Forum sur la musique classique
 
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  PIANO & CORDES...

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Icare
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MessageSujet: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-25, 22:09

L'association du piano et des cordes est quelque chose qui m'a toujours séduit et c'est sans doute pour cette raison que j'adore les Quatuors n°1 & 3 pour piano et cordes de Brahms. Sauf qu'aujourd'hui c'est "in my beginning is my end", un quatuor pour piano et cordes du compositeur américain Ingram Marshall qui m'a complètement envoûté, et je suis sûr que cette oeuvre d'un romantisme expressif pourrait plaire à Olivier et Joachim.   PIANO & CORDES... 185465   PIANO & CORDES... 185465 Il est ample et généreux dans ses formes, une pièce inspirée pour ne pas dire habitée qui développe de (trop°) brefs passages de toute beauté qu'une oreille attentive ne manquera pas d'appréhender.

Piano Quartet n°1 - Robert Schumann:

https://www.youtube.com/watch?v=sM9iSRm97Ws



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Jean

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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-25, 23:04

à moi aussi alors probablement Wink

j'aime aussi beaucoup cette formation ..Brahms, Dvorak, Schumann, pour les plus célèbres

mais ton américain , ce ne serait pas plutôt Ingram Marshall?...je ne trouve que lui mais pas les quatuors dont tu parles Embarassed
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Icare
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-26, 15:49

Jean a écrit:
à moi aussi alors probablement Wink

j'aime aussi beaucoup cette formation ..Brahms, Dvorak, Schumann, pour les plus célèbres

mais ton américain , ce ne serait pas plutôt Ingram Marshall?...je ne trouve que lui mais pas les quatuors dont tu parles Embarassed

Oui, Jean, il s'agit bien d'Ingram et non Ingham. J'ai écrit trop vite et je viens d'éditer. Merci Claudeyaacov pour ceux que tu as cités et les précisions qui vont avec. Car si j'ai ouvert ce topic, comme pour celui sur les quatuors à cordes, c'est pour que les intervenants parlent justement des oeuvres de cette formation qu'ils adorent. Comme ça, lorsque je me déciderai d'acheter des quintettes ou quartettes avec piano, ce topic pourra orienter mes choix, notamment si certains titres sont cités plusieurs fois. D'autre part, j'adore Weinberg et possède déjà beaucoup d'oeuvres de ce compositeur, mais pas encore ce Quintette op.18. Very Happy
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Jean

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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-26, 17:37

j'ai aussi les deux cd que citent Claude...je les aime beaucoup aussi!

également ceux ci...romantiques!

pour les quatuors

 PIANO & CORDES... 0761203707621

et pour les quintettes:

 PIANO & CORDES... 51WfLgOCI6L._SS500_
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Icare
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-26, 23:19

Merci Jean pour la présentation de ces deux cd. Je prends note!

 Sinon, j'ai réécouté pour l'occasion trois oeuvres pour piano & cordes:


___Frank Bridge: Phantasy pour piano et trio à cordes - 191O.

<<Frank Bridge  a écrit sa "Phantasy" en fa dièse en 1910, à l'occasion d'un concours de composition organisé par William Cobbett autour de ce thème de la "Phantasy". L'objectif était de faire revivre une forme ancienne - "Fancy" - de l'époque élisabéthaine dans des compositions nouvelles. Il fallait une oeuvre en une partie, relativement brève, de préférence en forme de palindrome. Dans la composition de Bridge, les parties principales (des andantes) entourent un allegro central, dont la partie du milieu, un passage détendu, renvoie au début de l'oeuvre.>>

C'est une oeuvre plaisante, agréable, mais ce n'est pas celle que j'emmènerais sur une île déserte. Quand même pas incontournable.


__Frédéric Devreese: Variations and Theme pour piano et trio à cordes - 2002.

<< "Variations and Thème" a été écrit pour le quatuor avec piano Marcato et s'inspire de la musique composée par Frédéric Devreese pour le film d'Yves Hanchar "La Partie d'échecs". a travers ce film, une technique de variations est appliquée aux deux thèmes accompagnant le personnage principal et son destin: d'abord les deux thèmes se présentent séparément; ensuite, ils s'imbriquent de manière contrapuntique, pour se joindre lors du générique final. Ainsi le film se termine par un véritable apogée musical. Contrairement à la tradition, cette oeuvre commence par les variations. Il y en a cinq, chacune à caractère répétitif. Les thèmes sont cachés dans les éléments rythmiques et ils ne se développent que de manière progressive et fragmentaire. A la fin de l'oeuvre, le finale - le thème lui-même - s'ouvre sur un doux choral. Ce n'est qu'à ce moment-là que toutes les pièces du puzzle s'organisent dans un tout cohérent et que les deux thèmes sont révélés dans leur ensemble.>>

J'aime bien la construction originale de cette oeuvre démarrant par les variations sur les deux thèmes qui, eux, se révèlent dans la phase conclusive de celle-ci, comme c'est si bien expliqué ci-dessus sous la plume de Dirk Gabriels. Les deux thèmes sont d'ailleurs assez beaux et accrocheurs, et la progression tient en haleine de la première note à la dernière. On a vraiment envie de savoir sur quoi l'oeuvre aboutit. Toutefois, je préfère la musique du film.

__ William Walton: Quartet for violin, viola, cello and piano - 1918.

<<Ce quatuor avec piano est une composition remarquable pour un garçon de seize ans. La première partie - une forme de sonate - respire encore fortement l'atmosphère elgarienne du romantisme tardif. Dans la seconde partie, en revanche, Walton a développé un style expressif et rythmique que l'on retrouvera dans sa première symphonie, ses ouvertures et sa musique de film. La troisième partie s'ouvre sur un thème partagé par le piano et les cordes, pour lequel le "Martin pêcheur" des "Histoires naturelles" de Ravel a servi de source d'inspiration. Par la suite, une ligne mélodique jouée par le violon, fait penser à Vaughan Williams. Le finale est un rondo de sonate dans lequel Walton déploie, comme dans beaucoup de ses compositions, une fugue rythmique. Le point culminant de cette quatrième partie est le moment où le piano fait entendre le renversement des premières mesures de la première partie. Il est clair que ces quelques mesures contiennent en germe le reste de ce quatuor avec piano.>>

Si les deux premiers mouvements ne m'ont pas particulièrement impressionné ni même saisi, l'"andante tranquillo" est une petite merveille du genre aux sonorités parfois finement ciselées, notamment dans les cordes. Le dernier mouvement démarre sur des chapeaux de roues, un rythme d'enfer, une cadence qui me plait beaucoup. Il y a déjà une vraie recherche dans les rythmes de la part de ce jeune musicien! Pas mal du tout. Very Happy


Dernière édition par Icare le 2021-02-02, 13:23, édité 2 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-27, 11:43

Bon, il est temps que j'arrive Laughing

Quintette "la truite" de Schubert, probablement celui que je mets en tête des quintettes avec piano.

Quintettes de Brahms, Schumann, Dvorak, Franck, déjà cités par Jean

N'oublions pas non plus les quintettes avec piano de Boccherini (op 56 et 57), les deux de Onslow (op 70 et 76)

Un pas mal, mais inconnu : quintette en la majeur de Carl Reinecke (op 83)
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Pianoline
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-30, 13:26

Et bien tant de choses à écouter ! Very Happy Je vais écouter bientôt, et je vous dirai mes préférés, :)
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-30, 13:48

Je suis en train d'écouter les deux quintettes de Ernest Bloch, c'est vraiment génial ! J'adore, je télécharge, :) Une vraie merveille, j'aime beaucoup Very Happy
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-30, 22:17

Et bien moi, je tiens à m'arrêter un moment sur le Quintette pour piano et quatuor à cordes de Edison Denisov. Je l'aime beaucoup ce quintette, déjà pour son intensité, le caractère mélodique et tourmenté des premier et troisième mouvements. Le quatuor à cordes est saisissant par son discours intérieur et finalement chaleureux. Le jeu du piano y est particulièrement atypique dans la mesure où il s'exprime à hauteur égale avec les autres instruments. Le scherzo central est atonal et pointilliste, presque rigide s"il n'était pas aussi court. Le troisième mouvement emmène les cordes et le piano dans une tonalité exquise, vers le mystère et surtout la lumière qui d'ailleurs symbolise toute l'oeuvre du compositeur.   PIANO & CORDES... 333455   PIANO & CORDES... 333455   Un parfait contre-exemple avec la musique de chambre de Mikis Theodorakis qui se distingue par des thèmes mélodiques accrocheurs qui résonnent dans la tête longtemps après l'écoute. Avec le compositeur russe, c'est davantage un discours cérébral et tourmenté, une subtile et audacieuse interaction entre les cordes et le piano qui lui confère une aura particulière. Ce qui me reste en mémoire bien après l'écoute, ce n'est ni un motif récurrent de cinq notes ni une délicieuse mélodie mais une forte impression, plus picturale et finalement plus abstraite aussi.


Dernière édition par Icare le 2021-01-31, 07:39, édité 1 fois
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joachim
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-11-30, 23:29

hum...Denisov  PIANO & CORDES... 10321 du moins pour ce que j'ai écouté de lui. Mais je ne connais pas son quintette...
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-12-01, 08:30

Comment ça  PIANO & CORDES... 10321 Non mais des fois!  PIANO & CORDES... 231625 Son REQUIEM et son oeuvre intitulée SINFONIE font partie de ce que j'ai entendu de plus beau dans le genre contemporain. Mais toi tu aimerais sans doute sa musique de film ou quelques compositions très tonales comme ses VARIATIONS SUR UN THEME DE SCHUBERT pour violoncelle et piano, basées sur les célèbres premières mesures de l'IMPROMPTU en La bémol. De DENISOV, je me suis récemment procuré son QUINTETTE POUR CLARINETTE, son CONCERTO POUR CLARINETTE ET ORCHESTRE, une suite intitulée COLIN ET CHLOE tirée de son opéra L'ECUME DES JOURS, DEATH IS A LONG SLEEP, qui est une série de variations sur un thème de HAYDN pour violoncelle et orchestre et son CONCERTO POUR VIOLONCELLE ET ORCHESTRE. Comme ce sont des oeuvres que je vais sans doute écouter aujourd'hui, je vais faire part de mes impressions sur le fil approprié. DENISOV fait partie de mes compositeurs préférés. Very Happy
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Olivier

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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-12-03, 17:28

Le quintette pour piano et quatuor à cordes est un genre de musique de chambre assez fréquent et dont j'aime bien l'équilibre qui résulte de l'association du piano et du quatuor à cordes.

Ces oeuvres sont en 3 ou plus souvent en 4 mouvements pour les oeuvres développées.

Effectivement les quintettes pour piano et cordes les plus connus sont ceux de Brahms, Schumann, Dvorak . La Truite de Schubert intégre, dans une formation modifiée, une contrebasse qui contribue àretranscrire une atmosphère particulière assez bucolique.

Il y a egalement beaucoup d'autres oeuvres très souvent intéressantes :
- Parmi les Russes : arensky, Borodine, Mednter, tanayev et également Chostakovitch
- Parmi les Francais : Franck, Cras, Fauré, Gouvy, Onslow, Vierne, Schmitt, saint Saens
- et encore Berwald, Furtwangler, Hummel, Sphor, Thuille

En revanche, il me semble qui ni Beethoven, Mendelsohn et Mozart n'ai pas composé pour cette formation.
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joachim
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-12-03, 18:19

Mozart et Beethoven ont chacun composé un Quintette pour piano et vents. Pour sa part, Beethoven a transcrit son quintette en Quatuor pour piano et cordes (également objet de ce topic).

Tu cites celui de Furtwaengler : ce quintette pour piano et cordes, en ut majeur, est le plus long que je connaisse : pas moins de 80 minutes !
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Olivier

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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-12-03, 18:27

joachim a écrit:
Mozart et Beethoven ont chacun composé un Quintette pour piano et vents. !
Ce sont effectivement deux oeuvres magnifiques ou les intruments à vent dialoguent avec délice avec le piano. J'ai un bel enregistrement de ces deux oeuvres avec Radu Lupu au piano

joachim a écrit:
Tu cites celui de Furtwaengler : ce quintette pour piano et cordes, en ut majeur, est le plus long que je connaisse : pas moins de 80 minutes !
 PIANO & CORDES... 13150  PIANO & CORDES... 13150  PIANO & CORDES... 13150 pour Furtwangler et son immense quintette avec piano.

J'aimerai aussi cité celui de Florent Schmitt qui est en trois mouvements est d'une durée de 55 minutes. Il mérite d'être découvert.
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joachim
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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-12-03, 18:37

En effet, le quintette de Florent Schmitt est magnifique, et personnellement je le place à égalité avec celui de César Franck, c'est dire !


Ceux de Fauré valent l'écoute eux aussi, et peut-être plus encore ses deux quatuors, surtout l'opus 15 que j'aime beaucoup.
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Jean

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MessageSujet: Re: PIANO & CORDES...    PIANO & CORDES... Empty2011-12-04, 00:55

...et comme le topic propose "quartettes" et "quintettes", n'oublions pas les deux quartettes ou quatuors pour cordes et piano de Mozart!!...pour moi du très grand Mozart Wink
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MessageSujet: Bacewicz    PIANO & CORDES... Empty2021-01-30, 23:13

...et toutes formations pour piano et cordes...

A l'occasion de mon nouveau cycle "Piano & Cordes", j'ai réécouté les Quintettes pour piano et quatuor à cordes n°1 & 2 de la compositrice polonaise Grazyna Bacewicz, par Krystian Zimerman au piano, Kaja Danczowska au premier violon, Agata Szymczewska au deuxième violon, Ryszard Groblewski à l'alto et Rafal Kwiatkowski au violoncelle. Il était normal que j'y revienne car je savais que je n'en maîtrisais pas encore entièrement l'écoute. Ce qui me frappe d'emblée c'est la vigueur qui caractérise ces deux oeuvres. C'est un ton qui est donné d'emblée, une dextérité qui fait que je suis aussitôt saisi par cette musique. La pensée musicale du premier Quintette me paraît plus nette que celle du second qui, au contraire, me semble plus complexe et énigmatique. Néanmoins, une préférence pour le second Quintette se précise de plus en plus, surtout à partir du deuxième et troisième mouvements - le Quintette n°1 en a 4 -. J'adore les rapports ambigus et particulièrement brutaux qui s'installent entre le piano et le quatuor à cordes. Si le Quintette n°1, plus souple dans sa modernité, peut évoquer sous certains aspects Prokofiev, le Quintette n°2 me semble rebondir sur des références plus contemporaines et radicales. Il naquit de l'imagination de Grazyna Bacewicz en 1965 et détermine un tournant esthétique dans son oeuvre. Son auteure confia à l'époque qu'elle souhaitait désormais s'orienter vers l'avant-garde et chercher son inspiration dans le dodécaphonisme, l'aléatoire et les timbres complexes.

Effectivement, le deuxième Quintette m'apparait comme le fruit de cette démarche esthétique et progressiste, sans négliger cependant l'élément lyrique qui la cimente et l'humanise. J'avais écrit lors des précédentes écoutes, que ces oeuvres suscitaient chez moi une sorte d'"admiration distante", mais tout en ayant conscience que cette appréciation serait provisoire: j'avais pressenti que cette musique, au fil de l'approfondissement, finirait par m'être viscérale, sachant que dès le départ, le caractère brutal du quintette m'avait quand même tétanisé. Le piano percutant et les cordes d'une intensité extrême ne pouvaient que m'ébranler de l'intérieur, me faire chavirer dans les méandres d'une formation instrumentale de prédilection qui tranche dans le vif. Je ne négligerai cependant pas le Quintette n°1. Beaucoup de passion et de raffinement l'illuminent aussi. Il vit le jour en 1952, c'est-à-dire treize ans avant le second. Une pensée musicale qui m'est certes plus limpide, un lyrisme qui m'est certes plus palpable, mais un ensemble qui m'est malgré tout moins viscéral, même si je l'apprécie sur toute sa longueur. Dans la seconde partie de l'oeuvre, il y a un "Presto" écrit dans le style d'un oberek°°, une danse populaire polonaise vive pour laquelle Bacewicz vouait un réel intérêt. D'ailleurs, elle animera aussi le Finale de la seconde Sonate pour piano que je n'ai pas réécoutée cette fois-ci.

°°L' oberek , également appelé obertas ou ober, est une danse polonaise animée . Le nom "Oberek" est dérivé de "obracać się" qui en polonais signifie "tourner". Il se compose de nombreux remontées mécaniques et sauts. Il est exécuté à un rythme beaucoup plus rapide que la valse polonaise et est l'une des danses nationales de Pologne. C'est la deuxième danse la plus populaire de la musique polono-américaine , après la polka. Wikipédia.

César Franck: Quintette pour piano, deux violons, alto et violoncelle (1er mvt):

https://www.youtube.com/watch?v=vS-JTW7IpfU


Dernière édition par Icare le 2021-01-31, 10:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Pfitzner    PIANO & CORDES... Empty2021-01-31, 10:07

Deux Trios pour piano, violon et violoncelle de Hans Pfitzner:

Par le "Robert Schumann Trio"
__Kees Hülsmann: violon,
__Marien van Staalen: violoncelle,
__Jozef De Beenhouwer: piano

C'est ma première entrée dans la musique du compositeur allemand Hanz Pfitzner et ce fut par le Trio pour piano, violon et violoncelle, Op.8 en fa majeur (1896) qui se compose de quatre mouvements et le Trio pour piano, violon et violoncelle en si bémol majeur (1886) qui, lui, se compose de trois mouvements. J'avoue que si quelqu'un n'avait pas pensé à moi en cette fin d'année 2020, je ne serais peut-être pas allé machinalement vers ce compositeur ou aurais mis davantage de temps avant de franchir le pas. Soit dit entre parenthèse que j'aimerais beaucoup découvrir son opéra Palestrina qui serait son oeuvre la plus connue. Ce n'est pas pour cette raison que je souhaite le connaître mais parce qu'il est question du grand maître de musique religieuse que fut Palestrina, celui qui a su me rendre captivant les choeurs a cappella sur une longue durée, ce qui n'était pas gagné d'avance. Very Happy Mais bon, petite parenthèse refermée, je reviens aux trios. Mon bienfaiteur a eu l'heureuse idée de me faire découvrir Hans Pfitzner par le biais de sa musique de chambre, et de surcroît par celle qui associe le piano aux cordes. Je parle d'une "heureuse idée", car les compositeurs dits "Romantiques" ou même "Romantiques tardifs" - je ne sais pas comment classer Pfitzner dans l'absolu - je préfère les découvrir par leur musique de chambre que par leurs symphonies ou du moins leurs oeuvres pour orchestre - Pfitzner ne semble pas avoir composé de symphonies.

Je trouve que le romantisme qui se développe avec beaucoup d'aisance dans le second mouvement de l'Opus 8 - sur presque quatorze minutes - est vraiment exquis, qu'il ressort à mon oreille dans une forme d'expression idéale - je dis bien "idéale" - par le piano et les deux instruments à cordes. J'ai adoré cette expression à la fois intime et passionnée du romantisme. Oui, là, mon ressenti n'est ni tiède ni en demi-teinte: pas de demi-mesure dans l'émotion que j'ai ressentie à ce moment précis de l'écoute, la musique a frappé dans le mille! De plus, rien ne se désagrège par la suite: le troisième mouvement m'a également captivé même s'il s'agit d'une émotion très différente...peut-être plus ludique... Il y a quelques élans de modernité dans cette oeuvre et ce mouvement en particulier, je pense au jeu du piano par-dessus une cascade des cordes, certes l'effet est court mais saisissant. Le quatrième mouvement ne manque pas d'éclat ni d'intérêt non plus. En fait, je pense aimer cet Opus 8 sur toute sa durée. Après l'oratorio Joshua de Franz Waxman et certaines oeuvres du compositeur australien Nigel Westlake, voici donc pour moi un nouveau véritable coup de coeur! Le Trio en si bémol majeur n'affadit cependant pas l'ambiance car les deux premiers mouvements sont vraiment très beaux. Il est de dix ans plus ancien que l'Opus 8, mais l'expression romantique y est déjà exprimée de très belle façon, puis, comme je l'ai déjà écrit, je suis particulièrement sensible au romantisme lorsque celui-ci s'exprime par le biais du piano et des cordes, avec passion et selon une thématique accrocheuse, comme c'est le cas ici. Seul le troisième mouvement du Trio de 1886 me laisse un peu indifférent... Je verrai lors des prochaines approches et j'en reparlerai cette fois sur le fil du compositeur. Je vais aussi, dans un avenir très proche, voir si la musique de chambre - également piano-cordes - de Carl Reinecke me procurera le même enthousiasme. Wink

https://www.youtube.com/watch?v=VNN5KwH_yn4
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MessageSujet: Dubugnon    PIANO & CORDES... Empty2021-01-31, 19:20

Cet après-midi, j'ai réécouté avec beaucoup d'intérêt le Quartet pour piano et trio à cordes (1998) de Richard Dubugnon. C'est l'oeuvre par laquelle j'avais découvert ce compositeur, mais c'est surtout une oeuvre qui est entrée très vite dans mon panthéon personnel des quatuors avec piano du vingtième siècle. J'adore la dynamique qui s'instaure d'emblée entre le piano et les cordes. Il y a une dextérité et une précision dans le jeu, qui est aussi bien sûr le fait de brillants interprètes, qui m'électrise dès les premières mesures. Certes, il y a des moments plus calmes, plus méditatifs, plus suspendus, mais persiste une tension qui m'annonce une explosion du récit l'instant suivant. Le piano qui claque, les cordes qui tranchent, exquises lorsqu'elles se transforment en pizzicati et offrent avec le piano des scènes trépidantes. Je deviens alors aussi électrique que le compteur de la grand-mère de Dubugnon. Hehe

__Viv McLean: piano,
__Illka Lehtonen: violon,
__Julia Knight: alto,
__Matthew Sharp: violoncelle.

<<Le "Quatuor avec piano", une oeuvre substantielle, est un hommage à Gabriel Fauré. Il fut commandé par Chris Tinker pour la Whitgift School, envers qui je suis particulièrement reconnaissant. Le premier mouvement est une forme sonate élaborée, commençant par une introduction qui conduit peu à peu au premier thème "Allegro risoluto" inspiré du Quatuor avec piano en do mineur de Fauré. Après un long développement apparaît le second thème à 12/8 au piano seul. Un second développement conduit à la réexposition, qui culmine plus loin avec le second thème. Le mouvement se termine doucement avec des réminiscences de l'introduction. Le second mouvement en combine deux à lui seul: un "Presto" fougueux (comme je les aime -  Very Happy ) avec un adagio plaintif qui alternent plusieurs fois. Le rythme du début a été inspiré par le bruit effrayant d'un compteur électrique que j'entendais le matin dans la maison de ma grand-mère lorsque j'étais enfant.>> Richard Dubugnon.

Gabriel Fauré: quatuor pour piano et cordes en do mineur no1

https://www.youtube.com/watch?v=dosKD3R9M-4
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MessageSujet: Sgambati/Shostakovich    PIANO & CORDES... Empty2021-02-01, 10:50

Entre hier-soir et ce matin, j'ai réécouté deux Oeuvres qui me tiennent réellement à coeur et qui, à chaque nouvelle écoute, me procurent toujours ces mêmes émotions fortes, si belles...le genre de musique qui me rend heureux. Il y eut tout d'abord le Quintette n°1 pour piano et quatuor à cordes en fa mineur, op.4 de Giovanni Sgambati par Roberto Plano et le "Quartetto Noferini" - j'écouterai le N°2 tout-à-l'heure, dans la même interprétation - et, ce matin, le Quintette pour piano et quatuor à cordes en Sol mineur opus 57 de Dmitry Shostakovich par Yakov Kasman et le "Talich Quartet". Voilà d'ailleurs ce que j'avais précédemment écrit à son propos:

<<Le Quintette pour piano et quatuor à cordes en Sol mineur opus 57 est vraiment une oeuvre qui me captive dans son entièreté (...). Il est vrai aussi que cette formation piano/cordes est l'une de mes addictions en matière de musique de chambre. Je suis, par exemple, comme un poisson dans l'eau avec les Quintettes pour piano et quatuor à cordes de Giovanni Sgambati qui correspondent, eux aussi, à une découverte plus ou moins récente. Je le fus tout autant avec les Quatuors pour piano et trio à cordes n°1 & 3 de Brahms ainsi qu'avec d'autres oeuvres de cet effectif ou d'un effectif voisin. Le Quintette de Shostakovich occupe désormais une place de choix dans cette petite collection chambriste dont il me faudrait projeter un cycle à sa mesure.>>

https://www.youtube.com/watch?v=5YXwE6VTT6g
Une autre interprétation.

C'est un peu ce qui se produit avec ce cycle bien qu'il ne se limite pas au Quintette, s'élargissant au minimum du trio - piano/2 cordes - jusqu'aux pièces pour un ou deux pianos et orchestre à cordes. le Quintette avec piano de Shostakovich me captive de la première à la dernière note, ni plus ni moins. Il a en lui des qualités expressives et un récit musical aussi limpide que puissant qui m'envoûtent. Lorsque je parle de "puissance", il ne faut surtout pas prendre le mot au pied de la lettre ni au premier degré. Je veux parler d'une puissance émotionnelle plutôt que d'une bourrasque sonore qui dévore tout sur son passage. Beaucoup de tendresse, de délicatesse et même de la "beauté tranquille" dans le quintette de Shostakovich. En fait, J'ai autant aimé les mouvements lents que les mouvements rapides, cinq au total. Dans l'Adagio et les 2 Lentos ce sont surtout les cordes qui me touchent alors que le piano me fascine plus particulièrement dans le Scherzo (Allegretto). Ce mouvement-là est vraiment excellent. Il y a un jeu entre le piano et les cordes qui me fascine, seulement, ce n'est jamais facile de décrire avec des mots des émotions aussi subtiles. Et ne négligeons pas le premier mouvement qui est également très beau.

Le Quintette n°1 pour piano et quatuor à cordes - Opus 4 de Giovanni Sgambati ne me captive peut-être pas autant dans son entièreté que l'Opus 57 de Shostakovich, mais honnêtement on n'en est vraiment pas loin. Jusqu'ici, je l'ai toujours préféré au second Quintette de Sgambati. Les deux mouvements centraux, "Vivacissimo" et "Andante Sostenuto" sont mes moments préférés du premier Quintette, porteurs de thèmes profondément romantiques, avec ce superbe emploi du violoncelle - onctueux et lancinant, ce sont les deux premiers adjectifs qui me viennent à l'esprit - dans le second mouvement, alors que je me laisse étreindre par une grande mélancolie dans l'Andante. Le quatrième mouvement, un  "Allegro moderato", est également formidable lorsqu'il monte en puissance, piano éclatant de Roberto Plano et cordes saisissantes d'intensité par le "Quartetto Noferini". Ce premier Quintette est une grande réussite selon moi, de ceux que je situerais dans un top 10 sans hésiter!
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MessageSujet: Duhamel    PIANO & CORDES... Empty2021-02-01, 17:12

Giovanni Sgambati - Quintette avec piano n ° 2 en si bémol majeur, op.5 (vers 1875)

https://www.youtube.com/watch?v=M47RZiMytZo


J'aime beaucoup l'introduction avec ces trémolos de piano et le caractère solennel des cordes par-dessus dans le second Quintette avec piano de Giovanni Sgambati. Ca dure à peine une minute et c'est exquis. Ensuite, le premier mouvement du Quintette évolue dans une forme classique et limpide, ample et romantique. Le jeu du piano y est lumineux et les cordes accueillantes. Je m'y vautre avec aisance et non sans une certaine délectation. Je continue cependant de nourrir une préférence pour le premier Quintette que j'avais réécouté pas plus tard qu'hier-soir et comme je commence à très bien connaître ces deux oeuvres, et mieux encore mes goûts, il y a peu de chance qu'il y ait un rebondissement inattendu de ce côté-là. Il est cependant passionné et rigoureux d'un bout à l'autre, l'intensité ne le quittant à aucun moment, même dans ses passages les plus lents. Ce qui accroche finalement le mieux mes oreilles c'est le jeu souvent lumineux du pianiste Roberto Plano - dire qu'il suffirait d'une lettre pour qu'il porte bien son nom. En dehors de l'introduction du premier mouvement qui me procure à chaque écoute un effet singulier, il y a quand même deux autres moments du second Quintette qui m'ont un peu plus interpelé que le reste: je pense qu'ils se situent dans le deuxième - "Barcarola (Allegretto molto)", il faut dire que les premières minutes de la Barcarole me charment d'emblée, ça doit être ce moment-là en particulier, - et dans le troisième - "Andante". Dans le second mouvement, c'est encore une fois le piano qui évolue dans un esprit de grande séduction au service d'un thème à la fois léger et élégant qui revient de manière récurrente. L'"LAndante" évolue sur un ton très posé et retenu. Ici, c'est le jeu répété et minimaliste du violoncelle qui retient mon attention, du moins au début. Après, c'est un thème mélodique magnifique et profond qui prend forme par les cordes alors que le piano devient lui-même plus discret et minimaliste: le passage est saisissant et l'émotion vive. Une belle fougue s'empare du quatrième mouvement, un "Allegro vivace" réellement vivace.

La deuxième oeuvre que j'ai réécoutée cet après-midi est très différente du Quintette n°2 - Opus 5 de Sgambati, différente sous tous rapports. Il s'agit d'abord d'un trio pour contrebasse, violon et piano, qui a été imaginé et conçu vers 1990 par un compositeur français de la seconde moitié du vingtième siècle, Antoine Duhamel. Il est certes davantage connu pour ses musiques de films, notamment avec François Truffaut, Jean-Luc Godard, mais aussi bien d'autres... Il a également composé un grand nombre d'oeuvres "classiques" qui, pour la plupart, n'ont jamais bénéficié d'une édition discographique: il y a tellement à faire... Heureusement, son Trio a eu la chance d'avoir une existence CD en complément d'une pièce de Maurice Ravel et d'une autre d'Ernest Chausson, également transcrites par Duhamel pour le "Trio Sonata Concert", commanditaire de son fameux Contrebasse oblige" que je viens donc de réécouter avec beaucoup de plaisir. Le plaisir, ce fut prioritairement la relation qui s'établit entre la contrebasse et le piano tout au long de l'oeuvre, dans un complexe harmonique assez tarabiscoté et finalement très "duhamelien" si je puis dire. Revenir à la musique d'Antoine Duhamel, signifie toujours pour moi retrouver un style hautement reconnaissable que j'affectionne, exactement comme avec son collègue, compatriote et ami Pierre Jansen.

__Françoise Perrin: violon,
__Pierre Feyler: contrebasse,
__Thierry Ravassard: piano.

<<J'ai pensé d'emblée qu'il fallait donner un rôle prépondérant à l'instrument qui est l'intrus dans ce trio nouveau: la contrebasse, prioritaire (Contrebasse oblige), dialoguerait avec violon et piano, à l'instar des sonates concertantes. Cette oeuvre (en trois mouvements) se joue sans interruption, cependant l'on reconnaîtra au début un allegro de forme très souple, et sa reprise, dans un ordre changé, encadrant un thème lent et mélodique, et ses variations. L'oeuvre se conclut par un ultime rappel de ce thème.>> Antoine Duhamel.
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MessageSujet: Schnittke    PIANO & CORDES... Empty2021-02-02, 08:14

Piano & Cordes selon Alfred Schnittke:

__BARBICAN PIANO TRIO__
-Gaby Lester: violon,
-Robert Max: violoncelle
-James Kirby: piano,
__Avec (pour le Quintet):
-Jan Peter Schmolck: violon,
-James Boyd: alto.

Une réécoute hier-soir de deux compositions d'Alfred Schnittke, le Trio (1992) et le Quintette (1972-76) m'ont permis de replonger dans univers musical qui correspond généralement à mes aspirations les plus vives. Lorsque j'avais organisé mon cycle "Piano & Cordes", c'est-à-dire réuni sur une feuille de classeur les oeuvres et les compositeurs retenus pour cette occasion, j'avais aussitôt pensé à ces deux pièces de musique de chambre d'Alfred Schnittke. Je m'autorise une petite parenthèse, à savoir que si mes idées de cycles sont écrites à l'avance, rien n'est jamais figé dans le marbre. En général, je m'y tiens mais il n'est pas si rare que j'effectue des changements ou des rajouts ou suppressions de dernière minute. Par exemple, je n'avais pas prévu de réécouter le Trio d'Antoine Duhamel que j'évoque un commentaire au-dessus: ce fut une décision prise dans la journée d'hier, me rappelant de la belle confrontation entre la contrebasse et le piano. Une chose est sûre, je ne risquais pas de supprimer les compositions de Schnittke car ce sont un peu elles qui constituent la raison de ce cycle avec les pièces de musique de chambre de Hanz Pfitzner et Carl Reinecke qui m'étaient jusqu'alors inédites. (celles de Reinecke le sont encore...) La relation entre le piano et les cordes m'a toujours impressionné chez Alfred Schnittke. Je pense que cet intérêt s'était d'abord manifesté par le biais de sa musique de film et dans des passages assez prégnants de certains de ses concertos. D'ailleurs, la valse diabolique qu'il composa sur Agony, film soviétique réalisé par Elem Klimov (1975) réapparait fragmentée dans le second mouvement, "In tempo di valse", du Quintette pour piano et quatuor à cordes. Le rôle entre le piano et les cordes m'intéresse beaucoup à ce moment précis de l'oeuvre. Mystérieux dans le "Moderato" d'ouverture, le jeu entre ces deux pôles sonores s'adoucira surtout grâce au "Moderato pastorale", quatrième et dernier mouvement, lorsque le piano et les cordes se laissent prendre dans les fibres d'une spirale mélodique et légèrement obsessionnelle. Dans cette relation entre les cordes et le piano, ce qui fut encore plus marquant à mon oreille se situe à trois reprises dans le Trio pour piano, violon et violoncelle, une sorte d'"éclatement lyrique" que je qualifierais d'halluciné et viscéral qui scinde l'oeuvre en trois phases. L'effet ressenti est assez étonnant et original. Le premier éclatement m'est imprévisible, le second guère plus et le troisième est juste espéré, une envie que le Trio s'achève sur cet "éclatement lyrique" après avoir plané sur le ton d'une élégie raffinée et presque soyeuse. Cette particularité démontre une fois de plus mon addiction pour les contrastes sonores saisissants.
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MessageSujet: Denisov/Rawsthorne    PIANO & CORDES... Empty2021-02-02, 11:26

D'Edison Denisov à Alan Rawsthorne:

En général, lorsque je pense à Alfred Schnittke, son collègue et compatriote russe, Edison Denisov n'est jamais loin. Ils sont quelque-peu associés dans mon esprit bien qu'ils aient composé une musique très différente. En réalité, ce sont deux compositeurs que j'ai découverts et approfondis approximativement dans la même période. Comme je viens de l'écrire, leurs styles respectifs ne se ressemblent pas particulièrement, chacun n'ayant pas eu forcément les mêmes aspirations ni connu les mêmes aboutissements esthétiques, le second ayant à mon sens adopté une approche certes plus cérébrale, détailliste et "posée" alors que j'ai toujours manifesté une préférence assez nette pour le premier parce que j'ai toujours trouvé dans sa musique une exubérance et un grain de folie qui m'ont toujours fasciné et me fascinent encore aujourd'hui. Le Quintette pour piano et quatuor à cordes composé par Edison Denisov en 1987 ne se démarque pas de ce style très "posé" et cérébral que j'évoquais ci-dessus. Il est évidemment très différent du Quintette de Schnittke que j'ai réécouté hier-soir, et c'est tant mieux car tout d'abord il m'apporte quelque-chose de complémentaire, puis je ne suis pas loin de l'aimer autant pour d'autres qualités: son caractère très intimiste et introverti, l'atmosphère mystérieuse qui en émane, dans une écriture très peaufinée qui flirte constamment avec l'atonalisme et, à un moment donné, s'y vautre ouvertement, mais sans réelle rudesse, sans cette rigidité que je rencontre parfois dans la musique de chambre sérielle ou seulement atonale d'autres auteurs. Ce qui me plait aussi dans ce Quintette, oeuvre qualifiée de lyrique et picturale par J-P. Armengaud, c'est le rôle intéressant et peu coutumier du piano en relation avec le quatuor à cordes: Armengaud l'explique trop bien pour que je me permette de le paraphraser, autant le citer: <<Le piano est traité de façon très originale, à l'égal des autres voix, et s'enlace dans les lignes des cordes par des motifs mélodiques quasi identiques à ceux des autres instruments, qui par un phénomène tantôt de fusion, tantôt de saturation sonore, créent un dégradé de couleurs dans lequel l'identité du timbre de chaque instrument a disparu.>> Je n'ai pas trouvé dans le fascicule du disque le nom des interprètes du quatuor à cordes ni le nom du dit Quatuor, seulement celui du pianiste Jean-Pierre Armengaud et du violoncelliste Alexander Rudin, si c'est bien lui qui a participé au Quintette de Denisov.

En rejoignant Alan Rawsthorne et son Quintette pour piano et quatuor à cordes, je changeai complètement d'univers et de style tout en restant dans la même formation instrumentale. Néanmoins, bien que l'oeuvre soit dynamique et plutôt extravertie, et à aucun moment ennuyeuse à mon oreille, j'ai une nette préférence pour le Quintette de Denisov. Je ne saurai trop dire pourquoi mais cette musique me traverse sans beaucoup me faire vibrer par chacun de ses quatre mouvements. Le Quintette correspond à la dernière décennie du compositeur anglais, mort, je le rappelle, le 24 juillet 1971. Il fut commandé par l'Université de Cardiff et créé par le pianiste John McCabe qui est aussi l'interprète de la version que j'ai réécoutée ce matin et que je connais davantage comme compositeur par le biais de sa très belle musique pour le ballet en deux actes Edward II (1995). Les autres interprètes du Quintette sont:
__Peter Adams  
__Nadia Myerscough
__Mark Messenger
__Helen Roberts

Vaughan Williams: Quintette pour piano et quatuor à cordes en ut mineur:

https://www.youtube.com/watch?v=3na3sPQXmHA
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MessageSujet: Reinecke    PIANO & CORDES... Empty2021-02-02, 19:34

Piano et Cordes selon Carl Reinecke:

___Par le "Linos-Ensemble"___
--Konstanze Eickhorst: piano
--Winfried Rademacher: violon
--Sidsel Garn Nielsen: violon
--Mathias Buchholz: alto
--Mario Blaumer: violoncelle

Il s'agira ici de ma première entrée dans l'univers musical de ce compositeur allemand du XIXème siècle que je connaissais tout juste de nom, Carl Reinecke. Comme pour Hans Pfitzner que j'aurai aussi découvert à l'occasion de ce cycle, grâce au geste généreux du même bienfaiteur, j'ai aimé l'idée de l'aborder par le biais de sa musique de chambre, et en l'occurrence:
__Quartette pour piano et trio à cordes, opus 34 en Mi Bémol majeur, en quatre mouvements,
__Quartette pour piano et trio à cordes, opus 272 en Do majeur, en quatre mouvements,
__Quintette pour piano et quatuor à cordes, opus 83 en La majeur, en quatre mouvements.
En général, je suis toujours très enthousiaste lorsque je découvre un nouveau compositeur, peu soucieux par ailleurs de sa "place" dans l'histoire de la musique et de ses contemporains, même si parfois cet enthousiasme peut s'effilocher au fil de l'écoute. Je ne serai plus mélomane si jamais cet enthousiasme de la découverte venait à disparaître. Comme j'ai suivi la chronologie du disque, ce qui n'est pas toujours mon habitude, j'ai donc commencé par l'Opus 34. L'entrée fut un peu tiède avec le premier mouvement. Par rapport aux Trios de Hans Pfitzner qui m'avaient saisi dès les premières mesures, là j'attendais un peu impatiemment le moment musical qui allait me faire vibrer. Ce premier mouvement m'apparut de la trempe de ces morceaux classiques certes rigoureusement construits mais un peu trop baratins à mon goût, une broderie classique qui s'exécute avec dextérité mais qui ne produit rien en moi, jusqu'ici des déconvenues qui m'arrivent de toute façon aussi chez Mozart et Beethoven, dans certains de leurs mouvements. Donc, je ne suis pas plus inquiet que cela, le début est tiède mais la température peut évoluer très vite. Effectivement! L'"Andante" qui suit s'articule autour d'un thème mélodique et dans une manière qui m'enchantent. C'est déjà un premier beau moment musical qui s'est déplié pendant plus de sept minutes: je sais déjà que j'y reviendrai rien que pour le plaisir de le réécouter. Les deux derniers mouvements ne me laissent pas indifférent non plus , même si j'en ressors moins séduit. Ils m'accrochent en tout cas mieux que l'"Allegro molto e con brio" qui démarre le Quartette.

https://www.youtube.com/watch?v=-e2Zz2QevB8


S'en suit le Quartette opus 272 en Do majeur. Bien qu'en quatre mouvements, il est plus court que l'Opus 34. Son premier mouvement, un "Allegro", est d'un genre enlevé et gracieux. Il ne me procure aucune émotion particulière, juste plaisant à suivre. Arrive alors un "Scherzo. Moderato", un second mouvement très concis de 2'20", porteur d'un thème simple que j'aime bien, sans plus, une miniature pour un petit plaisir éphémère. Le troisième mouvement est un "Adagio" dominé par les cordes plus que par le piano dans un premier temps, avant que celui-ci ne revienne plus à la surface d'une musique profondément douce et romantique. Un bien joli adagio. Le dernier mouvement achève de rendre ce Quartette de la dernière période créative de Reinecke élégant et plaisant à suivre, faute de mieux.

Une intuition - à moins qu'il s'agissait d'un espoir déguisé en intuition - me disait que le meilleur était pour la fin avec le Quintette opus 83 en La majeur. Cette oeuvre commence par un "Lento" grave et solennel avant de s'abandonner dans le jeu animé d'un "Allegro con brio". Ce mouvement me captive assez bien. Je le suis sans déplaisir. Intervient alors un "Andante con variazioni" d'un genre posé et digne. La musique est à partir de là très belle. Et même magnifique lorsque le violon solo s'y exprime amoureusement. A un moment donné, la musique subit une accélération, monte en intensité, avant de retrouver le ton plus tempéré de la partie introductive. J'aime beaucoup le jeu du piano dans le troisième mouvement, un "Intermezzo. Allegretto", deuxième très beau moment de ce Quintette, peut-être mon préféré finalement. Le quatrième mouvement commence de manière abrupte et s'en suit un enchaînement musical dynamique qui n'éveille rien en moi, ne m'inspire pas plus que ça. De cette première écoute, il en ressort une impression mitigée qui s'améliorera peut-être lors d'une prochaine. J'ai davantage été ému par les Trios de Hans Pfitzner. Toutefois, je retiens prioritairement de ces trois oeuvres de Carl Reinecke le superbe "Andante" du Quartette opus 34. Ce morceau-là je l'aime beaucoup et l'"Andante con variazioni" du Quintette opus 83 n'est pas loin de me faire le même effet et bien sûr ce très ludique "Intermezzo. Allegretto" du même quintette. Je suis quand même, au final, content de cette découverte et je sais que c'est un album qui reviendra dans mon lecteur, sans aucun doute moins souvent que le "Pfitzner" mais il reviendra!
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MessageSujet: Moross/Dessy/Lenot    PIANO & CORDES... Empty2021-02-03, 10:56

Piano & Cordes via trois contemporains:

La Sonate pour duo de pianos et quatuor à cordes de Jerome Moross, qui fut écrite dans le courant de l'année 1975, se caractérise par trois adjectifs: spontanée, énergique, accessible. Lyrique et avenante, elle communique selon moi un véritable plaisir de vivre, aussi bien par le biais de son premier mouvement que par le second et le troisième. Je perçois cette sonate comme une humble expression du bonheur. L'accessibilité, une exigence du compositeur qui l'exprime par cette phrase: <<"Je pense qu'un compositeur devrait écrire non seulement ce qu'il ressent, mais de telle manière que ce public ressente ses émotions. A bas l'obscurantisme!">> Tony Thomas explique: <<Le premier mouvement, un Allegro, utilise le schéma classique d'exposition (de deux thèmes), de développement, de récapitulation et de coda. Le second mouvement, Allegretto, est dérivé d'une idée musicale qui hantait Moross alors qu'il se débattait avec l'écriture de son opéra "Sorry, Wrong Number" - traduction française: "Désolé, mauvais numéro": un joli thème porté par un accompagnement doucement propulsif du  second piano et repris par le premier piano. Cette mélodie se retrouve dans le Vivace aux allures de Rondo, qui rappelle également les deux thèmes du premier mouvement.>> Il en résulte une charmante musique sur laquelle il n'est pas forcément désagréable de démarrer une journée, interprétée par:
__Nancy Weems: piano
__John Jensen: piano
__Kenneth Goldsmith: violon I
__Albert Muenzer: violon II
__Lawrence Wheeler: alto
__Terry King: violoncelle
du "Lyric Art Quartet, Houston".

https://www.youtube.com/watch?v=A7pBBYObRD0


<<Les larmes élégiaques du Fado, la délectation morose qu'il propose, ouvrent au bonheur d'être triste. "Ode au Fado" est l'écho d'un Fado imaginaire où un pianoforte d'un autre âge dévide sa pulsation lancinante dans le tissage des cordes.>> Jean-Paul Dessy.

Avec Ode au Fado pour 11 cordes et pianoforte de Jean-Paul Dessy j'ai radicalement changé d'univers musical. L'oeuvre est relativement concise, en un seul mouvement d'une durée qui n'atteint pas les douze minutes, très probablement mon oeuvre fétiche du compositeur belge. Elle est d'une intensité dramatique incroyable, tel un grand souffle épique et dissonant qui s'empare des cordes et du piano sans leur autoriser le moindre répit. Je suis à chaque nouvelle écoute fasciné par le climat viscéral et corrosif de cette musique. Le piano, rude et déterminé, presque glauque, se fait souvent complètement englober par les cordes qui jouent presque exclusivement sur une "tonalité" déchirante et surtout oppressante, mais le piano n'abandonne jamais la lutte, il est l'âme volontaire du Fado à lui seul, il est ses nerfs et ses tripes, imperturbable sous l'emprise d'onze cordes étouffantes et viscérales.
__Boyan Vodenitcharov: pianoforte
par l'"Ensemble Musiques Nouvelles"

La troisième oeuvre que j'ai réécoutée ce matin appartient au compositeur français Jacques Lenot, elle s'intitule Allegretto Giovale, pour piano, 2 violons, alto et violoncelle (2002). J'aborde alors un tout autre style, très différent de celui présenté par la Sonate de Jerome Moross et de celui très particulier et percutant de Jean-Paul Dessy. Il faut dire que le style de Jacques Lenot ne manque pas de singularité non plus. Son Allegretto giovale par Vahan Mardirossian et le "Quatuor Rosemonde" est un bel exemple d'une poétique musicale qui sait me séduire sans trop me caresser dans le sens du poil. Ce n'est pas comme l'approche de Jean-Paul Dessy qui est celle d'un compositeur qui m'offre la très agréable illusion d'écrire une musique exprès pour moi, tant elle correspond comme un idéal à ce que j'aime dans la musique contemporaine. Avec Jacques Lenot, c'est parfois aussi ça, mais jamais complètement. Il y a toujours dans sa musique une part de mystère et d'énigmatique que je dois apprivoiser, et, au bout du compte, plus j'entre dans les parties moins directes de son oeuvre, plus celle-ci me fascine. L'Allegretto giovale, c'est 12'13 de poésie, une pièce pour piano et quatuor à cordes d'un caractère obsessionnel et enivrant qui évolue toujours sur un ton intense, soigné et élégant. La musique de Lenot ne manque jamais d'un certain raffinement.
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