Forum sur la musique classique
 
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  Peer RABEN

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Icare
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MessageSujet: Peer RABEN   Ven 25 Jan - 8:44

IL existe ainsi des compositeurs difficiles à définir où la forme musicale paraît si singulière que l'on pourrait presque parler de "génération spontanée". Peer Raben est un musicien un peu à part dans l'histoire de la musique, et plus particulièrement dans l'histoire de la musique de film. Il s'est trouvé un style inimitable dans la façon d'exprimer son sens inouï de la mélodie qu'il soigne et personnalise par des combinaisons instrumentales et une orchestration souvent originales et inventives. C'est une oeuvre très allemande hésitant constamment et non sans une certaine habileté entre musique populaire et musique savante, privilégiant la plupart du temps la petite ou moyenne formation au grand orchestre symphonique quoique sur "Querelle", il employa le Grand Orchestre de Münich. De forme souvent chambriste, notamment lorsqu'elle fut écrite pour le cinéma de Fassbinder, elle puise très probablement son inspiration dans la musique de Hanns Eisler et de Kurt Weill ainsi que dans la musique populaire allemande. J'ai l'impression d'un style musical non académique qui crée ses propres codes, suit un cheminement très personnel et énigmatique, tout droit sorti de l'imagination d'un compositeur atypique et inclassable. Lorsque que l'on évoque les grandes collaborations entre cinéastes et compositeurs, on omet souvent de mentionner celle entre Fassbinder et Raben qui a pourtant marqué le cinéma outre-Rhin d'une encre indélébile au même titre que celle qui unit Fellini et Rota en Italie. Le cinéma de Fassbinder permettra aussi à Peer Raben d'exploiter la chanson emblématique allemande Lili Marleen pour le film mêmement nommé. Pour moi qui adore cette chanson, ce fut la cerise sur le gâteau lorsque je découvris, il y a une bonne quinzaine d'années de cela, le superbe coffret 3 CD qui rend hommage à cette fructueuse collaboration entre deux êtres d'exception.

Extrait d'une interview de Peer Raben:

Que peux-tu dire, en gros, sur la dramaturgie musicale de Fassbinder?

Peer Raben: A vrai dire, il n'y a pas grand-chose à en dire. Ce qui me paraît le plus important, c'est que Fassbinder n'avait pas peur de la musique (il l'utilisait aussi en fonction du fait qu'elle lui plaisait). Il n'a donc jamais pris une musique uniquement pour l'avoir dans un film, ni pour donner à ses oeuvres un côté émotionnel ou une structure particulière. Bien plus, Fassbinder a utilisé la musique chaque fois qu'il s'agissait de la représentation ou de l'affirmation d'une utopie, lorsque l'image et la parole devaient être amenés à un niveau de signification qui n'existait pas auparavant. D'un autre côté, Fassbinder a toujours été très conscient de l'effet de la musique, et il la considérait absolument comme une arme à double tranchant: d'une part, la musique peut avoir un effet d'extension, mais elle peut aussi exercer un pouvoir. A ce propos, il avait un bon mot très amusant, disant que la musique est le seul art fasciste. Evidemment c'était une plaisanterie, mais il y a pourtant du vrai. Toutes les religions, par exemple, utilisent la musique, car elle permet d'influencer les gens. Le pouvoir est donc compris comme l'exercice d'une influence, c'est en ce sens que la musique est dangereuse, d'une certaine manière, car chez beaucoup de gens, elle agit directement au niveau inconscient, sans faire le détour par l'intellect. Fassbinder n'avait pas peur d'utiliser la musique - mais le fait de ne pas avoir peur induit justement qu'on connait le danger. C'est pour cela qu'il est bon de connaître la puissance de la musique.


Dernière édition par Icare le Ven 25 Jan - 13:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Peer RABEN   Ven 25 Jan - 9:26

Eléments biographiques ( source Wikipédia)

Peer Raben, né le 3 Juillet 1940 et décédé le 21 Janvier 2007, fut un compositeur allemand essentiellement renommé pour sa collaboration étroite et constructive avec le cinéaste de même nationalité Rainer Werner Fassbinder, bien qu'il travailla aussi avec d'autres réalisateurs comme Daniel Schmid (Hors saison) et Doris Dörrie (Happy Birthday Türke!). Il signa aussi la très belle musique de la série télévisée Bismarck pour laquelle il choisit d'employer une plus grande formation musicale. En 1966, Peer Raben et plusieurs autres personnes fondèrent le Théâtre d'action à Munich qui conduisit en 1968 à la réalisation de l'anti-Théâtre, où il travailla en tant que scénariste, compositeur et réalisateur. En 1969 et 1970, il produisit les premiers films de Fassbinder. Après avoir travaillé sur un film qu'il réalisa lui-même (Die Ahnfrau), il s'est concentré sur la composition pour le théâtre et le cinéma. Il a réalisé trois films: Die Ahnfrau - Oratorium nach Franz Grillparzer (1971), Adele Spitzeder (1972) et Heute spielen wir den Bob (1981), dont il composa également les partitions musicales. En plus d'avoir été le musicien attitré de Fassbinder, Raben composa aussi de la musique pour des films de Robert van Ackeren , Barbet Schroeder , Daniel Schmid , Bernhard Sinkel , Peter Zadek , Doris Dörrie , Hansgünther Heyme , Ulrike Ottinger , Werner Schroeter , Tom Toelle , Dan Polsby, Percy Adlon et Wong Kar-wai . En 2006, il a reçu le "Lifetime Achievement Award" de la "World Soundtrack Academy" .

Raben fut l'amant de Fassbinder pendant une courte période quand ils ont partagé un appartement avec Irm Hermann .
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MessageSujet: Re: Peer RABEN   Lun 28 Déc - 18:42

Il y avait longtemps que je n'avais pas réussi à découvrir une nouvelle oeuvre musicale de Peer Raben. Avec Tot in New York, je pensais, faute d'être documenté sur le sujet, qu'il s'agissait d'une musique de film inédite, la pochette du cd le laissant supposer. Il s'agit en réalité d'un opéra radiophonique que le compositeur allemand composa en 1982 pour la formidable chanteuse et actrice Ingrid Caven, épouse de Rainer Werner Fassbinder. Hélas, par la suite, les bandes ont été égarées et il s'agit là d'une nouvelle version qu'il écrivit quelques temps avant sa mort, sur des textes de Jean-Jacques Shuhl, écrivain français né en 1941 à Marseille et qui reçut le Prix Goncourt en 2000 pour son roman "Ingrid Caven". L'opéra radiophonique Tot in New York est interprété par un petit ensemble "The Dyed Blondes":

_Uli Kempendorff: reeds
_Nikolaus Neuser: trompette
_Jason Liebert: trombone
_Benny Lackner: piano
_Max Nauta: basse
_Ernts Bier: batterie
_Ibadet Ramadani: voix chantée (en allemand et parfois en français)
_Piotr Gudel: theatre organ
_Bernhard Conrad: voix parlée (en allemand)

L'opéra radiophonique a été réalisé à partir du postulat fictif: "David Bowie a été assassiné". Je n'ai pas vraiment reconnu le style habituel et si caractéristique que Peer Raben développa pour le cinéma, et pas seulement pour celui de Fassbinder. Toutefois, c'est un son très allemand que l'on peut trouver dans une certaine musique légère instrumentale. Ici, c'est un jazz à la fois vocal et instrumental, un jazz urbain qui nous éloigne radicalement de l'opéra traditionnel. Si au début j'ai été un peu désorienté, ne trouvant pas les "repères" que j'espérais retrouver, petit à petit, je me suis laissé séduire par un jazz fin et délicat, assez stylé, dans un instrumentarium qui m'a bien plu. J'aime bien la sonorité un peu élastique du petit orgue et les passages avec narration, ce que je craignais le plus, ne m'ont finalement pas gêné.
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MessageSujet: Re: Peer RABEN   Ven 17 Aoû - 21:27

Deux éléments caractéristiques dans l'approche de Peer Raben me séduisent: cette manière presque toujours brutale de passer d'une ambiance sonore à une autre et celle, très particulière, de faire sonner les instruments entre eux par des combinaisons souvent très recherchées ou auxquelles on ne s'attend pas parce qu'elles surgissent comme ça. Mon second portrait est donc commencé. Il consiste à une totale immersion dans l'univers sonore de Peer Raben. Honnêtement, je ne l'avais pas prévu. J'avais d'abord penser à Heiner Goebbels. C'est en écoutant Wildfeuer d'Enjott Schneider que l'idée s'est imposée comme une nécessité. Pour commencer cette immersion, j'ai choisi la bande originale du film allemand (une comédie criminelle comme je l'ai lu dans Wikipédia) Happy Birthday Türke, réalisé par Doris Dorrie qui en a aussi signé le scénario et sorti pour la première fois en salle en 1992. Ce film est tiré du roman de Jakob Arjouni.

<< L'action du film se déroule principalement à Francfort et à Kronberg im Taunus. Le détective privé turc Kemal Kayankaya reçoit la visite d'Ilter Hamul. Celle-ci lui ordonne de retrouver le meurtrier de son mari Ahmed. Elle n'a pas confiance dans la police allemande. Kemal a demandé des renseignements au poste de police sous prétexte qu'il était de l'ambassade turque. Cependant, lorsque sa véritable identité apparaît, il se voit refuser toute information supplémentaire. Dans ses enquêtes sur la famille de sa cliente Ilter, il conclut que le défunt beau-père d'Ahmed, Yasif Hamul, l'avait entraîné sur la scène du trafic de stupéfiants. Ensemble, ils ont eu recours à la drogue. Ahmed a également drogué la soeur d’Ilter, Ayşe. Hanna Hecht Kemal, une prostituée toxicomane, apprend qu’elle a également été approvisionnée en drogue par l’équipe d'Ahmed & Yasif et a d'ailleurs eu une liaison avec le second. Durant son enquête, Kemal est aidé par un commissaire à la retraite Theobald Löff...etc...>>

Je n'ai pas eu l'occasion de voir ce film qui oscillerait (d'après une critique que j'ai lue) entre comédie et thriller. Je ne connais que la musique de Raben hors contexte, ce qui ne me pose d'ailleurs aucun problème d'adhésion.  Very Happy  Outre une chanson assez originale, intitulée "Ama Guddu" en guise d'ouverture et de conclusion (pas sûr de connaître le nom de celui qui l'interprète si ce n'est peut-être Günther Kaufmann ou Pat Behrens), la B.O. s'inscrit bien entre drame et burlesque (même si j'exagère un peu en employant ce terme), entre polar et comédie, dans cette façon presque naturelle de passer d'un thème profondément mélancolique à un moment plus agité, quasi-dansant, avec percussions et piano percutant, où le banal d'un thème aux accents populaires côtoie l'insolite par de singulières combinaisons instrumentales au service de morceaux plus dramatiques, inhérents aux diverses tensions de l'intrigue. Ces brusques changements de tons réapparaissent dans la suite orchestrale de quinze minutes pour le film de Rainer Werner Fassbinder, Fox and his friends, où la musique peut s'avérer plus expérimentale par moment. J'aime comme il y fait sonner les cordes, c'est ce qui a le mieux retenu mon attention. Dans The Third Generation du même Fassbinder, c'est le magnifique "Blues for Franz" qui a le don de me faire fondre. Ceci-dit, le caractère obsessionnel et la palette sonore du second extrait, "Transformations" n'est pas pour me déplaire non plus. Quel bonheur de retrouver tous les éléments qui me plaisent dans la musique de ce compositeur, il y avait trop longtemps que je ne lui avais pas accordé une immersion totale. Un autre atout: j'aime la manière dont il fait généralement sonner la trompette, sur un ton particulièrement mélancolique ou nostalgique.


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MessageSujet: Re: Peer RABEN   Ven 17 Aoû - 23:09

Hors saison (Off Season) est un film franco-germano-suisse réalisé par Daniel Schmid et sorti en 1992. Ce film nous raconte l'histoire d'un homme qui rend une dernière visite au Palace, un lieu mondain aujourd'hui abandonné et qui doit être prochainement détruit. Il était géré par ses parents, quarante ans plus tôt. Ses souvenirs d'enfance resurgissent. Ce film réunit à l'affiche une belle brochette d'actrices; Maria Maddalena Fellini, Ingrid Caven, Marisa Paredes, Geraldine Chaplin, Arielle Dombasle et Andréa Ferréol. Y figurent aussi Maurice Garrel et Vittorio Mezzogiorno. Sami Frey en est le narrateur. Je me souviens de sa voix très séduisante. La musique de Peer Raben commence par un thème de musique légère un peu rétro mais bien troussé. Elle se compose souvent d'extraits très courts, moins d'une minute, et de plusieurs chansons, toutes interprétées par Ingrid Caven qui tient le rôle de Lilo. Le thème principal, dont le début de la mélodie n'est pas sans me rappeler une autre du même compositeur, probablement écrite pour un film de Fassbinder, bénéficie de cet art de combiner les instruments entre eux avec l'intervention insolite d'une flûte au son très pur qui semble surgir de nulle-part et accapare toute l'attention: l'effet est saisissant. Peer Raben sait bien faire ce genre de chose. A partir de la plage n°14, un violon solo entre en scène, illuminant ainsi le "Motif de Sarah". Il y a aussi le piano sous les doigts de Jay Gottlieb, notamment un morceau avec petit ensemble instrumental, suffisamment développé celui-là: jubilatoire!
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MessageSujet: Re: Peer RABEN   Sam 18 Aoû - 18:56


J'ai réécouté deux autres bandes originales de Peer Raben, la première sous la forme de dix thèmes séparés pour une durée totale de trente minutes et la seconde sous la forme d'une suite de dix-sept minutes et des poussières. Il s'agit tout d'abord de la mini-série allemande Bismarck qui raconte l'histoire d'Otto von Bismarck. Dans la série, il est interprété par Uwe Ochsenknecht:

<<Otto von Bismarck, duc de Lauenburg et prince de Bismarck, né à Schönhausen le 1er avril 1815 et mort le 30 juillet 1898 à Friedrichsruh, est un homme d'État prussien puis allemand. Il est à la fois ministre-président du royaume de Prusse de 1862 à 1890, chancelier de la confédération de l'Allemagne du Nord de 1867 à 1871, avant d'accéder au poste de premier chancelier du nouvel Empire allemand en 1871, poste qu'il occupe jusqu'en 1890, tout en conservant sa place de ministre-président de Prusse. Il joue un rôle déterminant dans l'unification allemande. Au début de sa carrière politique, Bismarck se fait un nom en défendant les intérêts des junkers, petite noblesse prussienne, dont il fait partie, depuis les bancs conservateurs. Il est nommé ministre-président de Prusse en 1862. Dans le conflit constitutionnel prussien, il lutte contre les libéraux pour maintenir la primauté de la monarchie. Également ministre des Affaires étrangères, il déclenche la guerre des Duchés puis la guerre austro-prussienne entre 1864 et 1866, et impose par là-même la suprématie de la Prusse en Allemagne. La guerre franco-prussienne de 1870 permet de résoudre la question allemande en retenant la solution petite-allemande, défendue par la Prusse, et entraîne l'unification allemande en 1871. Ensuite, sur le plan de la politique extérieure, il essaie d'établir un équilibre entre les grandes puissances européennes grâce à un système d'alliances. En politique intérieure, à partir de 1866, Bismarck s'allie d'abord aux libéraux modérés, ce qui conduit au vote de nombreuses réformes comme l'institution du mariage civil, qui rencontre la résistance des catholiques, auxquels il s'oppose durement en instituant la politique du Kulturkampf. À la fin des années 1870, il se sépare des libéraux, pour renouer avec les conservateurs. Durant cette phase, sont votées les lois pour le protectionnisme et l'interventionnisme étatique. Un système de sécurité sociale est également créé. Les années 1880 sont surtout marquées par les lois antisocialistes. En 1890, les divergences de point de vue de Bismarck avec le nouvel empereur Guillaume II conduisent à son départ. Après sa démission, Bismarck continue de jouer un rôle politique, en critiquant l'action de son successeur. Il écrit également ses mémoires, qui influencent fortement l'image que se forge de lui l'opinion publique allemande. Jusqu'au milieu du vingtième siècle, les historiens allemands jugent en grande majorité son action de manière positive, celle-ci étant, dans cette période nationaliste, associée à l'unification de l'Allemagne. Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, les critiques s'accentuent : il est alors accusé d'être responsable, en tant que fondateur de l'Empire allemand, de l'échec de la démocratie en Allemagne. Des approches plus modernes de l'histoire tentent cependant de remettre l'action de Bismarck, avec ses forces et ses manques, dans le contexte de son époque avec la structure politique qui était alors en place.>> Wikipedia.

J'adore le thème principal que Peer Raben a composé sur Bismarck, plus orchestral que d'accoutumée. Ceci-dit, ce n'est pas pour cette raison que j'en suis très friand, préférant souvent les petits et moyens effectifs aux plus conséquents, c'est le thème mélodique que je trouve fort bien trouvé, sa construction, son traitement. C'est un grand thème parmi les grands thèmes musicaux pour l'image dans un genre épique. Le "love theme" qui suit - c'est ainsi que l'on désigne les thèmes doux et romantiques au sein d'une B.O. - est tout aussi délicieux, ainsi qu'un autre thème plus énigmatique qui revient, lui aussi, plusieurs fois, toujours par le piano. Bien que l'oeuvre se déroule dans un format plus orchestral que pour, par exemple, Happy Birthday, Türke!, je retrouve tout ce qui constitue le style de Raben. La musique en forme de suite, en complément de Bismarck, a été composée pour le film tv Blut für die Freiheit, seulement j'ignore tout de ce métrage, le nom du réalisateur, des acteurs jusqu'au synopsis!! Je ne sais rien. Les seuls indices que j'ai résident dans la composition de Peer Raben car on y entend plusieurs citations, dont "La Marseillaise" et "ça ira". S'agirait-il de la Révolution Française ou d'un lien avec celle-ci par rapport à l'Autriche...Je ne vais pas extrapoler car je n'en ai pas la moindre idée. Peu importe, cette suite orchestrale de dix-sept regorge d'autant d'idées et de rebondissements que les trente minutes de Bismarck si ce n'est plus...Raben m'épatera toujours par ces flots d'idées musicales qui traversent sa musique. Certes, ce n'est pas toujours développé ou exploité autant que je le voudrais mais je suis néanmoins transpercé à chaque fois. Un sacré sens de la fantaisie illumine sa musique doublé d'un sacré talent de mélodiste! Dans cette suite, le meilleur moment est très certainement cette superbe mélodie pour hautbois avec guitares et tambours qui semble émerger du temps des troubadours et qui, en même temps, semble avoir des racines moins anciennes.
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MessageSujet: Re: Peer RABEN   Dim 19 Aoû - 19:48


La plus grande partie de son activité de musicien s'est effectuée avec le cinéaste Rainer Werner Fassbinder, ce qui donna lieu à l'une des plus belles collaborations du Septième Art entre un compositeur et un metteur-en-scène. <<Rainer Werner Fassbinder est un réalisateur allemand, né le 31 mai 1945 à Bad Wörishofen (Bavière) et mort le 10 juin 1982 à Munich. Il est l’un des représentants du nouveau cinéma allemand des années 1960-1970. Il a été également acteur, auteur et metteur en scène de théâtre.>> Un magnifique coffret constitué de trois volets illustre cette collaboration. Le premier volet inclut sous forme d'extraits ou de suites:

VOLUME I

__Dieux de la peste (1970)
__Pionniers à Ingolstadt (TV - 1971)
__Whity (1971)
__Prenez garde à la sainte putain (1971)
__Le Voyage à Niklashausen (TV -1970)
__Gibier de passage (TV - 1973)
__Je veux seulement que vous m'aimiez (TV - 1976)
__Le droit du plus fort (1975)
__Maman Kusters s'en va au ciel (1975)
__Le rôti de Satan (1976)
__Roulette chinoise (1976)

Je dirais que c'est sur des titres comme Je veux seulement que vous m'aimiez/Le droit du plus fort/Maman Kusters s'en va au ciel/Le rôti de Satan/Roulette Chinoise que le meilleur de Peer Raben s'exprime même si c'est très sympathique et agréable sur les titres précédents avec quelques chansons un peu rétros chantées par Günther Kaufmann.

Volume II:

__L'ombre des anges (1976) qui est en réalité un film réalisé par Daniel Schmid - (Hors Saison) et dans lequel Fassbinder joue un rôle.
__Peur de la peur (TV - 1975)
__La femme du chef de gare (TV - 1977)
__Despair (1978)
__Femmes à New York (TV - 1977)
__La troisième génération (1979)
__Le mariage de Maria Braun (1979)
__Berlin-Alexanderplatz (1980)

Ce second volume contient encore plus de moments délicieux que le premier. J'y retrouve plus encore son talent de mélodiste, son art des combinaisons instrumentales avec des éléments baroques comme le clavecin, son formidable sens de la fantaisie, un choeur exquis, des cordes tourmentées, un saxophone mélancolique, une trompette hardie, un optimisme qui transpire de Berlin-Alexanderplatz...
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MessageSujet: Re: Peer RABEN   Dim 19 Aoû - 23:13

Volume III:

__Lili Marleen (1981), sans aucun doute le film le plus connu de Rainer Werner Fassbinder avec la célèbre chanson du même nom interprétée par la formidable Hanna Schygulla. <<Lili Marleen est une chanson d'amour allemande dont les paroles sont inspirées du poème écrit en avril 1915 par le romancier et poète allemand Hans Leip et publié en 1937 dans son recueil de poèmes Die kleine Hafenorgel. Dans sa version originale, elle a d'abord été interprétée par la chanteuse Lale Andersen en 1938. Les versions les plus populaires ont été chantées en allemand ou en anglais par Marlene Dietrich qui modifia le titre Lili Marleen en Lili Marlene, qui deviendra le titre utilisé en France.>> Pour en savoir plus sur cette célèbre chanson, cliquer ici

__Lola, une femme allemande (1981)
__Le secret de Veronika Voss (1982)

__Querelle (1982), film pour lequel Peer Raben composera sa partition la plus symphonique, dont il en tire une suite de plus de 23 minutes intitulée "Fragments symphoniques" et interprétée par "The Graunke Symphony Orchestra of Munich". Il y a aussi deux chansons que j'aime beaucoup, "Young and joyful bandit" interprétée par Günther Kaufmann: c'est d'ailleurs bien lui qui interprète "Ama Guddu", chanson-titre de Happy birthday, Türke!, et "Each Man Kills The Things He Loves" interprétée par Jeanne Moreau. Même si j'aime beaucoup le caractère dramatique et épais du timbre symphonique de Querelle avec ces petites trouvailles musicales indescriptibles qui relancent l'intérêt au fil de l'écoute, j'ai une préférence pour la suite, assez symphonique aussi, de "Lola" avec son clavecin presque omniprésent et sa petite flûte volatile qui parcourt la matière orchestrale tel un oiseau-moustique sur le corps d'un buffle et celle de Lili Marleen intitulée "Willie".

Une bouffée de blues qui me dévore de l'intérieur parce que d'une grande force poétique, au point que ce blues de PEER RABEN ne me file pas le blues, juste du bonheur. J'adore ce compositeur:

https://www.youtube.com/watch?v=EZq2uA4IiJs
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MessageSujet: Re: Peer RABEN   Lun 20 Aoû - 19:28

A propos de Tot in New York de Peer Raben:

Voilà ce que j'avais déjà écrit à son sujet: <<L'opéra radiophonique a été réalisé à partir du postulat fictif: "David Bowie a été assassiné". Je n'ai pas vraiment reconnu le style habituel et si caractéristique que Peer Raben développa pour le cinéma, et pas seulement pour celui de Fassbinder. Toutefois, c'est un son très allemand que l'on peut trouver dans une certaine musique légère instrumentale. Ici, c'est un jazz à la fois vocal et instrumental, un jazz urbain qui nous éloigne radicalement de l'opéra traditionnel. Si au début j'ai été un peu désorienté, ne trouvant pas les "repères" que j'espérais retrouver, petit à petit, je me suis laissé séduire par un jazz fin et délicat, assez stylé, dans un instrumentarium qui m'a bien plu. J'aime bien la sonorité un peu élastique du petit orgue et les passages avec narration, ce que je craignais le plus, ne m'ont finalement pas gêné.>>

https://www.youtube.com/watch?v=UfpgzCkS9Zc
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MessageSujet: Re: Peer RABEN   Lun 20 Aoû - 20:07

Dans Tot in New York, il y a un orgue dont j'aime beaucoup la sonorité. Il s'agit en réalité d'un orgue de théâtre joué par Piotr Gudel:

<<Un orgue de théâtre (également appelé orgue de théâtre ou orgue de cinéma au Royaume-Uni) est un type d’ orgue à tuyaux développé à l’origine pour fournir de la musique et des effets sonores aux films muets pendant les trois premières décennies du XXe siècle. Console spectaculaire de l'installation d'origine 3 manuel, orgue de théâtre Rhinestone Barton 14 rangs, installé dans le théâtre Cedar Rapids (l'ancien théâtre RKO Iowa), Cedar Rapids, Iowa. Les orgues de théâtre sont généralement identifiées par la disposition distincte en forme de fer à cheval des languettes d'arrêt (interrupteurs en forme de langue) au-dessus et autour des claviers de l'instrument sur leurs consoles . Étant donné leur emplacement de choix dans les lieux de divertissement populaires, les consoles d’orgue de théâtre étaient généralement décorées de manière audacieuse, avec des languettes colorées et peintes en rouge vif et noir, or massif ou ivoire avec garniture dorée. Dans les orgues installées au Royaume-Uni, une caractéristique commune était un large entourage translucide s'étendant des deux côtés de la console, avec un éclairage coloré interne. Un exemple original spectaculaire est ce qu'on appelle le Rhinestone Barton , installé en 1928 dans l'ancien théâtre RKO Iowa (où se trouve actuellement le théâtre Cedar Rapids à Cedar Rapids, Iowa ). La console de ce Barton de 3 rangées de Wangerin à 3 rangées et à trois rangées est entièrement recouverte de feutre noir incrusté de paillettes de verre dans des motifs tourbillonnants, avec tous les bords garnis de bandes de strass. Un autre exemple original est le Barton au 3/13 du Michigan Theatre , lieu historique d’Ann Arbor . L'orgue a été installé en 1927 et est actuellement joué cinq nuits par semaine avant la plupart des projections de films. Le concept de l'orgue de théâtre ayant été adopté, des orgues de théâtre ont commencé à être installées dans d'autres types de lieux, tels que les auditoriums civils, les arènes sportives, les résidences privées et même les églises. L'un des plus grands orgues de théâtre jamais construits (et bénéficiant certainement de la plus grande console jamais construite pour un orgue de théâtre) était le Barton de 6 rangs à 52 rangs installé dans l'énorme stade de Chicago . Plus de 7 000 de ces orgues ont été installées en Amérique et ailleurs de 1915 à 1933, mais il reste moins de 40 instruments dans leur lieu d’origine. Bien qu'il y ait peu d'instruments originaux dans leurs maisons d'origine, des centaines d'orgues de théâtre (généralement sauvées des théâtres disparus ou des lieux qui n'utilisent et n'entretiennent plus leurs instruments) sont installées dans des lieux publics du monde entier. beaucoup plus existent dans les résidences privées.>>

https://www.youtube.com/watch?v=QiKJgN80jBs
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