale (près de 5 heures) du célèbre Dr Mabuse de Fritz Lang. Ce film muet de 1922, mythique et monstrueux par sa tension dramatique et sa description d'une Allemagne en plein désarroi, nécessitait un traitement musical particulier : «si dans le film la représentation de l'histoire fait intervenir des niveaux si différents, qui vont des épisodes comiques à la violence et au crime, voire à la manipulation physique, en passant par la description de cabarets de variétés et des salles de jeux, il fallait que, dans la composition, je tente d'atteindre une structuration analogue à celle du film».

Composer une musique fort complexe pour une durée aussi longue apporta à Obst une expérience de la durée musicale qui ne s'apprend pas par la composition d'oeuvres de dimensions plus «normales». C'est ce que lui permit de concevoir deux autres oeuvres majeures : Diaphonia (1994) pour orchestre (commande du Festival de Donaueschingen) et Solaris, son premier opéra créé à la Biennale de Munich en 1996. Ces deux oeuvres constituent également les meilleurs exemples de la pensée de synthèse - ou de l'ars combinandi - de Obst entre moyens électro-acoustiques et effectif instrumental, entre pensée de la scène et exploration de l'espace virtuel par l'électronique, entre pensée de la forme et nécessité de la tension dramatique. Diaphonia apparaît comme une tentative sensiblement réussie de mettre en relation la perception harmonique et spectrale (y compris à l'aide des nouvelles technologies de transformation du son), d'une part, et le cadre formel qui, sans être contraignant, élabore un parcours extrêmement séduisant dans une architecture solidement charpentée. Les groupes orchestraux étant répartis autour du public, Obst crée ainsi une forte interaction entre espace et temps musical.

Enfin, Solaris jette un pont entre le travail pour le cinéma, les oeuvres orchestrales et un travail scénique proprement dit. Obst à conçu, à partir d'une nouvelle de Stanislav Lem, un drame psychologique où les relations entre les personnages prisonniers d'une cabine spatiale priment sur l'action visionnaire et futuriste propre à la science-fiction. Et c'est encore le cinéma qui lui fournit le rythme de l'écriture pour opéra : «pour toutes les questions de mouvement et d'action, de développement scènique, de timing dans le livret et dans la musique, j'ai énormément appris en regardant de nombreux films, car les films sont en quelque sorte des opéras. Un bon film vous donne une sensation pleine, fournit une impression multiple d'une situation complexe. Et un bon opéra doit aussi pouvoir faire cela, mais en temps réel».

Voilà bien la différence essentielle, trop souvent négligée, entre le film et l'opéra, qui doit constituer une donnée de base de la composition. Là où le cinéma a développé toutes les techniques de montage, de découpage et de trucage scénique, l'opéra ne peut que mettre l'accent sur le hic et nunc de l'événement. Mais aujourd'hui les possibilités offertes par le «live électronique» permettent d'étendre les projections temporelles et spatiales du son en dehors de la scène. «Dans l'opéra d'aujourd'hui, la musique permet de retrouver toutes les possibilités apportées par le cinéma, tous ces niveaux virtuels de sens, et de les ramener dans la salle de théâtre. Ce qui donne à la musique un rôle nouveau et évidemment très important».
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Icare
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MessageSujet: Re: Michael OBST, né en 1955.   Ven 21 Mar - 10:23

Catalogue non exhaustif de ses oeuvres:


1982 Inside, infinite chamber, musique électronique
1982 Ye-Na-Je, musique électronique
1983 Metal Drop Music, musique électronique
1985 Quartett
1987 Kristallwelt III, pour ensemble et bande
1987 Chansons, pour mezzo-soprano, 5 instruments, live-électronique, et la bande
1989 Miroirs, pour 6 chanteurs
1990 Nachtstücke, pour 7 instruments et live-électronique
1991 Nuances, pour flûte et percussions
1992 Fresko, pour 5 instruments
1993 M. Mabuse Partie I + II, pour ensemble et électronique live (musique de film pour la version complète restaurée du film muet " Dr. Mabuse, der Spieler "par Fritz Lang )
1995 Diaphonia, pour solistes, orchestre et live-électronique
1995/96 Solaris, opéra de chambre
1997 Ombre d'un doute, pour percussion et ensemble
1997/99 Caroline, opéra en 2 actes
1999 Octuor pour vents
2000 Le Vent, pour violon, cor et électronique
2001 Piano Trio no. 1
2001 Transit, pour orchestre
2003 Nosferatu, (musique du film muet classique de Friedrich Wilhelm Murnau )
2005 Espaces sonores, pour quintette à vent et orchestre
2006 Piano Trio no.2
2008/09 Die andere Seite, opéra
2010 Quatre petites pièces pour clarinette en si b
2010 Rêves, pour ensemble instrumental
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MessageSujet: Re: Michael OBST, né en 1955.   Mar 5 Juin - 22:26

Nachtstücke, j'en aime l'atmosphère, le caractère lancinant et statique par moment, le mystère, le jeu du contrebassiste, etc...Réécouté ce soir avec Fresko pour clarinette, trombone, violoncelle, harpe et piano et Kristallwelt III pour ensemble et bande...

https://www.youtube.com/watch?v=LPZYDB0sQsA
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Icare
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MessageSujet: Re: Michael OBST, né en 1955.   Mer 6 Juin - 23:06

Une expérience individuelle:

Michael Obst, c'est d'abord à mes oreilles une affaire de sonorités et d'atmosphères. On pourrait croire un monde qui se disloque ou un monde imaginaire qui se construit autour de moi selon les règles d'une architecture nouvelle, laquelle érige des parois jamais immobiles, peuvent-ils se constituer de minuscules astres mouvants. Suspendu par le fil d'une tension permanente, chaque son a le mystérieux pouvoir de retenir mon attention. Je suis moi-même cette contrebasse qui tente de se maintenir en équilibre, celle qui se débat en apesanteur quelque-part dans Nachtstücke. Je suis ces sons de flûtes et de clarinette qui s'enroulent autour d'eux-mêmes, tourbillonnant dans les tourments calculés d'une spirale sans fond. Je suis alors la flûte qui domine le monde et flotte au-dessus d'un flot obsessionnel de sonorités se dupliquant entre les percussions, la clarinette, le trombone et la contrebasse. Les claviers pimentent de ses sonorités électroniques un septuor déjà bien illuminé. Lors de cette nouvelle écoute, ce fut peut-être Kristallwelt III qui m'a le plus allumé. De merveilleuses sonorités électroacoustiques en émane à l'intérieur d'un complexe instrumental expressif et labyrinthique dans lequel j'aime me perdre émotionnellement et intellectuellement. La musique d'Obst est une matière visuelle et abstraite à la fois. J'en aperçois l'architecture sans arriver à la définir, sans même avoir envie de la définir. plus qu'une architecture, c'est un organisme vivant qui se déstructure et se restructure dans un espace délimité sans jamais se figer dans une apparence définitive, un peu comme les cumulus qui construisent et déconstruisent des visages et des corps sans jamais se cristalliser sur l'un d'entre eux, ceux-ci pouvant s'épaissir ou s'éclaircir à la manière de la musique de Michael Obst qui se désagrège dans un ordre méticuleux des sons.
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laudec

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MessageSujet: Re: Michael OBST, né en 1955.   Jeu 7 Juin - 9:33

Toute une atmosphère mystérieuse, flottante, un rêve éveillé teinté de rouge et d'ocre, porté par un souffle qui frôle, grelots et battements, clapotis, tintements insistants... I love you
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