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  Poul RUDERS, né en 1949

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Icare
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MessageSujet: Poul RUDERS, né en 1949   Jeu 11 Avr - 20:16

Comme je l'avais probablement déjà mentionné quelque-part sur ce forum, j'aime bien lorsque je possède plusieurs oeuvres d'un compositeur, organiser un cycle pendant lequel je vais m'imprégner totalement de sa musique. C'est ce que j'ai décidé de faire avec le compositeur danois Poul Ruders dont je possède plusieurs de ses oeuvres, notamment des symphonies, des concertos et deux opéras. J'ai d'ailleurs entamé cette écoute thématique par son opéra en un acte Kafka's Trial, un cycle qui justement se terminera sur le second opéra intitulé Tjenerindens Fortaelling. La difficulté pour une compréhension totale de l'opéra c'est la langue étrangère et l'impossibilité d'en comprendre l'intrigue. Je dois donc souvent me laisser transporter par tout ce qui constitue le récit musical, la qualité des mélodies s'il y en a, la qualité des chants, les orchestrations et qualités expressives de l'orchestre, l'intensité dramatique, etc...La seconde difficulté pour apprécier au mieux un opéra est d'être privé de la partie visuelle dans une écoute audio.
C'est exactement dans ce contexte particulier que j'ai "apprécié" Kafka's Trial, avec cette non-connaissance de l'intrigue et du visuel. Ce qui est assez curieux c'est que cet opéra, de par son récit musical contemporain, ne me tient même pas en haleine par de grandes mélodies chantées et accrocheuses comme chez, par exemple, Verdi. Ce qui m'accroche alors dans cette oeuvre ce sont des ambiances sonores, le récit dramatique que j'arrive à suivre dans une espèce d'appréciation abstraite et purement musicale de l'opéra.


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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 12 Avr - 8:10

Eléments biographiques:

Né au Danemark en 1949, Poul Ruders s'est confronté en grande partie à l'étude de la composition en autodidacte. Il gagna la notoriété dans son pays d'origine mais aussi dans les principales nations de l'Europe ainsi qu'aux Etats-Unis en tant qu'auteur d'une série d'oeuvres brillantes pour orchestre et grands ensembles de chambre. La plupart d'entre elles furent enregistrées, ce qui donna aux auditeurs la possibilité de découvrir ses compositions chez eux et de suivre avec assiduité l'évolution de son art. Les premières oeuvres de Ruders appuient leur recherche sur deux caractéristiques dominantes en Scandinavie : le minimalisme et la juxtaposition de références et citations stylistiques provenant de musiques de différentes périodes. Ses oeuvres récentes transcendent ces centres d'intérêt, laissant place à des méthodes de composition plus libres, une plus grande homogénéité stylistique et une continuité plus régulière. cependant, son ambition de vouloir situer sa musique aux limites de l'expression est typique de ses dernières créations.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 12 Avr - 10:15

Psalmodies pour guitare et ensemble fut composé en 1989 par Poul Ruders. Ce que j'ai d'abord aimé dans ce concerto c'est son caractère intimiste, cette proximité avec le soliste. J'en ai aimé l'instrumentarium, les combinaisons instrumentales autour de la guitare. Les passages rapides sont particulièrement attractifs. Je trouve que cette musique est très subtile, ne serait-ce déjà par l'interaction entre le soliste et les différents éléments de l'ensemble, les constructions rythmiques et le tissu harmonique - des combinaisons d'instruments qui me plaisent beaucoup, me paraissent très étudiées - l'intelligibilité du récit musical. Plus j'approfondis le discours de ce concerto pour guitare, plus j'en apprécie la poétique. Avec son Concerto in Pieces (Purcell Variations for orchestra), on quitte la forme intimiste et singulière de la psalmodie pour une orchestration plus ample et généreuse. Si l'oeuvre démarre et se conclut sur les élans festifs d'un thème purcellien, Poul Ruders y instaure vite ses propres repères esthétiques et stylistiques, la musique prend vite une dimension plus personnelle et contemporaine. On y trouvera même un usage habile de l'électronique, un superbe solo de saxophone en mode blues dans la quatrième variation. A noter dans la huitième variation un usage particulier et irrésistible de la trompette solo qui apporte une atmosphère atypique au morceau. J'aime beaucoup cette oeuvre haute en couleurs, qui se suit avec beaucoup de plaisir. Un très bel hommage à Purcell.

je sens que ce cycle va bien me plaire.

Poul Ruders et le Concerto (Ircam):

Ruders est un compositeur de concertos particulièrement prolifique - selon lui, pour la simple raison que différents solistes lui en ont fait la demande. Son Concerto pour violon No 1 (1981), avec harpe, clavecin et cordes, est une pièce pleine de fraîcheur rappelant Vivaldi et Schubert. Le Concerto pour clarinette (1985) est accompagné d'un double orchestre, créant des possibilités dramatiques que Ruders exploite au maximum. L'idée à la Nielsen d'un théâtre instrumental abstrait fait son apparition au premier plan dans Drama Trilogy, constitué de Dram aphonia (1987) pour piano et ensemble de chambre, Monodrama (1988) pour percussions et orchestre sans violons ni altos, et Polydrama (1988) pour violoncelle et orchestre. Ensuite, Ruders a composé un autre triptyque de concertos pour cordes : Concerto pour violon No 2 (1991) pour grand orchestre, un second concerto pour violoncelle intitulé Anima (1993), et un Concerto pour alto (1994). Ce dernier explore les techniques de quasi doublage ou 'shadowing' entre le soliste et l'orchestre, qui jouent également un rôle majeur dans son dernier concerto, Concerto pour piano (1994) de grande envergure, commande du London Philharmonic pour Rolf Hind.


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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 12 Avr - 17:42

Avec le Concerto pour violon et orchestre n°1 composé en 1981, Poul Ruders démontre son attachement indéfectible aux valeurs musicales du passé, créant un lien perceptible avec le baroque. Cela ne s'explique pas uniquement par l'usage du clavecin qui n'est d'ailleurs jamais réellement mis en valeur dans son concerto. Le seul et unique "héros" de cette oeuvre est le violon (Rolfe Schulte), il en est à la fois le guide spirituel et émotionnel. La harpe y joue, quant à elle, un rôle essentiel, y instaurant parfois un climat singulier lorsqu'il s'associe notamment aux parties graves des cordes. Ce que j'aime beaucoup dans la filiation baroque du concerto, c'est la manière dont le Vivaldi des Quatre Saisons s'immisce ponctuellement dans le développement du premier mouvement. Celui-ci s'achève sur un violon non accompagné et presque dansant, le soliste réalise alors une superbe transition avec le second mouvement qui est peut-être mon préféré. La beauté du violon solo, l'entrée raffinée des autres cordes, l'impression d'une musique aux lentes scansions qui entre à pas de velours dans les méandres d'une nuit calme et rassurante. De la "Ciacona d'Inverno" (3ème mouvement), je retiens principalement le jeu subtile du violon et la phase finale dans lequel celui-ci s'obstine dans un esprit minimaliste à répéter un motif dans les aigus: cette fin est exquise.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 12 Avr - 18:55


Mon incursion dans l'univers musical de Poul Ruders s'est poursuivi en beauté avec The Bells avec la soprano Lucy Shelton et l'ensemble "Speculum Musicae" sous la direction de David Starobin, aussi guitariste et interprète de son Etude and Ricercare (1994) pour guitare seule et de ses Psalmodies pour guitare et ensemble (1989). J'ai trouvé cette oeuvre admirable autant pour le chant que par la partie instrumentale qui accompagne la voix et que je trouve fort bien orchestrée et très expressive. Là aussi, j'adore la phase finale de par sa dimension obsessionnelle et entêtante ou l'oeuvre s'abandonne sur une seule note martelée au piano.

The Christmas Gospel (1994) est à la base une musique appliquée que Poul Ruders composa pour le film TV muet de Trime Vester. Le compositeur y développe une atmosphère opprimante et fantastique, presque terrifiante, par un usage samplé de percussions exotiques réalisé par le percussionniste virtuose danois Gert Sorensen. Le son obtenu par ce mix de percussions diverses est particulièrement étonnant dans sa résonance à l'orchestre, comme autant de cloches qui se télescopent au sein d'un orchestre symphonique pétri d'ombre et de lumière, également pénétré par les pointes luminescentes d'une électronique utilisée à bon escient.
Le couplet final est soudainement plus angélique, un formidable motif optimiste et solaire que n'aurait pas renié Wojciech Kilar.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Mer 17 Avr - 20:09

Depuis, j'ai (ré)écouté d'autres oeuvres pour orchestre de Poul Ruders:

__GONG
__TUNDRA
__SÄLEDES SAAE JOHANNES
__SYMPHONY "Himmelhoch Jauchzend" (n°1)
__SYMPHONY N°2 "Symphony and Transformation" I love you I love you
__PIANO CONCERTO (1994)
__FOUR DANCES IN ONE MOVEMENT (1984)
__DRAMAPHONIA pour piano et ensemble de chambre (N°1 of Drama Trilogy) 1987
__CORPUS EUM FIGURIS pour orchestre de chambre
__SYMPHONY N°4 (2008)
__SONGS AND RHAPSODIES pour ensemble (2011) I love you I love you

De toutes ces oeuvres, quatre m'ont principalement marqué, les SYMPHONIES N°1 & 4 qui m'ont davantage transporté que la seconde. Le second mouvement de la première symphonie est magnifique. J'aime beaucoup aussi le caractère expressif du grand orchestre dans les autres mouvements. Très inventif! C'est pour cette raison que j'aime beaucoup aussi son SÄLEDES SAAE JOHANNES. Dans le CONCERTO POUR PIANO, c'est le raffinement du deuxième mouvement qui m'a surtout séduit. La quatrième symphonie témoigne, outre une énergie communicative et une belle inspiration thématique, d'un très bon équilibre entre l'orgue et l'orchestre. CORPUS EUM FIGURIS est également une oeuvre captivante, en revanche, DRAMAPHONIA m'a plus ou moins ennuyé.

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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 19 Avr - 8:09

J'ai réécouté son opéra Tjenerindens Fortelling. Il y a un certain nombre de passages qui m'ont beaucoup plu, des passages chantés mais aussi instrumentaux. Il ne me reste plus qu'à déchiffrer l'histoire et à espérer une version en DVD afin d'avoir une compréhension plus complète de cet opéra. J'ai quand même passé un bon moment.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Sam 6 Déc - 18:23

Icare a écrit:
Avec le Concerto pour violon et orchestre n°1 composé en 1981, Poul Ruders démontre son attachement indéfectible aux valeurs musicales du passé, créant un lien perceptible avec le baroque. Cela ne s'explique pas uniquement par l'usage du clavecin qui n'est d'ailleurs jamais réellement mis en valeur dans son concerto. Le seul et unique "héros" de cette oeuvre est le violon (Rolfe Schulte), il en est à la fois le guide spirituel et émotionnel. La harpe y joue, quant à elle, un rôle essentiel, y instaurant parfois un climat singulier lorsqu'il s'associe notamment aux parties graves des cordes. Ce que j'aime beaucoup dans la filiation baroque du concerto, c'est la manière dont le Vivaldi des Quatre Saisons s'immisce ponctuellement dans le développement du premier mouvement. Celui-ci s'achève sur un violon non accompagné et presque dansant, le soliste réalise alors une superbe transition avec le second mouvement qui est peut-être mon préféré. La beauté du violon solo, l'entrée raffinée des autres cordes, l'impression d'une musique aux lentes scansions qui entre à pas de velours dans les méandres d'une nuit calme et rassurante. De la "Ciacona d'Inverno" (3ème mouvement), je retiens principalement le jeu subtile du violon et la phase finale dans lequel celui-ci s'obstine dans un esprit minimaliste à répéter un motif dans les aigus: cette fin est exquise.

Dans le fil consacré à Terje Rypdal j'avais parlé des concertos pour violon que je ne pensais pas réécouter à l'occasion de la conception d'un Top 13 que je voulais le plus sûr possible, parce que je considérais ne pas les estimer suffisamment pour qu'ils puissent en faire partie. Comme je l'ai dit: la concurrence en matière de concertos pour violon (et pas seulement) au fil des siècles, est rude, impitoyable! J'ai alors pensé que je n'avais pas besoin de réécouter le concerto pour violon n°1 de Poul Ruders, car si je l'aime beaucoup pour les raisons évoquées dans ma citation, j'étais déjà convaincu de ne pas le retenir. Mais voilà; en le réécoutant aujourd'hui, je ne l'ai jamais autant apprécié que lors de cette nouvelle approche, avec cette fois une préférence pour le premier mouvement. J'aime de plus en plus sa filiation avec la forme baroque, comme si le fantôme de "Vivaldi" tentait, tout au long de la musique, de pervertir la forme pourtant contemporaine du concerto, de se l'accaparer. J'adore cette idée, bien plus intéressant que le serait une simple imitation baroque. J'aime aussi le rôle apporté à la harpe et au clavecin en plus de jeux subtils conférés au violon solo.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Mer 14 Oct - 19:44

Il est rare qu'une pochette de cd puisse m'influencer au point d'acheter l'album sur ce seul critère. J'aime beaucoup la photographie qui sert de couverture au disque Nightshade Trilogy du compositeur Danois Poul Ruders, espèce de broussailles surmonté d'un arbre inquiétant et dénudé, des oiseaux dans les cieux, la nuit, peut-être des rapaces...une nature hostile, un ciel sans lune...Alors biensûr, cette photographie n'est pas à elle seule la raison de ce choix. Il s'agit aussi et surtout de Poul Ruders, un compositeur que j'ai déjà pas mal approfondi et que j'aime beaucoup. Jusqu'ici, parmi les compositeurs danois, j'avais presque exclusivement jeté mon dévolu sur Peer Norgard. Aujourd'hui, j'aime presque autant la musique de Ruders et je ne saurais dire lequel j'écoute le plus désormais. Ce sont aussi les titres qui ont titillé ma curiosité; une musique qui évoque la nuit, c'est une approche qui ne pouvait que m'intéresser:

__Nightshade pour dix instruments - par l'ensemble Capricorn sous la direction d'Oliver Knussen

__The Second Nightshade - A Symphonic Nocturne pour orchestre de chambre - par le "Odense Symphony Orchestra" sous la direction de Paul Mann.

__Final Nightshade - An Adagio of the Night pour orchestre symphonique - par le "Odense Symphony Orchestra" sous la direction de Scott Yoo.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Jeu 10 Mar - 11:12


Je viens de réécouter deux fois de suite la Symphonie n°4 - "an Organ Symphony" pour orgue et orchestre de Poul Ruders. J'aime beaucoup l'univers de cette musique. Je pense aimer cette symphonie pour orgue et orchestre autant que celle de Aaron Copland. J'aime l'utilisation de l'orgue qui n'est jamais vraiment écrasant et domine l'orchestre qu'à de rares moments. Sa présence me paraît à la fois forte et subtile, retenue et intense. Le quatrième et dernier mouvement est peut-être le plus captivant, sans compter un détail: la note finale assumée par l'orgue de Flemming Dreisig sur une tonalité qui me plait beaucoup, juste une note conclusive, bien plus efficace à mon oreille que n'importe quel brouhaha cuivreux. C'est ainsi que démarre mon nouveau cycle entièrement dédié au compositeur.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Jeu 10 Mar - 18:34

Icare a écrit:
Il est rare qu'une pochette de cd puisse m'influencer au point d'acheter l'album sur ce seul critère. J'aime beaucoup la photographie qui sert de couverture au disque Nightshade Trilogy du compositeur Danois Poul Ruders, espèce de broussailles surmonté d'un arbre inquiétant et dénudé, des oiseaux dans les cieux, la nuit, peut-être des rapaces...une nature hostile, un ciel sans lune...Alors biensûr, cette photographie n'est pas à elle seule la raison de ce choix. Il s'agit aussi et surtout de Poul Ruders, un compositeur que j'ai déjà pas mal approfondi et que j'aime beaucoup. Jusqu'ici, parmi les compositeurs danois, j'avais presque exclusivement jeté mon dévolu sur Peer Norgard. Aujourd'hui, j'aime presque autant la musique de Ruders et je ne saurais dire lequel j'écoute le plus désormais. Ce sont aussi les titres qui ont titillé ma curiosité; une musique qui évoque la nuit, c'est une approche qui ne pouvait que m'intéresser:

__Nightshade pour dix instruments - par l'ensemble Capricorn sous la direction d'Oliver Knussen

__The Second Nightshade - A Symphonic Nocturne pour orchestre de chambre - par le "Odense Symphony Orchestra" sous la direction de Paul Mann.

__Final Nightshade - An Adagio of the Night pour orchestre symphonique - par le "Odense Symphony Orchestra" sous la direction de Scott Yoo.

Voilà, voilà, je viens d'écouter pour la première fois ces trois oeuvres de Poul Ruders. Il m'aura fallu du temps pour y venir puisque je me les étais procurées courant octobre 2015. Je me doutais bien qu'il s'agirait d'une musique sombre et torturée et comme j'aime aussi la musique sombre et torturée, je n'ai pas été déçu. Il y a un superbe passage avec trompette solo dans The Second Nightshade - A Symphonic Nocturne pour orchestre de chambre et il y a aussi de très bons moments dans le troisième opus; Final Nightshade - An Adagio of the Night pour orchestre symphonique, avec ses cordes nocturnes et rampantes, exprimant selon moi la désolation d'un paysage hostile et glacé. J'aime bien ces climats-là, pesant et sombre à la fois.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Jeu 10 Mar - 21:58

Icare a écrit:
J'ai réécouté son opéra Tjenerindens Fortelling. Il y a un certain nombre de passages qui m'ont beaucoup plu, des passages chantés mais aussi instrumentaux. Il ne me reste plus qu'à déchiffrer l'histoire et à espérer une version en DVD afin d'avoir une compréhension plus complète de cet opéra. J'ai quand même passé un bon moment.

Cet opéra me captive de plus en plus alors que je ne maîtrise toujours pas son livret. J'ignore de quoi ça parle même s"il n'est pas difficile d'imaginer une tragédie qui visiblement se situerait dans le futur, un futur assez éloigné, si j'ai bien compris; vers 2195 environ. Je viens de réécouter la première partie, la seconde étant prévue pour demain. Very Happy
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 11 Mar - 9:21


Et la seconde partie est formidable aussi! Beaucoup pris par la musique, les orchestrations et les chants.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 11 Mar - 14:48


<<Avec son Concerto in Pieces (Purcell Variations for orchestra), on quitte la forme intimiste et singulière de la psalmodie pour une orchestration plus ample et généreuse. Si l'oeuvre démarre et se conclut sur les élans festifs d'un thème purcellien, Poul Ruders y instaure vite ses propres repères esthétiques et stylistiques, la musique prend vite une dimension plus personnelle et contemporaine. On y trouvera même un usage habile de l'électronique, un superbe solo de saxophone en mode blues dans la quatrième variation. A noter dans la huitième variation un usage particulier et irrésistible de la trompette solo qui apporte une atmosphère atypique au morceau. J'aime beaucoup cette oeuvre haute en couleurs, qui se suit avec beaucoup de plaisir. Un très bel hommage à Purcell.>>

En plus de tout ce que j'en ai dit jusqu'à maintenant, le mouvement qui me fascine le plus de ce Concerto in Pieces est tout simplement le dixième; la "Variation X" pour son côté exaltant, festif, très extraverti. Cette rencontre entre Purcell et Ruders m'a une nouvelle fois séduit. Par le "BBC Symphony Orchestra" sous la direction d'Andrew Davis.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 11 Mar - 17:39

<<Dans le CONCERTO POUR PIANO, c'est le raffinement du deuxième mouvement qui m'a surtout séduit.>>

C'est toujours aussi vrai après cette nouvelle écoute que je viens de lui accorder aujourd'hui. Le second mouvement "Larghetto intimo" du CONCERTO POUR PIANO est vraiment superbe; son développement, son dépouillement, son caractère minimaliste jusqu'à une émancipation des cordes, le cheminement imperturbable du piano sous les doigts de Rolf Hind...Ceci-dit, j'aime bien l'énergie des deux autres mouvements, "Grazioso" et "Rondo prestissimo", le plus court des trois, celui sur lequel s'achève avec brio le concerto.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 11 Mar - 18:07

J'ai écouté plusieurs pièces trouvées sur YT dont le Concerto pour piano mais je pense que je ne suis pas d'humeur pour l'instant à écouter ce genre de musique qui m'a semblé sinistre et imbuvable Je pense pourtant qu'elle pourrait me plaire dans d'autres circonstances... à voir, plus tard, j'y reviendrai lui donner une nouvelle chance Wink
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 11 Mar - 18:59

<<De toutes ces oeuvres, quatre m'ont principalement marqué, les SYMPHONIES N°1 & 4 qui m'ont davantage transporté que la seconde..>>

Pour moi, cette musique n'a rien de sinistre et le Concerto pour piano commence sur un "Grazioso" plutôt enjoué.  Mais la musique est un art fondamentalement abstrait, n'est-ce pas, et la perception des uns s'oppose parfois à celle des autres, un peu comme une même planète qui serait perçue sur deux angles différents. Toujours est-il que je continue mon voyage au coeur de la musique de Poul Ruders, un "moderniste" qui m'est décidément très accessible comme le prouve une nouvelle fois sa Symphonie n°2 - Symphonie et Transformation qui, finalement, m'a un peu plus captivé que lors des écoutes précédentes. Bon, la Symphonie n°4 conserve ma préférence et je n'ai pas encore réécouté la N°1 pour voir à quelle place je la situe. Jusque là, je la préférais à la Seconde. Affaire à suivre...
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Ven 11 Mar - 22:46

<<CORPUS EUM FIGURIS est également une oeuvre captivante, en revanche, DRAMAPHONIA m'a plus ou moins ennuyé.

C'est fou ce qu'une impression peut changer d'une écoute à l'autre, surtout lorsque plusieurs mois, voire plusieurs années, s'écoulent entre temps. J'ignore si j'étais dans l'humeur adéquate pour écouter ce type de musique (très) contemporaine ou si c'est le style musical de Poul Ruders qui s'imprime définitivement en moi, mais ce dont je suis sûr c'est que cette fois Dramaphonia(1987) pour piano et ensemble de chambre (N°1 of Drama Trilogy) m'a bien mieux intéressé dans ce qui m'a plus ou moins semblé être une construction autour d'une même note interprétée soit par le piano d'Erik Kaltoft soit par une percussion, même si j'ai conscience que c'est plus complexe que ça. Toujours est-il que cette musique a selon moi un développement original intéressant à suivre, surtout qu'à un moment donné il aboutit à un passage rythmé très étonnant. Certes, il ne dure pas très longtemps mais il me saisit aussitôt par son étrangeté et sa dynamique. Toutefois, c'est avec Corpus cum Figuris (1985) pour orchestre de chambre que je monte plusieurs crans dans l'émotion. J'ai l'impression que Ruders a vraiment été inspiré et transcendé sur ce coup-là, a touché un sommet de son art. Dès que la musique s'anime complètement, c'est un grain de folie qui la traverse. Voilà le genre d'oeuvre qui me rappelle pourquoi j'aime la musique savante du vingtième siècle.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Dim 13 Mar - 19:10

Depuis ce dernier message, j'ai réécouté pas mal de compositions de Poul Ruders; Four Dances in One Movement (1984) pour ensemble de chambre, le Concerto pour violon et orchestre n°1 (1981), avec Rolfe Schulte au violon, le "Riverside Symphony" sous la direction de George Rothman, The Bells (1993) par la soprano Lucy Shelton, l'ensemble "Speculum Musicae" sous la direction de David Starobin, The Christmas Gospel (1994), tiré de la partition qu'il composa pour le film muet Return of the Light, par le "Malmö Symphony Orchestra" sous la baguette d'Ola Rudner, Gong (1992) pour orchestre symphonique, Tundra (1990) pour orchestre, Säledes Saae Johannes (1983/84) pour orchestre symphonique et enfin Symphony (1989), le tout interprété par "The Danish National Radio Symphony Orchestra" sous la direction de Leif Segerstam. Comme pour les fois précédentes, toutes ces oeuvres m'ont certes plus ou moins captivé, seulement aucune ne m'a déplu. Par exemple, même si Gong, The Bells et Tundra sont sans doute les deux pièces qui m'ont le moins plu, il y a toujours quelque chose qui se passe dans sa musique qui va susciter mon attention. Je suis toujours très attaché à son Concerto pour violon n°1, puisant ses racines dans l'art baroque, pour ne pas dire vivaldien, sans céder à la pure imitation, à une musique "à la manière de". L'oeuvre est personnelle et captivante: toujours le même plaisir à l'écouter. Musique pour l'image à l'origine, The Christmas Gospel est devenue une de mes deux compositions fétiches du compositeur, dans la mesure où l'émotion qu'elle me procure encore aujourd'hui m'avait, lors de sa découverte, fortement pousser à approfondir son oeuvre. De cette série d'écoutes attentives et passionnées, une autre création est sortie du lot: je ne pense pas l'avoir autant remarquée lors des écoutes antérieures. Il s'agit de Säledes Saae Johannes et bien que la partie introductive ressemble à un capharnaum, l'oeuvre ne manque pas de créativité, extirpe de l'orchestre des sonorités originales et incisives, or ce n'est pas tout: outre une richesse de timbres fascinants dans les parties mouvementées et virtuoses, c'est davantage le passage le plus apaisé qui m'a le mieux envoûté. Un cor solo, mais pas un cor mis en avant, qui semble jouer à proximité, non, un cor lointain, un cor qui évolue à l'horizon qui a fini par accaparer mon oreille et me transporter dans son errance...Pour finir, je reviendrai brièvement sur sa Symphony, la N°1, et son sublime second mouvement "Tranquillo molto; dolcissimo", de toute évidence un sommet dans le corpus de Poul Ruders. Ce morceau de musique m'emmène décidément très haut.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Mar 15 Mar - 22:37

Mon cycle autour de l'oeuvre de Poul Ruders est terminée. Elle s'est terminée sur le second opéra que je connais de lui et qui s'intitule Kafka's Trial, opéra en un acte avec un prélude, basé sur une nouvelle de Franz Kafka et sur un livret de Paul Bentley. Il y a pas mal de passages mélodiques, ce qui en fait probablement pour un réfractaire au "langage" atonal, l'une de ses compositions les plus accessibles avec son Concerto in Pieces. Cependant, même si j'apprécie beaucoup ce Kafka's Trial, son autre opéra Tjenerindens Fortaelling me fascine un peu plus. J'ai réécouté aussi Psalmodies pour guitare et ensemble de chambre (1989), interprétée par le guitariste David Starobin qui a l'air assez spécialisé dans la musique savante de son temps. Il s'agit là de ma seconde oeuvre fétiche du compositeur dans la mesure où c'est par elle que je suis entré pour la première fois dans l'univers de Poul Ruders. L'oeuvre est dans un style contemporain et, pour être franc, des onze mouvements qui la constituent, seul l'un d'entre eux me procure un vrai plaisir, le huitième si je ne me trompe pas, le plus vivace et expressif de tous, dans lequel chaque élément de l'ensemble instrumental (Speculum Musicae sous la direction de Donald Palma) envahit l'espace de la guitare sans jamais arriver à la destabiliser. Ce chouette morceau m'aura finalement conduit à la musique d'un créateur danois que j'apprécie pratiquement autant que Peer Norgard.
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   Mar 24 Jan - 11:22

Toujours situé dans cette interaction entre le passé et le présent et entre le présent et le passé, je ne pouvais que me retourner une nouvelle fois vers une oeuvre du compositeur danois Poul Ruders. Avec son Concerto in Pieces - Purcell Variations for orchestra, je pénètre un univers harmonique et thématique qui fait des clins d'oeil au passé tout en conservant un style très "contemporain". Il ne s'agit en aucun cas ici d'une oeuvre écrite à la manière de Purcell. Si elle démarre et se conclut sur les élans festifs d'un thème purcellien, Poul Ruders y instaure vite ses propres repères esthétiques et stylistiques. Le concerto prend vite une dimension plus personnelle et contemporaine. On y trouvera même un usage habile de l'électronique, un superbe solo de saxophone en mode blues dans la quatrième variation. A noter dans la huitième variation un usage particulier et irrésistible de la trompette solo qui apporte une atmosphère atypique au morceau. J'aime beaucoup cette oeuvre haute en couleurs, qui se suit avec beaucoup de plaisir. Un très bel hommage à Purcell....Et devinez qui je vais écouter maintenant...?...Purcell bien entendu!
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MessageSujet: Re: Poul RUDERS, né en 1949   

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Poul RUDERS, né en 1949
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