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 Le clavecin

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Snoopy
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MessageSujet: Le clavecin   Sam 12 Aoû - 17:49

Le clavecin est un instrument de musique à cordes pincées et à clavier. Cette famille d'instruments à sautereaux se compose du clavecin, du clavicytherium, de l'épinette italienne ou française, du virginal, du muselaar, de l'ottavino.

Le clavecin est souvent présenté, à tort, comme l’ancêtre du piano alors que c'est le clavicorde, par l'intermédiaire du piano-forte, qui tient ce rôle. Le clavicorde est en effet un instrument à cordes frappées par des pièces métalliques appelées « tangentes ».

En fait, la comparaison de ces deux instruments est vaine. Si le clavecin précède chronologiquement le piano-forte, la conception générale et les mécanismes de ces deux instruments sont sans rapport : le piano-forte utilise des marteaux, alors que le clavecin utilise un sautereau armé d'un plectre. Celui-ci joue le rôle d'un médiator qui « pince » la corde, à la manière d'un joueur de psaltérion ou d'oud (plectre en corne ou en plume très souple). Le prédécesseur du clavecin est le psaltérion puis le clavicymbalum.

Le concept du clavecin est une corde fine, sous faible tension et reliée par l'intermédiaire du chevalet à une membrane amplificatrice, le résonateur (cavité de l'instrument) étant fermé. Dans le piano, c'est en tous points le contraire, on a pratiquement affaire à un métallophone.

Le clavecin est joué par le claveciniste à l’aide d’un ou de deux claviers qui, par un mécanisme précis, le sautereau, va pincer chaque corde afin de la faire vibrer. Le clavecin n'est pas fragile sauf si on en fait mauvais usage et avec brutalité. Au clavecin, la main reste morte, les doigts enfoncent la touche par un effet de came. Un jeu arpégé, en utilisant les silences entre les notes, les notes inégales, les tenues, permettent l'expression. L'on joue subtilement avec les espaces : c'est l'articulation au contraire d'un jeu collé.

Le clavecin stricto sensu a la forme d’une harpe disposée horizontalement, du fait de son plan de cordes chromatique, dont un des grands coté est une courbe exponentielle. La forme est un triangle rectangle. Le ou les claviers sont placés sur le petit côté de l'angle droit. À gauche ( notes basses), le coffre est rectiligne : cette paroi s'appelle l'échine. À droite ( notes aiguës ) l'hypoténuse, qui est concave suit la progression mathématique des longueurs de cordes, c'est l'éclisse courbe; elle rejoint l’échine par une queue ou pointe rectiligne ou convexe. Le piano à queue a emprunté cette forme. Le grand clavecin «à l'ancienne» mesure environ 2,50 mètres de long sur 1 m de large; il peut facilement être déplacé par deux personnes. Son étendue couvre environ cinq octaves de Fa à Fa5 ou Sol5. La structure est en bois. Le clavecin est un objet de lutherie.

Les cordes, à raison de deux à trois cordes par note, sont aussi fines que sur un luth, en fer, en laiton, en cuivre,ou en bronze, et disposées dans le sens de la plus grande longueur (du clavier vers la pointe). Les vibrations des cordes sont transmises à la table d'harmonie qui joue un rôle d'amplificateur. Elle consiste en une nappe de bois (épicéa ou cyprès) très fine (2,2 à l'aigu jusqu'à 4,2 millimètres au grave) qui occupe presque toute la surface de l’instrument. Cette transmission se fait par l’intermédiaire du chevalet, pièce de bois dur (poirier) en forme de « S » allongé, qui est collée sur la table d'harmonie et sur laquelle sont tendues les cordes. La cavité de la caisse sert de résonateur, elle est fermée par le fond. Les cordes des clavecins ne sont pas filées (diamètres de 0,18 à 0,65 mm).

En France depuis toujours les jeux prennent les noms de : jeu principal ou grand jeu de plume, unisson ou petit jeu ou épinette, octave ou petite octave, jeu de luth, jeu de buffle.

L'épinette ( virginal, muselaar, ottavino ) possède un rang de corde, donc un rang, un jeu. ( un deuxième jeu éventuel en luth ou arpichordum ).
Le clavecin (le clavicytherium ) à un clavier possède deux rangs de cordes: principal-unisson (ou octave ) plus un luth qui vient toucher un des rangs. Ceci donne les jeux ( ou possibilités ) suivants principal, unisson, luth. C'est à dire trois jeux sur deux rangs de cordes.
Le clavecin reçoit un deuxième clavier quant on lui ajoute un troisième rang de cordes. La disposition est: unisson au petit clavier , principal-octave au grand clavier. En plus un jeu de luth vient toucher un des trois rangs; cela donne les quatre jeux: principal-unisson-octave-luth. ( Peuvent s'ajouter des combinaisons comme le plein jeu etc. ou un sautereau de buffle qui vient en double du principal).
Les jeux se commandent par des manettes, qui se présentent à portée de main au dessus du clavier. Chez les flamands les registres traversent la joue et peuvent ainsi être manipulés.

Dans les instruments tardifs ou fin du XVIIIe, les français utilisaient des genouillères. Les clavecins anglais ont pu comporter des pédales, elles servent au changements de registres et autres mécanismes expressifs. Les pédales ont été à l’honneur au début de la redécouverte du clavecin vers 1900. Les tentations d'adaptation au clavecin de caractéristiques techniques du piano ont progressivement été abandonnées à partir des années 1950, pour construire de véritables clavecins.

Dans les pays anglo-saxons, on désigne les différents jeux de cordes par une « longueur » en nombre de pieds. En fait il s’agit de la taille du jeu d'orgue émettant un son de même hauteur. La taille la plus courante est de 8' (huit pieds) pour le jeu principal. Le jeu d'octave ou 4 pieds est deux fois moins long. Il a existé aussi des jeux de 2' et de 16'(voir curiosités).

La forme du clavecin provient directement du plan de corde chromatique, sauf dans les graves. Le chevalet a le dessin en esse, dit chevalet à crocs. En effet si toutes les cordes suivaient la progression et étaient de même matière, de même section et soumises à la même tension, les pointes d’accroche seraient disposées suivant une courbe exponentielle et l'instrument deviendrait très long. Pour pallier cela, on fait varier la matière et la section des cordes de l'aigu (cordes en fer de petit diamètre) vers le grave (cordes en cuivre de plus gros diamètre). L’augmentation du diamètre est encore beaucoup plus rapide vers le grave, car c’est là que le problème de longueur devient important; de ce fait, vers les graves, le chevalet est incurvé en sens inverse en forme de crosse, chez le italiens le chevalet peut se terminer d'équerre.

Le clavecin est protégé par un couvercle en une ou deux parties articulées à l’échine, couvercle-abattant-portillon que l'on soulève latéralement avant de jouer. Le couvercle est maintenu en position ouverte par une simple baguette de bois non fixée à l’instrument (la béquille). Il est destiné protéger la table d'harmonie de la poussière et aussi les cordes qui peuvent s'oxyder. Par ailleurs, un panneau amovible (le portillon), peut venir enfermer complètement la boite à clavier.

Cette table d’harmonie est souvent percée d'une ouïe, dans son angle droit, l’orifice circulaire est alors orné d’une rosette ou rosace ouvragée en parchemin (clavecins italiens) ou en étain doré (clavecins flamands et français : elle porte alors la marque du facteur). Cette ouîe n'est pas indispensable mais ouvre aussi le son et permet d'équilibrer l'hygrométrie, d'éviter un couplage avec le fond.

Chez les Flamands et les Français, la table d’harmonie est le plus souvent décorée de façon fastueuse de motifs floraux, d’insectes, d’oiseaux, etc. alors que les Italiens et les Anglais préfèrent le bois brut.

La décoration de la caisse (du coffre) diffère aussi selon les traditions :

en Italie, on préfère les moulures, sculptures, gravures, peintures dorées ou non, avec incrustations de matériaux précieux (nacre, os , pierres fines…); les claviers sont en bois dur, tel que le buis, teinté ou non;
en Flandre, on utilise des papiers peints avec arabesques et motifs géométriques pour l’intérieur, l’extérieur est souvent peint de façon assez fruste, imitation de marbre ou de ferronnerie; l’intérieur du couvercle est souvent décoré de papier peint imitant les moirures d'un tissu, avec des maximes en latin.

en France, le clavecin est un élément important du décor des maisons nobles et bourgeoises : il est souvent décoré avec richesse et luxe, instrument et couvercles étant peints par de grands artistes, avec profusion de dorures; les claviers sont souvent en ébène pour les marches, plaqués os pour les feintes.

en Angleterre, on privilégie l’ébénisterie, chêne avec placage de bois plus ou moins précieux et marqueterie raffinée .

en Allemagne, les influences des autres pays se superposent en général, à Hambourg la pointe de l’instrument est arrondie dans le prolongement de l’éclisse courbe prenant la forme d’un S allongé contrairement à ceux de Saxe.

Les touches diatoniques ou naturelles s'appellent les marches. Les touches chromatiques (dièses ou bémols) s'appellent feintes.

Le clavecin français possède en principe des claviers dont les marches sont noires et les feintes blanches (écoles parisienne et lyonnaise). Pour augmenter l'étendue des claviers, beaucoup de clavecins flamands ont été ensuite modifiés (ou ravalés) par les facteurs parisiens, cette caractéristique apparaît assez souvent dans ces instruments.

Dans les autres pays, et notamment l'Italie et le sud de la France actuelle, il n’y avait guère de règle, et toutes les possibilités ont été exploitées: avec des touches de bois plus ou moins clair et des matières précieuses telles que la nacre ou l'écaille ont aussi été utilisées. C'est l'usage de l'os (rarement de l'ivoire) qui permet de réaliser des placages blancs.

Lorsque les touches chromatiques sont blanches, c’est seulement la partie supérieure qui reçoit un plaquage en os. Les touches massives ne se trouvent que très rarement, dans les feintes d'épinette anglaise, par exemple.

Les marches, quant à elles, sont ornées en bout de touche faisant face à l’instrumentiste de diverses façons : de frontons trilobés sculptés dans la masse ou de parchemin sur fond d'étoffe, d'arcades tournées en buis, d'une moulure, voire d'arcades en cuir gaufré...

La famille des clavecins comprend des instruments de formes différentes et bien sûr de mécanisme analogue, souvent de plus petite taille que le clavecin.

(NB. l'épinette peut être plus grande qu'un clavecin )

l'épinette italienne a procuré le plan de l'épinette rectangulaire ou pentagonale, du virginal, du muselaar, et de l’ottavino. La plus grande longueur est parallèle au clavier. Les cordes sont alors en travers de la touche du clavier, d’où une sonorité différente.
L'épinette courbe et l'épinette française sont des clavecins inclinés (traverso) en forme d'aile d'oiseau (de l'allemand).
Le clavecin proprement dit.

Le clavicytherium, qui est un clavecin vertical : le clavier et les sautereaux horizontaux sont actionnés par un système articulé de renvoi en équerre - on gagne de la surface au sol, en hauteur l'instrument sur ses pieds peut mesurer de deux à trois mètres.

Selon l'époque, comme dans les clavecins l'étendue d'environ quatre octaves est suffisante pour la musique de la renaissance. Les facteurs ont cherché à augmenter l'étendue des claviers après coup par des octaves « courtes » ou touches dédoublées correspondantes à plusieurs notes distinctes. Ces instruments sont particulièrement adaptés à l’exécution des œuvres pour lesquelles ils ont été construits ce sont des œuvres du XVIIe ou de la Renaissance : particulièrement celles des virginalistes anglais. Tous ces instruments n’ont qu’un seul clavier et un seul rang de cordes (on ne doit pas oublier que la plupart des clavecins anciens ne possédaient qu'un clavier). Un jeu de luth ou d'arpichordum venait parfois s'ajouter. Un piètement n'était pas toujours indispensable : l'instrument peut être simplement posé sur une table ou sur des tréteaux.

Tous ces instruments à sautereaux de la famille des clavecins ont coexisté en suivant la demande d'extension de la tessiture. Ils sont bien entendu fabriqués encore aujourd'hui par les même artisans (facteurs de clavecins).

L'imagination des facteurs a donné naissance à nombre d’instruments extraordinaires, produits à peu d’exemplaires dont parfois, aucun ne subsiste :

Clavisymbalum d'Henri Arnaut de Zwolle vers 1440.
Arnaut propose quatre schémas d'excitation de la corde dont un à corde frappée, mais il considère que le premier, à sautereau, est le meilleur.

Claviorganum (à la fois clavecin et orgue) ;

« Moeder en kind » (Mère et Enfant, Flandres, XVIIe siècle) : un demi virginal à l'octave, l' (ottavino), se superpose à un grand virginal pour jouer ensembles . Les têtes des sautereaux du virginal soulèvent les queues du clavier de l'ottavino; de plus ce dernier peut même se ranger dans le plus grand virginal.

Clavecin imbriqué avec un muselaar prenant place au niveau de l’éclisse courbe (Flandres, XVIIe siècle) ;

« Spinettone de teatro » (Cristofori, Italie, XVIIIe siècle) : épinette ressemblant à un clavecin, avec une courbe brisée réalisée en deux parties droites, le clavier est latéral pour limiter l’encombrement dans les fosses d'orchestre. Possède deux registres: principal et octave.

L'épinette ovale (Bartolomeo Cristofori 1655-1731) possède deux registres d'unissons entrecroisés, quatre chevalets. Les cordes les plus graves sonnent au centre de la table ;

« Double virginal » (Cristofori, Italie, XVIIIe siècle) : avec jeux de cordes entrecroisées ;

Clavecin « brisé » en trois parties qui se replient en un tout (France,Jean Marius 1700 XVIIIe siècle).

Clavecin à persiennes : Quelques dispositifs furent essayés en Angleterre, au XVIIIe siècle, pour varier le volume du son : des persiennes à ouverture progressive ; ces essais n’eurent guère de succès.

« Vis-à-vis » (Allemagne,XVIIIe siècle) : un clavecin et un piano-forte se font face, imbriqués dans un même énorme meuble ;

Seize pieds : La disposition dite « de Bach » avec jeux de 16, 8 et 4 pieds est en fait une invention du début du XXe siècle, car les instruments authentiques de la période baroque qui la présentent sont excessivement rares.

Clavecin à pédale ;

Clavecin évolutif : clavecin à un clavier qui se transforme en deux claviers (Rouaud 1970)

Clavicytherium transformable : le même peut devenir un clavecin horizontal (Rouaud 1980).
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MessageSujet: Re: Le clavecin   Mar 15 Aoû - 22:38

Il y a vraiment beaucoup de types de clavecins. Je vais bientôt faire du clavecin avec un professeur qui a enregistré beaucoup pour les oeuvres de J.S.Bach: Mario Raskin.
C'est bien d'avoir observé que le clavecin est un instrument à cordes pincées et non pas a cordes frappées.C'est pour cela qu'on ne peut pas faire de fortissimo ou de piano avec cet instrument. Le son est toujours fort.
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