Forum sur la musique classique
 
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 Antoine Tisné (1932-1998)

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Snoopy
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MessageSujet: Antoine Tisné (1932-1998)   Sam 11 Nov - 9:41

Antoine Tisné, compositeur français, est né à Lourdes le 29 novembre 1932 et mort à Paris le 19 juillet 1998.

Antoine Tisné a commencé ses études musicales au Conservatoire de Tarbes. Il est entré au CNSM de Paris en 1952 en classe d'écriture musicale.

Il fut ensuite élève de Georges Hugon en harmonie et de Noël Gallon en Contrepoint et Fugue, puis eut comme maîtres Darius Milhaud et André Jolivet. Il a gagné un Second Grand Prix de Rome en 1962.

Inspecteur principal de la musique au ministère des Affaires culturelles entre 1967 et 1992, puis inspecteur de la musique chargé des conservatoires municipaux de la Ville de Paris, Antoine Tisné a composé plus de trois cents œuvres allant des pièces pour instrument solo à l'orchestre symphonique. Ses œuvres sont enregistrées en France (MFA, REM, Calliope), aux États-Unis, au Danemark et ailleurs. Il était Officier de l'Ordre national du Mérite, Officier des Arts et des Lettres et a été décoré des Palmes académiques.

Il a obtenu, entre autres récompenses, le Prix de la Fondation Copley, le Prix Halphen, le Prix Lili Boulanger, le Prix de la Fondation Koussevitsky, le Prix Casa Velasquez, le Grand Prix musical de la Ville de Paris, le Prix des compositeurs de la Sacem.

L'œuvre d'Antoine Tisné est celle d'un humaniste pour qui les procédures de compositions ne sont qu'un outil destiné à restituer au mieux les explorations de son imaginaire sans jamais être en soi le générateur essentiel des œuvres composées. Les nouvelles technologies, s'il sait les apprécier, n'entrent pas dans son schéma de pensée comme substitut délibéré de l'inspiration ou comme alternative à un discours musical dont il aime qu'il soit empreint de spiritualité. L'œuvre d'Antoine Tisné est résolument expressive et n'a nul besoin d'être, au moment de son interprétation, suivie voire précédée de commentaires explicatifs.

On entre dans l'univers de Tisné comme on entre dans celui d'un peintre ou plus encore peut-être dans celui d'un architecte par sa dimension spatiale et par son énergie quasi-tellurique. Antoine Tisné est un musicien des espaces. Ces espaces ou ces champs ignorent la vacuité ; ils sont chargés, spirituellement, affectivement, historiquement, qu'ils soient réels ou purement oniriques, si tant est que l'on puisse définir dans ce foisonnement la solution de continuité entre le réel et l'irréel. Mais son monde est aussi le nôtre.
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joachim
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Mar 21 Aoû - 9:08

Oeuvres

Hommage à Calder für Cembalo, 1970
Luminescences für Orgel, 1970
Arborescences I Prophase, Métaphase, 1974
Arborescences II Anaphase, Télophase, 1974
Cristaux de feu für Cembalo, 1975
Astres au relief d'or für zwei Schlagzeuger, 1982
Psaume 57 für Vokalensemble, großen Chor und Orgel, 1989
Offertorium pour Chartres
Monodies pour des Espaces Sacrés
Alta Mira
Music for Stonehenge
Chant pour Un Autre Galaxie
Hymne pour Notre Temps für 15 Saxophone
Edenic's Events
Emotion für Trompete
Héraldiques, Sonate für Trompete und Klavier
Horizons für Klarinette und Viola
Konzert für Viola und Orchester
Konzert für Violine und Orchester
Konzert für Violoncello und Orchester
Lac für Klavier
Ragas ("Homage to René Daumal") für Sprecher, Klavier, Ondes Martenot und Schlagzeug
Soliloques
Sonate für Viola und Klavier
Sonate für Violine und Klavier
Visions des Temps Immémoriaux für Klavier, Ondes Martenot und Schlagzeug
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Icare
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Mar 21 Aoû - 19:12


Encore un compositeur dont les oeuvres ne courent pas les bacs! Cependant, j'étais bien tombé sur un cd qui comprenait des oeuvres avec piano et ondes Martenot, sans doute celles que tu cites ci-dessus, mais je ne l'ai pas pris. J'ai failli me laisser tenter mais je l'ai reposé et depuis il est parti...probablement dans la besace d'un plus téméraire que moi.
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joachim
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Mar 21 Aoû - 19:23

Je ne sais même plus ce que j'ai écouté de lui à la radio, et n'ai aucun CD. Encore un oublié, sans doute pas assez "moderne". Je n'ai pas même trouvé son catalogue des oeuvres en français, il m'a fallu aller sur un site allemand !
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joachim
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Mar 10 Fév - 12:13

Catalogue oeuvres principales :

Orchestre :

Symphonie 1 (1960)
Symphonie 2 (1963)
Arborescence I (1972)
Arborescence II (1972)
Cosmogonie : 3 orchestres (1968)
Dolmen (1978)
Reliefs Irradiants de New-York (1979)
Strategies : 12 cuivres (1973)
Les Voiles de la Nuit, poème symphonique (1991)
Deux Mouvements Symphoniques (1963)
Chants d'Amour et de Mort (1962)
Etudes d'après Goya (1966)
Arches de lumière (1972)
Ondes flamboyantes : orchestre à cordes (1973)


Concertos

Concerto 1 : piano-orchestre (1959)
Concerto 2 : piano-orchestre (1961)
Concerto 3 : piano-orchestre (1962)
A une Ombre : piano-orchestre (1972)
Concerto : violon-orchestre (1969)
Concerto : alto-orchestre (1985)
Concerto : violoncelle-orchestre (1966)
Concerto : flute-orchestre cordes (1968)
Solstices : basson-orchestre cordes (1973)
Impacts : ondes Martenot-2 orchestres cordes (1973)
Elégie pour une aube : violon-orchestre (1972)
Chant pour une autre galaxie : orgue-orchestre à cordes-timbales  (1978)
Voix : cor-orchestre à cordes (1984)
De la Nuit à l'Aurore, poème symphonique pour saxophone soprano et orchestre à cordes (1991)


Musique de chambre

Hymne pour Notre Temps : 15 saxophones (1989)
Bocephal : 2 pianos (1982)
Boreal : 2 pianos (1982)
Idialane : 2 harpes (1983)
Cyclades : ondes Martenot-piano (1978)
Profils d'Ombre : violon-piano (1972)
Sonate : violon-piano (1963)
Sur le Sol : violon-violoncelle (1982)
Sonate : alto-piano (1966)
Sonate : violoncelle-piano (1960)
Sonate : flute-piano (1964)
Chant de nuit : cor-piano (1984)
Algues Bleues : clarinette-piano (1983)
Apres... : clarinette-harpe (1983)
Conte rêvé : clarinette-piano (1985)
Ombra Veneziana : 2 guitares (1985)
Music for Stonehenge : saxophone alto-piano (1977)
Heraldiques : trompette-piano (1980)
Espaces irradiés : : saxophone alto-piano (1983)
Ombres de Feu : saxophone alto-piano (1988)
Musique : piano-violon-violoncelle (1968)
Serenade de la Nuit : flute-violon-piano (1990)
Point Fixe : saxophone-clarinette-percussion (1983)
Reflets d'un Songe : flute-alto-harpe (1977)
Trio : ondes Martenot-piano-percussion (et récitant) (1987)
Visions des Temps Immemoriaux : piano-ondes Martenot-percussions (1964)
Stellae Borealis : 4 groupes percussions (1974)
Etudes : quatuor cordes (1978)
Quatuor 1 : cordes (1957)
Quatuor 2 : cordes (1979)
Quatuor 3 : avec piano : cordes (1979)
Quatuor 4 : cordes (1988)
Etudes d'après des Toiles de Maurice Denis : flute-trio cordes (1994)
Musique : flute-clar.-violon-violoncelle (1976)
Strates Colorees : hautbois-trompette-trombone-alto (1970)
Episodes New-Yorkais : violon-violoncelle-flute-clarinette-piano (1988)
Alliages : quatuor de saxophones (1971)
Quintette : vents (1961)
Pulsars Eclates : 6 percussionistes (1971)
Iles du Temps : 6 ondes Martenot (1980)
Profils Eclates : orgue-quintette cuivres (1976)
Offertorium pour Chartres, pour saxophone alto et quatuor à cordes
Isomorphies : 2 violons-2 altos-2 violoncelles (1975)
Dolmen : 7 vents-piano (1976)
Les Muses Inquietantes : 7 vents-percussion (1975)
Alba1789 : harpe-sextuor à cordes (1987)
Arkham : ensemble instrumental (1973)
Edenic'c events : 8 violoncelles (1991)


Piano, orgue, instrument seul

Sonate : piano (1968)
Cimaises : piano (1967)
Epigraphe pour une Stele : piano (1961)
Lac : piano main gauche (1986)
Musique pour un Devenir: piano (1967)
Recifs : piano (1972)
Soleils Noirs : piano (1968)
Toccata : piano (1955)
Les Contes de la lune bleue, suite : piano (1998)
Cristaux de Feu : clavecin (1975)
Hommage à Calder : clavecin (1970)
Tactiles : clavecin (1974)
Vers Toi, Jerusalem : orgue (1987)
Volutes Sonores : orgue (1970)
Altamira : orgue (1975)
Luminescences : orgue (1970)
Prélude et Fugue : orgue (1989)
Nuits : violoncelle (1982)
Soliloque : basson (1968)
Osiriaques : harpe (1979)
Particule : harpe (1982)
A la Fenetre : cor (1984)
Sensation : cor (et récitant) (1984)
Emotion : trompette (1984)
Monodie II pour un espace sacré : saxophone ou cor anglais (1987)
Vide : ondes Martenot (1982)
Monodie V pour un espace sacré : flûte (1989)
Partita, flûte (1990)
Mélopées : guitare 1983)


Musique vocale

Cantique du printemps : soprano-ténor-orchestre (1960)
Melodies (Rilke-Deglarga) : Chant de la mer - Beauté dans les yeux de vivre - Cimetière - Village sans arbre (1961)
Profils Eclates : Récitant-orgue-5 cuivres (1976)
Ragas : hommage à René Daumal : Récitant-piano-ondes Martenot-percussions (1987)
Passage : Soprano-orchestre cordes (1984)
Alcaphante : Récitant-flute-cor-orchestre (1938)
Vox Clamantis : choeur (1971)
Les Enfants du Ciel : choeur-6 musiciens , conte opéra pour enfants (1984)
Celebration : 3 choeurs-3 orchestres (1975)
Bocéphal : 2 pianos-récitant (1984)
Antienne pour l'au-delà : baryton, violon solo et orchestre à cordes (1986)
L'Heure des hommes, oratorio : soprano-choeur d'hommes-harmonie (1985)
Le Chant des Yeux, oratorio : soprano-choeur mixte-orchestre (1986)
Maryam, oratorio : soprano-choeur mixte-orchestre (1989)
Psaume 57 - Psaume 138 : solistes-grand choeur-orgue (1990)
Invocation pour baryton et orchestre (1993)
La Ramasseuse de sarments, théâtre musical (1980)
Le Chemin des bulles, opéra pour enfants (1988)
Pour l"amour d'Alban, opéra en 3 actes (1993)


https://www.youtube.com/watch?v=ty_4AByT0qY
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Icare
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Jeu 7 Mai - 12:43

Icare a écrit:
Encore un compositeur dont les oeuvres ne courent pas les bacs! Cependant, j'étais bien tombé sur un cd qui comprenait des oeuvres avec piano et ondes Martenot, sans doute celles que tu cites ci-dessus, mais je ne l'ai pas pris. J'ai failli me laisser tenter mais je l'ai reposé et depuis il est parti...probablement dans la besace d'un plus téméraire que moi.

En ce début de mois de mai, j'aurai franchi le pas et, par conséquent, vais pouvoir enfin découvrir la prose sonore de ce compositeur par le biais de son oeuvre pour flûte, tout d'abord: Etudes d'après Maurice Denis (1994) pour flûte et trio à cordes, Sérénade de la Nuit (1989) pour flûte, violon et alto, Les Voix de l'Ombre (1991) pour flûte et trio à cordes et Monodie IV pour un espace sacré (1989) pour flûte seule.

Par l'Ensemble Hélios: Christel Rayneau (flûte), Nathanaêlle Marie (violon), Laurent Camatte (alto) et Christophe Beau (violoncelle).

Un second CD "enregistrements d'archives" accompagne le premier. Il contient le Concerto (1965) pour flûte et orchestre à cordes, par le grand Jean-Pierre Rampal et l'Orchestre de Chambre de l'ORTF sous la direction d'André Girard ainsi que la Sonate (1964) pour flûte et piano par Alain Marion (flûte) et Claude Bonneton (piano).

Je n'ai pas encore écouté car j'ai un autre cycle à terminer mais j'y reviendrai à coup sûr. Le titre de ce double-album m'a beaucoup attiré: Les voix de l'Ombre. <<Tisné, pour être musicien, puisa souvent son inspiration du côté des peintres. Sitôt arrivé à Paris, il visita ainsi "de nombreuses expositions [...] au Louvre ou aux musées contemporains", appréciant dans Picasso, Manet, Monet, Van Gogh, Matisse ou Gris, une "nature profondément spirituelle et artistique" proche de "sa sensibilité et de sa manière personnelle de rendre sensible le monde autour de nous", et goûtant particulièrement le "climat onirique" de Delvaux, Chirico, Tanguy, Magritte ou Dali.>> J'aime bien me laisser aimanter par l'enveloppe de mystère qui entoure une oeuvre que je ne connais pas, me demander à quoi elle peut bien ressembler, si elle va me plaire et à quel point...La quête de l'inconnu est déjà un plaisir pour moi. Very Happy
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Icare
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Sam 30 Mai - 19:25


N'ayant même pas encore écouté les oeuvres pour flûte présentées ci-dessus, qu'une autre occasion de me procurer des oeuvres d'Antoine Tisné à prix très aimable s'est présentée à moi: je l'ai donc saisie. Les oeuvres sont Ombres de feu pour saxophone alto et orchestre, Episode new yorkais pour cinq instruments sous la direction de Jean-Louis Petit, Monodie pour un espace sacré pour saxophone alto solo, De la nuit à l'aurore pour saxophone soprano et orchestre et Les voiles de la nuit pour orchestre.

Paul Wehage: saxophone.
Orchestre Philharmonique de BRNO
Leos Svarovsky: direction.


Les trois oeuvres orchestrales "Les ombres de feu", "De la nuit à l'aurore" et "Les voiles de la nuit" ne se réfèrent à aucun texte littéraire mais projettent aussi, en s'inspirant d'une sensation spécifique, cette libre appréhension du monde. Leur caractère mystérieux ou incantatoire, leur pouvoir de fascination naît d'une magie sonore engendrée tantôt par l'insistance, tantôt par la fluidité des figures, par la mobilité des tempi ou par les mutations de timbres. elle est gonflée par une dynamique impulsive qui fait souvent s'entrechoquer les images sonores et les impressions qu'elles éveillent, mais chaque oeuvre demeure toujours homogène, menée par une trame presque immatérielle qui se propage dans l'espace au-delà des sons. Elle place l'auditeur au centre des déplacements, des spirales, des éclatements et l'y oriente par la maîtrise du parcours proposé dans la succession fulgurante des visions et des émotions. C'est pour compléter la démarche musicale des oeuvres précédentes que la "Monodie pour un espace sacré" trouve sa place dans ce programme. Cette pièce est ici présentée pour saxophone alto solo et fait partie d'un ensemble de musique composée pour instruments solistes (flûte, hautbois, cor, cor anglais, tuba) conçue dans l'esprit d'une épure évoquant le tracé d'un dessin significatif. Cette "Monodie" répond à l'objectif auquel est lié celui de créer le climat et l'ambiance relatifs à l'espace et au temps musical propice au recueillement et à la méditation. Pierrette Germain.
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Icare
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Mer 22 Juil - 10:06

joachim a écrit:
Je ne sais même plus ce que j'ai écouté de lui à la radio, et n'ai aucun CD. Encore un oublié, sans doute pas assez "moderne". Je n'ai pas même trouvé son catalogue des oeuvres en français, il m'a fallu aller sur un site allemand !

Oh que si! L'approche de ce compositeur est plutôt "moderne" bien qu'il ne s'enlise pas du tout dans un "sériel" éculé et rigide. En découvrant, ce matin, Etudes d'après Maurice Denis (1994) pour flûte et trio à cordes, j'ai été surpris et saisi par le caractère bien trempé de cette musique, par le jeu nerveux et virtuose de la flûte de Christel Rayneau et celui tout aussi énergique et incisif du trio à cordes: violon, alto et violoncelle. Ne pas s'attendre à une oeuvre douce, mélodieuse et romantique, non, il faut plutôt se laisser chahuter par une musique atonale et tonitruante qui tranche dans le vif, un univers chambriste agité et sans grande concession. Mais attention, rien qui ne me soit pénible ni incompréhensible à l'écoute. Au départ, il est vrai que je m'attendais à une approche plus impressionniste, plus contemplative et qu'en réalité il n'en est rien. Peu importe puisque rien ne justifiait que j'aies de telles attentes! La flûte domine avec ardeur et insolence. Elle donne tout de suite le ton. Certains trouveront peut-être qu'elle vocifère; je dirais davantage qu'elle rayonne en plein tumulte. J'aime bien les interventions intempestives du trio à cordes, mais plus précisément encore lorsqu'il lui répond par pizzicati. Flûte et pizzicati forment une combinaison sonore qui m'est particulièrement attractive. Beaucoup d'intensité dans cette oeuvre, mais aussi dans Sérénade de la Nuit (1989) pour flûte, violon et alto. Seul le violoncelle a provisoirement déserté les lieux. Il réapparaîtra dans Les Voix de l'Ombre (1991) où l'on retrouve le même effectif que pour Etudes d'après Maurice Denis; flûte solo et trio à cordes. Cette composition, toute aussi énergique et expressive que les deux précédentes, avait tout pour devenir ma préférée des trois. Seul le dernier des huit mouvements a quelque peu coupé mon élan. J'aurais souhaité une conclusion plus mordante et, en fait, le final est plus statique, jouant davantage sur les silences avant de s'éteindre et me laisser une impression un peu tiède, juste avant une courte monodie pour flûte solo: Monodie IV pour un espace sacré (1989). Il arrive assez fréquemment que les attentes de l'auditeur ne correspondent pas aux aspirations du compositeur, sauf qu'au fond, en y regardant de plus près, le final correspond parfaitement à son titre; Les Voix de l'Ombre...ces ombres qui se profilent et se déforment sur les murs d'une rue très mal éclairée...Globalement, c'est une musique qui met brillamment en valeur la flûte, une flûte dans tous ses états, merveilleusement portée par la talentueuse Christel Rayneau. Le trio à cordes de l'Ensemble Hélios lui rend admirablement bien l'appareil au service d'une musique rigoureuse et captivante, parfaitement en phase avec son époque, une musique de chambre concise et incisive, laquelle j'aurai plaisir à réécouter, approfondir...
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Icare
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Mer 22 Juil - 17:57

En découvrant son Concerto (1965) pour flûte et orchestre à cordes, par le grand Jean-Pierre Rampal, l'Orchestre de Chambre de l'ORTF sous la direction d'André Girard, ainsi que sa Sonate (1964) pour flûte (Alain Marion) et piano (Claude Bonneton), j'ai d'abord trouvé, esthétiquement parlant, que ces musiques n'étaient finalement pas si éloignées des oeuvres pour flûte qu'il composa dans les années 90, celles que je mentionne dans mon précédent commentaire. Dans le Concerto, j'ai bien retrouvé cette flûte volubile et énergique qui anime des pièces comme Etudes d'après Maurice Denis ou encore Sérénade de la Nuit. Ces poétiques ne m'ont pas parues si différentes les unes des autres. J'ai aussitôt senti qu'elles sortaient d'un même esprit imaginatif et rigoureux. Disons seulement que dans le Concerto, Antoine Tisné emploie un effectif d'instruments à cordes beaucoup plus grand. La musique y est déjà très tumultueuse, intense et même désespérée. Des trois mouvements qui le constituent, le second est, selon mon avis, le plus impressionnant dans son développement dramatique. Il touche même à l'exquis lorsque l'orchestre à cordes se réduit à un violon solo et que l'on atteint une touchante proximité entre cet instrument et la flûte. Quelque-part, dans le troisième mouvement, les cordes s'effaceront provisoirement afin de laisser au soliste toute la portée d'un chant solitaire et volatile dont il me fut fort plaisant d'en suivre le cheminement: tout devint silence autour d'elle. La Sonate est probablement l'oeuvre qui m'a le moins séduit, lors de cette première écoute. La sonate est néanmoins rigoureuse, bien aussi rigoureuse et incisive que toutes les autres. Comme première conclusion - il y aura d'autres écoutes - je dirais que ces oeuvres d'Antoine Tisné sont de grande qualité, aussi bien dans l'écriture que dans l'interprétation qui en a été faite, que ce soit par Christel Rayneau et l'Ensemble Hélios ou par Jean-Pierre Rampal, André Girard, Alain Marion et Claude Bonneton. Et je dirais aussi qu'elles mettent formidablement en valeur la flûte, un instrument que l'on savait déjà merveilleux, mais qui continue de l'être ici, au sein d'un univers singulier et pertinent. J'y aime son insolence.
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Icare
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Jeu 14 Jan - 9:56

<<En découvrant, ce matin, Etudes d'après Maurice Denis (1994) pour flûte et trio à cordes, j'ai été surpris et saisi par le caractère bien trempé de cette musique, par le jeu nerveux et virtuose de la flûte de Christel Rayneau et celui tout aussi énergique et incisif du trio à cordes: violon, alto et violoncelle. Ne pas s'attendre à une oeuvre douce, mélodieuse et romantique, non, il faut plutôt se laisser chahuter par une musique atonale et tonitruante qui tranche dans le vif, un univers chambriste agité et sans grande concession. Mais attention, rien qui ne me soit pénible ni incompréhensible à l'écoute. Au départ, il est vrai que je m'attendais à une approche plus impressionniste, plus contemplative et qu'en réalité il n'en est rien. Peu importe puisque rien ne justifiait que j'aies de telles attentes! La flûte domine avec ardeur et insolence. Elle donne tout de suite le ton. Certains trouveront peut-être qu'elle vocifère; je dirais davantage qu'elle rayonne en plein tumulte. J'aime bien les interventions intempestives du trio à cordes, mais plus précisément encore lorsqu'il lui répond par pizzicati. Flûte et pizzicati forment une combinaison sonore qui m'est particulièrement attractive. Beaucoup d'intensité dans cette oeuvre, mais aussi dans Sérénade de la Nuit (1989) pour flûte, violon et alto. Seul le violoncelle a provisoirement déserté les lieux. Il réapparaîtra dans Les Voix de l'Ombre (1991) où l'on retrouve le même effectif que pour Etudes d'après Maurice Denis; flûte solo et trio à cordes. Cette composition, toute aussi énergique et expressive que les deux précédentes, avait tout pour devenir ma préférée des trois. Seul le dernier des huit mouvements a quelque peu coupé mon élan. J'aurais souhaité une conclusion plus mordante et, en fait, le final est plus statique, jouant davantage sur les silences avant de s'éteindre et me laisser une impression un peu tiède, juste avant une courte monodie pour flûte solo: Monodie IV pour un espace sacré (1989). >>

J'ai réécouté, ce matin, Etudes d'après Maurice Denis pour flûte et trio à cordes, Sérénade de la Nuit pour flûte, violon et alto, Les Voix de l'Ombre pour flûte et trio à cordes et Monodie IV pour un espace sacré pour flûte solo. En relisant ma première impression, ci-dessus, j'y lis un bien bel enthousiasme qui, je l'avoue, me surprend un peu aujourd'hui. De toute évidence, j'étais complétement entré dans l'univers chambriste de ces musiques, ce qui, en connaissance de mes goûts, n'avait rien d'étonnant: pas des musiques simples au langage très direct, plutôt une approche assez tourmentée et alambiquée dans laquelle la flûte semble mener la danse tout en étant chahutée à son tour. Toutefois, lors de cette nouvelle écoute, j'avoue que mon ressenti est nettement plus tempéré que la première fois.   Un côté très rigoureux et sévère détermine ces pièces, ne cédant que très peu d'espace à la fantaisie et sans aucune souplesse. La musique n'y est jamais tendre: rigoureuse et même intransigeante. Elle est complètement dévouée au flûtiste, mettant à l'épreuve toutes les capacités expressives de son instrument. Antoine Tisné y déploie un style singulier sans grande concession mais aussi plein d'intériorité et d'obstacles pour le soliste. Le cheminement est personnel et parfois insaisissable. Peut-être aussi parce que je suis moins entré dans cette musique, certes, non dépourvue d'intensité mais qui manque un peu de chair et de poumon. J'aurais voulu l'entendre respirer un peu plus...La flûte a toujours été dans mon esprit et ma perception de celle-ci, l'instrument le plus aérien avec le violon lorsqu'il plane dans les aigus. Cette flûte, chez Tisné, est un oiseau vif et coloré qui raconte l'histoire du monde qu'il survole et sur lequel il ne prend pas le temps de se poser. Il le raconte avec élan et virtuosité, sans la moindre compassion pour ses tourments et ses abîmes. J'ai écouté cette flûte et le jeu des quelques cordes qui se mêlent au discours avec assiduité mais sans véritable émotion, même si je sais que j'y reviendrai à nouveau. Si ce ne fut pas une grande émotion pendant l'écoute, le style très personnel d'Antoine Tisné me plait, me hante. Cette nuance soulignée, j'ai quand même suivi les péripéties de la flûte solo de Christel Rayneau avec un réel intérêt, comme pris dans les entrelacs d'une musique qui me tient malgré tout en haleine. J'ai suivi les différents rebondissements, accélérations, accalmies, ses moments d'errance, de flanerie, ses moments plus insolents et incisifs sans difficulté, sans grande passion et sans ennui non plus. Les chemins empruntés sont sinueux, accidentés, tortueux, profondément marqués ou juste esquissés. La flûte traverse un couloir étroit, fait de nuit et de lumière, auquel les cordes y apportent une emprise troublée. Lorsque la flûte s'échappe de l'emprise des cordes, elle se retrouve seule dans l'ombre de la lumière, chantonnant une douce monodie. Sa solitude soudaine lui confère alors une certaine fragilité. Moins formidable que la première impression m'avait laissé entendre, mais intéressant et appréciable pour qui est, comme moi, sensible à un langage plutôt contemporain.


Dernière édition par Icare le Jeu 14 Jan - 21:15, édité 3 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Jeu 14 Jan - 16:36


Le Concerto (1965) pour flûte et orchestre à cordes interprété par Jean-Pierre Rampal, l'"Orchestre de Chambre de l'ORTF, sous la direction d'André Girard est le sommet de toutes ces oeuvres dédiées à la flûte et regroupées dans le coffret intitulé "Les Voix de l'Ombre", ce qui comprend aussi la Sonate de 1964 pour flûte et piano par Alain Marion et Claude Bonneton, une pièce de musique faisant la part belle au flûtiste et aussi rigoureuse et virtuose que les musiques de chambre citées auparavant...une sonate pas très émouvante pour moi mais dont le jeu entre les deux instruments arrivent à me captiver un peu. Donc, de toutes ces compositions pour flûte, c'est le concerto que je préfère et assez nettement.
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Icare
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Jeu 14 Jan - 21:38


Les nouveaux opus que j'aurai découverts, ce soir, Ombres de Feu pour saxophone alto et orchestre, Episodes New Yorkais pour violon, violoncelle, flûte, clarinette et piano, monodie pour un espace sacré pour saxophone alto solo, De la nuit à l'aurore pour saxophone soprano et orchestre et Les voiles de la nuit pour orchestre. On remarquera d'ailleurs que "ombre" et "nuit" sont des mots qui reviennent souvent dans les titres de ces oeuvres. De celles que je viens de citer, aucune ne m'a déplu. Au contraire, j'étais heureux de retrouver son style exigeant et si personnel qui me plait bien, celui d'un coloriste soigneux qui ne recherche jamais vraiment les grands effets orchestraux: ils sont, par exemple, brefs dans Les Voiles de la Nuit. De la nuit à l'Aurore développe une partition soyeuse, subtile et même onirique, une pénombre qui mène progressivement à la lumière...Ombres de Feu et Episodes New Yorkais m'ont maintenu attentif...Toujours ce style un brin insaisissable et tourmenté qui m'avait charmé dès sa musique de chambre pour flûte, car même si celle-ci m'a moins enthousiasmé à la première écoute, elle me plait suffisamment pour avoir envie d'y revenir un jour. Il en va aussi pour ces nouvelles oeuvres qui m'ont laissé une première bonne impression.
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laudec

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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   Jeu 14 Jan - 22:47

Citation :
Le Concerto (1965) pour flûte et orchestre à cordes interprété par Jean-Pierre Rampal, l'"Orchestre de Chambre de l'ORTF, sous la direction d'André Girard est le sommet de toutes ces œuvres dédiées à la flûte et regroupées dans le coffret intitulé "Les Voix de l'Ombre"


J'ai trouvé l’œuvre en question sur YT et elle m'a emportée pour un étonnant voyage à travers sentiments et émotions variées, de la terreur à la joie, mon cœur a virevolté jusqu'au dénouement final étonnant et abrupt.
C'est l'unique composition d'Antoine Tisné que je  connais maintenant grâce à cette première écoute et j'en redemande parce qu'elle m'a envoûtée, surtout par la flûte  Wink  de Rampal, si expressive.  Belle découverte  


Concerto flûte et orchestre
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MessageSujet: Re: Antoine Tisné (1932-1998)   

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Antoine Tisné (1932-1998)
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