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  Christoph DELZ (1950-1993)

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Icare
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MessageSujet: Christoph DELZ (1950-1993)   Dim 25 Déc - 11:16

Christoph Delz est un compositeur et pianiste suisse né le 3 janvier 1950 à Bâle. Il commença à apprendre la théorie et le piano quand il était encore très jeune. Il était encore à l'école lorsqu'il reçut ses premiers diplômes. Entre 1974 et 1981, il a poursuivi ses études à Cologne, en étudiant avec Aloys Kontarsky (piano), Karlheinz Stockhausen (composition) et Volker Wangenheim (la direction d'orchestre), complétant ses études de composition avec Henri Pousseur à Liège. Entre 1981 et 1984, il travaille dans les studios d'électronique au Conservatoire de Cologne, une ville dans laquelle il séjourna jusqu'en 1989. Il déménagea ensuite à Riehen, près de Bâle, c'est là qu'il mourut du sida le 13 septembre 1993 à l'âge de 43 ans.

Toutes ses oeuvres chorales et une majorité de ses oeuvres orchestrales ont été interprétées par l'Orchestre symphonique de la BBC et les BBC Singers, au Festival d'Almeida et ailleurs. Ses oeuvres ont également été entendues à la "Musiktagen Donaueschinger, à la Biennale de Venise,etc... L'Ensemble intercontemporain a interprété des oeuvres de Christoph Delz à Paris et aux Festivals de Lucerne et Zurich. En tant que pianiste, il a été particulièrement attiré par la musique de Schumann, Debussy, Moussorgski, Schoenberg et Liszt. Il a aussi interprété des oeuvres pour piano de compositeurs contemporains tels que Mauricio Kagel, Claude Vivier, Klarenz Barlow et Gérard Zinsstag.


___SILS op.1 pour piano - 1975  I love you
___QUATUOR AVEC PIANO op.2 - 1975/76  
___SIEGEL op.3 pour ensemble à vents, percussion et piano - 1976  I love you  I love you
___MESSE DE COLOGNE op.4 - 1976 Evil or Very Mad
___DIE ATMER DER LYDIA, transcomposition pour orchestre - op.5 - 1979/80   I love you  I love you
___IN DSCHUNGEL-ERHUNG FÜR ROUSSEAU DEN ZÖLLNER (Dans la jungle) pour grand orchestre op.6 - 1981/82    
___QUATUOR A CORDES op.7 - 1982  
___ARBEITSLIEDER (Work Songs) op.8 pour solistes, choeur mixte, piano amplifié et vents - 1983/84   I love you  I love you
___PREMIER CONCERTO POUR PIANO ET ORCHESTRE op.9 - 1984/1985  
___REFLEXIONS SUR LAUTREAMONT pour voix solistes, choeur et percussion op.10 - 1985/86    
___NOCTURNES pour piano et orchestre op.11 - 1986    
___JAHRESZEITEN (Saisons) pour piano et petit orchestre op.12 - 1988/89  I love you  I love you
___JOYCE-FANTASIE pour soprano, choeur, 2 pianos et harmonium op.13 - 1990/91 I love you  I love you
___ISTANBUL pour piano solo, soprano, basse, choeur et orchestre op.14 - 1992/93, année de sa mort.    
___Istanbul, 3 Auszüge pour piano (1993)  

Evil or Very Mad N'aime pas du tout.
N'aime pas beaucoup
I love you J'aime assez
I love you  I love you  J'aime bien
J'aime beaucoup
  J'adore.


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joachim
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Dim 25 Déc - 18:55

Dis donc, tu as écouté les 3/4 de ses oeuvres, on dirait Wink
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Icare
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Dim 25 Déc - 19:10

joachim a écrit:
Dis donc, tu as écouté les 3/4 de ses oeuvres, on dirait Wink

Oui, je possède un coffret de trois cd de ses oeuvres intitulé COMPLETE WORKS VOL. 1. Je me demande donc si un volume 2 , forcément en prévision , est toujours d'actualité et va être réalisé. C'est un compositeur que j'ai découvert cette année et je ne regrette pas du tout. C'est toutefois un compositeur très éloigné du romantisme, un "Moderne" au sens assez stricte du terme, bien que l'on trouve dans sa musique certaines références classiques, notamment Bach comme dans son Quatuor à cordes ou dans son oeuvre ultime d'envergure; Istanbul. Il risque fort, contrairement à Landowski, d'être un de ces créateurs qui nous divisent ,Joachim.
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Ven 29 Mar - 8:12

Non seulement il existe bien un volume II des oeuvres de Christoph Delz mais en plus, fortement enthousiasmé par sa musique, je me le suis procuré. Il s'agit d'un double cd et voici la liste des oeuvres qu'il contient:

Premier CD:

__Solde, Lecture d'après Lautréamont (Réflexions) pour voix solistes, choeur et percussion - op.10a
__Deux Nocturnes pour piano et orchestre - op.11
__Joyce Fantasie, pour soprano, choeur, 2 pianos et harmonium - op.13a

Second CD:

__Jahreszeiten (saisons) pour piano et petit orchestre - op.12
__Kölner Messe (Messe de Cologne - op.4
__Istanbul, 3 Auszüge pour piano - 1993

Je n'ai pas encore écouté ces oeuvres car, pour l'instant, je redécouvre le premier volume 3 CD. J'ai commencé par les trois oeuvres réunies sur le cd 1, c'est-à-dire Im Dschungel - Ehrung für Rousseau den Zöliner (Dans la Jungle) pour grand orchestre, Klavierquartett et Die Atmer der Lydia pour orchestre. L'oeuvre qui a vraiment retenu mon intention est la première citée Dans la jungle. J'ai été littéralement subjugué par la poétique de cette oeuvre aux sonorités atypiques, aux timbres étonnants. J'ai vraiment eu l'impression de pénétrer une immense forêt exotique, une jungle avec une végétation dense et une présence animale finement suggérée; une véritable forêt des sons et une parfaite exploration sonore des différentes familles d'instruments de l'orchestre. L'aventure fut magnifique, un dépaysement total. Ne pas y retenir seulement la dimension exotique, sinon ce serait commettre un jugement trop partiel. L'oeuvre ne manque ni de construction ni de profondeur, elle possède à mon sens toutes les qualités d'écriture et d'expression qui me font aimer la musique savante du XXème siècle dite "moderne". J'ai vraiment été ébloui par cette architecture sonore dont la complexité des formes n'affecte en rien l'intelligibilité du récit musical. C'est incontestablement l'oeuvre maîtresse du premier cd, l'opus 2 (Quintette pour piano et quatuor à cordes) m'ayant laissé, en revanche, une impression toujours aussi mitigée que la première fois. Die Atmer der Lydia est néanmoins une oeuvre intéressante m'ayant plus ou moins captivé sur la longueur.
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Ven 29 Mar - 10:55

Le Concerto pour piano et orchestre op.9, composé entre 1984 et 1985, est une oeuvre atonale d'une modernité radicale, sans concession. Le piano taille dans le vif dans un contexte sonore complexe et tranchant. Rien d'harmonieux ni de limpide dans le chemin escarpé et chaotique tracé par le soliste. Le piano et les différents éléments de l'orchestre se télescopent comme des silex, créant des étincelles sonores vives et fugitives. Malgré la radicalité du propos musical, cette musique m'a touché, séduit et même fasciné par endroits. J'aime lorsqu'un compositeur arrive à m'embarquer dans son propre monde sonore où il semble "m'imposer" ses propres codes, ses propres convictions esthétiques. S"il avait échoué, j'aurais sans doute trouvé sa musique horrible, mais l'alchimie "Christoph Delz", lors de cette nouvelle écoute, achève son effet sur moi: Le point culminant de ce concerto semble prendre forme au coeur du second mouvement lorsque cette musique, captivante dans sa modernité radicale, s'accapare une saveur toute orientale. Ce moment-là, je l'ai réellement apprécié.

Arbeitslieder op.8, composé entre 1983 et 1984, est une oeuvre très différente du concerto pour piano mais présentant un intéressant traitement des voix humaines. A cappella dans la première partie, le piano amplifié et les instruments à vent interviennent plus tard mais sans jamais vraiment prendre le dessus sur les voix solistes et le choeur mixte. Au contraire, il y a un bel équilibre entre ces différents pôles sonores. L'oeuvre est originale dans sa forme et intelligible dans son récit, expressive aussi. I love you I love you
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Ven 29 Mar - 17:06

Siegel pour ensemble à vents, percussion et piano, op.3, composé courant 1976, propose un instrumentarium séduisant avec une belle palette de couleurs dans un espèce de ballet des sons continu. Les instruments semblent, dans certains passages de l'oeuvre, dialoguer entre eux. C'est une musique allègre, très attrayante, une sorte de ruisselet qui développe un lit lumineux et formidablement irisé. Le récit est sans doute un peu artificiel et l'oeuvre un peu longue, mais le charme opère encore une fois, ce qui est l'essentiel. I love you I love you

La pièce pour piano Sils op.1, composée en 1975, d'une durée de presque 11 minutes, ne m'a pas déplu malgré la radicalité de langage qui me ramène vaguement à son Concerto pour piano. I love you

Le quatuor à cordes opus 7, malgré un premier mouvement sous la forme identique d'une Partita de Bach, ne m'a pas vraiment emballé. Un peu terne. Le second mouvement, bien plus personnel, ne m'a pas conquis.
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Ven 29 Mar - 19:16

J'ai réécouté Istanbul pour piano solo, soprano, basse, choeur et orchestre, opus 14, composé entre 1992 et 1993, et c'est une oeuvre riche en rebondissements. La partition est intense, expressive, versatile par ses changements brutaux d'ambiance, pas une oeuvre facile proprement dit, dont le récit peut paraître un peu décousu et austère. Cependant, j'en aime la dimension dramatique, les brutalités instrumentales. L'avant-dernier morceau est un très beau "chorale" de forme classique qui contraste assez avec la modernité de l'ensemble. Pour le détail, j'adore la délicatesse légendaire de la harpe dans le "Misterioso und Signatur" (final) soudainement brisé par une percussion à la fois brutale et étrange dans sa sonorité. Globalement, ce premier triple volet ne désigne pas un compositeur qui séduira d'emblée les amateurs de "belle" musique au sens laroussien du terme. Il plaira davantage à ceux qui, comme moi, recherchent parfois (pas toujours) des ambiances sonores inédites, corrosives, inhabituelles, aux limites de l'expérimental mais où les références classiques n'y sont pas totalement exclues, une musique qui sait s'imbiber aussi des saveurs naturalistiques et sans tomber dans un exotisme de pacotille. De ce coffret, l'oeuvre qui, selon moi, se distingue du lot est Dans la jungle que j'ai évoqué en premier. Je verrai, par les six oeuvres réunies sur le second coffret et que je n'ai pas encore écoutées, si l'une d'entre elle me procurera autant d'émotions. Suspens! Very Happy
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Ven 29 Mar - 22:17


Je continue mon monologue Ptdr avec deux nouvelles oeuvres de Christoph Delz que je viens de découvrir, ce soir! Décidément, j'adore l'esprit musical fort imaginatif de ce compositeur. Solde, Lecture d'après Lautréamont pour solistes, choeur mixte et percussions, opus 10a, manie avec art les voix parlées et chantées sur des textes en Français. Il y a une grande dimension théâtrale dans cette oeuvre avec des interventions ponctuelles et clairsemées des percussions. Je dirais que sur cet aspect-là les sons isolés de différents instruments percussifs produisent un effet sensationnel et assure une réelle élégance dans leur manière de ponctuer le jeu vocal des solistes et du choeur. Le percussionniste Daniel Buess y effectue un travail fabuleux, y fait l'éloge du son brut tant celui-ci gagne une profondeur perceptible dans le contexte théâtral et opératique de cette très attractive partition.

Les Deux Nocturnes pour piano et orchestre, opus 11, (plus précisément le premier) se nourrit habilement d'accords et de silences weberniens. Si le premier Nocturne tient en haleine, bien aligné sur l'esthétique très singulière de son modèle , le second, dans un agencement extrêmement poétique et raffiné de fragments mélodiques, m'a carrément fasciné.
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laudec



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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Sam 30 Mar - 8:43

La petite biographie de Christoph Delz m'a émue, celui-ci est mort jeune comme beaucoup de compositeurs d'ailleurs et là où ça me touche personnellement, au même âge et dans les mêmes circonstances que mon mari
Ton insistance, Icare, par rapport à son œuvre m'a fait aller à la recherche de quelques indices le concernant. Je n'ai trouvé que "Solde, Lecture d'après Lautréamont"
Pour moi, c'est insupportable Evil or Very Mad , je n'ai pu écouter que 10 minutes, espérant toujours que la" musique" puisse enfin émerger de ces sons que je trouvais fort irritants, calculés, cérébraux , mais rien ne s'est passé et j'ai arrêté d'écouter avec soulagement....

Je suppose que ceci est de la "musique" atonale comme tu dis ? Est ce que toute sa musique est de la même veine ? J'aurais aimé entendre les pièces pour piano mais je n'ai pas eu le choix.
Intéressant de voir comme pour toi cette musique te parle, t'enchante, quelle complexité chez l'être humain ! merci pour cette découverte
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Icare
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Sam 30 Mar - 15:52

C'est un aspect de la musique atonale parmi d'autres, mais c'est Vrai que chez Delz, l'approche est assez radicale, à la manière de Claude Vivier, comme je l'avais mentionné dans mes différents commentaires. J'avoue être réceptif aux échanges effectivement cérébraux et calculés entre les percussions et les voix parlées/chantées tels qu'ils se déroulent dans l'oeuvre que tu as écoutée. Il faut avoir une acceptation de l'aléatoire ou de l'expérimental pour apprécier ce genre de musique, s'accrocher à de nouveaux concepts et repères. C'est soit on adhère, soit on rejette. Peu de place pour la demi-mesure.

Si tu m'avais demandé conseil, j'aurais mentionné "Dans la Jungle" qui est pour l'instant l'oeuvre que je préfère de lui et est aussi la plus accessible, seulement elle est introuvable sur Youtube.

Entre temps, j'ai découvert Joyce-Fantasie opus 13a, pour soprano, choeur de chambre, deux pianos et harmonium, et si l'oeuvre utilise aussi le chanté/parlé et se rapproche un peu de "Solde, Lecture d'après Lautréamont", l'alchimie a pourtant moins fonctionné - j'ai beaucoup moins aimé - j'ai surtout apprécié les passages plus tonals avec soprano et harmonium.

Citation :
Intéressant de voir comme pour toi cette musique te parle, t'enchante, quelle complexité chez l'être humain ! merci pour cette découverte

Je connais des mélomanes qui sont sincèrement fascinés par le meilleur de Xenakis, grand avant-gardiste de son époque, alors que je ne supporte pas du tout sa musique. Celle d'un Delz me parle bien plus alors que son langage n'est pas forcément plus accessible dans l'absolu. Chez lui, la radicalité atonale du propos ne m'est pas du tout hermétique. Pourquoi suis-je respectif à cette musique et non à l'autre? Je ne suis pas sûr d'avoir la réponse ni que cette réponse m'intéresse tant qu'elle peut n'être, en réalité, que l'illusion pratique qui sert à justifier ce qui n'est qu'un ressenti et non une vérité en soi. Oh oui, la complexité de l'être humain s'exprime aussi à travers nos goûts musicaux. Wink
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laudec



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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Sam 30 Mar - 18:33

J'entends bien que cette musique te plaît beaucoup mais est ce qu'on peut parler de "beauté", est ce que l'on peut être touché au coeur par cette musique ou bien est-ce un plaisir purement intellectuel dont il s'agit ?
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joachim
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Sam 30 Mar - 18:57

Ah les goûts et les couleurs ! Personnellement je sais qu'à mon âge je n'aimerai jamais cette musique qui pour moi n'en est pas Même chez du plus classique comme Schönberg (le "père" de l'atonalité), ce parlé-chanté de Pierrot lunaire, par exemple, me hérisse au plus haut point Embarassed

Quand je pense que Icare n'aime pas Haydn Mais tu es jeune, tu peux encore évoluer Mains
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Icare
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Sam 30 Mar - 19:54

claudevdb a écrit:
J'entends bien que cette musique te plaît beaucoup mais est ce qu'on peut parler de "beauté", est ce que l'on peut être touché au coeur par cette musique  ou bien est-ce un plaisir purement intellectuel dont il s'agit ?
Dans l'oeuvre que tu as écoutée, Solde, Lecture d'après Lautréamont, le mot "Beauté" ne me vient pas immédiatement à l'esprit. Celui qui recherche la Beauté au sens classique du terme sera toujours déçu par ce genre de musique et je ne crois pas que l'ambition de Delz fut d'écrire une musique belle au sens où tu l'entends, Claude. Moi aussi j'aime la belle musique, j'adore Mozart, Beethoven, Bach, Schubert... qui ont composé des sommets insurpassables dans ce domaine, j'adore Les sept dernières paroles du Christ en croix de Joseph Haydn bien plus que la plupart des oeuvres de Delz à l'exception de DANS LA JUNGLE que je trouve fascinante...J'adore Haydn, Joachim, lorsqu'il ne m'emmerde pas avec ses menuets et andantes interminables qui plombent ses symphonies.  Donc je ne dirais pas de Solde, Lecture d'après Lautréamont qu'elle est une belle musique car ce n'est pas l'adjectif qui me vient immédiatement à l'esprit. Je dirais davantage de cette musique qu'elle est singulière, ludique, intéressante et surtout qu'elle me fascine.

Si on part du principe que la fascination est une émotion purement intellectuelle, alors peut-être...?...Toutefois, dans mon cas personnel, je n'arrive pas à dissocier l'esprit du coeur dans mon appréciation d'une oeuvre, qu'elle soit tonale, atonale, dodécaphonique, sérielle, aléatoire, jazzy, minimaliste ou proche de la chanson. J'ajoute au passage que la musique je la ressens aussi physiquement, je ressens ses vibrations... N'oublions jamais que la musique est avant tout une affaire de sons.

Dernier point: Ce n'est d'ailleurs pas un reproche mais je suis toujours étonné par la difficulté que les gens ont (et que j'ai peut-être aussi) à comprendre et accepter le fait que d'autres aiment une musique qu'eux détestent et vice-versa. Maintenant, je comprends tout-à-fait que des gens qui ont écouté toute leur vie des compositeurs aussi fantastiques que Bach, Mozart, Beethoven, Brahms, Schubert...soient tentés de penser qu'ils détiennent La Vérité en musique. J'avoue moi-même avoir fonctionné de cette façon, mais les musiques moderne et contemporaine ont ébranlé mes idées toutes faites (ou certitudes) pour mieux m'emporter dans une autre dimension. drunken


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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Sam 30 Mar - 22:35

Je continue malgré tout ma petite incursion dans l'univers sonore et tourmenté de Christoph Delz par le biais de trois oeuvres, les dernières qu'il me restaient à découvrir, une, Jahreszelten (Saisons) pour piano et petit orchestre, opus 12, que j'ai bien aimée, Kölner Messe que j'ai détestée et Istanbul, 3 Auszüge pour piano qui m'a laissé dubitatif.

Saisons est une partition dont le récit musical est un long chemin atonal et escarpé qui semble un peu décousu dans son propos, prétexte à des atmosphères corrosives et des combinaisons sonores insolites et inventives, mais que le piano tissent entre elles par un lien indéfectible, fait d'élans de virtuosité et de lignes plus austères et dépouillées. Ces "Saisons" ne me sont pas idéales car j'y regrette quelques baisses d'intensité et aussi le fait que certaines idées intéressantes n'aient pas été plus développées. Ce qui est au final une oeuvre solide et intéressante (enfin pour moi) aurait pu être une oeuvre fascinante. Dans cette formation, je préfère ses deux Nocturnes et son Concerto, à voir si les prochaines écoutes confirmeront ou infirmeront cette préférence. I love you I love you

La Messe de Cologne m'a en revanche laissé très vite au bord du chemin, n'ai même pas réussi à aller au bout. J'ai eu l'impression d'un traitement électronique des choeurs dans un registre extrêmement statique et si peu évolutif...Je me suis demandé, au départ, s"il y aurait une oeuvre que je détesterais vraiment alors que l'approche musicale de Christoph Delz me plait dans l'ensemble, et bien c'est arrivé avec cette Messe. Evil or Very Mad

Concernant l'oeuvre pour piano seul Istanbul, 3 Auszüge, je ne pourrais pas dire que j'ai vraiment aimé ni vraiment détesté, c'est surtout la conséquence du second mouvement qui joue un peu trop la carte de l'austérité et du silence au point de devenir complètement silencieux et ennuyeux. Dommage!


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Jean



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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Sam 30 Mar - 22:58

Ptdr aaaahhh..Icare et ses menuets de Haydn, il n'en rate pas une et me fait bien marrer...mais je le comprends pas mal! Wink
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Dim 30 Aoû - 23:05

<<...pour l'instant, je redécouvre le premier volume 3 CD. J'ai commencé par les trois oeuvres réunies sur le cd 1, c'est-à-dire Im Dschungel - Ehrung für Rousseau den Zöliner (Dans la Jungle) pour grand orchestre,  Klavierquartett et  Die Atmer der Lydia pour orchestre. L'oeuvre qui a vraiment retenu mon intention est la première citée;  Dans la jungle. J'ai été littéralement subjugué par la poétique de cette oeuvre aux sonorités atypiques, aux timbres étonnants. J'ai vraiment eu l'impression de pénétrer une immense forêt exotique, une jungle avec une végétation dense et une présence animale finement suggérée; une véritable forêt des sons et une parfaite exploration sonore des différentes familles d'instruments de l'orchestre. L'aventure fut magnifique, un dépaysement total. Ne pas y retenir seulement la dimension exotique, sinon ce serait commettre un jugement trop partiel. L'oeuvre ne manque ni de construction ni de profondeur, elle possède à mon sens toutes les qualités d'écriture et d'expression qui me font aimer la musique savante du XXème siècle dite "moderne". J'ai vraiment été ébloui par cette architecture sonore dont la complexité des formes n'affecte en rien l'intelligibilité du récit musical. C'est incontestablement l'oeuvre maîtresse du premier cd, l'opus 2 ( Quintette pour piano et quatuor à cordes) m'ayant laissé, en revanche, une impression toujours aussi mitigée que la première fois. Die Atmer der Lydia est néanmoins une oeuvre intéressante m'ayant plus ou moins captivé sur la longueur.>>

Christoph Delz fait décidément partie des "atonalistes/modernistes/avant-gardistes" quelque peu radicaux qui ont su écrire une musique fascinante  (à mon oreille), certes pas à chaque fois mais suffisamment pour que j'y revienne un jour. Il m'aura fallu, cependant, deux années pour replonger dans cet univers sans grande consession tonale qui indispose tant mes amis mélomanes du forum. Puis, bon, ça m'a radicalement changé des douceurs un peu sucrées de Ludovico Einaudi. A ce niveau-là, il ne s'agit même plus de passer du coq à l'âne, c'est un écart beaucoup plus impressionnant: je suis plutôt passé du ramier à l'ornithorynque! Hehe  J'ai donc réécouté le Quintette pour piano et quatuor à cordes - opus 2 et celui qui me lit sait à quel point j'apprécie cette formation en particulier. Pourtant là, la rigueur atonale et mathématique castre un peu mon plaisir, je dois bien l'admettre, sans me dégoutter pour autant. J'aurais pu zapper mais ne l'ai pas fait, n'avais pas envie, comme si cette musique n'avait captivé que la part intellectuelle de mon esprit. En revanche, Dans la jungle pour grand orchestre, en deux mouvements de durée presque égale (+ de 13 minutes chacun), accapare toutes les parties de mon esprit. C'est une fantastique jungle sonore qui s'est refermée sur moi. Cette nouvelle écoute n'a donc rien changé dans mon appréciation de ces deux oeuvres: fascination pour Im Dschungel et tiède ressenti pour l'Opus 2. Le changement ou plutôt l'évolution vient davantage avec Die Atmer der Lydia - Opus 5 pour orchestre qui a gagné favorablement du terrain. Une véritable palette de couleurs, de véritables mosaïques, se sont déployées dans une sorte d'architecture mobile qui m'a semblé aléatoire, élastique...Mieux que jamais j'ai été captivé par cette "transcomposition" sans une ligne conductrice réellement visible...plutôt suggérée ou supposée par ma compréhension de l'oeuvre qui, elle-même, n'est peut-être qu'une illusion ou utopie de mon ressenti. En conclusion, si mon impression de départ a subi une évolution, c'est exclusivement grâce à Die Atmer der Lydia.
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Lun 31 Aoû - 18:08

Icare a écrit:
Le Concerto pour piano et orchestre op.9, composé entre 1984 et 1985, est une oeuvre atonale d'une modernité radicale, sans concession. Le piano taille dans le vif dans un contexte sonore complexe et tranchant. Rien d'harmonieux ni de limpide dans le chemin escarpé et chaotique tracé par le soliste. Le piano et les différents éléments de l'orchestre se télescopent comme des silex, créant des étincelles sonores vives et fugitives. Malgré la radicalité du propos musical, cette musique m'a touché, séduit et même fasciné par endroits. J'aime lorsqu'un compositeur arrive à m'embarquer dans son propre monde sonore où il semble "m'imposer" ses propres codes, ses propres convictions esthétiques. S"il avait échoué, j'aurais sans doute trouvé sa musique horrible, mais l'alchimie "Christoph Delz", lors de cette nouvelle écoute, achève son effet sur moi: Le point culminant de ce concerto semble prendre forme au coeur du second mouvement lorsque cette musique, captivante dans sa modernité radicale, s'accapare une saveur toute orientale. Ce moment-là, je l'ai réellement apprécié.

En me relisant, je me suis vraiment trouvé en total accord avec ce que j'ai écrit. Je viens de réécouter ce Concerto pour piano et orchestre - Opus 9 et tout ce que j'ai commenté ci-dessus correspond à la virgule près à ce que j'ai ressenti: oeuvre atonale sans aucune concession, dépourvue du moindre élan lyrique. Expression totalement décomplexée du chaos et pourtant...Il est rare qu'un compositeur arrive à me fasciner par un "atonalisme" aussi tranché. Il y a Claude Vivier - je pense notamment à sa musique de piano et à une oeuvre pour orchestre comme Orion, par exemple. Je pense à certaines compositions pour le cinéma ou hors écran d'Ennio Morricone. Je pense aux Notations pour orchestre de Pierre Boulez par David Robertson...Disons qu'il y a des moments de fulgurance qui arrivent à m'atteindre suffisamment pour que je me laisse prendre au jeu de l'atonalité. Et pour tout dire - c'est peut-être là le plus étrange - au fil de l'écoute, je n'avais même plus l'impression d'apprivoiser un concerto pour piano.
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Lun 31 Aoû - 23:24

Icare a écrit:
Siegel pour ensemble à vents, percussion et piano, op.3, composé courant 1976, propose un instrumentarium séduisant avec une belle palette de couleurs dans un espèce de ballet des sons continu. Les instruments semblent, dans certains passages de l'oeuvre, dialoguer entre eux. C'est une musique allègre, très attrayante, une sorte de ruisselet qui développe un lit lumineux et formidablement irisé. Le récit est sans doute un peu artificiel et l'oeuvre un peu longue, mais le charme opère encore une fois, ce qui est l'essentiel.

Une très belle palette de couleurs, un ballet ludique où se combinent allègrement bois, percussions et piano. Cette fois, je n'y ai trouvé aucune longueur, aucun temps mort, au contraire, une attrayante effervescence de timbres vifs ou graves qui s'entremêlent les uns les autres. Mais encore une fois, c'est principalement le caractère ludique qui me tient en haleine d'un bout à l'autre. Je n'y ressens pas une ligne conductrice qui m'emmènerait du point A au point Z comme c'est si fréquent dans la musique tonale; c'est davantage un agencement (aléatoire?) des sons dans lequel je décèle sans pouvoir le définir une construction, une logique, un suspens continuel sur la manière dont cette musique va évoluer, rebondir...une oeuvre-jouet; voilà ce que cette musique m'évoque à l'écoute. Elle suscite...excite devrais-je préciser...la partie ludique de mon esprit.

<<Arbeitslieder op.8, composé entre 1983 et 1984, est une oeuvre très différente du concerto pour piano mais présentant un intéressant traitement des voix humaines. A cappella dans la première partie, le piano amplifié et les instruments à vent interviennent plus tard mais sans jamais vraiment prendre le dessus sur les voix solistes et le choeur mixte. Au contraire, il y a un bel équilibre entre ces différents pôles sonores. L'oeuvre est originale dans sa forme et intelligible dans son récit, expressive aussi.>>

Tout comme dans mon expérience de Die Atmer der Lydia, plus j'apprivoise la poétique d'Arbeitslieder - Opus 8, plus cette composition vocale me fascine. Ce n'est pas uniquement un plaisir ludique, c'est quelque chose de plus profond encore, quelque chose qui me fait vibrer de l'intérieur, qui me remue davantage les tripes. J'adore l'emploi des voix et aussi la manière dont les différents instruments interviennent. Il y a comme une forme de légèreté et une forme de gravité qui s'y entrecroisent sans jamais s'entrechoquer, deux formes antagonistes qui se nourrissent l'une de l'autre au bénéfice d'une ambiance sonore insolite et controversée. J'adore.
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Mer 2 Sep - 23:00

J'ai réécouté trois oeuvres de Christoph Delz; Istanbul, pour piano solo, soprano, basse, choeur et orchestre - Opus 14, puis Solde, Lecture d'après Lautréamont, pour solistes, choeur et percussions - Opus 12 et enfin "Zwei Nocturnes" pour piano et orchestre Opus 11 qui explore la forme sérielle avec beaucoup d'inventivité. Je sais que certains trouverons ces musiques "anti-musicales" ou dépassant les limites de l'écoutable...Hehe...Pourtant, plus je me familiarise avec l'univers tumultueux et très "sonore" de Delz, plus je trouve sa musique fascinante. Déjà, j'aime énormément le rapport de force qui s'installe entre les percussions et les voix dans Solde, Lecture d'après Lautréamont, mais s'agit-il réellement d'un rapport de force? Quelque chose de profondément primitif et de moderne à la fois en ressort dans un grand déploiement d'énergie et d'effets, voix parlées et chantées s'entremêlant avec brio sous l'effet stimulant d'un jeu intense des percussions: j'y ressens en réalité une grande théâtralité. Les Nocturnes pour piano et orchestre arrivent à briser la rigidité sérielle qui s'impose au départ. Les aboutissants y sont souvent inattendus, tendant même vers la tonalité. Istanbul, c'est toute une architecture sans colonne vertébrale, aux charpentes sinueuses et brisées par de nombreux et brusques changements de ton, des passages plus classiques et référentiels s'installant parmi des formes plus chaotiques et allambiquées, un développement faussement anarchique des sons. Le piano m'est en particulier très intéressant parce qu'insaisissable, en chemin accidenté, parfois perceptible et palpable, parfois érodé et fragile.
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MessageSujet: Re: Christoph DELZ (1950-1993)   Jeu 3 Sep - 13:47

Icare a écrit:
Entre temps, j'ai découvert Joyce-Fantasie opus 13a, pour soprano, choeur de chambre, deux pianos et harmonium, et si l'oeuvre utilise aussi le chanté/parlé et se rapproche un peu de "Solde, Lecture d'après Lautréamont", l'alchimie a pourtant moins fonctionné - j'ai beaucoup moins aimé - j'ai surtout apprécié les passages plus tonals avec soprano et harmonium.

Joyce-Fantasie - Opus 13a me fait toujours penser à une espèce de théâtre-opéra où le texte est important. Rien que dans une écoute audio, seule possibilité pour moi, je sens une mise-en-scène et ce sont biensûr les passages les plus théâtraux, c'est-à-dire les moins musicaux et les plus liés aux dialogues, dits de surcroît en allemand, qui me tiennent fatalement à l'écart. Cependant, je dois être un mélomane tenace car, à aucun moment, je n'ai eu envie d'abandonner l'écoute. Il faut dire que les passages plus musicaux avec soprano, piano et harmonium, celui-ci étant joué par Christoph Delz en personne, me plaisent beaucoup. En fait, ce que je viens d'écrire est assez vrai pour plusieurs des oeuvres parmi celles que j'apprécie de ce compositeur. C'est notamment vrai pour Jahreszeinten für Klavier und Kleines Orchester - Opus 12 qui se divise en quatre mouvements: des moments de fulgurance et de fantaisie au sein d'une forme sérielle jamais rigide et à laquelle viennent se greffer les bribes d'une musique tonale téméraire...si j'ose dire...

Il y a trois oeuvres qui m'avait déplu lors d'écoutes précédentes et sur lesquelles je ne pense pas revenir; Kölner Messe für Tonband, gemischten chor und knabenchor - Opus 4, une oeuvre électro-acousto-statique chiante, un Quatuor à cordes op.7 que j'avais trouvé extrêmement austère et hermétique, et trois pièces pour piano (ou synthétiseur) réunies sous le titre Istanbul. 3 Auszüge für Klavier qui m'avaient laissé perplexe la dernière fois. J'y reviendrai peut-être un de ces jours.
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