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  Bruno COULAIS, né en 1954

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Icare
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MessageSujet: Re: Bruno COULAIS, né en 1954   Ven 9 Mar - 11:46


Merci, Laudec. J'ai découvert l'existence de Bruno Coulais à la fin des années 80 et début des années 90 par le biais de différents téléfilms pour lesquels il composa de la musique. J'avais aussitôt ressenti un style singulier, une personnalité musicale fort attachante. Mais mon premier cd fut sa superbe composition pour Le fils du requin d'Agnès Merlet qui obtint par ailleurs le Prix de la critique internationale, Venise 93. Ce fut le point de départ d'un fidèle et intense intérêt pour son oeuvre et aussi pour l'homme qui, au travers d'interviews, s'est avéré tout autant singulier et intéressant que sa musique. Lorsque j'aime suffisamment un compositeur au point de le suivre et de m'intéresser à tout ce qu'il fait dans le domaine musical, le premier disque, la première oeuvre, devient fétiche: Il/elle bénéficie d'un attachement particulier, à part. C'est le cas avec Le Clan des Siciliens chez Ennio Morricone, de Ran chez Toru Takemitsu, du Concerto Grosso n°1 chez Alfred Schnittke, de la Petite symphonie concertante chez Frank Martin, Le clavier bien tempéré chez J. S. Bach, etc...L'oeuvre du point de départ d'une belle histoire d'amour entre un mélomane et la musique d'un compositeur! Le fils du requin est un point de départ, du moins sur le plan discographique. Le métrage d'Agnès Merlet ne filme pas des animaux marins, pas même des requins. Loin de là. Il filme des enfants et Bruno Coulais les fait chanter sur sa musique. Celle-ci invite principalement un quatuor à cordes qui se constitue de Christophe Guyot, Jean-Philippe Audin, Elisabeth Pallas, Françoise Neri, puis des voix blanches: Kevin Prade, Francis & Mathieu Besnard, Hugo Coulais, Michaël Motta, Angelo Delivorias, Charles Freville. S'y trouve toute la verve mélodique et poétique du compositeur...D'une beauté stoïque et imperturbable en contraste avec d'autres extraits plus dansants et incisifs au travers desquels Bruno Coulais joue merveilleusement bien des harmoniques...

https://www.youtube.com/watch?v=3MFMjKM01Ok
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Icare
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MessageSujet: Re: Bruno COULAIS, né en 1954   Ven 9 Mar - 12:04

Et comme je vais l'écouter tout-à-l'heure, voici quelques excellentes transcriptions pour piano de la partition pour orchestre La rivière espérance de Bruno Coulais:

https://www.youtube.com/watch?v=mgPXYs_zPvI


<<Dès le tournage de "La Rivière Espérance", sur le port de Souillac, reconstitué où Josée Dayan réglait avec maestria les scènes des nuits de la Saint-Jean, je fus frappé de voir à quel point tout cela m'évoquait à la fois l'univers de l'opéra et du Western. Plus tard, les images du film vinrent renforcer cette impression et c'est dans ce cadre que j'écrivis la partition de "La Rivière Espérance". Mes relations avec Josée Dayan furent privilégiées. Tout au long du tournage, elle me fit comprendre avec précision et sensibilité ce qu'elle attendait de la musique: non pas une illustration trop marquée de l'image mais un élément autonome, qui comme la rivière, trouve son propre chemin dans le film.>> Bruno Coulais. 1995.

Cette musique a effectivement, dans sa forme initiale (pour orchestre) du moins, une dimension opératique évidente, pouvant rejoindre dans l'esprit le lyrisme d'un Giuseppe Verdi, même si dans le style et les couleurs, La Rivière Espérance de Bruno Coulais me fait davantage penser à l'approche orchestrale néo-classique d'un Frédéric Devreese. Le rythme de la valse y est fortement sollicité, transformant cette musique en une sorte de célébration de la rivière, La Dordogne. Le mouvement y est ample et continu, envoûtant et impérial. La rivière sera le principal témoin des amours, passions et haines, ambitions et cupidités, espoirs et souffrances, aventures et rebondissements qui animent les hommes. Tout cela existe dans la superbe partition de Coulais, étreint, englouti, sublimé par celle-ci, devenant ainsi l'hymne de la rivière.
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laudec

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MessageSujet: Re: Bruno COULAIS, né en 1954   Ven 9 Mar - 23:04

Les transcriptions pour piano, libérées de l'orchestre pour un instant de suspension bienfaisant
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Icare
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MessageSujet: Re: Bruno COULAIS, né en 1954   Mar 15 Mai - 19:32

Je suis toujours aux aguets lorsqu'il s'agit d'un nouvel opus de Bruno Coulais, puisse-t-il s'agir d'une oeuvre de concert, d'une musique de film, peu importe le genre cinématographique pour lequel il a composé. J'aime son univers poétique et son sens de la fantaisie qui en font un musicien racé et un peu à part. Ses dernières compositions éditées sur disques ont été imaginées et conçues pour deux films d'animation, White Fang d'Alexandre Espigares et Drôles de petites bêtes de Antoon Krings & Arnaud Bouron. Je n'ai pas encore écouté White Fang, celui-là je me le réserve en conclusion de mon nouveau cycle. En revanche, j'ai écouté à trois reprises ce qu'il a composé pour Drôles de petites bêtes. Voilà un film qui devrait ravir les mômes en premier lieu et sûrement les adultes qui ont gardé leur esprit d'enfant, je ne sais pas...ne l'ai pas vu et ne cherche pas forcément à le voir même si je ne doute pas de ses qualités...Mes aspirations cinématographiques se situent ailleurs...tellement de films que j'aimerais voir et dont je retarde toujours l'échéance...Il y a donc des priorités à retenir, un ordre d'intérêt à suivre, mais ce n'est pas là le sujet de mon intervention. La musique, c'est une autre dimension du rêve, au-delà du thème ou du film auquel elle se rapporte, et je n'ai pas besoin des images pour apprécier celle de Bruno Coulais qui est variée, sympathique, colorée. Tantôt enjouée, vaguement burlesque, elle a aussi ses morceaux d'action et de suspens, ses combinaisons instrumentales plutôt séduisantes. Cependant, elle n'a qu'un moment réellement magique...à mon goût: le Prélude que, pour le moment, je ne saurais décrire avec des mots; une sorte de berceuse très élaborée dont l'infinie délicatesse et l'infinie tendresse m'ont un peu évoqué le romantisme musico-cinématographique de Toru Takemitsu dans son approche la plus mélodique, parfois la plus "naïve". Drôles de petites bêtes est un film d'animation franco-luxembourgeois réalisé par Arnaud Bouron et Antoon Krings. Il est sorti en salle en 2017 et est basé sur la série littéraire éponyme d'Antoon Krings.

Synopsis:

Lorsque Apollon, un grillon saltimbanque au grand cœur, arrive au Village des petites bêtes, il ne tarde pas à perturber la vie du royaume, à la veille du jubilé de la reine. Entraîné dans un complot fomenté par Huguette la guêpe, la cousine de la reine, visant à s’approprier le trône, Apollon est accusé d’avoir enlevé la souveraine. Cette dernière est en réalité captive des nuisibles, ennemis du royaume et complices d’Huguette. Apollon, aidé de Mireille l’abeille et de ses nouveaux amis, se lance alors dans une périlleuse mission de sauvetage. Pour libérer la reine et contrecarrer les plans diaboliques de la traîtresse cousine, les petites bêtes devront braver bien des dangers et redoubler d’imagination. Wikipedia

https://www.youtube.com/watch?v=9XQePl1BQeA


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Icare
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MessageSujet: Re: Bruno COULAIS, né en 1954   Jeu 24 Mai - 11:30

J'ai enfin écouté White Fang de Bruno Coulais, pour le film d'animation homonyme d'Alexandre Espigares. La dernière partie de la B.O. a été composée et orchestrée par Gast Waltzing, quatre thèmes en tout et pour tout, et la chanson finale est créditée à Will Oldham. Les treize autres extraits sont composés et orchestrés par Bruno Coulais qui constituent à mon goût la partie la plus intéressante, n'aimant pas trop la chanson et trouvant les quatre titres de Gast Waltzing un peu trop ordinaires. Je ne retrouve plus vraiment les superbes orchestrations qui colorent et singularisent la partition de Coulais. S'invite au sein de sa musique orchestrale le "KILA Music Group", formation irlandaise qui réunit fiddle, dulcimer, flûtes, whistle, mandoline, guitares et percussions avec le "Luxembourg Philharmonic Orchestra" sous la direction de Waltzing. Cette B.O. que j'ai écoutée à deux reprises s'avère être une belle conclusion à mon dernier cycle dont l'objectif était surtout de réécouter et donc de mieux m'imprégner de mes récentes acquisitions dans ce domaine. Je suis plutôt content de mes choix qui ont néanmoins leur part d'arbitraire car ils ne sont pas tous avisés. J'oriente mes choix sur les approches musicales qui ont le plus la chance de me satisfaire et donc sur les compositeurs qui créent dans ce sens. Je sais, par exemple, que Bruno Coulais ne va pas produire quelque chose de trop téléphoné, de trop ordinaire, qu'il va toujours y mettre un minimum de recherche et de fantaisie, qu'il y a chez lui un art du compromis entre servir un film et servir la musique elle-même ainsi que les musiciens avec lesquels il collabore, point très important dans son processus créatif.


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MessageSujet: Re: Bruno COULAIS, né en 1954   Ven 10 Aoû - 20:02

Les Rois Maudits:

Les Rois maudits est une mini-série franco-italienne en cinq épisodes de 90 minutes, réalisée par Josée Dayan d'après l'œuvre de Maurice Druon et diffusée entre le 7 novembre et le 28 novembre 2005 sur France 2. En Belgique, la série a été diffusée entre le 28 septembre et le 26 octobre 2005 sur La Une, au Canada par Radio-Canada et en Suisse, du 30 septembre au 28 octobre 2005 sur TSR1. Maurice Druon raconte l’histoire de la monarchie française depuis Philippe IV le Bel jusqu’à la guerre de Cent Ans. L’histoire débute durant le règne de Philippe le Bel alors qu’il tente d’écraser l’ordre des Templiers. À l’issue d’un procès titanesque en 1314, il fait brûler tous les membres de l’ordre pour hérésie. Sur le bûcher, Jacques de Molay lance une malédiction sur Philippe le Bel et sa descendance ainsi que sur Guillaume de Nogaret et le pape Clément V. Guillaume de Nogaret, qui avait mené l’instruction du procès des Templiers ; le Pape Clément V, qui avait ouvert le procès sous la pression de Philippe le Bel ; et ce dernier, décèdent effectivement dans l’année. Les successeurs au trône ne seront pas plus chanceux puisqu’ils meurent d’assassinat ou de maladie sans avoir donné d’héritier au royaume (c’est la première fois que la succession est brisée depuis Hugues Capet). L’intrigue se focalise sur les intrigues, les convoitises, les ruses provoquées par ces moments de succession. Les épisodes suivent les événements jusqu’à la déclaration de la guerre de Cent Ans qui en résulte.

A l'époque, j'étais pressé de regarder cette nouvelle série de Josée Dayan, non seulement pour la série en elle-même dont l'intrigue, évidemment, m'intéressait mais aussi pour la partition de Bruno Coulais que j'imaginais somptueuse. Il faut dire que cette collaboration entre Dayan et Coulais avait démarré en 1995 avec La Rivière Esperance et en 1998 avec Le Comte de Monte-Cristo, deux films et deux bandes originales qui m'avaient fait, à l'époque, une forte impression. Aujourd'hui, mon intérêt pour ces deux partitions de Bruno Coulais demeure intact. Il y eut une troisième collaboration en 1999 avec Balzac, Gérard Depardieu quittant tout juste le costume du Comte de Monte-Cristo pour enfiler celui de Balzac. Néanmoins, je ne fus ni impressionné ni par le film qu'il me faudrait peut-être revoir ni par la musique de Bruno Coulais qui, cette fois, m'avait semblé un peu trop classieuse: elle ne possédait plus l'éclat ni la force expressive des deux précédents opus. C'était juste une musique en costume d'inspiration moyenne que je n'ai cependant jamais eu l'occasion de réécouter hors de son contexte puisqu'elle n'est jamais sortie en disque. Avec Les Rois Maudits, j'étais confiant, avais oublié "Balzac" mais pas "Monte-Cristo"! La partition était déjà sombre dans "Monte-Cristo", avec de grands élans lyriques, avec le flux et le reflux d'une mer froide et sombre, porteuse d'une vengeance implacable...Avec Les Rois Maudits, il s'agit davantage d'une malédiction, d'une malédiction impitoyable: la musique de Coulais est encore plus sombre, plus tourmentée et même plus caverneuse. Le Choeur de Chambre Mikrokosmos, à deux reprises, semble s'extraire des ténèbres, comme s"il incarnait l'esprit de Jaques de Molay. Il y a le violon extrêmement poignant de Laurent Korcia qui déchire le voile sombre de la partition à trois endroits. Le tout dernier titre, meilleur moment de toute la B.O., son point culminant, "Les rois maudits, les blés, la crypte" est un pur bonheur où la noirceur s'y trouve sublimée, éviscérée. Beaucoup de très bons acteurs français y apportent leur contribution autour de Jeanne Moreau et Philippe Torreton. La tragédie a un aspect grandiose et la musique y est aussi pour quelque-chose.
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