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 Thérèse BRENET, né en 1935

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Icare
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MessageSujet: Thérèse BRENET, né en 1935   Mer 29 Aoû - 22:59

Musicienne de son temps, Thérèse Brenet estime qu'un compositeur se doit de connaître les nouvelles techniques mises à sa disposition, tout en restant ouvert à celles plus traditionnelles. C'est pourquoi il lui arrive d'employer un matériau atonal, mais en se gardant bien de ne pas sombrer dans le sérialisme. Sa formation, sa nature, sa recherche constante de la beauté et sa quête de l'absolu, font d'elle une musicienne un peu à part, dont l'oeuvre, riche et variée, écrite dans un style clair, atteste une parfaite maîtrise du langage. Humble dans son oeuvre, elle déclare elle-même: "Le compositeur est un ouvrier, oui, mais non pas un tâcheron; il travaille ordinairement dans la solitude et le secret, sans fard ni journaliste. Ce qu'il doit par-dessus tout éviter, ce sont les discours inutiles, abscons et prétentieux sur son oeuvre."

Née le 22 octobre 1935 à Paris, Thérèse Brenet est issue par sa mère d'une famille où la pratique de la musique est une tradition héréditaire depuis au moins la fin du XVIII siècle. Sa trisaïeule, Eugénie Sauvinet, fréquentait assidûment le salon de Madame Récamier à l'Abbaye au Bois. Sa grand-mère, Louise Warnier, bonne musicienne, lui fit découvrir tout le répertoire lyrique, et sa mère, Marguerite Warnier, chanteuse amateur agréable, était passionnée de musique sacrée. Il n'est pas étonnant dans ces conditions que la future lauréate du Prix de Rome découvrit très tôt les charmes de la musique et ait voulu faire une carrière musicale. C'est ainsi qu'elle est mise enfant au piano et à l'âge de sept ans capable d'accompagner sa mère lorsqu'elle chante. Tout d'abord élève de piano de Melle Davenet, puis de Marguerite Long dans son école. Elle est également initiée au solfège par un excellent professeur, Germaine Hugueniot, femme "foncièrement musicienne et cultivée", qui lui fait découvrir sa vocation de compositeur. Elle entre ensuite au Conservatoire de Reims, dans la classe de piano de Simone Glotz et, dès la première année, remporte le Premier Prix avec l'admirable Prélude & Variations de Fauré. En octobre 1954, Thérèse Brenet rejoint le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris par un cycle de classes d'écriture (harmonie, contrepoint, fugue, composition) qui va durer plus d'une décennie.

Pour la biographie plus complète:

http://www.musimem.com/brenet.htm


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Icare
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Mer 29 Aoû - 23:17


Je ne connais que quatre oeuvres de cette compositrice mais là je dois bien admettre que sa musique possède des moments de toute beauté, qu'il s'agisse de Odi & Amo (1992) pour violon et orchestre, Le Retour de Quetzalcoatl (1995), un poème symphonique pour violoncelle et orchestre, Poème (1994) pour violon et orchestre et Aeterno Certamine (1991) pour alto, violoncelle et orchestre à cordes. Je ne saurais dire laquelle je préfère...Son approche stylistique et esthétique me touche davantage que celle de Sally Beamish, peut-être parce que davantage touché par un impressionnisme à la Française. Le troisième mouvement de Odi & Amo est une petite merveille qui illustre parfaitement bien la nature et l'ambition artistiques de cette musicienne. C'est simple; j'en ai eu la larme à l'oeil.

Seulement, voilà, je ne trouve pas les vidéos qui m'intéressent et correspondent à ce que j'aime de cette musicienne. Dommage!

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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Ven 28 Nov - 12:38

<<Musicienne de son temps, Thérèse Brenet estime qu'un compositeur se doit de connaître les nouvelles techniques mises à sa disposition, tout en restant ouvert à celles plus traditionnelles. C'est pourquoi il lui arrive d'employer un matériau atonal, mais en se gardant bien de ne pas sombrer dans le sérialisme. Sa formation, sa nature, sa recherche constante de la beauté et sa quête de l'absolu, font d'elle une musicienne un peu à part, dont l'oeuvre, riche et variée, écrite dans un style clair, atteste une parfaite maîtrise du langage. Humble dans son oeuvre, elle déclare elle-même:  "Le compositeur est un ouvrier, oui, mais non pas un tâcheron; il travaille ordinairement dans la solitude et le secret, sans fard ni journaliste. Ce qu'il doit par-dessus tout éviter, ce sont les discours inutiles, abscons et prétentieux sur son oeuvre.">>

Son concerto pour violon Odi et Amo répond précisément à ce qui est dit ci-dessus. Ce que j'aime dans cette oeuvre de Thérèse Brenet c'est la fragilité des gestes musicaux, la qualité des orchestrations, le caractère intimiste et dépouillé de certains passages, c'est surtout la construction du troisième et dernier mouvement, sa manière d'employer le matériau atonal, de le triturer sous la forme d'une pâte expressive, sans agressivité excessive, et de le confronter, dans une architecture claire et lunatique à la fois, à un "fragment" mélodique de toute beauté qui ne se livre jamais entièrement, un véritable oasis de lumière qui apparaît et disparaît dans les méandres d'un complexe harmonique parfaitement maîtrisé. Original et poétique.
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Jeu 15 Oct - 8:17

Je savais qu'un jour j'aurais l'occasion de découvrir de nouveaux opus de la compositrice française Thérèse Brenet qui m'avait déjà profondément touché avec son concerto pour violon Odi et Amo. Ce sera tout d'abord un poème symphonique; Le Livre de l'Harmonie du Monde, découpé en trois mouvements, "Les cantiques de l'univers", "Vents solaires", "L'Expansion"...Le livre d'Harmonie du Monde est évidemment un titre qui m'a aussitôt interpellé. Ensuite, ce sera le tour de Quatre pièces pour saxophone alto et orchestre à cordes; A Thing of Beauty is a Joy Forever, là encore un titre qui me parle beaucoup et j'espère qu'il en ira de même pour l'oeuvre qui s'en rapporte. Puis viendra Poème de Jade pour baryton, flûte et orchestre, en sept mouvements, certains plutôt très courts, Perles d'Ambre - Vocalise pour voix de femme et orchestre. Là, ce n'est pas seulement le titre qui m'attire mais l'emploi de la voix sous la forme de vocalise et donc d'instrument à part entière, sans texte ni poème. Cette année 2015 sera sans doute l'année du double concerto pour violon, violoncelle et orchestre dans la mesure où je vais pouvoir découvrir celui de Thérèse Brenet qui, lui aussi, porte un titre merveilleux; Ces Hautes Mélodies dans le Paradis que nous avons perdu. Il se découpe en trois mouvements, "La première union avec Dieu", "Glissés de comètes" et "Le livre de l'éternité". J'espère qu'il me plaira autant que celui, Pas de Deux, deJames Horner que j'avais découvert et apprécié tout récemment. Après cela, il me restera un sixième opus à découvrir; La Nuit du Fossoyeur, un poème lyrique pour baryton et orchestre.
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Lun 18 Jan - 22:24

Icare a écrit:
Je savais qu'un jour j'aurais l'occasion de découvrir de nouveaux opus de la compositrice française Thérèse Brenet qui m'avait déjà profondément touché avec son concerto pour violon Odi et Amo. Ce sera tout d'abord un poème symphonique; Le Livre de l'Harmonie du Monde, découpé en trois mouvements, "Les cantiques de l'univers", "Vents solaires", "L'Expansion"...Le livre d'Harmonie du Monde est évidemment un titre qui m'a aussitôt interpellé. Ensuite, ce sera le tour de Quatre pièces pour saxophone alto et orchestre à cordes; A Thing of Beauty is a Joy Forever, là encore un titre qui me parle beaucoup et j'espère qu'il en ira de même pour l'oeuvre qui s'en rapporte. Puis viendra Poème de Jade pour baryton, flûte et orchestre, en sept mouvements, certains plutôt très courts...

Je viens d'écouter pour la première fois ces trois oeuvres de Thérèse Brenet et je n'ai pas été déçu. Poème de Jade pour baryton, flûte et orchestre m'a paru vraiment très beau. j'ai beaucoup aimé les échanges entre les deux solistes. Le Livre de l'Harmonie du Monde dévoile une oeuvre symphonique ample et généreuse que j'ai même trouvé apaisante dans sa finalité. Je me suis presque retrouvé en impesanteur en l'écoutant. A Thing of Beauty is a Joy Forever pour saxophone alto et orchestre à cordes est peut-être ce qui m'a le moins séduit dans l'absolu, mais quand même, j'ai bien aimé cette musique pleine de délicatesse ainsi que le jeu souvent feutré du saxophone du très bon Paul Wehage, le même qui avait interprété quelques unes des oeuvres d'Antoine Tisné découvertes récemment. J'ai hâte d'écouter les suivantes, celles du second cd, et hâte de réécouter celle-ci afin d'affiner ma première impression. Très content ce soir. Very Happy
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Mar 19 Jan - 23:31

Icare a écrit:
Perles d'Ambre - Vocalise pour voix de femme et orchestre. Là, ce n'est pas seulement le titre qui m'attire mais l'emploi de la voix sous la forme de vocalise et donc d'instrument à part entière, sans texte ni poème. Cette année 2015 sera sans doute l'année du double concerto pour violon, violoncelle et orchestre dans la mesure où je vais pouvoir découvrir celui de Thérèse Brenet qui, lui aussi, porte un titre merveilleux; Ces Hautes Mélodies dans le Paradis que nous avons perdu. Il se découpe en trois mouvements, "La première union avec Dieu", "Glissés de comètes" et "Le livre de l'éternité". J'espère qu'il me plaira autant que celui, Pas de Deux, deJames Horner que j'avais découvert et apprécié tout récemment. Après cela, il me restera un sixième opus à découvrir; La Nuit du Fossoyeur, un poème lyrique pour baryton et orchestre.

Très bonne impression après première écoute de Perles d'Ambre - Vocalise pour voix de Femme et orchestre, plutôt emballé par ce très beau récit musical pour soprano et orchestre: volupteux, assez minimaliste au début, puis plus d'ampleur par moment. De l'élégance aussi. Le Double Concerto Ces Hautes Mélodies dans le Paradis que nous avons perdu pour violon, violoncelle et orchestre est très différent de celui de James Horner mais j'aime bien son caractère minimaliste qui évolue vers quelque chose de finalement plus étoffé. Il y a dans la musique de Thérèse Brenet une véritable notion de la beauté. Ce que je veux dire, c'est que la première qualité qui me saute à l'oreille, la première impression; c'est "beau" et même "très beau". La Nuit du Fossoyeur - poème lyrique pour baryton et orchestre est l'oeuvre qui m'a le moins intéressé, dans l'absolu, mais très agréable à écouter malgré tout...A un moment donné, vers la fin de l'oeuvre, il y a une flûte errante qui m'emmène dans sa douce plainte lunaire.


Dernière édition par Icare le Jeu 16 Fév - 22:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Jeu 16 Fév - 18:08

Je viens de réécouter pour la deuxième fois trois oeuvres de Thérèse Brenet: Poème de Jade pour baryton, flûte et orchestre qui m'a paru toujours pourvu d'une certaine beauté, par un instrumentarium adéquat, notamment une flûte solo par Christel Rayneau qui accentue sa dismension poétique autour de la voix du baryton Kurt Ollmann. J'y ai également entendu quelque-part un clavecin. L'oeuvre se découpe en sept extraits; "Je me promenais, La danseuse, Les deux flûtes, L'ombre d'une feuille d'oranger, La chanson des nénuphars, L'insensé, La danse des Dieux. Ha! "La danse des Dieux" avec l'alto solo, irrésistible! Le second opus est Le Livre de l'Harmonie du Monde. Voilà déjà un titre que j'adore! C'est un poème symphonique que j'ai, je pense, encore plus apprécié cette fois-ci. Lumineux, il a quelque-chose de céleste, de spatial. Les trois mouvements ont des titres appropriés; "Le Cantique de l'Univers, Vents Solaires, L'Expansion". A Thing of Beauty is a Joy Forever pour saxophone alto et orchestre à cordes est la troisième oeuvre que je viens de réécouter pour la seconde fois. C'est toujours celle des trois qui me plaît le moins, ce qui ne veut pas dire qu'elle est inintéressante. Non, elle a ses qualités et une certaine beauté dans un raffinement très français, portée par le saxophone volubile de Paul Wehage.
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Jeu 16 Fév - 22:48

Une nouvelle écoute de Perles d'Ambre - Vocalise pour voix de Femme et orchestre n'a fait que confirmer ma première impression. J'ai toujours apprécié cette idée d'employer la voix comme un instrument et non systématiquement pour porter un texte. C'est le cas ici avec la mezzo-soprano Isaure Equilbez. Voluptueuse et ondulée, la voix, porteuse d'aucun mot, juste de l'émotion à l'état pur, s'entortille autour de l'orchestre, le serre, le compresse, le décompresse, lui laisse reprendre son souffle et son envol. Les cordes scintillent et s'invitent, délicatement, clavecin et percussions. Le Double Concerto Ces Hautes Mélodies dans le Paradis que nous avons perdu pour  alto, violoncelle et orchestre est une toute autre aventure. Il se constitue de trois mouvements; "La première union avec Dieu, Glissés de comètes, Le Livre de L'éternité et est interprété par Aurélie Deschamps (alto) et Eric Zorgniotti (violoncelle). Il ne faut pas s'attendre à un grand duel entre les deux solistes ni entre les deux solistes et l'orchestre comme dans un double concerto traditionnel. Il s'agit davantage d'un dialogue complice et intime entre le violoncelle et l'alto, l'orchestre y étant le plus souvent impliqué comme accompagnateur non-antogoniste de cette conversation fraternelle. Le troisième mouvement est peut-être le plus captivant à mon goût. J'aime bien dans l'ensemble. De plus, je trouve comme une continuité entre Perles d'Ambres et le Double-Concerto. Il en va de même avec La Nuit du Fossoyeur, poème lyrique pour baryton et orchestre, sur un texte extrait des Chants de Maltador de Lautréamont, par le baryton Kurt Ollmann. La musique de Thérèse Brenet m'évoque une force tranquille, presque suspendue au-delà de l'espace et du temps. C'est beau, très esthétique, chaude et froid à la fois; j'en sors pour l'instant plus séduit que vraiment ému. C'est peut-être parce que je ne la connais pas encore suffisamment. Elle ne me fait pas vibrer à la manière de son concerto pour violon Odi et Amo mais je la contemple, admire cette beauté magnétique qui en émane. C'est beau et inaccessible...un ciel étoilé...


Dernière édition par Icare le Ven 17 Fév - 16:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Ven 17 Fév - 9:57

Je découvre cette compositrice dont la presse dit  
Citation :
N’ayant " jamais recherché les honneurs, ni les médailles, ni même un strapontin à l’Académie des Beaux-Arts ", préférant garder son indépendance, et ainsi ne " subir aucune pression, aucun terrorisme culturel, et aucun académisme, qu’il soit du présent ou du passé ", Thérèse Brenet construit une œuvre libre qui restera assurément dans l’histoire de la musique
avec beaucoup d'intérêt. J'ai voulu écouter quelques unes de ses compositions sur YT même si Icare nous dit qu'elles ne sont pas vraiment représentatives de son œuvre, c'est tout ce que j'ai à ma disposition  

Parmi les vidéos trouvées, j'ai choisi le bel ensemble de flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano qui porte le nom bien énigmatique de Boustrophédon sous-titré "Tant de strideurs étranges".

Ce n'est pas une musique que j'écouterais tous les jours, mais c'est une musique que j'ai énormément de plaisir à découvrir, comme un voyage dans l'univers astral, en route vers d'autres planètes, j'ouvre grand les oreilles pour écouter ces sonorités d'autres mondes.

Du coup j'ai commencé à écouter les autres vidéos postées avec parfois  le même effet : cette musique me parle, me réjouit, me fait rire parfois, parfois aussi une lassitude s'installe, certaines pièces me sont inaccessibles, mais peut-être en ai-je trop écouté à la suite .  Belle découverte en tout cas, merci Icare ! Je recommande la biographie complète proposée dans le premier post, très intéressant  Wink


https://youtu.be/-SdwCOr-wzA
Voici d'où vient ce nom bizarre :

Boustrophédon est le terme qui, depuis le XVIe siècle désigne une écriture archaïque dans laquelle, après avoir écrit une ligne de gauche à droite, on continuait en écrivant de droite  à gauche, en alternant. C'est le cas de l'écriture latine la plus anciennement connue, celui aussi de l'écriture traditionnelle des Touaregs. L'étymologie, du grec bous, le bœuf, et de la forme verbale trophéin, tourner, nous enseigne que cette écriture était tracée comme le sillon creusé par les bœufs au labour.

Dans le sous-titre on trouvera, avec l'emploi d'un mot rare un souvenir du sonnet des voyelles de Rimbaud : Ô, sublime clairon plein de strideurs étranges

L'auteur a voulu suggérer musicalement et techniquement cette écriture en boustrophédon. L'œuvre commence donc sur un fond sonore un peu étrange, qui suggère le tracé de cette écriture.

Cette curieuse ambiance est suscitée par différents glissés sur les cordes même du piano et divers glissandi sur le violon et le violoncelle, qui, selon leurs possibilités créent dans ce mouvement de va-et-vient des strideurs étranges et un climat très particulier sur lequel la flûte et la clarinette, en alternance se font entendre en de très brèves séquences, qui constituent l'ébauche d'une mélodie. Puis l'ambiance change : le violon, le violoncelle et le piano s'unissent pour nous présenter une percussion violente, voir stridente, tandis que la clarinette s'exprime dans sa tessiture la plus grave et la plus sombre, faisant entendre parfois des micro-intervalles, avec une passion tragique peut-être encore ici des strideurs étranges.
Viennent alors, comme un halo sonore, de grandes plages aléatoires contrôlées qui montent en puissance et nous amènent  vers une phrase très intense, très expressive, comme une sorte de choral, qui sera le pilier central de l'œuvre. Cette phrase se présente à plusieurs reprises, prenant à chaque apparition une plus grande ampleur jusqu'à nous amener au sommet de l'œuvre, au paroxysme sonore, puis à la conclusion, dans une grande violence cette fois sans boustrophédon, mais peut-être encore par des strideurs étranges.

Encore cet extrait du concerto pour violon "Odi et amo" peut-être moins étrange  Wink  
https://youtu.be/0M_THOHdWx0
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Icare
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Ven 17 Fév - 10:47


J'ai voulu écouter quelques unes de ses compositions sur YT même si Icare nous dit qu'elles ne sont pas vraiment représentatives de son œuvre, c'est tout ce que j'ai à ma disposition.

J'ai écrit cela en août 2012. La vidéo "Youtube" de l'extrait du concerto pour violon "Odi & Amo" que tu as postée date d'octobre 2012 et celle de Boustrophédon de 2014. A l'époque, lorsque j'ai fait des recherches, je suis tombé sur d'autres vidéos mais je ne me souviens plus lesquelles. Si j'étais tombé sur "Odi & Amo", je l'aurais retenu car j'aime beaucoup ce concerto pour violon, peut-être mon oeuvre fétiche de Thérèse Brenet. Sinon, pareil que toi, je n'écouterais pas tous les jours, mais c'est une musique, en général, intéressante et qui n'est pas dépourvue d'une certaine beauté. Je crois que cette compositrice est passionnée par tout ce qui touche à l'astronomie, aux astres, aux comètes, planètes, etc...Ca se retrouve dans certains titres de ses oeuvres et je le ressens d'une certaine façon dans sa musique...Mais il se peut que ce soit ces titres qui influencent un peu mon ressenti...

Merci Laudec pour cette enrichissante présentation. Very Happy
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Ven 17 Fév - 12:29

C'est vrai et c'est une grande chance que les vidéos présentées sur yt se multiplient à grande allure et je n'avais pas retenu que tu avais parlé avec tant d'enthousiasme de "Odi et amo" et le voilà donc disponible, je m'en vais donc le réécouter ce soir avec une oreille reposée parce que ma première écoute est venue en fin de parcours d'une suite déjà assez importante, pas les conditions idéales pour pouvoir apprécier une œuvre Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   Ven 17 Fév - 18:05


Je suis en train d'écouter la pièce de chambre qui se nomme Boustrophédon et effectivement c'est très différent de ce que je connaissais jusqu'ici. J'espère que tu appréciera son concerto pour violon Odi et amo qui, à un moment donné, libère une mélodie de toute beauté.
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MessageSujet: Re: Thérèse BRENET, né en 1935   

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Thérèse BRENET, né en 1935
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