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 Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

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laudec

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-01-27, 09:53

Je ne suis pas cinéphile, j'ai une très mauvaise mémoire et je connais mal Mozart contrairement à la majorité d'entre vous (§t pire encore à l'époque où je ne vous fréquentais pas  Laughing ), mon avis est donc juste subjectif.

J'ai vu ce film une seule fois, il y a bien 15 ou 20 ans d'ici déjà.  J'en garde un souvenir ravi : cette musique sublime dans un décor de conte de fées, la Haute société de cette époque bien rendue je pense...  Le rire de Mozart même s'il m'a étonné m'est devenu presque sympathique, tant je ressentais le stress que doit être pour un jeune enfant cet environnement et cette exigence dont il était entouré de toutes parts (il y aurait de quoi devenir fou !)  Ce rire et les frasques de Mozart me semblaient une sorte de soupape de sécurité pour lui et  qui détendait l'atmosphère.  Les mœurs de l'époque, illustrés ici font pour moi partie du tableau offert, je ne sais s'il  y avait volonté de racoler, je ne l'ai pas ressenti comme tel.  J'ai découvert un Mozart génial rendu accessible, humain avec tout ses défauts et aussi sa grande sensibilité, son cœur.
Quand à la vérité historique, tout le monde sait bien qu'elle n'existe pas vraiment, même par rapport à notre propre vie, nous nous racontons une histoire, alors la vie des autres ...

Je viens de visionner la bande annonce du film et, là en effet, je trouve racoleur la présentation et je trouve cela insupportable Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Icon_con Ce que je dis est purement mon souvenir de ce film déjà ancien sans tenir compte de la bande annonce qui a comme objectif de faire vendre à un public le plus large possible, dommage ... Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 495239
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Kristian



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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-01-27, 17:31

Eh bien voilà, chère Laudec ; ta réaction est l'exemple même de ce que je reproche à ce film : il fait du divertissement au détriment de l'histoire. S'il s'agissait d'un épisode mineur et d'un personnage sans importance, on pourrait comprendre. Mais pour ma part, je n'accepte pas que ce soit Mozart qui soit instrumentalisé ainsi. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 248345

Si l'on continue de la sorte, il faudra alors faire passer a la moulinette Beethoven, Bach et tous les autres, ainsi que les poètes, les écrivains, les grands scientifiques, etc... Tu me répondras : « C'est déjà fait ! » En partie, oui, hélas. Mais là, sur ce coup particulier, les bornes ont pour moi été largement dépassées. D'où ma réaction.

J'ai abusé de l'hospitalité de notre site bien-aimépour lâcher une bonne fois pour toutes ce que j'avais sur le cœur. C'est fait, et je sais pertinemment que je n'ai convaincu personne. Mais ne soyons pas naïfs, ce n'était pas le but !  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 231625  

Me voilàl ibéré pour un bon bout de temps...  en tout cas, espérons ! Hehe
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-01-27, 17:47

Et maintenant on est tous Very Happy Very Happy Very Happy , dans la bonne humeur, car c'est le jour de son anniversaire ! Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 187014535 RV plus tard sur le souk couscous) Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 857611
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Emmanuelle



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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 12:46

J’arrive très nettement après la bataille, mais je souhaite quand même réagir à certains des propos lus sur ce fil. (Je ne réagirai pas à certaines assertions qui vont à l’encontre des données historiques que nous possédons actuellement, pour revenir sur Amadeus.)

Contrairement à ce qu’on dit souvent, la pièce de théâtre Amadeus n’est PAS une biographie de Mozart. D’ailleurs, dans la pièce d’origine (que j’ai d’ailleurs vue avec Polanski et Perrier dans sa version française et dont j’ai lu la VO), Mozart apparaît à peine. C’est uniquement un personnage très secondaire qui apparaît à travers le récit d’un Salieri TRES diminué et en pleine dégénérescence sénile, et également à travers un « chœur » d’anonymes qui représentent la rumeur et la voix publique. Le personnage de Mozart est donc perçu à travers une médiatisation de discours biaisés et dont le spectateur sait qu’ils ne sont pas fiables.

Comme le disait Schaeffer lui-même, la thématique de sa pièce traite de la différence entre génie et  talent, et de l’injustice qu’il y a pour un simple « talentueux » de voir des individus supposément médiocres être dotés d’un grand génie. Le dramaturge avait souhaité au départ faire une pièce sur Einstein et un mathématicien, mais c’était nettement moins spectaculaire….

En passant du plateau de théâtre au grand écran, ce procédé spécifiquement théâtral n’était plus possible, l’immédiateté de la captation et la présence du « réel » filmé (lieux, décors, paysages etc…) rendant impossible toute stylisation du propos (le film d’opéra se heurte aussi d’ailleurs à ce principe de réalité qui se heurte violemment à l’artificialité criante de conventions théâtrales). La réécriture filmique a donc fait de Mozart le point central et le héros de l’histoire.

Du coup, le petit prologue du début dans lequel Salieri se confesse devient totalement inadéquat pour montrer la distorsion complète de son discours… Ce qui était martelé lors de la pièce de théâtre et accentué par la présence de ce chœur masqué, n’est pas de poids devant la force des images et d’un réel biaisé. La force de la musique fait le reste.

Du coup, beaucoup de spectateurs ignorant tout de la vie de Mozart ont cru sincèrement qu’on leur présentait une réalité historique un peu romancée (comme dans tout biopic historique)… et la force des images étant ce qu’elle est, difficile de les faire changer d’avis. Et ce, d’autant plus que certaines des thématiques sous-jacentes du film (misère de Mozart, exploitation du génie, vulgarité, ennemis italiens puissants etc…) correspondent plus ou moins à certains thèmes des premières biographies de Mozart qui ont circulé dès 1798 et se sont recopiées les unes les autres en forçant de plus en plus le trait….

Le problème, c’est que cette image prégnante, devenue majoritaire chez les amateurs éclairés, est FAUSSE ou au moins, FORTEMENT REMISE EN QUESTION. Elle a été construite de toutes pièces, pour des raisons de « propagande » personnelle ou nationalistes, dans un contexte précis, celui du début du XIXe siècle. De plus, une bonne partie de ces anecdotes qui ont alors circulé sur sont totalement inventées, pour des raisons publicitaires. Mais comme elles étaient courtes et frappantes, et qu’on a menti en disant qu’elles venaient de proches de Mozart, elles ont été reprises partout et restent impossible à démonter.

Forman est un cinéaste souvent génial (son très sous-estimé Valmont est également une réécriture passionnante des Liaisons dangereuses), et c’est une preuve de la force de son oeuvre d’avoir enraciné davantage les mythes existants et d’avoir contribué à en créer d’autres : l’adhésion du public a été d’autant plus grande que certains éléments s’appuient sur certains faits attestés (mais ici grossis démesurément ou volontairement déformés, cela s’appelle de la fiction) et que les autres reprenaient les éléments serinés sur Mozart dans les notices peu fouillées.

Peut-on en vouloir à une  fiction d’être marquante ? Je ne le pense pas, car Forman n’a jamais affirmer faire œuvre d’historien ! (Dans un tout autre style, nettement plus tirée au cordeau, la série Mozart de Bluwal est BOURRÉE d’erreurs et d’informations fausses… et s’appuie d’ailleurs sur certaines des pires biographies françaises de Mozart.)

Or la recherche mozartienne avance très vite, et la France est fichtrement en retard pour la prise en compte et la vulgarisation des infos. Celles qui circulent dans les ouvrages disponibles datent en général des années 1950-1990… Ce qui est énorme, comme retard. Si tout n’est pas éclairci, loin de là, des tas d’infos permettent de nuancer et de mettre en cause des choses qu’on pensait savoir… Et du coup, l’image de Mozart, ses conditions de travail, sa situation financière etc. en sont totalement changés.

A sa sortie, j’avais bien aimé le film. L’ayant revu récemment pour des raisons d’analyse cinématographique, je l’ai trouvé insupportable, outré, parfois ridicule. Je pense qu’il a finalement assez mal vieilli… (Les scènes additionnelles, en outrant encore le propos, doivent bien faire comprendre qu’on est dans une caricature volontaire de ce que les spectateurs veulent voir du XVIIIe siècle.)

Par ailleurs, je dois quand même, en tant qu’historienne de formation, m’inscrire en faux contre les propos de Laudec :
[quote=Laudec]Quand à la vérité historique, tout le monde sait bien qu'elle n'existe pas vraiment, même par rapport à notre propre vie, nous nous racontons une histoire, alors la vie des autres ... [quote]

Si, la vérité historique existe ! L’Allemagne n’a pas gagné la Seconde Guerre Mondiale, Jules César n’a pas vécu jusqu’à 99 ans et n’est pas devenu empereur de Rome, Mozart n’est pas mort enfant à La Haye et Louis XVI n’as pas gouverné la France en laissant une monarchie constitutionnelle à Louis XVII, pour ne prendre que quelques exemples !

Ensuite, que l’on ne puisse pas TOUT savoir de quelqu’un, de ses pensées intimes etc, c’est normal. Et encore plus, sur les personnes ayant vécu il y a longtemps.

En ce qui concerne Mozart, les lettres conservées de sa famille sont une exception sidérante : c’est sans doute le seul corpus de correspondance aussi important pour une famille de cette classe sociale et de cette profession de musiciens pour tout le XVIIIe siècle. Merci à Leopold, qui voulait écrire une biographie de son fils et qui a donc soigneusement conservé (ou fait conserver) des documents qui lui serviraient d’aide-mémoire… Ensuite, comme toute correspondance de l’époque (susceptible d’être ouverte et lue par le pouvoir), elle biaise, elle ment, elle ne dit pas tout, elle varie le propos selon l’interlocuteur. Donc le travail de décryptage de l’historien est nécessaire pour contextualiser, faire des hypothèses et donner des infos complémentaires.

Oui, chacun peut se raconter une histoire sur lui même, mais il existe aussi des faits. (Et l'image qu'on a de soi est également un objet historique que l'on peut étudier.)

Par ailleurs, être employé dans une société de Cour (et Mozart a toujours plus ou moins travaillé dans ce contexte !) implique une compétition féroce, et donc la circulation de rumeurs, de ragots, etc pour discréditer ses compétiteurs. Mozart n’en a pas été immune, dans un sens ou dans l’autre. Rien de plus normal. (Là aussi, c’est un travail délicat d’essayer de savoir ce qu’il y a réellement dessous. Parfois, c’est impossible de le savoir réellement.)

Il ne faut pas oublier que, même si la musique de Mozart parle encore si fort à nos contemporains, il s’agit d’un métier, d’un artisanat d’art (être compositeur est perçu comme cela) pour lequel le compositeur doit s’adapter à la commande et compose pour un public précis, selon ses désidérata et en tenant compte des conditions matérielles (lieu, acoustique, instrumentarium, nombre de musiciens, chanteurs et solistes spécifiques etc.) et évidemment, des honoraires. En fait, on le sait maintenant, Mozart a très rarement écrit s’il n’avait pas de commandes fermes… (La raréfaction des infos sur les concerts donnés à Vienne entre 1788 et 1800-1802) a laissé croire que Mozart n’avait plus de commandes, mais on a la preuve désormais que c’est faux : son public était celui de grands aristocrates qui faisaient des concerts PRIVES sans aucune annonce. C’est donc difficile d’en faire la liste, puisqu’il en existe peu de traces.)

Oui, cela casse l’image du génie inspiré par Dieu de dire que Mozart était un professionnel ! C’est pourtant le cas. Sans doute est-ce le plus grand tabou existant encore sur sa vie…
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Kristian



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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 13:45

Emmanuelle a écrit:
(...)cela casse l’image du génie inspiré par Dieu de dire que Mozart était un professionnel ! C’est pourtant le cas. Sans doute est-ce le plus grand tabou existant encore sur sa vie…

L'image d'Epinal du divin Mozart en prend certes un bon coup, mais on ne risque pas d'être  considéré comme un génie si l'on n'est pas un professionnel. Je ne vois d'ailleurs pas ce que cela aurait d'infamant.

Je me suis insurgé contre ce film pour une raison et une seule : je l'ai toujours trouvé  toxique à de nombreux égards. Merci de l'avoir remis à sa juste place.  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 13150  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 13150  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 13150 ( Car, en effet, les autres œuvres de Forman valent beaucoup mieux.Very Happy )


Dernière édition par Kristian le 2019-03-02, 15:38, édité 1 fois
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laudec

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 13:55

Merci Emmanuelle, je trouve ton intervention très intéressante Mains
Bien sur, je ne conteste pas que l'histoire est faite de faits réels comme les guerres, révolutions ,datées etc... Ces faits en soi n'ont pas beaucoup d'importance pour moi mais c'est à partir de là que les historiens vont écrire l'histoire. Ce qui m'importe, c'est de savoir que cette histoire écrite et nous transmise sera juste une interprétation subjective de ces faits de la part de l'historien. C'est tout ce que je voulais dire Wink
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Mike56

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 16:46


Merci Emmanuelle pour ces précisions.
J'ai vu ce film Amadeus de Milos Forman a sa sortie en 1984. Je l'avais aimé tout en sachant que le réalisateur partait sur une histoire "romancée". Je ne sais pas ce que j'en penserai aujourd'hui. D'ailleurs, je n'ai pas envie de le revoir craignant une déception.

Emmanuelle a écrit:


En ce qui concerne Mozart, les lettres conservées de sa famille sont une exception sidérante : c’est sans doute le seul corpus de correspondance aussi important pour une famille de cette classe sociale et de cette profession de musiciens pour tout le XVIIIe siècle. Merci à Leopold, qui voulait écrire une biographie de son fils et qui a donc soigneusement conservé (ou fait conserver) des documents qui lui serviraient d’aide-mémoire… Ensuite, comme toute correspondance de l’époque (susceptible d’être ouverte et lue par le pouvoir), elle biaise, elle ment, elle ne dit pas tout, elle varie le propos selon l’interlocuteur. Donc le travail de décryptage de l’historien est nécessaire pour contextualiser, faire des hypothèses et donner des infos complémentaires.

J'ai lu par le passé une partie de la correspondance de Mozart parue chez Flammarion (j'ai les trois premiers volumes). J'avais trouvé cela très intéressant. Mais sans me poser la question de la sincérité des protagonistes. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 1521897346
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 18:08

Merci Emmanuelle... Tu le sais très bien, je souscris à 1 000 % au fait que tu nous en parles -après le forum Ron-, avec les mots justes de l'historienne hyper-documentée que tu es Wink Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 13150

Mains
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 18:19

Emmanuelle a écrit:
Forman n’a jamais affirmer faire œuvre d’historien

Je reviens juste là-dessus, chère amie, vite fait (nous en reparlerons) : Ce que tu dis bien sûr est exact de Forman -heureusement qu'il ne s'est vanté de RIEN, quand même, (Bluwal non plus d'ailleurs qui a déclaré que sa série, c'était "sa vision fictionnelle de son amour pour Mozart) - mais je lui en veux sérieusement (à Forman), d'avoir fait un marketing manipulateur de son film, et sur le générique apparaît seulement en 2 secondes au début un truc comme "d'après la pièce de Pouchkine...", que bien sûr les spectateurs NE LISENT PAS. Quid au finish : effectivement une grande manipulation commerciale qui fonctionne hélas toujours (et j'en sais quelque chose avec mes filles et pas mal de monde). Il a surfé sans vergogne sur la vague de l'engouement, et là, on ne 'a pas beaucoup entendu, que je sache !
Oh oui le film a vieilli, je l'ai vu trois fois (dont une fois avec les filles, pour rectifier le tir),  et j'en ai marre. Reste la BO évidemment splendide.... Very Happy

P.S. à Mike : Oh oui, ne revois pas ce film.... ( Hehe ). Bluwal, une autre histoire, mais au moins la couleur est annoncée au départ, et on sent l'amour de Mozart tellement plus authentique chez lui.... (humble avis)...


Dernière édition par Anouchka le 2019-03-02, 18:26, édité 2 fois
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Emmanuelle



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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 18:23

Kristian a écrit:
Emmanuelle a écrit:
(...)cela casse l’image du génie inspiré par Dieu de dire que Mozart était un professionnel ! C’est pourtant le cas. Sans doute est-ce le plus grand tabou existant encore sur sa vie…

L'image d'Epinal du divin Mozart en prend certes un bon coup, mais on ne risque pas d'être  considéré comme un génie si l'on n'est pas un professionnel. Je ne vois d'ailleurs pas ce que cela aurait d'infamant.

Je me suis insurgé contre ce film pour une raison et une seule : je l'ai toujours trouvé  toxique à de nombreux égards. Merci de l'avoir remis à sa juste place.  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 13150  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 13150  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 13150 ( Car, en effet, les autres œuvres de Forman valent beaucoup mieux.Very Happy )

Certains amateurs de Mozart ont du mal à admettre que Mozart composait pour gagner sa vie et non par plaisir !! (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y trouvait pas de plaisir...)


laudec a écrit:
Merci Emmanuelle, je trouve ton intervention très intéressante Mains
Bien sur, je ne conteste pas que l'histoire est faite de faits réels comme les guerres, révolutions ,datées etc...  Ces faits en soi n'ont pas beaucoup d'importance pour moi mais c'est à partir de là que  les historiens vont écrire l'histoire.  Ce qui m'importe, c'est de savoir que cette histoire écrite et nous transmise sera juste une interprétation subjective de ces faits de la part de l'historien.  C'est tout ce que je voulais dire Wink

Hmm. Je comprends mieux ton point de vue, mais l'historien n'est pas que subjectif.

Mike56 a écrit:

Merci Emmanuelle pour ces précisions.
J'ai vu ce film Amadeus de Milos Forman a sa sortie en 1984. Je l'avais aimé tout en sachant que le réalisateur partait sur une histoire "romancée". Je ne sais pas ce que j'en penserai aujourd'hui. D'ailleurs, je n'ai pas envie de le revoir craignant une déception.

Emmanuelle a écrit:


En ce qui concerne Mozart, les lettres conservées de sa famille sont une exception sidérante : c’est sans doute le seul corpus de correspondance aussi important pour une famille de cette classe sociale et de cette profession de musiciens pour tout le XVIIIe siècle. Merci à Leopold, qui voulait écrire une biographie de son fils et qui a donc soigneusement conservé (ou fait conserver) des documents qui lui serviraient d’aide-mémoire… Ensuite, comme toute correspondance de l’époque (susceptible d’être ouverte et lue par le pouvoir), elle biaise, elle ment, elle ne dit pas tout, elle varie le propos selon l’interlocuteur. Donc le travail de décryptage de l’historien est nécessaire pour contextualiser, faire des hypothèses et donner des infos complémentaires.

J'ai lu par le passé une partie de la correspondance de Mozart parue chez Flammarion (j'ai les trois premiers volumes). J'avais trouvé cela très intéressant. Mais sans me poser la question de la sincérité des protagonistes. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 1521897346

Il faut toujours se demander qui écrit, pourquoi et à qui ! On n'écrit pas dans le vide, mais à un ou des destinataires...

"Petit" aparte sur la correspondance sous l’Ancien Régime, et par extension, sur celle des Mozart.

Soyons clair, au XVIIIe siècle, aucune correspondance n’est réellement « privée » si elle passe par les services de la poste. Elle est toujours susceptible d’être ouverte par la censure du pouvoir en place, copiée, re-scellée et ensuite délivrée aux destinataires.
On connait le fameux « cabinet noir » de Louis XIV et ses successeurs, et la curiosité de Napoléon sur la vie privée de sa cour, mais ce ne sont pas les seuls !! Mozart y fait d’ailleurs allusion en riant dans une lettre à sa cousine :

https://pbs.twimg.com/media/DzoBXFpXQAAMdHR.jpg

Donc, on essaye de faire passer le courrier par n’importe quel moyen : via des marchands ou des colporteurs qui font le circuit des foires, par des amis, etc contre rémunération ou pas. (D’où la colère quand Nancy Storace (ou bien sa mère) ont perdu une lettre de Wolfgang à Leopold qu’elles devaient remettre à Salzbourg début 1787.) C’est le seul moyen que Mozart avait pour écrire en évitant la censure et les yeux indiscrets.


De plus, écrire coûte CHER. Vraiment.
Selon les services postaux, les destinataires tout comme les expéditeurs doivent payer. Le prix est calculé selon la distance (le nombre de relais de poste) et le nombre de feuilles. (Quand on écrit à la fin d’une lettre « ma feuille de papier me fait signer d’arrêter là », ce n’est pas une figure de style !)

Il n’y a pas d’enveloppe, donc le verso de la feuille servant d’enveloppe est utilisé pour écrire dans tous les coins possibles. Aucune place n’est gâchée.

Exemple dans une lettre des Mozart conservée à la BNF : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52507581d/f2.image


On apprend également aux filles à « croiser » les lignes d’écriture, et à écrire nettement et tout petit.
Soit on écrit dans un sens, on tourne la feuille tête bête et on écrit dans les intervalles des espaces dans l’autre sens, soit on tourne la page à moitié et les lignes se croisent en se chevauchant :

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Ecritures

Tout ça pour gagner de la place…

C’est aussi ce qui explique les tirets quadratim et le style télégraphique pour séparer les sujets mis à la suite… Donc, les épanchements sur le papier, c’est finalement assez rare dans la classe moyenne… sauf dans les romans épistolaires du temps !


La correspondance des Mozart :

Leopold Mozart en est extrêmement conscient de tout cela quand il envoie des « bulletins de victoire » à Salzbourg à son propriétaire, mandataire et ami Lorenz Hagenauer.

Ces lettres sont faites pour

1/ rassurer un garant financier (c’est parce que Hagenauer est marchand et a des tas de correspondants européens que Leopold peut avoir des lettres de crédits : Hagenauer donne à Leopold une lettre de crédit à un marchand A dans une ville A. Le marchand A donne à Leopold une autre lettre de crédit au marchand B dans une ville B. Si Leopold emprunte de l’argent à B, celui-ci se fait rembourser sa dette par A, qui renvoie la dette à Haguenauer qui à son tour se fera rembourser in fine par Leopold.) Donc, c’est important de faire savoir à Haguenaer que les Mozart réussissent, gagnent beaucoup d’argent (ils pourront rembourser leurs dettes) ou gagnent suffisamment pour être autodépendants (avoir suffisamment d’argent pour aller à la prochaine destination. D’ailleurs le périple européen est calculé selon les possibilités de concerts et de rémunération.)

Accessoirement, Leopold va aussi faire plaisir à Hagenauer en écrivant ce qu’il a envie de lire : par exemple, il lui écrit beaucoup de détails sur l’impiété des Français (Hagenauer et son épouse sont de fervents catholiques traditionnalistes)… Il ne va évidemment pas lui écrire qu’il a croisé (un peu fréquenté ? C’est quasi certain) les Encyclopédistes !!!! Donc, ses lettres s’auto censurent et s’adaptent à leurs destinataires…

2/ faire savoir à Salzbourg, grâce à la rumeur, le succès des Mozart. Car :

a/ cela peut aider à l’avancement de Leopold à la cour de Salzbourg (il fait valoir le renom de la Cour à l’étranger, il montre la valeur des musiciens salzbourgeois, il témoigne de sa valeur de pédagogue et de musicien)

b/ le renom de Wolfgang peut l’aider à avoir un poste à Salzbourg malgré son âge / lui valoir des commandes (donc accroissement des revenus familiaux)

3/ les parties privées de la lettre sont notés « pour vos yeux », « privé », « ne le lisez pas aux autres » ou autres formules.

Elles ont donc un but PUBLICITAIRE. Pour connaître les vrais problèmes rencontrés, il faut recourir à d’autres sources, recroiser les informations et faire quelques calculs financiers…

De même, les Mozart ne se livrent par écrit sur leurs sentiments personnels que si la lettre est acheminée par un porteur sûr, ou si la situation est grave. (Les échanges terribles entre Wolfgang et Leopold lorsque le premier se trouvait à Paris, où franchement, il a été en dessous de tout !!!)

Pour le reste, ils codent. Avec un code plus ou moins visible, parfois TRES visible, et apparemment assez simple. Ce qui ne pouvait que tirer l’œil du pouvoir… « Ah tiens, au milieu, cela devient du charabia, qu’est-ce qu’il leur prend ??!! »


De toute façon, une correspondance, c’est un expéditeur et un destinataire. Lapalissade ? Pas forcément.

On a tendance à l’oublier, car toutes les lettres des Mozart ne sont pas conservées (Leopold n’aurait gardé que ce qui lui aurait permis d’écrire une biographie de son fils, et ensuite, apparemment, Wolfgang ne conservait AUCUNE correspondance.)

On n’a souvent qu’une partie de la correspondance, et on en est donc réduit à imaginer les réponses… Cela influe forcément sur notre perception en nous faisant adopter le point de vue de celui qui est lisible.

Par ailleurs, le point de vue et le style varient. On n’écrit pas à son père (envers lequel on veut se justifier ou l’embobiner pour faire valoir son point de vue etc…) comme à un créditeur possible, comme à une épouse, comme à un mécène.

Après, c’est aussi la travail de l’historien de vérifier si ce qui est dit est crédible, si on peut vérifier les informations, si le discours est logique par rapport à ce qui est dit par ailleurs… Ce n’est pas parce que c’est écrit que c’est vrai, ce n’est pas parce que c’est écrit que c’est forcément faux.

Sans compter les effets de styles, les jeux de mots, les allusions à des faits connus et partagés par les correspondants qui ne sont pas forcément explicités. (Dans ce cas-là, on ne peut pas savoir ce dont il retourne.)

Mozart a adapté son discours à ses destinataires, c’est tout à fait logique. Et il évolue avec le temps. Pourquoi considérer comme définitif un point de vue affirmé à 20 ans ? Les circonstances changent les gens.

Comme il a une grande verve à l’écrit (Mozart mélange les styles, les dictons populaires, les parodies de style d’opéra, les jeux de typographie etc…), il se met en scène également à l’écrit. Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas forcément sincère sur l’instant, mais il peut également accumuler les protestations d’innocence sans que cela soit suivi d’effet (il envoie des grandes protestations d’amour à sa famille quand il est en tort, sans forcément faire ce qu’on lui demande…) et a également un discours stratégique pour obtenir ce qu’il veut. (Les fameuses lettres demandant de l’argent à Puchberg commencent alors que Mozart loue 2 appartements en même temps, dont une villégiature avec jardin et écurie, et il a sans doute exagéré sa situation pour obtenir des prêts, même si sa situation n’était pas joyeuse.) Bref, Mozart est un être humain variable, contradictoire et doué d’un fort sens de l’oxymore.

Quant aux lettres à la cousine, il faut noter que la famille Mozart échange beaucoup de blagues scatologiques comme beaucoup de personnes à l’époque (même dans la très haute noblesse) dans le cercle familial. Elles n’ont rien de stupéfiant ni de choquant pour l’époque. C’est ensuite, à l’époque Romantique que cet aspect choquera et déroutera ceux qui les ont lues. (Les fils de Mozart voulaient même les détruire !!!)
En ce qui concerne leurs relations, on n’en saura probablement rien : ces lettres « déconnades » peuvent autant s’adresser à une parente avec laquelle il a aimé plaisanter qu’à une femme avec laquelle il a eu un flirt plus ou moins poussé. Par contre, il ne faut pas oublier qu’une jeune fille non mariée ne peut recevoir de lettres sans qu’elles soient lues auparavant par ses parents. Une fille non mariée ne peut recevoir de courrier officiellement que si elle est fiancée.

Bon, sur ce, je retourne à mon dépouillement de la correspondance des Mozart, que je suis en train de faire pour mon bouquin sur le compositeur…
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Anouchka

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 18:29

Emmanuelle, je suis de nouveau dans la correspondance de Mozart... (que tu m'avais conseillée il y a quelques années, alors que j'avais un peu des "réticences" -je pensais que je violais un peu son intimité-..).
D'ailleurs, j'en  suis toujours très émue...
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Emmanuelle



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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 18:45

Anouchka a écrit:
Emmanuelle a écrit:
Forman n’a jamais affirmer faire œuvre d’historien

Je reviens juste là-dessus, chère amie, vite fait (nous en reparlerons) : Ce que tu dis bien sûr est exact de Forman -heureusement qu'il ne s'est vanté de RIEN, quand même, (Bluwal non plus d'ailleurs qui a déclaré que sa série, c'était "sa vision fictionnelle de son amour pour Mozart) - mais je lui en veux sérieusement (à Forman), d'avoir fait un marketing manipulateur de son film, et sur le générique apparaît seulement en 2 secondes au début un truc comme "d'après la pièce de Pouchkine...", que bien sûr les spectateurs NE LISENT PAS. Quid au finish : effectivement une grande manipulation commerciale qui fonctionne hélas toujours (et j'en sais quelque chose avec mes filles et pas mal de monde). Il a surfé sans vergogne sur la vague de l'engouement, et là, on ne 'a pas beaucoup entendu, que je sache !
Oh oui le film a vieilli, je l'ai vu trois fois (dont une fois avec les filles, pour rectifier le tir),  et j'en ai marre. Reste la BO évidemment splendide.... Very Happy

NON, c'est le contraire !!! Amadeus , la pièce, date de 1979;  le film date de 1984. Et c'est le succès phénoménal du film (40 récompenses internationales dont des Oscars !!!) qui a fait exploser une nouvelle vogue mozartienne à la fin des années 80... Par exemple, c'est uniquement quand H. C. Robbins Landon a écrit un article pour dézinguer les erreurs historiques du film qu'on lui a commandé le livre 1791 Mozart's Last Year, publié en 1988 (et traduit en français en 1991) et les autres. Avant, les éditeurs estimaient que cela ne serait pas commercial...

C'est donc grâce à Forman que le grand public s'est intéressé davantage à Mozart, ce qui a permis de donner un plus grand retentissement au bicentenaire de 1991. (Sans cela, aucune maison de disques n'aurait jamais pris le risque commercial d'une intégrale. Et on n'aurait jamais eu la traduction française quasi complète de la correspondance. G. Geffray m'a dit en 1995 que cela avait failli s'arrêter, l'éditeur le faisant à perte. Donc, merci, monsieur Forman !)

Forman n'a pas exploité un filon. C'est lui qui a suscité la nouvelle actualité de Mozart.

Ce n'est pas une manipulation commerciale, c'est de la FICTION. Ce n'est pas la faute de Forman si les spectateurs sont assez stupides pour ne pas lire entre les lignes...  "un film sur Wolfgang Amadeus Mozart, vu par Antonio Salieri, son rival dévoré par la jalousie" ( https://milosforman.com/fr/movies/amadeus )

(Et quand une romancière américaine écrit Epouser Mozart, où l'on voit à la fin Leopold Mozart débarquer à Vienne le jour J du mariage de son fils en lui donnant sa bénédiction, alors que dans la réalité, son assentiment (obligatoire) n'est arrivé par la poste que le lendemain, ce n'est pas de l'"utilisation commerciale", non plus ? Non, c'est de la fiction !!)
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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 18:50

Et si vous voulez écouter un quasi inédit de Mozart et ds raretés contemporaines, c'est sur https://frequenceprotestante.com/diffusion/cantabile-du-24-02-2019/ (Et en plus, je parle entre les extraits ! Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 857611 )
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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 19:54

Merci pour toutes ces informations précieuses, Emmanuelle Very Happy

Je vois que Mozart est encore à découvrir, finalement la biographie des Massin, qui est souvent basée sur celle de Wyzewa/Saint-Foix, serait à réécrire pour l'actualiser. Le Dictionnaire Mozart de Robbins-Landon, pourtant beaucoup plus récent, serait aussi à compléter...

Emmanuelle, si vous pouviez trouver le temps, j'aimerais bien retrouver ce que vous aviez écrit chez Ron sur la maladie et la mort de Mozart ainsi ce que l'on connaît actuellement sur les circonstances de ses obsèques, les funérailles à l'époque qui étaient très différentes des actuelles.

Décidément on a beaucoup perdu avec la disparition du forum de Ron et celui du Mozartforum américain avec l'excellent Dennis qui avait de grandes connaissances sur Mozart et son époque.

J'ai bien entendu téléchargé l'émission à laquelle vous participez.
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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 19:57

Hum, Emmanuelle, en toute amitié, je ne souscris pas COMPLETEMENT aux termes que tu emploies : Il y a alors BEAUCOUP BEAUCOUP de gens stupides, que veux-tu. Wink  D'autre part, la pièce contemporaine dont s'est inspirée Forman, si je ne m'abuse, est elle-même adaptée de "Mozart et Salieri" de Pouchkine, ou c'est encore une légende qu'on m'a racontée ?? ..

P.S. : J'avoue que mes trois enfants ont été assez baignés dans le classique le week-end.. , quand j'étais là entre deux voyages.. Leur maman a fait ce qu'elle a pu ! (déjà pas mal... Wink .
Et déjà pas mal aussi que je leur aie rectifié certains trucs sur le film Amadeus, tu vois...
(L'une de mes filles me disant il y a environ quatre ans lors de la rediff par Arte à Noël :" Ah eh bien nous, on a cru comme tous nos copains que tout était vrai...".).....  Wink

J'avoue qu'à l'époque de la sortie du film, je ne devais pas être entourée de mélomanes avertis,  Laughing , mais même ma soeur très férue de Mozart, en-dehors de l'esthétisme du film (évidemment dont la musique), a cru dur comme fer que c'était un genre biopic...

C'est comme ça, et d'ailleurs philosophiquement sur un autre forum, il y aurait un topic intéressant à faire sur "le savoir et la connaissance", sujet que mon oncle philosophe a traité lors d'une conférence : Car alors, ceux qui ne savent pas, qu'est-ce qu'ils sont ? -il faut qu'il sachent, cqfd..-, et il ne sont pas forcément stupides..
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Mike56

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 20:54

Merci Emmanuelle pour ces précisions sur la correspondance de Mozart.
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Emmanuelle



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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 21:55

joachim a écrit:
Merci pour toutes ces informations précieuses, Emmanuelle Very Happy

Je vois que Mozart est encore à découvrir, finalement la biographie des Massin, qui est souvent basée sur celle de Wyzewa/Saint-Foix, serait à réécrire pour l'actualiser. Le Dictionnaire Mozart de Robbins-Landon, pourtant beaucoup plus récent, serait aussi à compléter...

Emmanuelle, si vous pouviez trouver le temps, j'aimerais bien retrouver ce que vous aviez écrit chez Ron sur la maladie et la mort de Mozart ainsi ce que l'on connaît actuellement sur les circonstances de ses obsèques, les funérailles à l'époque qui étaient très différentes des actuelles.

Décidément on a beaucoup perdu avec la disparition du forum de Ron et celui du Mozartforum américain avec l'excellent Dennis qui avait de grandes connaissances sur Mozart et son époque.

J'ai bien entendu téléchargé l'émission à laquelle vous participez.

La biographie des Massin est obsolète sur beaucoup de points… tout comme les écrits de Victor Hocquart, d’ailleurs. Même les livres de H. C. Robbins Landon sont à corriger. C’est la loi du genre historique : une découverte chasse l’autre et la complète.

Les uns sont aveuglés par leur idéologie (anticléricalisme franc maçon alors que la FM viennoise de l’époque était pro-cléricale…), l’autre par une vision « philosophique » qui ne prend pas en compte le contexte historique dans lequel Mozart travaille et vit. On est forcément produit et influencé par son milieu, ce qu’il refuse de voir, analysant Mozart comme un pur esprit créateur intemporel. Ce n’est pas tenable si l’on veut comprendre réellement comment s’élaborent les œuvres. (Qu’elles nous parlent toujours est formidable, mais elles ont été écrites par un homme du XVIIIe pour les auditeurs du XVIIIe siècle.)

Pour ce que j’ai écrit sur la mort de Mozart etc. chez Ron, c’est déjà dépassé !! J’ai depuis lu des travaux de recherche plus récents qui infirment et/ou corrigent ce que j’avais écrit en ligne il y a 10-15 ans.
Je vais quand même aborder les obsèques de Mozart dans l’ouvrage que je suis en train de rédiger.

Dennis Pajot se faisait le truchement d’articles savants publiés dans les journaux universitaires américains peu accessibles en Frances, sinon par des bases de données payantes (très chères). Un  accès partiel à ces revues est possible quand on a une carte de lecteur recherche à la Bibliothèque nationale de France.

Merci ! Bonne écoute… même si en 15 minutes, on n’a pas le temps de dire grand-chose ! Comme me le disait Marc Portehaut, il faudrait 2 heures pour évoquer Nancy Storace !

Anouchka a écrit:
Hum, Emmanuelle, en toute amitié, je ne souscris pas COMPLETEMENT aux termes que tu emploies :  Il y a alors BEAUCOUP BEAUCOUP de gens stupides, que veux-tu. Wink  D'autre part, la pièce contemporaine dont s'est inspirée Forman, si je ne m'abuse, est elle-même adaptée de "Mozart et Salieri" de Pouchkine, ou c'est encore une légende qu'on m'a racontée ?? ..

P.S. : J'avoue que mes trois enfants ont été assez baignés dans le classique le week-end.. , quand j'étais là entre deux voyages.. Leur maman a fait ce qu'elle a pu ! (déjà pas mal... Wink .
Et déjà pas mal aussi que je leur aie rectifié certains trucs sur le film Amadeus, tu vois...
(L'une de mes filles me disant il y a environ quatre ans lors de la rediff par Arte à Noël :" Ah eh bien nous, on a cru comme tous nos copains que tout était vrai...".).....  Wink

J'avoue qu'à l'époque de la sortie du film, je ne devais pas être entourée de mélomanes avertis,  Laughing , mais même ma soeur très férue de Mozart, en-dehors de l'esthétisme du film (évidemment dont la musique), a cru dur comme fer que c'était un genre biopic...

C'est comme ça, et d'ailleurs philosophiquement sur un autre forum, il y aurait un topic intéressant à faire sur "le savoir et la connaissance", sujet que mon oncle philosophe a traité lors d'une conférence : Car alors, ceux qui ne savent pas, qu'est-ce qu'ils sont ? -il faut qu'il sachent, cqfd..-, et il ne sont pas forcément stupides..

Bien chère Annie,
Le problème, très répandu, et qui ME semble stupide, c’est que TOUT LE MONDE s’imagine qu’un « biopic », c’est la réalité historique. Mozart ou autre.

En fait, pas du tout. C’est une FICTION qui tire son postulat d’un personnage réel. Mais le médium filmique est une reconstruction du regard du spectateur, avec des dialogues inventés, des espaces inventés, des corps en mouvement qui ne sont pas en 3D mais en 2D sur un écran, et qui ne sont pas ceux, réels, des personnages historiques qu’ils sont censés être.

Quand on lit un roman historique, on sait bien que ce n’est pas vrai. (Angélique, Marquise des Anges n’a jamais rencontré Louis XIV.) Pourquoi donc, dès qu’on passe sur le mode de l’image, y croit-on ?

Un « biopic » sur Piaf est une vision fictionnelle biaisée de Piaf, même si cela s’appuie sur des faits réels. Un « biopic » sur Marie Thérèse d’Autriche n’est pas la vraie vie de l’impératrice, mais un raccourci arrangé (les dates butoirs sont fausses, les évènements précipités, la psychologie aberrante pour l’époque etc…) D’ailleurs biopic, contraction de « biographical motion picture » image animée biographique, dit bien ce que c’est.

Farinelli, le film (cette horreur vulgaire à part la bande son) a également eu le même problème. Le pauvre maintenant passe pour un partouzeur adepte du triolisme… alors qu’il était très certainement impuissant (il le sous-entend dans une lettre) ! Cet homme exquis, intelligent, cultivé et généreux est maintenant perçu de manière complètement biaisée. Quelle image posthume que ce film style Mylène Farmer, mais qui correspond au XVIIIE siècle libertin que les gens veulent voir ! Même le répertoire qu’on lui fait chanter est souvent aberrant… Personne n’a compris qu’il ne s’agissait pas d’un reportage historique. Au moins, cela a favorisé la visibilité du répertoire musical créé par les castrats et la reprise de ce répertoire par les ensembles spécialisés.

Je me souviens d’ailleurs avoir assisté à Musicora cette année-là à un documentaire sur Farinelli, qui parlait du film. Toute la partie « historique » préliminaire était bourrée d’erreurs. Je suis allée exprimer mon indignation au réalisateur qui m’a dit « la réalité historique ? Tout le monde s’en f***. Ce n’est pas vendeur, on dit aux gens ce qu’ils veulent voir et entendre. Et de toute façon, qui serait assez idiot pour croire que c’est un cours d’histoire et non une histoire qu’on leur raconte ? » Pour le film, j’étais d’accord, c’est de la fiction. Pour le DOCUMENTAIRE qui était justement supposé donner des éléments historiques en complément, c’était de la malhonnêteté intellectuelle.

Pour en revenir à Amadeus, dans la version de Forman, le cinéaste a pris soin de conserver un prologue qui démontre que tout le film est une vision distordue de la réalité. Le marqueur est évident, comme la voix off du Salieri de fiction qui montre bien cette obsession depuis son enfance (parce qu’en fait, le véritable Salieri n’aurait sans doute pas dit une chose pareille, assez anachronique.)

Tu as raison sur ce point : Schaeffer s’est inspiré pour son point de départ sur la jalousie SUPPOSEE de Salieri de la célèbre pièce de Pouchkine. Qui lui-même s’est étayé sur des RAGOTS sans fondement qui circulaient dans Vienne au XIXe. Soit, bien après la mort de Mozart.

A part cela, on trouve bien des jalons historiques réels dans le film, mais sortis de leur contexte, détourné, bidouillés. C’est le jeu du genre. Qu’un spectateur non spécialisé ne sache pas où et quand il y a « licence fictionnelle », c’est normal. Mais il devrait au moins se dire que ce n’est PAS le réel.

Mike56 a écrit:
Merci Emmanuelle pour ces précisions sur la correspondance de Mozart.

De rien ! Et bonne lecture, si vous continuez avec le tome 4 !
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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-02, 22:20

Je suis justement dans ce tome-là..  Wink  (je trouve les lettres de Mozart, son écriture, aussi magnifiques que sa musique).
Mais je ne lis pas que cela, je panache  Very Happy .
Emmanuelle a écrit:
Qu’un spectateur non spécialisé ne sache pas où et quand il y a « licence fictionnelle », c’est normal. Mais il devrait au moins se dire que ce n’est PAS le réel.

Certes, chère amie, mais tu vois cela aussi à travers ton regard et ton filtre d'historienne, ton éducation, etc.. : Depuis très longtemps tournés vers la musique, d'après ce que j'en sais humblement.  Embarassed  
Il faut parfois être indulgents, et se dire que tout le monde n'a pas cette chance, que l'ignorance ou la "non-vision" même de l'écriture volontairement "outrée" d'un film peut exister, quel que soit le sujet d'ailleurs.. Moi ça m'a paru évident dès ma première vision du film, et à papa idem, on en avait pas mal parlé. Mais on était quand même dans la musique classique et la littérature depuis mon enfance. D'autres, n'ont pas cette chance dans ce domaine précis. Ils tombent dans un tel film, ils y croient.. , parce que ce n'est pas aussi clair que tu le dis, à mon humble avis, tant pis si je me répète (Ce n'est pas comme "Angélique"..).
Si on est distrait ou occupé par autre chose dans sa vie que la musique classique, l'histoire à son niveau le plus exact, etc..,
on peut ne pas forcément décrypter, pour tout un tas de raisons (ne serait-ce que la fatigue, le stress, les enfants, d'autres intérêts dans la vie que notre passion à nous -celle-ci en l'occurence-...). Il y a des gens qui sont tombés amoureux de la musique mozartienne grâce au film, bien d'accord, mais qui se sont complètement foutus du pourquoi du comment et des arcanes de la réalisation "Formanienne" ! Et qui n'avaient pas capté du tout cette "distortion" implicite dans le prologue, qui nous parait à nous si évident.
Comme tu sais, je suis une grande empathique, et j'essaie souvent de comprendre les réactions humaines...!  Autre débat.. (pour dédouaner certaines personnes, que je trouve fort expertes et intelligentes dans certains autres domaines, on m'avait quand même questionnée : "L'empoisonnement de Mozart par Saliéri a-t-il été prouvé ?". Je sais, cela a l'air très ..., mais c'est un fait ! ).

A plus ! Wink
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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-03, 00:10

joachim a écrit:
Emmanuelle, si vous pouviez trouver le temps, j'aimerais bien retrouver ce que vous aviez écrit chez Ron sur la maladie et la mort de Mozart ainsi ce que l'on connaît actuellement sur les circonstances de ses obsèques, les funérailles à l'époque qui étaient très différentes des actuelles..

Ce n'est pas un de mes textes, mais une traduction que j'avais faite d'un texte d'Agnes Selby, extrait de la biographie qu'elle avait publiée sur Constanze Mozart.

Malgré mes réserves, je remets cette traduction en ligne, puisque cela semble faire plaisir à Joachim. (J’avais sauvegardé certains de mes messages venant du site Mozart de Ron3)

Ce texte a été publié pour la première fois sur le défunt site Ron3 à l’URL www.ron3.fr/vos_contributions/funerailles.htm , Agnès Selby (avec laquelle je correspondais) m’ayant alors donné la permission de traduire et de diffuser son article, qui se trouvait également en ligne dans sa version originale.

Cependant, depuis 2002, j’ai lu bien d’autres textes sur le sujet et force est d’admettre qu’Agnes Selby, qui a fait un travail pionnier sur Constanze Mozart s’est souvent laissée emporter par ses préjugés, des sources peu référencées et difficiles à retrouver ou douteuses, et une documentation parfois bien obsolète.

Ce texte est donc à prendre avec de longues pincettes. N’ayant pas le temps de faire de longues recherches pour annoter ce texte, je me bornerai à faire des remarques lapidaires et des avertissements.[/i]

En réalité, LE texte à lire sur les funérailles de Mozart et les usages en cours à Vienne en 1791 est l’essai de l’archiviste et musicologue Michael Lorenz, http://michaelorenz.blogspot.com/2013/07/mozart-and-myth-of-reusable-coffins.html
Ce texte est en anglais et je n’ai pas le temps de vous le traduire (il faudrait demander l’autorisation à M. Lorenz) ni de vous le résumer…
Pour les non anglophones, un traducteur automatique devrait vous permettre d’en comprendre les grandes lignes.


Agnes Selby - Les funérailles à Vienne en 1791 et l’enterrement de Mozart

ATTENTION !! Texte à ne pas prendre pour argent comptant.

Durant le règne de l’impératrice Marie-Thérèse, les obsèques étaient devenues des affaires complexes et les habitants de Vienne se disputaient les emplacements encore disponibles dans les églises et les cimetières. On économisait toute une vie pour se payer ce qui était considéré comme un enterrement correct, organisé de manière dispendieuse par le clergé. [Attention, A. Selby n’était pas catholique et elle porte un jugement subjectif sur les coutumes d’inhumations viennoises sur lesquelles ses informations ne sont pas à jour.]

Joseph II regardait ces procédés avec de plus en plus de réticence, tandis que l’Eglise prospérait et que des familles entières étaient laissées sans le sous par le montant des rites funéraires qu’on leur imposait pour leur garantir la vie éternelle. Au retour des beaux jours, ceci posait des problèmes supplémentaires dans les cimetières surpeuplés de la ville, car les enfants jouaient dans ces cimetières et les cours des églises, au milieu des ossements de leurs ancêtres qui affleuraient, usés par la pluie et la neige. Ce qui présentait des risques sanitaires majeurs.

Le 23 août 1784, Joseph II légiféra et promulgua des lois qui interdisaient les enterrements somptuaires à l’intérieur des églises et des cimetières. Ces textes étaient fondés par son désir d’introduire de meilleures règles d’hygiènes dans la population de ses états et de leur épargner les dépenses exorbitantes demandées par le clergé pour utiliser les emplacements existants des cimetières surpeuplés. [pas complètement faux, mais à affiner]

Les corps des défunts devraient dorénavant être portés ou transportés à l’église pour recevoir une bénédiction et ensuite charriés dans un cimetière en dehors de la périphérie de la ville. Si l’on désirait un cercueil, ce dernier devait être réutilisable, que l’on retournait après la cérémonie au lieu choisi pour l’inhumation. [On peut voir une image d’un cercueil semblable en suivant ce lien : http://www.angelfire.com/bc2/mozart/P9B.html NdT] Le lien est obsolète, mais on le voit dans l'article du Dr. Lorenz indiqué ci-dessus.

De manière à économiser de l’espace, il était interdit d’élever des stèles funéraires ; on pouvait seulement ériger des tablettes funéraires qui étaient placées le long des murs des cimetières. Pourtant, cette dernière mesure n’était applicable que pour les familles nobles. Aucune inscription n’était donc placée sur les tombes. Si plusieurs corps arrivaient en même temps au cimetière, ils pouvaient être placés dans la même tombe – il s’agit de tombes communautaires et non de fosses communes, comme on l’a souvent cru à tort  [NdT.] On pouvait placer six corps au maximum dans la même tombe. Les dépouilles étaient alors saupoudrées de chaux vive et de terre. On décréta également qu’une distance de 4 pieds [ = 1, 20 mètre environ] devait séparer les tombes. On ouvrait les tombes et on ôtait les ossements pour laisser la place à d’autres inhumations tous les sept à huit ans ; période jugée nécessaire pour que la décomposition fasse son effet.

Le cimetière Saint -Marx [Saint-Marc] où Mozart fut inhumé selon ces règles était situé à 6 kilomètres de Vienne. A l’époque de son enterrement, il n’y avait pas le moindre arbre dans tout le cimetière. Le paysage désolé était rythmé seulement par les légers vallonnements des tombes. La route menant au cimetière était simplement un chemin et les attelages qui portaient les corps jusque là quittaient Vienne au coucher du soleil pour déposer leur chargement dans la chapelle, où ceux-ci attendaient l’enterrement qui avait lieu au matin. Personne n’accompagnait jamais le corbillard jusqu’à Saint-Marx.

A la demande du second époux de Constanze Mozart, Georg Nissen, Sophie Haibel, la plus jeune sœur de Constanze, écrivit un compte-rendu de la mort de Mozart pour qu’elle soit incluse dans la biographie qu’il écrivait. Sa description de l’événement a été utilisée par tous les biographes, lui permettant ainsi d’avoir une place dans l’histoire mozartienne. [Effectivement, mais source à utiliser avec précautions, car vers 1826-28 (ou à peu près), Sophie a la mémoire qui flanche…Son témoignage est à prendre avec des pincettes.]

Mozart mourut à minuit cinquante cinq, le 5 décembre 1791 après une courte maladie. Constanze s’étendit à côté de lui afin d’attraper la maladie qui lui avait coûté la vie. [on n’a que le témoignage de Constanze à c sujet…] Elle était hystérique [licence poétique ?] et on l’emmena plus tard avec ses enfants chez Herr Bauernfeld, un associé de Schikaneder, puis chez Joseph Goldhahn un ami de Mozart. [A vérifier] Pendant ce temps, le sculpteur Mueller arriva de sa galerie d’art afin de procéder au moulage du masque funéraire du visage « pâle et sans vie » de Mozart.

Le Baron van Swieten arriva au milieu de tout ceci, mais n’arriva pas à convaincre Constanze de s’arracher du corps de son mari. Aucune source n’en parle, d'après mes souvenirs. C’est lui qui choisit l’enterrement de troisième classe De mémoire, il s’est effectivement occupé de cela. Il me semble que c’est précisé dans une des premières biographies de Mozart qui a utilisé des sources communiquées par Constanze, donc sources subjectives et orientées. ; il a été critiqué pour cela, mais un autre choix aurait-il fait une différence? Constanze n’aurait pu payer plus, et elle n’aurait permis à personne de lui faire l’aumône en payant pour elle. Il n’était pas question de faire l’aumone. En fait, je ne suis pas sûre qu’on sache réellement QUI a payé. Rien ne dit que ce n'est pas Constanze, même si on l'a aidée dans les démarches à faire...

L’âme de Mozart fut bénie dans la chapelle de la Sainte-Croix -attenante à la cathédrale Saint Etienne [NdT] – puis, selon la foi catholique, partit pour être réunie à son Créateur. Son enveloppe terrestre fut transporté au cimetière Saint-Marx. Une douzaine de personnes, famille, amis et familiers de Mozart assistèrent à la bénédiction. Raccourci un peu rapide de la situation…

Mozart reçu un enterrement de troisième classe comme 80% des Viennois. Le coût de ses funérailles, selon les registres de sa paroisse, étaient de 8 florins 56 kreuzer plus 3 florins pour le transport. Les enterrements de première classe étaient réservés aux nobles. NON ! voir plus bas Entre mi novembre et mi décembre 1791, sur 74 adultes enterrés à Vienne, seulement l’un d’entre eux eut droit à un enterrement de première classe ; sept eurent un enterrement de seconde classe et 51 eurent un enterrement de troisième classe ; 11 pauvres furent enterrés gracieusement. Aucune idée dont sortent ces chiffres ni s’ils sont fiables…

Un enterrement de seconde classe coûtait 37 gulden. La différence entre la troisième et la seconde classe était le nombre de ceux qui tenaient les cordons du poêle : six pour la seconde classe, et quatre pour la troisième classe. Le nombre des enfants de chœur portant des cierges variait aussi, mais le défunt qui recevait un enterrement de second ordre aurait quand même voyagé vers le cimetière dans un cercueil réutilisable et aurait été enseveli dans une tombe communautaire.

La philosophie de Mozart et son opinion personnelle vis à vis d’un certain clergé, comme le révèle sa correspondance, indique que les prières d’un seul prêtre sur ses restes mortels étaient suffisantes à ses yeux. Et il ne se serait pas soucié du nombre de ceux qui transporteraient à l‘église ni du nombre des enfants de chœur portant des cierges de leurs mains mal nettoyées… Extrapolation totale sur les sentiments religieux intimes de Mozart !! Et les enfants de chœurs n’avaient pas forcément les mains sales. Quand je vous parlais de biais subjectifs… Son corps aurait quand même été charrié au couchant au cimetière Saint-Marx et enterré dans une tombe communautaire ; ni croix ni pierre tombales n’en auraient marqué l’emplacement, puisque c’était interdit. Mozart n’étant pas noble, il n’avait pas droit à une plaque commémorative sur les murs du cimetière. PERSONNE n'y avait droit !! Voir les remarques de M. Lorenz.

Constanze n’était pas présente lors de l’enterrement. Certains auteurs attribuent son absence à son chagrin, d’autres l’accusent de fausseté et de dureté. [attention, tout le passage qui va suivre est plus que douteux ! Je vous mets plus bas les rectifications du Dr. Michael Lorenz, l’un des meilleurs spécialistes de la période !]

La réalité est toute autre, et il y a d’autres raisons à son absence. Il était hautement incorrect pour une veuve au XVIIIe siècle d’être présente lors de la bénédiction du corps. Sa place était chez elle, revêtue d’habits de deuil ; assise devant son foyer, des cendres sur les cheveux en signe de deuil. La coutume était impérative dans la plupart des pays catholiques sous la domination de l’empire autrichien, mais elle fut aussi pratiquée en Irlande jusqu’en 1820.

Curieusement, dans certaines provinces, elle fut encore en vigueur juste avant la seconde guerre mondiale. Une référence à cette coutume est également faite par Philippe Ariès dans ses ouvrages L’homme devant la mort (Seuil, 1977) et Essais de la mort en Occident (Seuil, 1975), qui décrivent les pratiques funéraires du XVIIIe siècle, quand la coutume obligeait l’épouse à rester chez elle et à ne pas assister à la cérémonie. Ariès mentionne la réaction de l’abbé Coyer (1768) qui la désapprouve, pensant que « la véritable douleur est dans le cœur et on dans les vêtements ».

Pendant les premières années du XIXème siècle, ces traditions changèrent. Une veuve pouvait suivre l’enterrement de son mari ; tout d’abord en restant cachée dans un coin de l’église ou des galeries supérieures. Par la suite, elle put mener le convoi, son visage caché sous des voiles noirs épais. Ce changement fut initié par l’aristocratie qui avait un droit légal aux tombes individuelles.

A la suite du mouvement Romantique, le XIXème siècle donna naissance à un besoin d’exprimer publiquement sa douleur et de célébrer la mémoire des morts par des tombeaux distinctifs. La cérémonie devint plus élaborée et le coût plus élevé. Le changement fut progressif et petit à petit la mort ne fut plus crainte mais devint héroïque. Les cimetières se transformèrent en parcs dans lequel la visite à ses morts devint un rituel de culte des ancêtres et dans lequel la tombe fut un endroit de pèlerinage annuel en famille.

Des transformations plus importantes étaient à venir. Lors de ses séminaires à la Johns Hopkins University de Baltimore en 1974, Ariès expliqua que c’étaient des Etats-Unis qu’était venu le tournant le plus important dans le changement d’attitude envers la mort au XXème siècle. Voici un autre changement de mentalités envers la mort que nous craignons à nouveau et mentionnons rarement, et qui rend notre compréhension des rites funéraires du XVIIIème siècle si difficile. Aujourd’hui nous reculerions d’horreur si nous voyions le crâne d’un membre de notre famille dans la pile d’un charnier. De même, nous n’apprécierions pas de voir des chandeliers fait des tibias de nos chers disparus, dont un exemple se trouve à Rome dans la chapelle des Capucins et au Palais Farnèse.

Certaines de ces coutumes existent encore. On se souvient de Jacqueline Kennedy conduisant la procession funéraire du Président assassiné, couverte d’un voile noir. Alma Mahler n’assista pas à l’enterrement de son mari. Quelque soit l’opinion que l’on ait de sa fidélité conjugale envers Mahler, ce ne fut pas l’indifférence envers son mari qui dicta sa conduite, mais de vieux rites encore vivaces dans les régions d’où venait sa mère.

MISE AU POINT : TRADUCTION PARTIELLE D’UN TEXTE DE MICHAEL LORENZ :

Pour défendre l'absence de Constanze lors de l'enterrement de son mari, Selby a recours au livre de Philippe Ariès L’homme devant la mort, mais son propos est complètement hors sujet. La question principale n'était pas "la place de la femme dans sa maison et non pas à l'enterrement", mais les coutumes liées au Joséphinisme. Constanze n'avait pas « interdiction d'assister à l'enterrement de Mozart », elle n'a même pas envisagé d'y assister, car ce n'était pas la coutume. A cette époque, l'enterrement d'un corps ne faisait pas partie du rite chrétien tel qu'il est aujourd'hui. Les gens disent au revoir à leurs proches à l'église et non au cimetière, un comportement qui n'a commencé à changer qu'au cours des guerres napoléoniennes. Les réflexions de Selby sur « l'évolution de l'attitude occidentale des États-Unis face à la mort au XXe siècle » (p. 114) n'ont rien à voir avec les questions pertinentes de la vie culturelle du XVIIIe siècle à Vienne. Comme Selby ignore totalement les subtilités des règlements funéraires Joséphiniens et leur abrogation partielle en 1785, elle reformule toutes les absurdités sur « Mozart qui a été cousu dans un sac de lin et enterré avec un cercueil réutilisable ». Ces vieux malentendus ont tous été réfutés et ne devraient certainement pas refaire surface dans une publication de 2013. Ce n'est pas « quatre-vingt-cinq pour cent des citoyens de Vienne » qui ont été inhumés avec des enterrements de troisième classe, mais quatre-vingt-dix-neuf pour cent. Selby extrapole à partir d'une petite section des registres funéraires de [la cathédrale] Saint-Etienne qui ne représente pas la situation dans toutes les paroisses de Vienne. Les sépultures de première classe n'étaient pas « réservées à la noblesse » (comme le suppose Selby à la p. 117), mais à tous ceux qui étaient prêts à les payer (ce vieux malentendu semble inéluctable). Parce que la description des classes funéraires de Selby est copiée de la pire littérature secondaire, elle est totalement imparfaite.

Source, site de Michael Lorenz : compte rendu critique du livre d’Agnes Selby sur http://michaelorenz.blogspot.com/2014/05/agnes-selby-constanze-mozarts-beloved.html

POUR LES CERCUEILS REUTILISABLES, M. Lorenz leur fait un sort sur http://michaelorenz.blogspot.com/2013/07/mozart-and-myth-of-reusable-coffins.html


Agnes Selby. Tous droits réservés. (traduction française : Emmanuelle et Jérôme Pesqué) Cet essai a été publié en anglais entre le 20 et le 24 juin 2002 sur le site http://www.openmozart.net /openmozart/jsp/index.jsp

Madame Agnes Selby est l’auteur de Constanze, Mozart’s Beloved. Sydney, Turton & Armstrong, 1999. Les funérailles à Vienne http://www.ron3.fr/vos_contributions/funerailles.htm
(disponible sur www.amazon.com)

Ses recherches préalable à cette biographie de Constanze Weber- Mozart-Nissen l’ont menée entre autre à Philadelphie, Londres, Vienne et Salzbourg. Madame Selby vit à Sydney, où elle collabore à plusieurs journaux et revues littéraires.

[En fait, Agnes Selby n'avait pas de formation d'historienne et sa méthodologie est souvent problématique. De plus, elle a inventé des sources qui n'existaient apparemment pas, ce qu'à l'époque je n'avais aucun moyen de vérifier, en ce qui concerne les archives, même si je m'étais rendu compte qu'elle avait inventé une citation tirée du livre d'A. Einstein...]
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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-03, 10:13

Encore merci, Emmanuelle Very Happy

Je ne me souvenais plus que votre article reprenait une traduction du livre d'Agnès Serby. Bien que daté de 2002, celui-ci est donc déjà obsolète ou inexact... Faut pas demander les modifications biographiques qui auront en lieu d'ci 2056, l'année du tricentenaire. Nous ne serons plus là pour en bénéficier...
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Kristian



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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-03, 16:10

Merci Emmanuelle pour ce somptueux et passionnant travail, dans lequel j'ai plongé comme un petit enfant émerveillé par le découverte et l'explication soudaines de l'univers dans lequel il se meut, vit et respire. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 185465 Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 185465

Il n'en reste pas moins... que ce questionnement éminemment personnel qui est le mien, depuis 76 ans de recherche intérieure comme extérieure, n'a toujours n'a pas trouvé de réponse satisfaisante  : quand il y a création, existe-il un rapport de nécessité entre l'objet créé et l'environnement de l'acte de création ? Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 1521897346

En d'autres termes, ici, à propos de Mozart et de son histoire, quel rapport de nécessité y a-t-il entre la musique de Mozart et disons – par exemple – les circonstances de sa vie ?

Je suis le premier fasciné par la vie des « génies » de notre culture que l'histoire nous permet de « visualiser » mentalement plus ou moins bien, mais je suis tout autant effrayé par l'espace infini qui s'ouvre sous mes pas quand je cherche à approcher la réalité de l'inspiration, de la nature, de la substance de l'œuvre qui fait ma joie. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 395622

Et à ce stade, je me heurte au paradoxe suivant,  qui me dit d'un côté : « La vie de cet artiste est passionnante », et de l'autre « Je n'ai absolument pas besoin de connaître quoi que ce soit de Mozart pour être en mesure d'apprécier infiniment sa musique ». Il y a là pour moi une contradiction fondamentale que, à ce jour, je n'ai toujours pas résolue.

La seule exigence que je m'impose, par principe, étant bien entendu la vérité et l'exactitude les plus grandes possibles dès qu'il s'agit de l'histoire des artistes – d'où le rejet quasi instinctif en moi de tout ce qui est romancé, car si l'on veut faire un roman photo sur un compositeur, on peut toujours construire un artiste imaginaire, et il est inutile et toxique d'y compromettre et d'abimer tel ou tel personnage réel.

Pour ce qui me concerne, j'ai été touché très jeune par la grâce (dans tous les sens du terme) de la musique de Mozart sans rien connaître de sa personne. Et, en toute sincérité, je suis persuadé qu'il en serait toujours ainsi aujourd'hui, même si je n'avais pas eu le bonheur de savoir ce que nos historiens nous ont appris à son propos. D'ailleurs, si j'en sais un peu plus sur Mozart, c'est parce que mes amis (ici et ailleurs) en parlent autour de moi, mais il est d'autres compositeurs que j'aime dont je ne sais pratiquement rien – si ce n'est que leur musique m'enchante, ce qui me suffit.

En dernière analyse, le but de l'histoire, telle que je la conçois en tout cas, est d'établir la vérité la plus grande possible sur le passé de l'humanité, afin d'éviter que des inepties puissent servir de prétexte à des interprétations délétères et toxiques à tous les niveaux.

A ce titre, la plus grande vérité possible sur la vie de Mozart (et des autres) est bien sûr indispensable. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 395622

Il n'en reste pas moins qu'elle est parfaitement inutile pour ce que j'appelle la « saisie » de la substance de l'œuvre. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 185465 Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 185465

Mais à ce point, nous touchons à la question de la nature même de l'inspiration, qui serait complètement hors sujet.

Continuez en tout cas d'abonder ce site de vos interventions lumineuses Mains , ce qui contribuera encore davantage au bonheur qui est le mien de le consulter presque quotidiennement.  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 1941866137
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benoît

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-03, 16:13

Merci ,Emmanuelle ,de vos commentaires pointus sur le film Amadeus, sur la correspondance au XVIIIème siècle et sur les biopics au cinéma qui mériteraient un sujet à part. Je souscris à vos propos, et , au-delà du plaisir que j' avais pris à la vision du film, pas vu au demeurant depuis fort longtemps ( d' où une probable distorsion par les souvenirs), je n' ai jamais perdu de vue que c' est une oeuvre FICTIONNELLE avec tous ses parti-pris et je suis d' accord avec vous sur le fait que Forman n' a pas exploité un filon mais a été plutôt le déclencheur d' un engouement croissant pour le compositeur; à l' époque déjà lointaine de la sortie du film en 1984, nombre de mes amis , non mélomanes, ont surtout été marqués par la force des images et la vision séduisante du XVIIIème siècle et par la B.O. qui a amené probablement certains vers la musique classique devenue dès lors plus accessible, car le cinéma est un médium plus puissant que le théâtre ou la radio; seule la série de Bluwal à la télévision en 82 ,même en diffusion européenne, a donné une telle impulsion mais à moins grande échelle.

Personnellement, j' ai toujours eu pleinement conscience que Mozart exerçait un METIER, pour faire vivre sa famille, dans le contexte contemporain de SON époque, effectivement évolutif tout le long de sa vie, fut-elle elle-même brève; d' ailleurs, je trouve superfétatoires les allégations genre" que Mozart aurait-t' il écrit s' il avait vécu plus vieux, son 20ème concerto pour piano est " beethovénien "( non, il est mozartien , point final)etc...

Mes connaissances mozartiennes, principalement acquises dans les années 80-90 en lisant les Massin, Hocquart, Robbins Landon etc... devraient donc être " mises à jour " mais il serait bon qu' un tel sujet soit abordé sérieusement :Emmanuelle, auriez-vous le temps de nous aiguiller vers les "bons " livres pour renouveler la bibliographie sur Mozart ? Une érudite telle que vous et bien au fait des recherches les plus récentes est bien précieuse , sans compter vos avis toujours pertinents.
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benoît

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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-03, 16:49

Je vois le message de Kristian , posté en même temps que le mien , et soulevant le questionnement de toute une vie sur l' impact de l' Art dans ma vie personnelle et dans l' histoire de l' Humanité et les propos de Kristian me touchent...

Curieusement , j' ai toujours cherché à connaître les éléments biographiques des compositeurs(et encore pas pour tous ) alors que c' est beaucoup moins le cas pour les peintres et sculpteurs, en considérant toutefois que ce qui est le plus pertinent est de s' intéresser à la nature même d'une oeuvre , de connaître le contexte de création , de savoir " d' où elle vient "( influences des prédécesseurs et des propres oeuvres antérieures du compositeur, le rapport avec la vie personnelle du compositeur pouvant être un vaste sujet de discussion) , ce qu' elle apporte à son époque ( ou pas) , de connaître et comprendre les considérations sur elle par les contemporains et la postérité , influencée ou pas, pouvant aussi l' encenser, la sur-estimer ou la rejeter ou l' oublier...

Sans jamais oublier le plaisir immédiat ou renouvelé de l' écoute, d' une oeuvre dite " majeure" ou pas; peut-être est-ce dû à mon éducation musicale (assez) poussée en ayant dans mon adolescence les oreilles plongées dans la matière musicale.
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Emmanuelle



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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-03, 18:32

joachim a écrit:
Encore merci, Emmanuelle Very Happy  

Je ne me souvenais plus que votre article reprenait une traduction du livre d'Agnès Serby. Bien que daté de 2002, celui-ci est donc déjà obsolète ou inexact... Faut pas demander les modifications biographiques qui auront en lieu d'ci 2056, l'année du tricentenaire. Nous ne serons plus là pour en bénéficier...

Nous n’avons pas besoin d’attendre 2056 pour voir la parution de nombreux ouvrages importants et novateurs sur Mozart.

En ce qui concerne Constanze Mozart, une chercheuse suédoise, Viveca Servatius,  vient de sortir une biographie assez impressionnante de densité et ultra documentée. Elle a exploité des archives familiale des Nissen Mozart qui n’avaient pas été utilisées auparavant.
Mais cet ouvrage est en allemand….
https://books.google.fr/books?id=-KRoDwAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Je doute qu’on en trouve une traduction française tant le roman abominable d’Isabelle Duquesnoy a été perçu comme un travail historique sérieux.

Kristian a écrit:
Merci Emmanuelle pour ce somptueux et passionnant travail, dans lequel j'ai plongé comme un petit enfant émerveillé par le découverte et l'explication soudaines de l'univers dans lequel il se meut, vit et respire. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 185465 Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 185465

[…]

En d'autres termes, ici, à propos de Mozart et de son histoire, quel rapport de nécessité y a-t-il entre la musique de Mozart et disons – par exemple – les circonstances de sa vie ?

Merci !   Very Happy

La première « nécessité » entre l’homme-Mozart et sa musique est évidemment un mode de causalité bassement matériel : c’est son métier, il a été formé et formaté pour cela.

Parmi ses activités, il compose pour répondre à des commandes, ou pour en susciter d’autres.
Mozart va donc coller à un principe de réalité et formater ses œuvres pour coller aux circonstances matérielles. Mais ce réalisme pragmatique ne signifie pas pour autant qu’il n’a sans doute pas pris plaisir à composer et qu’il ne s’y est pas exprimé (peut-être). En tout cas, c’est un grand professionnel qui met tout en œuvre à sa réussite. Sa musique sait admirablement refléter les attentes de son auditoire (et cela fonctionne encore maintenant, à tel point qu’on ne sait pas si elle exprime en miroir ce qu’est son auditeur ou si elle révèle (peut-être, et ce n’est pas forcément sûr) ce qu’est Mozart.

Sa production obéit donc à des modes, à des circonstances précises. Même quand on a romantiquement pensé que les œuvres avaient été écrites comme ça, pour rien, on a désormais des débuts de preuve ou de fortes incitations à penser que cela a été composé pour des circonstances précises.

Ensuite, sur sa manière de composer, ses esquisses et brouillons donnent des indications, résumées par le musicologue Ulrich Konrad dans cet article : « How Mozart Went about Composing: A New View »  (dans ce PDF :  
http://mozartsocietyofamerica.org/publications/newsletter/archive/MSA-AUG-04.pdf )

Pour ce qui est de la part de l’inspiration mélangée à sa technique, aux contraintes matérielles (limites et désiderata des interprètes, lieu, effectif orchestral, etc…), c’est plus compliqué.

Kristian a écrit:
Continuez en tout cas d'abonder ce site de vos interventions lumineuses Mains , ce qui contribuera encore davantage au bonheur qui est le mien de le consulter presque quotidiennement.  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 1941866137

C’est gentil, merci… Mais je ne serai pas forcément très présente sur ce site… Entre un travail à plein temps et ma vie familiale, je dois trouver du temps libre pour travailler sur l’ouvrage que je suis en train d’écrire sur Mozart !!

benoît a écrit:
Mes connaissances mozartiennes, principalement acquises dans les années 80-90 en lisant les Massin, Hocquart, Robbins Landon  etc... devraient donc être " mises à jour " mais il serait bon qu' un tel sujet soit abordé sérieusement :Emmanuelle, auriez-vous le temps de nous aiguiller vers les "bons " livres pour renouveler la bibliographie sur Mozart ? Une érudite telle que vous et bien au fait des recherches les plus récentes est bien précieuse , sans compter vos avis toujours pertinents.

C’est bien là le hic pour le lecteur français !
En fait, on a réédité sans cesse les auteurs que vous citez sans prendre le risque financier pour les éditeurs de traduire et de publier des ouvrages plus récents. Ou alors on sort des ouvrages « grand public » du type Eve Ruggieri… Du coup, le mozartien sérieux, s’il veut lire des choses plus récentes ou indisponibles en français doit se tourner vers des ouvrages universitaires (et donc parfois assez chers : 25-50 €) en langue allemande, anglaise, italienne et espagnole…

Même le « Dictionnaire Mozart » paru chez Bouquins (Dermoncourt) est bourré d’approximations et ne recourt pas forcément aux avancées les plus récentes.

Selon les sujets que vous cherchez, il existe une très abondante bibliographie en langue étrangère, livres et articles savant. Il est donc difficile de vous répondre rapidement, Je vais me borner à vous donner quelques indications rapides.

Il n'y a AUCUNE biographie complète et à jour en français. (Je suis en train d'écrire un ouvrage de vulgarisation qui n'est pas vraiment une biographie classique pour justement faire "passer" certaines informations en français.)

Les documents, bruts :
La correspondance : Editions Flammarion (Trad et notes, G. Geffray)

Mozart, A Documentary Biography : compendium commenté des documents sur Mozart
extraits sur https://books.google.fr/books?id=e8AtwaddUW4C&printsec=frontcover&dq=Mozart+Documentary+Biography&hl=fr&output=html_text&sa=X&ved=0ahUKEwic2e7UuubgAhUsAmMBHU_xB_IQ6AEIKDAA

New Mozart Documents: A Supplement to O.E. Deutsch's Documentary Biography : la suite...
extraits sur https://books.google.fr/books?id=2qqoPVQFjhoC&pg=PR5&lpg=PP1&focus=viewport&dq=Mozart+Documents&hl=fr&output=html_text

Site qui continue ces deux ouvrages : https://sites.google.com/site/mozartdocuments/

Articles sur des sujets mozartiens divers : quelques sites.

Newsletters de la Mozart Society of America : articles très informatifs (en anglais), PDF téléchargeables, articles par les meilleurs spécialistes actuels + bibliographie en anglais
http://mozartsocietyofamerica.org/publications/newsletter/archive.php

Blog du Dr. Michael Lorenz, immense spécialiste des archives viennoises, entre autres (en anglais) : http://michaelorenz.blogspot.com/

Articles (en français) sur le site Cairn.Info : (on y trouve à boire et à manger et aussi des articles passionnants )
https://www.cairn.info/resultats_recherche.php?searchTerm=Mozart

Sinon
Actes de colloque "Mozart et la France"
https://symetrie.com/fr/titres/mozart-et-la-france
Mon compte rendu : https://cmsdt-spectacles.blogspot.com/2014/09/mozart-et-la-france-de-lenfant-prodige.html

Bonne lecture !
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Kristian



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MessageSujet: Re: Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)   Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 Empty2019-03-05, 18:12

A propos de l'inspiration de Mozart, voyez la lettre ci-dessous que lui attribue le grand musicologue Johann-Friedrich Rochlitz : cela laisse rêveur quand à la manière dont les créateurs « entrent en contact » avec leurs œuvres !  Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) - Page 18 185465


« Quand je suis en forme, et en bon état physique, ainsi dans une voiture en voyage ou en me promenant après un bon repas, ou la nuit si je n'arrive pas à dormir, c'est alors que les idées me viennent à torrents, le plus volontiers. D'où, comment ? je n'en sais rien ; je n'y peux rien. Je garde celles qui me plaisent dans ma tête et je me les fredonne – c'est ce que les autres m'affirment, en tout cas. Si je m'y attache, alors peu à peu il m'apparaît comment m'y prendre pour faire un ensemble cohérent avec ces fragments, suivant les exigences contrapuntiques ou les timbres des instruments, etc. Mon cerveau s'enflamme, surtout si on ne me dérange pas. Ça pousse, je le développe de plus en plus, toujours plus clairement. L'œuvre est alors achevée dans mon crâne, ou vraiment tout comme, même si c'est un long morceau, et je peux embrasser le tout d'un seul coup d'œil comme un tableau ou une statue. Dans mon imagination, je n'entends pas l'œuvre dans son écoulement, comme ça doit se succéder, mais je tiens le tout d'un bloc, pour ainsi dire. Ça, c'est un régal ! L'invention, l'élaboration, tout cela ne se fait en moi que comme un rêve magnifique et grandiose, mais quand j'en arrive à super-entendre ainsi la totalité assemblée, c'est le meilleur moment. Comment se fait-il que je ne l'oublie pas comme un rêve ? c'est peut-être le plus grand bienfait dont je doive remercier le Créateur. »

Mozart, cité par Johann-Friedrich Rochlitz (1769-1842)

https://www.origano.com/fra/mozart-1787/
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