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 La musique au Moyen Âge et le chant grégorien

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Pianoline
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MessageSujet: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Mer 12 Oct - 14:39

Généralités : Le Moyen Âge fut inventé par des auteurs italiens n'ayant pas fixé les limites de cette période. On va dire que le Moyen Âge commence avec l'édit de Milan en 313, qui signifie la reconnaissance de la religion chrétienne, qui dès lors va supplanter toutes les religions. La musique au début du Moyen Âge sera très souvent religieuse.
Le Moyen Âge s'articule autour de deux pôles :
_système monastique : monde religieux, spirituel, l'objectif des moines étant de transmettre un savoir aux générations suivantes. L'art de la glose (= commentaire, analyse, explication).
_ système féodal : château, seigneur...

Charlemagne, couronné empereur en 800, va chercher à donner une unité à son immense empire en donnant déjà des mêmes chants à la messe, pour que n'importe quel pèlerin ou voyageur puisse suivre la messe. Puis, il va se préoccuper de l'éducation de sa jeunesse : ouvrir des écoles épiscopales, enseignées par des prêtres ou pour les jeunes nobles. On distingue deux classes : le TRIVIUM, et le QUADRIVIUM. Dans le trivium : grammaire, rhétorique, logique.
Dans le quadrivium, arithmétique, musique, astronomie et géométrie.

I La musique dans le Quadrivium

"La musique est l'art du nombre rendu audible" de Pythagore
"La musique est une discipline qui traîte des nombres existant dans les sons" de Alcuin, disciple de Charlemagne.
On comprend la musique comme une mise en pratique de l'arithmétique, l'étude des sons est l'étude des nombres. Les intervalles par exemple en musique.

petite note personnelle : ce serait un bon sujet de débat et de pensée philosophique ca ! La conception de la musique selon les époques. J'ai pensé dans ma ptite tête à différencier la conception de la musique à cette époque, puis à celle du romantisme ou la c'est presque le contraire, puis à la musique moderne contemporaine qui a encore une autre approche.

II Notation neumatique

Au début, les chants écrits sur partition était "a campo aperto", c'est à dire à chant ouvert, sans portée. Il y avait juste quelques notes qui déterminaient à peu près la hauteur des notes, et ca servait juste en simple aide-mémoire.
On utilisait, avant le traité de l'harmonie par Rameau, les 8 modes ecclésiastiques, repris des modes grecs antiques. Ré mineur était considéré comme le premier mode ecclésiastique, qu'on a appelé Protus. Puis, pour classer les modes, on a divisé lesmodes en deux groupes :
_ mode authentes, où la corde de récitation est une quinte plus haut au dessus de la finale.
_ mode plagal, où la corde de récitation est une tierce au dessus de la finale.

corde de récitation = la note qu'on a le plus souvent dans le morceau, c'est celle sur laquelle on va réciter un psaume ou une lecture chantée. Si vous récitez une phrase toujours sur le même ton sans changer, vous serez sur la corde de récitation.
finale = le ton, la tonalité du morceau, la première note souvent...

Donc voici ce que ca fait :
1) ré (finale) --> la (authente)
2) ré (fianle) --> fa (plagal)
3) mi (finale) --> si (authente)
4) mi (finale) --> sol (plagal)
5) fa (finale) --> do (plagal)
6) fa (finale) --> la (plagal)
7) sol (finale) --> ré (authente)
8) sol (finale) --> si (plagal)

Et voici le nom des neumes :


Les plus importants sont punctum (simple note) , virga (virgule), clivis (on chante les deux notes en regardant leur hauteur), pes (ou podatus)(on commence par dire celle du bas puis ensuite celle du haut), torculus (on lit la note du bas, puis du haut, et on redescend à la note du bas), porrectus, climacus, scandicus. Les autres vous pouvez les oublier Laughing
Faîtes attention, quand vous avez un "accord" de notes, justement ce n'est pas un accord, mais deux notes successives, par exemple pour le pes, on dit déjà celle du bas, puis celle du haut toute suite après.

http://youtu.be/lkpFB6urAEE
voila, entraînez-vous à lire ! Wink ca devient une habitude après !


Dernière édition par Pianoline le Dim 16 Oct - 12:08, édité 1 fois
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Icare
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Ven 14 Oct - 17:36


Merci professeur pour cette première leçon et j'attends la suite avec impatience. Very Happy
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Pianoline
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Ven 14 Oct - 23:38

Merciiiiiiii, je ne sais pas si je la ferai ce week end par contre Laughing la flemme quoi, si je dois travailler même pour mon seul jour de repos qui est le samedi (et encore... j'ai cour de piano...)

mais bon, on verra bien suivant ma motivation, et suivant si t'es sage,
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felyrops

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Sam 15 Oct - 7:38

Merci, pianoline, j'ai un Manuel de Chant Grégorien (tiens, explique nous ce terme 'Grégorien') mais je préfère ton approche.
Pour ce qui est du véritable début du Moyen-Âge, je verrais les invasions "dites-barbares" sur les restes du feu-empire-romain comme un intermezzo avant l'éclosion d'un Moyen-Âge riche en productions artistiques, dont on peut facilement fixer le début au couronnement de Charlemagne.
Charles Martel (? - 741) fut important pour libérer l'Europe de tribus invastatrices, mais l'unification revient, sans aucun doûte, à Charlemagne (742-814).
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Snoopy
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Sam 15 Oct - 8:49

Merci Pianoline, c'est très intéressant.

ps: Par contre ne divise pas ton sujet stp, et poste en continu sur ce topic pour la suite. Merci
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Pianoline
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Dim 16 Oct - 13:04

PARTIE 2 : Histoire de la musique du Moyen Âge et du chant grégorien

III Les origines et le développement de la liturgie chrétienne

A) Origines préchrétiennes

La religion chrétienne se fonde sur les bases de la religion juive. Les premiers chrétiens ont toujours été en grand contact avec les juifs et les deux religions avaient des points communs comme par exemple l'eucharistie et la récitation des psaumes. En musique, dans les deux religions, chaque office est organisé autour de lectures et de prières chantées.
Les juifs avaient pris l'habitude de chanter 3 fois "Kadoch" (en hébreu : saint), et les chrétiens répètent 3 fois le mot "Sanctus". On appelle cela la trisagion.
2 types de chant communs aux juifs et aux chrétiens :
_ chant responsorial : une assemblée répond à un soliste
_chant antiphonique : alternance entre deux choeurs

B) Chronologie
Du Ier siècle au Ive siècle
Les premiers chrétiens ont dû se fondre avec les juifs et aller à la synagogue pour ne pas se faire repérer et tuer. Ils pouvaient pratiquer leur religion à la synagogue en cachette. Le samedi soir, ils se rassemblaient jusqu'au lever du soleil pour préparer la messe du dimanche. Le dimanche est ainsi devenu le jour du seigneur, où on va à la messe.
de la fin du IV siècle au début du VIIe siècle
Rome devint le centre de l'église chrétienne. Le pape Damase sera le premier à organiser la liturgie. Après, le pape Léon Ier tente de remplacer les chants venus d'Orient (car à l'origine, Constantinople était le centre de la religion chrétienne, donc tout venait d'Orient) par des compositions d'Occident. C'est enfin le pape Grégoire-le-Grand qui fit définitivement organiser les chants du rite romain. Il a donc réparti les chants grégoriens dans l'office.

IV Le chant grégorien

A) les 3 styles de notation

(rappel : pour lire une partitions de chant grégorien avec des neumes, n'oubliez pas : notes déterminent la hauteur des sons, quand vous voyez deux notes l'une au dessus de l'autre, elles se lisent de bas en haut, et les petits points (losanges) à côté d'une note prolongent celles-ci.)
_ style syllabique : 1 seule note (ou 2 maxi) par syllabe. Style employé pour la récitation des psaumes, les lectures, les répons brefs, les hymnes, les glorias et les credos. On utilise le style syllabique quand le texte est long (on ne va pas l'allonger encore par des mélismes...), et le texte est alors mis en valeur, les gens peuvent mieux entendre et comprendre le texte.
http://youtu.be/SugtS3tqsoo
Sur le lien ci dessus, vous pouvez remarquer le nom des notes ! C'est ce chant grégorien qui est à l'origine du nom des notes. Il s'agit d'un hymne, nommé "Ut queant laxis".
_ style neumatique : des mélismes (vocalises) qui se placent sur l'accent du mot. On peut observer une hiérarchie dans les notes selon l'importance du mot. Les mots sont ainsi mis en valeur, soulignés par un geste musical. Ce style est utilisé pour les Sanctus, les Agnus Dei, les communions et les Introïts.
http://youtu.be/J6PQP3aO7qw
_ style fleuri, ou mélismatique : énormément de notes chantées sur une seule syllabe (vocalises). Mise en valeur du chant plus que le texte. On trouve dans ce style les offertoires, les grands répons, les Alléluia, et les Kyrie.
http://youtu.be/9FUCZl9dytM
conseil : ne lisez pas trop vite, et c'est un peu plsu compliqué de suivre... Remarque : c'est un chant responsorial, car le chant est chanté par l'assemblée (choeur), puis le verset par un soliste, puis reprise par l'assemblée.

B) Les mélodies grégoriennes

Une phrase de mélodie grégorienne est généralement construite par :
_ une formule qui commence le chant : l'intonation
_ le corps de la phrase : qui touche beaucoup la corde de récitation (voir la partie 1 du cours, avec les modes)
_ des cadences (les cadences médianes sont les cadences qui peuvent moduler dans un autre mode)
_ la fin d'un chant grégorien se finit toujours par la finale du mode et une cadence conclusive.

3 types de mélodies grégoriennes :
_ mélodies originales : librement composées, uniques
_ mélodies types : fragments mélodiques que l'on retrouve dans des morceaux différents
_ mélodies santons : des formules mélodiques différents mais très ressemblantes (on pourrait dire : A-B-A'-B'-A''-B'' pour la ressemblance des formules dans chaque morceau)

C) la liturgie et l'office

La liturgie contient : Le propre du temps (des chants qui sont variables dans l'année selon les fêtes, les évenements... par exemple Pâques, Noël...) , et Le Commun des saints (les chants qu'on chante tous les dimanches à la messe, dédiés aux saints.)

En 313, on appelle les nuits du samedi soir au dimanche où les chrétiens allaient à la synagogue pour préparer la messe du dimanche : Les Vigiles (plus tard appelées Vêpres).
Après 313, on va diviser l'office en 3 : les Vigiles (samedi soir), les Nocturnes ou Matines (la nuit), et les Laudes (à l'aube).
Comme les moines vivent maintenant en communauté, il va falloir fixer des règles et des horaires précises. Saint Benoît va établir ces règles, qui seront respectées pendant longtemps, et sont toujours respectées aujourd'hui par les bénédictins (bénédictins --> benoît, ^^) :

Offices de nuit : _ Matines (après minuit)
_ Laudes (= louanges) (lever du jour)
_ Prime (6h du mat')
_ Tierce (9h)
_ Sexte (12h)
_ None (15h)
_ Vêpres (anciennes Vigiles, le soir)
_ Complies (prières avant de dormir)

Bref, vous aurez compris, c'est toutes les 3h.
Merci de votre lecture, la suite dans le prochain épisode ! Very Happy
_
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Kool



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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Dim 16 Oct - 19:04

C'est fort intéressant,et c'est une période que j'adore lire
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Pianoline
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Dim 16 Oct - 21:01

Merci, par contre, si je m'exprime pas bien pour certains moments, dîtes le moi, que je reformule mieux en éditant mon message... Parce qu'au départ mon cours est fait de notes, et je fais mes propres leçons avec des plans scolaires (j'ai été habituée au collège et lycée comme ca, et je trouve que c'est plus clair, :) ) Mais il se peut que parfois je n'explique pas bien. Mais comme vous êtes des gentils élèves sérieux, vous me direz que c'est parfait, n'est-ce pas ? *prépare sa poele en cas de rebellion, ^^*
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joachim
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Ven 10 Aoû - 20:32

Je suis revenu voir ce topic, pianoline, mais tu n'avais pas fini il me semble : les années 800, 900, 1000 avec Leonin et Perotin, puis Adam de la Halle vers 1200, et ensuite jusqu'à la Renaissance ? Il y a un creux, et un fameux Laughing
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Icare
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Ven 10 Aoû - 20:35

Tu vas nous l'épuiser la petite... Hehe
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Pianoline
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Ven 10 Aoû - 22:19

Oui je sais bien Embarassed Je n'ai pas fini. Je pensais faire en même temps au début, en même temps que mes cours, mais je n'ai pas pu. Et comme c'est une époque peu connue et même très peu "aimée" musicalement, j'ai laissé tomber pour un meilleur cours sur la Renaissance. Mais je peux continuer si tu veux, il n'y a pas de soucis ! Very Happy

Icare, ne m'appelle plus "la petite" je suis vexée, Hehe sinon, je te ressors la tête du gars super moche, ^^
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Icare
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Ven 10 Aoû - 22:50


Oh non pas lui!
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laudec

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Ven 17 Oct - 16:46

Merci pour cette présentation Pianoline ! Le chant grégorien et cette époque me passionne depuis longtemps. Je viens de découvrir quelqu'un qui est passionné de cette époque et qui en parle très bien. J'aime partager avec vous cette découverte de Jaques Viret *, musicologue contemporain qui répond à quelques questions concernant le chant grégorien Mains

*Jacques Viret Le pianiste et organiste, Jacques Viret est aussi et surtout un éminent musicologue, professeur (émérite depuis 2009) à l’université de Strasbourg. Spécialiste du chant grégorien, thème de sa thèse de doctorat ès lettres, l’homme n’en demeure pas moins un amoureux de la musique « classique » au sens large du terme. Pour preuve, les nombreux ouvrages publiés par Jacques Viret qui, outre le chant grégorien, traitent avec passion d’opéra, de musique baroque ou médiévale et du controversé compositeur qu’était Richard Wagner. Résultat, une interview fleuve qui demanderait une suite tant le discours de ce musicologue est riche et plein d’enseignements. (présentation de Nicolas Valiadis)

Nicolas Valiadis a écrit:
Comment est né le chant grégorien ?

Je vais vous surprendre : le grégorien n’est jamais né, donc il ne mourra jamais ! Je m’explique. Bien sûr, historiquement il y a une naissance du grégorien. Elle a eu lieu au ive siècle, quand le christianisme est devenu la religion officielle de l’Empire romain – alors sur son déclin – et que la liturgie de Rome a été célébrée en latin et non plus en grec comme auparavant. Elle a connu à ce moment un puissant essor, en particulier sous l’angle musical. On a instauré la fonction de chantre (cantor), alors qu’auparavant il n’y avait qu’un lecteur (lector). Cependant il faut voir aussi au-delà de l’histoire. On y est obligé quand on s’occupe de tradition et donc d’oralité : toute authentique tradition passe par la bouche et l’oreille, sans document écrit, unique grain à moudre pour les historiens ! Au ive siècle, des écrits existent, mais non des notations musicales : les plus anciennes n’apparaîtront qu’au ixe siècle. Donc à ce stade on ne « compose » pas des chants au sens où nous l’entendons. Dans le monde des traditions, rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. C’est pourquoi aucun nom de compositeur n’est connu ; c’est pourquoi aussi le style du répertoire ancien nous apparaît si homogène. L’individualité de l’artiste traditionnel se fond dans la tradition qu’il recueille et transmet.


à suivre...
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laudec

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Sam 18 Oct - 13:05

Voici la suite de l'interview de Jacques Viret par Nicolas Valiadis que j'ai trouvé très intéressante. Et vous, qu'en pensez vous ?

Mais d’où vient le grégorien ?

Redoutable question ! Il y a un héritage judaïque. Quelques musicologues, notamment Abraham Idelsohn au début du xxe siècle, ont décelé des similitudes précises entre le grégorien et le plus ancien chant juif, par exemple dans la manière de « cantiller » (réciter en chantant) les psaumes. À part ça il y a sans doute une superficielle influence grecque, hellénistique. Sans doute également un apport celtique, européen, à travers le folklore, notamment pour le chant vocalisé (jubili pastorales, « vocalisations des bergers »). Il faut remonter plus loin encore, jusqu’aux universels archétypes mélodiques, source de toutes les traditions musicales du monde ; musique « primitive », sans âge ni origine, comme les chantonnements que les enfants improvisent selon leur instinct depuis l’âge d’un an. Voilà pourquoi le grégorien se situe, en un sens, hors du temps. Ses formes renvoient à une époque et à une localisation précises (le latin), mais sa substance musicale est intemporelle.



Le fait que ce chant soit homophone (une simple mélodie) est-il sa principale caractéristique ?

Oui, au point de vue musical il s’agit de sa caractéristique essentielle. C’est une pure mélodie qui se suffit à elle-même, sans accompagnement, sans polyphonie. Elle porte en elle l’harmonie du « mode » qui est sa matrice : chacun des huit modes modélise un type particulier de composition mélodique. Le théoricien Gui d’Arezzo, au xie siècle, a comparé ces modes aux types humains : chaque mélodie révèle son mode, de même que chaque être humain révèle par son apparence l’ethnie qui est la sienne. Cependant la théorie des modes est postérieure (ixe siècle) à la composition du vieux fonds. En vertu de sa nature monodique et modale, le grégorien s’apparente de près aux traditions d’Orient encore vivantes aujourd’hui : râga hindoustani, maqam turco-arabe, dastgah iranien. Il faut l’entendre avec la même oreille que ces musiques-là, ce qui ne va pas de soi si l’on est habitué à Mozart et Brahms.



« Le chant donne au culte divin une grandeur qui attire merveilleusement les âmes vers les choses célestes », expliquait le pape Pie X dans son motu proprio de 1903. Est-ce là sa principale vocation ?

Le pape Pie X a réformé la liturgie catholique au début du xxe siècle, en interdisant aux compositeurs de motets et messes de s’inspirer du style profane, d’opéra. Désormais n’y seront admis que le chant grégorien et la polyphonie imitant le style a cappella de Palestrina (c’était déjà l’idéal du « cécilianisme » allemand au xixe siècle). En fait de grégorien, il s’agissait – sous l’angle de l’exécution – de celui que mettaient alors à l’honneur les moines bénédictins de Solesmes, attelés à sa restitution depuis 1856 sur la base des anciens manuscrits. On admire leur travail paléographique, mais leur façon de chanter ne repose sur aucune base réellement traditionnelle. Néanmoins elle répondait – répond toujours – à un certain idéal de piété catholique que l’on peut juger doucereux et sentimental. C’est à ce contexte de catholicisme plus ou moins « saint-sulpicien » que se rattache la phrase que vous citez. On aime ou n’aime pas ce style, c’est selon. Les moines disent volontiers que leur chant se conforme aux trois vœux monastiques : obéissance, humilité, chasteté. Je voudrais bien qu’ils me citent un seul écrit médiéval appuyant cette affirmation…



Partagez-vous le point de vue du chef d’orchestre Otto Klemperer qui disait « La musique est infinie, elle est le langage de l’âme » ? Cette sentence s’applique parfaitement, me semble-t-il, au chant grégorien.

Oui ! La musique est infinie parce que langage de l’âme ; donc immatérielle, spirituelle, largement ouverte sur la sensibilité, l’imaginaire, le rêve… En disant cela, Klemperer pensait probablement aux philosophes, poètes, musiciens romantiques qui l’ont dit avant lui. Et certes, on peut appliquer cette sentence à la cantilène grégorienne. Mais elle procède d’un autre plan de l’âme – si l’on peut dire – que la musique moderne : plus dépouillé, intériorisé, quintessencié, davantage détaché des choses de ce monde et des affects humains qu’une Passion de Bach ou qu’une messe de Mozart (pour rester dans le domaine religieux).



Si ce chant est aujourd’hui encore apprécié pour sa musicalité, ses paroles latines font de lui, aux yeux de certains, le symbole d’une église rétrograde. Qu’en pensez-vous ?

Actuellement, en matière de grégorien deux camps se font face : celui des catholiques traditionalistes et celui des chanteurs laïcs. Les catholiques conservateurs s’approprient le grégorien comme leur bien propre, partie intégrante de la liturgie en latin qu’ils défendent. Sur le fond ils n’ont pas tort, cependant leur optique est beaucoup trop étroite, voire sectaire. Ils se replient sur l’esthétique solesmienne et catholique du xixe siècle et refusent de voir le grégorien comme ce qu’il est en réalité : un chant sacré parmi d’autres (de même que, par exemple, la psalmodie coranique, le chant synagogal, le chant chrétien gréco-byzantin), et une mélodie modale analogue à celle des traditions orientales. En le reliant à ces traditions qui lui sont proches, on lui restitue son vrai visage. C’est ce qu’on fait, depuis 1975, quelques chanteurs ou chefs de chœur laïcs, au premier rang desquels Marcel Pérès, fondateur en 1982 de l’ensemble vocal Organum. À travers ses concerts et ses nombreux disques, il a accompli un travail extraordinaire pour retrouver la tradition authentique du chant sacré latin, occidental. Toutefois il s’est peu intéressé au grégorien le plus ancien, celui d’avant l’an mil ; son domaine de prédilection ce sont le vieux-romain (un répertoire parallèle au grégorien) et les plains-chants du bas Moyen Âge et de l’époque baroque. Pour le grégorien primitif, Damien Poisblaud mérite la palme. Œuvrant dans la ligne de Pérès, il vient de faire paraître, avec ses « chantre du Thoronet », un sublime disque d’offertoires.

En entendant ce grégorien non conforme au style standard, certaines personnes se récrient : « exotique, oriental ! » Or, si par miracle ces personnes pouvaient écouter l’enregistrement d’un chantre du viiie siècle, elles auraient la même réaction ! Lorsque, voici un demi-siècle, les Corses ont réentendu leurs propres polyphonies traditionnelles qu’ils avaient oubliées mais dont la tradition s’était perpétuée en quelques endroits, ils ont dit : « c’est arabe ! » La Corse est aussi un lieu de mémoire pour l’antique tradition des chantres, que Pie X et Solesmes ont détruite au profit de la chorale paroissiale. En réalité le chant liturgique selon Pérès ou Poisblaud n’est ni oriental, ni occidental. Pour nos oreilles il sonne oriental simplement parce que l’Occident a évolué vers une autre esthétique depuis l’an mil (de 1054 date le schisme officiel entre les chrétientés latine et grecque), tandis que l’Orient a conservé, au moins dans l’esprit, celle de l’ancien temps. Ce qui sonne oriental, ce sont par exemple les petits ornements, tremblements, vibrations de la voix : eh bien, ces ornements sont consignés avec minutie dans les notations « neumatiques » depuis l’an 900. Ainsi de deux choses l’une : soit on essaie de les restituer en « faisant oriental », soit on les ignore à l’instar des moines de Solesmes ; mais alors il ne faut point prétendre à l’authenticité…

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Jean

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Jeu 11 Déc - 16:57







c]]"Depuis le Moyen Âge jusqu'au milieu du 19e siècle et, dans certains cas, jusqu'au concile de Vatican II, le plain-chant a été chanté en polyphonie dans toute l'Europe selon des modalités extrêmement variables. Il n'est pas exagéré de dire que pendant des siècles, il a représenté l'image sonore qui identifiait la musique d'église pour les fidèles. Le faux-bourdon a été un moyen par lequel les chanteurs embellissaient la mélodie de plain-chant dans le but de solenniser l'office divin. Pour faire revivre ces musiques, il fallait notamment prendre la mesure, puis assimiler la part importante d'oralité de ces « manières de chanter le plain-chant », une simple exécution des sources écrites ne permettant pas de retrouver les charmes et les beautés des faux-bourdons conservés. La réponse apportée par Dominique Vellard a été de travailler pendant toute la durée du projet avec un même groupe de chanteurs, afin de mettre en place des réflexes collectifs propres à saisir la spécificité des faux-bourdons. Ce double disque résulte ainsi d'un travail de quatre ans, au cours desquels plusieurs milliers d'exemples ont été repérés, tant manuscrits qu'imprimés. La sélection proposée rend compte de la variété et de la diversité du plain-chant polyphonique français sur une période de quatre siècles"[/i]
Philippe Ganguilhem

Du "grégorien" comme il était chanté à plusieurs voix du XVIème au XIXème siècle...et même au 20ème: lors de ma scolarité en secondaire dans un "petit séminaire" , les jours de fête, nous chantions, principalement les psaumes des vespres dans la forme "faux-bourdons" ; j'aimais énormément et suis très "planant" de les retrouver en partie dans ce double cd superpement chanté par l'ensemble Gilles Binchois et la Maîtrise de Toulouse dirigés par Dominique Vellard

un extrait:


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laudec

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Jeu 11 Déc - 18:43

Superbe, merci Jean ! ça doit t'évoquer des souvenirs tout ça !
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joachim
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Dim 17 Jan - 17:39

Une question, peut-être, pour Pianoline

Il y a une question qui a été posée sur Ron3 (le forum Mozart) sur les tonalités au moyen âge et la renaissance ainsi que les premiers baroques : on voit souvent chez eux tel morceau du 1er ton, du 2ème ton, etc, comme par exemple les messes d'André Raison. Que signifie ce "ton", est-ce que 1er ton correspond à ut, 2ème ton à ré ? et comment s'appelaient les gammes majeures ou mineures ?
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Pianoline
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Dim 17 Jan - 20:29

Ah oui, ca remonte ça !

En fait, les "tons" ne sont pas du tout les tons dans le sens tonalité tels que nous l'entendons aujourd'hui. A l'époque, faut bien se souvenir que les instruments n'étaient pas accordés ! Tout son était entièrement naturel, et les espaces entre chaque note n'était pas égal (c'est pour cela que Bach parlait de "clavier bien tempéré") : entre do et ré par exemple, et entre sol et la, il n'y avait pas le même écart, la même distance. On avait donc des sons différents.

De plus, toutes les notes que nous connaissons aujourd'hui n'étaient pas connues ! Le "si" par exemple est arrivé tardivement. Donc les "tons", pour vraiment faire simple, était plus une sorte d'harmonie, un tapis sonore. Comme par exemple l'harmonie que nous connaissons tous : do-sol (une quinte). Ce sont des notes qui reviennent très souvent et qui définissent un univers sonore : triste ou joyeux par exemple, comme nous on dirait majeur ou mineur aujourd'hui.

A l'époque, les tons étaient donc des harmonies avec des notes qui reviennent très souvent et qui symbolisent un univers, des sentiments, chaque ton exprimait quelque chose de différent.

Est-ce un peu plus clair ? Malheureusement, c'est un sujet complexe qui demande pas mal de connaissances solfégiques, mais je pourrai vous l'expliquer plus en détail avec des explications solfégiques et des illustrations. Là j'ai essayé de te répondre simplement avec mes mots.
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Pianoline
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Dim 17 Jan - 20:32

Aussi, la notation solfégique arrive seulement fin Moyen Âge et surtout à la Renaissance et la grande majorité des compositeurs à l'époque n'empoyaient pas du tout le nom des notes et encore moins les tons, c'était parfaitement inconnu pour eux. Les termes sont arrivés plus tardivement avec les savants qui ont inventé des noms scientifiques pour essayer d'analyser la musique du Moyen Âge.
A l'époque, on s'en fichait et ca nous explique pas vraiment comment fonctionnait leur musique, autant écouter tout simplement pour comprendre :)
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joachim
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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Lun 18 Jan - 19:37

C'est bien compliqué tout ça !

Merci pour ces renseignements, Pianoline Kiss
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Dim 3 Avr - 17:35

Ce fil est très intéressant, merci au professeur Pianoline ! Je connaissais déjà pas mal, grâce à l'éducation musicale reçue dans mon enfance, avec l'écoute de beaucoup de chants grégoriens (par des moines), et les explications solfégiques que j'ai eues de différentes personnes.
Dans mes chorales, j'ai découvert aussi la musique du Moyen-Age à travers des chants orthodoxes, polonais, car une chorale de Vannes (en Bretagne), -uniquement de choeurs d'hommes-, était dirigée par une jeune chef de choeur polonaise qui a initié ma propre chorale bretonne, à des "litanae", superbes, que nous avons chantées bien sûr dans la langue. Difficiles, psalmodiées, très basses pour des sopranos.
Pour revenir au grégorien religieux en latin, j'envisage (je ne sais quand, mais je tiens à ce projet), de faire un "stage de chant", dans une abbaye (comme Thélème par exemple) -quelques abbayes proposent des stages aux choristes, à des prix relativement doux-. Le plain chant est très difficile à chanter pour ma voix (pas assez atonale), mais le challenge il est là !!  
Je lis assez mal le grégorien, mais ma chef de choeur m'a donné certaines "clés" de décryptage, sur partitions, comme Pianoline l'a fait il y a cinq ans sur ce fil. Evidemment l'idéal, c'est d'écouter du grégorien en suivant la partition.  Ce n'est pas toujours facile de "switcher" entre cette écriture grégorienne et l'écriture traditionnelle, quand on chante et qu'on pratique le piano -et quand on n'a pas suivi d'études de musicologie ! Wink - Là, je m'adresse à ceux qui savent déjà lire la musique.
Mais, on n'est pas obligé de savoir lire le solfège, pour goûter cette musique du Moyen-Age , et le chant grégorien. Il suffit effectivement de se laisser porter par un "tapis de sons" (comme Pianoline le dit), comme on se laisse porter par le décryptage mathématique d'un "Clavier bien tempéré" de Bach dans une écriture musicale désormais acquise. Etc... La lecture musicale, stricto sensu, n'est nécessaire finalement qu'aux compositeurs, aux musiciens et aux chanteurs.
Je suis passionnée aussi par la musique de la Renaissance, mais c'est je pense un autre fil, car on parvient à une autre écriture , une meilleure connaissance de la musique globalement, plus de partitions écrites, l'évolution vers la polyphonie, "les mots", comme dit si bien Paul Agnew en parlant des poèmes mis en musique par Monteverdi. Et, de nouveaux instruments (là, ça devient très intéressant !), , et des compositeurs qui vont mettre en musique des poètes, tels Shakespeare par exemple, Ronsard ou Joachim du Bellay, (sans parler des poètes italiens !) ou des psaumes etc.. Cette superbe musique n'est pas assez connue, Jordi Savall et Paul Agnew (les Arts Florissants) -ce dernier récemment-, ont fait un magnifique travail pour la faire redécouvrir.
Cette musique de la Renaissance est très difficile à chanter, rien n'est évident, on passe d'un ton à l'autre sans l'attendre, et on vocalise de façon "bizarre" après des dissonances (mais c'est passionnant !). Je vais y revenir ailleurs.
P.S. : Ca fait deux ans pile que je me suis inscrite sur ce forum ! Ca me fait plaisir...
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Lun 4 Avr - 23:33

Jean a écrit:
Du "grégorien" comme il était chanté à plusieurs voix du XVIème au XIXème siècle...et même au 20ème: lors de ma scolarité en secondaire dans un "petit séminaire" , les jours de fête, nous chantions, principalement les psaumes des vespres dans la forme "faux-bourdons" ; j'aimais énormément et suis très "planant" de les retrouver en partie dans ce double cd superpement chanté par l'ensemble Gilles Binchois et la Maîtrise de Toulouse dirigés par Dominique Vellard
un extrait:
Justement, l'extrait en question, je vais être très contente de l'entendre demain (là, je suis sur les fugues pour violoncelle de Bach !).
Ca me fait très plaisir que tu aies pu chanter cela, enfant ou adolescent (je suppose que ta voix n'avait pas encore mué vers ton beau baryton ?).
Nous on chante un peu tout, du religieux comme du profane très poétique.
On est sur un fil compliqué, car le grégorien s'est évidemment développé aussi d'une façon différente lors de la Renaissance. C'est du grégorien, mais ce n'est plus la musique du Moyen-Age... , et le grégorien effectivement a commencé à évoluer à deux voix.. (monastiques), puis... A suivre. Que deviens-tu Jean, pas de nouvelles de toi depuis quelques jours ? (ou je ne suis pas sur les bons fils !). Embarassed
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Jean

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Jeu 7 Avr - 21:01

En fait j'ai mué assez vite , vers 13 ans si ma mémoire ne me trompe pas... C'est surtout en baryton que je les ai chanté Wink ...et je suppose que l'enfance, et aussi l'habitude hebdomadaire, n' est pas pour rien dans le fait que la lecture du grégorien m'était devenu familière ...et le déchiffrage finalement plus facile ...Il faut aussi reconnaître qu'une évidente ...similitude et donc des "formules musicales" moins variées simplifie ce déchiffrage...

En tout cas merci pour ta sollicitude et désolé de m'être fait rare ces derniers jours, sans avertir: un couple de cousin , plutôt agés ont été hospitalisés , lui pour une pneumonie , elle en gériatrie n'étant plus capable de s'assumer seule chez elle...J'ai dû passé pas mal de temps en visite et recherche de toutes sortes (papiers, vêtements) dans leur appartement...Tout s'arrange et me voilà de nouveau plus présent chez moi! Wink
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Anouchka

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Ven 8 Avr - 0:18

Et moi je suis ravie de ta réponse, cher Jean, je te promets que je m'inquiétais de toi ! Very Happy
On va avoir beaucoup l'occasion de discuter de tout cela, parce que comme je chante en ce moment pas mal de compositeurs "Renaissance", j'ai envie de créer le fil. Tu en sais, ainsi que Joachim, sûrement bien plus que moi sur le sujet !! La seule différence est que perso je galère (si, si) EN CE MOMENT pour les chanter, et que j'adore ! Wink. J'ai écouté donc beaucoup de grégorien dans l'enfance , mais quand j'ai commencé à chanter, ce n'était pas du grégorien, (venu bien plus tard pour moi), mais du Renaissance "avéré", à l'âge de 16 ans. Les filles ne "muent" pas, mais perdent un peu leur voix aigrelette de petite fille vers 12 ans. Tu as de beaux souvenirs, c'est chouette !
Peut-être les compositeurs que je te citerai, te rappelleront quelque chose (sauf que nous ne chantons pas que des psaumes, mais aussi des poèmes ! ).
Pense à moi demain, répèt chorale et concert en vue... Bonne journée !
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laudec

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MessageSujet: Re: La musique au Moyen Âge et le chant grégorien   Ven 17 Juin - 14:00

Pour nos choristes, voici ce que l'on chantait au Moyen-Age et qui me fait encore pleurer aujourd'hui, quelles voix sublimes


https://youtu.be/nEntJFgbCHQ
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