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  Christian LAUBA, né en 1952

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Icare
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MessageSujet: Christian LAUBA, né en 1952   Mar 27 Déc - 9:01

Christian Lauba est un compositeur français né à Stax, en Tunisie, le 26 juillet 1952. Après des études linguistiques à l'Université de Bordeaux, il étudie la composition au Conservatoire de cette même ville dans la classe de Michel Fusté-Lambezat. En 1994, il remporte le premier prix du Concours international de composition de Berlin. Ses études pour saxophones obtinrent le Prix de la SACEM. Il présida le jury du Concours international de composition Gaudeamus en 1996 et donna des conférences aux universités de Maryland, Bowling-Green, Chicago ainsi que Winnipeg au Canada, et conservatoires de Madrid, Milan, Amsterdam et Lisbonne. De 2004 à 2006, Christian Lauba fut directeur musical de l'Orchestre National Bordeaux-Aquitaine et en résidence de compositeur à l'Orchestre symphonique de Mulhouse, en collaboration avec la Filature, scène nationale, durant la saison 2007/2008. Il compose un opéra La lettre des sables sur un livret et une mise-en-scène de Daniel Mesguich (Opéra de Bordeaux,2013). Il reçut de nombreuses commandes de l'Etat et de diverses formations musicales...Son ballet Zatoichi, chorégraphié par Carlotta Ikeda, fut créé à Bordeaux en novembre 2007 avec Charles Jude dans le rôle principal. Christian Lauba a été en résidence au festival Musique sur Ciel à Cordes-sur-Ciel au festival d'Estoril (Portugal), aux Semaines Musicales de Quimper avec une création sur un texte d'Hélène Garnier et à Marseille au festival Les Musiques; violon Stéphane Rougier, piano Jean-Philippe Guillo. Ses oeuvres pour formations variées sont jouées à la salle Pleyel à Paris, au Concertgebouw d'Amsterdam, en Europe, en Asie, sur le continent américain et un peu partout dans le monde....


Brasil sem fim pour piano solo est une oeuvre de 13 mn environ qui m'a beaucoup impressionné. J'ai adoré l'itinéraire du piano et sa métamorphose provisoire en instrument de percussion. Durant l'écoute, j'enviais le soliste en train de l'interpréter, j'étais soudainement ses mains, son coeur et son esprit. J'étais ses doigts qui pressaient les touches noires et blanches dans une organisation magique et énivrante. Je cueillais par moment des rythmes célèbres de danses brésiliennes qui se transformaient en autre chose de parfois très virtuose ou étonnamment percussif. Quasiment à l'extrême de ses possibilités dans un passage surprenant du morceau:

<< Trouvant "la répétition beaucoup plus intéressante lorsqu'elle est l'expression d'une culture populaire puissante, devenue universelle", Lauba détourne avec ironie la musique minimale américaine et s'éloigne du concept de répétitivité systématique, en composant une pièce en réaction à cette tendance où le confort acoustique et hypnotique semble être le seul but à atteindre. La pulsation et l'énergie de la musique brésilienne sont injectées dans une forme de musique savante en une variation continue où tous les aspects évoluent et se transforment dans un long crescendo rythmique, harmonique et dynamique, dont le fugitif sommet, hommage non dissimulé à la musique brésilienne, s'oppose à la complexité qui précédait.>>


Dernière édition par Icare le Mer 13 Juil - 20:11, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: Christian LAUBA, né en 1952   Mar 27 Déc - 9:52

Blue Stream est une autre oeuvre pour piano qui m'a beaucoup séduit, envouté, devrais-je dire:

<<Blue Stream est un hommage non dissimulé à trois compositeurs; Mendelssohn, Gershwin et Ligeti. La forme de l'oeuvre est une véritable "Romance sans paroles" dans laquelle se rejoignent des éléments stylistiques et culturels communs aux trois compositeurs, notamment une opposition presque constante des tierces majeurs et mineures (Blue note). Les cinq mouvements de la pièce s'enchaînent sans césure, technique empruntée au film d'Alfred Hitchcock "La corde" où la narration est également continue (sans changement de plan).>>


Porgy Stride est une pièce jubilatoire pour deux pianos. Il est dit que cette oeuvre est un hommage à Art Tatum qui emprunterait Blue Stream (l'oeuvre citée ci-dessus) pour la transformer en un "stride" virtuose où les deux pianistes partagent avec humour les mêmes difficultés pyrotechniques.

Mist (Brume) est une pièce pour électronique très onirique et aux sonorités chatoyantes, jamais agressives...l'agréable impression que le compositeur s'est évertuer d'en extraire une forme synthétique de beauté.


Morphing est son second quatuor à cordes, un quatuor qui débute dans la bonne humeur et se termine avec intensité dans le drame. Un passage m'a particulièrement saisi, un habile jeu de pizzicati qui, à tort ou à raison m'a évoqué "de ces rythmes mélodiques africains" joués généralement sur balafon:

<< Morphing est un terme qui désigne une technique d'ordinateur souvent employée en publicité et au cinéma. Elle permet de réaliser un véritable glissando d'images comme, par exemple, passer sans interruption d'un visage à un autre. Dans cette pièce Christian Lauba utilise ce procédé pour tous les paramètres du son; accords, attaques, timbres, rythmes, dynamiques, styles...L'accord de base est un accord de onzième familier à Gershwin, presque "spectral". Le rythme initial est un rythme Kabyle.
Cette forme continue se situe aux antipodes de celles à l'honneur aux XVIIIème et XIXème siècle. Ainsi, l'oeuvre commence "giocoso" et s'achève dans une atmosphère plus intense et dramatique.
>>


Bogor est une oeuvre pour orchestre, mais aussi une ville d'Indonésie située au Nord-Ouest de la province de Java Occidental. (Dans son jardin botanique pousse la plus grande fleur du monde - 1 mètre.) Je perçois justement l'oeuvre symphonique de Lauba comme une superbe fleur qui s'ouvre progressivement et s'illumine de timbres étincelants, une fleur immense aux parfums d'Asie où on croit entendre résonner, par exemple, un gamelan. Cette oeuvre n'est cependant pas un "folklore" mal dirigé, elle est bien plus profonde et mystérieuse que ça!
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MessageSujet: Re: Christian LAUBA, né en 1952   Jeu 5 Jan - 20:43



___La forêt perdue pour ensemble de 12 saxophones (1983)
___Adria pour 2 saxophones solos (1985)
___Hard pour saxophone ténor solo (1988)
___Rituels pour clarinette en si (1989)
___Erg pour ensemble à vents, harpe, piano et contrebasse (1990)
___Brasil sem fim pour piano (1990)
___Blue dream pour piano (1990)
___Balafon pour saxophone solo
___4 cahiers d'études pour divers saxophones solos (1992-1994)
___Hoggar pour orchestre (1995)
___Morphing pour quatuor à cordes (1999)
___Blue Rai pour violoncelle solo
___Kwintus pour violon (2000)
___Stan - hommage à Stan Getz pour saxophone baryton et synthétiseur (2001) I love you
___Mist poème pour synthétiseur (2003) I love you
___Bogor pour orchestre (2004)
___Awabi pour flûte (2006)
___Blue party pour piano (2007)
___Porgy stride pour deux pianos (2008)
___Blue party version pour récitant et piano (2009)
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MessageSujet: Re: Christian LAUBA, né en 1952   Dim 5 Aoû - 23:30


Découverte de NEW YORK CONCERTO, son triple concerto pour saxophone, violoncelle, piano et orchestre et c'est une oeuvre très intéressante dans ses timbres, ses climats, ses ambiances. L'âme du jazz plane sur ce concerto. Je ne suis pas sûr d'en avoir saisi toutes les nuances mais ce qui est certain c'est que j'ai déjà envie de le réécouter. drunken
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MessageSujet: Re: Christian LAUBA, né en 1952   Jeu 6 Déc - 13:38


La réécoute de ce triple concerto confirme très nettement ma première impression.

<<Pour Christian Lauba, New York est le résumé idéal des cultures les plus exotiques. Par son orchestration, ses rythmes, ses dynamiques et ses modes, ce concerto est une véritable suite pour orchestre comme pouvait l'être celles de Jean-Sébastien Bach qui stylisait dans ses pièces à plusieurs mouvements les cultures les plus différentes, (allemande, sarabande, gigue, etc...), cela pour varier le discours mais tout en donnant par son esprit de synthèse, une incroyable unité stylistique. C'est également un Concerto Grosso où les trois solistes s'intègrent naturellement en répondant à l'orchestre sans pour cela se détacher particulièrement, sauf dans la cadence virtuose. Le lever du jour sur China Town inaugure une journée complète qui se termine sur les trépidations nocturnes de Broadway.>>

Ce triple concerto me botte de plus en plus, de par ses rythmes, ses couleurs et surtout ses orchestrations.
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MessageSujet: Re: Christian LAUBA, né en 1952   Mer 13 Juil - 20:09

Icare a écrit:
Découverte de NEW YORK CONCERTO, son triple concerto pour saxophone, violoncelle, piano et orchestre et c'est une oeuvre très intéressante dans ses timbres, ses climats, ses ambiances. L'âme du jazz plane sur ce concerto. Je ne suis pas sûr d'en avoir saisi toutes les nuances mais ce qui est certain c'est que j'ai déjà envie de le réécouter. drunken

J'aime beaucoup l'intensité atonale, touffue et constante de ce triple concerto. Elle le parcourt sur ses six mouvements; China Town/Bronx Bridge/Central Park/Little Tokyo, Little Egypt/5th avenue (cadence)/Broadway.  La présence fantomatique du jazz et son caractère urbain lui confèrent un certain charme, c'est indéniable. Outre la combinaison gagnante entre le violoncelle (Henri Demarquette), le saxophone alto (Richard Ducros) et le piano (Jonas Vitaud), c'est toute une structure sonore en un mouvement perpétuel, pendant environ 25 minutes, qui m'est assez fascinante. Je ne sais pas si j'y vois des buildings, de larges artères embouteillées, des rames de métros, une ville, la nuit, illuminée et bruyante... J'entends surtout une musique qui me plait dans sa complexité et son expressivité.
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MessageSujet: Re: Christian LAUBA, né en 1952   

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