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 Brett DEAN, né en 1961

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Icare
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MessageSujet: Brett DEAN, né en 1961   Jeu 24 Mai - 8:21


Brett Dean, né en 1961 à Brisbane (Australie), n'est pas l'unique compositeur - altiste; Bach, Mozart, Schubert, Dvorak, Hindemith, Vaughan Williams, Bridge et Britten étaient aussi des familiers de cet instrument à cordes mais seul Hindemith poursuivra sa carrière professionnelle en parallèle. La carrière de compositeur de l'Australien Brett Dean débute à la fin des années 1980 alors qu'il se consacre à la musique improvisée et qu'il travaille sur des projets de films expérimentaux ainsi que pour la radio en Allemagne où, de 1995 à 1999, il est membre de l'Orchestre Philharmonique de Berlin. Ce travail suscite chez lui un intérêt pour l'électronique et les techniques d'échantillonnage mises de l'avant dans ses oeuvres orchestrales composées plus tard comme, par exemple, Carlo pour cordes, sampler et bande magnétique,(1997),la Symphonie pastorale (2003-06) et la Water music (2003-06) pour quatuor de saxophones et orchestre de chambre. Selon l'aveu du compositeur, sa première oeuvre "adulte" est le concerto pour clarinette Ariel's music (1995) qui lui vaut un Prix à la Tribune internationale des compositeurs de l'UNESCO qui s'est tenue à Paris en 1999. Le succès qu'il remporte par la suite avec son quintette avec piano Voices of Angels (1996), Twelve Angry Men (1996) pour douze violoncelles ainsi qu'avec Beggars and Angels (1999), le pousse à délaisser l'interprétation au profit de la composition bien qu'il demeure actif en tant que soliste, chambriste et chef un peu partout dans le monde. Il quitte également Berlin pour retourner dans son Australie natale. __Meurig Browen 2009.



( Brett Dean interprète son propre concerto pour alto et orchestre)


Dernière édition par Icare le Dim 6 Sep - 21:44, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Brett DEAN, né en 1961   Jeu 24 Mai - 13:26


Après avoir composé pour les douze violoncelles de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, Dean écrit par la suite pour la section de cors de l'orchestre Three pieces (1998), puis pour ses douze altos Testament (2003). Parmi les autres oeuvres qu'il compose pour l'alto, mentionnons Intimate decisions (1996) et un concerto dont il assure la création avec l'Orchestre Symphonique de la BBC en 2004 et qui a depuis été présenté à plusieurs reprises à travers le monde. Début 2007, son concerto pour violon, The lost Art of letter Writing, est créé par Frank Peter Zimmermann et l'Orchestre du Consert-gehouw, quelques semaines après la création de ses Wolf-Lieder par le Birmingham Contempory Music Group. Ce concerto pour violon lui vaudra le prestigieux Prix Grawemeyer à la fin 2008. En 2009, il travaillait son premier opéra d'après le roman Bliss de l'auteur australien Peter Carey qui sera créé à l'Opéra de Sydney courant 2010.

Dans toutes ses compositions, des détails grouillants et fourmillants s'opposent à des moments grandiloquents et détendus; les rayons d'une brillante lumière méridionale éclairent quelque chose de plus troublé et d'agité. Enfin, sa musique puise autant dans son engagement politique violemment intelligent que dans son admiration pour les poids lourds de l'Europe Centrale, comme Kurtag, Henze, Lutoslawski et Ligeti. __Meurig Bowen - 2009
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joachim
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MessageSujet: Re: Brett DEAN, né en 1961   Jeu 16 Mai - 10:22

Né le 23 octobre 1961 à Brisbane, Brett Dean a étudié au Conservatoire du Quennsland, où il a reçu une médaille d'excellence. En 1981, il a été lauréat des "ABC Symphony Australia Young Performers Awards" (jeunes artistes australiens). De 1985 à 1989, Dean fut altiste dans l'orchestre philharmonique de Berlin. En 2000, il a décidé de poursuivre une carrière d'artiste indépendant et retourna en Australie. Comme compositeur et musicien, il est régulièrement l'invité de nombreux concerts professionnels à travers le monde. Brett Dean a été Directeur artistique de l'Académie nationale de musique d'Australie à Melbourne jusqu'en juin 2010 lorsque son frère, Paul Dean, a pris ses fonctions.
L'Orchestre symphonique de Melbourne a célébré le 50e anniversaire de Brett Dean, et sa contribution à la musique en tant que compositeur, interprète et enseignant, dans son Festival Metropolis 2011.


Oeuvres

Dean a commencé à composer en 1988 d'abord en se concentrant sur le cinéma expérimental et projets de radio ainsi que l'improvisation. Depuis, il a créé de nombreuses compositions, musique surtout orchestrale ou de chambre ainsi que des concertos pour plusieurs instruments solistes. Son œuvre la plus réussie est Carlo (1997), inspiré par la musique de Carlo Gesualdo. En 2006, il compose Komarov's Fall, en hommage au cosmonaute Vladimir Komarov, créée par Simon Rattle. Le 7 Septembre 2008, son Polysomnography pour quintette à vent et piano a reçu sa première mondiale au Festival de Lucerne ; le 2 Octobre 2008 Simon Rattle dirigea la première exécution du cycle chanson orchestre des Songs of Joy à Philadelphie. Son premier opéra, Bliss, basé sur le roman de Peter Carey, a été créé à l'Opéra d'Australie en 2010.
Comme style de composition, Dean est connu pour créer des paysages sonores dynamiques par le traitement des parties instrumentales simples avec des rythmes complexes. Il façonne des extrêmes musicaux, des explosions difficiles à inaudibles. Techniques de jeu moderne sont les caractéristiques de son style, comme une notation de percussion complexe, souvent enrichies avec des objets de la vie quotidienne. Une grande partie du travail de Dean est tirée de stimuli littéraires, politiques ou visuels, et transporte un message non-musical. Les problèmes environnementaux sont l'objet de Water Music et la Symphonie pastorale, ou Vexations et Dévotion face aux absurdités d'une société moderne obsédée par l'information.
En Avril 2013 "Les derniers jours de Socrate» a été créée par l'Orchestre philharmonique de Berlin. Le travail pour baryton-basse, choeur et orchestre a été co-commissionné du Rundfunkchor Berlin, le Los Angeles Philharmonic et l'Orchestre symphonique de Melbourne .



Pour la scène

One of a Kind – Ballet in three acts for solo cello and tape (1998)
Bliss – Opera (2010)


Orchestre

Carlo – Music for strings, sampler and tape (1997)
Beggars and Angels Music for orchestra (1999)
Amphitheatre – Scene for orchestra (2000)
Etüdenfest for string orchestra with off-stage piano (2000)
Game over for instrumental soloists, string orchestra and electronics (2000)
Pastoral Symphony for chamber orchestra (2000)
Dispersal for orchestra (2001)
Shadow Music for small orchestra (2002)
Between Moments – Music for orchestra, in memory of Cameron Retchford (2003)
Ceremonial for orchestra (2003)
Moments of Bliss for orchestra (2004)
Parteitag – Music for orchestral groups and video (2004/05)
Short Stories – Five interludes for string orchestra (2005)
Komarov's Fall for orchestra (2005/06)
Testament – Music for orchestra, after version for 12 violas (2008)


Concertos

Ariel's Music for clarinet and orchestra (1995)
Viola Concerto (2004)
Water Music for saxophone quartet and chamber orchestra (2004)
The Lost Art of Letter Writing for violin and orchestra (2006) – Winner of the 2009 Grawemeyer Award for Music Composition. Written for and first performed by Frank Peter Zimmermann in 2007. The four movements of the concerto are prefaced by four 19th century letters, written by Johannes Brahms (a love letter to Clara Schumann), Vincent van Gogh, Hugo Wolf and Ned Kelly, an Australian bushranger. Music by Brahms and Wolff is quoted in the first and third movements, respectively. The playing time of the concerto is approximately 14+9+4+7 = 34 minutes.
The Siduri Dances for solo flute and string orchestra (2007)


Musique de chambre

Fledermaus-Overture by Johann Strauss II, arr. for octet (1988)
Wendezeit (Homage to F.C.) for 5 violas (1988)
some birthday… for 2 violas and cello (1992)
Night Window – Music for clarinet, viola and piano (1993)
Till Eulenspiegels lustige Streiche by Richard Strauss, arr. for octet (1995)
Twelve Angry Men for 12 cellos (1996)
Voices of Angels for strings and piano (1996)
Intimate Decisions for solo viola (1996)
Night's Journey for 4 trombones (1997)
One of a Kind for viola and tape (1998, 2012)
Three Pieces for Eight Horns (1998)
hundreds and thousands for tape (1999)
Huntington Eulogy for cello and piano (2001)
Testament for 12 violas (2002)
Eclipse for string quartet (2003)
Three Caprichos after Goya for solo guitar (2003)
Equality for piano (with speaking part) (2004)
Demons for solo flute (2004)
Prayer for piano (with speaking part) (2005)
Recollections for ensemble (2006)
Polysomnography – Music for piano and wind quartet (2007)
Skizzen für Siegbert (Sketches for Siegbert) for solo viola (2011)
Electric Preludes for electric violin and ensemble (September 2012)


Choral

Katz and Spatz for eight-part mixed chorus (1999/2002)
Bell and Anti-Bell (From Parables, Lullabies and Secrets) for children's choir and small orchestra (2001)
Tracks and Traces – Four Songs for children's choir, based on texts by indigenous Australians (2002)
Vexations and Devotions for choirs and large orchestra (2005)
Now Comes the Dawn for mixed chorus (2007)


Vocal

Winter Songs for tenor and wind quintet (2000)
Buy Now, Pay Later! by Tim Freedman, arr. for voice and ensemble (2002)
Sparge la morte for solo cello, vocal consort and tape (2006)
Poems and Prayers for mezzo-soprano and piano (2006)
Wolf-Lieder for soprano and ensemble (2006)
Songs of Joy (from Bliss) for baritone and orchestra (2008)
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Icare
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MessageSujet: Re: Brett DEAN, né en 1961   Dim 6 Sep - 21:42

J'ai commencé ma nouvelle incursion dans l'univers du compositeur australien Brett Dean par le biais de deux oeuvres, dans un premier temps Pastoral Symphony (2000, rev. 2002) et The Siduri Dances (2007) pour flûte et orchestre à cordes. Je vais d'abord commencer par l'oeuvre qui me plait le moins malgré la très dévouée prestation de la flûtiste Sharon Belazy...Bon, je suis peut-être un peu méchant là...Pourquoi dévouée?...Elle a certainement appris et interprété cette composition avec joie et enthousiasme et il se peut qu'elle l'aime beaucoup. C'est vrai qu'il s'agit d'une musique virtuose et énergique. C'est juste mon petit "moi" qui n'a pas été captivé à l'écoute même si j'ai conscience de ses grandes qualités techniques, de sa grande rigueur et virtuosité: seulement voilà, je n'ai pas vibré, n'ai pas ressenti grand chose pendant l'écoute, pas dans le sens où l'oeuvre est tiède et ennuyeuse dans la mesure où il ne se passerait rien ou peu pendant douze minutes. Non, il s'agit d'une oeuvre de caractère, dynamique et à rebondissements. Le soliste y est mis à rude épreuve et il y a bien quelques beaux effets à la flûte, un son qui, à quelques endroits, évoquerait vaguement - je dis bien vaguement - le shakuhachi, or, chez moi, c'est une gesticulation qui tourne un peu à vide, qui brasse de l'air, ne suscite une réelle émotion, rien dans son climat, son expression, qui me la rende unique. Brett Dean précise que Siduri est "une divinité sage de l'épopée de Gilgamesh qui vit près de la mer à la fin de la terre et offre un avis sage (et un verre d'adieu!) à ceux qui voyagent vers d'autres horizons. Ce voyage n'a pas eu lieu.

Heureusement, Pastoral Symphony - Symphonie pastorale est déjà d'un bois qui m'a bien mieux allumé de l'intérieur, et cela dès le départ, alors que la musique est encore douce et évolue lentement vers les cimes d'une nature accidentée. Joachim, si tu passes par ici et que tu as l'intention d'en connaître quelques notes, ne commet pas l'acte cruel de la comparer à l'oeuvre de Beethoven qui porte le même nom. Tu ne trouveras rien dans l'opus du compositeur australien qui animera ton feu intérieur. Aucun lyrisme. Aucune concession, ou si infinitésimale qu'elle te sera imperceptible, vers le romantisme. L'oeuvre est totalement contemporaine...pour faire simple...moderne au sens où tu l'entends lorsque tu écrits: "cette oeuvre est trop moderne pour moi". C'est une évocation de la nature, en proie à une proximité aquatique ou l'eau peut autant être réelle qu'un fantôme au ras d'une terre désertique et couverte de cicatrice. C'est une musique qui peut se montrer accueillante avec ses chants d'oiseaux que l'on croise parfois dans l'oeuvre de son défunt compatriote Peter Sculthorpe, mais, ici, dans un contexte harmonique moins fluide, plus contrasté. C'est en même temps une musique qui sait se montrer hostile, rude, grondante, grouillante, complexe, torturée: il est dit que "dans sa musique, en général, des détails grouillants et fourmillants s'opposent à des moments grandiloquents et détendus; les rayons d'une brillante lumière méridionale éclairent quelque chose de plus troublé et d'agité".
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Icare
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MessageSujet: Re: Brett DEAN, né en 1961   Lun 7 Sep - 19:27

J'ai réécouté trois autres oeuvres, Water Music (2003, rev. 2004) pour quatuor de saxophones et orchestre de chambre, Carlo (1997) pour cordes, sampler et échantillonneur et enfin Beggars and Angels pour orchestre. Ayant toujours été attiré par des effectifs ou combinaisons instrumentales qui sortent de l'ordinaire, une oeuvre comme Water Music ne pouvait que titiller ma curiosité. Le point positif, si on peut dire, c'est que l'on ressent bien la cadence ou le mouvement de l'eau, d'une rivière, d'un ruisseau, d'un torrent. Cette fluidité, ces ondulations, se vivent surtout au travers du quatuor de saxophones. L'aquaticité de cette musique est finalement assez bien définie même si je ne peux pas dire que j'en suis sorti fortément ému ni fasciné. J'en ai juste bien aimé l'ambiance et en suis sorti sans le moindre sentiment d'ennui. J'ai davantage accroché à l'univers étrange et lunaire de Carlo. En Fait, il y a une dimension dramatique insaisissable. L'oeuvre puise son inspiration dans la biographie et la psychologie du compositeur Carlo Gesualdo. Elle s'intéresse plus précisément à son statut de double meurtrier le plus célèbre de la musique: sa femme, Maria d'Avalos, et l'amant de celle-ci, Don Fabrizio Carafa, ont été surpris en flagrant délit et ont été sauvagement poignardés la nuit du 25 octobre 1590. <<En revanche, les musiciens ont été davantage inspirés par la conséquence  de ce crime passionnel: une production tardive, marquée par la culpabilité et le remord (dit-on) et faisant preuve dans le chromatisme de son harmonie d'une audace bien en avance sur son temps. L'oeuvre de Brett Dean pour quinze instruments à cordes solo, clavier échantillonneur et bande magnétique, ne suit pas un déroulement narratif en particulier et donne l'impression d'un poème sonore, statique, psychologique, une réflexion obsédante sur le désespoir et la culpabilité.>> J'ai été captivé par son climat étrange et inquiétant, mais aussi propice au recueillement...Ha! ce petit violon aigu qui fissure la toile sombre des choeurs...Il ne m'en faut parfois pas plus pour rejoindre les anges, ce petit violon solo et lumineux qui arrive juste, pile-poil, au bon moment...Beggars & Angels déploie un effectif plus conventionnel mais il en tire quelques fulgurances et effusions sonores de toute beauté. Exaltant, excitant, ce sont les adjectifs qui me viennent aussitôt à l'esprit lorsque je repense à ce passage d'action particulièrement irisé qui en est, selon moi, le point culminant. Dans les dernières minutes, l'agonie paraît un peu longue. J'ignore pourquoi mais je l'aurais souhaitée plus brutale et concise.
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MessageSujet: Re: Brett DEAN, né en 1961   Mar 8 Sep - 18:28

Souvent chez Brett Dean, dans sa musique orchestrale, ce sont les moments de fulgurance, les plus agités, que je préfère. Si je précise "chez Brett Dean", c'est tout simplement parce que ce n'est pas systématique. Ce ne sont pas toujours les moments musicaux les plus extravertis et animés qui me plaisent le plus. L'intériorité, l'introversion, en musique, m'intéresse autant, pouvant même souvent les trouver plus émouvants ou plus poétiques. Dans une composition de Brett Dean, on peut assez vite passer de l'introverti à l'extraverti, de moments où il ne se passe pas grand chose à priori à d'autres beaucoup plus fougueux et exaltants. C'est déjà vrai avec Beggars and Angels duquel je retiens principalement la partie la plus animée, alors que les moments plus introvertis, notamment la partie finale, beaucoup plus minimaliste, m'apparaît d'une longueur inutile. Amphitheatre me captivera, lui aussi, dans son milieu plus mouvementé avec ce motif rythmique récurrent dont je ne me lasse jamais - J'aurais volontiers aimé que le compositeur en abuse, ce n'est sûrement pas moi qui lui reprocherait - qu'il dure encore et encore...Lorsque la musique se dissoud et se rapproche du silence, il y a bien un petit quelque chose qui retient mon attention, un détail, cependant, la partie animée hante encore mon esprit: j'en suis déjà nostalgique. Arrive ensuite son concerto pour clarintette et orchestre intitulé Ariel's Music, interprété par le clarinettiste Paul Dean, le frère du compositeur. Et, cette fois, j'ai été surpris et particulièrement conquis par le second mouvement. Jusqu'ici, j'avais sousestimé les moments les plus introvertis du concerto et avais encore trouvé que Brett Dean s'en sortait bien mieux dans les parties les plus extraverties et agitées, comme si son inspiration de musicien naturelle ne s'exprimait que dans ces moments d'action, d'intrépidité rythmique et sonore. Seulement, du moins dans le second mouvement, l'accalmie qui suit la tempête développe un monde intérieur d'une douceur infinie, dominé avec grande sensibilité par la clarinette. Extraverti/introverti, enfin une alchimie contrastée qui fonctionne à merveille. Selon le propre aveu de Brett Dean, sa première oeuvre "adulte" est le concerto pour clarinette, Ariel's Music (1995) qui lui vaut un prix de la Tribune internationale des compositeurs de l'UNESCO qui s'est tenue à Paris en 1999.
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MessageSujet: Re: Brett DEAN, né en 1961   Mar 8 Sep - 22:29

La réécoute du Concerto pour alto et orchestre (2005), interprété par le compositeur lui-même qui est aussi un brillant altiste, le "Sydney Symphony" sous la  direction de Simone Young, m'a permis de redécouvrir une oeuvre particulièrement virtuose, intense et animée, une oeuvre extravertie et très expressionniste comme le démontre le premier mouvement dans lequel, me semble-t-il, ne s'y trouve le moindre répit. Il faudra attendre le caractère plus introverti du second mouvement où germe souterrainement une tension à venir. Elle viendra dans la première moitié, environ, du mouvement ultime. Là encore, une musique intense, énergique, exalte un alto prenant parfois une sonorité corrosive qui m'apparaît comme une souffrance de l'instrument en pleine exaltation. La fougue orchestrale est captivante, l'alto poignant, malmené, parfois figé dans le défi de jeux extrêmes, peut-être aux limites de ses possibilités...?... La seconde moitié de ce mouvement se réfugie dans un monde sonore beaucoup plus introverti, plus intérieur, mais qui garde toute sa force attractive. J'aime finalement beaucoup ce concerto pour alto, j'aime la braise qui le brûle de l'intérieur. J'aime les crépitements de l'orchestre, les grincements étincelants de l'instrument solo, le feu virtuose qui l'anime, ses rares moments de répit qui n'en demeurent pas moins magnétiques, fièvreux...
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MessageSujet: Re: Brett DEAN, né en 1961   Jeu 10 Sep - 8:31

Twelve Angry Men pour douze violoncelles (1996) commence très brutalement, une musique qui pulvérise le silence d'un coup. D'une grande intensité dramatique, ce sont là aussi les moments de fulgurance et "d'action" - je parle comme s"il s'agissait d'une musique de film, sauf que ce n'en est pas du tout une, plutôt une oeuvre rigoureuse et passionnée qui met à rude épreuve douze violoncelles, douze violoncelles en fusion. Même les parties les plus calmes, semblant instaurer un certain répit, conserve malgré tout une certainte tension souterraine. Le premier passage lent qui suit l'allegro presto est sombre et sinueux, une belle complainte des violoncelles entre grave et aigu. Arrive alors par un cheminement vaguement allambiqué un morceau d'action frénétique et excitant. J'adore les gestes intrépides et implacables des douze violoncelles, créant ainsi une dynamique à la couleur très particulière. Un lyrisme très doux et apaisant s'installera dans la seconde partie lente de ce Twelve Angry Men. Par les violoncellistes du "Sydney Symphony" sous la direction du compositeur. Komarov's Fall (2006) est une oeuvre plutôt courte, puisqu'elle dépasse à peine les sept minutes, qui explore avec beaucoup de dextérité et de virtuosité l'immense palette sonore de l'orchestre symphonique de Sydney, cette fois sous la baguette de Hugh Wolff. Superbement orchestrée, cette musique semble être constamment en fusion. Concise et d'une forte expressivité.
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MessageSujet: Re: Brett DEAN, né en 1961   Jeu 10 Sep - 17:53

Mon voyage s'est poursuivi avec cinq autres compositions de Brett Dean; Testament pour orchestre symphonique, Etüdenfest pour orchestre à cordes et piano, Shadow Music pour orchestre, Between Moments pour violoncelle et orchestre, composé à la mémoire du violoncelliste trop tôt disparu, Cameron Retchford et enfin Game Over pour orchestre de chambre et voix parlées, je suppose échantillonnées. Encore une fois, j'aime bien ses univers sonores miticuleux, plus principalement les moments de fulgurance comme je l'ai déjà mentionné plus haut. Dans Testament, il m'a semblé y entendre deux citations classiques, à moins qu'il ne s'agisse d'allusions, toutes deux probablement extraites d'une oeuvre de Beethoven. Sinon, on y retrouve une très belle maîtrise de l'orchestre, un chouette éventail de couleurs sans que je sois aux anges pour autant. Etüdenfest propose une pièce pour cordes un peu tourmentée et relativement prenante. Ce qui me plait le plus, finalement, c'est la toute fin avec l'intervention inopinée du piano par Caroline Almonte. Shadow Music se divisent en trois mouvements et j'ai été assez conquis par l'ambiance un peu tumultueuse qui en résulte, mais aussi les moments plus suspendus et "détaillistes". Between Moments est un hommage d'une grande délicatesse, sobre et distingué d'un bout à l'autre. J'aime bien la manière dont intervient les instruments de l'orchestre par rapport au violoncelle qui ne joue jamais vraiment la carte de la virtuosité. La pièce est courte, dépassant à peine les six minutes. L'oeuvre que je redoutais le plus, notamment parce qu'elle utilise des voix parlées enregistrées, est finalement celle qui m'a le plus fasciné. le jazz n'est jamais très loin et lorsque la musique s'emballe dans un effectif instrumental pas trop chargé, idéal pour moi, j'en sors alors totalement excité. urbain et jubilatoire à mon oreille...Peut-être mon oeuvre fétiche de Brett Dean.
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MessageSujet: Re: Brett DEAN, né en 1961   

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