Forum sur la musique classique
 
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 Giacinto Scelsi (1905-1988)

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Snoopy
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MessageSujet: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Jeu 9 Nov - 15:34

Giacinto Francesco Maria Scelsi (prononcé : [dʒaˈtʃinto ʃˈʃɛlsi]), né le 8 janvier 1905 à La Spezia et mort le 9 août 1988 à Rome, est un compositeur et un poète italien.

Issu de la noblesse italienne, il reçoit en compagnie de sa sœur Isabella une éducation particulière, qu'il qualifia lui-même de "médiévale". Ses leçons de musique furent toutes en cours particuliers, d'abord à Rome auprès de Giacinto Sallustio, puis à Vienne avec Walter Klein, élève de Schoenberg. Il s'intéresse également aux théories de Scriabine. Il se rend fréquemment en Suisse et en France (Scelsi maîtrisait parfaitement la langue de Molière, au point d'écrire des poèmes en français), où il se lie d'amitié avec Jean Cocteau, Norman Douglas, Mimì Franchetti, Virginia Woolf… La création en 1931 de Rotativa sous la direction de Pierre Monteux à la Salle Pleyel attire l'attention sur le jeune compositeur. De retour à Rome en 1937, il organise avec ses propres fonds des concerts de musique contemporaine, en collaboration avec le compositeur Goffredo Petrassi, où sont joués des œuvres de Stravinsky, Kodaly, Chostakovitch, Schoenberg, Hindemith, alors quasiment inconnus en Italie.

En 1940, il se réfugie en Suisse, où il épouse Dorothy-Kate Ramsden (1903-1978). Son activité artistique est intense, en tant que poète ou compositeur. Le pianiste Nikita Magaloff crée nombre de ses œuvres. En 1945, il retourne à nouveau à Rome. Il traverse à la fin des années 1940 une grande crise morale où il remet en question toutes ses compositions antérieures, et supporte mal la création de son Quatuor à cordes et de son oratorio La naissance du verbe à Paris en 1949 sous la direction de Roger Désormière. Pendant un internement en hôpital psychiatrique, il ne joue au piano qu'une seule note (un la bémol) dont il explore toutes les possibilités sonores avec les harmoniques provoquées par les vibrations par sympathie. Entre deux internements, il se rend sur Paris et fait éditer par Guy Levis Mano ses recueils de poésie. Il fait la connaissance d'Henri Michaux, avec qui il se lie d'amitié.

Il fait alors plusieurs voyages en Orient, où il en découvre la spiritualité. Après de nombreux séjours en Europe, il se fixe définitivement à Rome, où il travaille de manière solitaire. Il se procure un des premiers instruments électroniques, l'ondioline, qui possède la capacité de faire des intervalles inférieurs au demi-ton. Incapable physiquement et psychologiquement de transcrire ses improvisations, il les enregistre sur bande magnétique et les confie à des copistes. Cette manière de procéder fit dire à de nombreux compositeurs et musicologues que Scelsi n'était pas l'auteur de ses œuvres. Ainsi se forme autour du créateur un cercle privé fait d'assistants et d'interprètes avec lesquels il collabore étroitement. Scelsi détruisit toutes ses œuvres antérieures, considérées comme trop académiques, et ne livre au public sa nouvelle esthétique qu'en 1961, avec la création à Paris des Quattro pezzi su una nota sola sous la direction de Maurice Le Roux. Cette œuvre pour orchestre, en quatre mouvements, chacun fondé sur une seule note, est l'exacte contemporaine d'Atmosphère de György Ligeti, qui exploite la microtonalité et la micropolyphonie.

Imprégné de culture orientale, Scelsi se voulait avant tout un messager, "un facteur" s'amusait-il à dire. Le message venant de plus haut. En outre, il refusait de se faire photographier.

Son œuvre et sa pensée musicale ont eu une grande influence sur les musiciens fondateurs de l'Itinéraire : Tristan Murail, Gérard Grisey, Michaël Levinas, que Scelsi a pu rencontrer lors de leur passage à la Villa Médicis au début des années 1970. Ceux-ci furent les promoteurs de son œuvre, qui connut au début des années 1980 une vaste diffusion en étant éditée chez Salabert. À leur suite, de nombreux compositeurs ont été influencés par sa pensée ou son écriture : Kaija Saariaho, Solange Ancona… En même temps, toute son œuvre poétique et littéraire était imprimée aux éditions "Le parole gelate", à Rome. Dans ses dernières années, Scelsi se rendit autant que possible aux concerts où ses œuvres étaient jouées, le dernier étant à La Spezia, sa ville natale où il n'était plus revenu depuis l'enfance, le 1er avril 1988. Il perd connaissance le 8 août 1988, dernier signe de cet original qui signait ses partitions d'un trait surmonté d'un cercle.

Il a écrit plus de 150 pièces musicales. Ses œuvres les plus marquantes sont postérieures à 1950 et se caractérisent par une focalisation sur le son, souvent monodique, ou sous forme de cluster instrumental ou vocal, jouant sur les micro-intervalles ou la granulation des articulations. C'est d'abord pour instrument seul que ses nouvelles idées prennent forme au cours des années 50, en s'élargissant à de petites formations en musique de chambre et en délaissant petit à petit son instrument de prédilection jusqu'alors : le piano. Celui-ci était en effet peu approprié pour ses nouvelles recherches, demandant notamment la possibilité d'entretenir le son et de modifier son timbre. Et c'est avec les Quattro pezzi su una nota sola (1959) que cette nouvelle conception de la musique et du son prend sa forme la plus aboutie. Chacune de ces quatres pièces est basée sur une unique note jouée par un orchestre de chambre, se déclinant sur des temps et des attaques variées. On note une inspiration orientalisante comme dans Aion, quatre épisodes de la vie de Brahma (1961) et Konx-Om-Pax 1968 (trois termes voulant dire « paix » en assyrien, sanskrit et latin). Ses œuvres orchestrales de la maturité se caractérisent par l'utilisation prépondérante de cuivres et de percussion, même si les cordes, parfois, conservent un rôle important. Il est également l'auteur de recueils de poésies en français.

L'authenticité de son œuvre - plus exactement des copies effectuées à partir de certaines de ses improvisations - a été mise en doute et parfois très vivement contestée après son décès. Le compositeur Vieri Tosatti a en effet écrit à travers la presse qu'il était le véritable auteur de l'oeuvre de Giacinto Sclesi, et ce 6 mois après la mort du compositeur. S'il ne fait aucun doute que Tosatti a eu une collaboration étroite avec lui, on ne peut définir aujourd'hui avec précision quel était le degré de cette collaboration.

Il faut ajouter encore que Giacinto Scelsi travaillait beaucoup avec les musiciens qui interprétaient ses oeuvres. C'était une chose à laquelle il donnait beaucoup d'importance. On peut notamment citer Michiko Hirayama (voix), Joëlle Léandre (Contrebasse), Frances Marie Uitti (Violoncelle).
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Jeu 9 Nov - 16:56

Snoopy, lui tu peux l'éviter !! je commence à connaître tes goûts maintenant Laughing, c'est une musique totalement atonale et basée sur un son fixe qui évolue lentement dans le temps, ce qui donne la sensation d'une sorte de magma sonore inquiétant... c'est très spécial mais j'aime beaucoup ses oeuvres chorales et orchestrales...
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Snoopy
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Jeu 9 Nov - 17:00

kfigaro a écrit:
Snoopy, lui tu peux l'éviter !! je commence à connaître tes goûts maintenant Laughing, .

Wink
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Jeu 15 Jan - 21:17

Un compositeur que j'ai découvert il y a quelques semaines lorsque, intrigué que j'étais par son parcours et par le nombre de très bons musiciens se revendiquant de son travail, j'avais emprunté un disque, d'ailleurs auréolé de je ne sais plus quelle récompense et conseillé par je ne sais plus quel magazine.

Hé bien quelle déconvenue mes amis.

Le disque s'ouvre sur Antifona, pour ténor et chœur d'hommes (1970), dans laquelle le chanteur annone le nom de Jésus pendant un quart d'heure, toujours sur les trois mêmes notes, ou presque, motif repris à l'identique, et parfois à l'unisson, par le chœur. C'est sûr qu'au moins, avec des pièces comme celles-là, on ne pourra pas accuser la musique contemporaine d'être difficile d'accès, la plus modeste antienne grégorienne me semblant autrement plus savante.

On y trouve aussi une composition pour orgue, In nomine lucis, datée de 1974, bien plus intéressante et qui correspond assez à la description que donne kfigaro des pièces de Scelsi : des pièces très éthérées qui évoluent progressivement jusqu'à un fortissimo assez flippant, avant d'en revenir comme par symétrie jusqu'à une musique très ténue, et ce de manière imperceptible. On a l'impression que l'organiste se contente de poser (ou d'enlever selon la partie du morceau qu'on écoute) un doigt sur son clavier de temps à autres. Plutôt emballé, mais pas le genre de musique que j'aime à écouter les soirs de désespoir ou de grande solitude...

Les Tre canti sacri sont un peu le pendant des pièces pour orgue, à mon goût. Les huit voix se superposent finement mais mollement et la musique change de couleur sans que l'on s'en rende vraiment compte, au besoin en passant par des harmonies assez originales et un peu crues, qui vous font sortir de votre hébétude pour quelques instants, avant que vous ne continuiiez à vous laisser bercer par un petit flot musical apaisant. J'en ai quand même gardé l'impression d'être un schizophrène scotchant devant un mur quasi intégralement blanc. Bizarre.

On revient à la musique instrumentale avec Pranam II (1973), pour ensemble de chambre (deux flûtes, clarinette basse, orgue électrique, violon, alto, violoncelle et contrebasse pour être précis). Un peu similaire dans le principe aux pièces précédentes : une trame énoncée par les cordes aux motifs presqu' immobiles sur lesquelles les autres instruments brodent quelques lignes mélodiques que je n'ai pas spécialement retenues. Pas désagréable, mais vite oublié.

Un peu déçu par cette première approche, et scandalisé par une nouvelle audition d'Antifona à la radio, j'ai voulu redonner une chance au compositeur en me penchant sur ses œuvres pour orchestre. J'ai donc acquis un disque comportant les Quattro pezzi per orchestra, le concerto pour violon Anahit et enfin Uaxuctum pour chœur, ondes Martenot et orchestre. Mais je viens de m'apercevoir que les Quatro pezzi étaient sous-titrées su una nota sola. Me demande si j'ai fait le bon choix moi, tiens. Enfin, si ça vous intéresse, je pourrai toujours vous en faire un petit commentaire...
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joachim
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Mer 26 Oct - 20:18

Oeuvres principales

Chemin du coeur (1929) pour violon et piano
Rotativa (1929), poema sinfonico per tre pianoforte, ottoni e percussioni
40 Préludes 1930-40) pour piano
Sinfonietta (1932) pour orchestre
L'Amour et le Crâne (1933) pour voix et piano
Concertino (1934), per pianoforte e orchestra
Sonate (1934) pour violon et piano
Preludio, arioso e fugua (1936) pour orchestre
Quatuor à cordes nº 1 (1944)
La nascita del Verbo (1948), per coro misto e orchestra
Suite n. 8 "Bot-ba" (1952), per pianoforte
Suite n. 9 "Ttai" (1953), per pianoforte
Yamaon (1954), per basso e cinque strumenti
Divertimento n. 5 (1956), per violino solo
Quattro pezzi (1957), per tromba sola
Manto I, II et III1, pour alto (1957)
Trilogie pour violoncelle "Triphon, Dithome, Ygghur" (1957-1961/65)
Quattro pezzi su una nota sola pour orchestre de chambre (1959)
Tre canti sacri (1958), per coro a otto voci miste
Trio per archi (1958), per violino, viola e violoncello
Kya (1959), per clarinetto e sette strumenti
Uaxuctum, per Ondes Martenot, Coro e Grande Orchestra;
Hô (1960), 4 canti per soprano solo
Hurqualia, un royaume différent (1960) per orchestra
Aion "Four Episodes in one Day of Brahma" (1961) pour orchestre
Quatuor à cordes nº 2 (1961)
Riti: I funerali d'Achille (1962), per quartetto di percussioni
Quatuor à cordes nº 3 (1963)
Hymnos (1963) pour grand orchestre
Chukrum (1963) pour orchestre à cordes
Quatuor à cordes nº 4 (1964)
Anahit, poème lyrique sur le nom de Vénus(1965) pour violon et 18 instruments
Uaxuctum "Légende de la cité Maya" (1966) pour 4 solistes, ondes Martenot, choeur mixte et orchestre
Ko-Lho (1966), per flauto e clarinette
Ko-Tha (1967), per chitarra
Okanagon (1968), per arpa, tam-tam e contrabbasso
Konx-Om-Pax (1969) pour choeur mixte et orchestre
Antifona (sul nome Gesù) (1970), per coro virile e tenore solo
Canti del Capricorno (1972), per voce solista e strumenti
Sauh III e IV (1973), per coro femminile a quattro voci
Pranam II (1973) pour 9 instruments
Pfhat (1974) pour choeur, orgue et orchestre
In nomine lucis, in memoriam Franco Evangelisti (1974), per organo
Dharana (1975), per contrabbasso e violoncello
Maknongan (1976) per contrabasso
Quatuor à cordes nº 5 (1985)
Krishna e Rada (1986), per flauto e pianoforte
Un Adieu (1988), per pianoforte.


Curieux que Icare n'ait jamais commenté ce compositeur  

https://www.youtube.com/watch?v=SpfGfqkiZCo

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Icare
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Mer 26 Oct - 21:09

Disons que mes incursions n'ont pas encore été suffisamment concluantes, émotionnellement parlant, même si je saisis assez bien son approche...
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MessageSujet: Re: Giacinto Scelsi (1905-1988)   Aujourd'hui à 20:51

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