Forum sur la musique classique
 
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  Armand AMAR

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Icare
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MessageSujet: Armand AMAR   Ven 19 Juil - 10:13

A propos de sa musique pour LE PREMIER CRI de Gilles de Maistre

Le processus de création de la musique du Premier Cri a été assez inhabituel parce que j'ai rencontré Gilles bien avant qu'il ne commence à tourner. Généralement, on vient vers moi plus tard, une fois le tournage terminé, quand le montage est déjà avancé. J'ai trouvé le projet fantastique, mais il m'a été difficile d'imaginer vraiment ce que ce film serait. Quand j'ai commencé à réfléchir, j'ai envisagé très vite des voix de femmes. Beaucoup plus tard, huit mois après notre rencontre, j'ai vu les premières images, et j'ai été très touché, mais je ne parvenais toujours pas à avoir une idée précise de la façon dont j'allais mettre en oeuvre tout ça. Je ne voyais pas ce que Gilles allait faire, comment il allait construire le film. j'imaginais une suite de portraits et je pensais à trouver un univers pour chaque femme.

Puis, quand j'ai vu le montage, j'ai compris que je m'étais trompé. Ce que je voyais n'était pas un documentaire classique, même si c'en est un dans la finalité, mais il y avait ce montage énergique, tous ces échanges entre les femmes...ce qui faisait la beauté du film et lui donnait toute l'émotion c'était leur diversité, et finalement la même intimité pour chacune. Et là, tout s'est déclenché dans ma tête. J'ai su qu'il me fallait composer un thème central et le décliner, car ces femmes sont à la fois semblables et différentes. Ce qui m'a frappé, ce n'est pas tant qu'elles traversent le même processus malgré les différences, mais, au-delà, qu'elles passent toutes par un stade de souffrance pour mettre au monde. Je devais donc trouver un thème qui retranscrive ça, et faire en sorte que les femmes qui chantent ce thème puissent aussi transmettre cette émotion. Il fallait réussir à préserver une certaine intimité, mais garder en tête qu'on était au cinéma, et donc donner aussi un côté onirique. Voilà quels étaient mes axes de recherche.

Le processus de création, chez moi, n'est pas cérébral mais plutôt instinctif. Mon inspiration vient de ce que j'ai vécu, ce que je vis, mes expériences. Mon éducation s'est faite autour des musiques extra-européennes. Cela m'a inspiré dans mon travail, et ce film m'a donné l'occasion d'expérimenter, d'appliquer des processus de composition que j'ai eu rarement l'occasion d'utiliser autre part.Bien sûr, la musique aurait pu être une grande fresque "world music" mais je ne le souhaitais pas. Je sentais qu'il ne fallait pas être disparate. la musique devait lier toutes ces femmes venant d'univers différents et suggérer une unité. Le film renvoie tellement d'émotions. Il était à la fois facile et difficile de le faire passer musicalement. Facile, car cette émotion évoque plein d'images et m'a donné beaucoup d'inspiration, difficile car il ne fallait pas aller que dans ce sens et l'appuyer. Il fallait réussir à s'en détacher pour que la musique devienne juste un univers qui enrobe, sans calquer. J'ai essayé d'être universel.


ARMAND AMAR.


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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 19 Juil - 10:45

Courte impression personnelle

La musique d'Armand Amar me fait, en général, beaucoup voyager, pas seulement un voyage géographique virtuel au travers le monde, mais aussi un voyage onirique et émotionnel qui dessine des panoramas imaginaires dans mon esprit. Il n'est pas rare que dans sa musique un duduk croise un erhu, qu'une voix soprane rencontre une voix inuit. Outre le fait que sa musique soit dévouée à l'image d'un film comme Le Premier Cri ou à une scène chorégraphique comme Maro Polo, elle semble également consacrée aux instruments et à la voix humaine. Le soliste est un élément très important dans la musique d'Armand Amar, jamais anodin. Si l'approche musicale du compositeur semble le plus souvent s'émanciper au sein de grands documentaires tels que La terre vue du ciel de Renaud Delourme, Home de Yann Arthus-Bertrand ou films explorant les grands espaces comme, par exemple, La Piste d'Eric Valli, elle ne perd rien de sa force ni de son efficacité sur des sujets aussi graves que Indigènes ou Amen de Costa-Gavras. Il réalisera par ailleurs une excellente partition, d'une très grande justesse, sur le drame urbain et satirique Le Couperet, autre très bon film de Costa-Gavras.


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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 19 Juil - 10:55

Eléments biographiques (wikipedia):

Armand Amar est un compositeur d'origine marocaine, né en 1953 à Jérusalem en Israël. Après avoir passé son enfance au Maroc, Il vit désormais à Paris. Après trois nominations en 2002, 2005 et en 2006, il remporte le César de la meilleure musique de film pour Le Concert en 2010. Il découvre la danse en 1976 avec le chorégraphe sud-africain Peter Goss, et s'implique dans l'école de comédiens de Patrice Chéreau et enseigne au Conservatoire National Supérieur sur les rapports musique et danse. Il est le compositeur de nombreuses musiques de films, comme Amen (2000) et Le Couperet de Costa-Gavras en 2005, de La Piste de Eric Valli (2005), Va, vis et deviens de Radu Mihaileanu, Indigènes de Rachid Bouchareb, La Faute à Fidel de Julie Gavras, trois musiques de films composées courant 2006, Le Premier Cri de Gilles de Maistre (2007), La jeune fille et les loups de Gilles Legrand, Sagan de Diane Kurys en 2008, Home de Yann Arthus-Bertrand, Le Concert en 2009 de Radu Mihaileanu pour lequel il obtient le César de la meilleure musique de film en 2010, et en 2011 La Source des femmes de Radu Mihaileanu.
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 19 Juil - 13:31

Tellement beau cette musique ! j'en ai écouté plusieurs, toutes aussi belles les unes que les autres, émouvantes, souvent accompagnées d'images sublimes (images de films par exemple comme "Ce que le jour doit à la nuit", ou "La source des femmes", ou" Va, vis , deviens" ... "La terre vue du ciel", "Rêve" etc.  et puis je le découvre avec Levon Minassian, joueur de Duduk devant l'Eternel  (encore quelqu'un  à présenter...) , puis Rumi... c'est trop pour moi, vraiment, il est temps que je parte un peu, je trouve trop de richesse dans la musique, trop d'émotion pour moi !     (insolation) Wink 

Va, Vis, Deviens ...





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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 19 Juil - 13:51

Il paraîtrait que Va, vis et deviens est un très beau film que je n'ai toujours pas vu, malheureusement. Je ne connais que la très belle partition de Armand Amar.

Concernant Lévon Minassian, j'ai l'album de cette collaboration et il mériterait bien son petit topic dans la rubrique "Interprètes". Si tu veux le faire, Laudec, ne te prive surtout pas!Very Happy
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 19 Juil - 18:47

J'ai beaucoup aimé ce film où deux mères l'une musulmane, l'autre juive s'entendent "sans paroles" pour que celle qui a perdu son fils accepte de quitter le camps de réfugiés avec le fils de l'autre(le faisant passer pour le sien qui venait de mourir) pour rejoindre Israël où les juifs sont pris en charge par la communauté afin que cet enfant soit sauvé des camps ... très belle histoire ! à cette époque-là je ne m'intéressait pas aux compositeurs de musiques de film ! il a fallu que je passe par ici pour cela Hehe 
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 19 Juil - 19:16

Peut-être que maintenant, lorsque tu regarderas un film, tu tendras un peu plus l'oreille sur la musique, et peut-être que ton oeil cherchera le nom du compositeur lors de la diffusion du générique. Un ami qui me savait béophile se moquait souvent de moi lorsque je lui disais que j'allais au cinéma. A chaque fois, il me demandait: "Quel film vas-tu écouter, ce soir?". Hehe
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Jeu 30 Jan - 10:16

Effectivement, j'y suis beaucoup plus attentive  Wink 
Hier j'ai regardé le nouveau film de Yann Arthus Bertrand : "Méditerranée, notre mer à tous", pure merveille si bien soutenue par la musique de Armand Amar que j'ai cette fois tout de suite repéré  drunken Des repères qui donnent sens et qui me soutiennent jour après jour   
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Jeu 30 Jan - 19:44

J'aime beaucoup les documentaires de Yann Arthus Bertrand. Sinon, lorsque tu en auras l'occasion, n'hésite pas à regarder LE PREMIER CRI de GILLES DE MAISTRE car je suis convaincu que ton oreille va se tendre toute seule à l'écoute de la délicieuse composition d'Armand Amar. Chez lui, le son est beau et sa musique laisse derrière elle un sentiment de plénitude. Sur disque, c'est une musique par laquelle j'aime me laisser porter entre ciel et terre.
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Jeu 30 Jan - 21:48

Oui, j'ai vu un extrait sur YT et cela m'a donné envie de voir ce film documentaire dont la musique est à nouveau si belle et toute au service des images si touchantes et fortes   
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Dim 6 Juil - 9:06

Il n'y a pas à dire, la musique d'Armand Amar a un certain charme et surtout un certain effet sur moi. Sa musique me fait voler, me donne des ailes et ainsi je survole en planant des paysages tous plus beaux les uns que les autres. avec ce principe, il m'est difficile de rester insensible. Etrangement, je ne dirais pas de cette musique qu'elle me satisfait pour des raisons purement musicale, qu'elle m'est jouissive, orgasmique ou jubilatoire. Je dirais plutôt que c'est ce qui en ressort, ce quelque-chose d'insaisissable qui échappe à l'analyse, de plus spirituel d'une certaine façon. Bref, pour rester dans le contexte du cinéma, on n'apprécie pas la musique d'Armand Amar pour les mêmes raisons que celle de Bernard Herrmann ou de John Williams. Il y a visiblement plusieurs manières de se laisser emporter ou bercer par la musique, plusieurs façons de la trouver belle, inspirée et inspiratrice... Encore que....lorsque j'ai écouté son album Moving Music j'ai été séduit par la construction de deux extraits bien précis: il y eut d'abord "Et le film a commencé" issu de la partition assez inspirée qu'il composa pour le film de Marco Carmel; Comme ton père avec Richard Berry parmi les rôles principaux. Le synopsis est d'ailleurs intéressant. Dans cette musique de film et en fonction des quelques extraits que je possède, j'ai senti un petit quelque-chose de plus, un surplus d'intensité, comme si Amar avait été particulièrement stimulé, bousté, par cette histoire. Le thème en question a quelque chose de corrosif, d'incisif, par le jeu "guitare rugueuse /accordéon en contrepoint" qui s'écarte de la forme vaguement "glassique" que le compositeur emploie un peu trop souvent à mon goût (même si parfois il sait la rendre porteuse d'une belle mélancolie) ...dans La Faute à Fidel par exemple, un film de Julie Gavras... Avec "Et le film a commencé", il propose quelque chose de plus affûté et de plus futé aussi. Armand Amar aime bien aussi utiliser l'arpegina dans sa musique, c'est un instrument qui revient souvent dans ses compositions. Le second morceau qui m'a séduit pour des raisons purement musicales est "Les larmes" extrait de la bande originale du film de Laurent Herbiet; Mon colonel. Dans ce thème-là, outre l'emploi de l'arpegina, c'est le jeu particulièrement beau du piano qui gagne mon adhésion.   


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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Lun 22 Juin - 17:53

Icare a écrit:
Courte impression personnelle

La musique d'Armand Amar me fait, en général, beaucoup voyager, pas seulement un voyage géographique virtuel au travers le monde, mais aussi un voyage onirique et émotionnel qui dessine des panoramas imaginaires dans mon esprit. Il n'est pas rare que dans sa musique un duduk croise un erhu, qu'une voix soprane rencontre une voix inuit. Outre le fait que sa musique soit dévouée à l'image d'un film comme Le Premier Cri ou à une scène chorégraphique comme Maro Polo, elle semble également consacrée aux instruments et à la voix humaine. Le soliste est un élément très important dans la musique d'Armand Amar, jamais anodin.

C'est exactement ce que j'ai ressenti en réécoutant, aujourd'hui, sa partition pour AO, le dernier Néandertal, un film de Jacques Malaterre (2010). La musique est alourdie par une utilisation souvent importante des grosses percussions, d'une grande tension dramatique par endroits, trahissant sans doute des paysages hostiles, sauvages, inhospitaliers, des immensités de verdure ou de glace. La musique d'Armand Amar semble graviter entre ciel et terre tout en délayant les émotions du film, épousant les combats et les périples de l'homme préhistorique dans une sorte de chaos magnifique que peut être la nature lorsqu'elle est déchaînée. Des instruments parviennent très vite là aussi à se désolidariser de la chair orchestrale, le violon de Sarah Nemtanu, l'erhu de Gan Gao, le doudouk du fidèle Levon Minassian, les flûtes bansouri; basse et l'octobasse de Henri Tournier, le violoncelle de Grégoire Korniluk et bien sûr les percussions très présentes de John Boswell. Un autre élément important dans la partition de AO est la voix et plus précisément celles, bulgares, superbes et singulières, si proches d'une nature lointaine et si typées, du Cosmic Voices de Bulgarie sous la direction de Vanya Moneva.
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 3 Juin - 12:41


La musique de Va, vis et deviens, un film de Radu Mihaileanu que je n'ai toujours pas vu - je suis impardonnable - est l'un de mes premiers coups de coeur pour l'oeuvre d'Armand Amar. C'est un voyage somptueux à travers un monde écorché, entre tristesse et beauté. Parmi les voix, on trouve celle, magnifique, de Roselyne Minassian, on retrouve biensûr le fameux doudouk de Levon Minassian qui me caresse l'âme dès les premières notes. Beaucoup d'intensité et de mouvement dans les cordes du "Bulgarian Symphony Orchestra" sous la direction de Deyan Pavlov. Mais, parmi les cordes, certaines s'octroient un rôle en solo, que ce soit l'alto, l'arpegina ou la viole d'amour, par un seul soliste; Jean-Paul Minall-Bella. Il y a même une viole de gambe interprétée par Jean Gauthier. Comme il existe de beaux livres avec des phrases et des mots simples, il existe de belles musiques qui vont droit au coeur tout en berçant mon âme. Va, vis et deviens est l'une d'entre elles.
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 3 Juin - 22:19

Ah, la musique d'Armand Amar, cela fait du bien d'y revenir de temps à autres
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Dim 12 Mar - 21:03

laudec a écrit:
Ah, la musique d'Armand Amar, cela fait du bien d'y revenir de temps à autres

Et bien moi j'y suis revenu aujourd'hui avec Bab Azîz:

https://www.youtube.com/watch?v=kYTyH-Wx9Lg
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Lun 13 Mar - 9:38

 Beau comme une prière du cœur , merci, j'aimerais beaucoup voir ce film que je découvre ici

Autre chant du film : Le Poème des atomes,  texte de Salar Aghili dont les paroles ici

https://youtu.be/QhJtaa-cCXg

Pour continuer le voyage : Lévon Minassian & Armand Amar - Amen Hayr Sourp  (Cantique de la Trinité) avec des photos de Steve McCurry

https://youtu.be/9xBcdD5AuWY
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Lun 13 Mar - 23:14

Je me suis procuré pas plus tard qu'aujourd'hui l'un de ses derniers opus; Human, le dernier film de Yann Arthus-Bertrand. Je l'ai même déjà écouté car c'est une partition qui correspond parfaitement au thème de mon cycle "Voyage". Déjà, parce que je connais généralement le style musical d'Armand Amar, compositeur qui a toujours été attiré par les musiques du monde et qui a souvent employé des instruments et des voix de chanteurs, chanteuses provenant des musiques traditionnelles. Dans Human, il réunit les voix de Asif Ali Khan, Divna, Ghada Shbeir, Gombodorj Byambajargal, Gülay Hacer Toruk, Youssou N'Dour..., utilise aussi, entre autres, un shakuhachi, un husuli, la jar harp, le Choeur d'Enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine, les percussions de Simon Boswell...J'estime que si on retrouve bien tout ce qui constitue le style de ce compositeur, il s'est surpassé sur ce nouveau film d'Arthus-Bertrand. 74 minutes de très belle musique et un voyage musical assuré.
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Mar 14 Mar - 12:07

J'ai vu ce film en avant-première ici à Bruxelles, accompagné de toute une exposition "HUMAN", j'en ai été bouleversée, à tel point que je n'ai même pas capté que la musique était d'Armand Amar, je le découvre ici, aujourd'hui. Qui d'autre qu'Armand Amar était capable de composer une musique aussi proche des émotions humaines, traduisant l’indicible de la joie et de la souffrance ?

Si vous n'avez pas vu ce film et écouté les paroles qui jaillissent du cœur des hommes de la terre entière, soutenues par la musique de ce compositeur, allez ne fut-ce qu'un instant (7minutes) en goûter les premières images et le premier témoignage ici, une évidence pour moi.
Yann Arthus-Bertrand et Armand Amar, deux humains supra-sensibles qui se sont donné la main pour apporter ce témoignage émouvant, à découvrir absolument
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Jeu 13 Juil - 10:20

Il y a des musiques par lesquelles on se laisse porter ou transporter. Dans le petit milieu de la musique de film, Armand Amar ne fait pas l'unanimité, loin de là, notamment chez ceux nourrissant une préférence très marquée pour le bon "score" symphonique de tradition. Ceux-ci se tourneront volontiers vers ceux qui le représentent le mieux au point de vouer bien plus d'estime et d'admiration à des faiseurs tels que Philippe Rombi et Frédéric Talgorn sous couvert de leur solide formation classique qui leur garantit une certaine légitimité. Pourquoi pas? Ce n'est pas le sujet ici. Si je cite ces deux exemples ce n'est pas par simple hasard. Personnellement, j'aime aussi un "symphonique" de cinéma solidement charpenté et scrupuleusement orchestré, encore faut-il qu'il me transmette quelque-chose de particulièrement positif et d'enivrant. Avec Armand Amar, si à l'aise avec ses propres méthodes de composition et avec la musique qu'il aime réaliser, l'enivrement a lieu: c'est comme des petits hublots qui s'ouvrent sur le monde en autant de notes de musique qu'il en faut pour ça, pas davantage. C'est une rencontre entre musiciens qui font des étincelles entre eux, éclairant furtivement le rêve émotionnel qui se dessine en moi. C'est un peu ce qui m'est arrivé pendant l'écoute de son album La Traversée. Il réunit différentes voix; celle de Djely Moussa (Guinée), Hamza Shakkur (Syrie), Rosas Maloumian (Arménie), Alix Quoniam (France), Cecilia Pitino (Sicile), Sheikh Ahmad Barrayn et Les Musiciens du Nil (Egypte). Puis, il y a le violon, l'alto, le piano, la percussion japonaise, la clarinette, le ney, le didjeridoo et même le chalumeau! Sans doute essentiel dans une musique qui cherche à souder des gens de différentes cultures et religions, au sein d'une même émotion musicale, ce qui est bien légitime aussi.
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 16 Fév - 13:07

J'avais découvert la musique d'Armand Amar par deux B.O. qu'il composa pour le cinéma de Costa-Gavras, Amen., puis Le Couperet. Dans les deux cas, j'avais autant aimé les films que les musiques. Amen. est un film dramatique franco-germano-roumain, d'après la pièce de théâtre Le Vicaire de l'auteur allemand Rolf Hochhuth. Réalisé par Costa-Gavras, il est sorti en 2002. Il fut nommé sept fois à la 28e cérémonie des César, et obtenu celui du meilleur scénario original ou adaptation en 2003.

<<Durant la Seconde Guerre mondiale, un officier allemand de la SS, chimiste fournissant les camps en Zyklon B, Kurt Gerstein, cherche à alerter le Vatican du génocide dont les Juifs sont alors victimes. Ricardo Fontana, jeune jésuite conseiller auprès du nonce apostolique en poste à Berlin et dont la carrière s'annonce prometteuse, lui prête l'oreille. Ils se rendent à Rome, Ricardo pensant que le fait que son père soit très haut placé dans la hiérarchie laïque du Vatican les aidera à convaincre Pie XII de la nécessité d'une condamnation sans ambiguïté des crimes nazis à l'égard des Juifs. Mais leurs initiatives pour interrompre la Shoah ne trouveront pas d'écho auprès des hautes autorités étrangères ou religieuses. De désespoir, et en signe de révolte devant la passivité de la hiérarchie catholique, Ricardo Fontana part pour Auschwitz, y trouver la mort avec les Juifs romains lorsque ceux-ci sont raflés malgré l'arrangement trouvé par le pape (qui pensait avoir acheté leur protection en échange de 50 kg d'or collecté par les Juifs). Quant à Kurt Gerstein, il tente en vain de faire sortir son ami jésuite du camp d'extermination. Il finira inculpé de crimes de guerre par les Alliés à la fin de la guerre, car ceux-ci ne peuvent croire en sa bonne foi. Ce qui n'est pas le cas du médecin commandant du camp d'extermination, « bon catholique », qui fera jouer ses relations au Vatican et obtiendra par leur intermédiaire un visa pour l'Argentine.>> WIKIPEDIA

Le Couperet est un film français réalisé par Costa-Gavras, sorti en 2005, adapté du roman éponyme de Donald Westlake. Dans ce film, Costa-Gavras dénonce la société capitaliste, où selon lui couve une guerre économique et sociale permanente. Ce film transpose cette relation entre entreprises faite d’individualisme forcené et de lutte à mort, dans celle qui oppose Bruno Davert (joué par José Garcia), un cadre de très haut niveau licencié, sans emploi depuis plus de deux ans, à ses concurrents, autres spécialistes de très haute qualification dans la conception de machines à produire le papier : pour les éliminer, il les assassine jusqu’à être rappelé par l’entreprise qui l’avait exclu : il récupère sa part de marché.

<<Un quadragénaire, père de famille, bien rangé, cadre supérieur dans une usine de papier, perd son emploi après quinze ans de bons et loyaux services, à la suite d'une délocalisation de l'entreprise. Après trois ans de chômage, il ne parvient pas à réintégrer un poste. La hantise de la déchéance sociale le pousse à éliminer physiquement tous les concurrents au même poste que lui, et dont il parvient à obtenir les coordonnées par ruse.>> WIKIPEDIA

Dans les deux cas, les musiques ont été imaginées et conçues pour une formation instrumentale moyenne, leur conférant un caractère chambriste bienvenu. Incisives et obsessionnelles, bien que différentes dans les deux films, elles me sont aussi remarquables à l'image qu'en dehors. Peut-être que c'est l'atmosphère de ces films que j'aime poursuivre par la musique...?...Leur incisivité n'a d'égal que leur concision, ces instruments qui vibrent et libèrent parfois des sons secs et répétés, tellement bien adaptés au personnage principal du "Couperet" dans l'élaboration de ses plans macabres. Un morceau que j'adore intitulé The other side et qui s'étale sur 9'30" ne semble pas apparaître dans le film Amen..
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 16 Fév - 17:09

Ce qui est formidable - j'ai omis d'en parler - c'est que je vais bientôt découvrir un oratorio d'Armand Amar qui s'intitule Leylâ et Majnûn ou l'amour mystique, ce qui va me changer de sa musique de film.

<<Un amour fou, qui de l'humain au divin s'offrira à nos sens en sept temps poétiques, en persan, en arabe, en mongol, en ourdou, en hindi, et qui représentent les étapes musicales d'une grande traversée syncrétique des traditions orientales, de la Perse au monde arabe. Au commencement la parole du conteur, dans un prologue "opératique" qui expose la légende de Majnûn et Leylâ dans son intégralité, portée à nos oreilles par les sept thèmes musicaux qui seront autant de jalons vers l'amour mystique. Qui d'autres que ces chanteurs et musiciens traditionnels, rompus au chant diphonique mongol, au qawali pakistanais ou encore au samaa marocain, qui de tous temps, de toutes obédiences et de toutes parts ont célébré cet amour tendant à l'universel et à la mémoire des Hommes pouvaient porter à vos yeux et à vos oreilles ces chants d'amour? Ma musique vient sertir les joyaux de leur savoir et de leur patrimoine. Les mots sont notre guide suprême, les pièces instrumentales autant d'oasis, qui nous reposent à chaque étape des tourments de l'amour. Les cordes, les percussions, ma passion des musiques "d'ailleurs", confrontée depuis toujours au langage de la musique savante occidentale, sont le fil d'Ariane qui révèle à l'auditeur l'intemporalité et l'actualité de cette folle histoire qui sommeille en chacun de nous.>> Armand Amar.

Une impression comme ça, en passant, qu'Armand Amar a mis beaucoup de son âme et son coeur dans cet oratorio. Hâte de pouvoir vous en dire davantage lorsque je l'aurai écouté. Very Happy
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Jeu 26 Avr - 13:47

Icare a écrit:
Le Couperet est un film français réalisé par Costa-Gavras, sorti en 2005, adapté du roman éponyme de Donald Westlake. Dans ce film, Costa-Gavras dénonce la société capitaliste, où selon lui couve une guerre économique et sociale permanente. Ce film transpose cette relation entre entreprises faite d’individualisme forcené et de lutte à mort, dans celle qui oppose Bruno Davert (joué par José Garcia), un cadre de très haut niveau licencié, sans emploi depuis plus de deux ans, à ses concurrents, autres spécialistes de très haute qualification dans la conception de machines à produire le papier : pour les éliminer, il les assassine jusqu’à être rappelé par l’entreprise qui l’avait exclu : il récupère sa part de marché.

<<Un quadragénaire, père de famille, bien rangé, cadre supérieur dans une usine de papier, perd son emploi après quinze ans de bons et loyaux services, à la suite d'une délocalisation de l'entreprise. Après trois ans de chômage, il ne parvient pas à réintégrer un poste. La hantise de la déchéance sociale le pousse à éliminer physiquement tous les concurrents au même poste que lui, et dont il parvient à obtenir les coordonnées par ruse.>> WIKIPEDIA

J'ai quitté le train pour d'autres rails; les rails d'un chaos social programmé où la guerre économique que nous livre la mondialisation et la loi des marchés nous transforme progressivement en chair à pognon. Fut un temps, nous étions de la chair à canon, maintenant nous devenons de la chair à pognon. C'est avec la musique du film Le couperet d'Armand Amar qui oscille adroitement entre désespoir et obstination que je traverse musicalement le dérapage mortifère d'un homme exaspéré. Une de mes partitions préférées du compositeur avec Amen et si formidablement appropriée au film de Costa-Gavras.

https://www.youtube.com/watch?v=s1j__8DD7uI
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laudec

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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Jeu 26 Avr - 23:02

Toutes les musiques d'Armand Amar que j'ai écoutées jusqu'ici m'ont beaucoup plue, Amen et le Couperet en sont de nouveaux exemples, elles donnent bien la température de ce qui est en train de se passer.
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Icare
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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 27 Avr - 10:22

laudec a écrit:
Toutes les musiques d'Armand Amar que j'ai écoutées jusqu'ici m'ont beaucoup plue, Amen et le Couperet en sont de nouveaux exemples, elles donnent bien la température de ce qui est en train de se passer.

Je pense que celle que je viens de découvrir aujourd'hui te plairait tout autant, sauf que cette fois il ne s'agit absolument pas d'une musique de film, mais d'un oratorio mundi qui s'intitule Leylâ et Majnûn ou l'amour mystique. L'oeuvre d'Armand Amar a été enregistrée en direct à la Salle Pleyel, Paris, 2014, et existe désormais sur un double cd. Le premier est plutôt court puisqu'il ne dépasse pas les 17 minutes: il se compose des six Prologues instrumentaux avec à un moment donné un narrateur. Le second cd dépasse les 68 minutes et se compose de douze parties:
__La vallée du désir
__La vallée de la conquête
__La vallée de la séparation I
__La vallée de la séparation II
__La vallée de la solitude I
__La vallée de la solitude II
__La vallée de l'unicité I
__La vallée de l'unicité II
__La vallée de la perplexité I
__La vallée de la perplexité II
__La vallée de l'anéantissement
__Epilogue

Pour quelqu'un qui a déjà une bonne connaissance des différentes approches d'Armand Amar pour le Septième Art, sans compter sa musique pour le ballet Marco Polo, il ne sera pas du tout "dépaysé" par cet oratorio car il retrouvera tout son attrait pour les musiques traditionnelles d'Orient et du Moyen-Orient, d'Asie aussi qu'il transformera ici dans un style dont il s'est fait un spécialiste. Amoureux de ces voix qui proviennent d'ailleurs, l'oratorio se trouve alors sublimé par celles de Gombodorj Byambajargal, Enkhajargal Dandarvaanchig dit "Epi" - le surnom est sans aucun doute plus facile à retenir Hehe - Salar Aghili, Ariana Vafadari, Raza Hussein Khan, Marianne Svasek, Naziha Meftah, Annas Habib, Bruno Le Levreur. Il emploie une nouvelle fois le doudouk de Levon Minassian. J'y retrouve dès les Prologues le jeu profond et très sensible de Minassian: c'est vraiment le doudouk des grands espaces dans des thèmes lents, quasi-méditatifs, très caractéristiques du compositeur. Outre le doudouk, s'y déploie harmonieusement un instrumentarium qu'affectionne particulièrement Armand Amar: oud, flûtes, ney, viole d'amour, trompette, clarinette, percussions, plus l'ensemble de percussions de Shangai, pianos, claviers et guitare.

<<Un amour fou, qui de l'humain au divin s'offrira à nos sens en sept temps poétiques, en persan, en arabe, en mongol, en ourdou, en hindi, et qui représentent les étapes musicales d'une grande traversée syncrétique des traditions orientales, de la Perse au monde arabe. Au commencement, la parole du conteur, dans un prologue "opératique" qui expose la légende de Majnûn et Leylâ dans son intégralité, portée à nos oreilles par les sept thèmes musicaux qui seront autant de jalons vers l'amour mystique. Qui d'autres que ces chanteurs et musiciens traditionnels, rompus au chant diphonique mongol, au qawali pakistanais ou encore au samaa marocain, qui de tous temps, de toutes obédiences et de toutes parts ont célébré cet amour tendant à l'universel et à la mémoire des Hommes pouvaient porter à vos yeux et à vos oreilles ces chants d'amour? Ma musique vient sertir les joyaux de leur savoir et de leur patrimoine. Les mots sont notre guide suprême, les pièces instrumentales autant d'oasis, qui nous reposent à chaque étape des tourments de l'amour. Les cordes, les percussions, ma passion des musiques "d'ailleurs", confrontée depuis toujours au langage de la musique savante occidentale, sont le fil d'Ariane qui révèle à l'auditeur l'intemporalité et l'actualité de cette folle histoire qui sommeille en chacun de nous.>> Armand Amar.

Très bel oratorio. Beautés du monde, beautés d'ailleurs.
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laudec

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MessageSujet: Re: Armand AMAR   Ven 27 Avr - 21:00


Icare a écrit:
Je pense que celle que je viens de découvrir aujourd'hui te plairait tout autant, sauf que cette fois il ne s'agit absolument pas d'une musique de film, mais d'un oratorio mundi qui s'intitule Leylâ et Majnûn ou l'amour mystique.

Merci Icare, "Leylâ et Majnûn", je les aime déjà avant même de les découvrir parce que j'entends l'intention qui est à leur principe et que je connais celle d'Armand Amar.
Armand Amar a le secret des mélanges subtils, comme le cuisinier qui accommode ses plats mariant les saveurs et les parfums d'épices. J'ai trouvé une vidéo (ci-dessous) où j'ai pu découvrir une partie de cet oratorio présenté au Festival des Musiques Sacrées de Fès en 2011. Eh oui , les instruments si divers, les langues, l'histoire contée, tout cela vient faire écho chez moi pour me ravir à moi-même. Ce que la musique contemporaine permet et met en valeur

A mon grand étonnement, je reconnais aussi la personne qui m'a donné une initiation au dhrupad il y a quelques années d'ici, un stage de quelques jours : Marianne Svasek qui chante ici la partie indienne ou pakistanaise (? )

ICI


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