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 Piero PICCIONI

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Icare
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MessageSujet: Piero PICCIONI   Piero PICCIONI Empty2012-11-21, 23:02

Piero PICCIONI Piero_piccioni

<<J'ai toujours reconnu en Piero un talent rare. Lors d'occasionnelles discussions entre collègues et amis, j'ai souvent dit comment cet homme qui s'était destiné à servir la loi avait pour réelle vocation la musique. Amoureux de jazz, sa passion était en mesure d'isoler certaines caractéristiques spécifiques de ce langage musical, la transformation s'accomplissant dans un style essentiellement personnel, cohérent et reconnaissable, même dans les applications pratiques pour le cinéma. Que ce soit Par l'expression d'une explicite modernité de "Main basse sur la ville", par la poétique narrative de "Fumo di Londra" ou la très belle chanson toute en raffinement "Amore, amore, amore", la singularité de son style reste toujours claire et communicative. Mes souvenir de nos conversations sont toujours en vie en moi. Lorsque Piero se mettait à parler, je ne savais pas par où il allait arriver. Son vol était une Insouciante et joyeuse politique musicale, faite de morale, de paradoxes, parcourant tous les problèmes éthiques de la vie. Lorsque le vol s'achevait, retourné à son point de départ, il me semblait avoir entendu quelque chose de rêvé et profondément culturel (mais de nullement présomptueux). Piero a laissé un grand vide pour ceux qui, comme moi, l'admiraient et étaient vraiment amis.

Nous nous retrouverons, Piero, dans un monde de musique, loin de l'hypocrisie que nous croisons souvent, hélas, comme des toiles d'araignée, dans nos vies terrestres.
>> Ennio Morricone.

Piero Piccioni (né à Turin le 6 décembre 1921, mort à Rome le 23 juillet 2004) est un compositeur italien de musiques de films. Il est aussi un musicien de jazz inspiré et comme j'ignore, jusqu'à aujourd'hui, l'existence d'oeuvres classiques, comme, par exemple, de la musique de chambre, des opéras, symphonies, concertos..., j'ai préféré le situer dans la rubrique dédiée au jazz.


Amoureux de jazz dès l'enfance et autodidacte dans l'étude et la pratique du piano, Piero Piccioni fut membre du Big Band « 013 », premier groupe de jazz jamais entendu en Italie, dès 1938. Ses premières pièces et chansons furent remarquées puis publiées par les éditions Carish. Profondément influencé par les compositeurs du xxe siècle et par le cinéma américain (ses préférences allaient à Frank Capra, Alfred Hitchcock, Billy Wilder, John Ford et au compositeur Alex North pour son utilisation du jazz, notamment dans "Un tramway nommé Désir", classique du cinéma américain avec Marlon Brando), il composa près de 300 œuvres pour la radio, la télévision et divers orchestres.
Il établit des contacts avec le monde du cinéma pendant les années 1950. Michelangelo Antonioni lui demanda d'écrire la musique pour le documentaire d'un de ses élèves, Luigi Polidoro. Sa première véritable musique de film fut pour Il Mondo le Condanna (1952) de Gianni Franciolini. Piccioni entretint une relation très étroite avec des réalisateurs comme Francesco Rosi et Alberto Sordi. Sa renommée grandit et de nombreux réalisateurs le demandaient : Mario Monicelli, Alberto Lattuada, Luigi Comencini, Luchino Visconti, Antonio Pietrangeli, Bernardo Bertolucci, Roberto Rossellini, Vittorio De Sica, Tinto Brass ou Dino Risi. Il remporta de nombreux prix, et son style très particulier mélangeant jazz, bossa nova, orchestre et classique contemporain a marqué beaucoup d'autres compositeurs.

https://www.youtube.com/v/qVgs9OUsMDw


Dernière édition par Icare le 2020-11-02, 22:39, édité 2 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Piero PICCIONI   Piero PICCIONI Empty2012-11-22, 12:54

Concernant Piero Piccioni qui était un grand amoureux de jazz, j'aime plus particulièrement le traitement qu'il en fit sur le film de Pier Paolo Pasolini, "Una Vita Violenta". Le thème principal révèle un jazz percussif et cuivreux, très grave et dynamique, s'articulant autour d'un motif mélodique répété de façon obsessionnelle. Il s'agit un peu d'un "jazz à l'Américaine" qui peut éventuellement faire penser à celui d'Alex North pour "Un tramway nommé désir", compositeur auquel Piccioni vouait une certaine estime. Outre ce générique d'une belle gravité, on y trouve aussi un jazz plus mélancolique et même romantique, une valse de forme classique mais si délicatement orchestrée que l'on n'y résiste pas, une sérénade, un cha cha cha, un twist dominé par un clavecin aux accents baroques, une valse de rue entre piano et clavecin, une calypso (danse de carnaval à deux temps issue des Antilles), là aussi très bien instrumentée, une chanson sans parole pour orchestre, tendre et raffinée, avec un orgue délicieux se contentant d'accords flous, avant de retrouver le caractère fougueux et expressif du générique, c'est-à-dire un jazz poignant et magnifique comme conclusion, en parfaite concordance avec son titre "Una Vita Violenta".
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Piero PICCIONI   Piero PICCIONI Empty2012-11-22, 14:24

Du jazz à l'orgue c'est original en tout cas!
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MessageSujet: Re: Piero PICCIONI   Piero PICCIONI Empty2020-11-03, 00:11

<<...Nous nous retrouverons, Piero, dans un monde de musique, loin de l'hypocrisie que nous croisons souvent, hélas, comme des toiles d'araignée, dans nos vies terrestres.>> Ennio Morricone.

Ils se sont désormais retrouvés.

Ce soir, J'ai replongé dans l'univers musical de Piero Piccioni au travers d'une belle compilation. Je ne risquerais pas d'évoquer une anthologie car, dans ce cas, elle serait terriblement incomplète, dans la mesure où des oeuvres-phare du compositeur n'y sont pas représentées. Je ne peux imaginer une anthologie digne de ce nom sans Uomini Contro, sans le superbe thème de An open tomb...an empty coffin, sans Lo Straniero, bien qu'il s'agisse là d'une suite de plus de vingt minutes qu'il est toujours difficile d'insérer dans une compilation, sans C'era una Volta/La Belle et le Cavalier, peut-être sa partition la plus romantique, la plus belle aussi en son genre lorsqu'il s'agit d'illustrer les étreintes de Sophia Loren et Omar Sharif. Sans doute y verrais-je volontiers le très beau boléro de Chronique d'une mort annoncée...

Sur cette compilation FILM MUSIC, se trouvent:

Le Mani sulla Città/Main basse sur la ville (1963), un film politique de Francesco Rosi:
<<Sous l'impulsion de l'entrepreneur Nottola, la municipalité de Naples transforme des terrains agricoles en terrains constructibles. Les spéculateurs construisent sans précaution et le chantier provoque l'écroulement meurtrier d'une maison ancienne. Ce drame ayant lieu peu avant les élections municipales, les débats font rage dans la majorité qui cherche à évincer Nottola tandis que l'opposition, menée par le conseiller communiste De Vita, pousse à la création d'une commission d'enquête. Malgré les pressions de toutes parts, cette commission est créée et va tenter d'identifier les responsabilités.>>
C'est un film que j'aime beaucoup, tout comme la musique, je l'ai en dvd pour avoir le plaisir de le revoir à chaque fois que j'en ai envie. Piero Piccioni a composé pour ce monde cupide et corrompu, si caractéristique du monde actuel, bien que l'histoire se déroule dans les années 1960, la partition idéale, la partition-miroir, celle qui soit la plus adéquate pour illustrer ce monde-là, une partition atonale, sans concession, pleine de tumultes.

Ennio Morricone lui en fit l'éloge. https://www.youtube.com/watch?v=MOuwlJWE3FE



Mafioso (1963), un film d'Alberto Lattuada qui se situe entre comédie et film de gangsters:
<<Nino, cadre moyen dans une entreprise milanaise, retourne dans sa Sicile natale afin d'y présenter son épouse, Marta, et d'y passer quelques jours de vacances. Tout se passe très bien, mais des "parrains" de la mafia, à qui il doit sa situation, le chargent, à l'insu de sa famille, d'exécuter une mission particulière à New York…>>
Je n'ai jamais eu l'occasion de voir ce film d'Alberto Lattuada et il se pourrait même que je n'ai encore jamais vu un seul film de ce cinéaste. Celui que j'aimerais voir en priorité est Fräulein Doktor. J'aime aussi beaucoup la partition que Piccioni a composée sur Mafioso que je ne connais qu'au travers de quatre extraits qui, eux, n'ont pas la physionomie d'une comédie mais d'un drame avec de fines dissonances bien situées. Le dernier extrait, intitulé "Suite finale", est d'une exquise intensité.

Anima nera/Âme noire (1962), un film de Roberto Rossellini:
<<Après une vie passablement agitée, Adriano fait un mariage d'amour avec Marcella. Le jeune marié espère sincèrement tirer un trait sur son passé, mais ses anciennes conquêtes et ses petites magouilles entament rapidement la confiance de Marcella.>>
J'aborde cette musique au travers de trois thèmes uniquement, le premier est très jazzy, assez cuivreux, un jazz un peu à l'américaine. Piccioni adorait le jazz. Je retiens un second thème assez répétitif et singulier dans sa construction. Ce n'est pas ce que je préfère dans la musique de Piccioni et je descends alors de plusieurs crans par rapport aux deux précédents titres. C'est un film que je n'ai jamais vu et la lecture du synopsis ne m'en fait pas du tout une priorité.

Senilità/Quand la chair succombe (1962), un film de Mauro Bolognini:
<<Emilio Brentani, modeste employé de bureau, âgé d'une quarantaine d'années, rêve de devenir écrivain. Il vit avec sa sœur, une vieille fille privée d'amour et n'a qu'un seul ami, le sculpteur Stefano… Celui-ci lui fait rencontrer Angiolina, dont la beauté le bouleverse. Bien qu'amoureux d'elle, Emilio, par peur et par égoïsme tout à la fois, n'ose pourtant rien entreprendre. Angiolina, de son côté, joue la comédie, ment et dissimule qu'elle est une prostituée… De fait, Emilio finira ses jours seul, sans bonheur mais sans souffrance…>>
Il s'agit cette fois d'une musique très douce, très lunaire, très tonale aussi, évoluant avec finesse et non sans un certain raffinement, presque neutre dans la beauté qu'elle exprime, belle et plate comme une mer calme: la "Musica del mare".

Il Diavolo (1963), un film de Gian Luigi Polidoro:
<<Passionné par les vaillantes perspectives d'un séjour en Suède , après avoir lu une brochure publicitaire, un Italien mature de province se rend à Stockholm pour affaires. Les opportunités semblent vraiment tentantes, mais à cause de son caractère, il n'en profite pas. Il passe ensuite une soirée pathétique dans un lieu pour ouvriers italiens, pour se retrouver avec une fille du coin, trop jeune et tout aussi décontractée.>>
J'avais déjà évoqué Gian Luigi Polidoro sur les topics respectifs de Carlo Rustichelli et Nino Rota en rapport avec Satyricon. Il s'agit d'une comédie et la musique est la mieux représentée sur cette compilation: sept extraits en tout. Pourtant, bien qu'elle ne soit pas déplaisante, c'est probablement celle qui m'intéresse le moins. J'y retrouve le style jazzy typique de Piero Piccioni dans le domaine de la comédie et ce n'est pas là que je le préfère. Tant pis pour moi! Laughing Il y a quand même un extrait de forme classique et dans un style printanier que j'aime bien...printanier...c'est marrant parce qu'il s'intitule "Neve"...

La Parmigiana/La Fille de Parme (1963), un film d'Antonio Pietrangeli:
<<La belle orpheline Dora (Catherine Spaak) vit chez son oncle prêtre... Elle séduit le séminariste Giacomo (Vanni De Maigret) et fuit avec lui à Riccione. Hélas, il l'abandonne au petit matin. Désemparée, elle découvre le désir des hommes et utilise sa séduction. Elle rencontre alors Nino (Nino Manfredi), le petit escroc dont elle tombe amoureuse et Michele (Lando Buzzanca), le policier de Parme qui veut l'épouser. Elle quitte ce dernier en pleine rue et décide de rejoindre Nino. Mais elle constate qu'il est marié et qu'il travaille dans une épicerie.>>
Il s'agit là aussi d'une comédie, sauf que Piero Piccioni me surprend là où je ne l'attendais pas. La compilation m'en propose une quinzaine de minutes dans un jazz coloré, angélique, latino, sur des rythmes brésiliens: c'est un peu la joyeuse rencontre entre Piccioni et Jobim. Voilà un album qui s'achève sur un rayon de soleil qui nous proviendrait de Rio.
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Icare
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MessageSujet: Re: Piero PICCIONI   Piero PICCIONI Empty2020-11-28, 09:08

J'apprécie au plus haut point le traitement qu'il fit du jazz, ce genre musical qui le fascinait tant, sur le film de Pier Paolo Pasolini, Una Vita Violenta que je viens de réécouter ce matin. Le thème principal révèle un jazz conquérant et cuivreux, très grave et dynamique, s'articulant autour d'un motif mélodique répété de façon obsessionnelle. Il s'agit en quelque sorte d'un "jazz à l'Américaine", de celui qu'il a pu s'imbiber chez des compositeurs américains tels que Alex North, Pete Rugolo, Johnny Mandel ou encore Elmer Bernstein qui avait marqué les esprits avec le célèbre thème principal de L'homme au bras d'or qui, en son temps, a su faire sensation et qui, depuis, est devenu un incontournable du jazz au cinéma. Je ne suis d'ailleurs pas loin de considérer Una Vita Violenta de Piero Piccioni comme un classique du genre, en fait si! Oublions le "loin", je considère cette B.O. comme un classique du jazz au cinéma. Outre ce générique d'une belle gravité, et surtout d'une belle vitalité, on y trouve aussi un jazz plus mélancolique et même romantique, une valse de forme classique mais si délicatement orchestrée que l'on n'y résiste pas, une sérénade, un séduisant cha cha cha qui sait flatter l'oreille, la distraire, l'amuser, un twist dominé par un clavecin aux accents baroques, une valse de rue entre piano et clavecin, une calypso (danse de carnaval à deux temps issue des Antilles que j'aimerais bien danser sous les cocotiers dans un tutu en peau de banane - bon, j'exagère là  Hehe ), une danse fort bien instrumentée soit dit en passant, une chanson sans parole pour orchestre, tendre et raffinée, avec un orgue délicieux se contentant d'accords flous, avant de retrouver le caractère fougueux et expressif du générique, c'est-à-dire un jazz vibrant, ronflant et dramatique à souhait, comme conclusion, en parfaite osmose avec son titre "Una Vita Violenta". Ayant présenté sur le fil "Le jazz fait son cinéma" le thème principal dans toute sa verve obsessionnelle, je retiens ici un extrait de la partie la plus légère de la bande-son; une fameuse "Serenata cha cha cha" qui est pour moi la danse du popotin, celle qui ne va pas trop vite et avec laquelle les mouvements des hanches hypnotisent. Very Happy

https://www.youtube.com/watch?v=kW4czynBpvc
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