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 Heitor Villa-Lobos (1887-1959)

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ysov

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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Mer 16 Mai - 22:49

Faut posséder dans sa cd-thèque ses quatuors à cordes et ses concertos pour piano.

Pour écouter -----ICI

Deux versions d'intégrale des quatuors sont à recommander. Celle que je place au premier rang:


Pour écouter ----ICI

L'autre version aussi intéressante est du label Dorian par le Quartetto Latinoamericano:

Pour écouter ---- ICI
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Ven 1 Juin - 23:26

La symphonie n'est pas le domaine dans lequel ce compositeur me touche le plus et je ne les connais d'ailleurs pas toutes. Je connais les 1, 4, 11, 10 et 12. La première fut composée en 1916 alors que l'Europe est à feu et à sang et porte le titre "The Unexpected". Elle est constituée de quatre mouvements. Sa quatrième symphonie fut composée après la capitulation allemande, en 1919, et fut intitulée "Victory". Elle se compose également de quatre mouvements. La Symphonie n°10 "Amerindia" est une oeuvre monumentale de plus de 73 minutes, pour solistes (ténor, baryton, basse), choeur et orchestre qui se découpe en cinq mouvements. C'est aussi celle que je trouve réellement formidable et accomplie. Sa Symphonie N°11 date de 1955 et se découpe en quatre mouvements. La douzième symphonie de Villa-Lobos fut composée en 1957.

Les symphonies n°1, 4, 11 & 12 sont interprétées par le "SWR Radio-Sinfonieorchester Stuttgart" sous la direction de Carl St.Clair.
La Symphonie n°10 est interprétée par: Lothar Odinius, ténor/ Henryk Böhm, baryton/ Jürgen Linn, basse, et les "Members of the Staatsopernchor Stuttgart", le "SWR Vokalensemble Stuttgart" et le "Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR.
Direction: Carl St.Clair.

Globalement, je trouve son approche de la symphonie un peu trop luxuriante, un peu trop chargée et extravertie, notamment dans la 1, la 11 et la 12 et peut-être aussi dans le premier mouvement de la quatrième qui, malgré tout, m'a beaucoup plu. Ha! La superbe danse dans le dernier mouvement! Toutefois, dans les orchestrations et la forme, j'ai une nette préférence pour les symphonies d'Honegger qui me paraissent moins luxuriantes, plus "retenues et dépouillées" dans une certaine mesure. Toutefois, les symphonies de Villa-Lobos n'en demeurent pas moins attrayantes et expressives. Celle qui se démarque est sans équivoque la N°10 qui tient selon moi le haut du panier et qui se rapproche davantage de ce qui illustre le génie du créateur brésilien. Les choeurs y sont amples et majestueux. C'est sans doute sa symphonie la plus mahlerienne mais c'est aussi celle des cinq susmentionnées qui me transporte du début à la fin, ce qui n'est pas un moindre compliment que je lui voue puisque l'oeuvre dépasse les 70 minutes.

Classement préférentiel provisoire; 10, 4, 12, 11 & 1.
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joachim
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Sam 2 Juin - 9:17

Je les ai toutes écoutées (sauf évidemment la cinquième qui est perdue) mais je n'ai pas vraiment de classement. Disons que mes préférées sont la n° 2 "Ascençao" et la n° 4 "A Vitoria" suivies par la n° 3 "Guerra" et la 6 "Montanhas do Brasi"l. Je place les autres à égalité, mais un cran au dessous. Personnellement je trouve la n° 10 "Sume Pater Patrium" trop longue, et le chant m'indispose plutôt chez Villa Lobos.

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Kool



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MessageSujet: Heitor Villa-Lobos   Sam 8 Déc - 21:40

Heitor Villa-Lobos1, né à Rio de Janeiro le 5 mars 1887 et mort dans la même ville le 17 novembre 1959, est un compositeur brésilien.

Auprès de son grand-père, bibliothécaire, écrivain et mélomane d'une vaste culture, Villa-Lobos apprend le piano, le violoncelle, la clarinette et la guitare. Cette dernière sera son instrument de prédilection. Ce jeune musicien, plutôt autodidacte, découvre sa passion auprès des musiciens de rue. À l'âge de 16 ans, en 1903, il décide de s'enfuir de chez lui et va parcourir le Brésil, plus particulièrement les régions du Nordeste, recueillant au cours de son errance d'authentiques chants traditionnels. « Je trouvais stupide de continuer à imiter Beethoven. Pendant huit ans, j'ai voyagé dans les régions les plus reculées du Brésil , on m'a cru mort et on a même dit des messes pour le repos de mon âme ! Mais j'ai rapporté de cette expédition d'incroyables richesses. » Il gagne alors sa vie en jouant dans les cafés et les restaurants. Il effectue d'autres voyages semblables par la suite, bien qu'il entretienne un voile de mystère autour de ceux-ci ; son propre témoignage concernant des aventures avec des tribus cannibales du Nord-est est sujet à caution.

Par la suite, il étudie à l'institut national de musique de Rio de Janeiro, bien que sa musique ne se soit jamais conformée à aucune norme académique. Comme Villa-Lobos le dit bien des années plus tard : « Ma musique est naturelle, comme une chute d'eau ». Et aussi : « Un pied dans l'académie et vous êtes déformé ».

Après un autre voyage ethno-musicologique au cœur de (la Chine] en 1912, Villa-Lobos revient à Rio de Janeiro. C'est là, le 13 novembre 1915, qu'il capte l'attention de cette ville en donnant un concert de sa musique nouvelle. Il fait sensation. Arthur Rubinstein est conquis ; il se fait son interprète et lui amène des mécènes. En 1923, il attire suffisamment à lui les faveurs des officiels pour obtenir une bourse pour étudier à Paris. Il y découvre les richesses de l'Europe. Il réside au 13 Place Saint-Michel dans le 6e arrondissement de Paris où une plaque en perpétue le souvenir. À son retour en 1930, Villa-Lobos entame une grande carrière politique et pédagogique et il est nommé directeur de l'éducation musicale de Rio de Janeiro. Tout en continuant la composition, il prend en charge la vie musicale de son pays (organisation de l'enseignement musical dans les écoles et maternelles, préparation des concerts…). Il fonde également le conservatoire national de chant orphéonique et l'académie brésilienne de musique.

En 1944, Villa-Lobos effectue un voyage aux États-Unis pour diriger ses œuvres, obtenant un succès critique et même un certain succès populaire. D'importantes œuvres sont commandées par des orchestres américains et il écrit même une musique de film pour Hollywood, pour le film Vertes Demeures (1959). Les années 1940 sont pour lui une période de triomphe international. Comme compositeur et comme chef d'orchestre, Villa-Lobos est célébré de Los Angeles à New York et Paris. En 1957, pour son soixante-dixième anniversaire, le Brésil institue l'« année Villa-Lobos ».

Il meurt, le 17 novembre 1959 à Rio de Janeiro, ville de son cœur, laissant environ 1 000 œuvres de tous styles, avec 12 symphonies, 17 quatuors à cordes, des opéras, des ballets, des suites, des poèmes symphoniques, des concertos, des œuvres vocales, des pièces pour piano, de la musique religieuse et des musiques de film.

Villa-Lobos, au-delà d'être un grand compositeur, est également un pédagogue musical pour son pays. Il a conçu un système d'apprentissage de la musique pour des générations de Brésiliens, basé sur la riche culture musicale brésilienne, et prenant ses racines dans un patriotisme profond et toujours explicite. Il a composé de la musique chorale pour de grands chœurs d'enfants des écoles, souvent adaptée du folklore. Il a légué au Brésil d'aujourd'hui, même au sein des nouvelles générations élevées avec les écoles de samba ou MTV, un sentiment profond de fierté et d'amour pour lui, mêlé de semblables sentiments pour leur pays. C'est surprenant, si l'on considère qu'il s'agit d'un compositeur de musique « classique » mort en 1959 ; on trouverait difficilement un équivalent de cet engouement en Amérique du Nord.

Villa-Lobos est connu pour sa prolixité, bien qu'il a probablement exagéré le nombre d'œuvres qu'il a écrites, de nombreux ouvrages étant des arrangements de pièces précédentes. À la fin de sa vie en particulier, Villa-Lobos a fait beaucoup de ré-écriture.

Son style est unique, et combine des influences européennes, notamment celle de J.-S. Bach, compositeur favori de Villa-Lobos, avec des sources de musique traditionnelle brésilienne.

Les œuvres ci-dessous représentent son héritage musical. À l'exception des ouvrages perdus, elles sont fréquemment jouées dans les récitals et les concerts partout dans le monde et aussi enregistrées sur CD . À l'exception également du Nonetto et des opéras. Même les symphonies sont maintenant disponibles dans un enregistrement intégral.

L'ouvrage le plus populaire de Villa-Lobos est la Bachianas brasileiras n° 5, pour voix et 8 violoncelles, mais également jouée par beaucoup d'autres formations instrumentales. La musique pour guitare seule, comprenant les préludes, les études et le Choros venant en deuxième dans les œuvres les plus populaires. La musique la plus importante est contenue dans les Choros, les Bachianas brasileiras et la série de quatuors à cordes, ainsi que dans de nombreuses pièces pour piano solo - comme le Choros et la Bachianas Brasileiras , par exemple — très prisées par les pianistes et le public. Des musiciens de jazz jouent sa musique.
Source Wikipédia


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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Sam 8 Déc - 21:55

J'ai fusionné les deux sujets, Kool car il existait déjà un topic sur ce compositeur. Mais c'est vrai qu'en mettant le nom en entier dans la fenêtre "Rechercher" ou juste "Villa-Lobos", on ne tombe pas sur le compositeur. C'est en inscrivant seulement son prénom Heitor que je suis tombé dessus.  


Dernière édition par Icare le Dim 4 Mai - 22:09, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Ven 27 Déc - 19:46

Icare a écrit:
La symphonie n'est pas le domaine dans lequel ce compositeur me touche le plus. Globalement, je trouve son approche de la symphonie un peu trop luxuriante, un peu trop chargée et extravertie, notamment dans la 1, la 11 et la 12 et peut-être aussi dans le premier mouvement de la quatrième qui, malgré tout, m'a beaucoup plu. Ha! La superbe danse dans le dernier mouvement!

Effectivement, la Symphonie n°4 - Victoire commence en grande pompe. Cuivreux et luxuriant. Cependant, son caractère viril et glorieux me happe de plus en plus. Elxaltant, intense, puissant. Les troisième et quatrième mouvements sont particulièrement galvanisants. Ha! cette danse festive et exaltante de ce quatrième mouvement qui commence déjà sur un ton qui me plait beaucoup... A noter une brève citation de la Marseillaise dans le second...Cette symphonie m'a inspiré la vigueur et la libération après la souffrance et la peur.       

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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Dim 4 Mai - 22:22


Il y avait longtemps que je n'avais pas écouté Heitor Villa-Lobos qui est pourtant un compositeur qui m'intéresse beaucoup, un de mes préférés parmi les modernes juste après Arthur Honegger, Igor Stravinsky, Frank Martin et Bela Bartok. J'ai donc illuminé ma douce soirée du dimanche soir avec les trois premières suites de son Discovery of Brazil, me réservant la quatrième pour demain. Ces couleurs du Brésil me manquaient et je fus bien heureux de les retrouver parmi les orchestrations un peu luxuriantes et parfois festives de ces suites symphoniques. J'y ai écouté la grande diversité de ses couleurs, des plus vives aux plus nuancées, ses moments de lyrisme bariolé avec, par moments, un jeu de cordes plus romantique, ses rythmes et danses du soleil. J'ai passé un bon moment.    La dernière suite est aussi la plus longue des quatre. Elle environne les trente minutes. Je l'écouterai demain. le Brésil est chez moi.  
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joachim
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Lun 5 Mai - 11:24

Cette "Descobrimento do Brasil" - titre original portugais - est l'une des oeuvres de Villa Lobos que je préfère. Sais tu  qu'elle était destinée comme musique du film d'Humberto Mauro (même titre) présenté à Rio de Janeiro en 1937 ? Les trois premières suites racontent le voyage des navigateurs portugais en 1500 entre l'Europe et la côte brésilienne, atteinte à la fin de la troisième suite, la Fête dans la Forêt où l'on entend d'authentiques chants indiens. La quatrième suite introduit des choeurs : confrontation entre le choeur d'hommes représentant les européens et le choeur mixte représentant les Indiens, où l'on trouve aussi bien des chants indigènes que du grégorien ! Le mélange des deux à la fin est le symbole de fraternité universelle (utopique quand on connait la suite) qu'aurait souhaité le compositeur.

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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Lun 5 Mai - 19:26

Merci pour ces précisions, Joachim, surtout que j'ignorais que cette musique fut d'abord envisagée pour un film. La quatrième et dernière suite est merveilleuse en tout point. Je viens de l'écouter à l'instant, c'est selon moi la meilleure partie de l'oeuvre. Superbe inspiration thématique et emploi des choeurs, choeur d'hommes et choeur mixte: la fin est utopique bien sûr lorsque l'on connaît l'issue tragique et terriblement meurtrière qui en suivit...Si cette fabuleuse musique de Villa-Lobos avait pu résonner dans la tête de tous ces belligérants, si une fleur avait pu sortir du canon de chacun de leurs fusils et si les flèches s'étaient alors transformées en colombes de la paix...je pense à l'Ukraine, à la Syrie, à tous ces hommes, femmes, enfants, vieillards, victimes de la cruauté humaine...je pense à cette curieuse question qui fut posée à Ennio Morricone en fin d'interview: "La musique a-t-elle le pouvoir de changer le monde en mieux? Le compositeur répondit alors: "Non!"
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Jeu 29 Mai - 17:01


A l'occasion de mon cycle "Latino" qui a débuté avec la Symphonie des Mystères du compositeur espagnol Joaquin Nin-Culmell et s'est poursuivie agréablement avec des oeuvres orchestrales de Xavier Montsalvatge, je viens de réécouter trois Choros de Heitor Villa-Lobos, la N°6 - 1926 pour orchestre, la N°1 - 1920 pour guitare et la N°8 - 1925 pour grand orchestre & 2 pianos. J'ai encore une fois côtoyé un monde merveilleux, ensoleillé, fait de moments somptueux et chaleureux. Les Choros N°6 & 8 m'ont fait voyager au travers d'une structure symphonique qui m'enchante littéralement, un idéal sonore fait de vie et de couleurs, de rythmes et aussi de romantisme fleuri. Ils sont merveilleusement interprétés par le Sào Paulo Symphony Orchestra (OSESP) sous la direction de John Neschling. Les deux pianistes qui interviennent avec parcimonie dans la N°8 sont Linda Bustani et Ilan Rechtman. Le Choros N°1, entre les N°6 & 8, offre un doux interlude pour guitare sous les doigts de Fabio Zanon. Je vais bientôt réécouter les Choros N°4 & 9, ravi de retrouver la prose musicale du grand maître brésilien qui fait partie de mes compositeurs préférés de la période dite "moderne" auprès d'Arthur Honegger et Frank Martin.    
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Jeu 29 Mai - 19:09

Le Choros n°4 a été composé en 1926 pour 3 cors et trombone et c'est une pièce de chambre assez plaisante et de courte durée, à peine plus longue que le N°1 pour guitare qui dépasse à peine les 5 minutes. Il est interprété par Dante Yenque, Ozéas Arantes et Samuel Hamzem pour les cors et Darrin Coleman Milling pour le trombone basse. Bien sûr, toute mon attention s'est davantage portée sur le Choros n°9 (1929) pour orchestre d'une durée de 24 minutes environ. La musique est ample, respire le Brésil, passe par différentes ambiances sonores, des plus lumineuses aux plus tendres et romantiques. C'est une magnifique histoire sans parole, une ballade harmonieuse avec quelques pointes d'exotisme parfaitement disséminées.   

Voilà un extrait de Choros n°6. J'aime beaucoup cette ambiance un peu particulière qui est développée au début, une entrée en la matière qui me plait beaucoup:



http://www.youtube.com/watch?v=4vRcEcJJBhM#t=206

http://www.youtube.com/watch?v=QaBhbdu88wU
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Ven 30 Mai - 9:22

Je viens de vivre, en cette belle matinée ensoleillée, de grands moments d'émotion à l'écoute de plusieurs Choros du compositeur brésilien. J'ai d'abord fondu à l'écoute d'Introduction to the Choros (1929) pour guitare (Fabio Zanon) et orchestre, surtout aux alentours des cinq premières minutes, parmi lesquels se développe un thème doux et irrésistible avec une écriture des cordes qui touche à l'exquis. Mais ce n'est pas le seul moment de doux lyrisme qui me comble. Il y a aussi, par exemple, une délicieuse et tendre mélodie développée au hautbois solo, délicatement accompagné par la guitare, qui m'emplit de bien-être avec une facilité déconcertante. Two Choros (Bis) (1928) pour violon et piano propose une musique de chambre fort appréciable, un duo, un dialogue, entre deux instrumentistes, le violoniste Claudio Cruz et le violoncelliste Johannes Gramsch, qui se suit avec plaisir...A savoir cependant que le duo flûte-clarinette qui illumine joyeusement le Choros n°2 (1924), interprété par la flûtiste Elizabeth MacCafferty et le clarinettiste Ovanir Buosi, me procure encore plus de plaisir: parfait celui-là malgré sa très courte durée (2'42)! Choros n°3 - Pica-Pau (1925) est une oeuvre plutôt courte mêlant choeur d'hommes et instruments à vent. C'est assez original. Toutefois, je ne suis pas loin de penser que mon Choros préféré est le N°10 - Rasga o Caraçào (1926) pour orchestre et choeur mixte. J'ai vécu là un sommet d'émotion, surtout lorsque les choeurs entrent en scène. Toute la première partie est purement orchestrale, puis les choeurs entonnent leur chant étrange, un chant qui semble provenir d'un lointain merveilleux. Cela devient très vite un enchantement pour mes oreilles jusqu'à la dernière mesure. Enivrant!!    
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joachim
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Ven 30 Mai - 10:20

La série des choros a été composée durant le séjour de Villa Lobos à Paris, donc entre 1925 et 1929.
Ces 12 Choros - plus les "bis" et l'introduction - sont une collection de morceaux très éclectiques tant en instrumental (de 1 instrument au grand orchestre avec choeur), que par les durées (de 2 à 65 minutes). Personnellement, étant un "symphoniste", je préfère ceux pour orchestre, notamment les n° 6, 11 et 12. On ne peut que regretter que les deux derniers (n° 13 et 14, ce dernier pour grand orchestre, plus harmonie et choeurs) soient perdus, comme la symphonie n° 5. Je me demande quand même comment des oeuvres du 20ème siècle peuvent se perdre !

Je suppose que tu connais aussi les Bachianas Brasileiras, une autre collection de chefs d'oeuvres ?
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Ven 30 Mai - 12:25

J'ignore aussi comment ces oeuvres ont pu se perdre pour notre plus grand malheur, enfin pour le plus grand malheur de tous ceux qui aiment comme moi la musique de Heitor Villa-Lobos. Un incendie? Une inondation? Une volatilisation mystérieuse? Je viens d'écouter le Choros n°12 (1929) pour orchestre qui atteint à lui seul les 37 minutes. Sans être aussi "symphoniste" dans mes goûts que tu l'es, j'ai beaucoup apprécié cette oeuvre. Il faut dire aussi que chez Villa-Lobos, ça pétille d'idées, de combinaisons, de coloris, de fougue, d'énergie, d'émotions. Vers la dernière dizaine de minutes, c'est un jaillissement symphonique un peu sous la forme d'une fugue qui se met en marche, une effervescence de l'orchestre et notamment des cordes. Il y a aussi, plus en amont, des passages plus tendres et lyriques, très gracieux, presque sirupeux, mais juste ce qu'il faut, jamais trop à mon goût, pour rendre cette oeuvre profondément humaine et émouvante.    

Parmi mes préférées, on notera l'Introduction to the Choros pour guitare et orchestre, ne serait-ce que pour son doux lyrisme, le Choros n°6 pour orchestre, le N°8 pour grand orchestre et 2 pianos, le N°9 pour orchestre, le N°12 pour orchestre et celui qui a désormais toute ma préférence: le N°10 - Rasga o Coraçào pour orchestre et choeur mixte. Ce Choros-là est vraiment magnifique avec ses chants particuliers qui m'emportent si haut, vers l'Empyrée.   

Concernant les BACHIANAS BRASILEIRAS, tu supposes bien, sauf que je n'ai pas prévu de les intégrer dans mon cycle "Latino". La prochaine oeuvre de Villa-Lobos, planifiée parmi mes futures écoutes, est la Symphonie que je préfère de lui: la N°10
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Ven 30 Mai - 22:42

J'ai enfin sublimé ma soirée en écoutant la Symphonie n°10 "Amerindia" et bien qu'il s'agisse là d'une oeuvre plutôt longue et fastidieuse, je ne l'ai pas vu passer, étais presque déçu d'être arrivé au point final. J'adore cette symphonie, de très loin ma préférée de celles que je connais de Villa-Lobos. Il y a de nombreux rebondissements, même au sein d'un seul et même mouvement. L'oeuvre fourmille de poésie, de fantaisie, de ces idées musicales qui trahissent un esprit imaginatif et d'une inspiration qui semble intarissable. J'adore, encore une fois, comment le compositeur emploie les choeurs et les voix solistes. Je sens aussi dans cette symphonie des agencements peu orthodoxes, des tournures très personnelles, quelque chose de profondément artisanal. Plus je suis entré dans la chair émotionnelle du chef-d'oeuvre du grand Heitor, moins j'avais envie d'en sortir, moins j'avais envie de quitter ce monde merveilleux où on entend chanter, à un moment donné, des oiseaux, où les choeurs prennent une dimension mystique, où les gestes symphoniques expriment des teintes exotiques et parfois luminescentes...    
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Dim 1 Juin - 18:24

Beaucoup de lyrisme et d'expressivité dans les deux Concertos pour violoncelle et orchestre de Heitor Villa-Lobos, autant dans celui qu'il composa en 1915 et qui est présenté sous le titre de "Grand Concert" que celui composé 38 ans plus tard, en 1953. J'y ai ressenti, par endroits, un romantisme exacerbé, développé par tout l'orchestre, une grande formation symphonique, cette fois. Le violoncelle d'Ulrich Schmid est ample et généreux, s'exprime amoureusement au sein d'un orchestre porteur des mêmes ébats, des mêmes étreintes. J'écoute ainsi un chant d'amour sans parole, une musique qui embrasse et enlace...Je n'en suis pas forcément sorti fasciné ni bouleversé, juste étreint et flatté. 


Dernière édition par Icare le Dim 8 Jan - 17:59, édité 1 fois
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laudec

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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Dim 1 Juin - 19:30

J'ai trouvé cette suite populaire brésilienne aussi qui m'enchante pleinement  

 
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Ven 26 Sep - 12:54

Icare a écrit:
Beaucoup de lyrisme et d'expressivité dans les deux Concertos pour violoncelle et orchestre de Heitor Villa-Lobos, autant dans celui qu'il composa en 1915 et qui est présenté sous le titre de "Grand Concert" que celui composé 38 ans plus tard, en 1953. J'y ai ressenti, par endroits, un romantisme exacerbé, développé par tout l'orchestre, une grande formation symphonique, cette fois. Le violoncelle d'Ulrich Schmid est ample et généreux, s'exprime amoureusement au sein d'un orchestre porteur des mêmes ébats, des mêmes étreintes. J'écoute ainsi un chant d'amour sans parole, une musique qui embrasse et enlace...Je n'en suis pas forcément sorti fasciné ni bouleversé, juste étreint et flatté.  

C'est exactement cela! Etreint et flatté par un romantisme généreux, ample, quasi-hollywwoodien. C'est quelque-part étonnant que je puisse être ainsi réceptif à des esthétiques aussi différentes et opposées les unes des autres: par exemple, tout oppose (ou presque) le second Concerto pour violoncelle de Villa-Lobos à celui déjà plus statique et austère de Cristobal Halffter et pourtant les deux oeuvres me procurent d'authentiques émotions. Je dirais qu'elles sont davantages cérébrales et viscérales chez Halffter - l'oeuvre est austère, parfois oppressante, dramatique, presque glacée, elle dessine un monde hostile et fascinant - alors que la musique du maître brésilien me transporte par son lyrisme exacerbé vers une dimension plus romantique, plus bariolée et chaleureuse. C'est un monde qui me fascine moins mais me réconforte davantage, m'est aussi plus familier.
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Jeu 2 Avr - 12:43

Ce matin, j'ai réécouté les 12 Etudes & 5 Préludes pour guitare par Narciso Yepes et il y a ce très beau texte de Matthias Henke que je tiens à vous faire partager ici:

<<Par les Douze études, Villa-Lobos révolutionna l'idée que l'on se faisait de la sonorité de cet instrument depuis le XIXème siècle: par le déplacement mécanique des positions et les harmonies singulières qui en résultent, par l'heureux mélange de cordes à vide et doigtées, entraînant des déplacements d'accents, des effets de trémolo ou de bourdon. La Première Etude rappelle un des compositeurs que Villa-Lobos admirait: J. S. Bach; écrite dans le style de ses Préludes pour clavier, elle exige de l'interprète une technique d'arpèges peu commune. Les Deuxième et Troisième Etudes se concentrent sur les différentes techniques du legato. La Quatrième est consacrée aux répétitions rapides d'accords, la Cinquième à un accompagnement obligato au-dessus duquel la voix principale se déploie tantôt au soprano, tantôt à la basse (un exercice de funambule pour le guitariste qui doit maintenir l'équilibre sonore). La difficulté technique de la Sixième Etude réside dans la succession d'accords massifs à quatre voix, tandis que la Septième présente des passages rapides se concluant sur des accords et des cantilènes accompagnées de complexes accords brisés. La Huitième Etude forme une île à l'intérieur de l'ensemble, car ses difficultés techniques cachent une habarena, ancêtre plus plaisible du tango. La première section de la Neuvième Etude présente une mélodie accompagnée d'accords parallèles qui seront habilement ciselés dans la seconde partie. Le noyau de la pièce suivante est formé par la figure legato d'une voix inférieure; déjà difficile à exécuter en soi, elle doit en plus être mise en évidence, car elle porte la mélodie. La partie centrale de la Onzième Etude, dans laquelle explose un fulminant trémolo produit grâce aux cordes à vide et à une position mobile, est encadrée par deux sections presque identiques en forme d'arche, qui exploitent le contraste entre sombres mélos et rythmes cinglants. La dernière Etude commence dans une frénésie de glissandi à trois voix, s'oriente ensuite vers un trémolo menaçant pour finalement s'abandonner à une nouvelle cascade d'accords.

Bien qu'influencés par les Etudes, les Cinq Préludes ne traitent pas de problèmes techniques spécifiques. D'un point de vue rythmique et mélodique, ils se rapprochent davantage de la chanson ou de la danse, parenté dont témoigne la prépondérance de la forme ternaire.
>>

Je suis bien entré dans toutes ces pièces pour guitare, peut-être mieux cette fois-ci que les fois précédentes. J'avais jusqu'ici tendance, dans le domaine de la guitare, chez Villa-Lobos, de me limiter à son superbe concerto. Du coup, je négligeais un peu trop ses pièces pour guitare seule qui ne se limitent pourtant pas à d'interminables prouesses techniques, ne les rendant utiles que pour un guitariste. Un simple mélomane comme moi ne s'est pas senti exclu. J'ai connu ma dose de plaisir en les écoutant.
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Mer 20 Mai - 22:23


J'ai réécouté, ce soir, trois Bachianas Brasileiras par l'Orchestre Symphonique du Brésil sous la direction d'Isaac Karabtchewsky. Je n'ai pas suivi l'ordre chronologique et si je me réserve les trois premières pour demain, j'ai d'abord souhaité me pencher sur les N° 4, 5 et 6. La Bachianas Brasileiras n°4 est écrite pour orchestre symphonique et se divise en quatre mouvements; "Prélude - introduçao", "Chorale - Canto do sertao", "Aria - Cantiga" et "Danse - Miundinho". Le Prélude est un adagio poignant et magnifique qui semble tourner sur lui-même. J'aime beaucoup l'écriture des cordes dans ce morceau. Les autres mouvements sont également captivants. La Bachianas Brasileiras n°5 est écrite pour soprano et orchestres de violoncelles, peut-être celle qui obtient ma préférence. Le premier mouvement "Aria - Cantilena" contient une somptueuse mélodie, superbement portée par la voix de Leila Guimaraes à laquelle j'ai toujours été très réceptif. Le second mouvement "Danse - Martelo" ne manque pas de saveur non plus. La Bachianas Brasileiras n°6 est celle qui parmi les neuf se réduit à un tout petit effectif instrumental puisqu'elle fait appel à une flûte solo et un basson. Elle est interprétée avec beaucoup de talent par Norton Morozowicz à la flûte et Noël L. Devos au basson, et se compose de deux mouvements, une "Aria" et une "Fantaisie". Poétique et expressive, j'y entrevois mystérieusement un beau duo d'insectes: la flûte, aérienne et volatile, m'évoque un papillon multicolore alors que le basson, plus terrestre et rampant, m'évoque une grosse chenille...pure fantaisie de mon esprit... Hehe
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Jeu 21 Mai - 9:08

Icare a écrit:
La Bachianas Brasileiras n°6 est celle qui parmi les neuf se réduit à un tout petit effectif instrumental puisqu'elle fait appel à une flûte solo et un basson.

Superbe, merci pour cette découverte, j'aime beaucoup ce dialogue flûte-basson. Si la flûte me semble légère et aérienne, le basson je l'imagine ancré, bien planté comme un chêne offrant l'hospitalité à de nombreux oiseaux ...

La Bachiana n° 5 également magnifique, j'avais oublié que c'était Villa-Lobos, quel bel hommage à J.S. Bach !


https://youtu.be/PpiwY9ln0cU
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Jeu 21 Mai - 10:11

Comme prévu, j'ai réenchéri, ce matin, avec les Bachianas Brasileiras n°1,2 & 3, ce qui fut pour moi une excellente manière de commencer la journée. La N°1 bénéficie d'une formation originale: un orchestre de violoncelles, ce qui n'est pas si commun, se découpe en trois mouvements; "Introduction - Embolada", "Prélude - Modinha" et "Fugue - Conversa". Le Prélude est absolument irrésistible pour une délicieuse mélodie si superbement développée. un régal. J'aime beaucoup les deux autres mouvements aussi. La Bachianas Brasileiras N°2 pour orchestre symphonique est peut-être la plus remarquable de toutes. J'en aime beaucoup l'écriture symphonique au sens large du terme. Autant le "tout symphonique" peut m'irriter au plus haut point chez certains compositeurs - très récemment chez Emmanuel Chabrier à cause, entre autres, de sa "Fête Polonaise", autant il va m'être totalement captivant chez Villa-Lobos, sauf à de rares exceptions. La N°2 me passionne en entier, par ses quatre mouvements si merveilleusement orchestrés; "Prélude - Ponteio", "Aria - O canto da nossa terra", "Danse - Lembraça do sertao" et Toccata - O trenzinho do caipira". Comme lors des écoutes précédentes, c'est la partie la plus descriptive que je trouve la plus remarquable dans cette "Bacchianas", c'est-à-dire la "Toccata" et sa description d'un train en mouvement: j'ai pleinement ressenti le souffle, la respiration mécanique, d'un train en marche. C'est flagrant et c'est formidable d'observer à quel point le train, ce grand cobra d'acier qui crache son arrogance au monde, ait pu fasciner des compositeurs que j'apprécie plus particulièrement, comme justement Heitor Villa-Lobos, mais aussi Arthur Honegger et Ennio Morricone...Il y en a sûrement quelques autres dans l'histoire de la musique...La Bachianas Brasileiras n°3 pour piano et orchestre est celle qui, jusqu'à aujourd'hui, me plaisait le moins - je l'ai toujours trouvée un peu bancale - sans doute à cause de son "Aria - Modinha" dont la mélodie m'a toujours paru un peu pataude et le lyrisme ampoulé...et pourtant, paradoxalement, il y a un rapport de force qui s'installe entre le piano et l'orchestre qui, à chaque fois, finit par happer mon attention jusqu'à la note finale. Imparfait mais si attractif. Il en va de même pour les autres mouvements; "Prélude - Ponteio", "Fantaisie - Devaneio" et une exaltante "Toccata" (Picapaù) finale qui démarre sur le jeu trépidant des percussions. Finalement, cette N°3 remonte dans mon estime.
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Icare
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Jeu 21 Mai - 17:45

Il ne me restait plus qu'à réécouter les Bachianas Brasileiras n°7, 8 & 9 et c'est désormais fait. Parti dans mon élan, je savais que j'allais vivre de nouvelles émotions avec les trois dernières de cette série d'oeuvres. La Bachianas Brasileiras n°7 pour orchestre symphonique, fut composée en 1942 et présentée par le compositeur lui-même le 13 mars 1944. La pièce se divise en un "Prélude - Pontelo", une "Gigue - Quadrilha capipira", une "Toccata - Desafio" et une "Fugue - Conversa". Le Prélude est sans aucun doute l'une des parties les plus lyriques des Bachianas, toutefois, ma préférence va nettement pour la géniale Toccata qui puise son inspiration dans des "desafios" (joutes vocales) des "cantadores" du Nord-Est brésilien, sans tonalité dominante, et traduit une atmosphère de fête. Il y a des sonorités insolites dans cette pièce qui ne se limite évidemment pas à cette caractéristique puisque en plus d'être expressive, elle est superbement structurée et profonde. La Bachianas Brasileiras n°8 pour orchestre symphonique fut, quant à elle, composée courant de l'année 1944 et exécutée pour la première fois le 6 août 1947, à l'Academia Santa Cecilia, à Rome, sous la direction de Heitor Villa-Lobos. Elle se constitue d'un "Prélude, d'un "Aria - Modinha", d'une "Toccata - Catira batida" et d'une "Fugue" conclusive. Très belle oeuvre en entier de laquelle je retiens le formidable et si émouvant second mouvement à l'allure d'un grand "Largo": cet Aria est mélodiquement très riche et si intense en même temps. Cependant, il ne faudrait surtout pas négliger la "Toccata" qui suit et puise son énergie communicative dans une danse très ancienne, intitulée "catira" ou "cateretè", provenant du sud du pays et dont l'implantation au Brésil serait attribuée au Père jésuite Anchieta. La dernière Bachianas Brasileiras (N°9) pour orchestre à cordes, est aussi la plus courte puisqu'elle n'atteind pas les neuf minutes. Elle fut composée à New York, en 1945, et dédiée à Aaron Copland. La première eut lieu la même année au Brésil.
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Jeu 4 Juin - 12:33

J'ai enfin sublimé ma soirée en écoutant la Symphonie n°10 "Amerindia" et bien qu'il s'agisse là d'une oeuvre plutôt longue et fastidieuse, je ne l'ai pas vu passer, étais presque déçu d'être arrivé au point final. J'adore cette symphonie, de très loin ma préférée de celles que je connais de Villa-Lobos. Il y a de nombreux rebondissements, même au sein d'un seul et même mouvement. L'oeuvre fourmille de poésie, de fantaisie, de ces idées musicales qui trahissent un esprit imaginatif et d'une inspiration qui semble intarissable. J'adore, encore une fois, comment le compositeur emploie les choeurs et les voix solistes. Je sens aussi dans cette symphonie des agencements peu orthodoxes, des tournures très personnelles, quelque chose de profondément artisanal. Plus je suis entré dans la chair émotionnelle du chef-d'oeuvre du grand Heitor, moins j'avais envie d'en sortir, moins j'avais envie de quitter ce monde merveilleux où on entend chanter, à un moment donné, des oiseaux, où les choeurs prennent une dimension mystique, où les gestes symphoniques expriment des teintes exotiques et parfois luminescentes...

Nouvelle écoute et toujours la même impression de grandeur et de beauté dans cette symphonie chorale (la N°10) de Heitor Villa-Lobos. Je ne m'en lasse pas. c'est un chef d'oeuvre que je connais depuis longtemps, que j'ai déjà écouté maintes fois au point que je pourrais penser le connaître par coeur. Pourtant, à chaque nouvelle écoute, j'ai l'impression d'y découvrir quelque chose de neuf, quelque chose qui m'avait échappé les fois précédentes. Cette oeuvre a été écrite pour trois voix d'hommes, ténor (Lothar Odinius), baryton (Henryk Böhm), basse-baryton (Jürgen Linn), choeur et orchestre, le tout sous la direction de Carl St.Clair. Trois belles voix d'hommes. Pas de soprano parmi les solistes dans cette symphonie.
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MessageSujet: Re: Heitor Villa-Lobos (1887-1959)   Mer 7 Oct - 23:34

Très belle redécouverte aujourd'hui du Concerto pour harpe et orchestre, profondément romantique et passionné dans une version exquise du "Nouvel Orchestre Philharmonique de Radio-France", sous la direction d'Eduardo Mata et avec la fameuse harpiste Susanna Mildonian. Je l'ai, couplé avec celui de Ginastera qui est de facture plus "moderne". Je les écoute rarement l'un à la suite de l'autre mais je les aime, en revanche, autant l'un que l'autre, seulement pour des raisons différentes. Ce soir, j'ai vraiment vécu une très belle proximité avec le concerto de Villa-Lobos, ai vraiment choisi le genre de musique que j'avais envie d'entendre à ce moment-là, deux parties d'un puzzle qui s'emboîta parfaitement pour un moment de pur bonheur. J'ai encore dans ma tête l'écho d'une harpe limpide et de cordes somptueuses et réconfortantes.
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Heitor Villa-Lobos (1887-1959)
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