Forum sur la musique classique
 
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 Henri Tomasi (1901-1971)

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joachim
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Dim 11 Déc - 19:08

germou a écrit:
Bonjour à tous,

Je préconise :
1938- La Ballade pour saxophone alto
1948- Le concerto pour trompette dont il a été beaucoup question ici
1952- Divertimento Corsica (plusieurs solos)
1957- Le concerto pour Clarinette
1959- Le concerto pour Hautbois
1960- Le concerto pour Basson
1960- La Semaine Sainte à Cuzo (orgue et trompette)

C'est faire le tour d'un homme qui a donné aux instruments à vent des mélodies et des dialogues dignes de celles réservées au piano au violon ou au violoncelle. Il avait compris chaque timbre de ces instruments et sans jamais les caricaturer (le canard, le grand-père, ...!) leur a produit des pièces parfaites.

Bonjour et bienvenue ici, Germou Mains

Tomasi a composé des concertos pour toutes sortes d'instruments, y compris des instruments rares en soliste, comme le trombone, le saxophone ou la contrebasse. J'ai écouté la plupart d'entre eux, et effectivement ce compositeur trop méconnu vaut la peine d'être écouté. La Semaine Sainte à Cuzco est directement composée pour trompette et orgue, ce n'est pas une adaptation comme il y en a tant pour ces deux instruments.
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felyrops

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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Mer 1 Fév - 22:34

Excellent article de Jean-Marc Warszawski sur www.musicologie.org

"Tomasi Henri, 1901-1971
Né le 17 août 1901 à Marseille, mort à Paris le 13 janvier 1971.

Fils de Xavier Tomasi (1876-1956) et de Joséphine Vincensini, originaires de Penta di Casinca en Corse.

Le rêve d'Henri Tomasi est de devenir marin. Mais son père, facteur de la poste à Marseille, voulant en faire un musicien, l'inscrit dans sa sixième année en classe de piano au Conservatoire de Marseillele, et le retire de l'école alors qu'il est âgé de 12 ans, au profit des études musicales. Il obtient en 1916 le premier prix d'harmonie.

Il passe tous les étés chez sa grand-mère à Penta di Casinca.
Il tente à plusieurs reprises, sans succès, d'intégrer la classe de piano du Conservatoire national de Paris. De retour à Marseille, il reprend ses études au Conservatoire mocal. Pour participer aux besoins de la famille, il joue du piano dans les bars, cabarets ou les cinémas. C'est en improvisant sur les films muets qu'émerge l'idée de devenir compositeur.

En 1921, grâce à une bourse de la ville de Marseille et le mécénat d'un avocat, Maître Lévy-Oulman, il prépare de nouveau le concours d'entrée au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, qu'il passe cette fois avec succès. Il y étudie l'harmonie avec Charles Silver, le contrepoint avec Georges Caussade, la composition avec Paul Vidal, la direction d'orchestre avec Vincent d'Indy et Philippe Gaubert. Il joue dans les cabarets de Pigale pour subvenir à ses besoins.

En 1926, il reçoit le prix Halphen, pour ses Variations sur un thème corse pour quintette à vent, et ses études sont couronnées en 1927 par un Premier second Grand Prix de Rome et un Premier Prix de direction d'orchestre à l'unanimité.

En 1928, il est recruté comme directeur musical à l'Orchestre des Concerts du Journal. La direction du Journal, un des plus importants quotidiens sur le déclin de l'époque, dont les locaux étaient situés 100 rue de Richelieu, avait eu l'idée d'organiser des concerts. Mais l'orchestre pouvait aussi accompagner des films muets, comme Finisterrae, film de Jean Epstein, projeté en 1929, au cinéma l'Œil de Paris.



Le 30 octobre 1929, il épouse la plasticienne Odette Camp (1909-1979). Ils s'installent, 24 rue Victor Massé, près de la place Pigale, quartier de prédilection des musiciens et des marchands de musique.
Il mène une double carrière florissante de chef d'orchestre et de compositeur. Il dirige les grands orchestres français et européens, inaugure les compositions radiophoniques, particulièrement pour Radio-Colonial dès sa création en 1931.

En 1932, il participa au groupe de musiciens modernistes, Le Triton, avec entre autres Serge Prokofiev, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Arthur Honegger.

La même année, son père édite chez F. Detaille à Marseille, Les Chansons de Cyrnos, anthologie de la chanson populaire de l'île de Corse, recueillies, notées avec la traduction du dialecte, une introduction, des notes sur la langue, les vocératrices, les danses et les instruments de musique en Corse, ouvrage préfacé par Paul Arrighi.

En 1934, son enregistrement d'Orphée de Gluck, dont il remanie l'orchestration, est récompensé par le Grand Prix du disque.

En 1939, gagné par le mal-vivre, il abandonne tout et s'embarque sur un cargo de marchandises à destination de Dakar. Mais la déclarations de la guerre l'oblge à revenir en France, où il est mobilisé quelques mois.

En 1940, il prend la direction la direction de l'Orchestre national délocalisé à Marseille en raison de l'occupation allemande.

Il fait de longues retraites au couvent dominicain de la Sainte-Baume. Il y compose trois de ses chef-d'œuvres : Requiem pour la paix, symphonie en ut, et l'opéra Don Juan de Mañara, amplification de sa musique composée pour la pièce radiophonique Miguel de Mañara en 1935.

La crise s'achève en 1944, avec la naissance de son fils Claude, la découverte des atrocités de la guerre, et l'abandon de la foi religieuse.

En 1946, il est nommé premier chef à l'Opéra de Monte-Carlo et dans la foulée à celui de Vichy. Il rejoint le Parti communiste français.



En 1952, il est honoré par le grand prix de la musique française de la S.A.C.E.M., année où il est victime d'un grave accident de voiture, qui l'obligera à abandonner définitivement la direction d'orchestre en 1957, à quoi s'ajoute une surdité dont les premiers symptômes apparaissent en 1953.

Ses œuvres d'après-guerre, particulièrement les œuvres lyrques, ont un grand succès, et sont la cible des critiques virulentes de l'avant-garde.

Il est gratifié du grand Prix musical de la Ville de Paris en 1960, mais n'assiste pas à la cérémonie.

Accablé, par les souffrances corporelles et la surdité — il perd l'usage de l'oreille droite — Il fait de longs séjours à l'abaye Saint-Michel de Frigolet en Provence.
En 1969, il est atteint d'un œdème pulmonaire. De retour à Paris après une longue convalescence et un court séjour à Marseille, il projette la composition d'une œuvre lyrique sur Hamlet.

Il est enterré selon sa volonté en Avignon. En 2001, ses cendres ont été ramenées à Penta di Casinca pour le centenaire de sa naissance.

Il a refusé sa réception dans l'ordre de la Légion d'honneur, pour protester contre l'absence d'un conservatoire de Musique en Corse, qui sera ouvert 10 ans après sa mort.

Catalogue des œuvres
1925, Variations sur un thème corse, quintette à vent
1927, Obsessions, violoncelle, orchestre (existe un arrangement pou piano et violoncelle)
1928, Paghiella, pour violon et piano
1929, Chant hébraïque, violon et piano (existe un arrangement pour violon et orchestre)
1929, Cyrnos, poème symphonique, piano, orchestre
1929, Pièces brèves, piano
1930, 12 mélodies populaires corses, voix soliste, orchestre
1930, Boîte de nuit, ballet sur un arguùent de P. Colin
1930, Carnaval à Montmartre, pour orchestre [réutilisation de Boîte de nuit]
1930, Paysages, piano
1931, 2 mélodies de Paul Fort, voix soliste, orchestre
1931, Chants de Cyrnos, voix soliste, orchestre ou piano
1931, Capriccio, violon et orchestre
1931, Chansons des sables, voix soliste, orchestre
1931, Fantoches, pour piano
1931, Tam-tam, poème
1932, 2 mélodies de Francis Jammes, voix soliste et piano
1932, Chant corse, vocalise-étude,
1932, Vocero, poème symphonique et choréographique
1932; 4 chants corses, voix soliste, orchestre
1933, Chants laotiens, voix de baryton ou d'alto, orchestre
1934, 2 danses cambodgiennes, suite pour orchestre de chambre
1934, Ajax, Ouverture pour la pièce de J. Maigret,d'après Sophocle
1934, Columba, tableau symphonique, d'après Prosper Mérimée
1935, 4 chants de Geishas, voix soliste, orchestre
1935, Chansons écossaises, 2 voix solistes, orchestre
1935, La Grisi, ballet en 2 actes sur un argument de G. de Teramonde, d'après
1935, La rosière du village, ballet en 2 actes sur un argument de Teramonde
1935, Miguel Mañara, musique pour une pièce radiophonique (prémsisses de l'opéra Don Juan de Mañara)
1936, Danses brésiliennes, suite pour orchestre de chambre
1936, Jeux de Geishas, suite japonaise, pour quintette à vent et percussions ou piano et quatuor à cordes
1938, Ballade, saxophone alto et orchestre
1938, Concert champêtre, trio à vents
1938, Trio à cordes
1938, 3 élodies de Francis Carco, voix soliste, orchestre
1938; Caravanes, suite pout orchestre
1939, 3 danses, pour orchestre [réutilisation de Les santons]
1939, Concert asiatique, orchestre et percussions [réutilisation de La féerie laotienne]
1939, La féerie laotienne, ballet en 1 acte, sur un argument de J. Bruyr
1939, Les santons, pastorale provençale et un acte sur un livret de Dumesnil
1941, Symphonie en ut
1941, 2 mélodies de H. Charasson, voix d'alto, chœur féminin
1941, Le chant de la fée îles, voix soliste, piano ou orchestre de chambre1944
1941, La flûte et le chevrier, voix d'alto, harpe, alto, flûte
1941-1944, Miguel Mañara [Don Juan de Mañara], drame lyrique en 4 actes sur un livret de Tomasi d'après Miłosz Oskar Wladysław de Lubicz (1877-1939). créé au Prinzregententheater de Munich (livret publié dans Avant-scène opéra 1988).
1943, Requiem pour la paix, pour chœur et orchestre (Requiem ; Absolve ; Dies irae ; Recordare ; Ingemisco ; Domine ; Sanctus ; Agnus dei ; Lux aeterna ; Libera me), dédié « aux martyrs de la Résistance et à tous ceux qui sont morts pour la France ».
1944, Concerto pour flûte et orchestre
1944, Le chant des îles, musique pour une pièce radiophonique
1945, Le bonheur est dans le pré, voix de soprano et piano
1948, Concerto pour trompette et orchestre, créé le 7 avril 1949 par Ludovic Vaillant (dédicataire) et l'Orchestre de la Radio Télévision Française (RTF).
1949, Complainte du jeune Indien, clarinette, piano
1949, Concerto pour saxophone et orchestre
1949, Introduction et danse, clarinette, piano ou orchestre de chambre
1950, Concerto pôur violon alto et orchestre
1950, La nuit obscure de saint Jean de la Croix, oratorio; mezzo-soprano,
1950, Pastorale Inca, flûte, 2 violons
1951, L'Atlantide, drame lyrique et choréographique en 4 actes, sur un livret de F. Didelot, d'après P. Benoît, créé au théâtre municipal de Mulhouse, le 26 février 1954
1951, Les folies nazarguaises, ballet en 2 actes
1951, Nuits de Provence, suite symphonique
1951, Divertimento Corsica, trio à vents
1952, Impressions cyrnéennes, suite pour orchestre
1952, Noces de cendres, ballet en 2 actes sur un argument de Devillez
1952, Quintette à vent
1953, Complainte et danse de Mogli, flûte
1953, Sampiero Corso, opéra en 3 actes et 5 tableaux, sur un livret de R. Cuttol), Créé au Grand théatre de Bordeaux, le 6 mai 1956
1954, Les lettres de mon moulin, suite pour orchestre
1954, Théodore premier roi des Corses, suite pour orchestre de chambre
1954; Concerto pour cor et orchestre
1955, 6 études pour la trompette
1955, Le triomphe de Jeanne, opéra sur un livret de Tomasi et Philippe Soupault), créé au Théâtre-cirque de Rouen le 23 juin 1956.
1956, Credo, sur un poème de Paul Verlaine, voix de ténor et piano
1956, Concerto pour trombone et orchestre
1956, Concerto pour clarinette et orchestre
1956, Nocturne, clarinette, piano, 1956
1957, Noa-Noa, voix de baryton, orchestre et chœur
1957, François d'Assise [Le petit pauvre], drame lyrique en 2 actes sur un livret d'A. Bonheur, créé en concezrt à Paris le 30 décembre 1960
1957, Triptyque, trompette, clarinette et piano
1958, Concerto pour hautnois et orchestre
1958, Concerto pour basson et orchestre
1958, Marche kabyle et danse des jeunes filles berbères, orchestre de chambre
1958, Sinfonietta provençale, orchestre de chambre
1958-1961, Princesse Pauline, opéra-mascarade en 2 actes, sur un livret de F. Didelot, première diffusion à l'ORTF, le 11 janvier 1962, créé à l'Opéra-Comique de Paris le 22 juin 1962
1959, Berceuse, piano
1959, Dassine, sultane de Hoggar, poème choréographique en 2 actes sur un argument d'Angèle Maraval-Berthoin
1959, Jabadao, ballet sur un argument d'A. Boll
1959, Le silence de la mer, drame lyrique en 1 acte sur un livret de Tomasi, d'après Vercors), version de concert à Strasbourg, le 15 juin 1963 ; créé au Capitole de Toulouse le 3 avril 1964
1960, Le colibri, opéra de chambre en un acte (féérie radiophonique), sur un livret de Francis Didelot, mezzo soprano, chœur à deux voix égales, orchestre, créé le 20 juin 1961 par la Maîtrise de la Radiodiffusion française
1960, Messe de minuit, chœur enfantin, galoubet, hautbois, violoncelle, vibraphone, 3 guitares
1960, Les barbaresques, ballet en 1 acte sur un arguent de F. Gag
1960, Nana, ballet en 1 acte d'après « Nana » d'Émile Zola
1961, Noëls provençaux, chœur enfantin, instruments
1961, 5 danses sacrées et profanes, pour orchestre
1961, Le colibri, féerie radiophonique en 1 acte sur un livret de F. Didelot, première diffusion à l'ORTF, le 20 juin 1961
1961, Suite Calandale, galoubet, tambourins
1961, Ulysse, ou Le beau périple, jeu littéraire et musical, en 1 prologue et 2 actes, sur un livret de , Tomasi, d'après Jean Giono, créé au théâtre municipal de Mulhouse, le 22 janvier 1965
1962, Chants populaires de l'île de Corse, chœur, orchestre de chambre
1962, Concerto pour violon et orchestre
1962, L'élixir du Révérend Père Gaucher, opéra comique en 2 actes, sur un livret de L. Bancal, d'après Alphonse Daudet, créé au Capitole de Toulouse le 3 avril 1964
1962, Recuerdos de los Baleares, percussion piano ou 3 guitares et hautbois
1962, Semaine sainte à Cuzco, trompette et orgue
1963, La chèvre de Monsieur Seguin, conte lyrique, soprano, chœur enfantin, orchestre
1963, Concert quadrille, ballet, d'après le concerto pour trompette
1963, Etre ou ne pas être, 4 trombones
1963, Printemps, sextuor à vent
1963, Taïtienne de Gaugin, pour oechestre
1964, La mort du petit dauphin et Monsieur le sous-préfet aux champs, d'après Alphonse Daudet, chœur enfantin, 3 sopranos, baryton, orchestre de chambre
1964, 3 cadences-études de concert, pour le hautnois
1964, Danseuses de Degas, quatuor à cordes, harpe
1964, Suite pour 3 trompettes
1964, Variations grégoriennes sur le Salve Regina, trompette, cordes et orchestre
1965, 3 pastorales provençales, 2 guitare, cordes, piccolo [arrangement de la Sinfonietta pastorale]
1965, Concerto de printemps, flûte, cordes, orchestre
1965, La moresca, octuor à vent
1965, L'éloge de la folie, jeu satirique et symphonique, en 1 prologue et 2actes, sur un livret de H. Devillez, d'après Erasme, créé en concert à Paris le 11 juin 1968
1966, Retour à Tipasa, d'après Albert Camus, récitant, chœur d'hommes, orchestre
1966, Highland's Ballade, conerto pour harpe, orchestre de chambr et trio à vents
1966, Les cyclades, sonatine, flûte et flûte alto
1966, Zippy, ballade pour un clown, ballet en 1 acte sur un aqrgument de J. Cartier
1967, Concerto pour 2 guitares
1967, Evocations, pour saxophone ou hautbois ou coe anglais
1967, Symphonie à la mémoire d'Hector Berlioz
1967, Symphonie du Tiers-Monde
1968, Concerto pour violoncelle et orchestre
1968, Chant pour le Viet-Nam, poème symphonique d'après Jean-Paul Sartre
1968, Quatuor de contrebasses
1969, Impromptu, harpe
1969, Invocations et danses rituelles, flûte, clarinette, harpe
1969, Le muletier des Andes, guitare
1970, Concerto pour contrebasse et orchestre de chambre

Bibliographie
Solis Michel, Henri Tomasi : un idéal méditerranéen : esquisse biographique à plusieurs voix, dont la sienne (principale) (préface par Régis Campos, postface par Daniel Mesguich). Albiaba, Ajaccio 2008 [179 p. + 1 CD].
Henri Tomasi: 1901 / 1971. Institut de recherche et coordination acoustique musique de Paris. Arcam, Aix-en-Provence 199. [62 p.]
Ragon Marcelle, Le Drame du chant (péface par Henri Tomasi). Henri Lemoine, Paris 1956
Machabey Armand, Portraits de trente musiciens français. Paris, 1949.
« La Revue musicale » (230), Richard Masse, paris 1956 [numéro thématique Tomasi]
Chamfray C., In memoriam. Dans « Courrier musical » (33) 1971
Ducros F., Les opéras d'Henri Tomasi. Dans Daniel Pistone « Le théâtre lyrique français 1945-1985 », Paris, 1987, p. 299-308
Hommage à Henri Tomasi. Dans « L'avant-scène opéra » (109), 1988, p. 108-139
Discographie
Éric Aubier plays Henri Tomasi : L'œuvre pour trompette. Indésens Records 2012 (INDE038).

Jean-Marc Warszawski
29 janvier 2012


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germou

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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Jeu 2 Fév - 7:50

On a vu dans l'article précédent que Tomasi se réfugiait dans des retraites religieuses lorsqu'il était touché par ses épreuves physiques. Son fils Claude que j'ai rencontré il y a quelques années, lors d'un rare concert où l'on donnait une œuvre de son père, est aussi touché par un certain mysticisme puisqu'il est moine bouddhiste.
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Ven 27 Avr - 7:54

Bel Canto a écrit:
C'est assez particulier je dois dire ... mais je ne connais pas ce compositeur.
En tout cas, cela ne m'a pas vraiment évoqué la Corse ;

J'ai fini par me procurer ces fameuses "Mélodies corses" et c'est vrai que ça n'a rien à voir avec la polyphonie, ne m'évoquant pas explicitement l'île de Beauté. Toutefois, j'ai beaucoup aimé lors de cette première écoute. J'ai été saisi dès le premier titre, une superbe mélodie, puis la voix de soprano de Johanne Cassar que je ne connaissais pas et qui m'a séduit d'emblée. Beaucoup de finesse chez le piano aussi, de délicatesse, sous les doigts de Laurent Wagachal et Sodi Braide. Raffinées et très agréables, ces mélodies corses sont malgré tout très ensoleillées. J'ai bien aimé aussi la pièce Cyrnos pour 2 pianos qui clôture l'album. Bien sûr, j'attendrai de nouvelles écoutes pour en faire éventuellement une appréciation plus précise, plus détaillée.
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Icare
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Ven 1 Fév - 22:57

Outre les Mélodies populaires corses et les Chants corses que j'ai réécoutés ce soir, et qui me plaisent toujours autant - il faut dire que Henri Tomasi fait aussi partie des compositeurs que j'apprécie beaucoup - mon attention s'est plus particulièrement figée sur la pièce CYRNOS pour deux pianos qui clôture l'album:

<<Cyrnos exprime les sentiments personnels de l'auteur qui tressaille au souvenir de son pays. Il se laisse inspirer par l'âme collective d'une race qui s'exhale avec sincérité du joyeux tumulte d'une tarentelle ou de la tristesse douloureuse d'un vocero. Il se penche avec amour sur ces deux seuls berceaux, s'en empare et symbolise toute l'âme corse.>>

Si mon attention s'est focalisée principalement sur cette oeuvre, c'est probablement parce que la musique de piano de Frank Martin résonnait encore dans ma tête, que j'étais dans le bon état d'esprit pour l'apprécier, mais l'apprécier à sa juste valeur, même si la musique de Tomasi est très différente de celle de Martin, semblant davantage avoir tissé ses racines dans la musique française, entre Debussy et Ravel. J'avais aussi, juste avant, l'expérience peu concluante de certains Nocturnes de John Field,les 6,7 & 8, écoutés sur la toile et qui n'ont pas suscité chez moi beaucoup d'enthousiasme - je préfère déjà Chopin et plus encore Schubert. Toutefois, bien installé dans cette ambiance "piano", Cyrnos pour deux pianos respira bon la méditerranée, égraina ses bouquets de notes comme autant de soleils miniatures rebondissant sur la surface d'une mer heureuse et pleine de vie.
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Sam 2 Fév - 15:47


En re-parcourant ce topic, je me rends compte que la ballade pour saxophone et orchestre que j'ai attribuée à Frank Martin, n'existe pas. J'ai confondu avec Tomasi qui en a bien composé une. Toutes mes confuses, Stadler. Il en existe même une version pour saxophone et piano. Wink
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joachim
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Sam 2 Fév - 19:03

Peut-être, mais Franck Martin a bien composé une ballade pour saxophone et orchestre, lui aussi (en fait pour saxophone, cordes, piano et percussions) Wink
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Sam 2 Fév - 19:11


Je l'ignorais. pourtant, je croyais bien connaître le catalogue de l'un de mes compositeurs préférés. Embarassed Merci Joachim pour cette précision et de nouveau toutes mes confuses, ami Stadler.
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Stadler
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Dim 3 Fév - 8:14

Pas de souci Wink

Pour rester sur Tomasi, son Printemps, septuor pour vents, a une configuration inhabituelle puisque c'est un quintette à vents (flûte, hatbois, clarinette, cor, basson) auquel il adjoint un saxophone Wink
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http://clarinette-classique.forumactif.fr/index.htm
joachim
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Ven 19 Juil - 15:55

Pas mal du tout, n'est ce pas ? Very Happy  Je sais, Icare va dire : trop de pompe Hehe 

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Icare
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Ven 19 Juil - 19:10

Si si j'aime bien, pas ce que je préfère mais j'aime bien.
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Ven 27 Déc - 10:53


En écoutant le disque 4 Concertos de Henri Tomasi, je me suis fait la réflexion très plaisante que ce compositeur a une approche de la musique qui me plait énormément. Le concerto pour violon et orchestre - Périple d'Ulysse a quelque chose de très astucieux dans le rapport de l'orchestre au violon, violon de Devy Erith qui, d'ailleurs, évolue dans une tonalité qui me séduit sur la durée. Rien d'exubérant dans cette musique, rien de pompeux, rien qui ne cherche à être grandiose. Non. Il s'agit plutôt d'une partition profondément intimiste et singulière, intelligente et astucieuse, un concerto truffé de trouvailles et de combinaisons instrumentales qui excitent mon oreille toujours gourmande de ces choses-là. Il en ira de même pour la superbe Ballade Ecossaise pour harpe (Marielle Nordmann), orchestre à cordes & trio d'anches, ainsi que pour le tout aussi attachant Concerto pour flûte et orchestre de chambre avec Jean-Pierre Rampal: Ah! le délicat second mouvement! Le Concerto pour guitare & orchestre - à la mémoire d'un poète assassiné, FG Lorca, avec Alexandre Lagoya, est également une oeuvre que j'aime beaucoup, comme je l'avais déjà mentionné ici. En conclusion, je ne nourris aucune préférence pour un de ces 4 Concertos en particulier, les aime tous autant les uns que les autres pour leurs qualités respectives...à savoir que j'aime aussi beaucoup celui pour saxophone que je possède sur un autre cd.

    
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Icare
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Ven 21 Mar - 10:40

J'ai réécouté, ce matin, Le Silence de la mer, un drame lyrique en 1 acte composé par Henri Tomasi entre 1958 et 1959, sur des texte de Vercors, interprété par l'Orchestre lyrique de l'ORTF sous la direction de Pierre-Michel Le Conte. Dans cette oeuvre, on entend le narrateur dire:

<<Je veux faire, moi, une musique à la mesure de l'homme: cela aussi est un chemin pour atteindre la vérité. Je n'en voudrais, n'en pourrais suivre un autre.

Voilà des paroles qui ressemblent en tout point à Henri Tomasi et une musique dramatique que j'aime beaucoup. La cerise sur le gâteau, c'est qu'elle évoque superbement Bach à un moment donné.    

Je vais bientôt réécouter la Symphonie du Tiers monde que Tomasi composa aussi en hommage à Hector Berlioz ainsi que sa cantate Retour à Tipasa qu'il composa courant 1966 sur un texte d'Albert Camus. J'ai hâte!  


Dernière édition par Icare le Ven 21 Mar - 17:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Ven 21 Mar - 17:20


La Symphonie du Tiers monde fut composée courant 1967 et puise son inspiration de "Une saison au Congo" d'Aimé Césaire. L'oeuvre est d'une grande teneur dramatique, pratiquement tragique dans son premier mouvement "Lamentoso". On a l'impression que toute la musique s'appuie sur la marche lourde d'esclaves enchaînés. Il y a comme un bruit de chaînes qui ne quitte pour ainsi dire pas le mouvement, forge sa cadence, rythme sa souffrance. Le tragique hante également le second mouvement alors que le troisième semble s'en libérer dans une orgie sonore proche du vacarme. Superbe symphonie!       

<<Je parle de millions d'hommes arrachés à leurs Dieux, à leurs terres, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse. Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement...>> Aimé Césaire.

Par l'Orchestre Philharmonique de l'ORTF sous la direction de Pierre Dervaux.

La Cantate Retour à Tipasa s'articule autour d'un magnifique texte d'Albert Camus narré par l'excellent comédien Daniel Mesguich. Très belle partition de Henri Tomasi pour choeur d'hommes et orchestre, à la fois illustrative et contemplative.     

<<Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible.>> Albert Camus.

Par l'Orchestre Philharmonique et Choeur de l'Opéra de Marseille sous la direction de Patrick Davin.
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Mar 26 Déc - 12:46

Ce matin, j'ai réécouté trois oeuvres remarquables de Henri Tomasi, histoire de me rappeler à quel point ce compositeur français occupe une grande place dans mon coeur de mélomane. Ce fut d'abord Le Silence de la Mer, un drame lyrique en 1 acte pour baryton et orchestre (1959), sur un texte de Vercors, interprété par l'Orchestre lyrique de l'O.R.T.F. sous la direction de Pierre-Michel Le Conte. A savoir pour la petite histoire que si Le Silence de la Mer fut enregistré en juin 1960 et correspondit à un souhait du compositeur de mettre en musique ce texte de Vercors, il fut interdit d'antenne par André Malraux, alors Ministre d'Etat chargé des affaires culturelles, car Vercors venait de signer le Manifeste des 121 qui dénonçait la torture en Algérie. Il aura fallu attendre trois années supplémentaires au mois près pour que cette oeuvre magnifique soit à nouveau programmée (Festival de Strasbourg). La seconde oeuvre que j'ai réécoutée de Tomasi est à mon oreille un chef-d'oeuvre d'architecture musicale, une exploration impressionnante de toutes les possibilités expressives d'un orchestre symphonique. Je fais allusion à sa Symphonie du Tiers monde qui est, en même temps, un hommage vibrant à Hector Berlioz (1967), inspirée d'Une saison au Congo d'Aimé Césaire, par l'Orchestre Philharmonique de l'O.R.T.F. sous la direction cette fois de Pierre Dervaux. La troisième et dernière oeuvre que j'ai réécoutée avec beaucoup d'attention est Retour à Tipasa, une cantate profane pour récitant, choeur d'hommes et orchestre (1966) sur un texte extrait de l'Eté d'Albert Camus par Daniel Mesguich (récitant), l'Orchestre Philharmonique et le Choeur de l'Opéra de Marseille sous la direction de Patrick Davin. Après la tumultueuse Symphonie du Tiers monde, la cantate propose une musique plus apaisée, plus sereine mais tout aussi émouvante, une oeuvre de toute beauté à mesure d'homme, comme celle que rêvait d'écrire l'officier allemand dans Le Silence de la Mer.
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Sam 14 Avr - 22:53

Désolé pour Tomasek, Joachim, ce sera pour une prochaine fois car j'ai décidé de terminer mon cycle "Ma Tasse de T" avec un compositeur que j'aime beaucoup et par le biais de deux oeuvres que je n'ai pas réécoutées depuis longtemps, le drame lyrique Don Juan de Manara  et l'oratorio Triomphe de Jeanne de Henri Tomasi. L'oratorio, dont le texte suit de très près celui du procès en réhabilitation, fut créé à Rouen le 23 juin 1956 par Rita Gorr et Ernest Blanc, lors d'un spectacle grandiose réglé par Pierre Arnaud de Chassy Poulay à l'occasion des Fêtes commémorant le cinquième centenaire de la réhabilitation de Jeanne d'Arc. <<Dans la production abondante et étonnament diversifiée d'Henri Tomasi, le drame lyrique Don Juan  de Manara occupe une place à part. Créé à Munich sous la direction d'André Cluytens, l'ouvrage triompha dans un certain nombre de grands théâtres d'Europe. Mais l'enchaînement des circonstances, à une époque où l'Opéra de Paris traversait sa période la plus sombre, en différa sine die la représentation au Palais Garnier (où elle avait été reçue immédiatement par le Comité de lecture). En dehors des théâtres de province où l'oeuvre de Tomasi fut reçue avec enthousiasme, Paris dut se contenter d'exécutions en concert qui en dépit de leur qualité ne donnèrent pas à Don Juan de Manara le retentissement mérité. C'est que Don Juan de Manara est incontestablement une oeuvre de théâtre autant que de musique, et à ce titre, il faut probablement le considérer comme le seul grand opéra français écrit depuis la guerre avec Dialogues des Carmélites de Poulenc qu'elle précède de cinq ans. A noter que l'une comme l'autre de ces oeuvres correspondent à des périodes de mysticisme intense chez les deux compositeurs.>> -- JACQUES BOURGEOIS -- Ce sont des enregistrements qui datent des années 1950, 52 pour le drame lyrique et 57 pour l'oratorio mais finalement le son est correct. Je ne pense pas que ces oeuvres ont été rejouées et ré-enregistrées depuis, mais pour moi ce fut un total plaisir et bien heureux d'avoir conclu mon cycle sur deux oeuvres lyriques d'Henri Tomasi. La prochaine fois, j'essaierai d'apporter une impression plus fournie et plus personnelle.
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joachim
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MessageSujet: Re: Henri Tomasi (1901-1971)   Dim 15 Avr - 9:21

Icare a écrit:
Désolé pour Tomasek, Joachim, ce sera pour une prochaine fois car j'ai décidé de terminer mon cycle "Ma Tasse de T"
Hum ! comme par hasard ! Comme il s'agit d'un romantique, on arrête les "T" Hehe

Plus sérieusement, Le Triomphe de Jeanne, je ne connais pas et je n'en parlerai donc pas.

L'origine de Don Juan de Mañara (avec un tilde ~ sur le n car ça se prononce magnara) remonte à 1934 lorsque Tomasi écrit une musique de scène pour la radio, Miguel de Mañara, pour la pièce du même nom de Lubicz. C'est l'histoire d'un noble espagnol, un Don Juan notoire, qui rencontre une jeune fille pure, laquelle lui fait renoncer à sa vie débauchée et en plus, par la mort prématurée de sa bien-aimée, Miguel devient un saint capable d'effectuer des miracles.

Tomasi, pris par une crise mystique pendant la guerre lors d'un séjour dans une abbaye, reprend et amplifie sa musique de scène en 1944 pour en faire son opéra Don Juan de Mañara, qui ne sera créé sur scène qu'en 1967.

C'est à l'occasion de cette création qu'a été diffusé cet opéra à la radio, et que je l'ai écouté à l'époque et une autre fois un peu plus tard. Et il m'avait beaucoup plu...

Faut dire que dans les années 1960, les œuvres d'Henri Tomasi passaient régulièrement à la radio (France 3 et France 4 à l'époque, devenus France Culture et France Musique), et c'est là que j'ai écouté la plupart des morceaux de Tomasi que je connais, et parmi lesquels d'autres opéras comme Sampiero Corso, l'Atlantide, le Silence de la Mer.
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Henri Tomasi (1901-1971)
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