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 Xian Xinghai (Hsien Hsing-Hai) 1905-1945

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Snoopy
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MessageSujet: Xian Xinghai (Hsien Hsing-Hai) 1905-1945   Mer 8 Nov - 22:09

Xian Xinghai (Shi Shin Hai, ou Hsien Hsing- Hai) (13 juin 1905 à Fanyu, province de Canton, près de Macao, Chine - 30 octobre 1945 à Moscou). Il fut un représentant d'une des premières générations de compositeurs chinois influencés par la musique classique de l'ouest  et a influencé les générations de musiciens chinois. Bien qu'il ait composé dans toutes les formes musicales majeures (deux symphonies, un concerto de violon, quatre œuvres chorales à grande échelle, près de 300 chansons et un opéra), il est surtout connu pour sa Cantate de rivière jaune sur laquelle est basé le Concerto de la rivière Jaune piano et orchestre.

Né en 1905, Xian était le fils d'un pauvre pêcheur, mort juste avant sa naissance. Sa mère part à Singapour en 1911 en tant que gardienne d'enfants et inscrit Xiang dans l'école de musique Yangzheng, et il entre dans la fanfare scolaire. Il reçoit une bourse du gouvernement pour étudier à l'université Lignan et y apprend à jouer du violon. De retour en Chine, Xiang se perfectionne à l'université de Pékin en 1926, puis au conservatoire supérieur de musique à Shanghai en 1928 ; il y publie sa théorie musicale "de la musique populaire".
Il part à Paris en 1929 étudier avec Vincent d'Indy et Paul Dukas et est admis à la Scola Cantorum en 1931.
A cette époque il compose plusieurs chansons et sa sonate pour violon et piano en ré mineur.
Il retourne en Chine en 1935 et participe à un mouvement anti-japonais car le Japon occupe une partie de la Chine. Il compose alors de nombreux choeurs et chansons de masse, notamment Chanson de salut national, Sang de guérilla, la grande Sibérie, Sur la montagne Taihang...

Il se marie le 1er octobre 1938 avec Qian Yun Ling. La même année, création de la cantate du fleuve jaune composées dans les grottes du Yan'an.
Membre du Parti communiste chinois depuis 1938, il participe à la guerre sino-japonaise, au cours de laquelle il découvre la Rivière jaune, série de poèmes de Guang Weiran. Enthousiasmé, il les met en musique dans sa cantate (La cantate du Fleuve Jaune, 1939), écrite en six jours, et qui devient rapidement très populaire.

En 1940 il s’installe à Moscou (la Chine n’est pas encore communiste) où il compose ses deux symphonies, "Libération nationale" et "Guerre Sainte", la suite orchestrale Azolla, la Rhapsodie chinoise et autres oeuvres, et rédige plusieurs traités, dont "Nouveaux créateurs de musique en Chine", et "Sur la forme de la musique ethnique"
Xian Xinghai meurt d'une maladie pulmonaire en 1945 à Moscou, où il est enterré ; en 1983, ses cendres sont déplacées en Chine et finalement enterrées à Guangzhou, sous un monument qui lui est dédié.


Lors de la Révolution culturelle, le régime cherche des œuvres qui exaltent le peuple chinois et les symboles nationaux, et servent l’idéologie communiste. On songe alors à la célèbre cantate, mais Chiang Ching, femme de Mao Ze-Dong et responsable des affaires culturelles, juge son texte trop conservateur. La Société Philharmonique Centrale de Chine (composée de Yin Chenzong, Liu Zhang, Chu Wanghua, Sheng Lihong, Shi Shusheng et Xu Feisheung) est chargée de l’adapter. Les musiciens condensent l’original et le transforment en concerto pour piano et orchestre. Sous cette forme, l’œuvre connaît une rapide diffusion, sans cesse programmée dans les concerts et entendue sur les ondes radiophoniques. A la fin de la Révolution culturelle, elle tombe en disgrâce, avant de sortir peu à peu de son purgatoire.

Si la cantate prenait pour sujet la guerre sino-japonaise, le concerto célèbre de façon plus générale le peuple chinois et son esprit combatif. Le premier mouvement illustre la lutte des marins contre les vagues redoutables du fleuve Jaune (ou Huanghe), source de fertilité mais aussi de danger (on le surnomme le «Fléau des fils de Han»), et qu’il faut maîtriser. Apparaît la mélodie l’Est est rouge, chant de bataille qui sert d’élément unificateur et revient à plusieurs reprises dans la partition.

Les violoncelles exposent un thème lyrique au début du mouvement suivant, lequel illustre l’histoire millénaire de la Chine et propose un voyage sur le fleuve emblématique, entouré de paysages impressionnants. Le troisième tableau traduirait la lutte des populations contre des bandits. Lutte victorieuse, comme le montre le finale martial, qui culmine avec l’Est est rouge, associé dans la coda à une citation de l’Internationale.

L’esprit de propagande s’avère indéniable, en premier lieu par la réalisation collective de l’œuvre ; en second lieu, par les citations de chants révolutionnaires et par l’emphase des marches triomphales. Mais ce concerto apparaît paradoxal en plusieurs points. En effet, les musiciens de la commission ont fait usage des conventions d’une civilisation qu’ils entendaient pourtant dénoncer. La partition adopte un effectif typiquement occidental, comme si lui seul était assez grandiose pour faire l’apologie de la révolution prolétarienne. Le langage conjugue le pentatonisme oriental et une harmonie héritée de la musique savante européenne. Par ailleurs, l’écriture pianistique virtuose et le lyrisme de certains thèmes rappellent Tchaïkovski et Rachmaninov.

De fait, l’auditeur d’aujourd’hui ne sera pas dérouté par une musique somme toute moins «exotique» et novatrice que celle de Stravinsky. Peut-être dans l’avenir pourra-t-on écouter le concerto en faisant abstraction de son contexte idéologiquement suspect. Car en dépit de sa nature de « musique d’Etat », il n’exprime pas seulement un message patriotique, mais révèle aussi des préoccupations d’ordre esthétique.

Il a aussi composé 2 symphonies, un concerto pour violon, la suite d'orchestre Azolla, une rhapsodie chinoise, un opéra, 4 cantates, plus de 300 chansons

Et j'ai même sa photo:

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joachim
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MessageSujet: Re: Xian Xinghai (Hsien Hsing-Hai) 1905-1945   Mer 19 Aoû - 15:10

Snoopy a écrit:


De fait, l’auditeur d’aujourd’hui ne sera pas dérouté par une musique somme toute moins «exotique» et novatrice que celle de Stravinsky. Peut-être dans l’avenir pourra-t-on écouter le concerto en faisant abstraction de son contexte idéologiquement suspect. Car en dépit de sa nature de « musique d’Etat », il n’exprime pas seulement un message patriotique, mais révèle aussi des préoccupations d’ordre esthétique.


Ce concerto, que je viens de réécouter, est d'un lyrisme assez proche de Rachmaninov, je trouve, mais avec des tournures plus "chinoises".
Pour ceux qui l'on lu, le deuxième livre biographique de la pianiste Chow Ching Lie, le concerto du fleuve Jaune, fait référence à ce concerto.
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joachim
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MessageSujet: Re: Xian Xinghai (Hsien Hsing-Hai) 1905-1945   Ven 24 Sep - 15:17

Voici ce concerto du Fleuve Jaune, qui a fait la renommée de la pianiste Chow Ching Lie. Et je me demande pourquoi on ne trouve pas d'enregistrement par cette pianiste (CD ou Internet).

https://www.youtube.com/watch?v=pCVGnJAk_zc



Dernière édition par joachim le Lun 31 Juil - 10:46, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: Xian Xinghai (Hsien Hsing-Hai) 1905-1945   Jeu 4 Avr - 20:13

La cantate du Fleuve Jaune, qui a servi de canevas au fameux concerto, se trouve sur ce CD, en compagnie d'une autre oeuvre de Xian : la Rhapsodie chinoise.



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joachim
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MessageSujet: Re: Xian Xinghai (Hsien Hsing-Hai) 1905-1945   Lun 31 Juil - 20:19

Parmi ses oeuvres


Musique pour orchestre

Symphonie n° 1 "Libération de la Nation", op 5 (1941)
Symphonie n° 2, "La guerre sacrée", op 17 (1943)
Suite n° 1 "Front de la Patrie" op 9 (1941)
Suite n° 4, op 15 (1943)
Amangeldy, poème symphonique, op 22 (1944)
Rhapsodie chinoise, op 26 (1945)


Musique de chambre

Sonate pour violon et piano en ré mineur, op 3 (1935)
3 Danses kazakh pour piano (1944)
Le Blé rouge, pour violon et piano (1944)


Musique vocale

Embuscade, choeur d'hommes
Chant des pêcheurs, pour soprano, 2 altos, violon  et piano
Chant des laboureurs, pour choeur d'hommes et piano (1936)
Louange à la Chine nouvelle, choeur à 2 voix
Brumes de Sibérie, choeur à 2 voix
Trente millions de réfugiés, choeur d'hommes
Cantate La Rivière Jaune pour solistes, choeur et orchestre, op 7 (1939)
19 poèmes anciens pour voix et piano, op 25
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MessageSujet: Re: Xian Xinghai (Hsien Hsing-Hai) 1905-1945   

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